Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

Panorama 2016/2016 | Pour cette saison 2016/2017, on vous a concocté un programme varié entre spectacles coups de poing, aventures atypiques et classiques rassurants. Suivez-nous, que ce soit à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre de Grenoble, à la Rampe, à la Faïencerie, au Théâtre en rond...

Aurélien Martinez | Jeudi 13 octobre 2016

Photo : Simon Gosselin


LA 432

« Un spectacle intelligent pour ceux qui ne veulent pas réfléchir » : voilà comment les légendaires Chiche Capon présentent leur LA 432, que l'on a classé en théâtre parce qu'il faut bien le mettre quelque part. Sauf que c'est beaucoup plus que ça : un déferlement burlesque et musical (leur ritournelle Planète Aluminium reste très longtemps en tête) porté par des comédiens clownesques survoltés qui n'hésitent pas à secouer le public (ou à lui taper dessus). Joyeusement régressif !

Au Théâtre municipal de Grenoble mardi 22 novembre

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Fables

Un spectacle où certaines fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont mises en scène par deux joyeux comédiens qui s'amusent véritablement à camper les différents animaux et à livrer la petite morale du poète. Un spectacle tout public drôlement efficace et inventif.

À la Faïencerie (La Tronche) vendredi 2 décembre

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R.A.G.E

Depuis une quinzaine d'années, la compagnie Les Anges au plafond fait des merveilles avec ses marionnettes, comme on a souvent pu s'en rendre compte dans l'agglo – Une Antigone de papier, Au fil d'Œdipe… La preuve une nouvelle fois avec ce spectacle-puzzle centré sur la vie d'un écrivain (dont, à la demande de la compagnie, il faut taire le nom pour laisser la surprise aux spectateurs) qui nous embarque dans une aventure folle et visuellement captivante. Un biopic marionnettique en somme.

À la Rampe (Échirolles) mardi 6 décembre

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Nid de frelons

La famille Maudru, ces « petits agriculteurs en moyenne montagne qui essayent de survivre tant bien que mal », est de retour dans une nouvelle pièce. C'est que le comédien, metteur en scène, auteur, comique & co Serge Papagalli n'en a pas fini avec eux, et tant mieux. Dans ce nouvel épisode, le père Maudru (Papagalli lui-même) se blesse et termine immobilisé. Impensable. Du coup, « de jeunes agriculteurs bios et altermondialistes sur les bords » viendront l'aider. Un « choc des cultures » qui sera la base d'un rire comme toujours à plusieurs niveaux de lecture, façon comédies italiennes des années 1960 que Papagalli aime tant.

En tournée en Isère à partir d'octobre

Au Théâtre municipal de Grenoble du mardi 6 au samedi 10 décembre

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En septembre, c'est arts de rue avec l'excellent festival "Merci, Bonsoir !"

Arts de rue | Annulé l'an dernier du fait de la crise sanitaire, Merci, Bonsoir !, excellent festival dédié aux arts de rue, revient mi-septembre à Grenoble, au Parc Bachelard, pour une sixième édition. Avec notamment un spectacle clownesque complètement barré signé par l'un des cultissimes Chiche Capon.

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

En septembre, c'est arts de rue avec l'excellent festival

Au Petit Bulletin, on a quelques marottes. En spectacle vivant, les Chiche Capon, qui se définissent comme des « clowns sous acide imbattables dans la crétinerie flamboyantes », en font partie. Avec eux, sur scène, c'est un déferlement a priori anarchique (ça glousse, ça crie, ça chante, ça tape ses congénères – voire même le public) pourtant savamment construit par le quatuor : on adore ! Ensemble, tout devient possible comme disait un président de droite. Mais un par un également. Car depuis quelques années, les Chiche Capon évoluent parallèlement en solo, en conservant l'âme punk qui les habite collectivement. Quand on a épluché la programmation de la prochaine édition du festival Merci, Bonsoir !, on a donc été ravis de voir le nom de Patrick de Valette et de son fameux spectacle Hobobo (photo).

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Serge Papagalli : « Il n'y a pas d'humour intéressant sans tragique »

Théâtre | Pour célébrer ses 50 ans de carrière, le comédien, metteur en scène et auteur Serge Papagalli, comique dauphinois par excellence, propose un western-spaghetti de 2h20 avec, à ses côtés, 13 comédiennes et comédiens de la scène grenobloise qui lui sont fidèles. Avant la première de cet intrigant "Western !" mardi 13 octobre sur la scène de la MC2 (et la tournée iséroise qui suivra), on lui a posé quelques questions.

Aurélien Martinez | Mardi 6 octobre 2020

Serge Papagalli : « Il n'y a pas d'humour intéressant sans tragique »

Fêter ses 50 ans de scène, ça doit être vertigineux ! Serge Papagalli : Ce n’est pas anodin, en effet. Ça peut même être vertigineux, certes, mais comme j’ai fait un peu d’escalade dans ma jeunesse, je me cramponne aux rochers pour tenir ! Plus sérieusement, disons que quand on démarre dans ce métier à hauts risques, surtout à l’époque où j’ai commencé, on le fait avec passion, sans calcul et donc sans savoir réellement où l’on va. Être encore vivant après ce demi-siècle de théâtre, c’est génial ! Quand vous vous retournez sur ces 50 ans de carrière, que vous dites-vous ? Vous en êtes fier ? Vous avez des regrets ? Bien sûr que j’en suis fier, surtout que je suis encore là comme on le disait, avec un public toujours aussi fidèle. C’est incroyable ! Après, puisqu’on parle de regrets, je pense à l’époque où nous étions à Paris au début des années 1980. J’avais 33-34 ans, le Café de Gare était plein, des gens comme Patrice Leconte venaient nous voir sans qu’on ait un attaché de presse qui s’en occupe, nous faisions l’Olympia, je remplaçais Desproges sur France Inter dans Le Tribunal des flagrants d

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Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

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Nasser Djemaï : « Je crains qu’après cette crise, la culture soit la dernière roue du carrosse »

Théâtre | Alors que le pays est en plein confinement, nous avons décidé de nous intéresser au sort des professionnels de la culture. On a donc passé plusieurs coups de fil, dont un au metteur en scène et auteur grenoblois Nasser Djemaï qui avait cette saison trois spectacles en tournée dans toute la France, dont sa dernière création "Héritiers". Haut-parleur et dictaphone allumés (télétravail oblige), c’est parti.

Aurélien Martinez | Jeudi 26 mars 2020

Nasser Djemaï : « Je crains qu’après cette crise, la culture soit la dernière roue du carrosse »

CComment, en tant que metteur en scène et auteur, vivez-vous cette période de confinement pendant laquelle vous ne pouvez plus montrer vos spectacles ? Nasser Djemaï : Comme pour beaucoup de monde, ce n’est pas simple, d’autant plus que j’ai aussi une troisième casquette qui est celle du producteur. Cette saison, la compagnie avait trois spectacles – Héritiers, Vertiges et Invisibles – sur les routes, avec environ 70 dates. Ces spectacles devaient s’équilibrer financièrement avec la tournée, mais forcément, avec pratiquement un tiers de dates en moins du fait de la situation actuelle, ça va être compliqué… Les dates de tournée prévues en mars, avril ou mai on

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"Joueurs, Mao II, Les Noms" : Julien Gosselin, marathon man

Théâtre | Dix heures de théâtre orchestrées par l’une des figures du spectacle vivant français les plus passionnantes, c’est ce que propose la MC2 samedi 1er et dimanche 2 février. Une pièce-fleuve titrée "Joueurs, Mao II, Les Noms", et surtout une véritable expérience de spectateur comme presque seul le metteur en scène Julien Gosselin en est capable aujourd’hui.

Aurélien Martinez | Mardi 28 janvier 2020

Quand Julien Gosselin parle de théâtre (dans ses interviews notamment – on l’a plusieurs fois interrogé dans ces pages), le mot défi revient souvent. C’est que le trentenaire à l’ascension fulgurante (ses trois dernières créations ont fait le buzz dans le très chic Festival d’Avignon) n’est pas de ceux qui choisissent de simplement monter de grandes pièces maintes fois entendues sur les planches. Lui s’intéresse plutôt à la forme romanesque contemporaine, de surcroît celle qui est dense, ample… et semble, sur le papier, insurmontable – d’où l’idée de défi. Après Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, immense réussite qui l’a révélé en 2013, et 2666 du Chilien Roberto Bolaño en 2016, Julien Gosselin s’est confronté cette fois à trois textes de l’États-Unien Don DeLillo qui brassent des questions très larges et actuelles – capitali

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"Héritiers" : famille d’écueils par Nasser Djemaï

Théâtre | Nasser Djemaï est un artiste multicasquettes (auteur, metteur en scène et comédien) passionnant que l’on prend plaisir à suivre depuis le début de sa carrière (...)

Aurélien Martinez | Mardi 19 novembre 2019

Nasser Djemaï est un artiste multicasquettes (auteur, metteur en scène et comédien) passionnant que l’on prend plaisir à suivre depuis le début de sa carrière entamée à Grenoble il y a une quinzaine d’années. Au fil de ses propres créations, il propose un théâtre ancré dans le réel, au plus proche de notre monde contemporain et de ses enjeux – il met par exemple souvent en scène des personnages immigrés ou issus de l’immigration, interrogeant ainsi finement la notion de construction identitaire. Pour sa sixième pièce tout juste créée à la MC2, il a quelque peu déplacé son regard en s’intéressant à une jeune trentenaire empêtrée dans des questions d’héritage ; d’où le titre Héritiers et cet astucieux décor d’immense maison bourgeoise. Mais a malheureusement perdu en pertinence. Car malgré une note d’intention (distribuée en salle) plus qu’explicite (« L’idée est qu’après notre propre mort vient celle de nos traces »), les tenants et aboutissants du texte deviennent confus au fil de la représentation, Nasser Djemaï ayant fortement chargé la barque de son récit comme s’il devait impérativement produire un discours exhaus

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Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Des créations très attendues, des succès enfin à Grenoble, des découvertes... Suivez-nous dans les salles grenobloises et de l'agglo.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

La Buvette, le tracteur et le curé Et voici la nouvelle pièce de l’inénarrable humoriste dauphinois Serge Papagalli, qui sera créée début octobre et tournera ensuite dans pas mal de villes autour de Grenoble. Avec toujours cette fameuse famille Maudru, dont Aimé, le chef de famille (Papagalli lui-même, parfait), et Désiré, le neveu un peu attardé (Stéphane Czopek, grandiose). Où cette fois, visiblement, il sera question d’une énième reconversion de cet agriculteur à la retraite, mais aussi d’un curé un peu strict nouvellement venu. Vivement les retrouvailles ! À partir d’octobre dans de nombreuses villes de l’Isère Tournée complète sur www.papagalli.fr Incertain Monsieur Tokbar

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"Un ennemi du peuple" : Nicolas Bouchaud, seul contre tous

Théâtre | Qui n’a jamais vu sur scène le comédien Nicolas Bouchaud doit très vite réparer son erreur. En fonçant par exemple à la MC2 découvrir "Un ennemi du peuple", texte phare du dramaturge norvégien Henrik Ibsen mis en scène par Jean-François Sivadier.

Aurélien Martinez | Lundi 11 mars 2019

Aujourd’hui en France, il y a peu de comédiens de la trempe de Nicolas Bouchaud. C’est peut-être même le plus grand, et il n’y a qu’à le voir sur un plateau pour le constater. Dans les spectacles de Jean-François Sivadier par exemple, avec lequel il collabore depuis presque vingt ans. Logique donc qu’on le retrouve dans le rôle-titre d’Un ennemi du peuple, dernière mise en scène de Sivadier qui vient tout juste d’être dévoilée à la MC2. Bouchaud pourrait même être un argument de vente à lui tout seul, tant il donne une fougue bienvenue au texte politique et acerbe (aucun personnage n’est sauvé, même le héros) d’Ibsen publié en 1882 en incarnant le docteur Stockmann, lanceur d’alerte avant l’heure. Il faut le regarder chuter progressivement, passant de l’homme sûr d’œuvrer pour le bien commun en dénonçant un scandale sanitaire (les eaux de la station thermale de la ville sont impropres) au paria qui risque de mettre à terre toute une économie et une population : il est grandiose. Notamment dans la scène du simili procès public, lorsqu'il s’écarte de la trame d’Ibsen pour disserter sur le théâtre. Le

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All I want for Christmas is... une place de concert ou de spectacle

Sélection de Noël | Et voici notre traditionnelle sélection de cadeaux de Noël immatériels faite de places de spectacles et de concerts pour lesquels, bien sûr, il reste de la place. Histoire de faire sensation sous le sapin (et, surtout, tomber juste), on vous a classé ça selon les goûts de celles et ceux qui recevront votre présent.

La rédaction | Mardi 4 décembre 2018

All I want for Christmas is... une place de concert ou de spectacle

Pour les fans de chanson classieuse en VF Angèle (photo), c’est le phénomène pop de ces derniers mois grâce à une poignée de petits tubes entêtants (La Loi de Murphy, Je veux tes yeux, La Thune…) savamment mis en musique et qui, avant même la sortie de l’album début octobre, lui ont fait remplir des salles. Comme la Belle électrique, dans laquelle la Belge jouera à guichets fermés mercredi 12 décembre. Au vu du succès dingue, une autre date grenobloise a donc été rajoutée, en mai et dans une salle encore plus grande : le Summum. Classe. Angèle Au Summum jeudi 23 mai. 33€ Pour celles et ceux qui, au théâtre, adorent qu’on leur raconte de grandes histoires Littoral, Incendies, Forêts… Avec les pièces-fleuves qu’il propose depuis presque 20 ans, le

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"Pourquoi ? Parce que !" : Papagalli façon puzzle

Humour | L'humoriste dauphinois sera au Théâtre municipal de Grenoble du jeudi 29 novembre au samedi 1er avant de repartir en tournée iséroise.

Aurélien Martinez | Mardi 27 novembre 2018

« Pourquoi les danseuses classiques marchent-elles sur la pointe des pieds alors qu’il serait plus simple d’en faire danser des plus grandes ? » : voilà l’une des nombreuses questions posées par Serge Papagalli dans son nouveau spectacle baptisé Pourquoi ? Parce que ! en grande tournée iséroise depuis sa création. Une question toute aussi saugrenue et savoureuse que d'autres à laquelle il ne donne pourtant pas de réponse – d’où le titre. Car l’aventure a plutôt pour but de laisser la verve et les capacités comiques du plus dauphinois des humoristes s'épanouir une nouvelle fois sur scène. Un solo qui a donc tout pour satisfaire les fans de l’homme à accent qui, sur scène et par moments accompagné du génial (mais sous-exploité ici) Stéphane Czopek (qui, pour info, joue le neveu de la famille Maudru, le personnage le plus fort des pièces de groupe de Papagalli), alterne absurde, humour potache et réflexions plus personnelles – sur son père italien et sa maman dauphinoise par exemple. Rien de bien nouveau sous le soleil papagallien donc (on a même l'impression que l'homme est en mode automatique

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"Ervart" en pleine confusion

Théâtre | En adaptant "Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche", texte abracadabrantesque de l’auteur contemporain Hervé Blutsch, le metteur en scène Laurent Fréchuret livre un spectacle poussif dans lequel la soi-disant loufoquerie vire à la caricature malgré des comédiens de haut-vol, Vincent Dedienne et Jean-Claude Bolle-Reddat en tête.

Nadja Pobel | Mardi 6 novembre 2018

Tout commence pourtant bien. Nous sommes, nous annoncent des projections de texte, à la fois à Turin entre 1888 et 1889 avec Nietzsche et à Paris en 2001, post 11-Septembre. Deux pôles, deux récits auxquels se cognent des comédiens anglophones de la deuxième situation comprenant vite qu'ils se sont trompés de pièce. Ce décalage immédiat avec l'objet théâtral est non seulement comique mais aussi jubilatoire : bienvenue dans les arcanes de la fabrication du spectacle ! Rideau de velours rouge, portes mobiles sur roulettes, humour noir sur des enfants traités comme des bêtes... Et, surtout, délire d'Ervart, le personnage principal qui, fou de jalousie, mitraille à tout-va. Il attaque un peuple dont l'absence physique sur scène est remarquée par une comédienne qui cherche du travail. Labiche et ses vaudevilles sont à peine entrevus que, déjà, la pièce les dépasse et fait la jonction avec notre époque – les attentats ne sont pas loin. Prometteur. Ervart ou la finesse au placard Problème : le rythme de cette création, née début octobre à la Comédie de Saint-Étienne et bientôt en place au Rond-Point à Paris, s'essouffle très rapidement dans des scènes su

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Féerie vénitienne à Saint-Martin-d'Hères avec les Ineffables (qui ont 30 ans)

Événement | En cette fin d'année, Les Ineffables, fameux atelier d’arts plastiques martinérois qui créé des objets à partir de matériaux de récupération, fêtent ses 30 ans. Et propose des événements dans quatre lieux de Saint-Martin-d'Hères. L’occasion de revenir avec Joëlle Charpentier, la présidente de l'asso, sur le concept et, bien sûr, le programme des festivités.

Alice Colmart | Mardi 30 octobre 2018

Féerie vénitienne à Saint-Martin-d'Hères avec les Ineffables (qui ont 30 ans)

« L’idée est de faire découvrir ou redécouvrir notre atelier destiné à tous les publics. Car pour nous, la création est ouverte à tous, il suffit de se l’approprier. » Voilà comment Joëlle Charpentier présente l’association martinéroise Les Ineffables qu’elle préside, et qui fête ses 30 ans. Un anniversaire étalé sur un mois et demi qui commencera le lundi 5 novembre à la salle René Proby par « une journée de réflexion, avec notamment un débat sur l’art de la récupération. Depuis 5 ans, on parle beaucoup plus de recyclage qu’avant. Mais nous on en fait depuis 30 ans ! » Toute la particularité de l’atelier est, en effet, que ses participants fabriquent masques, machines et autres accessoires à partir de matériaux recyclés en tous genres comme des cordes à piano ou, même, des éponges… Biennale de la danse et Carnaval de Venise Ces techniques, la soixantaine d'adhérents de l’association les a notamment apprises grâce à leurs plasticiennes. « D’abord Anne-Marie Naudin,

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"Papagalli chante ! (mais cause toujours)" : et Papagalli chantera à la MC2

Spectacle | « Dans une autre vie, j’aurais aimé être Mick Jagger. Ou même Bruce Springsteen. » Voilà ce que le facétieux comédien et metteur en scène Serge Papagalli, figure (...)

Aurélien Martinez | Mardi 12 juin 2018

« Dans une autre vie, j’aurais aimé être Mick Jagger. Ou même Bruce Springsteen. » Voilà ce que le facétieux comédien et metteur en scène Serge Papagalli, figure dauphinoise par excellence vue sur toutes les planches de la région mais aussi ailleurs (comme dans la série Kaamelott), a déclaré à nos confrères du Dauphiné libéré. Une interview-portrait pour promouvoir le drôle de projet qu’il présentera vendredi 15 et samedi 16 juin à la MC2 : Papagalli chante ! (mais cause toujours). Visiblement, il chantera large (sont annoncés des morceaux de figures aussi variées que Sinatra, Dylan, Bashung, Cabrel, Stromae…), tout ça saupoudré d’adresse (forcément décalée) au public comme l’annonce le titre. « Il faut toujours parler ; même pour ne rien dire » (extrait de sa note d’intention). D’accord !

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"Au-dessus de la mêlée": il va y avoir du sport (mais pas que)

Théâtre | Critique (enthousiaste) du seul-en-scène que Cédric Chapuis donnera samedi 11 février au Théâtre en rond de Sassenage.

Aurélien Martinez | Mardi 7 février 2017

Il est seul sur scène pour camper plusieurs personnages évoluant autour d’un club de rugby : les joueurs, le coach, les parents, les petites copines… Pour donner corps à tout un microcosme : celui des groupes amateurs où certains enfants découvrent les joies, les peines, les souffrances, l’amitié… Pour remonter le fil d’une histoire qui commence par le coup d’envoi d’un match capital pour l’équipe à laquelle appartient le grand Bastien, héros du spectacle dont on suit le parcours tant sportif (c’est son père qui l’a initié au rugby dès son plus jeune âge et non sans difficultés) que personnel. En 1h30, avec une scénographie on ne peut plus simple (qui ouvre du coup de nombreuses portes imaginaires) et un texte dynamique, Cédric Chapuis embarque le spectateur avec tendresse, en le tenant aussi bien par le rire que par le cœur. Sur le plateau, il y a donc du sport, mais surtout de la vie, d’où le fait que ce seul-en-scène s’adresse à tous, qu’on comprenne ou non les codes du rugby, qu’on aime ou non le rugby. Au-d

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Cédric Chapuis : « Le rugby est une deuxième famille »

Théâtre / interview | Avec "Au-dessus de la mêlée", l'auteur et comédien Cédric Chapuis livre un seul-en-scène sur l'univers du rugby et de ces clubs amateurs dans lesquels les gamins découvrent la vie. Un spectacle drôle et touchant qui, surtout, s'adresse à tous, fans de rugby comme néophytes. L'un de nos coups de cœur de l'année. Interview et critique.

Aurélien Martinez | Mardi 7 février 2017

Cédric Chapuis : « Le rugby est une deuxième famille »

Avec Au-dessus de la mêlée, vous convoquez le rugby sur les scènes de théâtre. C'est risqué, tant le monde culturel et le monde sportif peuvent parfois sembler éloignés ! Cédric Chapuis : En fait, je me suis posé la question à l'envers, en me demandant de quoi j'avais envie de parler, avec quelle toile de fond j’étais capable de raconter une histoire intéressante – intéressante dans le sens où le spectateur va recevoir un certain nombre d'émotions, où son intelligence et sa sensibilité vont être mises à contribution… Du coup, quelle que soit l'histoire que je trouve et qui réponde à tous ces critères, une fois qu'elle est là, je fonce et je croise les doigts pour qu'elle rencontre le public. Votre spectacle parle certes de rugby, mais il est tout sauf technique. Et il s’adresse du coup à tout le monde… Tout à fait. La deuxième scène par exemple raconte ce premier contact avec le rugby de ce garçon de cinq ans qui se retrouve sur un terrain sans savoir vraiment ce qu'il fait là, face à un ballon plus gros que sa tête. Il tente juste de comprendre les règles, il est vrai parfois surprenantes

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Domjuanissime !

Théâtre | Le "Dom Juan" mis en scène par Jean-François Sivadier, à la MC2 jusqu'au 28 janvier, est une immense réussite accessible à tous. Voilà qui est dit (et écrit).

Aurélien Martinez | Vendredi 20 janvier 2017

Domjuanissime !

Pour moderniser un texte classique en langue étrangère, comme un Shakespeare par exemple, il suffit de commander une nouvelle traduction plus rock’n’roll et hop, le tour est joué. Avec les classiques français, sauf à les réécrire totalement (certains le font très bien), les options des metteurs en scène sont plus restreintes. Tout doit donc être dans la forme et dans les à-côtés. C’est ce qu’a magnifiquement compris Jean-François Sivadier depuis 20 ans, et qu’il démontre une nouvelle fois avec un Dom Juan de Molière captivant. Pendant 2h30 sans presque aucun temps mort, on suit avec délectation les aventures du mythique « épouseur » (comme le qualifie son valet Sganarelle) campé par Nicolas Bouchaud. Le comédien complice de Sivadier, à l’aura magnétique, fait de son personnage un égoïste manipulateur doté d’une confiance en soi inébranlable : le monde autour de lui peut le mettre en garde voire sévèrement tanguer (grandiose scénographie), lui reste concentré sur son plaisir amoral

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"Vertiges" de Nasser Djemaï : ma famille va craquer

Théâtre | Avec "Vertiges", l’auteur et metteur en scène grenoblois Nasser Djemaï termine sa trilogie autour de la construction identitaire brillamment entamée avec "Une étoile pour Noël" et "Invisibles". Une nouvelle pièce intense et (trop) dense centrée sur un réel peu vu sur les plateaux de théâtre : c’est justement ce qui fait sa force.

Aurélien Martinez | Lundi 16 janvier 2017

« L’identité n’est pas un héritage mais une création. Elle nous crée, et nous la créons constamment » : voilà ce que déclarait en 2006 le fameux poète palestinien Mahmoud Darwich (1942 – 2008) au journal Le Monde. Des mots qui résonnent parfaitement avec le projet artistique que Nasser Djemaï développe depuis 2005, à tel point qu’il les utilise pour ouvrir la note d’intention de sa nouvelle création Vertiges. Une pièce créée mi-janvier à la MC2 qui clôt ainsi sa trilogie sur l’identité et les racines initiée avec Une étoile pour Noël (dans laquelle un gamin prénommé Nabil va accepter de s’appeler Noël pour se conformer aux désirs d’une partie de la société) et In

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Julien Gosselin : « C’est sûr que "2666" n’est pas très gai ! »

Théâtre / Interview | Julien Gosselin, jeune metteur en scène qui nous avait subjugués avec sa vision des "Particules élémentaires" de Michel Houellebecq, revient aux affaires avec une nouvelle adaptation théâtrale d’un roman phare. Cette fois-ci le "2666" du Chilien Roberto Bolaño, grande fresque de plus de 1000 pages où se croisent divers personnages et intrigues sur fond d’apocalypse à venir. En découle un spectacle-fleuve (douze heures) qui se vit comme une aventure. Interview.

Aurélien Martinez | Lundi 9 janvier 2017

Julien Gosselin : « C’est sûr que

Après avoir adapté sur scène Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, vous vous êtes attaqué à un autre roman : 2666 du Chilien Roberto Bolaño. Pourquoi ce choix ? Julien Gosselin : Avec Les Particules, j’avais l’impression d’avoir commencé un travail sur la transposition de la littérature romanesque sur une scène de théâtre. Je voulais encore me confronter à une littérature qui ouvre un maximum de portes, comme celle de Houellebecq. En cherchant quelque chose qui soit encore un défi pour la compagnie, quelque chose de puissant, de massif, je suis assez rapidement tombé sur Bolaño: quand j’ai lu 2666, j’ai eu comme un choc. J’ai trouvé ça à la fois très compliqué, pas du tout théâtral ne serait-ce que par l’absence presque totale de dialogues dans certaines parties, et en même temps j’ai eu très vite la sensation qu’il fallait le faire. Les deux romans sont différents mais ont comme point commun d’être ancrés dans notre époque et de ne pas

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Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

ACTUS | Comme chaque année en décembre, tout le monde se demande quoi mettre à qui sous le sapin. Laissons à nos confrères les suppléments en papier glacé vantant les mérites de produits high-tech capables de vider un porte-monnaie en deux secondes et autres biens de consommation qui en jettent une fois le papier déballé mais n’ont plus aucune utilité dès le 26 décembre, et optons pour une sélection 100% immatérielle à base de spectacles et de concerts. C'est cadeau !

La rédaction | Mardi 6 décembre 2016

Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

Jeff Mills Pour les vétérans de l’électro Jeff Mills ? Une véritable légende de la musique électronique, à la fois technicien hors pair, artiste inspiré et figure historique de la scène techno de Détroit. Avec sa création atypique de 2014 baptisée Planets, il a réinterprété l’une des partitions les plus célèbres du répertoire symphonique classique (Les Planètes de l’Anglais Gustav Holst, composée il y a un siècle) pour un voyage dans le système solaire (d’où le titre) en dix mouvements. Et autant (voire plus) d’émotions, comme « le mélange du classique et de la musique électro produit toujours des résultats inattendus » selon lui. On le croit sur parole. À la MC2 vendredi 31 mars De 10 à 29€ ______ Julien Doré Pour les amateurs de chanson française à tendance hipster On a toujours regardé avec intérêt Julien Doré, même s’il y a toujours eu un petit quelque chose en lui qui ne nous convainquait pas totalement – son personnage de dandy adepte des références

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"R.A.G.E" : les Anges au plafond ont un fil sur la langue

SCENES | Depuis une quinzaine d’années, la compagnie Les Anges au plafond fait des merveilles avec ses marionnettes géantes. La preuve une nouvelle fois avec ce spectacle-puzzle centré sur la vie d’un écrivain qui nous embarque dans une aventure folle et visuellement captivante. À découvrir à la Rampe.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 décembre 2016

C’est une histoire dont on ne peut pas dire grand-chose, la compagnie ayant demandé à tous les spectateurs de garder le secret sur l’identité du personnage principal de leur spectacle R.A.G.E. Du coup on obéit, même si bon, on ne voit pas ce que cela gâcherait d’en savoir un peu plus avant d’entrer en salle – on n’est pas sur du rebondissement à la 24 heures chrono non plus ! Surtout que cet aspect énigmatique ne doit pas masquer la force incroyable se dégageant de la dernière création des géniaux Anges au plafond, spécialisés dans le théâtre marionnettique grand format et plutôt bricolé. Une pièce-puzzle visuellement dingue, où le récit, sorte de biopic d’une figure littéraire plutôt célèbre (vous n’en saurez pas plus !), se déploie grâce à des interprètes manipulateurs de marionnettes géantes donc, mais aussi techniciens à vue d’un décor et d’une scénographie (un poil magique) sans cesse en mouvement. Un tourbillon théâtral d’1h45 captivant et intelligemment pensé qui confirme une nouvelle fois que la compagnie de Camille Trouvé

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Avec "Fables", la morale est sauve

Théâtre tout public | Quand les fables de la Fontaine servent de matière première à un spectacle intelligent, on ne peut que s'enthousiasmer. À découvrir vendredi 2 décembre à La Tronche grâce à la compagnie Tábola Rassa.

Aurélien Martinez | Mardi 29 novembre 2016

Avec

Les fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont des petits bijoux convoquant, comme tout le monde l’a bien appris à l’école, des animaux se comportant comme des humains – ils sont notamment très bavards. Des bijoux qui, à l’époque, laissèrent leur auteur libre de livrer diverses morales plus ou moins déguisées pas très tendres pour la société du XVIIe siècle. Les retrouver sur scène, portées par deux comédiens, permet de les redécouvrir sous un nouvel angle, moins scolaire, plus ludique. Sobrement intitulée Fables, l’aventure d'Olivier Benoit, interprétée avec Alexandre Jean, utilise donc ce matériau à la puissance romanesque évidente (ce sont de véritables histoires) pour le transmettre au public d'aujourd'hui. Les deux comédiens s'amusent alors en campant les divers personnages des quinze fables sélectionnées (sur les 240 de l'auteur), tels deux enfants prenant plaisir à se déguiser avec trois fois rien pour jouer à l'agneau, à la cigale ou encore au lion. Grâce aux vers de La Fontaine et à un décor léger propice à divers détournements, ils livrent ainsi un spectacle inventif tout public, et s

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"LA 432" : du clown réglé comme du papier à musique

Spectacle | Zoom (enflammé) sur le spectacle que les fameux Chiche Capon viendront présenter mardi 22 novembre au Théâtre municipal de Grenoble.

Aurélien Martinez | Mardi 15 novembre 2016

« Au début de ce projet, on avait beaucoup d’ambition. On est partis d’un principe très simple : l’homme n’est pas voué à se donner la main. Sauf en musique où il est capable de bien plus. » C’est l’un des quatre Chiche Capon qui l’annonce, avec sa voix si particulière, après un début de représentation chaotique où l’annulation a semble-t-il fortement été envisagée – du moins c’est ce qu’on a cru comprendre des discussions qui émanaient des coulisses. Nous voilà donc embarqués pour 1h30 de spectacle sur la musique. Mais un spectacle clownesque déjanté où cette histoire de fréquence "la 432 Hz" faisant office de base d’accord à tous les musiciens sert surtout de prétexte à une succession de tableaux hilarants dans lesquels chacun des trois interprètes pousse son personnage à l’extrême (à un moment, l’un d’eux demandera même à son camarade trop investi de « lâcher le personnage ») face à un quatrième membre tentant tant bien que mal de canaliser tout ça. Et d’emmener cette drôle

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Les Chiche Capon : « On est des clowns modernes déjantés »

Spectacle / Interview | Les Chiche Capon, c’est un quatuor clownesque complètement fou qui, depuis quinze ans, remplit les salles grâce à des fidèles qui en redemandent quand on leur tape dessus avec des frites de piscine en mousse. À l’occasion de la venue de la compagnie au Théâtre de Grenoble avec son spectacle musical (au sens large) LA 432, et comme on avait quelques questions à leur poser, on a rencontré trois des quatre Chiche Capon. Voici la retranscription la plus claire possible de cet entretien un poil décousu !

Aurélien Martinez | Mardi 15 novembre 2016

Les Chiche Capon : « On est des clowns modernes déjantés »

Au Petit Bulletin, on a eu du mal à classer le spectacle dans notre agenda – on l’a finalement rangé dans la rubrique "spectacles divers". Comment, vous, le définiriez-vous ? Les Chiche Capon, tous ensemble : On ne sait pas vraiment… On peut dire absurde, déjanté, burlesque, clownesque… Oui, clownesque, c’est ce qui nous correspond le mieux. On est des sortes de clowns modernes déjantés. Ce qui a du sens, comme vous venez pour trois d’entre vous du monde du clown. Comment est née la compagnie ? Patrick de Valette : Avec Matthieu et Fred, on s’est rencontrés au Samovar, une école de clown à Bagnolet. On était tous les trois dans la même promo. Personnellement, j’avais vraiment un humour en commun avec Mathieu. À un moment donné, j’ai proposé qu’on aille à Avignon faire la manche. Matthieu est venu, puis Fred aussi : on allait pas lui dire de repartir ! Ça a tout de suite marché, et ça ne s’est jamais vraiment arrêté depuis 200

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Étudiants, au spectacle !

Numéro étudiant | « En trouvant super naze de mettre les gens dans des cases » chantait Vincent Delerm dans son morceau "Catégorie Bukowski". Ouais, on a des références au PB. Et on n’obéit pas forcément au chanteur en livrant une sélection on ne peut plus subjective de spectacles à voir selon le cursus suivi par vous autres étudiants. Sachant que tout le monde est libre de sortir des cases !

Aurélien Martinez | Jeudi 6 octobre 2016

Étudiants, au spectacle !

Pour les étudiants en sciences Max Bird On en a déjà parlé précédemment, on en remet une couche : l’humoriste Max Bird, qui « pense être, dans l’âme, plus un scientifique qu’un humoriste », est excellent dans son Encyclo-spectacle. Excellent et également passionnant quand il parle des dinosaures ou encore des effets de l’alcool sur le corps humain. De l’humour intelligent donc, avec en plus la possibilité pour les chercheurs en herbe de causer avec l’artiste après la représentation – enfin, on s’engage peut-être un peu trop, mais c’est souvent ce qui se fait à la Basse cour. À la Basse cour du jeudi 6 au samedi 8 octobre _______ Pour les étudiants en économie Celui qui tombe Adam Smith et consorts, c’est sympa mais bon, l’histoire de la manufacture d’

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Serge Papagalli : Dauphinois gratiné

Portrait | Alors qu’il est en ce moment à la MC2 à l’affiche de "Presque Falstaff… et les autres", pièce écrite par son complice Gilles Arbona, on est allés à la rencontre de Serge Papagalli, le plus dauphinois des comédiens, auteurs et metteurs en scène de France. Histoire de revenir avec lui sur une très longue carrière (du théâtre, des sketchs, la série "Kaamelott"…) qui est visiblement loin d’être terminée. Tant mieux.

Aurélien Martinez | Mardi 10 mai 2016

Serge Papagalli : Dauphinois gratiné

« J’ai toujours eu la chance de travailler avec des gens que j’aime bien et qui m’aiment bien. Je ne les choisis jamais en fonction de leurs qualités intrinsèques ou je ne sais pas quoi. Bien sûr, s’ils sont bons, ce n’est pas plus mal ! » Voilà comment le Grenoblois Serge Papagalli, 69 ans, résume sa foisonnante carrière qui pourrait perdre plus d’un biographe. On le retrouve dans les studios de France Bleu Isère, radio sur laquelle il tient une chronique matinale depuis 15 ans, pour évoquer tout ça, et notamment le fait qu’il soit difficilement classable. « Mon éclectisme a été une difficulté au départ, indéniablement – je parle de temps plus anciens comme j’ai commencé le théâtre en 1971 ! Il fallait choisir d’être dans le music-hall burlesque ou dans le théâtre dit public. En gros, choisir entre Coluche et Shakespeare. Pas mal d’amis ont pris une rubrique et y sont restés toute leur carrière, ce qui leur a financièrement sans doute mieux réussi qu’à moi. Sauf que moi, j’aime autant le hard rock que le baroque ! » « Rire d

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Bolle-Reddat magnifie le Godot de Fréchuret

SCENES | Cinq mois après la version magistrale de "Godot" par Jean-Pierre Vincent (à la MC2), le Grand angle de Voiron reçoit celle du Stéphanois Laurent Fréchuret : si le casting est plus inégal, la vivacité et la férocité de l’époustouflant texte de Beckett sont bien là. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 2 février 2016

Bolle-Reddat magnifie le Godot de Fréchuret

En attendant Godot est un grand Beckett. Plus puissant que Fin de partie ou Premier amour qui tournent partout, c’est un véritable chef-d’œuvre, parfaite alchimie entre une désespérance profonde et un espoir ultime, celui d’être ensemble, toujours, même – et surtout – face à l’inéluctable. Laurent Fréchuret n’a pas souhaité faire le malin face à ce texte-monstre, bien lui en a pris : il suit les très précises indications que Beckett a livrées en didascalies. C’est dans ces contraintes qu’il trouve la liberté de rire. Pour cela, le Stéphanois a convoqué un acteur immense, Jean-Claude Bolle-Reddat. Parfait Estragon qui, entre mille autres choses, a été membre de la troupe du Théâtre National de Strasbourg époque Martinelli et a joué au cinéma sous l’œil de François Ozon (Une nouvelle amie). En une fraction de seconde, Bolle-Reddat est juste : il tiendra cette tension deux heures durant, comme tombé de la lune et bien arrimé à cette terre d’où plus rien ne vient, surtout pas Godot. Face à lui, David Houri (Vladimir) joue moins

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"Une étoile pour Noël" : bonté pas si divine par Nasser Djemaï

Théâtre | Avec "Une étoile pour Noël", l’auteur, metteur en scène et comédien (oui, tout ça à la fois) Nasser Djemaï livre un seul-en-scène survolté et drôle au sous-texte percutant. Ou comment un gamin prénommé Nabil va accepter de s’appeler Noël pour se conformer aux désirs de certains adultes – et, plus largement, d’une partie de la société. Une recréation (le spectacle a vu le jour dix ans plus tôt) plus que bienvenue qui nous a donné envie d’en discuter avec son concepteur. Magnéto.

Aurélien Martinez | Mardi 13 octobre 2015

Une étoile pour Noël ou l’ignominie de la bonté : voilà qui est on ne peut plus clair. Nasser Djemaï ne masque pas le propos qui l’anime en l’affichant clairement dans le titre de son spectacle. Il nous l’explique, au lendemain de la première à la MC2 de la nouvelle version de cette pièce qui a vu le jour en 2005. « Le modèle dominant me fascine beaucoup. Toutes ces valeurs et tous ces codes qui se déversent sur nous en permanence : voilà comment il faut être, voilà comment il faut penser. Je trouve qu’il y a une vraie fracture avec une partie de la population qui ne se reconnaît pas dans ces valeurs plutôt bourgeoises, catholiques et blanches. » Une étoile pour Noël, c’est en partie son histoire : celle d’un gamin que la grand-mère d’un de ses camarades de classe a décidé de prendre sous son aile pour l’élever, « pour en faire une personne modèle ». « C’est vraiment comment faire en sorte, avec la plus grande bonté et le plus grand amour sincère, que ce petit soit à l’abri de tout. C’est toute l’ambigüité de la bienveillance : comment on projette des choses par rapport à soi. »

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Un grand Godot est arrivé grâce à Jean-Pierre Vincent

SCENES | Parfois, une très grande mise en scène fait entendre un classique comme pour la première fois. C’est le cas de cette version d’"En attendant Godot" par Jean-Pierre Vincent. Un travail humble et de haute précision au service d’une œuvre-monstre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2015

Un grand Godot est arrivé grâce à Jean-Pierre Vincent

Ils attendent Godot qui ne viendra pas. Fermer le ban ? Non, évidemment pas ! Jean-Pierre Vincent, du haut de sa longue carrière de metteur en scène et de directeur du must de la scène française (TNS, Comédie-Française, Amandiers-Nanterre), possède la sagesse d’écouter Beckett nous parler. L’auteur irlandais, qui écrivait là sa première pièce en langue française, est réputé pour avoir tant semé de didascalies que la marge de l’homme de plateau est réduite à sa portion congrue. Plutôt que d’y voir une obligation castratrice, Vincent a trouvé dans ce respect qui ne vire jamais à la déférence sa plus grande liberté. Et rend à Beckett sa part de drôlerie souvent absente dans les autres adaptations. Oui, on rit avec Vladimir et Estragon. Égarés dans la « tourbière », ils n’ont plus la notion du temps. « Tu dis que nous sommes venus hier soir – Je peux me tromper. » Sans jamais dater ou situer son action, Beckett, qui publie ce texte en 1948, dit en creux à quel point la Seconde Guerre mondiale et Hiroshima ont anéanti la sensation même d’être au monde. Alors tous se raccrochent aux sensations physiques. Estragon a mal aux

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Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

SCENES | Du théâtre contemporain, du classique ; des metteurs en scène stars, des plus confidentiels ; des pièces avec plein de comédiens, d'autres avec beaucoup moins de monde... Voici les coups de cœur et les attentes du "PB" pour cette saison 2015/2016.

Aurélien Martinez | Vendredi 18 septembre 2015

Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

L’Avare Dans le très vaste répertoire théâtral français, Molière est l’un des auteurs qui a écrit les plus efficaces machines à jouer. D’où le fait que ses pièces soient si souvent montées. Le metteur en scène Ludovic Lagarde, directeur de la comédie de Reims, a décidé de se confronter à l’efficace Avare, où il est question d’un vieux père qui n’a pas que des qualités – il est on ne peut plus proche de ses sous ! Un rôle monstre que Lagarde a décidé de confier à son comédien fétiche : le fascinant et explosif Laurent Poitrenaux, qui marque de sa présence chaque mise en scène, au risque qu’on ne voie que lui. Ça tombe bien, c’est ce que le rôle veut – au cinéma, Louis de Funès l’avait aussi très bien compris. On espère donc passer un bon moment devant cet Avare rajeuni (Poitrenaux n’a même pas 50 ans) que nous n’avons pas pu découvrir avant sa venue à Grenoble, mais dont on a eu plein de bons échos. AM Du mardi 17 au samedi 21 novembre à la MC2 La Liste de mes envies

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Julien Gosselin : « Créer notre propre théâtre »

Théâtre | Julien Gosselin, metteur en scène de l'adaptation flamboyante des "Particules élémentaires" de Michel Houellebecq, revient avec nous sur certaines étapes de création du spectacle. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 10 mars 2015

Julien Gosselin : « Créer notre propre théâtre »

Pourquoi avoir choisi d’adapter un roman de Michel Houellebecq, et pourquoi ce roman en particulier ? Julien Gosselin : Les précédents spectacles de la compagnie étaient des mises en scène de textes de théâtre et non des adaptations, mais on avait quand même envie de mélanger plusieurs types d’énonciations théâtrales – appelons ça comme ça ! Des moments de narration, des moments de dialogues plus classiques, des moments techniques – là, avec Houellebecq, c’est sur la sexualité et la science… D’où l’idée d’adapter un roman pour créer notre propre théâtre et ne pas être dépendants de pièces de théâtre. Quant à Houellebecq, j’adore ses livres depuis que je suis adolescent. Tout naturellement, je suis donc allé chercher de son côté. Et pour le texte, Les Particules élémentaires me semblait être son ouvrage le plus évident et le plus riche vu ce que l’on recherchait théâtralement. Même si je ne dis pas que c’est son meilleur livre – d’ailleurs, je ne sais pas quel est son meilleur livre !

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Dans la peau de Michel Houellebecq

SCENES | À tout juste 27 ans, le metteur en scène Julien Gosselin donne à voir avec sa version théâtrale des "Particules élémentaires" à quel point l’écrivain Michel Houellebecq creuse depuis vingt ans un même sillon désenchanté. Créée en 2013 à Avignon, voilà enfin livrée à domicile cette adaptation fidèle, énamourée et passionnante de ce grand roman d’anticipation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 10 mars 2015

Dans la peau de Michel Houellebecq

Quand en 1998 sort Les Particules élémentaires, Michel Houellebecq n’est pas encore une figure publique. Julien Gosselin, qui met en scène pour la première fois en France ce texte, a lui à peine dix ans. À l'époque, la lucidité (le cynisme diront certains) qui irradie de ce roman est une anomalie parmi les écrivains hexagonaux contemporains. Il y en a certes de très grands (Carrère, Modiano, Le Clézio…), mais aucun n’embrasse la société dans son ensemble comme Houellebecq, capable d’insuffler un vrai souffle narratif à des propos sans concession sur son époque. Le mérite premier de Julien Gosselin et son collectif Si vous pouviez lécher mon cœur est de faire éclater à nouveau la qualité et la profondeur de ces Particules hautement autobiographiques, revendiquant l'hommage au point que l'auteur est doublement présent dans la pièce : sous la forme du personnage de Michel et sous celle d’un narrateur, saisissant double physique de l’écrivain. En s’emparant du théâtre-récit, en acceptant donc sans rougir de

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"La Vie de Galilée" : divertissement haut de gamme

Théâtre | Quand l'un des plus grands metteurs en scène français (Jean-François Sivadier) remonte l'un des ses spectacles phares ("La Vie de Galilée" de Brecht) toujours avec son comédien fétiche (Nicolas Bouchaud), on ne peut que s'enthousiasmer. Ce que l'on fait ici du coup.

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Nicolas Bouchaud–Jean-François Sivadier, c'est la quintessence du rapport comédien–metteur en scène. Une Rolls Royce théâtrale. Le talent du premier, véritable bête de scène capable de donner vie à n'importe quel matériau, couplé au savoir-faire du second, faiseur de théâtre au sens noble du terme, offre à chaque fois des étincelles. Ensemble, ils se sont penchés sur Feydeau, Molière, Shakespeare, Büchner ou encore Brecht : des dramaturges qui ont écrit de véritables machines à jouer où le plaisir des comédiens et – surtout – du public est constant. Si tant est que les artisans d'aujourd'hui les prennent telles quelles, en assumant cette partie de jeu (qui peut aussi côtoyer des propos plus graves), ces œuvres du répertoire sont des petits bijoux indémodables. Science politique C'est l'une de ses machines que Jean-François Sivadier a décidé de remonter, après une première version à succès en 2002 : La Vie de Galilée de Bertolt Brecht. Soit le parcours de l'un des plus grands scientifiques de l'histoire qui s'est confronté à un pouvoir religieux bien décidé à conserver l'ordre établi – la terre au centre d

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Notre sélection de Noël

ACTUS | Les bouquins, DVD et autres CD, c’est bien pour Noël, certes. D’ailleurs, tous les magazines y vont de leur sélection. De notre côté, on a préféré se pencher sur les spectacles et concerts des six prochains mois qui pourront ravir vos proches. Oui, du coup, sous le sapin, il n’y aura qu’un bout de papier (le ticket d’entrée) ; et alors ?!

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

Notre sélection de Noël

Pour les spectateurs qui en ont marre du théâtre à papa (ou maman) Succès du Festival d’Avignon 2013, la relecture théâtralisée des Particules élémentaires de Michel Houellebecq par le jeune Julien Gosselin est l’événement théâtral de l’année – du mardi 10 au samedi 21 mars à la MC2. Un spectacle captivant qui s’inscrit dans son temps sans tomber dans le modernisme à tout prix. Fort, très fort. 04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr Pour les "tendance" Christine and The Queens, c’est la sensation chanson française (mais pas que) du moment. Une pop glacée et hypnotique diablement séduisante qui remplit des salles de plus en plus grandes. À l’heure où nous écrivions ces lignes, il restait douze places pour son concert du mardi 3 mars à la Belle électrique. Oui, que douze.

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Made in Dauphiné

SCENES | Serge Papagalli : une figure locale incontournable, en place depuis déjà un paquet d’années. Adepte d’un théâtre généreux et drôle, il est suivi par un public de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 4 novembre 2014

Made in Dauphiné

Serge Papagalli : une figure locale incontournable, en place depuis déjà un paquet d’années. Adepte d’un théâtre généreux et drôle, il est suivi par un public de fidèles (pas forcément très jeunes !) qui le retrouvent à chaque nouvelle création. Surtout quand c’est une qui tourne autour des Maudru. « Depuis 1996, je raconte avec tendresse les aventures de cette famille de petits agriculteurs dauphinois en moyenne montagne qui essaye de survivre, tant bien que mal, face à ce monde qui se mondialise de plus en plus et s'éloigne du leur, sans cesse » explique-t-il en note d’intention. Des personnages forts en gueule qui deviennent les porte-voix attendrissants de la verve fleurie de Papagalli. Dans ce nouvel épisode baptisé La Santé par les plantes, les Maudru sont bien décidés à utiliser leur propre alambic, même si ce n’est pas vraiment permis par la loi. Une comédie en cave rondement menée, avec notamment un Stéphane Czopek fantastique dans le rôle du neveu dérangé. À découvrir les 7 et 8 novembre à Champ-sur-Drac, le 25 au Laussy de Gières, le 28 à la salle Edmond Vigne de Fontaine ou encore les 12 et 13 décembre au Coléo de Pontcharra. Toutes les info

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La tentation du théâtre

SCENES | C’était la révélation du Festival d’Avignon 2013. Une adaptation improbable et inespérée des "Particules élémentaires", deuxième roman de Michel Houellebecq qui contient tous les autres. Le genre de spectacle qu'on aime voir avec une mise en scène au service d'un texte où l'énergie n'est pas le seul moteur. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

La tentation du théâtre

Des paroles et des actes. À voir les nombreuses créations de la jeune génération de metteurs en scène au cours de ces dernières années, il semblerait que l’écriture théâtrale classique dialoguée ne soit plus un prérequis. Pièce emblématique de ce constat : Les Particules élémentaires, événement à plus d’un titre.  Houellebecq n’a pas quarante ans quand il écrit son deuxième roman, hybride à deux têtes où, à travers les vies de deux frères, l'une hippie, l'autre trop calibrée, se dessinent le désenchantement, l’annihilation du bonheur et l’avènement du clonage scientifique. Véritable gifle, sans concession avec son époque mais parcouru par un souffle romanesque évident, ce livre n’avait jamais été porté à la scène en France alors que nos voisins européens (et notamment les Allemands) s’en sont depuis longtemps délectés. En 3h40  Il a fallu attendre que Julien Gosselin sorte de l'école du Théâtre du Nord, à Lille. L’an dernier, dès son deuxième spectacle, à vingt-six ans, il a pris à bras le corps ce bouquin paru alors qu'il n’était encore qu’au collège. Et il ne l’a pas fait en catimini mais lors du festival le plus médiatisé qui soit : Avignon.

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Le théâtre d’abord

SCENES | C’est l’histoire d’un ancien trader arrogant venu faire une conférence pour expliquer comment exercer le même métier que lui. C’est l’histoire d’un mec révolté (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 mars 2014

Le théâtre d’abord

C’est l’histoire d’un ancien trader arrogant venu faire une conférence pour expliquer comment exercer le même métier que lui. C’est l’histoire d’un mec révolté qui décide de porter un grand coup au système en assassinant un trader. C’est l'histoire de deux histoires qui, par la force des choses, n’en feront plus qu’une. Pour sa nouvelle création, le Dauphinois Serge Papagalli a choisi la pièce de théâtre avec fond politique – ce qui n’est pas si étonnant quand on connaît un tant soit peu le personnage. Le texte, qui est de lui, s’intitule La Position de l’autruche : un titre explicite qui illustre bien ses intentions (démontrer que si l’on continue à faire comme si de rien n’était, on risque de foncer droit dans le mur). Sur scène, le comédien, metteur en scène et auteur interprète le fameux trader cynique et provocateur : une attitude qui contraste avec celle du forcené très agité (Stéphane Czopek), bien décidé à en découdre. La Position de l’autruche, c'est donc une pièce sur l’économie ? Oui mais pas que... Car finalement, tout ceci n’est qu’un prétexte, qu’une toile de fond parfois grossièrement dessinée par le saltimbanque Papagalli

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"Immortels" : Nasser Djemaï en mode mineur

Théâtre | Après s’être intéressé aux aînés avec l’excellente pièce "Invisibles", l’auteur et metteur en scène grenoblois Nasser Djemaï colle aux basques d’une jeunesse plus politisée que désabusée avec "Immortels". Du théâtre en prise directe avec le monde, et notamment la crise économique contemporaine, qui ne convainc néanmoins pas pleinement.

Aurélien Martinez | Mercredi 19 février 2014

Ils étaient sept : quatre garçons et trois filles. Un groupe visiblement uni, qui s’est retrouvé amputé d'un de ses membres. C’est pour comprendre pourquoi son grand frère Samuel est mort que Joachim se rapproche des six autres, de cette famille d’adoption. Chacun réagira différemment face à ce frère apparu soudainement, entre rejet et fascination, voire transfert affectif. Ils sont donc sept comédiens sur scène, habillés comme à la ville (jeans slim, sweats à capuche, baskets...), évoluant dans un décor sobre matérialisant la plupart du temps l’appartement de l’un d’eux – la scénographie est réussie, convoquant avec subtilité la vidéo. Et ils sont donc sept à jouer les grands adolescents, avec tout ce que cela implique : de l’emphase, de l’emportement, de l’empressement... Des attitudes d’« immortels » qui prennent véritablement sens dans les moments les plus théâtraux, comme ce jeu de rôle entre un pays endetté, une agence de notation et les marchés financiers. Le club des losers Ils sont donc sept jeunes, à parler de tout et de rien, mais surtout de tout. Le "tout" pour ces révoltés politisés étant la crise qui s’abat sur eux avec viol

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Nasser Djemaï, success story

Rencontre | Le Grenoblois Nasser Djemaï doit être un homme comblé : son spectacle Invisibles, créé en novembre 2011 à la MC2, connaît toujours un succès phénoménal. En plus (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 28 novembre 2012

Nasser Djemaï, success story

Le Grenoblois Nasser Djemaï doit être un homme comblé : son spectacle Invisibles, créé en novembre 2011 à la MC2, connaît toujours un succès phénoménal. En plus d’une tournée conséquente dans toute la France (avec des dates en Belgique et en Suisse), il a cartonné au Festival d’Avignon cet été (dans le Off "haut de gamme"), et il sera redonné la semaine prochaine à la MC2 (avant une nouvelle reprise au printemps prochain, les spectateurs affluant en masse). Une réussite due à un projet généreux et exigeant, sur lequel on n’attendait pas forcément l’auteur-interprète d’Une étoile pour Noël et des Vipères se parfument au jasmin (deux comédies douces-amères où il campait seul en scène une dizaine de rôles). Avec Invisibles, il s’intéresse aux travailleurs immigrés d’Afrique du Nord restés en France sans leur famille, en les représentant sur scène grâce à une brochette d’acteurs chibanis (cheveux blancs en arabe) touchants. Un proposition théâtrale forte, sur laquelle Nasser Djemaï est plu

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Le monde comme on veut le voir

SCENES | Festival d’Avignon (6) / Sidi Larbi Cherkaoui et la compagnie Afag

Aurélien Martinez | Jeudi 19 juillet 2012

Le monde comme on veut le voir

De la danse qui en met plein la vue à coups d’images évocatrices et chiadées : voilà comment l’on peut résumer (de façon lapidaire, certes) le travail du chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui sur sa création Puz/zle, présentée à la carrière de Boulbon. Dans une scénographie inventive à l’image d’un jeu de construction grandeur nature (des cubes, des grands murs, ...), les onze danseurs, à la technicité impeccable, s’en donnent à cœur joie en utilisant toutes les possibilités offertes par les éléments de décor : c’est qu’il faut tenir les deux heures que dure la pièce, quitte à sombrer de nombreuses fois dans la redondance ! Reste la force dégagée par ce Puz/zle, entre mysticisme et humanisme ; force décuplée par les musiciens présents sur le plateau, dont la chanteuse libanaise Fadia Tomb el-Hage. Un spectacle qui tournera longtemps, et que l’on découvrira sans doute dans la région sur la saison 2013/2014 (à la MC2 Grenoble en tout cas, c’est certain). La cape et l’épée Voilà, ça, c’était pour le In. Évidemment, co

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"Invisibles" de Nasser Djemaï : mon vieux

Théâtre | Pour sa troisième pièce en tant qu’auteur, le Grenoblois Nasser Djemaï s’intéresse aux travailleurs immigrés restés en France sans leur famille. Et offre un spectacle d’une justesse de ton remarquable.

Aurélien Martinez | Mercredi 23 novembre 2011

Les invisibles, ce sont ces « travailleurs immigrés, écartelés entre les deux rives de la Méditerranée, qui ont vieilli ici, en France » explique en note d’intention l’auteur et metteur en scène Grenoblois Nasser Djemaï. « Ils sont restés seuls, pour des raisons diverses. La France est devenue leur pays, mais ils sont devenus des fantômes. » Un constat cruel et désabusé sur une société française qui a longtemps fait appel à une immigration de travail, mais qui a ensuite refusé de considérer ces travailleurs comme des citoyens à part entière. Nasser Djemaï s’est ainsi servi d’une histoire à la Wajdi Mouawad centrée sur la quête des origines (à la mort de sa mère, un jeune homme apprend qu’il a un père, et part à sa recherche) pour dresser le portrait de ces Chibanis (cheveux blancs en arabe) aujourd’hui à la retraite et vivant en groupe dans des foyers, loin de la collectivité et – surtout – de leur famille restée au bled. Je t’aime, moi non plus En suivant les énigmatiques derniers mots prononcés par sa mère sur son lit de mort, Martin, agent immobilier à la morale douteuse, se retrouve au contact de cinq de ces

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Le Papagalli show !

SCENES | Le spectacle Salle défaite est né de la volonté de la mairie de Pont-de-Claix, qui a décidé de produire seule une création de l’inénarrable Grenoblois Serge (...)

François Cau | Vendredi 18 novembre 2011

Le Papagalli show !

Le spectacle Salle défaite est né de la volonté de la mairie de Pont-de-Claix, qui a décidé de produire seule une création de l’inénarrable Grenoblois Serge Papagalli. Ce dernier s’est ainsi vu confier les clés de l’ancien foyer municipal, au charme très limité, pour proposer une pièce dans l’idée populaire, qui se jouerait pendant deux mois. Et voilà le résultat : entouré de sa troupe de fidèles (dont les toujours très efficaces Valère Bertrand et Gilles Arbona, qui offrent des moments gratinés), l’auteur-acteur-metteur en scène a écrit un texte convoquant le rire à chaque phrase. Car en dévoilant les coulisses du théâtre (une troupe essaie en vain de monter Roméo et Juliette), il a abondamment joué avec l’image des différents corps de métier… en appuyant des fois un peu trop sur certains personnages – notamment les deux féminins. Mais qu’importe : la mise en abyme fonctionne pendant les 1h40 d’une représentation qui renferme une force indéniable, même si évidemment, les récalcitrants à ce genre d’humour risquent de passer complètement à côté du propos. Une aventure singulière, tant sur la forme que sur le fond, et unique, puisque ce spectacle ne tournera pas e

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Les Fables de Jean de la Fontaine

SCENES |

François Cau | Vendredi 7 octobre 2011

Les Fables de Jean de la Fontaine

On avait découvert le baryton-basse Paul-Alexandre Dubois la saison dernière, déjà à l’Amphithéâtre, avec un Opéra de quatre notes très drôle (qui avait même eu droit à la "une" de notre journal !). On le retrouvera vendredi 13 octobre à 19h (et la veille à 14h), toujours à Pont-de-Claix, pour interpréter sur scène plusieurs fables de Jean de la Fontaine (des standards comme Le corbeau et le renard ou La grenouille et le bœuf, et d’autres moins connues). « Dans sa cage, un directeur de ménagerie ambu­lante s’es­saie au métier de montreur d’animaux. Lui et son comparse claveciniste racontent en chantant sur les airs de Clérambault [compositeur sous Louis XV] ce que Jean de La Fontaine écrivait cinquante ans avant lui. » Le rendu est surprenant, au vu des quelques extraits que l’on a pu voir. À découvrir en famille comme nous y incite l’Amphi !

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"Noli me tangere" : les guignols de l’Histoire

Théâtre | Que ce soit via Feydeau (La Dame de chez Maxim), Büchner (La Mort de Danton), Brecht (La Vie de Galilée) ou lui-même (Italienne, scène et orchestre), les (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 4 mars 2011

Que ce soit via Feydeau (La Dame de chez Maxim), Büchner (La Mort de Danton), Brecht (La Vie de Galilée) ou lui-même (Italienne, scène et orchestre), les Grenoblois ont maintes fois eu l’occasion de se rendre compte du talent certain de Jean-François Sivadier pour la mise en scène. En développant un propos réfléchi sur les œuvres qu’il monte, l’homme arrive ainsi à construire des spectacles intelligents, généreux et accessibles d’une très grande force. Des qualités qui ne font pas défaut à Noli me tangere, sa dernière proposition en date dont il a lui-même signé le texte. Soit une pièce monstre (2h45 tout de même) située « en l'an 27 de notre ère dans le royaume de Judée ». Avec le personnage mythologique de Salomé, qui une fois de plus dansera devant Hérode, son beau-père, et obtiendra la tête de Saint Jean-Baptiste, cousin et annonciateur du Christ. S’amuser avec l’un des passages de la Bible ? Le pari a le mérite d’être osé. La troupe de fidèles de Sivadier s’empare du texte

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L’âge de raison

SCENES | SPECTACLE/ Cette année, le Festival de la marionnette nous surprend avec une programmation faisant la part belle aux propositions percutantes et aux compagnies passionnantes. On valide. AM

François Cau | Lundi 21 février 2011

L’âge de raison

Depuis 2004, l’association La Petite Roulotte organise le Festival de la marionnette à Grenoble, dans l’agglo, et même dans tout le département. Avec toujours l’envie de surprendre et d’intriguer le public. Un public que l’équipe souhaite encore plus large, contrecarrant au passage l’idée d’un art marionnettique désuet et réservé seulement à une certaine tranche d’âge. Car, que ce soit avec des propositions variées ou des formes de spectacle originales (les repas-spectacle le midi par exemple), La Petite Roulotte essaie de s’adresser à tous, comme elle le démontre cette année avec une programmation solidement ficelée, notamment pour les adultes. On retrouvera ainsi Le Théâtre Élabore, avec la version longue de leur spectacle Chut… déjà présenté l’an dernier : soit une réflexion sur le genre sexuel et l’hermaphrodisme à l’aide d’une statue que trois personnages en bleu de travail construisent sur scène. Le spectacle Faim de loup, déjà présenté la saison dernière à l’Espace 600 (critique sur notre site web), sera aussi repris lors du festival. Et deux soirées, dont la première concoctée par la Cinémathèque, le Méliès, le 102 et Dolce cinéma, seront consacrées au cinéma et

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Mais y va où le monde ?

ECRANS | De et avec Serge Papagalli (Fr, 1h24) avec Véronique Kapoian, Valère Bertrand…

François Cau | Lundi 14 février 2011

Mais y va où le monde ?

L’affiche ne ment pas : nous sommes bien face à “Papagalli le film“. Pour sa première réalisation cinématographique, le comique reprend ses personnages théâtraux privilégiés, la famille Maudru, entouré de ses interprètes originaux (Véronique Kapoïan et Valère Bertrand) et d’autres complices fidèles de ses frasques absurdes. Les habitués de ses spectacles seront en terrain connu : des caractères paysans bien trempés et gentiment caricaturaux, à la furieuse obsolescence, s’affrontent sur fond de mutation de leur univers, le tout dans cet impénétrable jargon dauphinois (les «Nom de Gu» y pleuvent avec enthousiasme) qui terrorise chaque année de nouveaux étudiants franciliens déracinés. Même si on lui sait gré d’avoir pensé la transposition de son humour en termes réellement cinématographiques (à l’inverse, au hasard, d’un Dany Boon, auquel on a emprunté le principe de sortie avancée dans la région d'origine), il faut tout de même reconnaître que cet opus, dont se dégage une sympathique aura d’OVNI total, convaincra plus les aficionados de toujours du beau Serge que ses récents fans de la série Kaamelott. Mais en même temps, c’est le but presque avoué d’un film qui résonne comme un éch

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"La Dame de chez Maxim" : l’art et la manière Sivadier

Théâtre | Mettre en scène un vaudeville aujourd’hui s’apparente à une véritable gageure, tant le genre apparaît désuet. Jean-François Sivadier réussit pourtant son pari avec la mise en scène de "La Dame de chez Maxim" de Feydeau. Notamment grâce à une Norah Krief exceptionnelle.

Aurélien Martinez | Vendredi 16 octobre 2009

Dans un entretien accordé au Petit Bulletin Lyon pour sa mise en scène du Menteur de Goldoni (à voir aux Célestins), Laurent Pelly, ex-directeur du CDN grenoblois, déplore que « faire de la comédie soit presque honteux en France. Quand les spectateurs ont trop de plaisir, c’est vu comme quelque chose de louche… Moi, je revendique une comédie de qualité. » Sans prendre trop de risques, on suppose que Jean-François Sivadier partage pleinement cet avis. Avec sa mise en scène retentissante d’un Feydeau pur jus, il participe ainsi à la création de spectacles intelligents, exigeants et surtout fédérateurs. Car chez Sivadier, ce nouvel attrait pour la comédie (c’est son premier vaudeville) se confond avec la volonté de travailler le grand répertoire et de le mettre à la portée de tous : déjà à la MC2, on avait ainsi pu découvrir ses mises en scène réussies de textes de Brecht et Büchner. « Le Bonheur d'être demoiselle » La Dame de chez Maxim, avec ses quiproquos et rebondissements en série, est une véritable machine à jouer pour le metteur en scène et les comédiens. La pièce contente l

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"Les Vipères se parfument au jasmin" : Nasser Djemaï, conteur moderne

Théâtre | Nasser Djemaï raconte des histoires croisées, enroulées autour de celle de Shéhérazade, jeune apprentie bouchère prise en étau entre les menaces d’expulsion (...)

Aurélien Martinez | Lundi 4 mai 2009

Nasser Djemaï raconte des histoires croisées, enroulées autour de celle de Shéhérazade, jeune apprentie bouchère prise en étau entre les menaces d’expulsion adressées à sa famille et les avances d’un prétendant fortuné. Pourtant, suite à la rencontre avec un prof de chant, et contre toute attente, elle se révèlera avoir une voix en or et espérera ainsi changer de destin. Pour son deuxième solo (après Une étoile de Noël, présenté à l’Hexagone et qui connu un joli succès), Nasser Djemaï y va à fond : il interprète sur scène la petite dizaine de personnages, jonglant entre les uns et les autres sans aucun effet scénique. Il est assez impressionnant de le voir jouer seul une scène écrite pour trois personnages. Mais cet aspect intéressant du spectacle renferme ses limites intrinsèques : notre conteur, pour différencier la fille de la mère ou de la camarade de classe, doit forcer le trait sur chacun de ses héros ordinaires, quitte à tomber quelques fois dans l’excès (on pense à « l’homme de culture », volontairement caricaturé à l’extrême, ce qui serait presque trop). Qu’importe serions-nous tentés de dire : on se laisse tout de même emba

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Les petits papiers de la révolte des Anges au plafond

SCENES | La compagnie Les Anges au plafond nous séduit une fois de plus, avec "Une Antigone de papier" tout simplement monumentale. À voir.

Aurélien Martinez | Jeudi 8 janvier 2009

Les petits papiers de la révolte des Anges au plafond

Antigone de Sophocle est l’une des tragédies phares du théâtre antique. Elle conte la destinée de la ville de Thèbes (elle appartient au cycle des pièces thébaines) et le sort tragique d’Œdipe. Créon, nouveau roi de la cité, souhaite y ramener l’ordre. Il édicte ainsi une loi injuste, à laquelle seule Antigone, sa nièce et fille d’Œdipe, ose s’opposer. Faire entendre le cri d’Antigone aujourd’hui est un acte toujours aussi fort, même si ce cri est vieux de plus de 2500 ans. La compagnie Les Anges au plafond, qui nous avait subjugué il y a deux ans avec ses Nuits polaires, retrouve les marionnettes pour notre plus grand plaisir. Sauf que cette fois-ci, elles sont grandeur nature, et c’est encore plus impressionnant. Camille Trouvé s’applique ici à démonter les grands mythes fondateurs en les contournant par l’absurde (le sous-titre de sa création est « Tentative de défroissage d’un mythe »). Créon est présenté ridicule, empâté ; ses gardes ne sont pas épargnés – bien au contraire –, et c’est un régal comique ! Cette grande saga est ainsi racontée avec peu de mots, à l’aide de marionnettes en papier manipulées à vue, mais auss

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"La nage de l’enclume" : Papagalli tout en rupture

SCENES | Avis à chaud sur la nouvelle création signée Serge Papagalli, au lendemain de sa première sur les planches de la MC2.

François Cau | Vendredi 10 octobre 2008

Le numéro est une messe, un rituel quasi sacré : alors que le clown blanc est sur le point de s’asseoir, Auguste retire la chaise au dernier moment et son compère s’écroule. Mais le dindon de la farce a comme une indigestion de cette hostie humoristique, et fait part de sa lassitude au bout de trente années de mécanique trop rodée. Une prémisse qui n’est pas sans rappeler le fabuleux Mort de Rire d’Alex de la Iglesia, mais que Serge Papagalli fait basculer dans une toute autre direction : le combat rhétorique à grands coups d’irrésistibles aphorismes et autres jeux de mots laids. À la pétulante verve papagallienne, réinterprétation foutraque du “style Cioran“, s’oppose le fatalisme hagard d’un Gilles Arbona en douce révolution comique. Le vieux couple prend chair instantanément, au gré d’une écriture maîtrisée et de performances calées avec une précision d’orfèvre. D’autant que le parti pris, assumé jusqu’au bout des ongles, du décalage continu par rapport au fondement même du projet (Papagalli sur les planches de la MC2) fonctionne à merveille. Le texte joue à bon escient de la distance sans tomber dans une quelconque condesc

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