Danse : dix spectacles pour une saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Que les amateurs de danse se rassurent : plusieurs salles à Grenoble et dans l'agglo proposent d'excellents spectacles de danse. En voici dix, sélectionnés par nos soins.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Photo : Paola Evelina


Welcome

Les spectacles interprétés par des enfants inspirent généralement au critique professionnel la plus profonde méfiance. Sauf quand c'est la chorégraphe Josette Baïz qui met en scène son groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d'Aix-en-Provence et Marseille. Dans ce cas, nos aigreurs s'envolent et l'on applaudit chaudement le résultat au vu du talent des interprètes, qui reprendront ici plusieurs pièces composées uniquement par des chorégraphes femmes comme Dominique Hervieu et Blanca Li Pochette Surprise. On sera dans la salle pour découvrir le résultat.
À la Rampe (Échirolles) les 11 et 12 octobre


My ladies rock

L'un des tubes du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta s'intitule My Rock, pièce énergique qui lie danse contemporaine et standards du rock – Dylan, les Beatles, les Stones, Nirvana… Voici la version exclusivement féminine, avec en bande son Patti Smith, Marianne Faithfull, Tina Turner, Aretha Franklin, Janis Joplin, Nina Hagen, Joan Baez… Au vu de la réussite du premier volet, on ira découvrir ce nouveau spectacle, créé cet automne, avec plaisir.
À la MC2 les 14 et 15 novembre


Un poyo rojo

Dans les vestiaires d'une salle de sport, deux hommes se jaugent, se cherchent, s'affrontent… Un spectacle physique très queer (l'archétype masculin est bien chamboulé) et sans parole au succès impressionnant depuis sa création en 2008 à Buenos Aires – on nous assure que le spectacle se joue à guichets fermés depuis ce temps en Argentine. Entre danse, théâtre et cirque, ce Poyo rojo (« coq rouge ») est un véritable ovni.
Au Théâtre municipal de Grenoble le 18 novembre


Chotto Desh

Dans Desh (passé en 2013 à la MC2), le fascinant chorégraphe et danseur anglo-bengali Akram Khan évoquait sa double culture, en partant sur les traces du Bangladesh de son père. Un carnet de route intime, tour à tour émouvant et drôle, jonglant entre le rêve et la réalité. Et une production grandiose (la technique était bien présente), qui arrivait néanmoins à convoquer les émotions les plus subtiles. Voilà qu'il en propose aujourd'hui une nouvelle version pour le jeune public intitulée Chotto Desh (« petite patrie » en bengali), dans laquelle il ne danse pas lui-même, mais qui donne tout de même très envie – on ne l'a pas encore vue.
À la MC2 du 20 au 23 décembre


In Spite of wishing and wanting

L'un des chorégraphes les plus cinglés et casse-cou de la scène contemporaine est belge et se nomme Wim Vandekeybus. Courses effrénées de danseurs, constructions de briques pulvérisées en poudres fiévreuses, portés à l'arrache (où les filles soulèvent les mecs comme des poids plume), prises de risques inconsidérés : c'est peu dire de la danse de Vandekeybus qu'elle est physique, énergique, sulfureuse, indispensable. Cette saison, il reprendra sa pièce phare de 1999, avec une distribution uniquement masculine. Comme nous ne l'avions pas vue lors de sa création, nous attendons ça avec impatience.
À la MC2 les 17 et 18 janvier


Boxe Boxe Brasil

Et revoilà Mourad Merzouki, chorégraphe hip hop de la compagnie Käfig que l'on a souvent pu voir sur les scènes de l'agglo, et son spectacle créé en 2010 – mais repensé depuis pour les 20 ans de la compagnie. Une pièce entre danse et musique (puisque imaginée avec le Quatuor Debussy) construite autour de cordes : celles du ring, et celles travaillées par les musiciens sur leurs instruments. Merzouki délaisse ainsi le travail physique intense au profit d'un découpage des gestes, comme un film muet au ralenti… Même si le hip hop, jamais bien loin, retrouve droit de cité dans la seconde partie du spectacle.
Au Grand Angle (Voiron) le 8 février


Achterland

« Achterland (1990) est un pivot dans le parcours très singulier d'Anne Teresa De Keersmaeker » : c'est le site web de la fameuse chorégraphe flamande qui l'écrit, alors on veut bien le croire. Elle reprendra donc cette pièce, qui serait l'une de ses premières à vraiment intégrer la musique et la danse : on a hâte de découvrir ça, tant le langage atypique et fort de l'artiste nous passionne (même s'il a pu par moments tourner en rond).
À la MC2 les 4 et 5 avril


May B à la Maré, une fraternité

Quand une pièce culte de chez culte est recréée par une des interprètes de l'époque 35 ans plus tard, ça donne ça : « En 1981, Maguy Marin crée May B, pièce burlesque et tragique à partir de l'œuvre de Beckett. Lia Rodrigues, interprète brésilienne, participe à sa création. Elle en reste profondément marquée. Aujourd'hui chorégraphe de renommée internationale, elle propose un projet de recréation de cette référence de l'histoire de la danse aux jeunes danseurs de l'École libre de Maré qu'elle a fondé dans son pays. » Comme on adore et la pièce originale et le langage chorégraphique souvent brut et charnel de Lia Rodrigues, on en attend beaucoup.
À la MC2 du 25 au 27 avril


Krafff

Un véritable bijou que ce Krafff, créé il y a dix ans par le metteur en scène Johanny Bert mais qui connaît toujours son petit succès. En tout juste trente minutes, cette rencontre entre le danseur Yan Raballand et une marionnette en papier créée et manipulée à vue embarque le spectateur sans aucune autre forme d'artifice. Du grand art.
À l'Espace Aragon (Villard-Bonnot) le 26 avril


Ballet de l'Opéra de Lyon

Le Ballet de l'Opéra de Lyon est l'un des ensembles de danse contemporaine les plus pointus en France. On ira donc découvrir les yeux fermés (façon de parler bien sûr – ou plutôt d'écrire) ce programme convoquant des œuvres de trois chorégraphes de renom : l'Américain mythique Forsythe, le Frenchy Millepied et le Tchèque Kylián.
À la MC2 du 29 au 31 mai

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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta évoque avec nous son confinement comme son déconfinement, tous deux très créatifs.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Confinement. J’ai, contre toute attente, vécu cette période avec pas mal de travail. On avait tous – les danseurs, le bureau, moi-même… – absolument envie que la compagnie ne sombre pas. On a donc d’abord essayé de tout faire pour reporter les dates annulées. On en a aussi profité avec Mathilde Altaraz [assistante et répétitrice – NDLR] pour avancer sur les projets que l’on a avec d’autres compagnies, comme une comédie musicale pour enfants d’après West Side Story ou une collaboration avec l’Opéra d’Avignon. Tout ça confiné au-dessus de Grenoble, dans un lieu plaisant, donc je n’avais pas à me plaindre. Surtout que j’ai aussi pu continuer à pratiquer la danse dans la nature environnante, et c’était important de le faire comme j’aurai un solo dans ma prochaine création [Le Jour se rêve, dont la première sera cet automne – NDLR] pensée avec le musicien Rodolphe Burger et la plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster. Déconfinement. Pendant le confinement, je contactais

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Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Danse | Dix ans après la création et le succès rencontré, Jean-Claude Gallotta reprend son spectacle "L’Homme à tête de chou", relecture dansée de l’album-concept de Serge Gainsbourg réinterprété par Alain Bashung. C’est toujours une immense réussite, même si la trame narrative questionne davantage aujourd’hui. Rencontre avec le chorégraphe grenoblois avant les représentations prévues à la MC2.

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Pourquoi avoir décidé de reprendre votre spectacle L’Homme à tête de chou dix ans après sa création ? Jean-Claude Gallotta : C’est venu d’une proposition du Printemps de Bourges qui, cette année, rendait hommage à Alain Bashung à l’occasion des dix ans de sa disparition. Au départ, j’ai un peu hésité, comme c’est un spectacle assez douloureux [Bashung est mort huit mois avant la première – NDLR]. Puis, après réflexion, je me suis dit que, peut-être, on y goûterait un peu mieux aujourd’hui, l’émotion étant passée. De là, une tournée a rapidement intéressé les programmateurs… La création a été douloureuse, mais le succès grand malgré l’absence d’Alain Bashung sur scène… Quand Alain m’a dit qu’il ne pourrait plus faire le spectacle, je voulais tout arrêter. Je ne voyais pas comment continuer sans lui. Car au départ, oui, il devait chanter sur scène. Il avait simplement enregistré sa voix, pour être sûr de pouvoir bien dire du

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"L'Homme à tête de chou" : la décadanse de Gallotta et Bashung

Danse | Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge Gainsbourg sorti en 1976. Où l’on suit la lente dérive d’un homme, journaliste pour une feuille de chou, qui commet un Meurtre à l'extincteur sur Marilou, femme qu’il est censé aimer. Un féminicide, mais artistique, dans la tradition de ces œuvres qui glamourisent la mort des femmes coupables d’en faire voir de toutes les couleurs à ces pauvres hommes. Une histoire tragique, reflet de notre société et rentrée dans le Panthéon de la chanson française, que Jean-Claude Gallotta a pris comme un matériau haut de gamme – ce qu’elle est, tant niveau textes que musiques (on parle de Gainsbourg tout de même). Un matériau relu par Alain Bashung et le musicien Denis Clavaizolle, avec notamment une réorchestration (voire une amplification – congas, guitares, trompettes, violons…) grandiose. Un exemple : le morceau Marilou Reggae, devenu encore plus généreux, gro

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Danse toujours tu m'intéresses

ACTUS | Une, deux représentations, trois grand maximum et puis s'en va. Comment se fait-il que les spectacles de danse restent aussi peu longtemps à l'affiche contrairement au théâtre ? Le phénomène est national, comme l’a démontré une grande enquête publiée mi-octobre, mais est d'autant plus accentué dans une agglomération de la taille de Grenoble. Même si des solutions sont apportées. Explications.

Adeline Gailly | Mardi 5 novembre 2019

Danse toujours tu m'intéresses

« En moyenne, un lieu de diffusion propose entre 2 et 2.3 représentations par an d'un même spectacle [de danse] » révèle une étude sur la diffusion de la danse lancée en 2016 par l'Office national de diffusion artistique et dont les résultats sont sortis mi-octobre. C’est peu. Grenoble ne fait pas exception puisque les pièces chorégraphiques restent à l'affiche un, deux, voire trois soirs maximum. Des chiffres qui incitent à se poser des questions quand on sait qu’au niveau national (et parfois à Grenoble, souvent à la MC2), une pièce de théâtre peut, elle, être jouée plusieurs semaines dans une même salle. Une première explication face à ce constat est apportée par Marie Roche, directrice du Pacifique, centre de développement chorégraphique national basé dans le quartier des Alliés à Grenoble. « La danse contemporaine est apparue dans les années 1980, donc plus tardivement que le théâtre qui avait déjà pris le public e

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Mourad Merzouki ("Vertikal") : « Amener les danseurs ailleurs »

Danse | Créé il y a tout juste un an à la Biennale de la danse de Lyon, "Vertikal" explore une nouvelle dimension de la pratique du hip-hop dans un spectacle qui confine, dans un premier temps, à l'exercice de style mais s'avère très rapidement convaincant tant l'utilisation de l’apesanteur fonctionne. Chorégraphe et fondateur de la compagnie Käfig, Mourad Merzouki nous en parle avant son passage par la MC2.

Nadja Pobel | Mardi 8 octobre 2019

Mourad Merzouki (

Avec Boxe boxe (2010), puis Pixel (2014) et Folia (2018), vous avez frayé avec la musique classique, les arts numériques et le baroque. Qu'est-ce qui vous a poussé à explorer désormais la verticalité ? Mourad Merzouki : Chacune de mes créations naît de rencontres. Je ne me dis pas que je voudrais travailler sur tel ou tel univers. Pour Vertikal, j'ai rencontré une compagnie (Retouramont) de professionnels de la danse verticale depuis un certain nombre d'années et je me suis intéressé à ces agrès, à cette approche du plateau et de la scène car je n'avais jamais jusque-là travaillé sur de la hauteur, de l'élévation. Je me suis retrouvé face à un dispositif qui ne pouvait que me bousculer et m’amener ailleurs avec les danseurs. Et ça été une aventure pas évidente mais passionnante parce que les danseurs ont été totalement bousculés par l’agrès qui peut être une contrainte même si, avec le temps, il apporte quelque chose d'assez intéressant avec cette impression de vol. Cette contrainte a-t-elle été plus grande qu'imaginée ou est-ce qu'assez rapidemen

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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Who runs the world ? Anne Teresa De Keersmaeker !

Danse | L'immense chorégraphe belge flamande présente, à la MC2 du mercredi 20 au vendredi 22 mars, sa pièce culte "Rosas Danst Rosas" créée il y a vingt-six ans.

Aurélien Martinez | Lundi 18 mars 2019

Who runs the world ? Anne Teresa De Keersmaeker !

Les chorégraphes qui ont marqué (et qui marquent toujours) l’histoire de la danse contemporaine aiment souvent revenir en arrière et donner une nouvelle fois leurs spectacles fondateurs – une démarche plutôt sympathique pour la partie du public qui n’était pas née (ou avait autre chose à faire) lors de la création. C’est ainsi ce à quoi s’emploie depuis plusieurs années l’immense Anne Teresa De Keersmaeker, artiste au langage reconnaissable entre mille : un art à la précision millimétrée (elle est passionnée par les mathématiques) toujours en osmose avec la musique (souvent répétitive) et libérant une folle énergie. Voici donc Rosas Danst Rosas, pièce radicale créée en 1983 que le site de la Flamande présente tout simplement comme « un spectacle devenu depuis lors une véritable référence dans l’histoire de la danse postmoderne ». Une aventure pour quatre danseuses faite de « mouvements abstraits qui constituent la base d’un riche contrepoint chorégraphique dominé par la répétition » qu’on s’empressera d’aller (re)découvrir, après en avoir aperçu des bouts en 2011 dans le clip Countdown de Beyoncé – c

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"Fúria" : le tourbillon de la (dure) vie

Danse | La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues sera mardi 15 et mercredi 16 janvier à la MC2 avec un nouveau spectacle furieusement réussi.

Aurélien Martinez | Mardi 8 janvier 2019

Il y a des propositions qui plongent le public dans un tourbillon intense, le prennent par les tripes pour le laisser à la fin de la représentation dans un état proche de la sidération. Fúria de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues est de celles-ci. Soit un spectacle qui monte, qui monte, qui monte… Et qui explose grâce à neuf interprètes à l’investissement et la technicité (on les croirait pris de spasmes) dingues. Comme un immense cri chorégraphié orchestré par une artiste brésilienne soixantenaire qui compte sur la scène internationale – on a d’ailleurs souvent pu la voir dans l’agglo avec des créations fortes comme Pindorama, Pororoca ou encore Incarnat. Une danse sans frontières et pétrie de références sociopolitiques (celle qui crée ses spectacles dans la favela de Maré, à Rio de Janeiro, là où sa compagnie est basée, a fait de nombreuses recherches en amont, notamment sur la place des Noirs au Brésil) pour une pièce qui n’écrase pourtant pas le spectateur, bien au contraire : libre à chacun de mettre ou non des mots ou des idées derrière les images proposées et savamment construites – tout

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"Comme un trio" : trois à l’étroit

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta sera à la MC2 du mardi 11 au samedi 15 décembre avec sa nouvelle création basée sur le "Bonjour Tristesse" de Françoise Sagan.

Aurélien Martinez | Mardi 4 décembre 2018

Il y a les spectacles de Jean-Claude Gallotta qui s’épanouissent sur les grands plateaux et dans lesquels les interprètes du fameux chorégraphe déploient au mieux la grammaire "gallotienne" à l’œuvre depuis 40 ans. Citons par exemple le dytique My Rock / My Ladies Rock, qu’on prend toujours plaisir à revoir, le tendu Ivan Vaffan, recréé en 2013, ou encore le très réussi Homme à tête de chou, qui aura dix ans l’an prochain – et auquel on repense en ce moment alors que sort un album posthume d’Alain Bashung (qui, pour cette création, avait repris la partition de Gainsbourg). Et il y a les autres, ces petites formes où le Grenoblois se concentre sur une poignée de corps. Comme un trio, sa dernière création en date dévoilée en septembre, est de celles-ci. Sur scène, trois danseurs jouent avec les affres de

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"My Rock" et "My Ladies Rock" : let’s dance, again

Danse | Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 novembre 2018

Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en 2005 et repris mardi 27 novembre : l’un des tubes du chorégraphe grenoblois dans lequel il fait danser ses interprètes sur des morceaux cultes de l’histoire du rock signés Elvis Presley, Nirvana, les Clash, les Rolling Stones, Patt Smith… Une playlist de luxe qui rend forcément le public complice, et qui permet alors aux tableaux de groupe comme aux petites formes plus intimes de s’épanouir en quelque trois minutes. Puis My Ladies Rock, créé en 2017 et à (re)voir du mercredi 28 au vendredi 30 novembre : le même principe, mais cette fois centré uniquement sur des artistes femmes, Gallotta s’étant rendu compte que dans le premier volet, il avait inconsciemment, et comme finalement toute l’histoire du rock, privilégié les hommes. Où l’on entend donc Patti Smith à nouveau, mais aussi Marianne Faithfull, Aretha Franklin, Jan

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Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Comme un trio « La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu’on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu’écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d’intention de sa prochaine création qu’il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup. À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre À l’Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre À l’Oriel (Varces) samedi 29 septembre SEИS La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirol

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Maguy Marin : « On devrait tous se lever et agir »

Danse | Immense danseuse et chorégraphe multiprimée, Maguy Marin, enfant d’exilés du franquisme, n'a de cesse, depuis 40 ans, de mettre son art au service de la résistance à la violence du monde. Ce qu’elle démontre une nouvelle fois avec sa dernière création "Deux mille dix sept" et la transmission d'une de ses œuvres phares ("May B") à de jeunes danseurs brésiliens ; deux pièces à découvrir à la MC2. Rencontre en amont.

Nadja Pobel | Lundi 23 avril 2018

Maguy Marin : « On devrait tous se lever et agir »

Vous êtes une chorégraphe bien installée dans le paysage de la danse contemporaine française, avec pas mal de "tubes" à votre actif – May B (1981), Cendrillon (1985), Description d'un combat (2009), Bit (2014)… À côté de ce travail de création, la transmission est aussi un de vos engagements, comme l’on peut s’en rendre compte avec le spectacle De Sainte-Foy-lès-Lyon​ à Rio : May B à la Maré, une fraternité… Maguy Marin : May B a traversé 35 ans, plus de 90 danseurs l'ont dansé dont des jeunes, moins jeunes, expérimentés ou non. Il y a eu un brassage de différents parcours. C’est un vrai établi de travail qui offre des outils à de jeunes danseurs : c'est ce rapport générationn

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"May B" : danse-la comme Beckett

Danse | La création culte de Maguy Marin sera reprise à la MC2 du mercredi 25 au vendredi 27 avril par la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues sous le nom de "De Sainte-Foy-lès-Lyon​ à Rio : May B à la Maré, une fraternité". Immanquable.

Nadja Pobel | Lundi 23 avril 2018

Avec De Sainte-Foy-lès-Lyon​ à Rio : May B à la Maré, une fraternité, c'est une page de l'histoire de la danse que nous verrons à la MC2. Cette pièce n'a jamais cessé d'être présentée depuis sa création en 1981, à l'exception de pauses de deux ou trois ans : dingue ! La danseuse Lia Rodrigues (dont les travaux chorégraphiques récents ont été vus à Grenoble – Pindorama, Pororoca, Incarnat…) faisait alors partie de la distribution. Trente-cinq ans plus tard, elle l’a transmise aux élèves en formation continue de l'École de danse libre qu'elle a montée à la Maré, une des favelas les plus âpres de Rio de Janeiro. Le résultat est remarquable. Inspirée par l’œuvre du dramaturge Samuel Beckett (d’où le côté très danse-théâtre du résultat), May B posait déjà à l’époque tant d'éléments de ce qui fera la force du travail chorégraphique de Maguy Marin : une conscience politique aigüe des dominants et dominés mêlée à un souffle de vie qui affleure des décombres. Semblables à des zombies ayant passé des heures sous les gravas sans doute dus à un séisme ou des bomba

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50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Événement | Rendez-vous mardi 6 février au parc Paul-Mistral pour du grand spectacle.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Coup d’envoi cette fois-ci officiel (certains événements ont débuté depuis plusieurs mois) des festivités du cinquantenaire des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble 1968 ce mardi 6 février, dans une forme olympique ! Car les joggeurs, des plus amateurs aux plus confirmés, sont invités à se rendre au Village Olympique à partir de 17h30 pour une course lumineuse prévue sur 5 km. Le parcours passera par les lieux symboliques des JO, comme la MC2, le centre de presse Malherbe ou encore le Palais des sports, et s'achèvera au parc Paul-Mistral – l’arrivée se fera en fanfare avec la 27e Brigade d'Infanterie. Puis, à partir de 19h30, on aura droit à du spectaculaire avec notamment Souvenirs de 13 jours en France, spectacle mené par le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta et environ 100 danseurs, puis le fameux Fugue/trampoline du circassien Yoann Bourgeois – « le spectacle d’un homme qui monte le haut d’un escalier, qui chute et rebondit. Pour moi, une synthèse de l’existence » détaillait-il lors de la conférence de presse officielle. La soirée se terminera par un spectacle pyrotechnique tiré depuis les gradins de l’Anneau de vitesse.

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"Un poyo rojo" : coqs sportifs

Spectacle inclassable | Auréolé d’un succès international, "Un poyo rojo" des Argentins Alfonso Barón et Luciano Rosso débarque au Théâtre municipal de Grenoble. Un duo sans paroles (mais avec musique) entre deux coqs qui n’ont pas uniquement prévu de se combattre, bien au contraire. Savoureusement queer.

Aurélien Martinez | Lundi 13 novembre 2017

Le Off du Festival d’Avignon est chaque été une guerre qui, si elle est traversée par la plupart des compagnies dans l’indifférence polie (plus de 1000 spectacles s’affrontent pour espérer récolter les faveurs d’un public sursollicité), profite tout de même à certains, rares, qui en sortent auréolés de gloire. En 2014 et 2015, l’une des propositions pour laquelle il fallait se battre si l’on voulait obtenir une place était celle de deux Argentins baptisée Un poyo rojo. Chaque soir, le duo faisait s’engouffrer dans sa salle transformée en étuve des dizaines de spectateurs très vite conquis qui participèrent ensuite grandement à un bouche à oreille plus que favorable. Ces fans de la première heure ont ainsi offert une visibilité énorme à cette création atypique qui, après un report de tournée il y a deux ans dû à la blessure d’un des deux interprètes, se retrouve aujourd’hui jouée dans toute la France, dans la continuité de l’impressionnant succès qu’elle connaît depuis sa création en 2008 à Buenos Aires. Chimie physique, entre nous Dans les vestiaires d’une salle de sport propice à tous les délires virils, deux hommes se j

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Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

ACTUS | Comment un chorégraphe peut-il transmettre ses œuvres aux générations futures, et comment conserve-t-on des chorégraphies qui ont plusieurs siècles ? Réponse à cette simple question avec le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

« Au XVIIIe siècle, ce sont surtout les danseurs qui se transmettaient les œuvres entre eux, de façon orale ou visuelle. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que des gens comme Rudolf Laban ont commencé à se pencher sur l’écriture de la danse. Il a ainsi développé une méthode de notation qui fait se déplacer un corps dessiné sur une partition verticale. D’autres méthodes similaires voient le jour, mais elles restent des pratiques d’érudits. » Et aujourd’hui ? « Les choses commencèrent vraiment à bouger avec l’arrivée de la danse moderne et de l’image. Les gens n’ont plus besoin d’étudier de la même façon. Ils peuvent simplement regarder une image et reproduire le geste. Personnellement, quand je dois monter mes pièces, je décompose les mouvements grâce à la vidéo pour que les étudiants puissent voir et reproduire les gestes en détail. La transmission d’une danse est en réalité une affaire très personnelle, et chaque chorégraphe fait un peu à sa façon. Il n’y a pas de méthode unique. Certains vont par exemple refuser de montrer les mouvements, en faisant tout passer par l’oral. C’est une façon de faire plus fréquente dans la danse contemporaine, qui laisse p

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"Volver" : les amours "gallottiennes" d'Olivia Ruiz

Danse | Le spectacle du chorégraphe Jean-Claude Gallotta est donné à la MC2 les 3 et 4 mars.

Aurélien Martinez | Mardi 28 février 2017

Entre la chanteuse Olivia Ruiz et le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta, c’est une histoire d’amour qui dure (ils s’étaient déjà rencontrés sur la scène de la MC2 en 2013). La première, qui vient de sortir son cinquième album, illumine ainsi la dernière création du second, dans laquelle elle danse (entourée de fidèles interprètes "gallottiens") mais surtout chante – logique. Une sorte de comédie musicale sur la vie d’une jeune immigrée espagnole (fortement inspirée de l’histoire d’Olivia Ruiz, même si l’on reste dans la fiction) où ses chansons répondent à la narration. Bien que les ficelles soient parfois trop grosses (la voix off notamment, qui veut absolument que le récit se raccroche à tous les titres chantés), il en découle un spectacle plutôt plaisant. C’est déjà ça. Volver À la MC2 vendredi 3 et samedi 4 mars

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"Trois Grandes Fugues" : un quatuor pour trois chorégraphes

Danse | Superbe affiche de rentrée à la MC2 pour le fameux Ballet de l'Opéra de Lyon qui reprend les "Grandes Fugues" magistrales de Maguy Marin et d’Anne Teresa de Keersmaeker. Et s’approprie celle de Lucinda Childs, venue spécialement à Lyon cet été pour la créer. Jean-Emmanuel Denave et Nadja Pobel

La rédaction | Vendredi 23 décembre 2016

Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaeker, et maintenant Lucinda Childs... Que de succès féminins pour Ludwig van Beethoven et sa Grande Fugue, l'une de ses dernières pièces musicales composée entre 1824 et 1825. Ces trois grandes dames de la danse ont, chacune dans leurs univers dissemblables, été fascinées par ce quatuor à cordes, controversé à l'époque de sa création et aujourd'hui considéré comme le sommet de l’œuvre de l’Allemand. Car Beethoven y entremêle la puissance d'expression dramatique qu'on lui connaît à une forme de composition des plus complexes : une savante combinaison de sonate, de fugue et de variation, ainsi qu'une structure contrapuntique. Inventant sa danse au plus proche des partitions musicales qu'elle entreprend de travailler, on imagine alors la jubilation d'Anne Teresa de Keersmaeker devant un tel monstre sacré. Sa Grande Fugue, créée en 1992 et transmise au Ballet de l'Opéra de Lyon en 2006, dessine, avec huit interprètes

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Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Panorama 2016/2017 | Avec des nouveautés, des reprises, des stars et même un concours. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Pindorama La Brésilienne Lia Rodrigues, chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, voit la danse comme un combat. Après des passages à la Rampe ou à l’Hexagone, elle sera cette saison à la MC2 avec un Pindorama (un mot qui, dans la langue tupi, désigne le Brésil d’avant la colonisation) que nous n’avons pas vu mais qui nous intrigue fortement. Attention, choc possible, surtout que le dispositif scénique (qu’on ne dévoilera pas) fera tout pour le renforcer. À la MC2 du mercredi 16 au vendredi 18 novembre ______ [re]connaissance Un concours de danse ? Oui ! Sur deux soirs, douze compagnies de toute la France (voire de l’étranger pour certaines) présentent une pièce courte pour trois à cinq danseurs. Un temps fort appréciable vu la diversité remarquable que l’on découvre chaque année dans la salle qui accueille le concours. Et un temps fort ludique, les spectateurs étant amenés à voter pour décerner l’un des trois prix qui, justement, offriront une im

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Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

SCENES | Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 22 juin 2016

Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant de découvrir sa prochaine création la saison prochaine à la MC2, direction le parc d’Uriage ce samedi 25 juin pour la première édition du festival Uriage en danse. Avec plusieurs spectacles (dont un centré sur d’anciennes pièces de l’artiste) et un bal en clôture à partir d’une de ses chorégraphies. Plus d'infos ici.

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Josette Baïz s'offre de vrais Roméo et Juliette

SCENES | La chorégraphe à la tête du Groupe Grenade propose une version dansée de la pièce de Shakespeare dans laquelle les rôles sont tenus par des interprètes de l'âge des personnages de Shakespeare – des ados. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 1 mars 2016

Josette Baïz s'offre de vrais Roméo et Juliette

Dans la pièce culte de Shakespeare, Roméo et Juliette sont des gamins : Juliette n’a même pas quatorze ans comme précisé dans l’une des premières scènes, et si l’âge de Roméo n’est pas mentionné, on l’imagine lui aussi très jeune. Par facilité ou simple envie de s’affranchir des indications de l’auteur, de nombreux metteurs en scène et cinéastes ont utilisé des comédiens plus vieux pour camper les deux amoureux tragiques – Leonardo DiCaprio avait déjà dépassé les vingt ans dans le clinquant Roméo + Juliette de Baz Luhrmann. Pour le passage de l’histoire par la case danse, la chorégraphe Josette Baïz a décidé de s'offrir deux amants du bon âge : facile pour elle vu qu’elle est à la tête du Groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d'Aix-en-Provence et de Marseille. Mais des enfants et adolescents au niveau technique digne de professionnels, comme on a pu s’en rendre compte dans toutes les pièces de la compagnie, Roméo et Juliette incluse. Au vu des extraits qui nous ont été fournis, cette nouvelle proposition semble renfermer toute la force du drame shakespearien, même si la chorégraphe s’est éloignée d’une transcription

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PB d'or 2015 : théâtre et danse

SCENES | Cette année, deux spectacles de théâtre nous ont fait un bien fou. Et un ponte de la danse a dû faire ses cartons.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : théâtre et danse

Le PB d’or des spectacles grenoblois qui font du bien : Rue des voleurs (Bruno Thircuir) et Mon frère, ma princesse (Émilie Le Roux) Que ce soit avec le roman Rue des voleurs de Mathias Énard (sur un jeune ­Marocain qui finira à Barcelone) ou la pièce jeune public Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon (sur un gamin de cinq ans qui veut simplement porter des robes), deux metteurs en scène grenoblois (Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies et Émilie Le Roux des Veilleurs) ont, cette année, embrassé avec finesse des thèmes sociétaux forts pourtant sujets aux crispations et aux délires les plus dingues – la question des migrants pour l’un et celle des études de genre pour l’autre. En a résulté deux spectacles dépassionnés et, surtout, passionnants qui illustrent parfaitement comment des artistes peuvent défendre un discours humaniste et intelligent simp

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Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

ACTUS | On a le nom du successeur (ou plutôt des successeurs) de Jean-Claude Gallotta. Ils entreront en fonction le 1er janvier 2016.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 octobre 2015

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

Après trente ans passés à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, outil installé au sein de la MC2, Jean-Claude Gallotta a été sommé de passer la main. Un appel à candidature a donc été lancé pour trouver son successeur, et d'une première sélection sont sortis en juillet dernier deux dossiers : d'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Vu la renommée et le parcours différents des artistes, le duo semblait en bonne voie pour remporter la mise. Ce que le dernier tour, qui a eu lieu mardi 29 septembre, a conf

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Gallotta loves rock ’n’ roll !

Danse | Jean-Claude Gallotta reprend "My Rock", créé en 2004 pour l’ouverture de la MC2. Un spectacle qui lie danse contemporaine et standards du rock – Dylan, les Beatles, les Stones, Nirvana… Et une véritable réussite qui fait un bien fou.

Aurélien Martinez | Mercredi 30 septembre 2015

Gallotta loves rock ’n’ roll !

Il se passe souvent quelque chose de magique lorsque le spectateur entend sur scène une chanson populaire. Comme si la barrière imaginaire entre les artistes et le public s’effondrait, comme si une nouvelle langue commune et on ne peut plus accessible venait d’être inventée (The Show must go on de Jérôme Bel est un sommet dans le genre). Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta est un spécialiste de la chose : du Gainsbourg chanté par Bashung dans L’Homme à tête de chou, du Delpech dans Racheter la mort des gestes… Et, aujourd’hui, les plus grandes stars du rock dans le bien nommé My Rock. Enfin, aujourd’hui mais aussi hier, My Rock étant la reprise d’une pièce créée il y a plus de dix ans que le Grenoblois souhaite donc à nouveau adresser au public : une ex

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Danse : une saison, cinq spectacles

SCENES | On a épluché les programmations des différentes salles de l'agglo qui proposent de la danse. On a retenu cinq propositions, à base d'Akram Khan, de Kaori Ito, de Josette Baïz, d'Arcosm ou encore de Chicos Mambo.

Aurélien Martinez | Lundi 14 septembre 2015

Danse : une saison, cinq spectacles

Sublime « Arcosm, une nouvelle compagnie en résidence pour trois saisons » : voilà, la plaquette de la Rampe d’Échirolles confirme la nouvelle. L’excellente nouvelle même, le danseur et chorégraphe Thomas Guerry et le musicien et compositeur Camille Rocailleux ayant mis en place en presque quinze ans un univers artistiquement fort matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès, ou dans des pièces aussi originales que, par exemple, La Mécanique des anges. Un univers où la danse côtoie la musique le plus simplement du monde, comme une évidence. On pourra donc suivre de près la naissance de leurs deux prochaines créations présentées sous forme d’un dytique : Sublime cette saison, proposition tout public pour quatre interprètes sur le paraître, l’apparence et toutes les dérives qui en découlent, et Subliminal à l’automne 201

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L'Étranger : Gallotta en situation irrégulière

SCENES | C’est l’un des romans les plus célèbres du siècle dernier. Le voilà transposé sur scène par Jean-Claude Gallotta, qui a sorti de la trame narrative quelques (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 11 juin 2015

L'Étranger : Gallotta en situation irrégulière

C’est l’un des romans les plus célèbres du siècle dernier. Le voilà transposé sur scène par Jean-Claude Gallotta, qui a sorti de la trame narrative quelques images propices à des tableaux dansés entrecoupés par les mots d’Albert Camus (car oui, on parle ici de L’Étranger) lus par Gallotta en voix off. Sur le plateau, trois fidèles danseurs de la compagnie semblent figurer tour à tour les différents personnages, même si le chorégraphe se limite à quelques évocations qui n’enferment aucun des interprètes dans un rôle. « Je voulais offrir une traduction physique aux mots de Camus » explique-t-il dans l’interview qui lui sert de note d’intention. C’est fait, poliment, dans l’ordre chronologique, rappelant par moments son précédent spectacle

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Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

ACTUS | Le ministère de la culture souhaite un nouveau directeur pour le Centre chorégraphique national, qui était dirigé depuis 1984 par Jean-Claude Gallotta

Aurélien Martinez | Mardi 7 avril 2015

Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

« Pour moi, le CCN n’est qu’un outil – qu’on a fabriqué d’ailleurs ! Je suis à Grenoble, j’ai besoin d’un atelier. Qu’on l’appelle l’Orangerie, le CCN ou la Maison de la culture, c’est pareil. Je demande juste des moyens pour continuer à travailler. Et si ça peut se faire à Grenoble, j’aime autant. » Voilà ce que nous déclarait le chorégraphe Jean-Claude Gallotta en 2012, lorsqu’à l’occasion de la reprise de son très beau Racheter la mort des gestes, nous l’interrogions sur sa longévité à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG) qu’il dirige depuis 1984. Une situation assez inédite dans un milieu culturel où le jeu des chaises musicales est de mise, dans un souci de partage de ces outils issus des politiques de décentralisation culturelle impulsées dans les années 1980. Mais Grenoble ne fera désormais plus exception puisque le ministère de la culture a décidé que Jean-Claude Gallotta allait devoir laisser sa place à un nouveau chorégraphe qui entrera en fonction en janvier 2016. Alors que lui se voyait

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Danse avec les pixels

Danse | Mourad Merzouki, c'est une signature forte que l'on reconnaît d'emblée sur scène : celle d'un hip hop généreux et parfaitement maîtrisé renforcé par des (...)

Aurélien Martinez | Mardi 2 décembre 2014

Danse avec les pixels

Mourad Merzouki, c'est une signature forte que l'on reconnaît d'emblée sur scène : celle d'un hip hop généreux et parfaitement maîtrisé renforcé par des apports variés – notamment la danse contemporaine et les arts du cirque. Son nouveau spectacle Pixel ne déroge donc pas à la règle, et la suit même parfaitement. Mais la grande réussite de cette aventure, et plus largement de la plupart des précédentes, vient des mariages que le chorégraphe invente : récemment avec la musique classique du Quatuor Debussy (Boxe boxe), avec des danseurs cariocas (Käfig Brasil) ou encore avec les prodiges des arts numériques que sont Adrien Mondot et Claire Bardainne pour ce fameux Pixel. Un spectacle créé à six mains d'une grande fluidité où aucun des deu

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Mourad Merzouki : « Travailler sur l’image, la beauté, la poésie »

Danse | "Pixel", c’est la rencontre au sommet entre le chorégraphe Mourad Merzouki, star d’un hip hop généreusement éclatant, et les deux poètes des arts numériques Adrien Mondot et Claire Bardainne. Une véritable réussite. On a profité du passage par Meylan de ce spectacle créé il y a trois semaines pour interroger Mourad Merzouki. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 2 décembre 2014

Mourad Merzouki : « Travailler sur l’image, la beauté, la poésie »

Quand vous avez découvert le travail d’Adrien Mondot et Claire Bardainne, dont la démarche est de « placer l’humain au centre des enjeux technologiques et le corps au cœur des images », vous avez tout de suite été « fasciné »… D’où l’idée de collaborer ensemble ? Mourad Merzouki : On est de plus en plus entourés d’art numérique. Quand j’ai découvert leur travail, j’ai tout de suite aimé leur côté singulier. On n’est pas dans de la vidéo décorative, trop chargée, mais dans un rapport à l’image épuré avec un aspect en trompe-l’œil bluffant qu’apportent leurs images. J’ai tout de suite eu envie d’imaginer une chorégraphie dans un espace qui serait porté par leur univers. Vos deux univers sont pourtant très distincts l’un de l’autre – le hip hop pour vous, les arts numériques pour eux… Oui. Du coup, le projet a été complexe à monter. Il fallait que j’imagine une structure qui puisse être dans un réel équilibre entre la danse et les arts numériques. Ça reste un spectacle de danse, mais en même temps, je voulais un vrai dialogue entre ces deux arts pour ne pas que l’on voie juste deux un

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Mon voisin Gallotta

SCENES | Créée en 1984, la pièce "Yvan Vaffan" de Jean-Claude Gallotta revient cette semaine à la MC2. Une synthèse parfaite de l’univers du plus grenoblois des chorégraphes. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 28 octobre 2014

Mon voisin Gallotta

La relation qu’entretient le chorégraphe Jean-Claude Gallotta, aux commandes du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis plus de 30 ans (aujourd’hui hébergé au sein de la MC2), avec la ville qui l’a vu naître est bien installée : un amour sincère entre un public fidèle et un artiste dont on connaît parfaitement l’univers, ce qui peut être parfois lassant – la routine, ça n’arrive pas qu’aux autres. Mais un artiste auprès duquel on revient sans cesse, au vu de son parcours hors norme et de son importance dans le paysage chorégraphique contemporain. Une importance que l’on redécouvre notamment ces dernières années à travers la recréation par lui-même de plusieurs de ses pièces phares, comme Daphnis é Chloé, L’Enfance de Mammame ou encore Yvan Vaffan. Yvan le guerrier Cette dernière, dévoilée en 1984, installa l’idée de tribu gallotienne autour de la figure romancée d’un danseur échappé du ballet de l’opéra d’Istanbul. « "Tribu" parce que garçons et filles se donnaient des airs de guerriers et d’amazones incontrôlables venus d’on ne sait quelle Mongolie, harnachés comme des barbares, barbus, vêtus de loques et de strass, agi

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100 % Gallotta

SCENES | Alors que la question de la fusion (ou non) du Centre chorégraphique national de Grenoble et de la MC2 se pose toujours (à l’imagine de celle du CDNA et (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

100 % Gallotta

Alors que la question de la fusion (ou non) du Centre chorégraphique national de Grenoble et de la MC2 se pose toujours (à l’imagine de celle du CDNA et de la MC2 l’an passé), son directeur Jean-Claude Gallotta continue de revisiter son impressionnant répertoire. Cette saison, la MC2 propose ainsi de nouveau la très pertinente reprise d’Yvan Vaffan (photo) dévoilée en 2013, à l’énergie visiblement intacte (oui, visiblement, comme on n’avait pas vu l’original il y a trente ans), ainsi qu’une nouvelle relecture (qui sera aussi donnée dans diverses salles de l’agglo) de L’Enfance de Mamamme, pièce jeune public de 2002. Avant de dévoiler en juin, toujours à la MC2, L’Étranger, dernière création de Gallotta d’après le roman d’Albert Camus. AM Yvan Vaffan, du mardi 4 au jeudi 6 novembre, à la MC2 L’Enfance de Mammame, vendredi 12 décembre au Pot au noir (Saint-Paul-Les-Monestiers ), dimanche 14 au Diapason (Saint-Marcellin), du vendredi 19 au

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Pétard mouillé

SCENES | Si l’on veut voir le verre à moitié plein, on la jouera à la suisse en expliquant avoir été déçus en bien. Car le Britannique Akram Khan et l’Espagnol Israel (...)

Aurélien Martinez | Mardi 3 juin 2014

Pétard mouillé

Si l’on veut voir le verre à moitié plein, on la jouera à la suisse en expliquant avoir été déçus en bien. Car le Britannique Akram Khan et l’Espagnol Israel Galván sont deux danseurs-chorégraphes absolument fabuleux à la technique sidérante – côté kathak (une danse ancestrale indienne) pour le premier, côté flamenco pour le second. Il n’y a qu’à les regarder habiter la scène pour se rendre à l’évidence : nous avons deux géants devant nous. Sauf que Torobaka se voulait plus que ça. On devait assister à la rencontre de deux univers forts, comme on l’expliquait ici. Et là, le verre est à moitié vide. Si tout commence assez bien, avec un jeu entre eux et les quatre musiciens sur les sons que font leurs danses et un travail d’entremêlement sonore efficace entre les deux esthétiques, la sauce ne prend jamais, le spectacle se transformant rapidement en succession de tableaux sans véritable enjeu dramatique. D’où une heure de représ

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Choc au sommet

SCENES | Le dernier spectacle de la saison de la MC2 est aussi l’un des plus attendus. Soit la rencontre sur scène entre deux monstres sacrés de la danse contemporaine : le Britannique Akram Khan (qui clôture sa résidence grenobloise) et l’Espagnol Israel Galván. Zoom sur une aventure dont on ne sait finalement pas grand-chose ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 27 mai 2014

Choc au sommet

Un vent de mystère plane autour du spectacle Torobaka, en création en ce moment à la MC2, avant une première mondiale prévue le lundi 2 juin. Pas de possibilités d’assister à des répétions ou à un filage, pas d’interviews accordées à deux semaines des représentations... Du coup, on est obligés de lire de fond en comble le dossier de presse – ce qui, au passage, ne nous arrive pas si souvent ! « La tradition est comme de l'oxygène le jour, et la nuit du dioxyde de carbone. La tradition d’Israel serait le flamenco, le kathak serait mon oxygène. Cela fait de nombreuses années que j’ai soif d’un espace où ces traditions respectives puissent coexister l’une avec l’autre pour créer une nouvelle dynamique de danse. Mais la raison pour laquelle j’attendais était simplement que je n'étais pas inspiré par l’idée de faire ce que d'autres artistes avant nous ont tenté, et qui consistait à illustrer un lien entre les deux traditions. Comment briser le moule ou la tradition de l'intérieur? Ce n'est que lorsque j'ai finalement vu Israel danser que je me suis rendu compte qu’il était l’artiste que j’attendais pour parcourir cette route de découverte et d’anarchie. » Ai

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Le blues des intermittents

ACTUS | Fatigués d’être pris pour cible et constamment attaqués, les intermittents du spectacle (artistes et techniciens) haussent le ton au moment où leur régime est renégocié à la baisse. Et proposent de repenser ce modèle perfectible mais néanmoins capital pour ce qu’il est coutume d’appeler « l’exception culturelle française ». Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 avril 2014

Le blues des intermittents

Manifestation, interruption du JT de France 2, perturbation de réunion politique... : depuis quelques semaines, les intermittents du spectacle sont revenus sur le devant de la scène médiatique. La mobilisation est nationale, avec des actions prévues en marge des grands événements culturels des prochaines semaines (comme le vendredi 25 avril au Printemps de Bourges). À Grenoble, on s’organise aussi, au sein d’un collectif dont on a rencontré quelques membres jeudi 17 avril à la Bobine. Leur but : « informer et agir ». Niveau information, le boulot est immense, tant le régime des intermittents peut être difficile à comprendre de l’extérieur, d

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Danse haut de gamme

SCENES | Depuis une trentaine d’années, c’est vers la musique classique ou contemporaine que portent tous les efforts de la chorégraphe flamande Anne Teresa De (...)

Aurélien Martinez | Mardi 15 avril 2014

Danse haut de gamme

Depuis une trentaine d’années, c’est vers la musique classique ou contemporaine que portent tous les efforts de la chorégraphe flamande Anne Teresa De Keersmaeker. La danse et la musique, ce vieux couple ancestral abandonné par beaucoup, qu’elle ne cesse, quant à elle, d’analyser, décortiquer, frotter l’un à l’autre, en créant notamment ses pièces par annotations quasi musicales : canons, contrepoints, variations… Pour sa dernière création, elle s’est confrontée au Vortex Temporum, œuvre de Gérard Grisey, compositeur français de la seconde moitié du XXe siècle. Sur scène, les musiciens d’Ictus (ensemble belge de musique contemporaine) interprètent donc la partition spectrale de Grisey aux côtés des danseurs de la compagnie Rosas. Un croisement, sorte de « tourbillon des temps », que la chorégraphe a savamment orchestré via des lignes sur le sol aux architectures complexes – nous avons eu droit à une passionnante conférence sur le sujet le soir où nous avons découvert le spectacle. Un spectacle du coup très (voire trop) intellectualisé, intimidant parfois, qui reste tout de même un fascinant voyage dans l'univers d'une des plus grandes chorégrap

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Royal récital-chorale

SCENES | Il a inventé, exporté et institutionnalisé (au bon sens du terme) la danse hip hop à la française. Restait à la transmettre. Le pétillant Mourad Merzouki n’est (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2014

Royal récital-chorale

Il a inventé, exporté et institutionnalisé (au bon sens du terme) la danse hip hop à la française. Restait à la transmettre. Le pétillant Mourad Merzouki n’est jamais à cours d’idées, et voilà que seize ans après avoir créé Récital, il remet le couvert avec cette pièce chorégraphique fondatrice de son répertoire devenue un classique. En 1998, ils sont six sur scène et appartiennent à Käfig, une compagnie dont ils ne doutent pas qu’elle fera le tour du monde. Depuis, Merzouki, 41 ans, a été décoré de multiples fois par le ministère de la culture, s’est vu confié la direction d’un centre chorégraphique national (à Créteil), a construit un centre de formation / lieu de diffusion et un festival à Bron. Le voilà donc revenu à Récital. Ils sont désormais quarante, quatre générations au plateau : Merzouki lui-même, toujours fou de joie de fouler la scène, mais aussi des gosses qui marchent avec talent dans les pas du maître. La bande son mêle hip hop et notes orientales, les corps se saccadent comme traversés par une onde, les séquences de ballet collectif (qui prennent une allure d’heureuse meute) alternent avec des performances plus individuelles voi

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Encore une fois

SCENES | Les salles de spectacle aiment la nouveauté. Mais elles ne se privent pas, parfois, de reprendre une création déjà passée dans le coin – voire même dans leurs murs. Tour d’horizon des quelques reprises immanquables de cette deuxième partie de saison. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Encore une fois

En février 2013, nous offrions l’une de nos unes au comédien Nicolas Lambert pour son Avenir radieux, une fission française. Un spectacle programmé alors dans trois salles de l’agglo, et que reprendra fin janvier le Diapason de Saint-Marcellin. Une création immanquable par la pertinence de son propos et l’intelligence de son concepteur, qui a effectué un véritable travail d’enquête sur le monde très secret du nucléaire. « Je m’efforce simplement d’avoir un regard de péquenot moyen » nous expliquait-il en interview. Sur scène, il campe donc les différents acteurs du dossier, du technocrate au politicien, en passant par le militant ou le citoyen lambda. Le tout en s’amusant ; car oui, Nicolas Lambert fait avant tout du théâtre. De l’excellent théâtre même. Avenir radieux, une fission française, vendredi 24 janvier à 20h, à la sa

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Les stars

SCENES | Le spectacle Vortex Temporum ? Un Anne Teresa De Keersmaeker mineur et trop intellectualisé qui reste tout de même un fascinant voyage dans l'univers (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Les stars

Le spectacle Vortex Temporum ? Un Anne Teresa De Keersmaeker mineur et trop intellectualisé qui reste tout de même un fascinant voyage dans l'univers d'une des plus grandes chorégraphes de sa génération. Rien que pour ça, les amateurs de danse se doivent d’être à la MC2 entre le 23 et le 25 avril. Ils se doivent aussi d’être à la MC2 début avril (les 1er et 2) pour découvrir Tauberbach, la nouvelle création d’Alain Platel des Ballets C de la B (que nous n’avons pas vue). « Comment (sur)vivre avec dignité quand il nous reste très peu ? » se demande l’un des plus grands chorégraphes européen (qui est belge, comme Anne Teresa De Keersmaeker) ? On lui fait confiance pour trouver la réponse. Et l’on se dit que la MC2 a quand même une prog danse qui envoie du lourd !

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Akram Khan, Israel Galván et les Ballets jazz de Montréal

SCENES | Feu d’artifice Rencontre au sommet prévue du 2 au 7 juin à la MC2 entre Akram Khan et Israel Galván. Soit deux monstres sacrés de la danse contemporaine, qui (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 9 janvier 2014

Akram Khan, Israel Galván et les Ballets jazz de Montréal

Feu d’artifice Rencontre au sommet prévue du 2 au 7 juin à la MC2 entre Akram Khan et Israel Galván. Soit deux monstres sacrés de la danse contemporaine, qui chacun à sa manière transcende un art ancestral – le kathak pour Khan, le flamenco pour Galván. Le temps fort de la fin de saison, dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose, mais dont on attend énormément. Patience. Quand le jazz est là Les Ballets jazz de Montréal, fondés en 1972, bénéficient d’une excellente réputation. Leur envie ? « Faire vivre des émotions par une danse actuelle. » Ils seront à la Rampe mardi 25 et mercredi 26 mars avec un programme de trois pièces (Zero in on, Night Box et Harry). On ira découvrir ça avec plaisir.

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"L’Histoire du soldat / L’Amour sorcier" : mention assez bien

Spectacle | Réunir les trois directeurs des centres de création affiliés à la MC2 pour un spectacle forcément événement : voilà le projet du diptyque composé de "L’Histoire du soldat" d'Igor Stravinsky et de "L’Amour sorcier" de Manuel de Falla. Avec donc aux commandes Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Pour une création agréable mais finalement assez convenue.

Aurélien Martinez | Jeudi 17 octobre 2013

C’est l’histoire de trois artistes (plus ou moins) installés dans les murs de la MC2, évoluant chacun dans son domaine (la musique classique pour Minkowski, la danse contemporaine pour Gallotta et le théâtre pour Osinski), livrant régulièrement de nouvelles propositions artistiques. Trois figures emblématiques d’une certaine culture grenobloise qui ont fini par bosser ensemble – une idée vieille comme le monde comme nous l’expliquait le trio en interview. Le fil directeur de leur réunion ? Un projet qui puisse laisser chacun de trois participants s’exprimer. Le choix effectué ? Un diptyque composé du ballet-opéra de chambre L’Histoire du soldat (1917) d’Igor Stravinsky et du ballet-pantomime L’Amour sorcier (1915) de Manuel de Falla, dévoilé mercredi 16 octobre à la MC2. La soirée se découpe donc en deux parties. On a d’abord droit à une Histoire du soldat tirée à quatre épingles, où l’histoire (justement) de ce soldat pactisant avec le diable se

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Les trois mousquetaires

SCENES | Casting de luxe pour le diptyque "L’Histoire du soldat" / "L’Amour sorcier". Aux commandes de ce double spectacle, qui sera dévoilé cette semaine, rien de moins que les trois artistes résidents de la MC2 : Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Du coup, on a rencontré les trois. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 11 octobre 2013

Les trois mousquetaires

La collaboration Marc Minkowski : Réunir les directeurs des trois centres de création de la maison, c’est en discussion depuis que je suis arrivé ici, il y a 17 ans. Le projet était déjà évoqué du temps de Laurent Pelly, le prédécesseur de Jacques, mais n’a jamais abouti...Jacques Osinski : Quand je suis arrivé en 2008, l’idée est revenue, mais elle a mis du temps à se matérialiser compte tenu des agendas de chacun. Et surtout du fait que l’on devait apprendre à se connaître...Jean-Claude Gallotta : Une fois le projet lancé, j’étais sur l’idée de l’amitié, de faire quelque chose ensemble. On est partis sur ces deux pièces, mais à la limite – et c’est un peu con ce que je vais dire ! –, ils auraient proposé n’importe quoi, j’aurais quand même accepté ! L’Histoire du soldat MM : Avec Jean-Claude, on a souvent parlé de Stravinsky, et notamment du Sacre du printemps, qu’on avait imaginé faire ensemble – mais ça ne s’est pas fait. Puis Jacques est arrivé dans la boucle : j’ai alors essayé d’imaginer une œuvre qui mélange nos trois disciplines. L’Histoire du soldat

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L'union des trois

MUSIQUES | Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 5 septembre 2013

L'union des trois

Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National des Alpes et le Centre Chorégraphique national de Grenoble – se retrouveront réunis sur un même plateau. Selon leurs affinités, chacun des directeurs a pris part au projet monté autour de L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky et de L'Amour sorcier de Manuel de Falla. Marc Minkowski ayant proposé dans le rôle de l'ardente gitane la non moins incandescente Olivia Ruiz, c'est à Jean-Claude Gallota qu'il échoit de régler les pas de danse tandis que Jacques Osinski officie à la mise en scène des intrigues. En toile de fond, la figure du mal et de l'amour. Ainsi le ballet-opéra de chambre de L'Histoire du soldat cristallise, par le gage avec le diable d'un violon contre le livre de la fortune, la concupiscence et la perte du soldat. Quant au ballet pantomime L'amour sorcier, c'est le spectre de l'ancien amant que vient contrarier l'union de la belle Candelas à son hidalgo. RLR L'Histoire du soldat / El Amor brujo, du mercredi 16 au samedi 19 octobre, à la MC2

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Pour un sacre avec toi

SCENES | Présentation de la création (dont la première mondiale a lieu à Grenoble), et retour critique sur la première représentation. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Mardi 7 mai 2013

Pour un sacre avec toi

Danse / Dix jours avant la première, la nouvelle création d’Akram Khan éblouit déjà. Si iTMOi (in the mind of Igor) accuse quelques longueurs et hésitations – c’est bien normal à ce stade de la production… –, ses contours sont bien dessinés, et le Sacre du printemps décapé par l’audacieux chorégraphe. De cette partition de Stravinsky (centenaire oblige), Akram Khan offre une lecture apaisée et maniérée. S’emparant de ce monument après Pina Bausch, Maurice Béjart, Angelin Preljocaj ou encore Jean-Claude Gallotta, il choisit quant à lui une sorte de contrepied en s’éloignant de sa matière première. Ainsi oublie-t-il la bande son originale pour n’en reprendre que des thèmes de loin en loin, restructurant l’ensemble de la pièce, dont la rudesse originelle se mue alors en inquiétude moderne plus sourde, moins stridente. Au sein de cette bulle sonore captivante, le rite du Sacre acquiert une dimension mythique, la rapidité des mouvements impressionne sans violence, la douceur s’immisce

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La nuit je flâne

ARTS | C’est le marronnier du printemps : la traditionnelle Nuit des musées, couplée depuis huit ans à la manifestation iséroise Musées en fête (pour les musées départementaux). L’occasion pour nous de mettre en avant les expositions à voir ou revoir ce week-end, et les animations organisées spécialement pour l’occasion. Suivez le guide. Laetitia Giry et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 3 mai 2013

La nuit je flâne

La Cage de Giacometti Expo / Énième événement au Musée de Grenoble, l’exposition consacrée au sculpteur Alberto Giacometti bat son plein depuis le début du mois de mars. Déjà plus de 50 000 visiteurs se sont bousculés dans les salles blanches présentant les œuvres du maître italien, et son travail autour de l’une de ses pièces maîtresses : La Cage. En marge de l’exposition, les ateliers pour les enfants sont toujours plus que complets, contribuant à une notoriété intergénérationnelle méritée. On ne saurait trop vous recommander d’aller jeter un œil à tout cela avant la retraite des œuvres dans les réserves de la Fondation Giacometti… Événement / Pour la Nuit des musées, le musée voit les choses en multiple : concert à l’auditorium, visite insolite des collections et diffusion de

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À base de pouet pouet pouet pouet

SCENES | Danse / Sous la direction de l’acclamé Mourad Merzouki, la compagnie Käfig fait son petit bonhomme de chemin à travers le monde depuis déjà seize années. Pour (...)

Laetitia Giry | Mercredi 13 mars 2013

À base de pouet pouet pouet pouet

Danse / Sous la direction de l’acclamé Mourad Merzouki, la compagnie Käfig fait son petit bonhomme de chemin à travers le monde depuis déjà seize années. Pour sa nouvelle création intitulée Käfig Brasil, le sieur s’est entouré de onze danseurs cariocas et quatre chorégraphes pour l’accompagner dans l’élaboration d’un spectacle en cinq modules. De Denis Plassard à Céline Lefèvre, en passant par Octavio Nassur, chacun s’empare de l’idée du hip-hop pour la redynamiser en explorant de nouvelles possibilités gestuelles. Il est ainsi fort impressionnant de constater les écarts de points de vue d’une mini-pièce à l’autre, fort appréciable de découvrir des identités marquées. D’autant que ces points positifs sont servis par une troupe de virtuoses infatigables, à la célérité surnaturelle, comme née d’une urgence de vivre. Si rythme et diversité ne font donc pas défaut, on déplore un certain manque de classe, pour ne pas dire une place bien trop large accordée à une vulgarité malheureusement des plus consensuelles. Ou quand un passage enthousiasmant de beat-box se transforme en sons de pets (oui, oui, de pets) mimés sur scène par les danseurs, qu’un épisode bienvenu d’om

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"Desh" : Khan intime

Danse | Si l’on peut reprocher à Akram Khan un sens de l’esthétique parfois trop marqué qui prive le spectateur de liberté (c’était le cas dans Vertical Road, sa pièce (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 7 février 2013

Si l’on peut reprocher à Akram Khan un sens de l’esthétique parfois trop marqué qui prive le spectateur de liberté (c’était le cas dans Vertical Road, sa pièce blockbuster présentée la saison passée à la MC2), force est de constater que le chorégraphe sait aussi se faire plus fin, tout en ne trahissant pas son univers. Sans doute parce que dans ces moments-là, il se débarrasse de ses habits de créateur d’images pour simplement se faire metteur en scène. Pour son solo Desh (terre, patrie, en sanskrit), le Londonien évoque sa double culture, en partant sur les traces du Bangladesh de son père. Un carnet de route intime, tour à tour émouvant et drôle, jonglant entre le rêve et la réalité. Et une production grandiose (la technique est bien présente), qui arrive néanmoins à convoquer les émotions les plus subtiles. Chat perché Sur scène, Akram Khan confronte l’image qu’il se fait du Bangladesh à sa propre réalité : celle de la jungle urbaine, de la pop de Mickael Jackson, des iPhone... Ça pourrait sembler facile, mais c’est plus que ça, plus que ce discours attendu sur l’opposition. Il évoque simpleme

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Yes, Akram can !

SCENES | Chorégraphe et danseur auréolé d’une gloire méritée et quasi-unanime, Akram Kahn est l’artiste associé de la MC2 pour trois ans. Blessé l’an passé, il avait dû annuler les représentations de Desh et Gnosis, que l’on pourra découvrir ce mois-ci. Pièces dont il nous a parlé, avant d’évoquer iTMOi (In the mind of igor), une création en cours que le monde entier attend (si, si !). Propos recueillis par Laetitia Giry

Laetitia Giry | Jeudi 7 février 2013

Yes, Akram can !

Desh est votre premier solo… comment vous est venue l’envie d’être seul en scène sur un sujet touchant à vos racines ?Faire un solo, c’était mon idée, j’en éprouvais l’envie depuis un moment déjà. Mais le concept, en soi, de faire quelque chose sur le Bangladesh, c’était une idée de Tim Yip, le scénographe. Je ne savais pas trop quoi faire, on est allés diner pour en parler… Il m’a dit « on va créer un spectacle sur ta maison, sur ton chez toi ».  Je lui ai répondu que ma maison c’était Londres ! Il a rétorqué « non, cherche plus profond. Regarde du côté de tes racines, celles de tes parents ou même celles de tes grands-parents. » Et voilà l’idée du Bangladesh. Au début je ne voulais pas, parce que je ressens beaucoup de colère contre ce pays, plus particulièrement contre mon père. Mais c’est comme cela que tout a commencé. Ce spectacle porte donc bien sur l’intime…Oui, mais on est dans les extrêmes. La scénographie est épique, le décor est immense et compliqué, et pourtant le fond est de fait très intime – du

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Encore !

SCENES | Les deux pièces Correria et Agwa de Mourad Merzouki étaient des bijoux chorégraphiques mêlant hip-hop et capoiera. Un travail qui a reçu lors de sa création un (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 9 janvier 2013

Encore !

Les deux pièces Correria et Agwa de Mourad Merzouki étaient des bijoux chorégraphiques mêlant hip-hop et capoiera. Un travail qui a reçu lors de sa création un accueil dithyrambique, la grande majorité des représentations se donnant à guichets fermés. Fort de ce succès (quelque 200 représentations en France et à l’étranger), le chorégraphe a de nouveau décidé de collaborer avec les onze danseurs cariocas pour Käfig Brasil. Et a invité cette fois-ci divers chorégraphes pour enrichir son écriture : Anthony Egéa, Céline Lefèvre et Denis Plassard pour la partie française, Octavio Nassur pour la partie brésilienne, ainsi que les danseurs eux-mêmes. Le résultat, découpé en cinq courts modules, sera présenté le jeudi 21 mars, à la Rampe d’Échirolles.

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Dans le rétro

SCENES | Jean-Claude Gallotta, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans, a décidé depuis un certain temps de se replonger dans (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 20 décembre 2012

Dans le rétro

Jean-Claude Gallotta, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans, a décidé depuis un certain temps de se replonger dans son répertoire, et ainsi offrir des relectures de ses pièces phares qui ont marqué la danse contemporaine française – comme il l’a fait par exemple en transmettant son trio Daphnis é Chloé à trois jeunes interprètes. Cette fois-ci, c’est aux Aventures d'Ivan Vaffan qu’il s’attèle, pièce de 1984 dont une captation d’époque est disponible sur www.numeridanse.tv (le site est un véritable trésor). Une chorégraphie de groupe étrange, où les danseurs ressemblent à des guerriers issus de tribus lointaines que l’on aurait déposés dans un studio de danse. Une recréation qui permettra sans nul doute de constater que l’esthétique Gallotta, très marquée et originale, traverse le temps. À découvrir du mardi 8 au vendredi 11 janvier, à la MC2. AM

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