Au spectacle (en plein air) cet été

Sélection | Alors que l’été la plupart des salles de l’agglo grenobloise sont fermées, il est tout de même possible de voir des spectacles en ville, en plein air et souvent dans un cadre original voire grandiose. Petite sélection maison.

Aurélien Martinez | Mardi 3 juillet 2018

Photo : Ville de Grenoble


De l'opéra et de la danse à la Bastille

Du 25 juillet au 29 août

Chaque été, le prestigieux Opéra national de Paris propose dans toute la France des projections en plein air de certaines de ses productions d'opéra et de danse. Comme à la Bastille, qui en diffusera quatre de fin juillet à fin août. Tout débutera le mercredi 25 juillet avec l'opéra Così fan tutte de Mozart mis en scène par Anne Teresa De Keersmaeker, l'une des papesses de la danse contemporaine souvent vue à la MC2. « Dans sa mise en scène, Anne Teresa De Keersmaeker allie le chant à la danse, et s'appuie sur la géométrie de la musique pour donner forme aux turbulentes transformations émotionnelles des personnages » (extrait de la note d'intention) : voilà qui risque d'être grandiose.

Les mercredi 8 et 15 août, place à la danse pure, avec d'abord une soirée ballets avec des pièces de trois chorégraphes de renom (et d'époque différente – Benjamin Millepied, Jerome Robbins et George Balanchine), puis, une semaine plus tard, L'Histoire de Manon du chorégraphe britannique Kenneth MacMillan suivie des adieux à la scène d'Aurélie Dupont (2015). Enfin, retour à l'opéra le mercredi 29 août avec La Trouvère de Verdi mis en scène par Àlex Ollé (qui, au vu des critiques parues à l'époque de sa création il y a deux ans, n'a pas convaincu tout le monde). Tout ça sans smoking ou robe de soirée, et sans se ruiner vu que c'est gratuit : classe.


Un vaudeville au Musée dauphinois

Jeudi 26 juillet à 21 heures

Feydeau était le maître incontesté du vaudeville à la fin du XIXe et au début du XXe siècle grâce à ses pièces nourries en portes qui claquent et, surtout, en savoureux quiproquos. Un théâtre à l'univers bourgeois certes daté mais qui fonctionne toujours aujourd'hui pour peu qu'on sache le prendre pour ce qu'il est : une formidable opportunité d'amuser le public.

C'est ce que fait depuis l'an passé la metteuse en scène Emmanuèle Amiell (compagnie Les 7 familles) avec La Dame de chez Maxim, véritable machine comique dans laquelle une danseuse du Moulin Rouge se retrouve propulsée dans le beau monde : forcément, vu ses manières, tout ne se passera pas comme prévu (mais pas comme on pourrait l'imaginer non plus). Avec, au centre de la distribution très grenobloise, la comédienne Émilie Geymond, parfaite en Môme Crevette sur qui toutes les attentions sont portées.

Une pièce à voir en plein air, dans le très beau cadre du Musée dauphinois. Attention, l'entrée est payante (12 ou 15 euros ; gratuit pour les moins de 12 ans).


Un peu de tout à la Bastille…

Du 1er au 15 août

La première quinzaine d'août est sans doute la période de l'année où, culturellement parlant, il se passe le moins de chose. C'est justement là que s'est glissé le festival de théâtre en plein air (et gratuit) À la Bastille, qui en est à sa sixième édition. Côté chiffres, on est sur 15 jours de festival pour 29 spectacles et 45 représentations (trois par jour donc, à 17h, 19h et 21h). « Le ciel sera le toit de cette scène immense avec la plus belle vue de la région (et du monde disent certains) pour les plus beaux spectacles, les plus merveilleux artistes et les plus sublimes spectateurs ! » dixit le programme orchestré par Philippe Bazatole, ancien président de la compagnie Les Bleus de Sassenage et aujourd'hui président de la compagnie Multiplicolore.

Un programme qui mixe les genres (théâtre, chanson, musique, clown, danse…) et les compagnies (du coin ou d'ailleurs). Comme on n'a vu aucun spectacle en amont, on ne peut vous en dire plus, mais l'aventure a son petit charme, surtout dans un cadre pareil.


… et au centre-ville

Du 23 août au 1er septembre

Chaque fin août, en plein centre-ville de Grenoble, du côté du quartier Très-cloîtres, la cour Marcel Reymond, communément appelée cour du vieux temple, accueille le Festival de la cour du vieux temple (la vie est bien faite). Soit dix jours de spectacle et de musique en plein air dans un cadre agréable, comme si l'on était coupés de l'agitation urbaine le temps. Avec, chaque soir, une proposition à 19h plutôt estampillée découverte, et une seconde à 21h qui fait office de tête d'affiche.

Dans cette seconde catégorie, on aura droit par exemple à une « épopée rock » par la cie grenobloise Intermezzo (A tribute to Peer Gynt, d'après le poème dramatique d'Henrik Ibsen et la musique d'Edvard Grieg) ou encore à deux mises en scène de textes classiques : Le Roi se meurt de Ionesco et Comme il vous plaira de Shakespeare. Là aussi nous n'avons rien vu en amont, donc on ne peut pas vous en dire plus si ce n'est qu'on passe y faire un tour chaque fin d'été et que l'ambiance est à chaque fois chaleureuse et détendue.


La dame de chez Maxim

De Georges Feydeau, ms Emanuèle Amiell, par la Cie Les 7 familles Au matin, Monsieur Petypon, après une nuit de débauche, découvre qu'il n'est pas seul à dormir dans sa chambre...
Musée dauphinois 30 rue Maurice Gignoux Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Émilie Geymond : en présence d’une clown

Portrait | Alors qu’elle brille en gouailleuse Môme Crevette dans la mise en scène de "La Dame de chez Maxim" (Feydeau) d’Emmanuèle Amiell, on a rencontré la comédienne Émilie Geymond qui vient tout juste de créer son premier seule-en-scène clownesque baptisé "Cléopâtrak".

Alice Colmart | Mardi 3 avril 2018

Émilie Geymond : en présence d’une clown

Émilie Geymond semble habitée par le clown. Pourtant, derrière son humour ravageur, les accents qu’elle emploie et les diverses expressions de son visage, la comédienne grenobloise de 37 ans cache une profonde timidité. « À l’école déjà, jouer un rôle m’aidait à vaincre mon trac. Je mettais une perruque lors des exposés. Avec cet accessoire, je ne tremblais plus, ça allait directement mieux. » C’est donc tout logiquement perruquée qu’elle se retrouve aujourd’hui sur le plateau pour défendre son premier seule-en-scène Cléopâtrak, dans lequel elle se met dans la peau de la reine d’Égypte. Une réine délurée qui oscille avec brio entre le gag comique (elle trébuche sans cesse) et la tragédie, puisqu’elle tente par-dessus tout de se donner la mort. Un spectacle prometteur créé il y a quelques mois qui commence tout juste sa vie sur les scènes grenobloises – il sera à la Basse cour fin avril, et au Midi / Minuit fin juin. « Je ne sais pas faire autre chose que le clown » Cet art de la mise en scène et cette maîtrise précise des personnages développés dans Cléopâtrak, la comédienne les doit à d

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Des spectacles à ciel ouvert pour l'été

Les temps forts de l'été | Ce n’est pas parce que l’immense majorité des salles de spectacle sont fermées en juillet et août qu’on ne peut pas se faire une pièce de théâtre, de danse, voire même un opéra entre deux passages à la piscine et trois tours en terrasse. La preuve avec ces quatre bons plans en plein air, et gratuits (ou presque), ce qui ne gâche rien.

Aurélien Martinez | Mardi 4 juillet 2017

Des spectacles à ciel ouvert pour l'été

De l’opéra et de la danse en plein air, sur grand écran Du 21 juillet au 24 août Les opéras sont des salles de spectacle souvent intimidantes, dont les codes implicites (un minimum de culture, une belle toilette…) peuvent faire peur. Pourtant, il s’y passe souvent de chouettes choses pas destinées uniquement qu’aux bourgeois amateurs de culture des temps anciens – l’opéra de nos voisins lyonnais est, par exemple, une maison très contemporaine. Celui de Paris, l’un des plus réputés (et classiques) d’Europe, souhaite ainsi démonter les préjugés qui lui collent à la peau en proposant l’été venu certaines productions (en opéra comme en danse) sur grand écran, dans plusieurs villes de France À Grenoble, on aura ainsi droit au ballet Le Lac des cygnes, sur une musique de Tchaïkovski et une chorégraphie de Rudolf Noureev, le vendredi 21 juillet au parc Jean Verlhac de la Villeneuve ; à l’opéra La Traviata de Verdi le jeudi 27 juillet à la Bastille ; au défilé du Ballet de l’Opéra de Paris le vendredi 4 août au parc Bachelard ; au ballet La Belle au bois dormant, sur une musique de Tchaïkovski et une chorégraphie de Mar

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Festival de la cour du vieux temple : attention, spectacles en cour !

Festival | À Grenoble, à deux pas de la place Notre-Dame, se trouve une cour dans laquelle le temps semble figé. Pendant toute l’année, le lierre y grimpe à l’abri des regards indiscrets. Mais chaque été, à partir de la fin août, acteurs, danseurs, conteurs, clowns et magiciens prennent chaque soir possession de ce lieu à l’occasion du bien nommé Festival de la cour du vieux temple. Son directeur artistique nous en dit plus sur la 17e édition qui s'annonce.

Nicolas Joly | Mardi 27 juin 2017

Festival de la cour du vieux temple : attention, spectacles en cour !

« Le maître-mot c’est la convivialité. C’est être bien ensemble pour découvrir des nouvelles formes artistiques » résume Claude Romanet, directeur artistique du Festival de la cour du vieux temple. Depuis 17 ans, ce lieu historique du centre de Grenoble accueille un petit festival, qui met à l’honneur le spectacle vivant sous toutes ses formes. Du 24 août au 2 septembre, il sera donc chaque soir le théâtre d’une aventure artistique différente structurée en deux parties : « La soirée commencera à 19h avec un spectacle d’une cinquantaine de minutes. Les formes seront variées, ça pourra être de la musique, de la danse, du clown, de la magie, du conte... Et à 21h il y aura un spectacle plus long, d’1h30 à 2h. » Une programmation variée, avec pas mal de compagnies du coin – les 7 Familles, la Comédie du Fol espoir, le Théâtre de l'Arc-en-Ciel, le Créarc... « On ne programme pas des choses labellisées qui marcheront à coup sûr. Si on fait venir une troupe d’amateurs ou de professionnels, c’est qu’ils ont des choses à dire et à défendre. » « Garder une dimension humaine » Et cha

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En août à Grenoble, l'art prend la cour (du vieux temple)

CONNAITRE | Rendez-vous du 18 au 27 août, dans la cour grenobloise du vieux temple donc, pour un programme artistique comme toujours pluridisciplinaire.

Aurélien Martinez | Mercredi 27 juillet 2016

En août à Grenoble, l'art prend la cour (du vieux temple)

Chaque fin août, le Festival de la cour du vieux temple investit la cour dont il est question, près de la place Notre-Dame (Grenoble), pour dix jours de théâtre, musique & co. Cette seizième édition ne dérogera pas à la règle, grâce à une programmation on ne peut plus variée avec, par exemple, le spectacle Rire aux éclats, présenté comme un « cabaret des tranchées » par la compagnie Petits bâtons production (qui, d’ailleurs, organise aussi le festival) ou plusieurs concerts – comme un, en ouverture, des French Bastards, « trio aux croisements du jazz, du groove et de la musique de film » piloté par Jean-Christophe Prince (oui, le premier rédacteur en chef du PB). Pour les autres artistes, qu’on ne connaît pas tous, ce sera à la découverte. Mais ça vaut le coup, le lieu étant très agréable.

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L'été des festivals autour de Grenoble

ACTUS | Certes, on a sorti fin juin notre supplément consacré au festivals en Rhône-Alpes, mais ce n’est pas une raison pour ne pas reparler de ceux prévus autour de Grenoble en juillet et août ; qu’ils soient branchés musique, spectacle vivant ou les deux ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2015

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10 – 12 juillet Le Vercors Music Festival Pour la première édition de ce nouveau festival prévu à Autrans, les organisateurs (et notamment le programmateur Jean-Philippe Bruttmann, compositeur et guitariste de son état) se sont offert quelques têtes d’affiche, sans doute pour marquer les esprits. Les excellents Moriarty, groupe au folk tendrement barré et bricolé, et la pimpante Yael Naim seront de la partie. Tout comme l’Américaine Ilene Barnes, à la voix impressionnante, et le guitariste américain de jazz fusion Al Di Meola. « Toutes les esthétiques musicales seront présentes autour des deux scènes du festival, mais auront toutes pour point commun de placer la guitare au centre des attentions. » Ça se tient. 15 – 19 juillet Merci, Bonsoir ! Encore un nouveau festival ! Dans le cadre de la première édition de l’événement spectacle vivant (versant arts de rue) et musique Merci, Bonsoir ! organisé à Grenoble (à la Bifurk et au parc Flaubert) par l’association

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SCENES | Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. D’accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 juin 2014

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Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. D’accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec une ribaude ? Hypothéqué le château pour couvrir les frais médicaux de son beau-papa de suzerain ? Donné une leçon au gang de fils de palefreniers qui rackettait son petit dernier ? Le café-théâtreux à tout faire Jacques Chambon a sans doute les réponses à ces questions. Pour l’heure, à l’invitation du Festival de la cour du vieux temple, il s’est demandé ce qui se serait produit si le prince s’était fait bouffer par le dragon gardant le corps inerte de la Belle au bois dormant. Eh bien elle aurait dormi, voilà. Presque aussi longtemps que Fry, le livreur de pizza cryogénisé pendant mille ans de Futurama. Elle aurait dormi jusqu’à ce qu’un pareil branque vienne la réveiller, en l’occurrence un naze de la cambriole prénommé Eddie. L’un et l’autre, personnages 100% Chambon s’il en est (tout les sépare, y compris l’Histoire), sont interprétés par des enfants du pays : d’un côté Chrystel Portehaut, blondeur et bouille coquine à la Bérengère Krief, de l’autre

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"La Dame de chez Maxim" : l’art et la manière Sivadier

Théâtre | Mettre en scène un vaudeville aujourd’hui s’apparente à une véritable gageure, tant le genre apparaît désuet. Jean-François Sivadier réussit pourtant son pari avec la mise en scène de "La Dame de chez Maxim" de Feydeau. Notamment grâce à une Norah Krief exceptionnelle.

Aurélien Martinez | Vendredi 16 octobre 2009

Dans un entretien accordé au Petit Bulletin Lyon pour sa mise en scène du Menteur de Goldoni (à voir aux Célestins), Laurent Pelly, ex-directeur du CDN grenoblois, déplore que « faire de la comédie soit presque honteux en France. Quand les spectateurs ont trop de plaisir, c’est vu comme quelque chose de louche… Moi, je revendique une comédie de qualité. » Sans prendre trop de risques, on suppose que Jean-François Sivadier partage pleinement cet avis. Avec sa mise en scène retentissante d’un Feydeau pur jus, il participe ainsi à la création de spectacles intelligents, exigeants et surtout fédérateurs. Car chez Sivadier, ce nouvel attrait pour la comédie (c’est son premier vaudeville) se confond avec la volonté de travailler le grand répertoire et de le mettre à la portée de tous : déjà à la MC2, on avait ainsi pu découvrir ses mises en scène réussies de textes de Brecht et Büchner. « Le Bonheur d'être demoiselle » La Dame de chez Maxim, avec ses quiproquos et rebondissements en série, est une véritable machine à jouer pour le metteur en scène et les comédiens. La pièce contente l

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