"Le Jour du grand jour" : le jour d'un grand spectacle

Spectacle | La géniale compagnie Dromesko s'installe sur le parvis de la MC2 pendant deux semaines (du 2 au 13 avril pour être précis) avec deux spectacles entre cirque, théâtre, musique et danse.

Nadja Pobel | Mardi 26 mars 2019

Photo : Fanny Gonin


Avant même de voir ce qu'il en retourne, il y a ces titres : Le Jour du grand jour pour ce travail dévoilé en 2014, et Le Dur désir de durer, dernière création en date (2017) des Dromesko. Au-delà des assonances et répétitions verbales, il est dans les deux cas question de plonger au cœur de l'intime.

Concernant Le Jour du grand jour, seul spectacle des deux que nous ayons vu, il s'agit d'une série de cérémonies inscrites au cœur d'un dispositif bi-frontal particulièrement adapté. Les mines déconfites, le stress des grandes occasions, le rire, les piaillements des familles réunies : toutes les expressions humaines se condensent dans ces 90 minutes entre enterrements, mariages et baptêmes. Mais, dans ces rituels bien calibrés, l'étrangeté guette comme l'animalerie de la compagnie est bien sûr de la partie : un cochon déroule de son groin le tapis rouge, un oiseau échassier défie avec majesté l'assemblée…

Ni tout à fait du cirque (quoique cette compagnie soit une des pionnières de son profond renouvellement comme Igor le rappelle dans l'interview) ni vraiment du théâtre, Le Jour du grand jour est une fusion de ces arts ; mais aussi un grand acte chorégraphique que ce soit par la simultanéité des gestes conférant la solennité de ces parades civiles et religieuses bien rodées que par ses pas de côté. Car sous la traîne de la mariée et les images bien huilées de ces défilés, les Dromesko regardent ce qui grince, tel ce corps échappé du dessous d'une table de repas.

Magnifique visuellement, Le Jour du grand jour est ainsi d'une précieuse générosité à l'image de ce banquet qui, comme de bien entendu, clôt cette partition. Toujours y retourner !

Le Jour du grand jour
À la MC2 du mardi 2 au samedi 6 avril

Le Dur désir de durer
À la MC2 du mardi 9 au samedi 13 avril


Le Jour du Grand Jour

Par le théâtre forain les Dromesko
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Le dur désir de durer

Par le théâtre forain les Dromesko
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Igor : « Chez Dromesko, personne n’est dressé ! »

Spectacle | Depuis 1990, le Théâtre Dromesko, fondé par le couple charismatique Igor et Lily, propose des spectacles atypiques entre cirque, théâtre, danse et musique, comme on avait par exemple pu s’en rendre compte il y a dix ans avec le fabuleux "Arrêtez le monde, je voudrais descendre". Bonne nouvelle : voilà le duo, leurs interprètes et leurs animaux de retour avec leur baraque-théâtre posée sur le parvis de la MC2 pendant deux semaines pour donner leurs deux dernières créations : "Le Jour du grand jour" et "Le Dur désir de durer". Ça méritait bien une interview du fameux Igor Dromesko.

Aurélien Martinez | Mardi 26 mars 2019

Igor : « Chez Dromesko, personne n’est dressé ! »

Diriez-vous que vous venez du monde du cirque ? Igor Dromesko : Pas tout à fait du cirque… Moi, je suis allé quatre fois dans ma vie au cirque quand j’étais petit, emmené par mes parents ! Mais on peut dire que dans les années 1980, avec Bartabas et mon frère Branlo, on a un peu donné naissance à ce que l’on appelle aujourd’hui le nouveau cirque, pas tant avec Zingaro [compagnie renommée de théâtre équestre aujourd’hui pilotée par Bartabas – NDLR] qu’avec le Cirque acrobatique et burlesque du Baron Aligre… En 1990, vous rompez pourtant avec Bartabas pour créer, avec votre femme Lily, la compagnie Dromesko et votre premier (et mythique) spectacle La Volière Dromesko. Quelle était votre idée à l’époque ? On n’a jamais d’idée, on est plus sur des envies ! Pas parce qu’on est bêtes et qu’on vit en caravane, mais parce qu’on fonctionne à l’instinct et au ressenti… La Volière, c’est parti quand Lily était enceinte de notre deuxième fille : à chaque fois qu’elle sortait, au lieu de s’offrir des tartes aux fraises et autres fixettes de femme enceinte, elle achetait des oiseaux. On

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Dromesko : détour de manège

Spectacle | Cette semaine, l’équipe du Théâtre Dromesko s’arrête du côté de la MC2 pour nous proposer sa nouvelle création "Arrêtez le monde, je voudrais descendre". À défaut d’avoir pu voir de quoi il retournait, on a soumis Igor, son directeur artistique, à la question.

François Cau | Lundi 16 février 2009

Dromesko : détour de manège

Comment est né le Théâtre Dromesko ? Igor : C’est venu quand on a arrêté le cirque Zingaro, dont j’étais l’un des créateurs avec Bartabas. Je suis parti en 1989 parce que ça devenait un peu la grosse usine. Pendant un an et demi, j’ai fait d’autres choses, j’ai fait une fille, notamment, mais j’avais envie de repartir sur d’autres projets artistiques. Créer Dromesko était une façon de réaliser ce rêve. Depuis dix ans, le Théâtre Dromesko est installé à la Ferme du Haut Bois, à Saint-Jacques-de-la-Lande, dans une friche agricole. Comment cela a influé sur votre art ? Quand le maire de Saint-Jacques nous a proposé cet endroit, c’était encore des champs avec des vaches autour, il y avait juste un centre commercial mais sinon il n’y avait personne, c’était une ville nouvelle qui se construisait – on était là avant la plupart des habitants. Maintenant, il y a des immeubles partout, comme une espèce de village gaulois retranché qui ne voudrait pas voir que le béton a gagné. C’est un port d’attache pour nous, un endroit où, quand on revient de tournée, on gare les camions et on s’installe direct

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