Humour : nos quatre temps forts de la saison

Saison 2016 / 2017 | Une sélection à base de têtes d'affiche et de (plus ou moins) découvertes.

Aurélien Martinez | Mardi 13 septembre 2016

Photo : David Zagdoun


Max Bird

Les spectacles d'humour tournent souvent autour des mêmes thèmes – le sexe, les relations hommes-femmes, les iPhone… Alors quand un comique vient avec son Encyclo-spectacle nous parler de son amour des dinosaures ou encore des effets de l'alcool sur notre corps, on l'écoute avec attention. Et on rit grandement, tant il le fait magistralement (Max Bird est un excellent comédien, façon Jim Carrey) et avec pertinence (on apprend en plus plein de trucs).

À la Basse cour du jeudi 29 septembre au samedi 8 octobre

Valérie Lemercier

Celle qui aime tant camper les grandes bourgeoises est de retour sur scène sept ans après son dernier one-woman-show. Un nouveau spectacle dans lequel on croisera visiblement certains de ses personnages fétiches – la grande bourgeoise bien sûr ou encore la coach en diététique. Car la polyvalente Lemercier, tour à tour comédienne, réalisatrice, humoriste voire chanteuse, a un talent certain pour croquer ses semblables ; et surtout pour livrer des textes intelligemment ciselés. On espère que ce sera encore le cas cette fois-ci.

Au Grand Angle (Voiron) vendredi 14 octobre

Guillaume Meurice

Le comédien, humoriste et chroniqueur sur France Inter revient sur scène pour évoquer un personnage désespéré : le peuple français. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on lui donne du grain à moudre... noir. De jeux de mots carrément douteux (mais qui révèlent notre véritable nature sournoise) sur l'actualité en anecdotes politiques foireuses, il dévoile les arcanes d'une société gangrénée dont nous sommes à la fois les victimes et les acteurs. Un humour corrosif (de gauche) bienvenu.

À l'Heure bleue (Saint-Martin-d'Hères) samedi 28 janvier

Gaspard Proust

« Je suis un cartésien désabusé : je pense donc je suis, mais je m'en fous. » Ou encore : « Le nazisme, c'est un peu comme un meeting de Ségolène Royal mais avec des idées. » Voilà en deux punchlines grinçantes résumé le talent de Gaspard Proust, référence de l'humour noir souvent comparé à un Desproges. Au vu de la réussite de son dernier spectacle Gaspard Proust Tapine, dire qu'on attend son nouveau (paraît-il accouché dans la douleur) avec impatience est un doux euphémisme. Car oui, parfois, on adore rire avec des mecs de droite.

Au Grand Angle (Voiron) mardi 11 avril

Mais aussi


L'encyclo-spectacle

De Max Bird
La Basse Cour 18 rue Colbert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Valérie Lemercier


Le Grand Angle Place des Arcades Voiron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Que demande le peuple ?

One-man-show de Guillaume Meurice
Espace Aragon 19 boulevard Jules Ferry Villard-Bonnot
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Gaspard Proust

Le Grand Angle Place des Arcades Voiron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Rirologie avec le festival Aux rires etc

Humour | Quatrième édition pour le festival Aux rires etc qui se déroulera du dimanche 19 au samedi 25 janvier dans plusieurs salles de l’agglomération grenobloise. Avec, cette année, une programmation assez enthousiasmante.

Aurélien Martinez | Mardi 14 janvier 2020

Rirologie avec le festival Aux rires etc

L’humour est un univers à part dans le vaste monde du spectacle vivant. Une discipline qui n’arrive souvent pas à se débarrasser d’une image pas très flatteuse – il serait trop facile, trop populaire voire trop beauf pour une poignée de programmatrices et programmateurs autoproclamés "respectables". Alors que, paradoxalement, le public adore ça – le versant Off du Festival d’Avignon accueille chaque été une foule de comiques (des bons comme de très mauvais !) qui remplissent les salles. Louons donc le festival Aux rires etc qui, depuis 2017, aime à développer le rire dans les salles qui lui sont dédiées (la Basse cour à Grenoble, le Théâtre en rond à Sassenage) comme dans d’autres plus généralistes – l’Heure bleue à Saint-Martin-d’Hères, l’Espace Paul-Jargot à Crolles, le Déclic à Claix et le Diapason à Saint-Marcellin. Et essaie de balayer large. « Plus scientifique qu’humoriste » Cette année, en plus d’un salutaire plateau découvertes, cinq têtes d’affiche (que des hommes) assureront le show. Tout débutera avec l’énergique Jovany, sorte de Jim Carrey made in France qui happe le public dès qu’il déboule sur scène

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Humour : nos huit temps forts de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des têtes d'affiche, des stars sur le retour ou encore des humoristes à découvrir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Humour : nos huit temps forts de la saison

Didier Super Si nous n’avons pas vu cette nouvelle livraison de Didier Super intitulée tout de même Didier Super est beaucoup plus marrant que tous ces comiques de merde, on en attend beaucoup comme au PB, nous adorons ce personnage fort en gueule, aussi bien comédien, chanteur que plein d’autres choses, qui propose des spectacles dans lesquels il prend plaisir à mettre le public mal à l’aise pour mieux le faire rire. « Ça y est ! Après avoir été pendant 15 ans l’égérie à l’arôme gauchisant d’un public allant de l’altermondialiste post-ado au retraité bobo sous perfusion intellectuelle de France Inter, Didier s’est enfin mis en marche » nous annonce le programme. OK ! À la Salle noire mercredi 9 et jeudi 10 octobre Julien Santini On qualifie de "pince-sans-rire" la façon qu’a Julien Santini de pratiquer l'humour et c'est idiot car, pour le coup, on rit beaucoup à l'écoute des bassesses et envies de grandeur de ce Corse installé à Lyon à l'apparence mi-professorale mi-patraque (

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"Marie-Francine" : retour en grâce pour Valérie Lemercier

ECRANS | Valérie Lemercier célèbre la rencontre de deux quinquas bouillis par la vie dans une comédie sentimentale touchante ranimant les braises d’une délicatesse désuète. Un beau couple de personnages qu’épouse un duo d’acteurs idéal : la cinéaste et l’extraordinaire Patrick Timsit.

Vincent Raymond | Lundi 29 mai 2017

Tuiles en cascades pour la quinquagénaire Marie-Francine : son mari la quitte pour une jeunette, elle perd son boulot de chercheuse puis doit retourner vivre chez ses parents (et supporter leurs manies hors d’âge). Une éclaircie tempère ce chaos : sa rencontre avec Miguel, un cuisinier attentionné traversant peu ou prou les mêmes galères qu’elle. Et si le bonheur était à venir ? On avait laissé, pour ne pas dire abandonné, Valérie Lemercier seule face à la Bérézina que constituait 100% Cachemire (2013), film trahissant un essoufflement ultime dans sa mécanique de comédie. Comme une fin de cycle en triste capilotade. Changement de ton et de registre ici avec ce qui pourrait bien être la plus belle réussite de la cinéaste : sous l’impulsion de sa coscénariste Sabine Haudepin, Valérie Lemercier sort en effet de sa zone de confiance, au-delà de l’aimable charge contre les bourgeois – plus prévisible que corrosive chez elle. Certes, elle s’octroie également le (petit) rôle de la jumelle snobinarde de Marie-Francine, clone des emplois qu’elle

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Valérie Lemercier : « Patrick Timsit, c’est l’homme idéal »

ECRANS | Cinquième long-métrage de Valérie Lemercier, "Marie-Francine" est sans doute le plus réussi. Et n’est pas (uniquement) une comédie. Rencontre avec la coscénariste/réalisatrice/interprète.

Vincent Raymond | Lundi 29 mai 2017

Valérie Lemercier : « Patrick Timsit, c’est l’homme idéal »

Est-il facile de signer une comédie romantique ? Valérie Lemercier : C’est ma première histoire d’amour au cinéma, et elle est venue malgré moi. À l’écriture avec Sabine Haudepin, je redoutais que ce soit "uc-uc". Le sujet était la résurrection de Marie-Francine, je ne voulais pas qu’elle soit trop victime : les victimes, on a envie de leur en remettre un coup, c’est humain. Alors j’ai beaucoup raccourci au montage. Il y a une évidence entre Patrick Timsit​ et vous à l’écran. Comment est né ce couple ? Cette évidence était évidente pour moi ! Elle ne l’était probablement pas sur le papier, mais je savais que le choix de Patrick serait bon, car il me plaisait dans la vie – ce n’est pas plus compliqué que cela. Il a du charme, c’est l’homme idéal, il a l’âge du rôle, il pouvait faire portugais… Et je voulais qu’on voie ce que moi j’avais vu – même si je ne l’avais jamais vu sur scène avant de lui proposer le rôle. Je voyais bien qu’il pou

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Gaspard Proust : des lendemains qui déchantent

Humour | L'humoriste souvent comparé à Desproges (c'est justifié) revient avec un "Nouveau spectacle"... décevant. Il sera mardi 11 avril au Grand Angle (Voiron) si jamais.

Aurélien Martinez | Mardi 4 avril 2017

Gaspard Proust : des lendemains qui déchantent

Dans le vaste monde des humoristes, Gaspard Proust occupe une place à part, tout sauf centrale. Logique : son positionnement hautain ne peut lui offrir les torrents de passions que reçoivent ses confrères bienveillants que l’on voit rire à pleines dents dans toutes les émissions télé. Lui est clairement du côté du cynisme, de l’humour noir, comme il l’a prouvé chaque semaine dans ses chroniques télévisuelles chez Ardisson. Et, surtout, dans son précédent spectacle Gaspard Proust tapine (oui, Gaspard Proust ne fait pas ce métier par plaisir) rempli de phrases choc excellemment bien écrites justifiant que pas mal de monde aient trouvé en lui le nouveau Desproges. Comment du coup passer l’étape du nouveau spectacle sans tomber dans la redite ? Une question qu’il a dû se poser longtemps, et à laquelle il a finalement répondu (sans doute en désespoir de cause – on ne voit que ça) avec un Nouveau spectacle d’une fadeur déconcertante. Certes, on est bien face au Gaspard Proust si brillant dont on a souvent vanté les mérites (son humour noir fonctionne toujours), mais

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Guillaume Meurice : «Essayons tous ensemble d’être moins cons»

Humour | Dans "Si tu écoutes, j’annule tout" sur France Inter, il prend le pouls de la France avec ses chroniques entre humour et reportage. Sur scène dans "Que demande le peuple ?", il joue le communicant de politiques souhaitant devenir président de la République. Avant son passage par l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères dans le cadre du nouveau festival Aux rires etc, l’indispensable Guillaume Meurice a répondu à nos questions.

Nadja Pobel | Mardi 24 janvier 2017

Guillaume Meurice : «Essayons tous ensemble d’être moins cons»

Né en Bourgogne, étudiant en gestion à Besançon, est-ce que vous envisagiez dans votre enfance d’être comédien ? Guillaume Meurice : On ne va pas se mentir, je ne me suis jamais tellement projeté dans un métier qui touche à la comptabilité. J’ai fait ces études par défaut en suivant un pote : on était dans la campagne profonde en Haute-Saône, et c’était l’occasion d’aller dans une ville étudiante où j’ai passé deux années à bien me marrer. Je ne regrette rien, mais je ne me suis jamais imaginé comptable, non. Le cours Florent à Paris : vous saviez ce que vous vouliez devenir précisément ? Être acteur de textes classiques ? Le one-man-show a toujours été la forme qui m’a le plus plu : j’aime bien écrire, faire marrer les gens et j’aime bien la liberté du one-man. Je peux improviser, écrire dix minutes avant d’entrer en scène s’il se passe quelque chose dans l’actu. Je reste maître du spectacle, et ça me plaît beaucoup. Est-ce plus facile de taper sur la droite que sur la gauche ? De la Fête de L’Huma, vous ramenez pour votre chroniq

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Valérie Lemercier : le rire dans la peau

Humour | L'une des femmes les plus drôles de France (oui, oui) sera vendredi soir au Grand Angle de Voiron pour son grand retour sur scène après sept ans d'absence. On sera dans la salle.

Aurélien Martinez | Lundi 10 octobre 2016

Valérie Lemercier : le rire dans la peau

Humoriste, comédienne (parfaite dans Fauteuils d'orchestre), réalisatrice (Palais Royal notamment), chanteuse (génial Goûte mes frites), présentatrice des César (ah, son entrée en 2007 sur le Maldòn de Zouk machine devant un Almodóvar interloqué)… À 52 ans, Valérie Lemercier a (presque) tout fait. Et (presque) toujours avec un talent fou qui lui confère un statut à part dans le monde artistique français. Son grand retour sur scène, sept ans après son dernier one-woman-show (qui, à l’époque, avait fait la une du PB), était donc forcément très attendu. Surtout que c’est sur les planches, seule face à la foule et avec une économie de moyens manifeste, que la force Lemercier s’exprime le plus librement à travers ses personnages cultes – notamment et évidemment la grande bourgeoise qu’elle campe depuis plus de 25 ans, d

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Étudiants, au spectacle !

Numéro étudiant | « En trouvant super naze de mettre les gens dans des cases » chantait Vincent Delerm dans son morceau "Catégorie Bukowski". Ouais, on a des références au PB. Et on n’obéit pas forcément au chanteur en livrant une sélection on ne peut plus subjective de spectacles à voir selon le cursus suivi par vous autres étudiants. Sachant que tout le monde est libre de sortir des cases !

Aurélien Martinez | Jeudi 6 octobre 2016

Étudiants, au spectacle !

Pour les étudiants en sciences Max Bird On en a déjà parlé précédemment, on en remet une couche : l’humoriste Max Bird, qui « pense être, dans l’âme, plus un scientifique qu’un humoriste », est excellent dans son Encyclo-spectacle. Excellent et également passionnant quand il parle des dinosaures ou encore des effets de l’alcool sur le corps humain. De l’humour intelligent donc, avec en plus la possibilité pour les chercheurs en herbe de causer avec l’artiste après la représentation – enfin, on s’engage peut-être un peu trop, mais c’est souvent ce qui se fait à la Basse cour. À la Basse cour du jeudi 6 au samedi 8 octobre _______ Pour les étudiants en économie Celui qui tombe Adam Smith et consorts, c’est sympa mais bon, l’histoire de la manufacture d’

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Max Bird : « Je suis plus scientifique qu’humoriste »

Humour | Un comique qui, sur scène, fait rire en parlant des dinosaures, de la mythologie égyptienne ou encore de la science, ça existe ? Oui, et c’est passionnant en plus d’être très drôle. Rencontre avec le jeune humoriste de 26 ans Max Bird, qui s’installe pendant deux semaines à la Basse cour avec son original "Encyclo-spectacle".

Aurélien Martinez | Lundi 26 septembre 2016

Max Bird : « Je suis plus scientifique qu’humoriste »

Comment arrive-t-on à imaginer un spectacle construit autour de sujets aussi peu communs pour un humoriste ? Max Bird : J’ai toujours su que, sur scène, je voulais faire une sorte de vulgarisation scientifique, avec humour ; que je voulais parler de thèmes plus ou moins scientifiques ou historiques comme l’Égypte, la sélection naturelle ou encore les pingouins et les manchots. Mais je n’osais pas le faire vraiment de peur que ça ne soit pas assez fédérateur. Si tous les humoristes font des sketchs sur l’observation du quotidien, ce n’est pas pour rien, c’est parce que les gens aiment bien se sentir concernés, qu’on leur parle d’eux… Et pourquoi, finalement, avoir sauté le pas ? C’est grâce aux festivals d’humour que j’ai beaucoup faits, dans lesquels on est en compétition avec d’autres artistes. J’étais là avec mes sketchs entre guillemets lambdas qui n’étaient pas très différents de tous ceux que l’on pouvait voir dans les autres one-man-shows, face à des humoristes extrêmement solides : j’étais ridicule ! Mes petits trucs sur le métro ou autres marchaient bien pour faire rire les copains, mais qua

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"L'Idéal" : Frédéric Beigbeder s'adapte lui-même

ECRANS | de Frédéric Beigbeder (Fr., 1h30) avec Gaspard Proust, Audrey Fleurot, Anamaria Vartolomei…

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

En 2007, Beigbeder confiait à Jan Kounen le soin de tourner l’adaptation de son roman 99 francs. Moins d’une décennie plus tard, et après avoir franchi le pas en transposant L’Amour dure trois ans, l’écrivain se charge lui-même de la réalisation de la suite Au secours, pardon, qu’il re(top)modèle pour la peine. Retranchant les éléments équivoques (le surplus de sexe avec mineures, d’inceste potentiel, de paradis artificiels), ajoutant des personnages féminins et féministes (type Femen) comme pour donner des gages à notre époque, il ne manque pas non plus une occasion d’afficher à l’écran la marque du magazine qu’il dirige. Cynisme hypocrite ou ironie, dans un film censé moquer les pratiques publicitaires des multinationales ? On penche plus volontiers pour la première option : cette aptitude d’énarque à tenir simultanément plusieurs langages lui permet également de servir une gamme de (sages) transgressions assez large pour

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La communication noire de Guillaume Meurice

SCENES | Retour aux sources pour la Basse Cour jusqu’au samedi 25 avril avec Guillaume Meurice, comique et chroniqueur sur France Inter. Lors de la première (...)

Charline Corubolo | Vendredi 17 avril 2015

La communication noire de Guillaume Meurice

Retour aux sources pour la Basse Cour jusqu’au samedi 25 avril avec Guillaume Meurice, comique et chroniqueur sur France Inter. Lors de la première saison du lieu, l’humoriste avait joué son spectacle Tout le monde y passe, tirant le portrait d'une multitude de personnalités désespérées. Il revient cette fois pour évoquer un autre personnage désespéré : le peuple français. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on lui donne du grain à moudre... noir. D'ailleurs, il s'interroge : Que demande le peuple ? Vu qu'en France, franchement, nous avons tout pour être heureux… C'est alors qu'on tombe sur Xavier, communicant de Manuel Valls qui sillonne les terres provinciales pour sonder la population et, enfin, trouver une réponse. De jeux de mots carrément douteux (mais qui révèlent notre véritable nature sournoise) sur l'actualité en anecdotes politiques foireuses, Guillaume Meurice dévoile les arcanes d'une société gangrénée dont nous sommes à la fois les victimes et les acteurs. En 1h30, et ce malgré une sortie quelque peu loupée car pas follement originale et trop attendue, il démonte avec un humour corrosif bienvenu l'hypocrisie ambiante.

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100% Cachemire

ECRANS | De et avec Valérie Lemercier (Fr, 1h38) avec Gilles Lellouche, Marina Foïs…

Christophe Chabert | Vendredi 6 décembre 2013

100% Cachemire

Un drôle de désir semble avoir guidé Valérie Lemercier pour son quatrième film en tant qu’actrice-réalisatrice… S’approprier un fait-divers glauque où une mère adoptive décide de rendre son fils après quelques mois "d’essai" ; faire le portrait acide d’une bourgeoisie étranglée entre bonne et mauvaise conscience ; mais aussi s’écrire un personnage détestable dont la caméra, toutefois, ne se détache jamais, exercice narcissique très curieux et, à l’image du film tout entier, plutôt déplaisant. Car si Lemercier a un vrai talent pour écrire des dialogues de comédie qui claquent, et si elle sait les mettre dans la bouche de comédiens ravis de s’amuser avec cette musique virtuose, le scénario de 100% Cachemire n’a pas de centre, sinon une misanthropie qui s’exerce aveuglément sur les riches et les pauvres, les premiers très cons, les seconds très cons et très moches. Il y avait pourtant une idée magnifique, hélas laissée en jachère : cet enfant russe muet et impavide, mur indéchiffrable sur lequel les émotions des adultes alentour ricochent ou se fracassent. Mais la mise en scène semble fuir ce trou noir émotionnel, préférant se réfugier dans la peinture sarc

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Ça passe ou ça casse

SCENES | Humour / Drôle de bonhomme que ce Guillaume Meurice. Chroniqueur sur France inter dans l’émission On va tous y passer, il présente sur deux semaines son (...)

Laetitia Giry | Lundi 11 février 2013

Ça passe ou ça casse

Humour / Drôle de bonhomme que ce Guillaume Meurice. Chroniqueur sur France inter dans l’émission On va tous y passer, il présente sur deux semaines son one-man-show Tout le monde y passe à la Basse cour – dans une configuration café-théâtre parfaitement adaptée. Alors, si l’on peut parfois regretter que les sujets d’actu traités soient quelque peu attendus, que certaines blagues ou jeux de mots le soient tout autant, force est d’admettre que le talent comique de ce monsieur est de taille. Pour l’exploiter, il se fond dans une galerie de personnages tous plus désespérés les uns que les autres : de Dieu (effaré par l’attitude des hommes) à Ronald McDonald (rencontrant quelques problèmes digestifs), de Marianne (pochtronne) à la Mort (ravie des guerres et épidémies). Si l’on devait décerner une palme, ce serait au panda de WWF, complètement déboussolé par le règne de l’ours blanc dans les médias… Un personnage plus étonnant, qui donne lieu à des gags dont l’absurdité séduit sans bémol. Au final, c’est sans langue de bois ni vulgarité (on lui en sait gré), que Guillaume Meurice parvient à faire passer le message, et c’est bien là l’essentiel. Laetitia Giry

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Main dans la main

ECRANS | De et avec Valérie Donzelli (Fr, 1h25) avec Jérémie Elkaïm, Valérie Lemercier…

Christophe Chabert | Mercredi 12 décembre 2012

Main dans la main

Ceux qui ont sacralisé le tandem Donzelli / Elkaïm sur la foi de leur il est vrai correcte La Guerre est déclarée vont en être pour leur frais. Avec Main dans la main, c’est retour à la case départ, celle de leur premier film, ce navet indescriptible qu’était La Reine des pommes. L’argument (un danseur du dimanche tombe en "synchronicité" avec une prof de danse de l’Opéra Garnier) s’épuise en trente minutes et ne donne même pas lieu à une quelconque virtuosité physique ou gestuelle : tout est approximatif et ruiné par un surdécoupage qui traduit une réelle absence de point de vue. On assiste alors à un film entre potes (Lemercier, pièce rapportée, semble paumée au milieu de la bande) où l’amateurisme est presque une condition pour faire partie du club (pourquoi avoir donné un tel rôle à Béatrice De Staël, absolument nulle d’un bout à l’autre ?). L’artisanat du film, son côté lo-fi, a bon dos : c’est surtout une m

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Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

ECRANS | Passant après le calamiteux épisode Langmann, Laurent Tirard redonne un peu de lustre à une franchise inégale en misant sur un scénario solide et un casting soigné. Mais la direction artistique (affreuse) et la mise en scène (bancale) prouvent que le blockbuster à la française se cherche encore un modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Dans quel âge se trouve le blockbuster français ? Économiquement, sans parler d’âge d’or, on peut dire que l’affaire roule ; même une chose laborieuse comme Les Seigneurs remplit sans souci les salles. Artistiquement, en revanche, on est encore à l’âge de pierre. La franchise Astérix en est le meilleur exemple : après le navet ruineux de Thomas Langmann, c’est Laurent Tirard, fort du succès glané avec son Petit Nicolas, qui a récupéré la patate chaude. Avec un budget quasiment divisé par deux (61 millions quand même !), il n’avait guère le choix : finies les courses de char dispendieuses et les packages de stars ; retour aux fondamentaux. Tirard et son co-auteur Grégoire Vigneron prennent ainsi deux décisions payantes : remettre le couple Astérix et Obélix au centre du film (ainsi que les comédiens qui les incarnent, Baer et Depardieu, excellents), et soigner un casting pour lequel chaque personnage semble avoir été écrit sur mesure. Il y a dans Au service de sa Majesté un petit charme très français du second rôle savoureux, plus digeste que la pr

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Adieu Berthe !

ECRANS | De et avec Bruno Podalydès (Fr, 1h40) avec Denis Podalydès, Isabelle Candelier, Valérie Lemercier…

Aurélien Martinez | Jeudi 14 juin 2012

Adieu Berthe !

Berthe est morte, mémé n’est plus. C’est ce qu’apprend Armand Lebrec (Denis Podalydès), la tête dans une boîte transpercée de sabres factices. Son affliction à l’annonce du décès est, elle aussi, purement factice : cette grand-mère était si discrète que tout le monde l’avait oubliée dans la famille (son père en particulier, atteint d’une forme de démence burlesque ; un numéro aussi bref que grandiose pour Pierre Arditi). De toute façon, Armand a d’autres chats à fouetter : une femme qu’il tente vainement de quitter, une autre avec qui il essaie de trouver un modus vivendi, une pharmacie appartenant à une belle-mère intrusive… Après l’inégal Bancs publics, Bruno Podalydès revient à des territoires plus familiers de son cinéma : la comédie de l’indécision sentimentale, sur un mode plus grave et plus mature, âge des protagonistes oblige. La première moitié est effectivement hilarante, notamment la peinture d

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L’Amour dure trois ans

ECRANS | De Frédéric Beigbeder (Fr, 1h38) avec Gaspard Proust, Louise Bourgoin, JoeyStarr…

François Cau | Vendredi 13 janvier 2012

L’Amour dure trois ans

Écrivain, Frédéric Beigbeder aimait les formules-choc, probablement héritées de son passé de publicitaire. Devenu cinéaste (mais on devrait plutôt dire qu’il s’improvise dans cette fonction), le voici qui tente pathétiquement d’en trouver un équivalent filmique. Solution 1 : faire reprendre par son personnage-alter ego (un médiocre Gaspard Proust dont le jeu bien pauvre consiste à dire son texte en bougeant les bras) les aphorismes lourdingues du roman, dans des intérieurs chics qui doivent valoir l’équivalent d’une vie entière d’un Smicard. Solution 2 : pomper sans vergogne le style Fight club en lui ôtant toute substance (car ce que raconte le film sur l’amour, le couple, les hommes, les femmes et la vie, est au bas mot sans intérêt), comme un défilé fatigant de formats courts télé (Bref n’est pas très loin…) où l’on injecte guests (certaines sont très bien, Lemercier en particulier) et clins d’œil, jusqu’à ce climax cauchemardesque où Louise Bourgoin regarde sur son écran plat Le Grand journal de Canal +. Dur de faire plus bêtement corporate que cette mise en abyme éloquente, où l’on contemple son nombril télévisuel avec satisfaction. L’Amour dure trois ans est, à tous les se

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Valérie Lemercier : « Écouter l’intimité »

SCENES | Rapide échange avec Valérie Lemercier à propos de son spectacle.

François Cau | Samedi 14 mars 2009

Valérie Lemercier : « Écouter l’intimité »

Petit Bulletin : Etes-vous déjà en mesure de dire si la scène vous avait manqué ? Valérie Lemercier : Oh, ça je le savais dès le début. J’ai eu peur tous les soirs de représentations, mais j’ai quand même été apte à apprécier le plaisir d’être sur scène. Le spectacle a été écrit dans l’urgence… Oui, mais pas plus qu’un autre, pour le deuxième, j’avais remplacé Belmondo au dernier moment au Théâtre de Paris et j’avais dû l’écrire en encore moins de temps… Je fonctionne comme ça, je ne répète pas, je ne rôde pas en Province, il faut que ça sorte. Je ne me projette jamais un an à l’avance, je ne serais pas capable de tenir un rythme d’écriture quotidien. Qu’est-ce qui vous a poussée à reprendre certains de vos personnages plus que d’autres ? Il y a des personnages que j’aime jouer, dont je souhaitais adapter les textes, garder les voix d’avant mais en évoquant ce qui me parle aujourd’hui. Par exemple, je fais des petites filles depuis toujours, mais là j’aborde des sujets plus graves que d’habitude. À la grande différence de la majorité des comique

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Valérie Lemercier, arme de distraction massive

SCENES | Le nouveau spectacle de Valérie Lemercier nous rappelle, si besoin en était, à quel point cette dernière est une interprète hors pair, capable de s’approprier n’importe quel univers pour en explorer le potentiel humoristique avec talent. François Cau

François Cau | Jeudi 12 mars 2009

Valérie Lemercier, arme de distraction massive

Allez, on est entre nous, on peut tout se dire. Les one-(wo)man-shows français, ça n’a jamais été notre tasse de thé. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais les mêmes travers revenaient, envahissants à en hurler à la lune, le poing rageusement levé vers le ciel : manque de rythme, d’écriture convaincante ou même d’humour, incapacité chronique à se mettre au niveau des sempiternelles mêmes références (Pierre Desproges, Eddie Murphy et Jerry Seinfeld), de la vulgarité crasse et mal digérée en guise de provocation ultime… On s’assied donc l’air fat, peu sensible aux charmes de la rénovation gentiment tape-à-l’œil de la salle parisienne du Palace, on essaie de ne pas trop penser au très frais accueil du spectacle dans ses premières critiques, on se prépare à compter les sketchs pour patienter jusqu’à la fin. Mais quand le show démarre, on est happés : les premières notes du P.I.M.P. de 50 cent (version non censurée, of course !) résonnent, Valérie Lemercier fait son entrée, traverse la scène au gré d’une chorégraphie délicieusement décalée. Alors OK, ça ne vaut peut-être pas sa mémorable danse aux César sur Zouk Machine, mais il ne nous en fallait pas plus pour ê

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