Johanny Bert : « Dans "Le Petit bain", la mousse est comme une grande marionnette »

Jeune public | Forme courte (30 minutes) accessible aux enfants dès deux ans, "Le Petit bain" est une véritable merveille visuelle (et l’un des meilleurs spectacles jeune public de l’année) confrontant un danseur et une mousse en quantité. En découle un « ping-pong d’images » sans parole orchestré par le metteur en scène Johanny Bert, qui a répondu à nos questions de grands enfants éblouis.

Aurélien Martinez | Mardi 23 janvier 2018

Ces dernières années, on a souvent vu vos spectacles sur les scènes de l'agglo (Krafff, Hansel et Gretel, L'Opéra du dragon…), mais c'est la première fois que vous proposez une création pour le très jeune public…

Johanny Bert : J'avais depuis longtemps envie de faire un spectacle pour les tout-petits, avec la responsabilité de se dire que ce sont des enfants qui viennent peut-être pour la première fois au théâtre. Quand je crée pour le jeune public, j'ai la sensation d'être à la fois beaucoup plus libre dramaturgiquement que quand je travaille pour un public adulte, et à la fois je trouve ça plus difficile et exigeant. Et j'avais aussi envie de me rapprocher de cette sensation de découverte vécue enfant quand je suis allé au théâtre pour la première fois.

Ce Petit bain est présenté comme un spectacle jeune public, mais il est finalement tout public car les adultes peuvent prendre autant de plaisir que les enfants...

Tout à fait. Quand on dit spectacle jeune public, le terme n'est pas juste : c'est un spectacle tout public, mais seulement on donne un âge à partir duquel le rythme, le propos et la forme peuvent être accessibles à un enfant.

Pourquoi avoir choisi de construire le spectacle autour de la mousse ?

Je cherchais à travailler sur l'abstraction. La mousse est venue comme ça, comme un souvenir de môme quand je jouais avec dans ma baignoire. Mais j'ai retiré de ce souvenir tous les autres éléments – salle de bain, baignoire, eau… – pour ne garder que cette matière qui est un peu magique comme elle est très légère, éphémère…

Et j'ai aussi vu là-dedans l'idée des nuages qui bougent, dans lesquels on devine des silhouettes humaines, des animaux… Tout ça a fait shaker dans ma tête pour arriver à cet énorme bloc de mousse qui donne un spectacle qui n'est pas vraiment du théâtre, comme il n'y a pas d'histoire, mais qui est plus une sorte d'installation, de performance avec un homme qui confronte son corps avec une matière transformable.

Vos précédents spectacles convoquaient l'art de la marionnette et du théâtre d'objet. D'une certaine façon, il y a aussi de ça avec la mousse du Petit bain

Oui. C'est comme si cette matière était une sorte de grande marionnette, même si elle ne figure pas de personnages. Une marionnette qui, d'ailleurs, ne réagit jamais de la même façon selon les représentations et l'eau, plus ou moins calcaire, de la ville utilisée ! Donc l'interprète, qui est un danseur, est à chaque fois obligé de transformer un peu l'écriture de la pièce…

Depuis les premières représentations, aucun enfant ne s'est aventuré sur scène pendant le spectacle pour plonger dans la mousse ?

Non, jamais ! C'est marrant d'ailleurs… Je pense pourtant qu'ils en ont tous envie, et les adultes aussi, mais peut-être que la masse de mousse est tellement irréelle que cela crée une distance. Il y aurait une vraie baignoire avec un peu de mousse dedans, peut-être que là on aurait été confrontés à ça !

Le Petit bain
À la Rampe / la Ponatière (Échirolles) dimanche 28 janvier à 11h et 16h et lundi 29 janvier à 16h30


Le petit Bain

Danse, théâtre de Johanny Bert, par le Théâtre de Romette
La Rampe / La Ponatière 2 avenue Paul Vaillant Couturier Échirolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Krafff

Danse et théâtre de marionnette, ms Johanny Bert, par le Théâtre de Romette, dès 8 ans
Espace Aragon 19 boulevard Jules Ferry Villard-Bonnot
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Elle pas princesse, lui pas héros" : uniques en leur genre

Théâtre | Avec "Elle pas princesse, lui pas héros", le metteur en scène Johanny Bert a conçu un spectacle tout public qui déconstruit habilement les questions de genre – en gros, qu’est-ce qu’être un garçon et qu’est-ce qu’être une fille ? On l’a interviewé avant son passage par une école de La Tronche.

Aurélien Martinez | Mardi 18 février 2020

« Sur l’impulsion du Centre dramatique national de Sartrouville, j’ai demandé à Magali Mougel, autrice que j’aime beaucoup, d’écrire deux monologues – un pour un comédien et un pour une comédienne – sur l’idée de l’identité garçon-fille vue sous l’angle de l’enfance. De là est né Elle pas princesse, lui pas héros. » Depuis 2016, ce spectacle tout public connaît un immense succès en France (déjà quelque 400 représentations) et même au-delà – il a été adapté à New York, où il tourne toujours. À sa tête, le metteur en scène Johanny Bert, que l’on a interviewé après avoir été plus qu’enthousiaste à la découverte de sa création. « Magali a écrit un texte fort qui pose les clichés que les enfants ont, mais aussi que les adultes peuvent, inconsciemment ou non, véhiculer – un garçon doit être comme ça, une fille doit se comporter comme ça… » Où l’on suit pendant une heure l’histoire de deux gamins qui, a priori, ne respectent pas les codes de leur genre – « Leili était petite, elle aimait les jeux d’aventure et rêvait d’aller chasser des oiseaux dans la forêt ; Nils, quant à lui, était un garçon plutôt fr

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Aurélien Martinez | Lundi 20 février 2012

Les tyrans ne sont pas immortels nous informe l’histoire, certains d’entre eux s’en étant rendu compte encore tout récemment. Des images paradoxales, où la liesse citoyenne tranche avec la violence de la situation – doit-on se réjouir par exemple du lynchage de ces tyrans déchus ? L’écrivain et dramaturge Heiner Müller, grande figure théâtrale allemande de la deuxième moitié du siècle dernier, s’est aussi emparé du thème de la chute du pouvoir illégitime avec son allégorique Opéra du dragon : une pièce (et non un opéra, même si initialement, c’était un livret) où un peuple se retrouve sous le joug d’un animal politique féroce, qui contraint ses administrés à lui offrir chaque année une jeune vierge en noce ; vierge qui périra entre ses griffes quelques jours plus tard. Mais avec le sourire, forcément, cette dernière se devant d’être consciente de la faveur inestimable qu’il lui est accordée. Jusqu’à qu’un valeureux et insolent chevalier décide de remettre en cause ce pouvoir macabre et a priori inébranlable. Deux en un Le jeune metteur en scène Johanny Bert, au

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Aurélien Martinez | Lundi 9 janvier 2012

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Aurélien Martinez | Lundi 12 septembre 2011

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Un véritable bijou que ce Krafff. En tout juste trente minutes, cette rencontre entre le danseur Yan Raballand (prix du public lors de la dernière édition du concours [re]connaissance – les lauréats seront visibles mi octobre à l’Hexagone) et une marionnette en papier créée et manipulée à vue, embarque le spectateur sans aucune autre forme d’artifice. Aux manettes de cette réussite totale : Johanny Bert, metteur en scène qui travaille beaucoup avec des marionnettes, et que l’on retrouvera par trois fois à Grenoble cette saison (mi-janvier à la Rampe avec Krafff donc, mais aussi fin-novembre toujours à la Rampe avec sa dernière création Hansel et Gretel, et fin février au Centre culturel Jean-Jacques Rousseau de Seyssinet-Pariset avec le très réussi Opéra du dragon). À savoir que les deux soirées de représentations de Krafff seront aussi l’occasion de découvrir, en première partie, Aïda Boudrigua, nouvelle artiste en résidence à Échirolles.

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Aurélien Martinez | Vendredi 12 mars 2010

Les post-it ont surtout une utilité pratique ("réunion à 14h30", "n’oublie pas le pain", "sympa ta robe"…), mais pas que… Oui, car la compagnie Le Théâtre de Romette a décidé d’utiliser ces petits bouts de papier colorés comme de véritables marionnettes pour leur Histoires Post-it – on est bien peu de chose quand même !, en leur dessinant simplement une bouche et deux yeux. L’idée, originale, offre des moments très drôles, notamment grâce aux deux manipulatrices-interprètes et à l’écriture relevée très efficace sur certaines scènes (les running gags fonctionnent à merveille). Pourtant, passé l’effet de surprise, l’ensemble patine au cours de l’heure de spectacle, nos duettistes donnant l’impression de ne pas aller assez loin et de sombrer quelque peu dans la facilité. Dommage, même si la création, qui avait fait l’ouverture du dernier Festival de la marionnette de Grenoble en février dernier, reste tout à fait correcte. À voir vendredi 19 mars à La Faïencerie (La Tronche), à 18h30 et 20h30.

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