"Fúria" : le tourbillon de la (dure) vie

Danse | La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues sera mardi 15 et mercredi 16 janvier à la MC2 avec un nouveau spectacle furieusement réussi.

Aurélien Martinez | Mardi 8 janvier 2019

Photo : Sammi Landweer


Il y a des propositions qui plongent le public dans un tourbillon intense, le prennent par les tripes pour le laisser à la fin de la représentation dans un état proche de la sidération. Fúria de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues est de celles-ci. Soit un spectacle qui monte, qui monte, qui monte… Et qui explose grâce à neuf interprètes à l'investissement et la technicité (on les croirait pris de spasmes) dingues. Comme un immense cri chorégraphié orchestré par une artiste brésilienne soixantenaire qui compte sur la scène internationale – on a d'ailleurs souvent pu la voir dans l'agglo avec des créations fortes comme Pindorama, Pororoca ou encore Incarnat.

Une danse sans frontières et pétrie de références sociopolitiques (celle qui crée ses spectacles dans la favela de Maré, à Rio de Janeiro, là où sa compagnie est basée, a fait de nombreuses recherches en amont, notamment sur la place des Noirs au Brésil) pour une pièce qui n'écrase pourtant pas le spectateur, bien au contraire : libre à chacun de mettre ou non des mots ou des idées derrière les images proposées et savamment construites – toute référence à la situation brésilienne actuelle… L'artiste, ancienne danseuse chez Maguy Marin, nous emmène alors dans une transe diabolique comme la métaphore de la violence du monde, avec un chant traditionnels kanak (Nouvelle-Calédonie) en guise de bande son. Un véritable choc artistique.

Fúria
À la MC2 mardi 15 et mercredi 16 janvier


Furia

Conception et chorégraphie par Lia Rodrigues
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Comme un trio « La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu’on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu’écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d’intention de sa prochaine création qu’il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup. À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre À l’Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre À l’Oriel (Varces) samedi 29 septembre SEИS La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirol

Continuer à lire

"May B" : danse-la comme Beckett

Danse | La création culte de Maguy Marin sera reprise à la MC2 du mercredi 25 au vendredi 27 avril par la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues sous le nom de "De Sainte-Foy-lès-Lyon​ à Rio : May B à la Maré, une fraternité". Immanquable.

Nadja Pobel | Lundi 23 avril 2018

Avec De Sainte-Foy-lès-Lyon​ à Rio : May B à la Maré, une fraternité, c'est une page de l'histoire de la danse que nous verrons à la MC2. Cette pièce n'a jamais cessé d'être présentée depuis sa création en 1981, à l'exception de pauses de deux ou trois ans : dingue ! La danseuse Lia Rodrigues (dont les travaux chorégraphiques récents ont été vus à Grenoble – Pindorama, Pororoca, Incarnat…) faisait alors partie de la distribution. Trente-cinq ans plus tard, elle l’a transmise aux élèves en formation continue de l'École de danse libre qu'elle a montée à la Maré, une des favelas les plus âpres de Rio de Janeiro. Le résultat est remarquable. Inspirée par l’œuvre du dramaturge Samuel Beckett (d’où le côté très danse-théâtre du résultat), May B posait déjà à l’époque tant d'éléments de ce qui fera la force du travail chorégraphique de Maguy Marin : une conscience politique aigüe des dominants et dominés mêlée à un souffle de vie qui affleure des décombres. Semblables à des zombies ayant passé des heures sous les gravas sans doute dus à un séisme ou des bomba

Continuer à lire

Danse : dix spectacles pour une saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Que les amateurs de danse se rassurent : plusieurs salles à Grenoble et dans l'agglo proposent d'excellents spectacles de danse. En voici dix, sélectionnés par nos soins.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Danse : dix spectacles pour une saison

Welcome Les spectacles interprétés par des enfants inspirent généralement au critique professionnel la plus profonde méfiance. Sauf quand c’est la chorégraphe Josette Baïz qui met en scène son groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d’Aix-en-Provence et Marseille. Dans ce cas, nos aigreurs s’envolent et l’on applaudit chaudement le résultat au vu du talent des interprètes, qui reprendront ici plusieurs pièces composées uniquement par des chorégraphes femmes comme Dominique Hervieu et Blanca Li Pochette Surprise. On sera dans la salle pour découvrir le résultat. À la Rampe (Échirolles) les 11 et 12 octobre My ladies rock L’un des tubes du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta s’intitule

Continuer à lire

Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Panorama 2016/2017 | Avec des nouveautés, des reprises, des stars et même un concours. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Pindorama La Brésilienne Lia Rodrigues, chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, voit la danse comme un combat. Après des passages à la Rampe ou à l’Hexagone, elle sera cette saison à la MC2 avec un Pindorama (un mot qui, dans la langue tupi, désigne le Brésil d’avant la colonisation) que nous n’avons pas vu mais qui nous intrigue fortement. Attention, choc possible, surtout que le dispositif scénique (qu’on ne dévoilera pas) fera tout pour le renforcer. À la MC2 du mercredi 16 au vendredi 18 novembre ______ [re]connaissance Un concours de danse ? Oui ! Sur deux soirs, douze compagnies de toute la France (voire de l’étranger pour certaines) présentent une pièce courte pour trois à cinq danseurs. Un temps fort appréciable vu la diversité remarquable que l’on découvre chaque année dans la salle qui accueille le concours. Et un temps fort ludique, les spectateurs étant amenés à voter pour décerner l’un des trois prix qui, justement, offriront une im

Continuer à lire

Onde de choc

SCENES | Chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, Lia Rodrigues présentera à l’Hexagone sa création Pororoca. Une expérience physique aussi singulière qu’intense. Jean-Emmanuel Denave

Aurélien Martinez | Jeudi 6 décembre 2012

Onde de choc

Image arrêtée : une grappe baroque et bariolée de onze danseurs, figée en bord de scène. Puis, c’est une déferlante, un jet pulsionnel et rageur d’objets divers : chaises en plastique, bibelots, morceaux de papiers… Une fois débarrassé du vieux rapport sujet-objet, ce corps collectif s’ébranle, se répand, se dilate, traversé d’emblée par des mouvements contradictoires, multiples, éclatés. Tel un puzzle dont les onze pièces ne s’emboîteraient jamais parfaitement, mais qui pourtant existerait comme un tout, et dont nous allons partager l’existence, les heurts, les systoles et les diastoles. Pororoca, titre de la pièce, désigne "le bruit qui détruit" et le mascaret, cette grande vague qui remonte l’Amazone à contre-courant. Et comme dans Les Vagues de Virginia Woolf, les expressions de chaque individu ne se détachent ici jamais d’un grand mouvement qui les dépasse. On pense aussi aux sculptures de Rodin dont les figures s’entrelacent au bloc de matière dont elles ne s’extirpent pas totalement. Groupe d’individualités

Continuer à lire

Sculpteuse de corps

SCENES | La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues nous avait retournés en 2005 à la Rampe avec son Incarnat – on lui avait même offert la une, c’est dire ! Une création (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 7 septembre 2012

Sculpteuse de corps

La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues nous avait retournés en 2005 à la Rampe avec son Incarnat – on lui avait même offert la une, c’est dire ! Une création dérangeante, politique (sa compagnie est implantée dans une favela de Rio de Janiero), entre danse, arts plastiques et performance. Elle sera à l’Hexagone de Meylan le mardi 18 décembre avec Pororoca, sa nouvelle pièce pour onze danseurs qu’on nous assure être animée par la même force. On veut bien le croire !

Continuer à lire