Le goût du risque avec le Concentré de danses

SCENES | Nouvelle édition pour le Concentré de danses, temps fort impulsé par le Pacifique afin de promouvoir dans l’agglo la danse sous toutes ses formes. Cette année, sept lieux se sont prêtés au jeu. Mais que verra-t-on sur leur scène ? Tentatives de réponses. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 19 janvier 2016

Photo : Alex Giraud


Si, lors d'éditions précédentes, on se dirigeait bien informés vers le Concentré de danses, cette année, on y va à l'aveugle. Certes, quelques noms de chorégraphes ou de danseurs nous parlent plus ou moins, mais niveau spectacles, sur la petite dizaine proposée, on n'en a vu qu'un seul en amont, et en plus en vidéo (on y reviendra). Pas grave nous répondront sans doute les organisateurs (les différents boss des salles concernés, avec en guide spirituel le Pacifique, centre de développement chorégraphique de Grenoble), le but de ces douze jours étant de partir à la découverte de la danse d'aujourd'hui sous toutes ses formes et sans aprioris.

Avec, par exemple, une pièce qui « convoque l'intime de toute une génération » dixit son chorégraphe Thomas Lebrun (Trois décennies d'amour cerné, sur le sida ; jeudi 21 au Pacifique), une autre dansée et parlée visiblement pleine d'humour sur « un chorégraphe qui s'est engagé à faire un spectacle et qui ne le fera pas, préférant fuir plutôt que d'assumer ses responsabilités » (En souvenir de l'indien d'Aude Lachaise ; lundi 25 au Pacifique), une autre, qui nous intrigue fortement, sur un marathon de danse jusqu'à qu'il ne reste plus qu'un participant (La Gràànde Finàle, mardi 26 à l'Heure bleue – photo) ou encore une autre portée par la jeune danseuse de flamenco Ana Pérez et programmée le mercredi 27 par Antonio Placer, le nouveau directeur de Sainte-Marie-d'en-Bas qui veut justement ouvrir son théâtre vers le monde.

Abstrait et décalé

Voilà pour l'inventaire à la Prévert. Et donc, cette année, on a pu voir un spectacle en amont, par vidéo. Celui d'un chorégraphe qu'on aime bien pour son côté gentiment décalé : Christian Ubl. Avec AU (jeudi 28 et vendredi 29 à l'Hexagone), l'Autrichien installé en France s'est associé avec l'Australienne basée en Suisse Kylie Walters pour une drôle d'aventure chorégraphique au sens large – ça parle beaucoup sur scène, ça se déguise, ça joue avec des micros…

AU est un code pays signifiant aussi bien l'Autriche que l'Australie. « Deux cultures, deux parcours d'artistes, deux langages, deux mondes… mais au final : une pièce unique traduisant des actions, des situations, des postures, des états de corps, des écritures corporelles et scéniques – abstraites ou décalées – qui sont au service d'une identité secrète. » (extrait de la note d'intention). C'est donc déroutant, parfois drôle (cette valse en costumes à la fin), étrange souvent (le début avec une relecture de danses traditionnelles aborigènes), imagé par moments (les drapeaux, souvent convoqués chez Ubl) et surtout musicalement passionnant grâce à la présence sur le plateau de l'excellent Seb Martel. AU, c'est ainsi plus qu'un concentré de danses : c'est à lui tout seul un concentrés de spectacle vivant en un peu moins d'une heure.

Concentré de danses, du jeudi 21 janvier au lundi 1er février, dans divers lieux de l'agglo


La gràànde finàle

Marathon de la danse pour 12 interprètes par la Cie Volubilis et le Groupe Monofocus
L'Heure Bleue Rue Jean Vilar Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Au

Chor. et interprétation Kylie Walters, Christian Ubl, avec Seb Martel (guitare, cithare), à partir de 8 ans
Hexagone 24 rue des Aiguinards Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Tout s’est bien passé | Comme toujours impressionnant dans le rôle d’un vieil homme diminué par un AVC demandant à sa fille de l’aider à mourir (et odieux), André Dussollier est au centre du nouveau film de François Ozon. Tout sauf mortifère, ce voyage au cœur d’une pure névrose familiale, traversé d’éclats franchement burlesques, est adapté du récit d’une ancienne coscénariste du cinéaste, Emmanuèle Berhneim. Rencontre avec le réalisateur et son acteur.

Vincent Raymond | Mercredi 22 septembre 2021

André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Vous avez hésité avant d’adapter le livre d’Emmanuèle Bernheim… François Ozon : En 2013, elle m’avait envoyé les épreuves son livre en me demandant si ça m’intéressait parce que plusieurs réalisateurs voulaient l’adapter. Je l'ai lu et l’ai trouvé très beau — elle m’avait raconté un peu l’histoire de son père. Mais je lui avais que je me sentais pas capable de raconter son histoire : c’était tellement personnel, tellement intime… Et la connaissant, je ne voyais pas trop où trouver ma place. J’ai passé mon tour. Là-dessus, Alain Cavalier a voulu faire un film avec elle (comme Pater avec Vincent Lindon) où elle jouait son propre rôle, elle a dit OK, et là elle a développé un cancer assez fulgurant dont elle est décédée. Le film de Cavalier s’est alors transformé en documentaire, Être vivant et le savoir. Après sa mort, j’ai relu le livre et tout d’un coup, je n’ai plus vu ce m’avait fait peur en 2013 — le sujet, la fin de vie, le suicide assisté — mais autre chose : la famille, son rapport à son père, la responsabilité d’organiser qu

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Le Bouillon, cantine antigaspi

Resto | C’est dans l’un des espaces partagés de la toute nouvelle Capsule de l’association Cap Berriat – qui aura donc réussi à dénicher des jolis locaux de 1000 mètres (...)

Hugo Verit | Mardi 21 septembre 2021

Le Bouillon, cantine antigaspi

C’est dans l’un des espaces partagés de la toute nouvelle Capsule de l’association Cap Berriat – qui aura donc réussi à dénicher des jolis locaux de 1000 mètres carrés, mais ce n’est pas le sujet – qu’Adrien et Arnaud ont ouvert Le Bouillon le 6 septembre dernier. Un restaurant associatif grenoblois qui ne propose que des plats cuisinés à partir d’invendus, directement récupérés auprès des producteurs à des prix attractifs, voire très très attractifs : « La semaine dernière, on a hérité de 50 kilos de courgettes, et le producteur a tenu à ce qu’on ne les paye pas ! » raconte Arnaud. Entrée/plat/dessert à 10€ Des bons plans qui permettent de proposer aux clients un menu complet (entrée/plat/dessert) pour seulement 10 euros, élaborés avec de bons produits du coin, souvent bio, qui auraient pu finir à la poubelle… « On est dans une logique écolo antigaspillage et de réduction des déchets. On souhaite aussi promouvoir une nouvelle alimentation saine, locale, végétarienne, la plus accessible possible. Pour cela, on invite les gens à venir cuisiner avec nous le matin, dès le mois d’o

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Émilie Chaumet, l'art au bout du fil

Cousu main | Émilie Chaumet investit le champ de la création contemporaine avec un travail qui revivifie la technique traditionnelle de broderie. Ça se passe au Vog à Fontaine pour le plus grand bonheur de ceux d’entre-vous qui auront la bonne idée d’aller y faire un tour.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

Émilie Chaumet, l'art au bout du fil

Territoire vu du ciel, profil de visage, élément végétal, texture minérale… ? Face aux compositions d’Émilie Chaumet, notre regard (qui a la fâcheuse manie de toujours vouloir reconnaître les formes qui se présentent à lui) peut longtemps s’interroger. L’artiste, en effet, joue à entretenir un trouble perceptif en créant des figures dont on ne sait si elles renvoient à l’infiniment près ou à l’infiniment lointain – ceci d’autant plus que le format circulaire des œuvres évoque autant la vision au travers d’une longue vue que celle que permet un microscope. Mais si elle adopte ce format arrondi c’est aussi tout simplement qu’il s’agit de celui des tambours à broder sur lesquels elle travaille pendant de longues heures. Des ouvrages de broderie précis et minutieux dans lequel elle réinvestit certaines explorations graphiques dont elle présente une série sur un mur de l’exposition. « La réalisation de ces dessins est le moment le plus intime de ma création. Il n’y a aucune réflexion, je laisse aller » confie-t-elle à leur propos. À notre tour de laisser aller notre regard au fil du trait de son crayon. Textiles épidermiques L’ensemble de l’œuvre d’Emil

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Galilée éclairé

SCENES | En choisissant de monter un texte passionnant et d'une actualité tragiquement permanente, Claudia Stavisky signe, avec La Vie de Galilée, son meilleur (...)

Nadja Pobel | Mardi 21 septembre 2021

Galilée éclairé

En choisissant de monter un texte passionnant et d'une actualité tragiquement permanente, Claudia Stavisky signe, avec La Vie de Galilée, son meilleur spectacle depuis Blackbird (2008). Dans un décor clos tout en hauteurs, dans lequel Galilée se calfeutre, étouffe et travaille à notre discernement, elle signe une mise en scène sobre qui rend grâce à ce mathématicien pour qui le but des sciences est de « poser une limite aux erreurs infinies ». Au XVIIe siècle, Galilée n'a eu de cesse de s'opposer aux lois divines et d'étayer, via l'observation des astres, les hypothèses de Copernic avant lui : la Terre tourne autour du Soleil. Dans ce texte dont l'écriture est entamée au commencement de la Seconde Guerre mondiale et sera révisé jusqu'à la mort en 1956 de Bertolt Brecht, le dramaturge dit l'impossible humilité de l'humain face à l'univers et les ravages des dogmes religieux, ridicules, tellement ridicules. Philippe Torreton endosse avec gravité cette responsabilité au fil des décennies que traversent son personnage. L'acteur, qui

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Scènes obliques : en route vers l'Espace interculturel de la montagne

ESCAPADES | Vendredi 17 et samedi 18 septembre, l'association Scènes obliques, à qui l'on doit chaque été l'exigeant festival L'Arpenteur, proposera dans le Grésivaudan la deuxième édition de ses Rendez-vous au manoir, préfiguration d'un futur et intrigant Espace culturel international de la montagne.

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

Scènes obliques : en route vers l'Espace interculturel de la montagne

De la musique (des Balkans, avec Stracho Temelkovski), des projections (de courts-métrages documentaires par Tomas Bozzato avec un groupe d'élèves du collège Belledonne) ou encore d'autres propositions assez atypiques (comme une pièce radiophonique immersive de Jean-Manuel Warnet sur une expédition au Groenland) : avec la deuxième édition de ses Rendez-vous au manoir, l'équipe de l'association Scènes obliques continue le travail qu'elle mène à l'année dans le Grésivaudan, notamment avec son festival L'Arpenteur. Tout en annonçant la suite, ambitieuse. « Avec ces Rendez-vous, on essaie déjà d’esquisser ce que sera l'Espace culturel international de la montagne (ECIM) sur lequel on travaille depuis trois ans, avec l'idée d'en faire un centre culturel de rencontre, du nom de ce label d'État su

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En septembre, c'est arts de rue avec l'excellent festival "Merci, Bonsoir !"

Arts de rue | Annulé l'an dernier du fait de la crise sanitaire, Merci, Bonsoir !, excellent festival dédié aux arts de rue, revient mi-septembre à Grenoble, au Parc Bachelard, pour une sixième édition. Avec notamment un spectacle clownesque complètement barré signé par l'un des cultissimes Chiche Capon.

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

En septembre, c'est arts de rue avec l'excellent festival

Au Petit Bulletin, on a quelques marottes. En spectacle vivant, les Chiche Capon, qui se définissent comme des « clowns sous acide imbattables dans la crétinerie flamboyantes », en font partie. Avec eux, sur scène, c'est un déferlement a priori anarchique (ça glousse, ça crie, ça chante, ça tape ses congénères – voire même le public) pourtant savamment construit par le quatuor : on adore ! Ensemble, tout devient possible comme disait un président de droite. Mais un par un également. Car depuis quelques années, les Chiche Capon évoluent parallèlement en solo, en conservant l'âme punk qui les habite collectivement. Quand on a épluché la programmation de la prochaine édition du festival Merci, Bonsoir !, on a donc été ravis de voir le nom de Patrick de Valette et de son fameux spectacle Hobobo (photo).

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Un nouvel atelier vélo qui espère réveiller les Eaux-Claires

Biclou | Xavier Bray, chanteur du groupe Beau Sexe, vient d'ouvrir son atelier de réparation de vélo dans le quartier des Eaux-Claires, La Roue Libre.

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Un nouvel atelier vélo qui espère réveiller les Eaux-Claires

À Grenoble, on connaissait essentiellement Xavier Bray pour ses activités de musicien, moins comme réparateur de vélos. Pourtant, c’est bien le chanteur du groupe Beau Sexe qui vient d’ouvrir La Roue Libre, le premier atelier du genre dans le quartier des Eaux-Claires. Le fruit d’un parcours de vie sinueux : « Après 20 ans de tournée avec des formations comme Virago, Eiffel ou Mama Rosin, j’ai souhaité me poser un peu et je suis devenu professeur de musique en collège. Mais je ne m’y suis pas vraiment retrouvé. J’avais envie d’être mon propre patron, d’être tranquille et, comme je bricolais déjà pas mal de vélos depuis quelques années, j’ai décidé de me lancer », raconte-t-il. Après seulement une semaine d’ouverture, l’atelier ne désemplit pas, les cyclistes se succèdent devant l’échoppe. « J’ai l’impression de combler un manque dans ce quartier qui a tout pour être un endroit sympa de Grenoble mais qui, bizarrement, ne bouge pas beaucoup. J’aimerais en profiter pour organiser des événements, des concerts, histoire de le réveiller un peu. » Spécialisé dans la ré

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Helena Hauff, la belle rentrée de The DARE Night

Electro | Electro / C'est la jolie surprise de la rentrée. On doit la venue à l’Ampérage de la DJ et productrice Helena Hauff au collectif The DARE Night, qui ouvre (...)

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Helena Hauff, la belle rentrée de The DARE Night

Electro / C'est la jolie surprise de la rentrée. On doit la venue à l’Ampérage de la DJ et productrice Helena Hauff au collectif The DARE Night, qui ouvre sa saison de la plus belle des façons grâce à l’élite de l’électro allemande. Epurée, rêche et puissante, la techno d’Helena Hauff est d’une efficacité redoutable justement parce qu’elle n’est pas domestiquée. Depuis son second album Qualm sorti en 2018, Helena Hauff séduit les scènes internationales en live et enchaîne les EP et collaborations avec divers labels, comme le remarquable Futuros EP avec The Exaltics, trois titres sortis chez Solar One Music en février. Brut, sobre, imparable. Helena Hauff, dimanche 12 septembre à 21h30, à l’Ampérage

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Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Pop culture | Auteur d’un ouvrage somme consacré au cinéma de science-fiction japonais ("Kaiju, Envahisseurs & Apocalypse", aux Éditions Aardvark), Fabien Mauro sera l’un des invités de la première édition du Japan Alpes Festival, les 18 et 19 septembre à EVE. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 septembre 2021

Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Quelles ont été tes premières portes d’entrée vers la pop culture japonaise ? Comme beaucoup de gens de ma génération, essentiellement via les jeux vidéo sur console et les séries d’animation japonaises qui passaient à la télévision. Mais également les séries de super sentai, ces équipes de super héros colorés. C’était ma première introduction à ce qu’on appelle le tokusatsu, c’est à dire des productions japonaises (films, séries…) à base d’effets spéciaux. Le tokusatsu rassemble toutes les techniques que l’on associe traditionnellement à l’imaginaire fictionnel japonais : le travail sur les effets optiques, les maquettes miniatures, les comédiens qui enfilent des costumes pour incarner des monstres ou des mecha.... Enfin, l’attente de la sortie du Godzilla de Roland Emmerich m’a amené à m’intéresser au Godzilla originel de 1954, qui venait de sortir en vidéo, ce qui m’a permis de découvrir tout l’univers du kaiju eiga, les films de monstres japonais. Je suis tombé littéralement amoureux de ce

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Philippe Caubère : le bal de l'acteur

Théâtre | Rendez-vous samedi 28 et dimanche 29 août au Pot au noir pour découvrir un immense comédien interpréter les fameuses "Lettres de mon moulin" d'Alphonse Daudet.

Aurélien Martinez | Mardi 24 août 2021

Philippe Caubère : le bal de l'acteur

« Jouer Les Lettres de mon moulin comme si c'était moi qui les avait pensées, imaginées, écrites. » Ainsi l'immense comédien Philippe Caubère, qui fut l'une des figures du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine dans les années 1970, présente-t-il son ambitieuse série de spectacles sur les textes de l'écrivain français du XIXe siècle Alphonse Daudet. Il viendra au Pot au noir dévoiler en avant-première le troisième volet « composé de Lettres peut-être moins connues, comme les histoires corses ou celle de l'humoriste Bixiou, mais d'autres très connues au contraire comme celles des Vieux ou des Étoiles – qui donne son titre à la soirée » (extrait de la note d'intention). N'ayant pas pu voir ce travail en amont (dans lequel il incarne aussi bien le narrateur que les différents personnages), nous ne pourrons vous en dire plus. Mais l'on peut par contre affirmer que, qu'importe le matériel textuel qu'il ait entre les mains (le sien notamment, Caubère adorant écrire sur lui et nous l'écouter parler de lui), il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie cet acteur sur les planches. Il est littéralement habité, magnétique, ré

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Danse avec Patrick

ECRANS | Plaisir kitsch et régressif comme seules les années 1980 étaient capables d’en offrir, Dirty Dancing est la définition même du "feel-good movie" : un film (...)

Damien Grimbert | Mardi 24 août 2021

Danse avec Patrick

Plaisir kitsch et régressif comme seules les années 1980 étaient capables d’en offrir, Dirty Dancing est la définition même du "feel-good movie" : un film qui ne révolutionne certes pas l’histoire du cinéma mais n’en procure pas moins un moment de réconfort bienvenu au spectateur pas trop regardant sur les ficelles scénaristiques et la subtilité des dialogues. Soit une histoire d’amour "interdite" entre une jeune fille timide et un professeur de danse rebelle dans un camp de vacances américain des années 1960, qui accumule à peu près tous les clichés propres au genre. Projection en plein air gratuite vendredi 27 août à 21h dans la cour du Musée de la Résistance, dans le cadre de l’exposition temporaire Vous n’irez plus danser ! Les bals clandestins 1939-1945 (inscription obligatoire).

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Cinémas : chronique d’un été

ACTUS | Bousculées durant l’été par de nouvelles mesures, les salles de cinéma se sont adaptées et ont fait mieux que résister dans un contexte difficile. Au bilan, une fréquentation en hausse, des gagnants et un moral retrouvé notamment à Lyon et Grenoble.

Vincent Raymond | Mardi 24 août 2021

Cinémas : chronique d’un été

Revenus du diable Vauvert et de sept mois (!) de fermeture, malgré l’arsenal de mesures déployées pour préserver la sécurité de ses clients-spectateurs, et surtout l’absence de foyer de contamination avéré constaté sur leurs sites, les exploitants cinématographiques ont vécu un ascenseur émotionnel depuis leur réouverture progressive le 19 mai dernier. Soumises à des jauges variables, au couvre-feu en vigueur dans leur territoire respectif jusqu’au 20 juin, à l’inexistence d’entente et de régulation entre distributeurs (et surtout, d’arbitrage par les tutelles) quant aux sorties, les salles ont ensuite vu avec effroi resurgir la concurrence de l’été — cette envie de sortir qui supplante celle de retrouver le grand écran. Et, pis que tout, la résurgence de la pandémie assortie du variant Delta avec un cortège de nouvelles restrictions. Au programme, un énième abaissement des jauges à 50 personnes et l’instauration du pass sanitaire pour la clientèle âgée de plus de 18 ans à compter du mercredi 21 juillet. « On est passé sous de nouvelles fourches caudines, soupire Bernard Wolmer, directeur d’exploitation des 6 Rex à Grenoble, il a bien fal

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"Titane" de Julia Ducournau : au lit, motors !

Palme d'Or 2021 | ★★★☆☆ / Une carrosserie parfaitement lustrée et polie, un moteur qui rugit mais atteint trop vite sa vitesse de croisière pépère… En apparence du même métal que Grave, son premier et précédent long métrage, le nouveau film de Julia Ducournau semble effrayé d’affronter la rationalité et convoque le fantastique en vain. Dommage.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Victime enfant d’un accident de la route dont elle a été la cause, Alexia vit depuis avec une plaque de titane dans le crâne. Devenue danseuse, elle se livre en parallèle à des meurtres affolant le sud de la France et "s’accouple" avec une voiture. Pour se faire oublier après une soirée très sanglante, Alexia endosse l’identité d’Adrien, un adolescent disparu depuis dix ans. Son père, un commandant de pompiers détruit, va cependant reconnaître ce "fils" prodigue et l’accueillir… Programmé par la Semaine de Critique en 2016, le sympathique Grave avait instantanément transformé Julia Ducournau, dès son premier long métrage, en nouvelle figure de la hype cinématographique française. Sans doute les festivaliers, déjà peu coutumiers des œuvres se revendiquant d’un "autre cinéma" louchant vers le fantastico-gore, la série B et les séances de minuit, avaient-il été titillés par le fait que ce film soit signé non pas par l’un des olibrius vaguement inquiétants fréquentant les marches du Palais (Gaspar Noé, Lars von Trier, NWR, Bertrand Mandico…) mais par une jeune réalisatrice présentant bien. Le peuple de la Croisette, et sans doute celui de

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"Kaamelott – Premier Volet" de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Mercredi 21 juillet 2021

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

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Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

ATTENTION SPOILERS ! | Attention spoilers ! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers ! Vous ne viendrez pas nous dire qu’on ne vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Mercredi 21 juillet 2021

Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « Je pars ; non, je déconne, en fait, je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À

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“Benedetta” de Paul Verhoeven : La chair et le sang

Cannes 2021 | Exaltée par sa foi et la découverte de la chair, une nonne exerce une emprise perverse sur ses contemporains grâce à la séduction et au verbe. Verhoeven signe nouveau portrait de femme forte, dans la lignée de Basic Instinct et Showgirls, en des temps encore moins favorables à l’émancipation féminine. Quand Viridiana rencontre Le Nom de la Rose…

Vincent Raymond | Mardi 13 juillet 2021

“Benedetta” de Paul Verhoeven : La chair et le sang

Italie, début du XVIIe siècle. Encore enfant, Benedetta Carlini entre au monastère des Théatines de Pescia où elle grandit dans la dévotion de la Vierge. Devenue abbesse, des visions mystiques de Jésus l’assaillent et elle découvre le plaisir avec une troublante novice, sœur Bartolomea. Son statut change lorsqu’elle présente à la suite d’une nuit de délires les stigmates du Christ et prétend que le Messie parle par sa voix. Trucages blasphématoires ou miracle ? Alors que la peste menace le pays, la présence d’une potentielle sainte fait les affaires des uns, autant qu’elle en défrise d’autres… Les anges du péché Entretenue depuis son enfance dans un culte dévot de la Vierge, conditionnée à adorer des divinités immatérielles omnipotentes, coupée du monde réel, interdite et culpabilisée lorsqu’il s’agit d’envisager les sensations terrestres, Benedetta vit de surcroît dans un monde de fantasmes et de pensées magiques, où chaque événement peut être interprété comme un signe du ciel (ce que la superstition ambiante ne vient surtout pas démentir). Prisonnière d’une commu

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Belles journées à Bachelard

SCENES | Le Prunier Sauvage lance la quatrième édition des Beaux Jours, un mini-festival organisé en préfiguration d’un plus vaste chantier : la création d’un pôle dédié aux arts du cirque et de la rue. On en a donc profité pour prendre quelques nouvelles de ce projet de longue date nommé Parc des Arts.

Hugo Verit | Vendredi 9 juillet 2021

Belles journées à Bachelard

Pendant le mois de juillet, Les Beaux Jours sont de retour au parc Bachelard : cinq soirées festives avec concerts, spectacles et ateliers, organisées par le Prunier Sauvage pour la quatrième année. Un événement qui s’inscrit dans le cadre de la préfiguration du Parc des Arts, le grand projet que les équipes du Prunier (mais pas que) portent vaillamment sur leurs épaules depuis 2015. « Nous souhaitons créer un pôle dédié aux arts du cirque et de la rue puisque ce genre de structure n’existe pas encore à l’échelle départementale et les besoins sont réels, détaille Brahim Rajab, directeur. Il s’agirait d’un tiers-lieu car nous voulons inclure les citoyens et ne pas les cantonner à une place de spectateur ou de consommateur. C’est aussi une façon d’investir de manière ambitieuse dans la culture sur un territoire comme le quartier Mistral (juste à côté du Prunier, ndlr) qui souffre d’une mauvaise image. » Pendant plus de cinq ans, les porteurs du projet ont multiplié les "apéros-chantiers" afin de fédérer des gens très différents (compagnies, urbanistes, artisans, restaurateurs, simples habitants du quartier…), ils ont mené des enquêtes pour établir les be

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Séances de rattrapage nocturnes

Reprises | Parmi l’impressionnante (et bienvenue) offre cinématographique illuminant les nuits d’été iséroises, focus sur quelques films à ne pas manquer…

Vincent Raymond | Jeudi 8 juillet 2021

Séances de rattrapage nocturnes

Marche avec les loups Signé par un ardent défenseur du peuple loup (déjà auteur de La Vallée des loups), ce road movie en forme de journal de bord suit pendant deux ans un jeune canidé à la conquête d’un nouveau territoire. Passionnant et pédagogique, démontant les a priori autant qu’il montre comment cuisiner une omelette aux truffes minute, ce documentaire est pareil à un conte. En vrai. Au parc Charly-Guibbaud (Gières) le 6 juillet, à 22h. Funan Inspiré de l’histoire familiale du réalisateur, ce film d’animation (lauréat du plus prestigieux prix en la matière, le Cristal à Annecy en 2018) évoque le conflit cambodgien à l’époque des Khmers Rouges qui n’étaient pas des tendres. De ce fait, la projection est assortie d’un avertissement — des scènes, des propos ou des images pouvant heurter la sensibilité des spectateurs. Mais il y a

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Notes estivales

MUSIQUES | L'équipe du Petit Bulletin a repéré pour vous des événements musicaux qui valent le coup d'être entendus. Comme autant d'idées de sorties pour les jours à venir...

La rédaction | Vendredi 2 juillet 2021

Notes estivales

Musiques actuelles Notes dans le Vercors Configuration à la fois assise et debout cette année : du côté d’Autrans, du 2 au 4 juillet, on attend du beau monde pour la septième édition du Vercors Music Festival ! Des artistes en pleine progression comme Suzane, par exemple, ou des groupes expérimentés dont la musique nous ravit, à l’image de La Rue Kétanou (photo). Pour faire une fête dantesque, on compte aussi sur le côté pin-up assumé des Swingirls ou le look des musiciens de Tigadrine, dont le blues du désert ne cesse d’envoûter les festivals isérois. Vercors Music Festival. À Autrans du 2 au 4 juillet. www.vercorsmusicfestival.com Insolite Et au milieu coule une rivière Des musiques enchanteresses dans un cadre enchanteur (des grottes en pleine forêt, bordées par un torrent et soumises à un microclimat rafraichissant), des frites, des bières « et du thé froid citron gingembre » ? C’est peu o

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Art sylvestre

ARTS | À l’occasion de l’événement L’Appel de la forêt porté par le département de l’Isère (et dont nous reparlerons certainement à la rentrée), le Domaine de Vizille (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 13 juillet 2021

Art sylvestre

À l’occasion de l’événement L’Appel de la forêt porté par le département de l’Isère (et dont nous reparlerons certainement à la rentrée), le Domaine de Vizille accueille trois installations qui font résonner harmonieusement concept et matériau puisque, proposant différentes réflexions sur notre rapport aux arbres, elles sont faites de leur bois. À proximité du canal qui traverse le parc, l’ingénieur et architecte Olivier Delarozière imagine un cénotaphe en hommage à Nicolas Fourneau, auteur du premier traité de charpente moderne. Pénétrable, cette hypnotique structure autoportante ravira les fans de Kapla et vient naturellement s’implanter dans le site, évoquant la tradition des fabriques qui agrémentaient les parcs du XVIIIe siècle. Plus loin, le collectif Les Nouveaux Voisins nous invite à contempler le majestueux ramage d’un chêne grâce à un élégant dispositif en demi-lune qui enserre délicatement son tronc, rappelant la nécessité depuis toujours ressentie par les Hommes de faire communauté à proximité d’un élément naturel singulier. Enfin, intitulée Le Bois dormant, l’installation conçue par Atelier Byme joue d’un retournement amusant,

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Une résidence d’artistes au cœur du quartier de l’Abbaye

ACTUS | Alors que la municipalité grenobloise s’est engagée dans un vaste projet de rénovation du quartier de l’Abbaye, un collectif d’artistes y a posé ses valises, le temps de la transformation.

Sandy Plas | Jeudi 15 juillet 2021

Une résidence d’artistes au cœur du quartier de l’Abbaye

« On voulait investir un lieu et monter un projet à partir d’un territoire », explique Laure Nicoladzé, fondatrice de la compagnie Regards des Lieux et coordinatrice du Grand collectif. C’est désormais chose faite. Depuis quelques jours, les artistes réunis au sein de ce Grand Collectif, rassemblant cinq compagnies grenobloises (Regards des lieux, Images solidaires, Colectivo Terron, Lieu Dit et Le Grille-Pain) et mêlant le théâtre, l’image, la musique et l’architecture, ont investi leur toute nouvelle résidence, au 9, place André-Charpin, en plein cœur de l’Abbaye. « Au départ, nous n’avions pas de lieu prévu, juste la volonté de monter une résidence au sein d’un quartier, poursuit Laure Nicoladzé. Il y a trois ans, on a proposé à la mairie de s’installer ici, et notre demande a été acceptée. » Depuis, la municipalité a mis sur pied le projet "Les Volets Verts", dont le but est de proposer différentes initiatives culturelles, solidaires et conviviales au cœur du quartier pendant sa transition, dans lequel s’inscrit le Grand Collectif, qui collabore également avec le collectif Voisins, installé dans les mêmes locaux et qui cherche à créer du lien dans

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L'Anneau en attendant...

Culture | Les événements organisés en plein air cet été sont longtemps restés incertains. D’où l’idée de la Ville de Grenoble d’en regrouper plusieurs à l’Anneau de vitesse. Une bonne solution ? On a posé la question à quelques-uns des intéressés.

Martin de Kerimel | Mardi 29 juin 2021

L'Anneau en attendant...

Deux soirées complètes et une troisième qui a elle aussi bien fonctionné : le Festival Magic Bus n’a pas à regretter d’avoir dû quitter l’Esplanade pour rallier la scène de l’Anneau de vitesse. Après le premier soir, Damien Arnaud, coordinateur de Retour de Scène, jugeait que le public avait plutôt joué le jeu des consignes sanitaires. « Cela a fonctionné en bonne intelligence, dans une douce euphorie. » De quoi anticiper positivement le second événement confié à l’association cet été : le Cabaret frappé, du 16 au 20 juillet. Et même si ce n’est pas comparable – cette fois, on parle de concerts gratuits et sans doute de spectateurs autorisés à rester debout. Et 2022 ? Il est trop tôt pour dire si Retour de scène voudra revenir à l’Anneau de vitesse : « Cela pose question. On se dit que la volonté de la Ville n’est pas forcément de s’y installer durablement et l’Esplanade, elle, pourrait être en travaux. Les discussions se poursuivent. » Et la cohabitation entre associations ? « L’idée est bonne et, pour en avoir parlé avec d’autres organisateurs d’événements ailleurs en France, c’est assez rare pour être souligné. Après, c’est bien aussi que chacun

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Les petites reines de la rue Saint-Laurent

ACTUS | Le vélo est roi dans la tranquille rue Saint-Laurent. De nombreux entrepreneurs œuvrant pour ou avec leur vélo y ont pignon sur rue (oh oh oh !). On est allé rencontrer tout ce monde-là… à bicyclette-euh.

Jérémy Tronc | Vendredi 11 juin 2021

Les petites reines de la rue Saint-Laurent

Si les terrasses de la place Cymaise sont régulièrement bondées depuis le 19 mai, la foule s’engage rarement plus haut dans la rue Saint-Laurent, intimidée peut-être par la Fontaine du Lion et son combat sans fin avec le serpent de bronze, allégorie des inondations qui ont ravagé Grenoble de l’époque romaine jusqu’au XIXe siècle. En revanche, la rue est souvent peuplée de vélos et de cyclistes, certains bricolant leur monture en pleine rue, comme devant le numéro 38. La société de livraison S!cklo vient d’y ouvrir un petit atelier géré par Roman, qui essaie de s’organiser au mieux pour réaliser vos petites réparations dans la journée. « Les gens sont surpris car le délai moyen dans les autres magasins, c’est plutôt deux semaines en ce moment. » De l’autre côté de la rue, au 57, s’activent les coursiers de S!cklo, au gré des ordres de livraison reçus. Cette société “locale et éthique” de coursiers à vélo s’est montée en juillet 2019 en alternative aux grosses plateformes et à leurs mauvaises conditions de travail. Elle comptabilise désormais plus de 6000 utilisateurs et ses employés bénéficient de vrais contrats. « S!cklo offre un service de qualité tout en

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À la MC2, un mois de festival pour « retrouver le sens de la fête »

SCENES | Alors que pas mal de théâtres ont rouvert leurs portes avant la pause estivale pour quelques spectacles, la MC2 voit, elle, carrément en grand avec un festival d'un mois baptisé La MC2 en fête. Assurément l'événement de cette fin de saison, dont on a parlé avec le directeur des lieux, Arnaud Meunier.

Aurélien Martinez | Mardi 8 juin 2021

À la MC2, un mois de festival pour « retrouver le sens de la fête »

Quand avez-vous pensé ce grand temps fort ? Arnaud Meunier : J'y pensais depuis longtemps, c'était mon obsession des derniers mois. Une maison de la culture fermée au public, c'est dramatique. Il s'agit donc de retrouver le sens de ce que nous sommes profondément : un lieu d'art, de création et de culture pour toutes et tous. Et puis il se trouve que je suis également metteur en scène. Pendant les confinements, j'ai répété un spectacle fantôme qui n'a pas fait une seule représentation, donc je connais très intimement la souffrance qu'ont ressentie les artistes. Leur faire retrouver très rapidement le chemin du public me semblait capital. Beaucoup ont répondu présent, j'en suis ravi. Vous auriez pu programmer quelques spectacles en juin pour terminer la saison doucement en attendant la prochaine. Mais vous avez choisi une forme be

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"Le Discours" : tu parles ? Tu parles !

ECRANS | C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, (...)

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, c’est que Sonia réponde à son SMS. Et voilà que son futur beau-frère lui demande de faire un discours pendant la noce… Le Discours n’est pas un film, c’est du cinéma. En tout cas, une de ces propositions cinématographiques, pour reprendre le mot de Godard, qui s’amusent avec les possibilités du médium ; qui considèrent le 7e art comme la somme, la résultante, l’aboutissement ou l’évolution des précédents et surtout ne se prennent pas au sérieux. Ce qui ne les empêche pas de triturer la structure avec intelligence pour fabriquer de l’espace avec des mots et du temps avec des images ; bref créer, comme Resnais, un spectacle ludique superposé à un film mental. Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby : il transpose cette obsession anxiogène de la répétition traversant l’œuvre de l’auteur (et bédéiste) en l’accommodant de variations oulipiennes donnant à Ben

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Une expo qui en a sous la pédale

ARTS | Événement. Riche de mille trésors, l’exposition "Un amour de vélo" du Musée dauphinois témoigne des cultures propres à l’univers du vélo mais également de l’histoire particulière que le territoire entretient avec la bicyclette. Amusant et passionnant !

Benjamin Bardinet | Mercredi 9 juin 2021

Une expo qui en a sous la pédale

On a tous idée que l’Isère est une sorte d’immense terrain de jeu pour les cyclosportifs en tous genres – du vététiste amateur de sensations fortes au coureur du dimanche dévalant les routes des cols. Ce dont on a moins conscience, c’est à quel point ce territoire est aussi celui de nombreux artisans ingénieux et de bricoleurs astucieux. De la bicyclette pliante imaginée en 1892 par un industriel de Domène à l’étonnant Chopper de Jacques en passant par l’élégante randonneuse conçue par les Cycles Cattin, l’exposition du Musée dauphinois, sans chauvinisme aucun, rend compte de nombre de réalisations iséroises remarquables, mais également de certains épisodes mémorables de l’histoire du vélo sur ce territoire. On retiendra tout particulièrement l’inauguration d’une piste cyclable par Hubert Dubedout en 1977, faisant de Grenoble une ville pilote en la matière, ou encore la première coupe du monde officieuse de VTT (à Villard-de-Lans en 1987) dont la tenue fluo de l’un des vainqueurs, Jacques Devi, fait encore un peu mal aux yeux. Ceci d’autant plus qu’elle est présentée à proximité du vélo patiné de Franco Nicotera, cyclo-aventurier grenoblois

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Une balade égyptienne avec les Champollion

ACTUS | Ouverture. Cette fois, ça y est : depuis quelques jours à peine, le Musée Champollion, à Vif, est ouvert au public (sur réservation). L’établissement nous invite à suivre le parcours du déchiffreur des hiéroglyphes de l’Égypte antique, mais aussi celui de son frère aîné, au rôle souvent ignoré.

Martin de Kerimel | Mardi 8 juin 2021

Une balade égyptienne avec les Champollion

« Je suis tout à l’Égypte. Elle est tout pour moi » : quelques mots suffisent-ils à résumer une vie ? Celle de Jean-François Champollion fut courte : le père de l’égyptologie est mort en 1832, à 41 ans seulement. L’histoire a retenu qu’il souffrait alors de plusieurs maladies, mais personne n’a identifié celle qui l’a emporté. Bientôt deux siècles plus tard, ce détail macabre s’est donc effacé, mais le nom de Champollion, lui, résonne encore comme celui d’un illustre scientifique des premières décennies du XIXe siècle. L’ouverture récente d’un Musée Champollion à Vif laisse imaginer que c’est légitime. Ce projet, porté par le Département de l’Isère, était dans les tuyaux depuis longtemps. La responsable du Musée, Caroline Dugand, dit avoir travaillé dessus pendant près de quatre ans avant qu’il aboutisse enfin. La pandémie n’est pas pour rien dans cette durée, bien sûr, mais elle n’explique pas à elle seule que les travaux préparatoires aient été aussi longs. On le comprend mieux quand on découvre le site d’implantation du Musée : le bâtiment qui sert d’écrin aux collections n’est rien d’autre qu’une maison des champs, ayant appartenu à la famille de Jacques-J

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Benjamin Lavernhe dans Le Discours : « J’aime bien causer… »

ECRANS | À l’écran, on l’a connu odieux (Le Sens de la fête), irrésistible de drôlerie (Mon inconnue), fuyant (Antoinette dans les Cévennes) mais à chaque fois impeccable. Benjamin Lavernhe, de la Comédie Française, poursuit sur sa lancée en tenant l’affiche (et le crachoir) du Discours, adaptation ô combien cinématographique de Fabcaro par Laurent Tirard.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Benjamin Lavernhe dans Le Discours : « J’aime bien causer… »

Le Discours raconte une histoire des retrouvailles différées. Or le film, d’abord annoncé pour Cannes 2020, avait été repoussé en décembre, avant d’être à nouveau décalé pour le 9 juin. Il y a là comme une mise en abyme un peu ironique et cruelle, non ? Benjamin Lavernhe : Oui, c’est vrai que c’est tragiquement drôle ; après, on peut se dire que notre personnage du Discours se plaint beaucoup, se complaît un peu ; qu’il est peut-être un peu pénible… Nous, on a eu l’impression que notre plainte, elle était légitime ; on n’a pas envie qu’elle soit vue comme nombriliste et qu'elle finisse par agacer. Comme disait Jean-Michel Ribes sur les réseaux sociaux, « la culture n’est pas au dessus du reste, mais elle existe ». Aux yeux du public, votre personnage peut passer pour nombriliste ; en réalité, c’est quelqu’un en attente et en souffrance. Une souffrance qui dévore tout le reste et que le film ne fait que retranscrire avec justesse… Oui, c’est son caractère obsédant, s

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Mange ta prairie !

ESCAPADES | Mauve, lierre terrestre, consoude, plantain, bardane… Ces plantes sauvages comestibles abondent en milieu urbain mais elles nous sont pour la plupart étrangères. Un lien avec le végétal rompu que Mathilde Simon, formatrice ethnobotanique, vous propose de retisser au cours de sorties nature, le nez dans l’herbe, les sens en éveil.

Jérémy Tronc | Vendredi 28 mai 2021

Mange ta prairie !

Pour vous, c’est une banale prairie, un carré d’herbe ou un parc où jouer au mölkky. Pour Mathilde Simon, c’est un vivier, un espace de cueillette de plantes comestibles, aromatiques ou médicinales. Lors de notre sortie d’initiation à l’arboretum Ruffier-Lanche sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, quelques mètres de marche ont suffi à la jeune femme pour repérer la mauve sylvestre, là où nous aurions posé notre plaid à pique-nique sans nous douter que nous écraserions la douce Malva sylvestris (son nom latin). Sacrilège ! « La mauve est entièrement comestible. Elle a été cultivée comme plante potagère au temps de la Grèce antique et on retrouve tout au long de l’histoire des utilisations en phytothérapie, notamment pour les muqueuses irritées. Je l’utilise personnellement pour épaissir certains potages », explique Mathilde aux participants qui photographient, prennent des notes, sentent, touchent et goûtent les plantes tout au long du circuit riche en découvertes. « Pour des sorties courtes comme celle-ci, je privilégie une approche sensorielle des plantes. L’odorat, le goût, le toucher accrochent mieux les personnes et complètent ce que l’on pe

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"Vers la bataille" et "Si le vent tombe" : si loin, si proches

ECRANS | L’époque et la géographie les oppose, mais les protagonistes de "Vers la bataille" et de "Si le vent tombe" ont beaucoup en commun. À commencer par le fait d’être des Français temporairement expatriés et irrésistiblement attirés par le souffle de la guerre…

Vincent Raymond | Mercredi 26 mai 2021

La Guerre et ce qui s’ensuivit, écrivait Aragon. Quelle que soit l’âge du conflit, le déroulement sur le terrain est identique : les corps des belligérants (et des malheureux civils au mauvais endroit, au mauvais moment) finissent hachés par une pluie de boue et de mitraille, après avoir été laminés par l’angoisse d’être touchés. La raison commanderait de fuir à tout prix ces zones de haut péril, mais la raison, on la connaît, a parfois les siennes, hors de toute logique. Pour Louis dans Vers la bataille de Aurélien Vernhes-Lermusiaux, c’est d’aller photographier au plus près l’Expédition du Mexique de 1861 (et sa déroute) à la demande de l’armée française, histoire oublier la mort de son fis. Pour Alain dans Si le vent tombe de Nora Martirosyan, c’est d’aller observer de ses yeux cette ligne de front ayant justifié sa venue au Haut-Karabagh pour inspecter un aéroport afin de lui donner l’autorisation d’ouvrir ; cette même ligne de front exigeant que le rapport soit défavorables pour

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Lucas Belvaux : « Il ne doit pas y avoir un plaisir malsain à regarder la violence »

ECRANS | Adapté du roman de Laurent Mauvignier, "Des hommes" (en salle le 2 juin) rend justice à toutes ces victimes de la Guerre d’Algérie payant les intérêts de décisions "supérieures" prises au nom des États. Et s’inscrit avec cohérence dans la filmographie du (toujours engagé) cinéaste Lucas Belvaux. Interview et critique.

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Lucas Belvaux : « Il ne doit pas y avoir un plaisir malsain à regarder la violence »

Il y a un lien manifeste entre votre précédent film Chez nous (2017), sur un parti populiste d’extrême-droite, et celui-ci qui en constitue presque une préquelle… Lucas Belvaux : Des hommes est un peu né du précédent, oui. J’avais lu le livre de Laurent Mauvigner à sa sortie en 2009, et à l’époque j’avais voulu prendre les droits et l’adapter. Mais Patrice Chéreau les avait déjà. Il est ensuite tombé malade et n’a pas eu le temps de le faire. J’avais laissé tombé et puis, avec le temps, ne voyant pas le film se faire, je m’y suis intéressé à nouveau. Surtout après Chez nous : il y avait une suite logique. J’ai relu le livre, je l’ai trouvé toujours aussi bon et mon envie de l’adapter était intacte – ce qui est bon signe après 10 ans. Outre "l’actualité" de votre désir, il y a celle du sujet : on a l’impression qu’on ne fait que commencer avec le traitement de "liq

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"Slalom" : sortie de piste

Drame | ★★★☆☆ Un film de Charlène Favier (Fr-Bel, 1h30) avec Noée Abita, Jérémie Renier, Marie Denarnaud… Sortie le 19 mai

Vincent Raymond | Jeudi 13 mai 2021

Lyz, 15 ans, intègre une classe de ski-études. Délaissée par ses parents, l’adolescente douée va rapidement passer sous la coupe d’un entraîneur abusif… À l’instar de la pratique du ski, le traitement de certains sujets sensibles réclame du tact et de l’équilibre ; le moindre faux-pas entraînant une chute fatale. Celui dont la réalisatrice Charlène Favier s’empare à beau croiser une double actualité (la mise au jour de scandales dans l’univers des sports de glace en particulier et l’avénement du mouvement #MeToo en général), il n’était pas exempt d’un risque de manichéisme, en (sur)chargeant facilement le coupable, ou en édulcorant ce qu’elle représente. Au contraire a-t-elle choisi de montrer la construction d’une mécanique d’emprise dans son détail, dans la complexité de son irrésistible déploiement, ne cachant pas l’existence d’une responsabilité collective – un "terreau favorable" pour un prédateur. En découle l’apparente acceptation de la victime, son mutisme malgré les appels à l’aide. Admirablement servi par Noée Abita et Jérémie Renier, duo qui ne s’épargne rien dans l’épreuve, ce film va au-delà du "

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Frères de bière

GUIDE URBAIN | Plus d’un entrepreneur aurait renoncé à monter sa société en pleine tempête de la Covid. Pas Paul Gabriel et Nicolas Lang qui, contre vents et marées, ont (...)

Jérémy Tronc | Mercredi 19 mai 2021

Frères de bière

Plus d’un entrepreneur aurait renoncé à monter sa société en pleine tempête de la Covid. Pas Paul Gabriel et Nicolas Lang qui, contre vents et marées, ont lancé au mois de janvier leur microbrasserie dans la zone artisanale de l’espace Comboire : la bière des Bräu. Paul et Nicolas se sont rencontrés sur les bancs du lycée où ils se lient d’amitié et partagent leur goût pour la bière, qu’ils affinent au cours de leurs nombreux voyages. Puis ils souhaitent brasser eux-mêmes leur bière et achètent un kit de brassage amateur. Leur appartement respectif est le laboratoire de leurs expérimentations et de leurs premiers brassins qu’ils testent auprès de leur entourage. En été 2019, ils se décident à franchir un nouveau cap en montant ensemble une nouvelle microbrasserie. Elle s’appellera La bière des Bräu. Bräu comme brassage en allemand mais aussi en diminutif de "brother" en anglais. « Cela résume notre philosophie. Pour nous, la bière est une boisson populaire qui se partage, qui ne doit pas être réservée à une petite partie de la population, elle doit rester accessible en termes de prix et de goût. » Ils démarchent alors les banques pour financer leur projet. Le

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Grenoble : la Ville se positionne

Été culturel | On savait déjà que, pour son édition 2021, le Festival Magic Bus allait quitter l’Esplanade et rejoindre l’Anneau de Vitesse. La Ville de Grenoble a confirmé, vendredi 30 avril en fin de matinée, qu’elle prévoit d’autres événements culturels sur le site. Premiers détails.

Martin de Kerimel | Vendredi 30 avril 2021

Grenoble : la Ville se positionne

Bis… ou ter repetita : l’été dernier, après plusieurs mois de confinement, la Ville de Grenoble témoignait d’une intention d’accompagner le rebond de la culture, en programmant une "saison" d’événements en plein air, déclinée en quatre programmations de quinze jours et 188 propositions différentes (pour 214 levers de rideau). Plus tard, au début de cette année, elle a récidivé avec les Éclats de culture, une mini-série d’événements extérieurs organisée le 14 janvier, dans chacun des secteurs de la ville. Et voilà que l’on nous annonce pour le début de l'été « une programmation culturelle et festive », adaptée aussi aux normes sanitaires. Avec plusieurs partenaires locaux du monde culturel, la Ville travaille à la mise en place d’une scène à l’Anneau de Vitesse du parc Paul Mistral. Jusqu’à 1000 personnes devraient pouvoir trouver place autour de cette structure éphémère. « Y seront accueillis, du 17 juin au 9 juillet : le Festival Magic Bus, une programmation de la Bobine, une soirée exceptionnelle proposée par la MC2 et le Festival du Film Court en Plein Air, indique un communiqué. Cette scène sera aussi le théâtre de l’édition exception

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« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Livre | Auteurs de l’ouvrage "Grenoble Calling, Une histoire orale du punk dans une ville de province", chroniqué dans ces pages la semaine dernière, Nicolas Bonanni et Margaux Capelier ont accepté de répondre, par e-mail, à nos questions.

Damien Grimbert | Jeudi 29 avril 2021

« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Quand et comment est né le projet de ce livre ? Clairement, on s'est lancé-e-s dans ce projet parce qu'on participe à cette scène. On n'a pas du tout une posture de journalistes ou de sociologues, et, il faut le dire, on n'a aucune méthode scientifique. Nicolas vit depuis une vingtaine d'années à Grenoble, Margaux y a passé cinq ans. On a des regards et des parcours différents mais c'est un univers qui nous tient à cœur depuis longtemps. C'est bien en tant que participant-e-s qu'on s'est embarqué-e-s dans ce projet. On était intrigué-e-s par ce qui s'était passé dans cette ville "avant". Des lieux, des collectifs dont on avait seulement entendu parler... Le squat des Hell's Angels derrière la gare, par exemple, qu'est-ce que c'est que ça ? Donc oui, clairement il y a tout un pan de ce qui est raconté dans le bouquin qu'on ignorait complètement avant de s'y plonger. On en a profité pour tâcher de reconstituer le chemin qui avait amené à aujourd'hui, et essayer de rendre hommage à des personnes et des collectifs qui ont beaucoup œuvré et qui ne sont plus là. Grenoble Calling fonctionne sur le principe de "l’histoi

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Grenoble Calling, odyssée punk

CONNAITRE | Retracer 40 ans d’histoire du punk à Grenoble, des années 80 à nos jours, c’est l’audacieux défi dans lequel se sont lancés Nicolas Bonanni et Margaux Capelier, dont l’ouvrage "Grenoble Calling" vient de paraître aux éditions Le Monde à l’envers.

Damien Grimbert | Mercredi 21 avril 2021

Grenoble Calling, odyssée punk

C’est une histoire souterraine, dont beaucoup ignorent jusqu’à l'existence : depuis maintenant plusieurs dizaines d’années, le punk dispose à Grenoble d’une base extrêmement active et inventive, d’une effervescence impressionnante – concerts, festivals, fanzines, disquaires, distributeurs, squats et autres lieux éphémères… Farouchement underground, privilégiant l’autogestion, le "Do It Yourself" et la culture des réseaux et du bouche-à-oreille, rétif à toute forme d’institutionnalisation, de marchandisation et de médiatisation, à Grenoble comme ailleurs, le mouvement punk se vit bien plus qu’il ne se donne à voir. Une sorte d’univers parallèle mu par ses propres codes et convictions, inclusif dans sa démarche mais par nature invisible aux yeux du plus grand nombre. Autant dire qu’en retracer l’histoire sur près de quarante années constituait une gageure qui, aussi passionnante soit-elle, semblait de prime abord quasi impossible à relever. C’est pourtant ce qu’ont réussi à faire les auteurs de Grenoble Calling en s’appuyant sur une méthode éprouvée : après s’

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Tauceti, une jeune étoile aux platines

Événement | Déjà programmée deux fois à la Belle Électrique, la DJ y revient pour une "capsule" : une page lui est désormais dédiée sur le site Internet de la salle de concerts, qui permet de la (re)découvrir et de l’entendre dès ce vendredi 16 avril, à partir de 18h. Interview.

Martin de Kerimel | Vendredi 16 avril 2021

Tauceti, une jeune étoile aux platines

On te retrouve vendredi dans la Capsule de la Belle Électrique. Peux-tu d'abord nous dire d’où vient ton nom de scène ? Tauceti : D’une blague avec mon ex-colloc. J’ai commencé au Chalet, un petit bar grenoblois, et le gérant m’a dit qu’il fallait me présenter. C’est là que mon ami a proposé Tauceti, le nom de la seule étoile jaune visible dans la galaxie. J’ai trouvé ça mignon et c’est resté. Tu fais de la musique depuis longtemps ? Oui, j’ai toujours été dedans, y compris au lycée, avec des horaires aménagés. J'ai notamment fait de la batterie. Mes parents m’ont encouragée. J’ai d’abord eu une éducation classique, avant d'arriver à Grenoble pour mes études supérieures. Ici, c’est le berceau de la musique électronique ! J’ai rencontré des gens qui m’ont appris à mixer. C’est vraiment ce que je voulais faire ! Tu faisais des études de philo avant, c’est ça ? Tout est arrivé en même temps. En fait, la musique a commencé à me "prendre" quand j’étais en première année d’études.

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Magic Bus : l’espoir demeure

ACTUS | L’association grenobloise Retour de Scène n’a pas encore de certitude absolue, mais Damien Arnaud, son coordinateur, confirme qu’elle n’a pas renoncé à l’organisation de son festival. On en sait même (un peu) plus.

Martin de Kerimel | Jeudi 15 avril 2021

Magic Bus : l’espoir demeure

Patience… c’est le mot d’ordre à suivre pour qui voudrait des infos détaillées sur la vingtième édition du festival Magic Bus. Quelques nouvelles fraîches (et a priori rassurantes) sont cependant tombées mercredi 14 avril. L’équipe de Retour de Scène n’a pas renoncé : elle travaille toujours « à proposer une 20e édition adaptée pour concilier concerts et précautions sanitaires. » Rappel : au tout départ, Magic Bus 2021 était prévu du 6 au 8 mai. Les dates ont changé, mais le ton du moment n’en est pas moins positif : « Nous fixons actuellement les derniers détails de la configuration définitive et pourrons vous annoncer la programmation d’ici la fin du mois d’avril. Nous espérons de tout cœur pouvoir vous retrouver pour cette 20ème édition du 17 au 19 juin 2021. » Retour de Scène aimerait pouvoir annoncer au moins une tête d’affiche nationale, en complément des groupes locaux attendus. Contacté au téléphone jeudi 15 avril au matin, Damien Arnaud, coordinateur de l’association, reste prudent. « C’est presque heure par heure que cela se joue. On attend aussi des nouvelles de notre Syndicat des musiques actuelles », admet-il. Sans cer

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Teddy Beat, troisième sexe

Bande dessinée | Troisième volet des aventures de l’ourson lubrique imaginé en 2011 par l’auteur grenoblois Morgan Navarro, Teddy Beat : Sex Change voit notre protagoniste changer de sexe dans le seul but d’expérimenter la jouissance féminine. Tout un programme… qu’on vous détaille avant la séance de dédicace de l’auteur ce jeudi 8 avril à la librairie Les Modernes.

Damien Grimbert | Mercredi 7 avril 2021

Teddy Beat, troisième sexe

C’est une période chargée pour Morgan Navarro : après les deux tomes de Ma vie de réac en 2016 et 2018, il sortait au printemps 2020 Stop Work (éditions Dargaud) en collaboration avec Jacky Schwartzmann qui posait un regard acerbe sur les mutations du monde de l’entreprise moderne, et Le Président (éditions Les Arènes) en collaboration avec Philippe Moreau-Chevrolet, dystopie politique qui imaginait l’accession à la Présidence de la République de Cyril Hanouna en 2022. Avec la sortie de Teddy Beat : Sex Change, on peut littéralement parler d’un triple retour : à son éditeur historique, Les Requins Marteaux, maison d’édition bordelaise spécialisée en bande dessinée alternative au sein de laquelle il avait fait ses premiers pas, à la géniale collection "érotico-comico-expérimentale

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Grenoble impressionne Edmond Baudoin

Rencontre | Reconnu comme l'un des pionniers de la bande dessinée contemporaine et autobiographique, Edmond Baudoin est en résidence à Grenoble depuis trois mois sur invitation du réseau de bibliothèques, dans le cadre du Printemps du livre. Avec son pinceau et sa bouteille d’encre de Chine, il parcourt les rues de la ville pour dessiner des portraits au hasard de ses rencontres. Ce projet, nommé "Grenoble en portrait(s)", fera l’objet d’une exposition et sans doute d’un livre. Nous avons pu le rencontrer, un peu trop rapidement, et lui poser quelques questions. Une parole parfois espiègle, toujours humble et pourtant si riche.

Jérémy Tronc | Vendredi 12 mars 2021

 Grenoble impressionne Edmond Baudoin

Comment vous y prenez-vous pour réaliser les portraits des habitants ? Il me suffit de me mettre devant les personnes, quand elles ont enlevé leur masque, et de dessiner. En même temps, je leur pose une question et je discute avec elles. Le portrait que je tire est ensuite échangé contre la réponse à ma question. Je ne le garde pas pour moi : je l’offre. Pas tout de suite : les bibliothèques ont l’intention de monter une exposition avec l’ensemble de mes dessins. Je m’applique le plus possible pour mes portraits mais j’en rate parfois. Les personnes ne m’en veulent pas. Comme pour Picasso, quand ce n’est pas exactement le visage de la personne, ce sera ce visage ! Vous êtes donc allé à la rencontre des personnes dans la rue ? Avec les cafés et les restaurants fermés, c’est difficile. D’habitude, je me mets dans un restaurant et je dessine la personne qui est en face, si elle accepte. C’est facile. Mais j’ai aussi fait des visites dans des endroits qui aident les gens, comme l’association Point d’eau pour les migrants, et là c’était simple d’enlever le masque. Des gens viennent chez moi quand je les invite ou c’est moi qui

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Troisième Bureau entretient la flamme

Théâtre | Le comité de lecture du collectif artistique grenoblois a publié, fin février, la liste des textes qu’il a retenus pour cette année. L’occasion pour nous de solliciter Bernard Garnier, coordinateur artistique, afin de faire un point complet sur son fonctionnement et son actualité, en attendant les prochaines représentations publiques.

Martin de Kerimel | Vendredi 12 mars 2021

Troisième Bureau entretient la flamme

Quelle présentation feriez-vous de Troisième Bureau ? Bernard Garnier : Le collectif a été créé il y a une vingtaine d’années, autour principalement de professionnels du théâtre (comédiens, metteurs en scène, auteurs, scénographes… entre autres). Au départ, il y a un constat : les écritures théâtrales contemporaines restent peu représentées sur les scènes des théâtres subventionnés. Nous aimons jouer les classiques, mais disons que le théâtre contemporain a une manière d’interroger le monde autrement, avec une langue d’aujourd’hui. C’est son intérêt et sa force. Comment travaillez-vous ? Très modestement, notre idée est de mener un travail de groupe en parallèle des projets personnels de chacun, afin de pouvoir faire découvrir ces œuvres au milieu professionnel et de les partager avec le public. Avec Troisième Bureau, nous avons commencé à lire ensemble des pièces contemporaines et à nous réunir pour en discuter. Nous avons ensuite mis en place un certain nombre d’actions, la plus emblématique étant sans doute le festival Regards croisés, qui invite chaque année des auteurs et autrices pour des lectures, rencontres, ateli

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Une boutique de bon augure

GUIDE URBAIN | Le magasin Bon augure, 3 rue Auguste-Gaché, à Grenoble, ne sélectionne que des marques françaises à l’éthique affirmée. L’enseigne entend mettre la mode tricolore et éco-responsable à la portée de tous les portefeuilles.

Jérémy Tronc | Mercredi 24 février 2021

Une boutique de bon augure

« Dans notre boutique, tout n’est pas Made in France. » Alors que nous abordons les valeurs de l’enseigne Bon Augure, Léa Lacoste, co-gérante du magasin avec Antoine Marin, veut être transparente et se justifie : « Le marquage Made in France est autorisé quand seulement 45% de la valeur ajoutée a été réalisée en France. De notre côté, nous préférons privilégier la qualité des produits et des coupes, ainsi que l’engagement durable des marques. » La jeune femme cite en exemple la marque Faguo : « Sa collection est travaillée pour durer plus longtemps au long de l’année, avec des habits adaptés à plusieurs saisons. La marque produit en Asie dans des ateliers certifiés, mais elle est engagée dans une relocalisation française de sa production. Cependant, tout ne peut pas se faire d’un claquement de doigt ! » Cosmétiques, jouets et vêtements enfants, bijoux, objets décoratifs, sacs à vélo, vêtements femme et homme : la sélection de produits et de marques suit le même fil rouge. Léa et Antoine s’assurent de leurs engagements éco-responsables, sociaux et humains : production transparente, matériaux recyclés, impacts environnementaux, qualité des pro

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Dans la marmite du Bouillon

Initiative | Les travaux continuent à la Capsule de l’association Cap Berriat, rue Boucher de Perthes. Un café-resto devrait y être installé : le Bouillon, engagé notamment dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. On est allé rencontrer Adrien Cougnon et Arnaud Deshayes, à l’initiative du projet.

Martin de Kerimel | Jeudi 18 février 2021

Dans la marmite du Bouillon

« On s’est rencontré… autour d’une bouffe ! » Clin d’œil du destin ou pas, Adrien se marre franchement à l’évocation de ce souvenir. Cette simple phrase suffit pour convaincre qu’Arnaud et lui ont un point commun décisif pour leur projet : ils apprécient la bonne chair ! Les deux trentenaires se sont connus fin 2019 et sont voisins de palier dans une grande maison de Meylan, divisée en appartements et dotée d’un jardin partagé. Après avoir sympathisé, ils se sont rendu compte que leurs ressemblances dépassaient le goût culinaire : l’un et l’autre souhaitaient donner une nouvelle orientation à leur vie professionnelle, plus proche de leurs valeurs. « C’est marrant, parce qu’on a connu des parcours parallèles, raconte Arnaud. On a fait des études, lui comme ingénieur, moi un peu plus dans le design. Et, après des expériences courtes et pas forcément désagréables, on n’a pas eu envie de poursuivre dans ces domaines. Du coup, on a voyagé, lui en Australie, moi en Nouvelle-Zélande. C’est là que, personnellement, je me suis demandé comment je pourrais allier ma passion pour la cuisine, ma fibre sociale et mes convictions environnementales. »

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La Source s'écoule toujours

Spectacles en ligne | Depuis quelque mois, malgré la situation sanitaire, la Source continue de proposer résidences et événements (pour la plupart en livestream), pour combler un tant soit peu notre irréductible besoin de consolation. Et voici que la dernière salve en date s'avance pour les prochaines semaines !

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

La Source s'écoule toujours

ÀÀ vos agendas : le programme débute très vite, dès ce jeudi 18 février, à 18h30, avec la sortie de résidence des P'tits Maux des Mômes, un spectacle jeune public de la Cie Poêle à Gratter. Une résidence durant laquelle la compagnie a proposé des ateliers musicaux à destination des enfants du Centre de loisirs de Fontaine. Sur scène, et donc à travers le filtre du livestream, on retrouve trois musiciens pour un spectacle participatif né de leurs expériences dans le milieu scolaire et de la petite enfance. Les mardi 23 et mercredi 14 février, à 19h, sonnera l'heure des auditions régionales des iNOUïS du printemps de Bourges, un événement réservé aux professionnels de la profession (il s'agit comme indiqué d'auditions) mais retransmis sur Sol FM, qui proposera également des interviews des artistes. Les huit artistes régionaux présélectionnés par l'antenne régionale des iNOUïS seront comme d'usage répartis en deux groupes sur les deux soirs : le rappeur Richi, la protée lyonnaise Thaïs Lona, le Brésilien d'origine Joao Selva et la magnifique gouaille gone de

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Cinq minutes en attendant

Danse | Le Pacifique, le Centre de développement chorégraphique de Grenoble, propose à toute personne intéressée de retrouver son équipe en extérieur, chaque jour ouvrable à 12h30, pour un court instant de danse collective. C’est parti pour durer tant que les salles de spectacle n’auront pas rouvert !

Martin de Kerimel | Mercredi 17 février 2021

Cinq minutes en attendant

Les femmes n’avaient pas toutes la souplesse de Karen Lynn Gorney, ni les hommes le déhanché de John Travolta. Pas sûr d’ailleurs que tout ce petit monde ait vu La fièvre du samedi soir. C’est pourtant sur Stayin’ alive, le classique des Bee Gees au titre explicite, qu’une vingtaine de personnes (masquées) est venue danser lundi 15 février, en face des locaux du Pacifique, chemin des Alpins, à Grenoble. Derrière cette initiative, l’envie est d’apporter de la joie en cette période privée de spectacles culturels (chorégraphiques et musicaux, notamment) en intérieur. De quoi oublier les quelques imperfections techniques – celles des autres et les siennes, tant qu’à faire – pour se dégourdir les jambes et, du même coup, les neurones. Sous le soleil, exactement ? Lors de ce premier mini-rassemblement inattendu, le Pacifique a pu compter sur une météo impeccable. L’opération est partie pour avoir lieu par tous les temps, chaque jour du lundi au vendredi, toujours à 12h30, tant que les salles de spectacle resteront portes closes. Le Centre de développement chorégraphique espère convai

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Les vélos devront attendre

Exposition | Elle aurait dû être inaugurée le mois dernier, mais "Un amour de vélo", la nouvelle expo du Musée dauphinois, ne peut encore ouvrir ses portes. Le président du Conseil départemental de l’Isère était toutefois sur place, mardi 9 février, en milieu d'après-midi. Nous aussi.

Martin de Kerimel | Mercredi 10 février 2021

Les vélos devront attendre

Cela semble un drôle d’endroit pour une rencontre par les temps qui courent, mais le choix reste finalement très logique : c’est bien au Musée dauphinois que Jean-Pierre Barbier a donné rendez-vous à la presse mardi 9 février. Objectif, selon son expression : offrir « un teaser » de l’exposition à venir. Ne pouvant que traverser les couloirs rapidement, on n’en a pas vu grand-chose, si ce n’est quelques photos et objets rassemblés dans une première salle. L’élu avait un message à faire passer : comme d’autres, il ne comprend pas pourquoi le gouvernement maintient l’obligation de laisser les musées fermés au public. Lui aussi fait un parallèle entre la situation des transports publics et des supermarchés, restés accessibles, et met au défi quiconque d’expliquer en quoi la différence de traitement est pertinente. Jean-Pierre Barbier n'a toutefois pas souhaité passer en force, au risque de placer ses agents « dans une situation d'illégalité », comme a pu le faire le maire de Perpignan en décidant de rouvrir quatre musées. Ce mardi, il est venu au Musée accompagné d'autres personnalités : deux de ses vice-présidents, Martine Kohly et Patrick C

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En attendant le public...

SCENES | Le spectacle vivant, c'est leur métier : à défaut de pouvoir se produire en public, les compagnies de théâtre et de danse réfléchissent à leur avenir, continuent parfois de travailler et attendent impatiemment un retour à la normale. Nous sommes allés à la rencontre de quatre d'entre elles, dans l'agglo grenobloise. Témoignages.

La rédaction | Jeudi 28 janvier 2021

En attendant le public...

Bruno Thircuir – La Fabrique des petites utopies Dans la région grenobloise, La Fabrique des petites utopies, compagnie qui « tente de raconter le monde d’aujourd’hui de manière politico-poétique », est une institution en place depuis 21 ans. D’où, sans doute, le fait que l’équipe traverse plutôt sereinement cette période compliquée comme nous l’a expliqué son metteur en scène Bruno Thircuir lorsqu’on lui a demandé comment il allait. « Ça va. On a la chance de travailler, d’être en répétition [dans la région grenobloise comme ailleurs en France – NDLR] puisque, bien avant toute cette crise, on avait monté un joli temps de création pour notre nouveau spectacle jeune public Et si l’océan dont les premières dates de jeu n’auront lieu que début mars. On peut donc continuer notre activité pendant ce temps, avec même un petit papier en poche pour r

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Clip sur porcelaine

Insolite | Les lieux de culture étant très largement fermés, pourquoi ne pas se laisser surprendre par la dernière proposition de la galerie Showcase ? On est allé faire faire un tour du côté de ce drôle d'endroit pour une rencontre artistique...

Benjamin Bardinet | Vendredi 22 janvier 2021

Clip sur porcelaine

Ce lieu d’exposition singulier est tout à la fois le plus petit de l’agglomération, mais aussi le plus visible et finalement celui qui rassemble le plus large public, puisque, ouvert sept jours sur sept, 24 heures sur 24, il se situe en plein cœur du centre ville historique de Grenoble. La galerie Showcase (puisque c’est donc son nom) est une ancienne vitrine étrangement incrustée dans un mur de la place aux herbes investie par l’Association pour l’agencement des activités (AAA). Depuis 2012, cette énigmatique association y programme régulièrement des interventions d’artistes contemporains qui sont libres d’y faire des propositions de micro-installations ou de mini-expositions. Cette vitrine est ainsi devenue un îlot de résistance culturel au cœur d’une zone piétonne essentiellement dédiée au commerce. Et même si les interventions proposées sont exigeantes, et parfois un poil abscons, il est toujours assez réjouissant, en tant que promeneur, de se laisser surprendre par leur univers artistique – ceci d’autant plus en ces temps troubles où la culture est gentiment remisée au placard. Jusqu’à la fin du mois, on peut donc découvrir dans la fameuse vitrine une série de six

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« Aujourd’hui, nos théâtres sont de grandes gares où les trains restent à quai »

Crise du coronavirus | Lors de la conférence de presse du jeudi 14 janvier, le gouvernement, à travers la voix de la ministre de la culture Roselyne Bachelot, a expliqué que « la situation était trop instable pour évoquer une date de réouverture » des établissements culturels. Comment ce contexte lié à la crise du coronavirus est-il vécu par celles et ceux qui travaillent dans des théâtres de nouveau fermés au public depuis fin octobre ? Pour le savoir, nous avons interrogé Arnaud Meunier, tout frais directeur de la MC2, Cécile Guignard, directrice des relations avec le public et de la communication de l’Hexagone de Meylan, et Noémi Duez, directrice de l’Ilyade et responsable de la programmation culturelle des villes de Seyssinet-Pariset et Seyssins.

Aurélien Martinez | Vendredi 15 janvier 2021

« Aujourd’hui, nos théâtres sont de grandes gares où les trains restent à quai »

« On a mis beaucoup d’espoir dans ce référé-liberté [en décembre, des professionnels de la culture ont demandé au Conseil d’État la réouverture des salles de spectacle fermées depuis fin octobre pour raisons sanitaires – NDLR], on espérait même que ça passerait. Mais ça n’a pas été le cas. Même si le Conseil d’État a clairement dit que cette fermeture était une atteinte à la liberté de créer et que, donc, nos établissements ne pourraient pas être fermés dans la durée. C’est déjà ça. Il ne reste plus qu’à savoir quelle sera la longueur de la durée ! Pour l’instant, on n’en sait rien. » Voilà ce qu’a répondu d’emblée Cécile Guignard, directrice de la communication et des relations avec le public de l’Hexagone de Meylan, à notre première question : comment ça va dans votre théâtre ? Une situation pleine d’incertitudes qui pèse sur pas mal de professionnels du secteur culturel, à l’image d’

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Mama Kandy se lance face caméra

Concert | C’est une expérience atypique qui attend le duo Guillaume Allardi / Didier Bouchet. Les deux potes donnent rendez-vous aux amateurs de blues pour un live Facebook capté à la Source jeudi 14 janvier, dès 19h tapantes. Nous les avons rencontrés avant cette expérience inédite.

Martin de Kerimel | Mercredi 13 janvier 2021

Mama Kandy se lance face caméra

Pouvez-vous, l’un et l’autre, évoquer votre rencontre et votre parcours avant Mama Kandy ? Didier : « J’ai rencontré Guillaume en construisant ma maison en Chartreuse, il y a 3-4 ans. Il venait d’arriver de Paris et était l’un de mes voisins. J’ai su qu’il était comédien et musicien, et on s’est dit qu’on allait jouer ensemble. Moi, j’ai commencé avec Gnawa Diffusion, pendant dix ans. J’ai travaillé ensuite avec d’autres, dans plein de styles différents : basse, guitare, ukulélé, contrebasse, un peu de batterie. Cela faisait un moment que je voulais visiter l’univers de la musique blues, folk, américaine. Un son seventies. Avec Guillaume et Jean-François, un autre musicien, on a formé The Hollow, pour faire des reprises. Puis, nos routes ont divergé et on est resté en duo. Mama Kandy bosse sur ce répertoire depuis 6 mois-un an : on a fait pas mal de dates un peu partout cet été. Je trouve ça bien, même sans système derrière, d’aller jouer chez l’habitant ou dans la forêt, lors des festivals. Cela fait évoluer la matière enregistrée en studio. » Guillaume : « Pour ma part, j’ai un parcours un peu particulier. Mon premier boulot,

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