« Pour se moquer de la danse, il faut la maîtriser »

SCENES | Dans "Tutu", six excellents danseurs jouent avec les codes de la danse (la classique, la contemporaine, l’acrobatique…) en une vingtaine de tableaux. Un spectacle savoureux, drôle et surtout solidement construit. Rencontre avec son concepteur avant son passage par le Théâtre municipal de Grenoble. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 2 février 2016

Comment est né le spectacle Tutu ?

Philippe Lafeuille : Avec ma compagnie Les Chicos Mambo, on revisite les grandes phases chorégraphiques depuis pas mal d'années. J'ai repris cette idée pour ce nouveau spectacle baptisé Tutu, parce que l'icône tutu est ce qui représente le mieux la danse pour le grand public.

Vous jouez justement avec les codes de la danse pour en rire…

Oui, je croque les tics de certaines danses en utilisant la parodie, même s'il n'y a pas que des choses parodiques dans le spectacle – il y a même quelques moments plutôt poétiques.

Plusieurs niveaux de lecture sont présents dans Tutu. Vous faites ainsi de nombreuses références à l'histoire de la danse, sans que ces références ne soient rédhibitoires si on ne les connaît pas. Comme cette séquence autour de Pina Bausch …

Des gens l'autre jour ont pensé que je faisais référence aux princesses Disney ! Chacun y voit donc ce qu'il a envie d'y voir. Certes, j'ai mis quelques références, mais pas beaucoup, pour que le spectacle soit vraiment grand public et amène les gens qui ne connaissent pas la danse à la connaître davantage. Et l'humour est une excellente porte d'entrée vers ce monde que certains ne considèrent pas fait pour eux.

Le spectacle est donc souvent parodique, ce qui n'empêche pas les danseurs d'avoir une très grande maîtrise technique…

Pour se moquer de la danse, il faut la maîtriser ! Je suis un chorégraphe très exigeant : par exemple, si on rit de la danse classique, le danseur est sur pointes. C'est cette exigence technique qui donne la crédibilité de Tutu je pense.

Tutu, mercredi 10 février à 20h30 au Théâtre municipal de Grenoble


Tutu

Chor. Philippe Lafeuille, par les Chicos Mambo, à partir 14 ans
Théâtre municipal de Grenoble 4 rue Hector Berlioz Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Panorama 2016/2017 | Avec des nouveautés, des reprises, des stars et même un concours. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Pindorama La Brésilienne Lia Rodrigues, chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, voit la danse comme un combat. Après des passages à la Rampe ou à l’Hexagone, elle sera cette saison à la MC2 avec un Pindorama (un mot qui, dans la langue tupi, désigne le Brésil d’avant la colonisation) que nous n’avons pas vu mais qui nous intrigue fortement. Attention, choc possible, surtout que le dispositif scénique (qu’on ne dévoilera pas) fera tout pour le renforcer. À la MC2 du mercredi 16 au vendredi 18 novembre ______ [re]connaissance Un concours de danse ? Oui ! Sur deux soirs, douze compagnies de toute la France (voire de l’étranger pour certaines) présentent une pièce courte pour trois à cinq danseurs. Un temps fort appréciable vu la diversité remarquable que l’on découvre chaque année dans la salle qui accueille le concours. Et un temps fort ludique, les spectateurs étant amenés à voter pour décerner l’un des trois prix qui, justement, offriront une im

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Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

ACTUS | À Noël, tout le monde pense à mettre sous le sapin le dernier gadget technologique à la mode ou la bonne et rassembleuse bouteille de vin. Et si on misait sur un spectacle ou un concert, comme ça, pour changer un peu ? Le PB s’est donc lancé dans une sélection thématique : si vous suivez bien nos recommandations, on parie sur un taux de satisfaction de 100%. Oui, on est optimistes. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

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Ceux qui ne voient pas d’inconvénient à rire souvent Celui qui campe une Catherine hilarante dans la pastille quotidienne du Petit Journal Catherine et Liliane est également l’auteur et l’interprète d’un one-man-show épatant et très théâtral à placer tout en haut dans la vaste catégorie humour. Sur scène, Alex Lutz est une ado en crise, Karl Lagerfeld ou un directeur de casting odieux : des personnages plus vrais que nature pour un comédien remarquable. Alex Lutz, samedi 9 avril au Grand Angle (Voiron). De 31 à 37€. Ceux qui aiment autant la danse que le rire Tutu, c’est un petit ovni savoureux. Six danseurs jouent sur les codes de la danse (la classique, la contemporaine, l’acrobatique…) en une vingtaine de tableaux pour un spectacle solidement construit et, surtout, très drôle. Car jamais les interprètes au physique d’Apollon (d’où un rendu très queer) ne se prennent au sérieux, au contraire – en même temps comment rester sérieux dans un costume de cygne ? Même si, paradoxalement, leur maîtrise technique est éclatante.

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Danse : une saison, cinq spectacles

SCENES | On a épluché les programmations des différentes salles de l'agglo qui proposent de la danse. On a retenu cinq propositions, à base d'Akram Khan, de Kaori Ito, de Josette Baïz, d'Arcosm ou encore de Chicos Mambo.

Aurélien Martinez | Lundi 14 septembre 2015

Danse : une saison, cinq spectacles

Sublime « Arcosm, une nouvelle compagnie en résidence pour trois saisons » : voilà, la plaquette de la Rampe d’Échirolles confirme la nouvelle. L’excellente nouvelle même, le danseur et chorégraphe Thomas Guerry et le musicien et compositeur Camille Rocailleux ayant mis en place en presque quinze ans un univers artistiquement fort matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès, ou dans des pièces aussi originales que, par exemple, La Mécanique des anges. Un univers où la danse côtoie la musique le plus simplement du monde, comme une évidence. On pourra donc suivre de près la naissance de leurs deux prochaines créations présentées sous forme d’un dytique : Sublime cette saison, proposition tout public pour quatre interprètes sur le paraître, l’apparence et toutes les dérives qui en découlent, et Subliminal à l’automne 201

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