Voltige culte avec "Traces" des 7 doigts de la main

Benjamin Mialot | Mardi 6 décembre 2016

Photo : Alexandre Galliez


Traces de la fameuse compagnie de cirque québécoise Les 7 doigts de la main, à voir mardi 13 et mercredi 14 décembre au Grand Angle de Voiron, c'est un spectacle où la voltige est un langage à part entière et, surtout, où le collectif est envisagé comme une somme d'individualités. Son postulat narratif ne dit pas autre chose : à quelques minutes d'une apocalypse, sept personnes recluses dans un abri de fortune mettent toutes leurs forces dans un déchaînement créatif censé les préserver de l'oubli.

Entrecoupés d'inserts autobiographiques d'une adorable humanité, les numéros de mât chinois ou de roue Cyr (cerceau géant inventé par leur compatriote Daniel Cyr, du cirque Éloize) qui composent ce "I was here" corporel sont certes impressionnants, mais dégagent aussi ce souci de cohérence (jusque dans leur bande son, où Goran Bregovic côtoie Unkle, Radiohead ou John Zorn) et de grâce (minutieusement chorégraphiée) plus qu'appréciable.

Ce Traces est d'ailleurs un classique qui, depuis sa création en 2006, a été joué plus de 1500 fois à travers le monde. Car il est impérissable.


Traces

Ms Shana Carroll, Gypsy Snider, par la Cie Les 7 doigts de la main, à partir de 6 ans
Le Grand Angle Place des Arcades Voiron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Édition et indépendance ce week-end au 102

Événement | Samedi 3 et dimanche 4 novembre se déroulera pour la première fois au 102 l’événement Traces et Sillons, « week-end de rencontres autour du livre comme (...)

Damien Grimbert | Mardi 30 octobre 2018

Édition et indépendance ce week-end au 102

Samedi 3 et dimanche 4 novembre se déroulera pour la première fois au 102 l’événement Traces et Sillons, « week-end de rencontres autour du livre comme objet papier, objet fabriqué ». Au programme, des stands de maisons d’édition indépendantes, une exposition de gravures tirées du recueil Nuit sur l’Allemagne de Clément Moreau (photo), un espace de lecture de fanzines, des présentations d’ouvrages (Nouvelles en trois lignes, Fukushima et ses invisibles…), des démonstrations d’impression en sérigraphie et en risographie, des lectures, un brunch bibliothèque… Dans un champ allant « de la poésie à la critique sociale », et dans des formes alternant entre récits, essais, revues, bandes dessinées et romans, c’est ainsi tout un univers "Do It Yourself" qui ouvrira ses portes, le samedi de 14h à 19h puis le dimanche de 12h à 16h. À noter enfin, la tenue d’un concert de soutien pour financer l’événement le samedi soir de 20h à 23h, avec les formations Lovataraxx (cold wave), Hibou (chanson expé) et Docks (indie slowcore).

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"L'Homme dauphin, sur les traces de Jacques Mayol" : né pour l’apnée

ECRANS | de Lefteris Charitos (F.-Gr-Can-Jap, 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 29 mai 2018

Voici l’eau-dyssée de Jacques Mayol, petit Français si fasciné par le monde du silence et l’espèce des dauphins qu’il tenta à sa façon d’en devenir un en se lançant, avec succès, dans la plongée en apnée, discipline dont il fut l’un des précurseurs et surtout le charismatique ambassadeur… Aller plus profond. Tel était le leitmotiv de cet aventurier à l’ancienne, ayant tout du play-boy international sans attaches, oubliant qu’il avait une famille pour vivre son rêve d’absolu ; sa quête ô combien paradoxale de lumière menée en s’enfonçant toujours plus loin dans l’impénétrable obscurité des abysses… À sa façon, le réalisateur Lefteris Charitos va lui aussi sous la surface, derrière l’image lisse rendue par la fiction inspirée de sa vie dans Le Grand Bleu (1988) de Luc Besson. En explorant les moindres images d’archives, en faisant parler les ultimes témoins, les proches de l’apnéiste, ses disciples comme son maître bouddhiste, le documentariste tente de plonger dans le secret d’un homme dépressif – et qui fut vaincu par la maladie. Sobre et apaisé, son portrait révèle, sans pathos aucun, un May

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"Patinoire" : one-man-show circassien par Patrick Léonard

Cirque | "Patinoire", c’est un solo entre cirque, théâtre et clown qui fonctionne parfaitement. En 1h15, son concepteur et interprète Patrick Léonard, seul en scène donc mais accompagné d’un fatras d’objets, met en place une drôle de tension qui captive autant qu’elle surprend.

Aurélien Martinez | Mardi 22 novembre 2016

Le cirque, c’est souvent une foule d’acrobates qui, sur scène, nous en mettent plein la vue avec des numéros de haute volée. C’est aussi, parfois, des formes plus intimistes qui n’en perdent pourtant pas en force, comme c’est le cas avec le spectacle Patinoire de Patrick Léonard. Patrick Léonard ? L’un des cofondateurs et directeurs de la fameuse compagnie québécoise Les 7 doigts de la main, que l’on voit souvent dans le coin – elle sera par exemple mi-décembre au Grand Angle de Voiron avec l’excellent Traces. Un nom gage de qualité donc. « Du rire et des larmes » Créé en 2011, Patinoire est ainsi un seul-en-scène dans lequel Patrick Léonard fait preuve d’une inventivité folle pour faire cirque avec tout ce qui lui passe sous la main – « une grenouille, une cuillère, un ukulélé, une chaise, une table » comme noté dans la note d’intention. Mais également « du divertissement, un soupçon de désespoir et de vulnérabilité, un corps qui craque, du rire et des larmes ». Tout ça oui, et plus encore. Plus encore car Patrick Léonard n’est pas qu’un simple interprète capable de faire des acrobaties en se tenant s

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Cirque : nos cinq coups de cœur de l'année

Panorama 2016/2017 | Au Petit Bulletin, on adore les artistes qui s'envoient en l'air. La preuve avec cette sélection de spectacles riche en surprises et émotions fortes.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Cirque : nos cinq coups de cœur de l'année

Fenêtres Recréation d’un spectacle vieux de quinze ans, ce solo initialement interprété par le circassien Mathurin Bolze (qui l’a imaginé) a été transmis à Karim Messaoudi, passé comme lui par Centre national des arts du cirque. Un pur moment de grâce visuelle sur un homme enfermé dans un appartement et qui ne semble trouver d’échappatoire que par les airs, grâce à un sol trampoline. Grandiose. À l’Hexagone (Meylan) mardi 15 et mercredi 16 novembre _______ Patinoire Un solo entre cirque, théâtre et clown qui fonctionne parfaitement. Logique, il est l’œuvre d’un des fondateurs du collectif québécois de circassiens Les 7 doigts de la main. Patrick Léonard, seul en scène donc mais accompagné d’un fatras d’objets (qui auront une importance capitale pendant le spectacle), met en place une drôle de tension qui captive autant qu’elle surprend. Et quelle fin vertigineuse ! À l'Ilyade (Seyssinet-Pariset) mardi 29 novembre _______

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Vivian Maier, miroir des autres

Exposition | Rarement l'art contemporain aura connu si grand mystère : Vivian Maier (1926-2009), nourrice et photographe durant une vie entière, est récemment sortie de l'anonymat grâce à un certain John Maloof. Une découverte rocambolesque qui a mis à jour un talent photographique incroyable, à découvrir à l'Ancien musée de peinture. Mais avant les clichés, tentons d’élucider l’énigme Maier.

Charline Corubolo | Mardi 3 novembre 2015

Vivian Maier, miroir des autres

Avec quelque 200 000 négatifs accompagnés de films vidéo, l’œuvre de Vivian Maier est considérable, mais aussi totalement mystérieuse. Un secret artistique, malgré de nombreuses investigations, parsemé de zones d'ombre qui soulèvent bien des questions. Car en presque 50 années de pratique photographique, Vivian Maier, nourrice toute sa vie, n'a jamais montré ses clichés. Jusqu'au jour où, fin 2007, John Maloof, agent immobilier à la recherche d'images pour réaliser un livre sur son quartier de Chicago, acquiert en salle des ventes un carton rempli de négatifs de la nurse anonyme. La partie de Cluedo est alors amorcée. Il faudra à John Maloof, reconverti pour l'occasion en détective amateur, plusieurs années pour découvrir l'identité de la photographe qui se cache derrière ces images. En 2009, Vivian Maier décède dans l'anonymat et la pauvreté. C'est à ce moment qu'Internet donne à Sherlock Maloof la première pièce du puzzle : le nom de l'auteure. Armé de sa meilleur preuve, il découvre que Vivian Maier n'a pas seulement laissé derrière elle un nombre impressionnant de photographies, mais aussi un garde-meuble rempli d'une vie à collecter des journaux, des tickets et de

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Vivian Maier : campagne, mon amour

ARTS | Zoom sur l'exposition consacrée à la photographe récemment découverte.

Charline Corubolo | Mardi 3 novembre 2015

Vivian Maier : campagne, mon amour

Certes, l'histoire du Champsaur n'a, fort heureusement, rien à voir avec celle du film Hiroshima, mon amour. Mais la référence permet cependant d'évoquer l'histoire passionnelle entre Vivian Maier et cette campagne française située dans les Alpes. Une relation discrète, à l'image de sa vie, mais intense comme en témoignent les photographies réalisées dans ces montagnes aux environs des années 1950. Et si aujourd'hui l'Américaine au Rolleiflex est connue pour ses clichés de rue à Chicago et à New York, la Maison de l'image, en partenariat avec l'association "Vivian Maier et le Champsaur", met en lumière pour la troisième édition de sa manifestation photographique annuelle dans l'Ancien musée de peinture un patrimoine visuel riche de la paysannerie de l'époque, tout aussi important que le pendant "street photography" américain. D'origine française par sa mère, Vivian Maier a vécu dans la région du Champsaur, haute vall

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L’aura émotionnelle

ARTS | "Traces", nom de la nouvelle exposition à la galerie Alter-Art, manifeste dès le titre la volonté de tisser un lien. Derrière cette ambition photographique se cache Benoît Capponi, dont le travail trouve sa genèse dans une somme d’écrits et de recherches sur la Première Guerre mondiale pour aboutir à un visuel poétique, en noir et blanc. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Lundi 13 janvier 2014

L’aura émotionnelle

Dans l’antre rectangulaire de la galerie Alter-Art, les murs sont parcourus par une série photographique suivant un fil linéaire. Benoît Capponi dévoile alors son talent de photographe de part ces clichés maîtrisés qui semblent en même temps lui échapper, tant la prégnance sensitive qui se dégage des images est forte. Sur des tirages argentiques en noir et blanc, l’œil est promené entre la précision du premier plan et le flou du second. Ensemble de diptyques, la photographie de gauche, au format portrait, livre un paysage boisé sans humain, tandis que celle de droite, au format carré et accompagnée d’un texte, offre une vue plus resserrée de la nature. Le regard est hypnotisé, dans un premier temps, par les visuels : forêt ombragée, plaine brumeuse ou barbelés entremêlés dans les herbes ; la nature est sublimée et toute à la fois marquée. Les arbres sont davantage des troncs nus qu’une belle végétation feuillue, et peu à peu des éléments érodés apparaissent dans le paysage. La forêt parle, silencieusement, et c’est alors que le texte prend son sens, venant renforcé la puissance évocatrice des images. Une évocation, non un témoignage Dès les premières li

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En avant la musique

SCENES | On a énormément écrit sur le Turak Théâtre dans les colonnes de ce journal. Il faut dire que le travail du génialement barré Michel Laubu plaît beaucoup aux (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 3 janvier 2014

En avant la musique

On a énormément écrit sur le Turak Théâtre dans les colonnes de ce journal. Il faut dire que le travail du génialement barré Michel Laubu plaît beaucoup aux programmateurs de la région (la compagnie est lyonnaise), qui du coup ne se privent pas pour l’accueillir. Un systématisme qui peut parfois lasser... Mais l’univers de Laubu, auréolé d’un joyeux esprit foutraque reconnaissable entre mille, est toujours aussi vivace et créatif, comme l’on a pu s’en rendre compte avec Sur les traces du ITFO, la toute dernière livraison made in Turakie à découvrir du mercredi 8 au vendredi 10 janvier à l’Hexagone de Meylan. Une création très narrative (ce qui est loin d’être l’habitude de la maison) centrée sur un orchestre brutalement licencié par une autorité supérieure. Reste donc des musiciens-marionnettes d’abord contraints de sauver leur peau, mais qui finiront par s’associer pour avancer ensemble. Un spectacle bourré d’inventivité (le travail sur les instruments et la musique est remarquable) qui est sans doute ce que Michel Laubu a fait de mieux ces dernières années – notamment grâce au très subtil sous-texte. On voulait faire les grincheux à la sauce "encore un spectac

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Thérapie de groupe avec Les 7 doigts de la main

SCENES | Du cirque, des performances, mais du sens aussi. C’est ce que s’échine avec talent à proposer la compagnie des 7 doigts de la main. Démonstration avec "Psy", pièce complète et enjouée du collectif québécois désormais mondialement connu. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 18 janvier 2013

Thérapie de groupe avec Les 7 doigts de la main

Au début, ils étaient sept issus d’une bande d’amis qui, en 2002, après une discussion, décident de se lancer collectivement en apesanteur. Ils ont le background pour bien faire puisqu’ils sont acrobates, jongleurs voire sportifs de haut niveau. Six d’entre eux sont québécois, sont passés par la formation du Cirque du Soleil (qui suscite alors de très nombreuses vocations) ou par l’École nationale du cirque de Montréal, mais ne veulent pas être uniquement des circassiens reconnaissables à leur seule maîtrise technique. Ils créent alors dans chacune de leur pièce des personnages auxquels les spectateurs peuvent s’identifier. Leur premier lieu d’entraînement, de brainstorming et d’improvisation étant leur appartement, leur première création se nomme tout naturellement Loft. Suivront des spectacles aux titres courts et percutants : Traces, La Vie, Psy, Patinoire et Séquence 8, dont la création mondiale a eu lieu cet été dans le théâtre antique de Fourvière à Lyon. Internés sur scène Psy, qui ne cesse de parcourir le monde depuis 2010, est un excellent exemple de leur travail : technique,

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