Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Événement | Samedi 16 et dimanche 17 juin, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et ses partenaires investissent la Bifurk pour un week-end de spectacles, ateliers, concerts, rencontres & co qui donne très envie. Le nom de l’événement ? Le Grand Rassemblement, dont c’est la troisième édition grenobloise. Soit l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes.

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2018

Après la MC2 fin 2016 et le Magasin des horizons en mai 2017, c'est à la Bifurk d'accueillir le troisième Grand Rassemblement grenoblois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) – mais le quatrième du nom, une déclinaison ayant eu lieu à Annecy en mai dernier. Soit « une manifestation tout-terrain » conçue dans l'esprit du lieu investi. « Le choix d'espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d'amener des gens à rencontrer l'art » nous avait expliqué l'an passé le chorégraphe Rachid Ouramdane, codirecteur du CCN2 avec le circassien Yoann Bourgeois.

Cette implantation à la Bifurk, definie sur son site comme une « friche citoyenne, culturelle et sportive », amplifie cette volonté de s'adresser au plus grand nombre – et notamment à celles et ceux qu'une institution comme une scène nationale ou un centre d'art peut intimider. Surtout qu'il n'y a aucune raison de se sentir intimidé par ce nouveau Grand Rassemblement, à la forme véritablement ouverte, la plupart des propositions étant gratuites et sans réservation. La preuve avec la présentation par nos soins de certains temps forts.

Le spectacle phare du week-end

Ce GR4 a été conçu par le CCN2 en lien avec divers partenaires (la Bifurk, le Magasin des horizons, le Pacifique…) mais également avec le chorégraphe Mickaël Phelippeau qui viendra avec son spectacle au titre explicite : Footballeuses. Soit une pièce centrée sur plusieurs femmes pratiquant le football qui se retrouvent sur scène pour évoquer leur univers. « Avec ce projet, j'ai eu envie de découvrir ce qui se trame dans cette pratique collective que je ne connais pas. J'ai rencontré des footballeuses, leurs récits m'ont amené à croiser ce qu'elles traversent, tant la joie et la force de faire groupe que ce qu'on leur renvoie, entre stéréotypes et violence » écrit l'artiste en note d'intention.

Une sorte de théâtre-documentaire porté donc par des femmes qui ne sont pas comédiennes mais simplement elles-mêmes sur le plateau. Même si, bien sûr, leurs histoires ont été travaillées pour la scène, et en quelque sorte scénographiées voire chorégraphiées – comme ce tableau où elles font rebondir leur ballon ensemble au rythme du mini tube A new error de Moderat (mais si, écoutez).

Même s'il reste très modeste dans sa forme (pas plus d'une heure et seulement quelques tableaux), Footballeuses fait ainsi partie de cette famille de spectacles qui dépassent leur sujet, s'adressant à tous, aficionados de foot ou non, puisqu'ils ouvrent de nombreuses portes – les réflexions sur la différence de traitement flagrante entre les femmes et les hommes qui tapent dans le ballon sont certes évidentes mais devraient davantage nous indigner.

À noter que le vendredi 15 juin à 19h au Club sera organisée la projection du film Les Filles du stade d'Yvonne Debeaumarché (« l'histoire méconnue des joueuses du Stade de Reims, une équipe de pionnières qui, à la fin des années soixante, a bouleversé le monde du football et dont les exploits ont conduit à la reconnaissance de la pratique féminine de ce sport par la Fédération Française de Football ») en présence du chorégraphe et de footballeuses du spectacle.

Footballeuses
Samedi 16 juin à 20h (5 ou 10€)

Entraînement avec les footballeuses du spectacle + mini-tournois
Dimanche 17 juin à 11h (gratuit)

Causerie avec Mickaël Phelippeau
Dimanche 17 juin à 17h30 (gratuit)


Le spectacle qui va en mettre plein les yeux

Artiste associée au CCN2 depuis 2016, la circassienne Chloé Moglia travaille en hauteur grâce à une « structure-sculpture à la fois légère et monumentale » qu'elle a inventée afin « de déployer la suspension sur fond d'un ciel qui nous est commun ». La voir évoluer sur cet agrès improbable, sorte d'immense tige d'acier arc-boutée, est tout simplement sublime, comme on a souvent pu s'en rendre compte à Grenoble.

Pour ce GR, elle viendra avec La Spire, sa dernière création en date où elle est rejointe, à plus de 7 mètres de haut, par quatre autres circassiennes. On sera en bas pour découvrir cette proposition qui est tout bonnement celle que l'on attend le plus du week-end.

La Spire
Samedi 16 juin à 15h30 (gratuit)

Gravitation (performance avec Chloé Moglia, Marielle Chastain et Maxime Houot)
Samedi 16 juin à 22h30 (gratuit)

Causerie avec Chloé Moglia
Dimanche 17 juin à 11h (gratuit)


Le spectacle intrigant sur le papier

Ex-champion de France et vice-champion du monde de BMX, Vincent Warin viendra à ce GR avec un spectacle-performance construit autour d'un vélo bicros auquel, au vu des extraits que l'on a pu voir, il se confronte de différentes manières pas toujours très orthodoxes. Comme dans cette scène où, une main sur le guidon et l'autre sur la selle, il semble danser avec son vélo. Avant, plus tard, de partir dans des embardées dignes des plus grands circassiens.

Friandises vélicyclopédiques
Samedi 16 juin à 19h (gratuit)


Des concerts

Le samedi soir, ce sera la fête à la Bifurk avec, à partir de 21h, l'excellent groupe grenoblois The Next Tape qui, quelque part entre la trip hop et le nu jazz, déconstruit la musique électronique pour la remonter comme une tour de Kaplas. Sur scène, comme on a pu le constater plusieurs fois, l'alchimie entre les deux multi-instrumentistes et la chanteuse fait des étincelles.

Parfait pour un début de soirée dansante, comme on enchaînera à 23h avec DJ Culbuto, présenté de la sorte : « du funk & de la discokitsch, les années 1980 et 1990 enfin réunies, quelques tubes oubliés, du quarante-cinquième degré qui vont te faire bouger le booty ! » Avec, en prime, un show queer qui promet.


Mais aussi

Nous avons évoqué certains des événements de ce GR4, qui en comptera de nombreux autres entre danse (comme la pièce Sans de Martine Pisani, créée en 2000 et qui a visiblement marqué pas mal de monde – samedi à 17h30), cirque (le souvent surprenant Jean-Baptiste André et sa création Floe imaginée avec un plasticien et inspirée des reliefs polaires – dimanche à 14h et 18h), spectacle participatif (Les Jeux chorégraphiques de Laurent Pichaud et Rémy Héritier dans lesquels le public « risque de s'entendre parler de danse » – dimanche à 15h) ou encore skate (On board, ou la rencontre entre un skateur pro et une chorégraphe – dimanche à 17h)…

Mais ce n'est pas tout : pendant ces deux jours, on pourra également faire une rando queer, découvrir une performance de youyous, marcher aux côtés d'une personne inconnue, regarder une expo sur l'interdit… Tout le programme, on ne peut plus alléchant, est en ligne sur le site du CCN2 et celui de la Bifurk.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Yoann Bourgeois : « Je réfute de potentiels soupçons de contrefaçon »

ACTUS | Sortie début février, une vidéo anonyme sous-entend que Yoann Bourgeois, circassien et codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), aurait plagié plusieurs artistes pour ses propres créations. Alors qu’on souhaitait l’interroger aujourd’hui sur les changements en cours au CCN2 (après le départ du chorégraphe Rachid Ouramdane, qui pilotait l’institution à ses côtés), on en a profité pour revenir avec lui sur la polémique et ainsi recueillir son point de vue.

Aurélien Martinez | Vendredi 16 avril 2021

Yoann Bourgeois : « Je réfute de potentiels soupçons de contrefaçon »

« Je suis désolé mais cette affaire me touche trop durement, et je vais avoir besoin d'y répondre en articulant bien chaque chose, avec suffisamment d'espace, et cela quand ma parole sera audible. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. » Voilà ce que nous avait répondu Yoann Bourgeois fin février dans le cadre de notre article Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique. Il avait néanmoins publié quelques jours auparavant une tribune sur Artcena (le site du Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre) afin d’esquisser une défense, sans néanmoins faire explicitement référence à la vidéo qui le met en cause. Deux mois plus tard, après plusieurs relances de notre part et alors

Continuer à lire

Rachid Ouramdane en partance vers Chaillot

Danse | L’actuel codirecteur du CCN2, avec Yoann Bourgeois, vient d’être nommé à la tête du Théâtre national de la danse – Chaillot. Il prendra ses fonctions au début du mois d’avril prochain. Nous l’avons interrogé sur son bilan à Grenoble et la manière dont il envisage son nouveau poste.

Martin de Kerimel | Lundi 15 février 2021

Rachid Ouramdane en partance vers Chaillot

Comment traversez-vous cette période de crise sanitaire ? Rachid Ouramdane : Cette période a fait naître une profonde réflexion sur comment agir artistiquement et à la tête d’une institution, pour aller à la rencontre du public et faire en sorte que les choses ne s’arrêtent pas. Cela a demandé une vigilance quotidienne pour tenter d’apporter des solutions. Subir aurait été la pire des choses. En tant que directeur, je me suis évidemment soucié de mon équipe : il a fallu agir avec les nouveaux protocoles et comprendre ces informations qui nous éclairaient au fur et à mesure sur le risque. Cela a conduit à réorganiser notre travail. J’ai envie de continuer à me projeter sur le futur. Il faut croire en tout ce qui a été mis en place du point de vue sanitaire, en l’efficacité des vaccins, et espérer qu’à un moment donné, on pourra retrouver le public. Je pense qu’il faudra alors avoir la sagesse de s’appuyer sur ce qui a pu s’inventer pendant cette période particulière. Je pense à toutes les initiatives en lien avec le numérique, les petits formats, l’art en plein air. Des choses que l’on faisait déjà au CCN2, mais qui se sont accen

Continuer à lire

"Summer time… Un été en mouvement" et covid-compatible grâce au CCN2

Danse & cirque | Si beaucoup d’événements culturels estivaux ont dû être annulés du fait du coronavirus, d’autres, eux, voient le jour en détournant la contrainte sanitaire. C’est le cas du programme "Summer time… Un été en mouvement" proposé en juillet et en août par le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) avec de la danse et du cirque à découvrir aussi bien en plein air qu’à l’intérieur – à l’Ancien Musée de peinture surtout. Avant de détailler un programme qui nous donne très envie, on en a parlé avec Rachid Ouramdane, codirecteur du CCN2.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2020

Comment vous est venue cette idée d’événement estival ? Rachid Ouramdane : Pendant le confinement, au CCN2, on subissait comme tout le monde la situation ; l’isolement, l’attente indéterminée… Finalement, à un moment, on s’est dit qu’il fallait arrêter d’attendre que la situation redevienne normale mais plutôt composer avec cette donne sanitaire. On a alors pris les devants en essayant de penser des projets covid-compatibles, et ainsi répondre à un certain appétit du public que l’on sentait bien. Comment ces deux mois vont-ils se dérouler ? Autour de deux grands axes. D’abord des propositions en plein air qui nous plongent en pleine nature. Ensuite d’autres qui jouent avec la contrainte sanitaire – se tenir à distance les uns des autres – en créant des espaces intérieurs plutôt intimistes avec des spectateurs uniques ou en très petit nombre mais dans des lieux immenses à contempler. Pour ainsi vivre des expériences fortes malgré cet isolement subi. Ces propositions en intérieur auront principalement lieu à l’Ancien Musée de peinture… On a essayé d’être sur plusie

Continuer à lire

Möbius : l'art de l'envol

Spectacle | Pour créer, Rachid Ouramdane aime partir à la rencontre de l’autre, qu’il soit artiste ou non. Le co-directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble a récemment choisi de travailler avec la Compagnie XY, une troupe d’acrobates. Impressionnant, le résultat est à découvrir jusqu’à vendredi 24 janvier, sur la scène de la MC2.

Martin de Kerimel | Mardi 21 janvier 2020

Möbius : l'art de l'envol

À quoi tient la magie d’un instant ? Comment expliquer qu’une heure durant, ce qui se passe sur une scène parvienne à nous faire oublier les soucis de notre quotidien et nous emmener ailleurs ? Quel phénomène étrange se joue lorsqu’un bon millier de personnes, adultes, adolescents, enfants, vibrent soudain à l’unisson, sensibles à une émotion partagée ? Il n’est pas indispensable de trouver une réponse à toutes ces questions pour profiter de Möbius. Il peut toutefois être difficile de résister à l’envie d’acclamer une performance artistique remarquable… et c’est pourtant ce qui nous a été demandé un soir de la semaine dernière, à Annecy, en prélude à une représentation du nouveau spectacle chorégraphié par Rachid Ouramdane. Talent et force poétique Passée la surprise, on comprend évidemment que cette œuvre – désormais programmée à la MC2, depuis mardi et jusqu’à vendredi – est si technique (et potentiellement dangereuse) qu’il faut absolument éviter de troubler l’intense concentration des exécutants. Pas question de s’appesantir sur le sujet : toute considération matérie

Continuer à lire

Cirque : les quatre spectacles que nous attendons avec impatience

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Direction la MC2, l'Hexagone et le Grand Angle.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Cirque : les quatre spectacles que nous attendons avec impatience

Campana Le Cirque Trottola est une compagnie fascinante, qui revient à la MC2 (enfin, devant, car sous chapiteau) après sa réussite Matamore, jouée plus de 300 fois ici et là. Un peu sombres, parfois inquiétants mais constamment jubilatoires, Bonaventure Gacon et Titoune rejoignent de nouveau la piste et tentent d'établir un lien entre eux, à tâtons. Car le cirque, ce ne sont pas que des performances (même s'il y en a ici, entre trapèze et portés acrobatiques) mais une atmosphère, un regard sur le monde… Grandiose et émouvant à la fois. À la MC2 du vendredi 29 novembre au mercredi 11 décembre Möbius Pur déploiement poétique et virtuose des possibilités de l’acrobatie aérienne, incroyable émanation d’une énergie collective : il y a quatre ans, la pièce Il n’est pas encore minuit de la compagnie circassienne XY nous avait bluffés. Nous serons très heureux de retrouver les dix-neuf acrobates avec une nouvelle création ; et ce d’autant plus qu’elle a été accompagnée pa

Continuer à lire

Grand Rassemblement 5 : qui se rassemble s’enchante

Événement | On l’a écrit lors des précédentes éditions, on fait de même pour cette cinquième prévue samedi 15 et dimanche 16 juin aux alentours du Théâtre municipal de Grenoble et de la place Saint-André : les Grands Rassemblements pilotés par le Centre chorégraphique national de Grenoble sont l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes. Et l’équipe organisatrice en apporte une nouvelle fois la preuve.

Aurélien Martinez | Lundi 10 juin 2019

Grand Rassemblement 5 : qui se rassemble s’enchante

Des spectacles, des performances, du cinéma en plein air, des ateliers… Le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), piloté par le circassien Yoann Bourgeois et le chorégraphe Rachid Ouramdane, a encore fait les choses bien pour son cinquième Grand Rassemblement. Et s’est une nouvelle fois offert les services d’artistes haut de gamme, comme si tout ceci était programmé dans les murs d’une institution prestigieuse. Sauf qu’avec les GR, on est souvent hors des lieux culturels attendus, comme nous l’expliquait Rachid Ouramdane en 2017 – « Le choix d’espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d’amener des gens à rencontrer l’art. » Et quoi de mieux qu’une place en plein centre-ville pour « amener les gens à l’art » ? Et quoi de mieux que des formes spectaculaires pour capter leur attention ? Pour ce GR5, la place Saint-André de Grenoble servira ainsi de scène, le samedi, à plusieurs proposit

Continuer à lire

La Trilogie, ou quand le Magasin des horizons, le CCN2 et le Pacifique « assument publiquement » leur trio

ACTUS | Nous étions à la conférence de presse organisée jeudi 14 mars au Magasin des horizons.

Aurélien Martinez | Mardi 19 mars 2019

La Trilogie, ou quand le Magasin des horizons, le CCN2 et le Pacifique « assument publiquement » leur trio

« On a voulu concrétiser quelque chose qui se passe déjà » : voilà comment Camille Planeix, coordinatrice du Magasin des horizons, explique le pourquoi du comment de la petite conférence de presse organisée la semaine dernière dans une des salles du centre d’art pour lancer officiellement la « coalition pluri·elles et opérationn·elles » baptisée La Trilogie. Un regroupement composé du Magasin des horizons, du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et du Centre de développement chorégraphique national de Grenoble le Pacifique. Soit trois structures qui ont vu leur direction changer en 2016, et qui se sont alors rapidement rapprochées. « Jusque-là, c’était très intuitif » a expliqué Erell Melscoët, directrice du pôle territoire du CCN2. On peut par exemple parler des Grands Rassemblements du CCN2, auxquels le Magasin et le Pacifique ont été associés. « Maintenant, on assume publiquement et plus clairement ce trio. »

Continuer à lire

Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

ACTUS | Depuis plusieurs mois, la situation entre la MC2, immense scène nationale grenobloise, et le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), hébergé en son sein, est plus que tendue. « M. Jean-Paul Angot, directeur de la MC2, a pour projet de faire disparaître le CCN implanté dans la MC2 dont il est le gestionnaire » écrivaient en décembre dernier dans un communiqué de presse Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane, directeurs dudit CCN2. Alors que les tutelles publiques des deux institutions espèrent une sortie de crise rapide, on fait le point avec les différentes parties.

Aurélien Martinez | Mardi 12 février 2019

Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

« Au Centre chorégraphique, on est – pardon, ça va paraître un peu prétentieux mais si on ne le dit pas, des gens le taisent – dans une très très grande vitalité. On est par exemple le centre chorégraphique le plus diffusé de France. Et malgré tout ça, depuis qu’on est arrivés en 2016, on est confrontés au fait que la direction de la MC2 a toujours exprimé que le centre chorégraphique ne devait pas être là. Au début, c’était quelque chose qui n’engageait que le directeur, mais au fil des mois, on n’a fait que rencontrer des difficultés, jusqu’en décembre dernier où une nouvelle fois le directeur de la MC2 a tenu à interpeller l’ensemble des tutelles en leur faisant savoir qu’il fallait que le CCN quitte la MC2. » Voilà ce que nous a déclaré le chorégraphe Rachid Ouramdane, co-directeur avec le circassien Yoann Bourgeois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) depuis 2016. Un outil, comme dix-huit autres en France, issu des politiques de décentralisation, à la configuration néanmoins inédite puisqu’il est implanté dans un bâtiment régi par une autre structure : la

Continuer à lire

Ier Acte : « Les plateaux de théâtre ne sont pas en phase avec la démographie française »

ACTUS | « Programme d’ateliers gratuits, pratiques et théoriques pour un groupe de jeunes acteur·trice·s afin de promouvoir une plus grande diversité sur les plateaux de théâtre », le dispositif national Ier Acte fera escale au Pacifique de Grenoble vendredi 8 février le temps d’une soirée ouverte à tous. On en parle avec le co-directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble Rachid Ouramdane, partie prenante de cette « initiative positive ».

Aurélien Martinez | Lundi 4 février 2019

Ier Acte : « Les plateaux de théâtre ne sont pas en phase avec la démographie française »

Comment présenteriez-vous Ier Acte ? Rachid Ouramdane : C'est un programme de formation qui s'adresse à des jeunes comédiens issus de la diversité culturelle française et qui sont victimes de discrimination. C'est une longue phrase, mais elle est importante ! Cette formation a été impulsée en 2014 par Stanislas Nordey, directeur du Théâtre national de Strasbourg, qui est parti du constat qu'à l'intérieur du théâtre français, les plateaux sont plutôt blancs et donc pas en phase avec la démographie française. Devant ce constat, soit on se mobilise, se responsabilise, soit on ne fait rien. Comment faire changer les choses ? Il faut essayer de repérer les rouages qui mènent à ça. Ier Acte prend ainsi la question sous l'angle de la formation et des jeunes. Par exemple, quand on demande aux élèves des écoles de théâtre avec qui ils imaginent faire leur prochain projet, assez souvent ils répondent : avec mes potes de promo, ceux que je connais. C'est normal. Or, si dans ces promos d'étudiants, dans ces moments qui font c

Continuer à lire

"Franchir la nuit" : papier glacé par Rachid Ouramdane

Danse | Le chorégraphe et co-directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble va présenter à la MC2 sa nouvelle pièce centrée sur les migrations tragiques et meurtrières. On l'a vue en amont.

Nadja Pobel | Mardi 6 novembre 2018

L'ambition était belle et généreuse : inviter vingt écoliers grenoblois et treize mineurs isolés ou migrants d'Afrique et d'Europe à rejoindre sur scène cinq interprètes professionnels. Mais ce spectacle de Rachid Ouramdane, baptisé Franchir la nuit, esthétise plus son propos politique et engagé (les migrations tragiques et meurtrières d'une époque malade) qu’il ne le dénonce. Sur un plateau recouvert d'eau, un homme court de plus en plus vite, sur place. Plus tard, lui et les autres joueront de ce liquide en se roulant dedans, en tapant la surface. À chaque fois, l'effet visuel est parfait. Trop. Comme si la création avait été pensée pour être photographiée. Bien sûr, ce n'est nullement le cas, et l'intention du co-directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) ne souffre d'aucune insincérité. Mais son parti pris questionne, d'autant que ces séquences sont enveloppées des trop entendus Heroes de David Bowie et Knokin'on Heaven's Door de Bob Dylan. Heureusement, ce ne sont pas les versions originales qui résonnent mais la singulière appropriation qu'en fait Deborah Lennie-Bisson

Continuer à lire

Quand Grenoble s’anime avec les beaux jours

GUIDE URBAIN | Le printemps et ses (potentiels) beaux jours sont là. Voici donc un agenda d’événements urbains à vivre en mai et juin. Suivez-nous.

La rédaction | Mercredi 9 mai 2018

Quand Grenoble s’anime avec les beaux jours

Du vélo en veux-tu en voilà Du 14 mai au 10 juin, le vélo sera à l’honneur dans l’agglo grenobloise, au passage de plus en plus vélo-compatible. « Chaque année, Faites du vélo propose durant plus d'un mois une programmation multiple allant de la simple balade en ville à la compétition de sports extrêmes en passant par un escape game géant ou encore une randonnée vélo-botanique. » Notons aussi l’événement Vélopolis qui aura lieu les 19 et 20 mai à l’Anneau de vitesse du parc Paul-Mistral et qui promet d’en mettre plein la vue. Programme complet de la manifestation sur www.faitesduvelo.com. De la musique sur un parking Vendredi 18 et samedi 19 mai, c’est à l’Esplanade de Grenoble que ça se passera, avec le retour du festival Magic Bus. Côté prog, on sera sur des gros noms comme Puppetmastaz, Sergent Garcia ou encore Kumbia Boruka. Et côté ambiance, ce sera comme chaque année : sympathique !

Continuer à lire

Tout le monde danse : le Centre chorégraphique national de Grenoble va passer par Annecy en mai

Plus loin | Début mai, les Grands rassemblements inventés par le CCN2 de Grenoble s'arrêteront à Annecy après deux éditions grenobloises (et avant une prochaine prévue en juin à la Bifurk). Rapide présentation du programme.

Nadja Pobel | Mardi 10 avril 2018

Tout le monde danse : le Centre chorégraphique national de Grenoble va passer par Annecy en mai

Initiée par Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois dès leur arrivée à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble en janvier 2016, leur proposition de Grand rassemblement (qui nous enthousiasme fortement au PB) se déclinera pour la première fois hors de Grenoble – mais pas si loin. Du jeudi 3 au samedi 5 mai, Bonlieu, la scène nationale d'Annecy, accueillera ainsi divers spectacles, ateliers et installations comme ça avait été le cas lors des précédents GR. Avec un tarif très incitatif (10€ la journée ou 20€ pour les 3 jours), ce nouveau Grand rassemblent intitulé Tout le monde danse (le public ne sera pas seulement spectateur) réunira des spectacles des deux directeurs grenoblois (Ouramdane livrera notamment un aperçu de 30 minutes de Franchir la nuit, sa future création dont les premières auront lieu en septembre à Bonlie

Continuer à lire

Grand Rassemblement 2 : demandez le programme

Événement | Que et qui verrons-nous samedi 27 et dimanche 28 mai au Magasin des horizons ? Tout un tas d'artistes et de propositions ! Tour d'horizon sélectif.

Aurélien Martinez | Mardi 23 mai 2017

Grand Rassemblement 2 : demandez le programme

« Il n’y a pas vraiment d’angle disciplinaire » : voilà ce qu’on nous répond lorsqu’on demande aux organisateurs de définir quel genre de propositions le public découvrira pendant ces deux journées au Magasin. Comprendre qu’il y aura de tout : des spectacles, des performances, des installations vidéo, des ateliers, un film en plein air… On ne sera donc plus sur la ligne du premier Grand Rassemblement organisé fin décembre 2016 à la MC2 avec ses créations circassiennes parfois spectaculaires. Cette fois-ci, on sera au Magasin des horizons, place forte de l’art contemporain sur Grenoble, et la programmation s’en ressent – avec, en plus, un côté politique très prononcé. Une programmation imaginée par les quatre directeurs (Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane pour le CCN2, Béatrice Josse pour le Magasin et Marie Roche pour le Pacifique – centre de développement chorégraphique) interrogés ici, en collaboration avec Latifa Laâbissi, chorégraphe associée au CCN2. « Un seul mot d’ordre : mettre en mou

Continuer à lire

Grand Rassemblement 2 : entrons dans la danse !

Événement | Samedi 27 et dimanche 28 mai, le centre d’art le Magasin des horizons va accueillir la deuxième édition du Grand Rassemblement proposé par le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2). Au programme : des spectacles, des performances, des installations vidéo, des ateliers… Rencontre avec ses concepteurs (Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane pour le CCN2, Béatrice Josse pour le Magasin et Marie Roche pour le Pacifique – centre de développement chorégraphique) histoire d’en savoir un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 23 mai 2017

Grand Rassemblement 2 : entrons dans la danse !

C’était l’un de ces moments qui nous rendent fiers de pouvoir dire : "j’y étais". De pouvoir affirmer crânement que l’on se trouvait là, assis dans ce grand auditorium de la MC2 pas tout à fait rempli (vu l’heure tardive), un soir de fin décembre 2016, pour assister au concert de Yael Naim scénographié avec plusieurs circassiens et danseurs (chacun faisant un numéro sur une chanson). « C’est quelque chose qui s’est improvisé presque au moment de ce Grand Rassemblement, qu’on a répété les deux nuits qui précédaient, et qui a participé à la dynamique un peu spontanée et moins formatée que ce qu’il se produit d’habitude à la MC2 » explique le circassien Yoann Bourgeois, aux manettes de ce premier Grand Rassemblement imaginé avec le chorégraphe Rachid Ouramdane – tous deux étant, on le rappelle, les nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble hébergé dans la MC2.

Continuer à lire

PB d'or 2016 : bonus

C'était 2016... | Avec des nouvelles têtes !

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : bonus

Le PB d’or du slogan qui a enfin du sens (du moins à Grenoble) : "le changement c’est maintenant" En 2016, le milieu culturel grenoblois a pas mal bougé avec l’arrivée de nouvelles têtes à la direction d’établissements culturels. Nous pensons notamment à Béatrice Josse au centre d’art le Magasin (à la suite du départ mouvementé de l’ancien directeur Yves Aupetitallot), au duo Yoann Bourgeois – Rachid Ouramdane au Centre chorégraphique national de Grenoble (après plus de 30 ans de Jean-Claude Gallotta), à Marie Roche au centre de développement chorégraphique le Pacifique (la fondatrice des lieux Christiane Blaise ayant décidé de passer la main), au musicien Anton

Continuer à lire

MC2 : Grand Rassemblement, première

événement | Mardi 20 et mercredi 21 décembre à la MC2, la danse (au sens large) sera à la fête grâce au Centre chorégraphique national de Grenoble dirigé depuis un an par Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois. Voilà qui donne très envie.

Aurélien Martinez | Mardi 13 décembre 2016

MC2 : Grand Rassemblement, première

Si Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois sont à la tête de Centre chorégraphique national de Grenoble depuis janvier 2016, c’est ce mois-ci qu’on pourra littéralement vivre leur projet. Comment ? Grâce à la première édition de ces « temps partagés avec le public » que sont Les Grands Rassemblements – un deuxième est prévu fin mai. Sur deux jours, la MC2 (qui, on le rappelle, héberge le CCN) sera ainsi le théâtre d’une émulation faite de « spectacles, ateliers géants, performances, chorégraphies de foule, concerts et dancefloor ». Mais encore ? Concrètement, chacun des deux jours sera lancé à 16h30 avec La Vague, chorégraphie de foule pensée en amont avec les différents participants qui le souhaitent (photo). S’enchaîneront ensuite différents propositions, gratuites (dans le hall et, sur réservation, le

Continuer à lire

Rachid Ouramdane : « Construire une œuvre ensemble »

Le Grand Rassemblement à la MC2 | Mardi 20 et mercredi 21 décembre, le Centre chorégraphique national de Grenoble et la MC2 organisent la première édition du "Grand Rassemblement". Un évènement participatif qui invitera le public à prendre part à des ateliers et des chorégraphies de foule. Mais encore ?

Sandy Plas | Mardi 29 novembre 2016

Rachid Ouramdane : « Construire une œuvre ensemble »

Le projet de "grands rassemblements" a germé il y a quelques temps dans l’esprit de Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, codirecteurs du Centre chorégraphique de Grenoble (CCN2) depuis cette année : créer un évènement où le public dépassera sa condition de spectateur pour se plonger au cœur de la pratique artistique. « Nous sommes de plus en plus convaincus que le public s’inscrit dans une nouvelle manière de pratiquer l’art, en étant spectateur mais pas seulement » nous explique Rachid Ouramdane, à la tête de cette première édition du Grand Rassemblement (il y en aura une deuxième fin mai pour cette saison). « On est aujourd’hui dans une recherche de temps partagés avec le public. » Concrétement, pendant deux jours, tous les espaces du CCN2 et de la MC2 (les deux structures sont dans les mêmes locaux) seront ainsi mis à contribution pour accueillir différents ateliers. Gratuits et accessibles à tous, ces derniers, conçus pour la plupart autour de l’art du geste, seront notamment anim

Continuer à lire

"Tordre" de Rachid Ouramdane cette semaine à la MC2

SCENES | Codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis cette année, le chorégraphe Rachid Ouramdane présentera cette semaine, de mercredi à samedi, sa (...)

Aurélien Martinez | Mardi 4 octobre 2016

Codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis cette année, le chorégraphe Rachid Ouramdane présentera cette semaine, de mercredi à samedi, sa nouvelle pièce Tordre, qu’on n’a pas encore vue. Un « double portrait d’interprètes à la danse singulière » porté donc par deux danseuses à l’histoire forte comme le chorégraphe nous l’a lui-même expliqué. On parie que le résultat, comme toujours avec lui, sera empli de finesse.

Continuer à lire

Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Saison 2016 / 2017 | De nouvelles têtes, des changements, un drôle de projet...

Aurélien Martinez | Mardi 13 septembre 2016

Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Des changements côté salles... De la danse en rassemblement à la MC2 Depuis le début d’année, le Centre chorégraphique national de Grenoble est dirigé par Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane (photo), qui ont ainsi pris la suite de l’emblématique Jean-Claude Gallotta. Un CCNG deuxième génération qui proposera cette saison deux événements atypiques à la MC2, un fin décembre et un autre fin mai : Le Grand Rassemblement. Des temps forts autour de la danse (mais pas que) qui sont en train d’être dessinés, et qui donnent très envie au vu des infos que l’on a pu glaner ici et là – pas mal d’invités, des spectacles phares… Deux nouvelles têtes Deux équipements culturels de l’agglo ont récemment changé de direction. À la Faïencerie de La Tronche, Céline Sabatier, venue du Coléo de Pontcharra, a remplacé Élisabeth Mathieu partie à la retraite. Au Pa

Continuer à lire

Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

ACTUS | Alors qu’ils vont chacun présenter une pièce début mars dans l’agglo, on est partis à la rencontre de Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane, les tout nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble qui succèdent ainsi à Jean-Claude Gallotta. Quel est leur projet commun vu que l’un vient des arts du cirque et l’autre de la danse contemporaine ? Réponses.

Aurélien Martinez | Mardi 23 février 2016

Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

Depuis le 1er janvier 2016, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG), précédemment dirigé pendant plus de trente ans par le ponte de la danse contemporaine Jean-Claude Gallotta, a deux directeurs à sa tête : Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois. Une configuration bicéphale inédite, d’autant plus que l’un des deux (Yoann Bourgeois) vient des arts du cirque : une petite révolution dans le paysage un brin figé des centres chorégraphique nationaux. « Notre duo est né étape par étape. Ça faisait quelques années qu’on se croisait, on était spectateur attentif du travail de l’autre. Et on s’est davantage rencontrés en tant que personne lors des réflexions autour d’un possible nouvel outil pour la danse à la MC2 » explique Yoann Bourgeois. Ce « nouvel outil », baptisé un temps hub, était très ambitieux, mais le Ministère de la culture a finalement fait machine arriè

Continuer à lire

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

ACTUS | On a le nom du successeur (ou plutôt des successeurs) de Jean-Claude Gallotta. Ils entreront en fonction le 1er janvier 2016.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 octobre 2015

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

Après trente ans passés à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, outil installé au sein de la MC2, Jean-Claude Gallotta a été sommé de passer la main. Un appel à candidature a donc été lancé pour trouver son successeur, et d'une première sélection sont sortis en juillet dernier deux dossiers : d'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Vu la renommée et le parcours différents des artistes, le duo semblait en bonne voie pour remporter la mise. Ce que le dernier tour, qui a eu lieu mardi 29 septembre, a conf

Continuer à lire

CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

ACTUS | D'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Résultat fin septembre.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2015

CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

Après plus de trente ans à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, logé au cœur de la MC2, le chorégraphe Jean-Claude Gallotta va devoir passer la main comme lui a demandé le ministère de la culture. On vient d'apprendre que le processus de sélection avançait puisque deux projets ont été retenus dans la "short list" pour prendre la suite, avec des noms loin d'être inconnus à Grenoble. Le premier dossier, présenté comme une codirection, est porté par Yoann Bourgeois (photo), artiste au langage circassien puissant associé à la MC2 depuis 2012, et le chorégraphe Rachid Ouramdane, souvent vu à la MC2. Le deuxième dossier est défendu par la chorégraphe Julie Desprairies (photo), qui travaille autour de la ville comme on a pu s'en rendre compte

Continuer à lire

Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

ACTUS | Le ministère de la culture souhaite un nouveau directeur pour le Centre chorégraphique national, qui était dirigé depuis 1984 par Jean-Claude Gallotta

Aurélien Martinez | Mardi 7 avril 2015

Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

« Pour moi, le CCN n’est qu’un outil – qu’on a fabriqué d’ailleurs ! Je suis à Grenoble, j’ai besoin d’un atelier. Qu’on l’appelle l’Orangerie, le CCN ou la Maison de la culture, c’est pareil. Je demande juste des moyens pour continuer à travailler. Et si ça peut se faire à Grenoble, j’aime autant. » Voilà ce que nous déclarait le chorégraphe Jean-Claude Gallotta en 2012, lorsqu’à l’occasion de la reprise de son très beau Racheter la mort des gestes, nous l’interrogions sur sa longévité à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG) qu’il dirige depuis 1984. Une situation assez inédite dans un milieu culturel où le jeu des chaises musicales est de mise, dans un souci de partage de ces outils issus des politiques de décentralisation culturelle impulsées dans les années 1980. Mais Grenoble ne fera désormais plus exception puisque le ministère de la culture a décidé que Jean-Claude Gallotta allait devoir laisser sa place à un nouveau chorégraphe qui entrera en fonction en janvier 2016. Alors que lui se voyait

Continuer à lire

"Témoins ordinaires" : ceci est mon corps

SCENES | Pour symboliser l’atroce sur scène, il y a plusieurs manières : on peut par exemple y aller franco, façon Rodrigo Garcia lorsqu’il violente ses interprètes (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 4 décembre 2009

Pour symboliser l’atroce sur scène, il y a plusieurs manières : on peut par exemple y aller franco, façon Rodrigo Garcia lorsqu’il violente ses interprètes avec divers bains de ketchup et autres chorégraphies animalières ; ou, à l’opposé, décider seulement de suggérer l’horreur par les mots, les gestes, la scénographie… C’est la voie choisie par le chorégraphe Rachid Ouramdane qui, au fil de ses créations, se confronte à des sujets pas franchement funs (son dernier spectacle évoquait ainsi la guerre d’Indochine). Avec Des Témoins ordinaires, il s’attaque cette fois-ci à la question de la torture. Sur scène, des écrans diffusent des interviews brutes de ces témoins, anciennes victimes venues de Tchétchénie, du Rwanda, de Palestine, du Brésil ou encore du Chili. En ressortent des propos forts, qui forcément suscitent l’empathie chez le spectateur sans pour autant l’amener dans le tire-larmes gros sabots. À côté, la chorégraphie de Rachid Ouramdane se fait épurée, froide, segmentée, portée par des interprètes malléables, insaisissables, hypnotiques, en perpétuelle contorsion. Un moment glaçant parmi d’autres : celui où une danseuse se fait emporter, seule, dans u

Continuer à lire