Domjuanissime !

Théâtre | Le "Dom Juan" mis en scène par Jean-François Sivadier, à la MC2 jusqu'au 28 janvier, est une immense réussite accessible à tous. Voilà qui est dit (et écrit).

Aurélien Martinez | Vendredi 20 janvier 2017

Photo : Jean-Louis Fernandez


Pour moderniser un texte classique en langue étrangère, comme un Shakespeare par exemple, il suffit de commander une nouvelle traduction plus rock'n'roll et hop, le tour est joué. Avec les classiques français, sauf à les réécrire totalement (certains le font très bien), les options des metteurs en scène sont plus restreintes. Tout doit donc être dans la forme et dans les à-côtés. C'est ce qu'a magnifiquement compris Jean-François Sivadier depuis 20 ans, et qu'il démontre une nouvelle fois avec un Dom Juan de Molière captivant.

Pendant 2h30 sans presque aucun temps mort, on suit avec délectation les aventures du mythique « épouseur » (comme le qualifie son valet Sganarelle) campé par Nicolas Bouchaud. Le comédien complice de Sivadier, à l'aura magnétique, fait de son personnage un égoïste manipulateur doté d'une confiance en soi inébranlable : le monde autour de lui peut le mettre en garde voire sévèrement tanguer (grandiose scénographie), lui reste concentré sur son plaisir amoral (la question de la religion est centrale dans la pièce). Une ligne de conduite résumée entre deux tableaux par un karaoké sur le lubrique Sexual Healing de Marvin Gaye.

Avec ce texte phare du répertoire français, Sivadier livre ainsi une pièce dans la tradition d'un théâtre populaire, généreux et ouvert à tous. On en redemande.


Dom Juan
À la MC2 jusqu'au samedi 28 janvier


Dom Juan

D'après Molière, ms Jean-François Sivadier, avec Nicolas Bouchaud, Vincent Guédon, Stephen Butel, Marc Arnaud, Lucie Valon et Marie Vialle
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Un ennemi du peuple" : Nicolas Bouchaud, seul contre tous

Théâtre | Qui n’a jamais vu sur scène le comédien Nicolas Bouchaud doit très vite réparer son erreur. En fonçant par exemple à la MC2 découvrir "Un ennemi du peuple", texte phare du dramaturge norvégien Henrik Ibsen mis en scène par Jean-François Sivadier.

Aurélien Martinez | Lundi 11 mars 2019

Aujourd’hui en France, il y a peu de comédiens de la trempe de Nicolas Bouchaud. C’est peut-être même le plus grand, et il n’y a qu’à le voir sur un plateau pour le constater. Dans les spectacles de Jean-François Sivadier par exemple, avec lequel il collabore depuis presque vingt ans. Logique donc qu’on le retrouve dans le rôle-titre d’Un ennemi du peuple, dernière mise en scène de Sivadier qui vient tout juste d’être dévoilée à la MC2. Bouchaud pourrait même être un argument de vente à lui tout seul, tant il donne une fougue bienvenue au texte politique et acerbe (aucun personnage n’est sauvé, même le héros) d’Ibsen publié en 1882 en incarnant le docteur Stockmann, lanceur d’alerte avant l’heure. Il faut le regarder chuter progressivement, passant de l’homme sûr d’œuvrer pour le bien commun en dénonçant un scandale sanitaire (les eaux de la station thermale de la ville sont impropres) au paria qui risque de mettre à terre toute une économie et une population : il est grandiose. Notamment dans la scène du simili procès public, lorsqu'il s’écarte de la trame d’Ibsen pour disserter sur le théâtre. Le

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"Interview" : la force de la parole

Théâtre | Voilà un spectacle ("Interview") qui, sur le papier, avait tout pour être austère ; mais qui s’avère être finalement intelligent et ludique à la fois. Et ce grâce au talent de son metteur en scène (le journaliste Nicolas Truong) et de ses interprètes (les excellents Nicolas Bouchaud et Judith Henry), capables de transmettre à un public plus ou moins néophyte l’essence de leurs recherches et réflexions. À découvrir à la MC2.

Aurélien Martinez | Mardi 4 avril 2017

« Impossible d'échapper à cet exercice journalistique qu'est l'interview dans notre monde surmédiatisé […]. Mais, à l'ère du bavardage généralisé, l'enjeu consiste à y faire encore advenir des vérités, des paroles qui viennent rompre le conformisme et la banalité grâce à cet art singulier de "l'accouchement de la pensée" » (extrait de la feuille de salle distribuée cet été aux spectateurs du Festival d’Avignon). Sur scène nous sont donc livrées façon puzzle diverses paroles (Depardon, Pasolini, Duras, Foucault, Morin…), mais toujours avec le souci de les rendre lisibles, et en n'oubliant jamais qu’il est ici question de théâtre. On rit ainsi beaucoup pendant cette création atypique qui propose une véritable émulation intellectuelle. Même si cela n’empêche pas de grands moments de tension dramatique, comme lorsqu’il s’agit d’évoquer la récolte de la parole de ceux qui ont participé à des atrocités. Interview À la MC2 du jeudi 6 au vendredi 14 avril

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Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

ACTUS | Comme chaque année en décembre, tout le monde se demande quoi mettre à qui sous le sapin. Laissons à nos confrères les suppléments en papier glacé vantant les mérites de produits high-tech capables de vider un porte-monnaie en deux secondes et autres biens de consommation qui en jettent une fois le papier déballé mais n’ont plus aucune utilité dès le 26 décembre, et optons pour une sélection 100% immatérielle à base de spectacles et de concerts. C'est cadeau !

La rédaction | Mardi 6 décembre 2016

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Jeff Mills Pour les vétérans de l’électro Jeff Mills ? Une véritable légende de la musique électronique, à la fois technicien hors pair, artiste inspiré et figure historique de la scène techno de Détroit. Avec sa création atypique de 2014 baptisée Planets, il a réinterprété l’une des partitions les plus célèbres du répertoire symphonique classique (Les Planètes de l’Anglais Gustav Holst, composée il y a un siècle) pour un voyage dans le système solaire (d’où le titre) en dix mouvements. Et autant (voire plus) d’émotions, comme « le mélange du classique et de la musique électro produit toujours des résultats inattendus » selon lui. On le croit sur parole. À la MC2 vendredi 31 mars De 10 à 29€ ______ Julien Doré Pour les amateurs de chanson française à tendance hipster On a toujours regardé avec intérêt Julien Doré, même s’il y a toujours eu un petit quelque chose en lui qui ne nous convainquait pas totalement – son personnage de dandy adepte des références

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Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

Panorama 2016/2016 | Pour cette saison 2016/2017, on vous a concocté un programme varié entre spectacles coups de poing, aventures atypiques et classiques rassurants. Suivez-nous, que ce soit à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre de Grenoble, à la Rampe, à la Faïencerie, au Théâtre en rond...

Aurélien Martinez | Jeudi 13 octobre 2016

Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

LA 432 « Un spectacle intelligent pour ceux qui ne veulent pas réfléchir » : voilà comment les légendaires Chiche Capon présentent leur LA 432, que l’on a classé en théâtre parce qu’il faut bien le mettre quelque part. Sauf que c’est beaucoup plus que ça : un déferlement burlesque et musical (leur ritournelle Planète Aluminium reste très longtemps en tête) porté par des comédiens clownesques survoltés qui n’hésitent pas à secouer le public (ou à lui taper dessus). Joyeusement régressif ! Au Théâtre municipal de Grenoble mardi 22 novembre ________ Fables Un spectacle où certaines fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont mises en scène par deux joyeux comédiens qui s’amusent véritablement à camper les différents animaux

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"La Vie de Galilée" : divertissement haut de gamme

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Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Nicolas Bouchaud–Jean-François Sivadier, c'est la quintessence du rapport comédien–metteur en scène. Une Rolls Royce théâtrale. Le talent du premier, véritable bête de scène capable de donner vie à n'importe quel matériau, couplé au savoir-faire du second, faiseur de théâtre au sens noble du terme, offre à chaque fois des étincelles. Ensemble, ils se sont penchés sur Feydeau, Molière, Shakespeare, Büchner ou encore Brecht : des dramaturges qui ont écrit de véritables machines à jouer où le plaisir des comédiens et – surtout – du public est constant. Si tant est que les artisans d'aujourd'hui les prennent telles quelles, en assumant cette partie de jeu (qui peut aussi côtoyer des propos plus graves), ces œuvres du répertoire sont des petits bijoux indémodables. Science politique C'est l'une de ses machines que Jean-François Sivadier a décidé de remonter, après une première version à succès en 2002 : La Vie de Galilée de Bertolt Brecht. Soit le parcours de l'un des plus grands scientifiques de l'histoire qui s'est confronté à un pouvoir religieux bien décidé à conserver l'ordre établi – la terre au centre d

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Le monde comme on veut le voir

SCENES | Festival d’Avignon (6) / Sidi Larbi Cherkaoui et la compagnie Afag

Aurélien Martinez | Jeudi 19 juillet 2012

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De la danse qui en met plein la vue à coups d’images évocatrices et chiadées : voilà comment l’on peut résumer (de façon lapidaire, certes) le travail du chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui sur sa création Puz/zle, présentée à la carrière de Boulbon. Dans une scénographie inventive à l’image d’un jeu de construction grandeur nature (des cubes, des grands murs, ...), les onze danseurs, à la technicité impeccable, s’en donnent à cœur joie en utilisant toutes les possibilités offertes par les éléments de décor : c’est qu’il faut tenir les deux heures que dure la pièce, quitte à sombrer de nombreuses fois dans la redondance ! Reste la force dégagée par ce Puz/zle, entre mysticisme et humanisme ; force décuplée par les musiciens présents sur le plateau, dont la chanteuse libanaise Fadia Tomb el-Hage. Un spectacle qui tournera longtemps, et que l’on découvrira sans doute dans la région sur la saison 2013/2014 (à la MC2 Grenoble en tout cas, c’est certain). La cape et l’épée Voilà, ça, c’était pour le In. Évidemment, co

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"La Loi du marcheur" : éloge de la durée

Théâtre | Nicolas Bouchaud incarne avec un plaisir non dissimulé le critique de cinéma Serge Daney, mort en 1992. Dans un solo souvent émouvant, il interroge le pouvoir de l'image et le rapport au temps.

Nadja Pobel | Mardi 10 janvier 2012

La Loi du marcheur est un spectacle construit à partir de longs extraits de l'entretien qu'a accordé Serge Daney à l'écrivain et médiologue Régis Debray et qui a été édité en DVD sous le titre Itinéraire d'un ciné-fils. Quelques mois avant sa mort des suites du sida, Daney parle de la naïveté réjouissante avec laquelle il est allé à Hollywood à vingt ans avec le critique et cinéaste Louis Skorecki, et comment il a rencontré, au culot, les plus grands réalisateurs (Hawks, Hitchcock...) en prétextant travailler pour une revue française qui commençait à intriguer et dont il a intégré ensuite la rédaction : Les Cahiers du Cinéma. Le comédien Nicolas Bouchaud, mis en scène par Éric Didry, donne beaucoup de délicatesse à son personnage. Lui que l’on a souvent vu dans les distributions de Jean-François Sivadier (dernièrement La Dame de chez Maxim et Noli me tangere, pièces toutes les deux présentées à la MC2), sait transmettre ici l'émotion presqu'enfantine dont fait part Daney au cours de ces entretiens. « Le cinéma c'est l'enfance » Un Serge Daney qui analys

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"Noli me tangere" : les guignols de l’Histoire

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Aurélien Martinez | Vendredi 4 mars 2011

Que ce soit via Feydeau (La Dame de chez Maxim), Büchner (La Mort de Danton), Brecht (La Vie de Galilée) ou lui-même (Italienne, scène et orchestre), les Grenoblois ont maintes fois eu l’occasion de se rendre compte du talent certain de Jean-François Sivadier pour la mise en scène. En développant un propos réfléchi sur les œuvres qu’il monte, l’homme arrive ainsi à construire des spectacles intelligents, généreux et accessibles d’une très grande force. Des qualités qui ne font pas défaut à Noli me tangere, sa dernière proposition en date dont il a lui-même signé le texte. Soit une pièce monstre (2h45 tout de même) située « en l'an 27 de notre ère dans le royaume de Judée ». Avec le personnage mythologique de Salomé, qui une fois de plus dansera devant Hérode, son beau-père, et obtiendra la tête de Saint Jean-Baptiste, cousin et annonciateur du Christ. S’amuser avec l’un des passages de la Bible ? Le pari a le mérite d’être osé. La troupe de fidèles de Sivadier s’empare du texte

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"La Dame de chez Maxim" : l’art et la manière Sivadier

Théâtre | Mettre en scène un vaudeville aujourd’hui s’apparente à une véritable gageure, tant le genre apparaît désuet. Jean-François Sivadier réussit pourtant son pari avec la mise en scène de "La Dame de chez Maxim" de Feydeau. Notamment grâce à une Norah Krief exceptionnelle.

Aurélien Martinez | Vendredi 16 octobre 2009

Dans un entretien accordé au Petit Bulletin Lyon pour sa mise en scène du Menteur de Goldoni (à voir aux Célestins), Laurent Pelly, ex-directeur du CDN grenoblois, déplore que « faire de la comédie soit presque honteux en France. Quand les spectateurs ont trop de plaisir, c’est vu comme quelque chose de louche… Moi, je revendique une comédie de qualité. » Sans prendre trop de risques, on suppose que Jean-François Sivadier partage pleinement cet avis. Avec sa mise en scène retentissante d’un Feydeau pur jus, il participe ainsi à la création de spectacles intelligents, exigeants et surtout fédérateurs. Car chez Sivadier, ce nouvel attrait pour la comédie (c’est son premier vaudeville) se confond avec la volonté de travailler le grand répertoire et de le mettre à la portée de tous : déjà à la MC2, on avait ainsi pu découvrir ses mises en scène réussies de textes de Brecht et Büchner. « Le Bonheur d'être demoiselle » La Dame de chez Maxim, avec ses quiproquos et rebondissements en série, est une véritable machine à jouer pour le metteur en scène et les comédiens. La pièce contente l

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