Cirque : nos cinq coups de coeur de l'année

Panorama 2016/2017 | Au Petit Bulletin, on adore les artistes qui s'envoient en l'air. La preuve avec cette sélection de spectacles riche en surprises et émotions fortes.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Photo : Christophe Raynaud De Lage


Fenêtres

Recréation d'un spectacle vieux de quinze ans, ce solo initialement interprété par le circassien Mathurin Bolze (qui l'a imaginé) a été transmis à Karim Messaoudi, passé comme lui par Centre national des arts du cirque. Un pur moment de grâce visuelle sur un homme enfermé dans un appartement et qui ne semble trouver d'échappatoire que par les airs, grâce à un sol trampoline. Grandiose.

À l'Hexagone (Meylan) mardi 15 et mercredi 16 novembre

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Patinoire

Un solo entre cirque, théâtre et clown qui fonctionne parfaitement. Logique, il est l'œuvre d'un des fondateurs du collectif québécois de circassiens Les 7 doigts de la main. Patrick Léonard, seul en scène donc mais accompagné d'un fatras d'objets (qui auront une importance capitale pendant le spectacle), met en place une drôle de tension qui captive autant qu'elle surprend. Et quelle fin vertigineuse !

À l'Ilyade (Seyssinet-Pariset) mardi 29 novembre

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Traces

Un spectacle où la voltige est un langage à part entière et, surtout, où le collectif est envisagé comme une somme d'individualités. Son postulat narratif ne dit pas autre chose : à quelques minutes d'une apocalypse, sept personnes recluses dans un abri de fortune mettent toutes leurs forces dans un déchaînement créatif censé les préserver de l'oubli. Un classique des 7 doigts de la main qui, depuis sa création en 2006, a été joué plus de 1500 fois à travers le monde.

Au Grand Angle (Voiron) mardi 13 décembre et mercredi 14 décembre

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Dans les plis du paysage

La saison passée, on avait accordé une de nos unes au génial collectif Petit travers, qui venait présenter dans l'agglo Pan-Pot et Les Beaux orages qui nous étaient promis, deux créations où leur art du jonglage poétique faisait des merveilles. Leur nouvelle pièce, dévoilée mi-septembre à la Biennale de la danse de Lyon, se présente comme la fin de cette trilogie sur la notion d'individu-paysage. Avec cette fois un batteur qui accompagne les jongleurs sur scène.

À l'Heure bleue (Saint-Martin-d'Hères) mercredi 14 décembre

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Smashed

Neuf jongleurs de la troupe londonienne du Gandini Juggling rendent hommage à Pina Bausch avec des pommes et mettent en compote les idées reçues sur leur discipline. Un spectacle d'un raffinement et d'une fluidité impressionnants comme on avait déjà pu s'en rendre compte la saison passée à la Rampe.

Au Coléo (Pontcharra) samedi 20 mai


Fenêtres

De Mathurin Bolze, scéno. Goury, avec Karim Messaoudi, à partir de 6 ans
Hexagone 24 rue des Aiguinards Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Patinoire - COMPLET

Musique, théâtre et danse, ms Nicolas Cantin par Les 7 doigts de la main, avec Patrick Léonard, à partir de 8 ans
L'Ilyade 32 rue de la Fauconnière Seyssinet-Pariset
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Traces

Ms Shana Carroll, Gypsy Snider, par la Cie Les 7 doigts de la main, à partir de 6 ans
Le Grand Angle Place des Arcades Voiron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Dans les plis du paysage

Ms Nicolas Mathis, Julien Clément, par le Collectif Petit Travers
L'Heure Bleue Rue Jean Vilar Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Smashed

Art du jonglage, danse et théâtre par la Cie Gandini Juggling. À partir de 8 ans
Le Coléo Avenue Jean-François Champollion Pontcharra
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

ACTUS | Début février, le circassien et chorégraphe Yoann Bourgeois, codirecteur depuis 2016 du centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), a été mis en cause dans une vidéo anonyme laissant entendre qu’il aurait pu plagier d’autres artistes. On a cherché à en savoir plus en contactant les principaux intéressés, qui appellent pour la plupart à une remise en question profonde du milieu des arts de cirque. Quant à Yoann Bourgeois, après avoir longuement hésité, il a finalement décliné notre proposition d’interview.

Aurélien Martinez | Vendredi 26 février 2021

Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

Revenons dans le passé pour commencer. Depuis une dizaine d’années à Grenoble (c’est là qu’il a implanté sa compagnie en 2010), on suit avec délectation et fascination l’éclosion artistique de Yoann Bourgeois, homme de cirque (il est passé par le prestigieux Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne) et de danse (il a notamment collaboré plusieurs années avec la chorégraphe Maguy Marin) devenu, au fil des ans et des créations, l’une des figures phares du nouveau cirque français. On se souvient ainsi, une fin de journée de l’été 2010, être monté à la Bastille, fort militaire surplombant Grenoble, pour découvrir son impressionnant Cavale dans lequel, en compagnie de l’acrobate Lucien Reynès, il défiait magnifiquement la gravité avec un escalier, un trampoline et le panorama urbain en toile de fond (des extraits sont disponibles en ligne). « Dans le cirque, je suis intéressé par le fait de rendre perceptibles

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Voix aux fenêtres, un festival pour déambuler à travers l'héritage de la ville

Événement | Du Palais du Parlement jusqu'au Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas, des voix résonneront à Grenoble entre vendredi 20 et dimanche 22 septembre pour célébrer les racines sociales et patrimoniales du quartier Alma-Très-Cloîtres. Et quoi de mieux que les Journées du patrimoine pour porter encore plus haut le festival Voix aux fenêtres ?

Adeline Gailly | Mardi 17 septembre 2019

 Voix aux fenêtres, un festival pour déambuler à travers l'héritage de la ville

S'il n'est plus à la tête du Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas depuis peu, le musicien espagnol Antonio Placer, à travers son association Musiques créatives du Sud, conserve pour autant l'organisation de la 4e édition du festival Voix aux fenêtres, toujours poussé par cette volonté de célébrer le quartier Alma-Très-Cloîtres et ses habitants. Et ce n'est pas un hasard si, cette année, l'événement aura lieu au même moment que les Journées du patrimoine. « Les migrants qui se sont installés au fil du temps dans ce quartier ont participé à sa construction architecturale. L'idée est donc de faire résonner les voix de ces colporteurs et colporteuses dans des lieux patrimoniaux, comme un clin d’œil », souligne-t-il. Ces voix s'élèveront essentiellement a cappella avec le désir de s'unir pour ne faire qu'une. « Il y a une perte d'identité dans notre société à cause de l'uniformisation. Alors qu'en réalité nous sommes tous une pièce différente d'un même puzzl

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Édition et indépendance ce week-end au 102

Événement | Samedi 3 et dimanche 4 novembre se déroulera pour la première fois au 102 l’événement Traces et Sillons, « week-end de rencontres autour du livre comme (...)

Damien Grimbert | Mardi 30 octobre 2018

Édition et indépendance ce week-end au 102

Samedi 3 et dimanche 4 novembre se déroulera pour la première fois au 102 l’événement Traces et Sillons, « week-end de rencontres autour du livre comme objet papier, objet fabriqué ». Au programme, des stands de maisons d’édition indépendantes, une exposition de gravures tirées du recueil Nuit sur l’Allemagne de Clément Moreau (photo), un espace de lecture de fanzines, des présentations d’ouvrages (Nouvelles en trois lignes, Fukushima et ses invisibles…), des démonstrations d’impression en sérigraphie et en risographie, des lectures, un brunch bibliothèque… Dans un champ allant « de la poésie à la critique sociale », et dans des formes alternant entre récits, essais, revues, bandes dessinées et romans, c’est ainsi tout un univers "Do It Yourself" qui ouvrira ses portes, le samedi de 14h à 19h puis le dimanche de 12h à 16h. À noter enfin, la tenue d’un concert de soutien pour financer l’événement le samedi soir de 20h à 23h, avec les formations Lovataraxx (cold wave), Hibou (chanson expé) et Docks (indie slowcore).

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Avec Voix aux fenêtres, la voix (a cappella) est libre

Festival | Du vendredi 1er au dimanche 3 juin se déroulera la troisième édition de Voix aux fenêtres. Un événement organisé par le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas qui vise à valoriser le quartier grenoblois Alma–Très-Cloîtres–Chenoise comme nous l'explique Marie Kristanek, chargée de production et de communication pour le théâtre.

Alice Colmart | Mardi 29 mai 2018

Avec Voix aux fenêtres, la voix (a cappella) est libre

Songez à ouvrir l’oreille ce week-end, car les jardins, les cours et les rues qui entourent le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas vont résonner. « L’objectif de Voix aux fenêtres est de faire découvrir les rues Chenoise, Alma et Très-Cloîtres à travers des spectacles de musique, des contes et des chants. Le tout se fera a cappella car ces rues ont une très bonne acoustique naturelle » explique Marie Kristanek, chargée de production et de communication pour le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas à l’origine de l’événement. Et qui de mieux pour montrer le patrimoine local que les principaux concernés. « Les habitants du quartier ont participé à des ateliers préparatoires avec le trio Unio, trois femmes qui proposent leur très beau répertoire de chants traditionnels et de chants du monde. Ils restitueront ce travail les 1er et 2 juin dans la rue Chenoise. » Tous à la rue En plus des habitants, des établissements participeront au projet, comme le restaurant l’Atypique et le café À l'affût qui organiseront des apéros vocaux. Le premier sera mené par l’ensembl

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"L'Homme dauphin, sur les traces de Jacques Mayol" : né pour l’apnée

ECRANS | de Lefteris Charitos (F.-Gr-Can-Jap, 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 29 mai 2018

Voici l’eau-dyssée de Jacques Mayol, petit Français si fasciné par le monde du silence et l’espèce des dauphins qu’il tenta à sa façon d’en devenir un en se lançant, avec succès, dans la plongée en apnée, discipline dont il fut l’un des précurseurs et surtout le charismatique ambassadeur… Aller plus profond. Tel était le leitmotiv de cet aventurier à l’ancienne, ayant tout du play-boy international sans attaches, oubliant qu’il avait une famille pour vivre son rêve d’absolu ; sa quête ô combien paradoxale de lumière menée en s’enfonçant toujours plus loin dans l’impénétrable obscurité des abysses… À sa façon, le réalisateur Lefteris Charitos va lui aussi sous la surface, derrière l’image lisse rendue par la fiction inspirée de sa vie dans Le Grand Bleu (1988) de Luc Besson. En explorant les moindres images d’archives, en faisant parler les ultimes témoins, les proches de l’apnéiste, ses disciples comme son maître bouddhiste, le documentariste tente de plonger dans le secret d’un homme dépressif – et qui fut vaincu par la maladie. Sobre et apaisé, son portrait révèle, sans pathos aucun, un May

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Voix aux fenêtres : la parole est de quartier

CONNAITRE | Du vendredi 2 au samedi 4 juin, le centre de Grenoble se remplira de « Voix aux fenêtres ». Pour cet deuxième édition, le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas qui organise l'événement prolonge son travail de découverte des rues Chenoise, Alma et Très-Cloîtres par la parole d’artistes et d’habitants, avec la volonté d’être au plus près de chacun.

Charline Corubolo | Mardi 30 mai 2017

Voix aux fenêtres : la parole est de quartier

Il n’y pas qu’aux fenêtres que la voix se fera entendre ce week-end, mais aussi dans les rues, les jardins, les cours et sur les marchés du centre de Grenoble. Pour la deuxième édition de son événement Voix aux fenêtres, le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas prolonge son travail de réappropriation par les citoyens des quartiers l'entourant grâce à la parole, avec la volonté « d’impliquer les habitants et les commerçants pour qu’ils découvrent ou montrent leur patrimoine local » explique Marie Kristanek, chargée de communication du théâtre. Avec des compagnies comme la Fabrique des petites utopies et les Fées rosses, ainsi que la participation d’amateurs à la suite d’ateliers préparatoires avec des artistes, les trois jours seront animés de récolte de paroles pour des « Criées publiques », de théâtre de rue, de repas citoyen, de concerts… Une liberté de dire, mais aussi de déambuler, chacun étant invité à suivre son propre parcours à travers les rues Chenoise, Alma et Très-Cloître. Un moment festif et artistique avec l’objectif de réunir les habitants pour une union de quartier qui vise à mettre en valeur la divers

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Voltige culte avec "Traces" des 7 doigts de la main

Cirque | Traces de la fameuse compagnie de cirque québécoise Les 7 doigts de la main, à voir mardi 13 et mercredi 14 décembre au Grand Angle de Voiron, c’est un (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 décembre 2016

Voltige culte avec

Traces de la fameuse compagnie de cirque québécoise Les 7 doigts de la main, à voir mardi 13 et mercredi 14 décembre au Grand Angle de Voiron, c’est un spectacle où la voltige est un langage à part entière et, surtout, où le collectif est envisagé comme une somme d'individualités. Son postulat narratif ne dit pas autre chose : à quelques minutes d'une apocalypse, sept personnes recluses dans un abri de fortune mettent toutes leurs forces dans un déchaînement créatif censé les préserver de l'oubli. Entrecoupés d'inserts autobiographiques d'une adorable humanité, les numéros de mât chinois ou de roue Cyr (cerceau géant inventé par leur compatriote Daniel Cyr, du cirque Éloize) qui composent ce "I was here" corporel sont certes impressionnants, mais dégagent aussi ce souci de cohérence (jusque dans leur bande son, où Goran Bregovic côtoie Unkle, Radiohead ou John Zorn) et de grâce (minutieusement chorégraphiée) plus qu’appréciable. Ce Traces est d'ailleurs un classique qui, depuis sa création en 2006, a été joué plus de 1500 fois à travers le monde. Car il est impérissable.

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"Dans les plis du paysage" : paysage composé

Jonglage | Le génial collectif Petit travers revient dans l'agglo avec sa nouvelle création baptisée "Dans les plis du paysage". Du jonglage toujours aussi fort à découvrir mercredi 14 décembre à l'Heure bleue de Saint-Martin-d'Hères.

Nadja Pobel | Vendredi 9 décembre 2016

Après plus de dix pièces depuis la création en 2003 du collectif Petit travers, les jongleurs défrichent toujours leur discipline dont le postulat de base est si simple (lancer des balles et les rattraper) et pourtant si esthétique. Leur dernier ballet dans les airs, Dans les plis du paysage, a d'ailleurs été judicieusement créé en septembre dernier dans le cadre de la Biennale de la danse de Lyon, comme pour mieux sortir du cadre. D'autant plus que, plutôt que de mettre les pleins feux sur son travail, la troupe a l'audace de débuter cette création dans une relative pénombre avec sons tribaux et gestes idoines. La musique tient ainsi une place de premier plan dans ce spectacle grâce à la présence d'un batteur, véritable métronome des circassiens très nombreux au plateau – sept, dont les concepteurs Nicolas Mathis et Julien Clément. Peu de jonglage donc pour cette entrée en matière où l'homme se substitue même aux balles imitant le bruit du rebond ! Ce

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"Patinoire" : one-man-show circassien par Patrick Léonard

Cirque | "Patinoire", c’est un solo entre cirque, théâtre et clown qui fonctionne parfaitement. En 1h15, son concepteur et interprète Patrick Léonard, seul en scène donc mais accompagné d’un fatras d’objets, met en place une drôle de tension qui captive autant qu’elle surprend.

Aurélien Martinez | Mardi 22 novembre 2016

Le cirque, c’est souvent une foule d’acrobates qui, sur scène, nous en mettent plein la vue avec des numéros de haute volée. C’est aussi, parfois, des formes plus intimistes qui n’en perdent pourtant pas en force, comme c’est le cas avec le spectacle Patinoire de Patrick Léonard. Patrick Léonard ? L’un des cofondateurs et directeurs de la fameuse compagnie québécoise Les 7 doigts de la main, que l’on voit souvent dans le coin – elle sera par exemple mi-décembre au Grand Angle de Voiron avec l’excellent Traces. Un nom gage de qualité donc. « Du rire et des larmes » Créé en 2011, Patinoire est ainsi un seul-en-scène dans lequel Patrick Léonard fait preuve d’une inventivité folle pour faire cirque avec tout ce qui lui passe sous la main – « une grenouille, une cuillère, un ukulélé, une chaise, une table » comme noté dans la note d’intention. Mais également « du divertissement, un soupçon de désespoir et de vulnérabilité, un corps qui craque, du rire et des larmes ». Tout ça oui, et plus encore. Plus encore car Patrick Léonard n’est pas qu’un simple interprète capable de faire des acrobaties en se tenant s

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Karim Messaoudi : « Chopper le vocabulaire de Mathurin Bolze »

Nouveau cirque | Rencontre avec le circassien qui reprend le spectacle "Fenêtres" de Mathurin Bolze mardi 15 et mercredi 16 novembre à l'Hexagone de Meylan.

Aurélien Martinez | Mardi 8 novembre 2016

Karim Messaoudi : « Chopper le vocabulaire de Mathurin Bolze »

Ça fait quoi de reprendre un rôle créé par un autre, et d’être en plus dirigé dans la reprise par cet autre ? Karim Messaoudi : Le chantier était assez excitant pour moi. Techniquement – le trampoline notamment –, c’était dans mes cordes donc je me sentais assez à l’aise. Même si j’ai dû viser des endroits où je ne serais pas allé par moi-même. Mathurin m’a amené dans des lieux un peu autres… Et le fait que lui soit là, c’était totalement primordial ! Aviez-vous vu le spectacle avant de reprendre le rôle ? Quand Mathurin a créé Fenêtres, j’étais très jeune donc je ne l’ai pas vu en vrai. Mais j’en ai toujours entendu parler comme d’un grand moment. Du coup, quand on a décidé de faire cette reprise, on l’a regardé en vidéo ensemble. Il a d’ailleurs galéré à trouver la VHS au fin fond de ses armoires ! Et on a

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Mathurin Bolze : le prince du bel air

SCENES | Il a la tête en l'air et les pieds sur terre. À l'occasion de la reprise à l’Hexagone de Meylan de son très beau spectacle "Fenêtres" créé en 2002, le circassien Mathurin Bolze nous raconte son métier et son bonheur de générer des collaborations artistiques.

Nadja Pobel | Mardi 8 novembre 2016

Mathurin Bolze : le prince du bel air

Un peu d’histoire pour commencer. Né en 1974, Mathurin Bolze a pratiqué le théâtre et surtout la gym à haute dose, avant de filer au Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Rapidement (en 2001), il fonde la compagnie MPTA et, à l'occasion d'une commande de la Brèche, le pôle national des arts du cirque de Cherbourg, il invente La Cabane aux fenêtres. Cette forme courte de 15 minutes va grandir et finir par se nommer Fenêtres. C’est un immense succès. Quinze ans plus tard, il donne ce solo aérien et grandiose à Karim Messaoudi, rencontré lors d'un stage de formation. La magie, elle, est toujours présente. Un pur moment de grâce visuelle sur un homme enfermé dans un appartement et qui ne semble trouver d’échappatoire que par les airs, grâce à un sol trampoline. Mathurin Bolze nous expli

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Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Spectacles | Le collectif Petit travers, défenseur depuis treize ans d’un jonglage poétique fort en images, débarque à Grenoble avec deux spectacles – une grande forme pour sept interprètes et un trio avec piano. Deux véritables réussites qui nous ont donné envie de passer un coup de fil à Julien Clément, co-directeur artistique du collectif.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mai 2016

Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Avec le collectif, vous faites du jonglage, mais pas un jonglage simplement limité à la performance… Julien Clément : Oui. On utilise le jonglage comme un matériau, comme un outil de scène, comme une possibilité de langage. Et tout ça dans une visée poétique et musicale. On essaie de proposer un cadre assez simple pour jouer sur la surprise, pour avoir un spectateur à l’affût, pour l’étonner, le surprendre… Avec, en stars de chaque spectacle, les balles de jonglage. Même si, dans les deux créations que vous présentez à Grenoble, leur rôle est très différent… Pour chaque spectacle, on essaie de redéfinir cet objet, de savoir si c’est quelque chose d’abstrait ou si c’est un être animé d’une vie propre. Dans le tout début de Pan-Pot ou modérément chantant, il y a la mise en place de l’histoire de ces balles qui sont comme autonomes, qui ont leur trajectoire de vie : même si on comprend qu’elles sont jonglées, on ne voit pas les jongleurs, on ne voit pas leurs mains, ils sont vraiment dépersonnalisés. Pour Les Beaux Orages qui nous étaient promis, on a plus pris ces balles co

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Les 7 doigts de la main font la tambouille

SCENES | Ils nous avaient troublés avec "Psy", impressionnés avec "Séquence 8" et voilà qu’avec "Cuisine et confessions", le collectif canadien de circassiens des 7 doigts de la main se repose sur ses acquis en produisant un spectacle autosatisfait tout en longueur et démagogie. Grosse déception. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 décembre 2015

Les 7 doigts de la main font la tambouille

Un décor de cuisine monumentale à faire pâlir tous les marquis de salades, des artistes venant à la rencontre du public qui s’installe pour s’enquérir de leur plat préféré alors que d’appétissantes émanations d’ail s’échappent du plateau : les 7 doigts de la main savent recevoir et allécher. Problème, ce prélude, même une fois les lumières éteintes, n’en finit plus de s’étirer au point que le spectacle semble ne jamais commencer. Quelques numéros de jonglage avec des fouets métalliques esquissent un début mais il n’en est rien. D’emblée (et ça se vérifiera sur les 90 minutes), ce spectacle manque cruellement de rythme, véritable comble pour une équipe de circassiens, par ailleurs de très haut niveau – ah le mât chinois si bien maîtrisé ! Mais ils se prennent au piège de l’adresse réitérée au public, le conviant sur scène fréquemment, comme s’ils ne pouvaient pas convaincre par leur seul talent. Et, ultime aveux de faiblesse, la troupe se planque même derrière les meubles laissant trois spectateurs se débrouiller entre eux. Ce n’est pas tant l’embarras – de courte durée – des cobayes qui gêne mais la limpide démission des artistes qui abandonnent simplement leur spectac

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Vivian Maier, miroir des autres

Exposition | Rarement l'art contemporain aura connu si grand mystère : Vivian Maier (1926-2009), nourrice et photographe durant une vie entière, est récemment sortie de l'anonymat grâce à un certain John Maloof. Une découverte rocambolesque qui a mis à jour un talent photographique incroyable, à découvrir à l'Ancien musée de peinture. Mais avant les clichés, tentons d’élucider l’énigme Maier.

Charline Corubolo | Mardi 3 novembre 2015

Vivian Maier, miroir des autres

Avec quelque 200 000 négatifs accompagnés de films vidéo, l’œuvre de Vivian Maier est considérable, mais aussi totalement mystérieuse. Un secret artistique, malgré de nombreuses investigations, parsemé de zones d'ombre qui soulèvent bien des questions. Car en presque 50 années de pratique photographique, Vivian Maier, nourrice toute sa vie, n'a jamais montré ses clichés. Jusqu'au jour où, fin 2007, John Maloof, agent immobilier à la recherche d'images pour réaliser un livre sur son quartier de Chicago, acquiert en salle des ventes un carton rempli de négatifs de la nurse anonyme. La partie de Cluedo est alors amorcée. Il faudra à John Maloof, reconverti pour l'occasion en détective amateur, plusieurs années pour découvrir l'identité de la photographe qui se cache derrière ces images. En 2009, Vivian Maier décède dans l'anonymat et la pauvreté. C'est à ce moment qu'Internet donne à Sherlock Maloof la première pièce du puzzle : le nom de l'auteure. Armé de sa meilleur preuve, il découvre que Vivian Maier n'a pas seulement laissé derrière elle un nombre impressionnant de photographies, mais aussi un garde-meuble rempli d'une vie à collecter des journaux, des tickets et de

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Vivian Maier : campagne, mon amour

ARTS | Zoom sur l'exposition consacrée à la photographe récemment découverte.

Charline Corubolo | Mardi 3 novembre 2015

Vivian Maier : campagne, mon amour

Certes, l'histoire du Champsaur n'a, fort heureusement, rien à voir avec celle du film Hiroshima, mon amour. Mais la référence permet cependant d'évoquer l'histoire passionnelle entre Vivian Maier et cette campagne française située dans les Alpes. Une relation discrète, à l'image de sa vie, mais intense comme en témoignent les photographies réalisées dans ces montagnes aux environs des années 1950. Et si aujourd'hui l'Américaine au Rolleiflex est connue pour ses clichés de rue à Chicago et à New York, la Maison de l'image, en partenariat avec l'association "Vivian Maier et le Champsaur", met en lumière pour la troisième édition de sa manifestation photographique annuelle dans l'Ancien musée de peinture un patrimoine visuel riche de la paysannerie de l'époque, tout aussi important que le pendant "street photography" américain. D'origine française par sa mère, Vivian Maier a vécu dans la région du Champsaur, haute vall

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Jeu, set et Smashed

SCENES | Dans "Smashed", neuf jongleurs rendent hommage à Pina Bausch avec des pommes et mettent en compote les idées reçues sur leur discipline. Un spectacle d'une fluidité et d'un raffinement impressionnants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Jeu, set et Smashed

Elle a poussé l'humanité à commettre son premier crime de lèse-déité, inspiré à Newton la loi de la Gravitation universelle et à Magritte son tableau le plus fameux, permis à Chirac de remporter l'élection présidentielle de 1995 et à Steve Jobs de faire prospérer sa secte... Y a pas à dire, la pomme est le fruit le plus influent de la Création. Cette assertion, le Gandini Juggling, troupe londonienne qui depuis le début des années 90 repousse les limites esthétiques et techniques de la jonglerie, lui donne encore un peu plus de crédit avec Smashed. Et pour cause : ce spectacle, l'un de ses plus emblématiques (créé en 2011, il a déjà été joué plus de deux cents fois) se présente comme une transposition de la danse-théâtre, approche expressionniste du geste que la chorégraphe allemande Pina Bausch popularisa dans les années 70, en jonglage-théâtre, et repose, à un service à thé et une rangée de chaises près, uniquement sur le lancer et la passation de pommes. Voire sur leur escamotage.  Les casseurs jongleurs Les neufs interprètes de Smashed font en effet montre d'une telle adresse que leurs manipulations confinent parfois à la prestidig

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Les Anglo-saxons font leur cirque

SCENES | L'une est anglaise, l'autre est australienne, et chacune dans son genre, elles repoussent les limites du corps humain avec un étonnant sens du récit. Coup d’œil sur le Gandini Juggling et Circa, deux compagnies de nouveau cirque bientôt sous les feux de la Rampe. Benjamin Mialot

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

Les Anglo-saxons font leur cirque

On connaissait le jonglage avec massues (le plus courant), avec haches (les "hillbillies" canadiens du Cirque Alfonse) ou avec pistolets (voir par ailleurs). Imperméable à la surenchère, le Gandini Juggling, lui, se joue des lois newtoniennes avec des pommes. Logique. Le truc, c'est que les membres de cette troupe britannique, à commencer par ses fondateurs, Sean Gandini et Kati Ylä-Hokkala, connaissent autant de façons de lancer et rattraper leurs balles de pectine que Benjamin Bufford-Blue de cuisiner les crevettes dans Forest Gump. Leur spectacle phare en fait l'impeccable démonstration : hommage à la chorégraphe Pina Bausch déguisé en farce flegmatique sur l'aliénation sociale, Smashed est un sommet de raffinement (gestuel, mais aussi musical), de drôlerie et d'adresse. Sur les cordes raides De sommet, il en sera également question au printemps avec Opus, fruit d'une collaboration entre le Quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui depuis l'aube des années 90 décloisonne la musique de chamb

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L’aura émotionnelle

ARTS | "Traces", nom de la nouvelle exposition à la galerie Alter-Art, manifeste dès le titre la volonté de tisser un lien. Derrière cette ambition photographique se cache Benoît Capponi, dont le travail trouve sa genèse dans une somme d’écrits et de recherches sur la Première Guerre mondiale pour aboutir à un visuel poétique, en noir et blanc. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Lundi 13 janvier 2014

L’aura émotionnelle

Dans l’antre rectangulaire de la galerie Alter-Art, les murs sont parcourus par une série photographique suivant un fil linéaire. Benoît Capponi dévoile alors son talent de photographe de part ces clichés maîtrisés qui semblent en même temps lui échapper, tant la prégnance sensitive qui se dégage des images est forte. Sur des tirages argentiques en noir et blanc, l’œil est promené entre la précision du premier plan et le flou du second. Ensemble de diptyques, la photographie de gauche, au format portrait, livre un paysage boisé sans humain, tandis que celle de droite, au format carré et accompagnée d’un texte, offre une vue plus resserrée de la nature. Le regard est hypnotisé, dans un premier temps, par les visuels : forêt ombragée, plaine brumeuse ou barbelés entremêlés dans les herbes ; la nature est sublimée et toute à la fois marquée. Les arbres sont davantage des troncs nus qu’une belle végétation feuillue, et peu à peu des éléments érodés apparaissent dans le paysage. La forêt parle, silencieusement, et c’est alors que le texte prend son sens, venant renforcé la puissance évocatrice des images. Une évocation, non un témoignage Dès les premières li

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En avant la musique

SCENES | On a énormément écrit sur le Turak Théâtre dans les colonnes de ce journal. Il faut dire que le travail du génialement barré Michel Laubu plaît beaucoup aux (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 3 janvier 2014

En avant la musique

On a énormément écrit sur le Turak Théâtre dans les colonnes de ce journal. Il faut dire que le travail du génialement barré Michel Laubu plaît beaucoup aux programmateurs de la région (la compagnie est lyonnaise), qui du coup ne se privent pas pour l’accueillir. Un systématisme qui peut parfois lasser... Mais l’univers de Laubu, auréolé d’un joyeux esprit foutraque reconnaissable entre mille, est toujours aussi vivace et créatif, comme l’on a pu s’en rendre compte avec Sur les traces du ITFO, la toute dernière livraison made in Turakie à découvrir du mercredi 8 au vendredi 10 janvier à l’Hexagone de Meylan. Une création très narrative (ce qui est loin d’être l’habitude de la maison) centrée sur un orchestre brutalement licencié par une autorité supérieure. Reste donc des musiciens-marionnettes d’abord contraints de sauver leur peau, mais qui finiront par s’associer pour avancer ensemble. Un spectacle bourré d’inventivité (le travail sur les instruments et la musique est remarquable) qui est sans doute ce que Michel Laubu a fait de mieux ces dernières années – notamment grâce au très subtil sous-texte. On voulait faire les grincheux à la sauce "encore un spectac

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"À bas bruit" : Mathurin Bolze sur une voie de garage

SCENES | Mauvaise nouvelle : la dernière création du passionnant chorégraphe et circassien Mathurin Bolze, que nous avons découverte l’an passé lors des premières représentations lyonnaises, n’est que bricolage caricaturant son propre univers…

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 25 septembre 2013

Que des Beatles sous LSD reprennent Hey Jude avec des voix de casseroles sur un enregistrement pirate, ou qu’Eric Clapton se lance dans un solo avec trois cordes cassées dans sa salle de bains, cela peut émouvoir, certes. En dépit des sournoiseries connues du marketing, nous demeurons des êtres nostalgiques et fragiles… Mais qu’un artiste aussi doué (et en pleine possession de ses moyens, lui !) que Mathurin Bolze fasse le coup du «Je vais vous présenter une pièce bricolée dans mon garage avec trois amis (au potentiel énorme) qui serait comme une reprise en mode ultra mineur de mes opus précédents, parce que là, désolé, je n’ai aucune inspiration», cela nous attriste. À bas bruit ressemble même à cette littérature datée où l’on s’interroge sur la possibilité de créer, l’angoisse de la "scène" blanche, la possibilité du possible, et où l’on va, tels des Derrida ou des Blanchot en culotte courte, déballer-déconstruire l’envers du (non) décor avec, entre deux parties de spectacle, des techniciens et des interprètes changeant les éléments du plateau sous nos yeux. La roue tourne Plus concrètement encore,

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Ménage à trois

SCENES | Pendant cette carte blanche à Alexandre Tharaud, le Grenoblois Yoann Bourgeois reprendra son très bel Art de la fugue, dans lequel le circassien croise (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 23 mai 2013

Ménage à trois

Pendant cette carte blanche à Alexandre Tharaud, le Grenoblois Yoann Bourgeois reprendra son très bel Art de la fugue, dans lequel le circassien croise son art aux notes de Bach. Mais l’événement est aussi ailleurs. Car Bourgeois et Tharaud ont élaboré Nuage, une performance dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose, si ce n’est qu’elle sera donnée sur le parvis de la MC2 juste après la soirée chanson française du samedi, et qu’un autre circassien sera de la partie : Mathurin Bolze. Soit l’un des artistes de nouveau cirque les plus talentueux de sa génération (il frise les 40 ans), comme l’on a souvent pu s’en rendre compte à l’Hexagone de Meylan qui a programmé plusieurs de ses créations (Fenêtres, Tangentes, Du Goudron et des plumes). Avec Bolze, le côté s

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Thérapie de groupe avec Les 7 doigts de la main

SCENES | Du cirque, des performances, mais du sens aussi. C’est ce que s’échine avec talent à proposer la compagnie des 7 doigts de la main. Démonstration avec "Psy", pièce complète et enjouée du collectif québécois désormais mondialement connu. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 18 janvier 2013

Thérapie de groupe avec Les 7 doigts de la main

Au début, ils étaient sept issus d’une bande d’amis qui, en 2002, après une discussion, décident de se lancer collectivement en apesanteur. Ils ont le background pour bien faire puisqu’ils sont acrobates, jongleurs voire sportifs de haut niveau. Six d’entre eux sont québécois, sont passés par la formation du Cirque du Soleil (qui suscite alors de très nombreuses vocations) ou par l’École nationale du cirque de Montréal, mais ne veulent pas être uniquement des circassiens reconnaissables à leur seule maîtrise technique. Ils créent alors dans chacune de leur pièce des personnages auxquels les spectateurs peuvent s’identifier. Leur premier lieu d’entraînement, de brainstorming et d’improvisation étant leur appartement, leur première création se nomme tout naturellement Loft. Suivront des spectacles aux titres courts et percutants : Traces, La Vie, Psy, Patinoire et Séquence 8, dont la création mondiale a eu lieu cet été dans le théâtre antique de Fourvière à Lyon. Internés sur scène Psy, qui ne cesse de parcourir le monde depuis 2010, est un excellent exemple de leur travail : technique,

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« Une fenêtre imaginaire »

ARTS | Pour l’expo "Visages-fenêtres", l’artiste grenoblois Nosca a choisi de travailler avec quatorze détenus de la maison d’arrêt de Varces. Chacun d’eux a pu s’exprimer par le collage d’images sur une mystérieuse boîte que le public est invité à ouvrir… Genèse et déroulement du projet. Propos recueillis par Laetitia Giry

Aurélien Martinez | Mardi 14 février 2012

« Une fenêtre imaginaire »

Comment t’est venue l’idée de travailler avec des détenus ?Nosca: Ça faisait quelques temps que je menais des interventions parallèlement à mes expositions et projets personnels. Comme j’avais fait plus de public jeunesse qu’adulte, j’avais envie de changer d’interlocuteur. J’ai conçu une espèce de petit dossier que j’ai déposé au service pénitencier. On m’a répondu et je suis allé à une réunion, on a discuté du public, des projets qui avaient l’habitude d’être menés, de ce qu’ils attendaient de mon intervention. Je suis reparti avec des textes écrits par différents artistes et personne ayant travaillé dans ce milieu-là, ce qui m’a aidé à me familiariser avec ce milieu et les préoccupations des détenus. Pourquoi les as-tu fait travailler sur des boites à ouvrir et fermer par le public ?J’avais en tête Down by law, le film de Jim Jarmusch : trois personnages sont enfermés dans une prison, personne ne se parle et la première chose que fait le personnage incarné par Roberto Benigni (toujours aussi jovial), c’est de prendre une craie pour dessiner une fenêtre imaginaire sur le mur de la cellule - le point de départ de la discussi

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"Du goudron et des plumes" de Mathurin Bolze : le making of

SCENES | Entre deux représentations, Mathurin Bolze se confie sur la genèse de son spectacle "Du goudron et des plumes". On a tout enregistré, et on retransmet ses propos là, rien que pour vous.

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2010

Le mouvement comme vecteur d’émotion « Le mouvement, certes, mais le mouvement ancré dans des rapports spatiaux. Car c’est lié à une construction de l’espace scénique : le décor est arrivé en préambule, en même temps que certaines questions de jeu autour de lectures que l’on a faites. Ensuite, ça a été un va-et-vient continu entre cet objet devenu concret petit à petit, au fil des essais, des prototypes, des modifications, et les idées autour desquelles on essayait de développer notre projet. Le titre du spectacle vient justement de ce contraste entre le lourd et le léger, entre la noirceur et la légèreté… On a essayé de trouver un champ d’expérimentation le plus large possible, avec le mouvement. » Des souris et des hommes « Il y a de ça au départ, mais en même temps, il n’en reste pas réellement de trace tangible dans le spectacle. Le roman a servi à mettre le feu aux poudres, comme un combustible. Mais après, on a construit notre matériau à partir d’autres textes, d’autres poèmes… On a tricoté une matière en allant piocher dans des extraits qui peuvent être de Michaud, de Cioran, de Montaigne, ou de Voltaire quand i

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Là-haut, avec Mathurin Bolze et son "Du goudron et des plumes"

SCENES | Mathurin Bolze, figure montante et bondissante du nouveau cirque, revient à l’Hexagone présenter sa nouvelle création aérienne et bluffante. Et nous prouve par la même occasion qu'il compte désormais parmi les artistes les plus importants du spectacle vivant. Aurélien Martinez et Jean-Emmanuel Denave

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2010

Là-haut, avec Mathurin Bolze et son

Du goudron et des plumes est une claque reçue en pleine gueule. En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule protéiforme en mouvement perpétuel, sorte de radeau aérien. « Un décor au centre, pas comme une décoration mais telle une architecture qui, comme le dit Jean Nouvel, répond à une question qui n'est pas posée » explique Mathurin Bolze. Sur cet engin du diable qui s’envolera littéralement, cinq interprètes (dont Bolze lui-même) vont se croiser. Qui sont-ils ? Des rescapés ? De parfaits inconnus les uns envers les autres ? … Où sont-ils ? Où vont-ils ? … Des questions, beaucoup de questions… Mais pas de réponses. Mathurin Bolze a ainsi conçu un spectacle ouvert, qui se reçoit comme un voyage époustouflant vers un ailleurs indéfini, où des êtres se côtoient avec toute l’urgence que la vie impose. Une grande fresque héroïque, rappelant un temps où certains hommes pouvaient se prendre pour des dieux, et on les croyait sans sourciller, parce qu’on a toujours besoin de mythes pour avancer… Point de départ de la création : les lectures. Beaucoup, comme l’ex

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Fragilité et altérité

SCENES | « J’aime partir de quelques matériaux, de la lecture. Il peut s'agir de livres, de films, ou d'autres sources ; des sons, des récits de voyage... Ce sont (...)

François Cau | Vendredi 8 janvier 2010

Fragilité et altérité

« J’aime partir de quelques matériaux, de la lecture. Il peut s'agir de livres, de films, ou d'autres sources ; des sons, des récits de voyage... Ce sont des choses sur lesquelles on peut revenir dans le processus de création. Et qui nous donnent parfois un guide, parfois juste un exemple, parfois une idée, parfois un contre-exemple... Cela nous aide à nous positionner dans le travail. Des souris et des hommes en fait partie, mais le travail ne sera pas "tiré" du livre, loin de là. Ce n'est pas une adaptation. » Voilà comment Mathurin Bolze, l’un des artistes de nouveau cirque les plus passionnants du moment, présentait l’année dernière son spectacle Du goudron et des plumes (interview disponible sur le site du Petit Bulletin Lyon, Mathurin Bolze étant en résidence aux Subsistances). Après la claque de son duo Ali (que l’on avait pu découvrir lors des Soirées de la MC2 en juin dernier), et suite à plusieurs passages remarqués à l’Hexagone ces dernières années, la venue de l’artiste promet de très beaux moments. D’autant que son matériau de départ (le roman de Steinbeck) semble propice à de nombreuses expérimentations. « C'est encore une foi

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