"Des hommes en devenir" : un cri qui vient de l'intérieur

Théâtre | Critique plus qu'enthousiaste du spectacle que le metteur en scène Emmanuel Meirieu présentera à la MC2 du mardi 29 au jeudi 31 janvier.

Nadja Pobel | Mardi 22 janvier 2019

Photo : Loewen


Lors de sa découverte en juin 2017, à sa quasi-création, ce spectacle fut anéantissant et bouleversant tant les récits nous apparurent forts. Leur puissance nous a presque abîmés quatre mois plus tard lors d'une seconde vision, probablement parce qu'Emmanuel Meirieu, qui fouille depuis deux décennies la psyché des hommes (exclusivement via des personnages masculins), se fait de plus en plus précis au fil du temps.

Un metteur en scène qui, une fois de plus, est allé chercher aux États-Unis un auteur contemporain – ici Bruce Machart, qui publia ces nouvelles en 2011. Des tranches de vies d'hommes (Ray, Tom, Vincent, Dean…) qui confient, face micro et tour à tour, la douleur de la perte : d'un membre de leur corps, d'un enfant à naître ou déjà grand, d'un amour. Et même de rien, car ne rien avoir à sauvegarder, à serrer contre son cœur, est une souffrance immense. Leur voix est calme, posée, ils murmurent et leur souffle bat la mesure. Lorsqu'il est question de pansements à décoller sur la peau d'une enfant brûlée, l'odeur et la douleur nous parviennent intégralement et intensément.

Tout n'est pas de ce registre surpuissant ; il y a quelques répits, fort heureusement, qu'Emmanuel Meirieu offre notamment grâce à son utilisation de l'espace, des lumières, des vidéos (quelques phares et visages) et des tulles posés devant la scène comme une compresse. Mais jamais cela ne décentre du comédien dont le moindre mouvement est soupesé et dont le texte a été chirurgicalement découpé. Un spectacle aride et organique qui creuse dans les entrailles de l'humanité…

Des hommes en devenir
À la MC2 du mardi 29 au jeudi 31 janvier


Des hommes en devenir

Par Emmanuel Meirieu. D’après le roman de Bruce Machart
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Nadja Pobel | Mardi 22 janvier 2019

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