Grand Rassemblement 5 : qui se rassemble s'enchante

Événement | On l’a écrit lors des précédentes éditions, on fait de même pour cette cinquième prévue samedi 15 et dimanche 16 juin aux alentours du Théâtre municipal de Grenoble et de la place Saint-André : les Grands Rassemblements pilotés par le Centre chorégraphique national de Grenoble sont l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes. Et l’équipe organisatrice en apporte une nouvelle fois la preuve.

Aurélien Martinez | Lundi 10 juin 2019

Des spectacles, des performances, du cinéma en plein air, des ateliers… Le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), piloté par le circassien Yoann Bourgeois et le chorégraphe Rachid Ouramdane, a encore fait les choses bien pour son cinquième Grand Rassemblement. Et s'est une nouvelle fois offert les services d'artistes haut de gamme, comme si tout ceci était programmé dans les murs d'une institution prestigieuse. Sauf qu'avec les GR, on est souvent hors des lieux culturels attendus, comme nous l'expliquait Rachid Ouramdane en 2017 – « Le choix d'espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d'amener des gens à rencontrer l'art. »

Et quoi de mieux qu'une place en plein centre-ville pour « amener les gens à l'art » ? Et quoi de mieux que des formes spectaculaires pour capter leur attention ? Pour ce GR5, la place Saint-André de Grenoble servira ainsi de scène, le samedi, à plusieurs propositions artistiques proches du cirque, de la forme courte Ophélie de Yoann Bourgeois (une interprète évoluant dans un aquarium géant) à la Traversée(s) que le funambule Nathan Paulin (photo) réalisera entre deux bâtiments, en passant par la sorte de best of de plusieurs de ses créations que donnera le génial et poétique collectif de jongleurs Petit travers. Voilà qui sera forcément grandiose.

Tous ensemble

Mais il y aura aussi tout un tas d'autres choses à découvrir pendant ce week-end, dont des spectacles (payants) dans le Théâtre municipal tout proche, une performance folle de la danseuse Lora Juodkaite qui tournoiera sur elle-même dans le hall de ce même théâtre, une expérience de jonglage en réalité augmentée à vivre à la Maison de l'international ou encore une projection du film culte Hairspray dans le Jardin de Ville.

Il n'y aura donc qu'à se rendre sur place ce week-end et se laisser cueillir – surtout que nous n'avons pas tout listé, loin de là (le Magasin des horizons et le Pacifique, partenaires réguliers du CCN2, proposeront aussi quelques événements). Et vivre, comme à chaque fois avec ces GR, de grands moments tant artistiques que de partage.

Grand Rassemblement 5
Sur la place Saint-André, au Théâtre municipal de Grenoble et aux alentours samedi 15 et dimanche 16 juin


Ophélie

De Yoann Bourgeois, avec Marie Vaudin
Place Saint-André Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Traversée(s)

De Nathan Paulin
Place Saint-André Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Collectif Petit Travers

Saynètes de jongleurs
Place Saint-André Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Le secret des oiseaux

De Rachid Ouramdane et Lora Juodkaite
Théâtre municipal de Grenoble 4 rue Hector Berlioz Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Fugue VR

Expérience qui invite à découvrir en réalité virtuelle le spectacle Fugue/Trampoline de Yoann Bourgeois
Ancien Musée de Peinture Place de Verdun Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Un Grand Rassemblement grandeur nature avec le CCN2

SCENES | Le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) piloté par Yoann Bourgeois propose, samedi 3 et dimanche 4 juillet, un nouveau Grand Rassemblement, cette fois en Chartreuse. Au vu des précédents, ce sera sûrement un grand et original moment artistique entre spectacles, performances & co.

Aurélien Martinez | Vendredi 2 juillet 2021

Un Grand Rassemblement grandeur nature avec le CCN2

Après avoir investi, depuis 2016, la MC2, le centre d'art le Magasin ou encore le centre-ville de Grenoble, l'équipe du CCN2 organisera cette fois un événement exceptionnel en pleine nature, « au cœur du massif de la Chartreuse, de ses montagnes, de ses pâturages ». Et le cadre ne sera pas qu'une coquetterie, mais influera vraiment sur ce que nous verrons, comme ce fut le cas lors de chaque précédente édition. On se souviendra ainsi longtemps du funambule Nathan Paulin traversant la place Saint-André sous une pluie battante. Tout comme de la circassienne Chloé Moglia qui avait installé son immense structure-sculpture sur le parvis de la Bifurk, avec les montagnes en fond. Les Grands Rassemblements générateurs d'images splendides ? Oui, mais pas que ! « Splendeur des lieux » « Avec la complicité des artistes, de la nature et des habitants chartroussins, nous avons imaginé des parcours artistiques qui invitent à une marche contemplative et tranquille pour regarder la splendeur des li

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Yoann Bourgeois : « Je réfute de potentiels soupçons de contrefaçon »

ACTUS | Sortie début février, une vidéo anonyme sous-entend que Yoann Bourgeois, circassien et codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), aurait plagié plusieurs artistes pour ses propres créations. Alors qu’on souhaitait l’interroger aujourd’hui sur les changements en cours au CCN2 (après le départ du chorégraphe Rachid Ouramdane, qui pilotait l’institution à ses côtés), on en a profité pour revenir avec lui sur la polémique et ainsi recueillir son point de vue.

Aurélien Martinez | Vendredi 16 avril 2021

Yoann Bourgeois : « Je réfute de potentiels soupçons de contrefaçon »

« Je suis désolé mais cette affaire me touche trop durement, et je vais avoir besoin d'y répondre en articulant bien chaque chose, avec suffisamment d'espace, et cela quand ma parole sera audible. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. » Voilà ce que nous avait répondu Yoann Bourgeois fin février dans le cadre de notre article Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique. Il avait néanmoins publié quelques jours auparavant une tribune sur Artcena (le site du Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre) afin d’esquisser une défense, sans néanmoins faire explicitement référence à la vidéo qui le met en cause. Deux mois plus tard, après plusieurs relances de notre part et alors

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Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

ACTUS | Début février, le circassien et chorégraphe Yoann Bourgeois, codirecteur depuis 2016 du centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), a été mis en cause dans une vidéo anonyme laissant entendre qu’il aurait pu plagier d’autres artistes. On a cherché à en savoir plus en contactant les principaux intéressés, qui appellent pour la plupart à une remise en question profonde du milieu des arts de cirque. Quant à Yoann Bourgeois, après avoir longuement hésité, il a finalement décliné notre proposition d’interview.

Aurélien Martinez | Vendredi 26 février 2021

Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

Revenons dans le passé pour commencer. Depuis une dizaine d’années à Grenoble (c’est là qu’il a implanté sa compagnie en 2010), on suit avec délectation et fascination l’éclosion artistique de Yoann Bourgeois, homme de cirque (il est passé par le prestigieux Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne) et de danse (il a notamment collaboré plusieurs années avec la chorégraphe Maguy Marin) devenu, au fil des ans et des créations, l’une des figures phares du nouveau cirque français. On se souvient ainsi, une fin de journée de l’été 2010, être monté à la Bastille, fort militaire surplombant Grenoble, pour découvrir son impressionnant Cavale dans lequel, en compagnie de l’acrobate Lucien Reynès, il défiait magnifiquement la gravité avec un escalier, un trampoline et le panorama urbain en toile de fond (des extraits sont disponibles en ligne). « Dans le cirque, je suis intéressé par le fait de rendre perceptibles

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Rachid Ouramdane en partance vers Chaillot

Danse | L’actuel codirecteur du CCN2, avec Yoann Bourgeois, vient d’être nommé à la tête du Théâtre national de la danse – Chaillot. Il prendra ses fonctions au début du mois d’avril prochain. Nous l’avons interrogé sur son bilan à Grenoble et la manière dont il envisage son nouveau poste.

Martin de Kerimel | Lundi 15 février 2021

Rachid Ouramdane en partance vers Chaillot

Comment traversez-vous cette période de crise sanitaire ? Rachid Ouramdane : Cette période a fait naître une profonde réflexion sur comment agir artistiquement et à la tête d’une institution, pour aller à la rencontre du public et faire en sorte que les choses ne s’arrêtent pas. Cela a demandé une vigilance quotidienne pour tenter d’apporter des solutions. Subir aurait été la pire des choses. En tant que directeur, je me suis évidemment soucié de mon équipe : il a fallu agir avec les nouveaux protocoles et comprendre ces informations qui nous éclairaient au fur et à mesure sur le risque. Cela a conduit à réorganiser notre travail. J’ai envie de continuer à me projeter sur le futur. Il faut croire en tout ce qui a été mis en place du point de vue sanitaire, en l’efficacité des vaccins, et espérer qu’à un moment donné, on pourra retrouver le public. Je pense qu’il faudra alors avoir la sagesse de s’appuyer sur ce qui a pu s’inventer pendant cette période particulière. Je pense à toutes les initiatives en lien avec le numérique, les petits formats, l’art en plein air. Des choses que l’on faisait déjà au CCN2, mais qui se sont accen

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En attendant le public... (épisode 2)

SCENES | L'équipe du Petit Bulletin est repartie à la rencontre des compagnies de théâtre et de danse pour recueillir leurs impressions sur la crise sanitaire et l'évolution de leur travail au quotidien. Cinq d'entre elles nous ont répondu pour témoigner de leurs incertitudes persistantes, mais aussi, parfois, d'un relatif optimisme.

La rédaction | Vendredi 5 février 2021

En attendant le public... (épisode 2)

Yoann Bourgeois – Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) « C’est difficile car cette crise a touché le cœur de nos activités. Mais c’est aussi difficile pour moi de dire que c’est difficile parce que je sais que beaucoup d’autres sont plus impactés que nous au CCN2, qui sommes une institution assez solide économiquement. Même si, bien sûr, notre économie repose beaucoup sur la diffusion – on tournait énormément –, presque totalement à l’arrêt depuis un an. » Pour Yoann Bourgeois, codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (en binôme avec Rachid Ouramdane), cette crise sanitaire a chamboulé énormément de choses, notamment au niveau artistique puisque trois de ses créations sont en suspens : Hurricane, pour le ballet de l’Opéra de Göteborg en Suède, répétée entre janvier et mars 2020 mais qui n’a pu pour l’instant être jouée que le soir de la première en mars (on devrait cependant la voir la saison prochaine à la MC2) ; I wonder where the dreams I don't remember go, pour la fameuse

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"Summer time… Un été en mouvement" et covid-compatible grâce au CCN2

Danse & cirque | Si beaucoup d’événements culturels estivaux ont dû être annulés du fait du coronavirus, d’autres, eux, voient le jour en détournant la contrainte sanitaire. C’est le cas du programme "Summer time… Un été en mouvement" proposé en juillet et en août par le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) avec de la danse et du cirque à découvrir aussi bien en plein air qu’à l’intérieur – à l’Ancien Musée de peinture surtout. Avant de détailler un programme qui nous donne très envie, on en a parlé avec Rachid Ouramdane, codirecteur du CCN2.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2020

Comment vous est venue cette idée d’événement estival ? Rachid Ouramdane : Pendant le confinement, au CCN2, on subissait comme tout le monde la situation ; l’isolement, l’attente indéterminée… Finalement, à un moment, on s’est dit qu’il fallait arrêter d’attendre que la situation redevienne normale mais plutôt composer avec cette donne sanitaire. On a alors pris les devants en essayant de penser des projets covid-compatibles, et ainsi répondre à un certain appétit du public que l’on sentait bien. Comment ces deux mois vont-ils se dérouler ? Autour de deux grands axes. D’abord des propositions en plein air qui nous plongent en pleine nature. Ensuite d’autres qui jouent avec la contrainte sanitaire – se tenir à distance les uns des autres – en créant des espaces intérieurs plutôt intimistes avec des spectateurs uniques ou en très petit nombre mais dans des lieux immenses à contempler. Pour ainsi vivre des expériences fortes malgré cet isolement subi. Ces propositions en intérieur auront principalement lieu à l’Ancien Musée de peinture… On a essayé d’être sur plusie

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Möbius : l'art de l'envol

Spectacle | Pour créer, Rachid Ouramdane aime partir à la rencontre de l’autre, qu’il soit artiste ou non. Le co-directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble a récemment choisi de travailler avec la Compagnie XY, une troupe d’acrobates. Impressionnant, le résultat est à découvrir jusqu’à vendredi 24 janvier, sur la scène de la MC2.

Martin de Kerimel | Mardi 21 janvier 2020

Möbius : l'art de l'envol

À quoi tient la magie d’un instant ? Comment expliquer qu’une heure durant, ce qui se passe sur une scène parvienne à nous faire oublier les soucis de notre quotidien et nous emmener ailleurs ? Quel phénomène étrange se joue lorsqu’un bon millier de personnes, adultes, adolescents, enfants, vibrent soudain à l’unisson, sensibles à une émotion partagée ? Il n’est pas indispensable de trouver une réponse à toutes ces questions pour profiter de Möbius. Il peut toutefois être difficile de résister à l’envie d’acclamer une performance artistique remarquable… et c’est pourtant ce qui nous a été demandé un soir de la semaine dernière, à Annecy, en prélude à une représentation du nouveau spectacle chorégraphié par Rachid Ouramdane. Talent et force poétique Passée la surprise, on comprend évidemment que cette œuvre – désormais programmée à la MC2, depuis mardi et jusqu’à vendredi – est si technique (et potentiellement dangereuse) qu’il faut absolument éviter de troubler l’intense concentration des exécutants. Pas question de s’appesantir sur le sujet : toute considération matérie

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Yoann Bourgeois : "Ophélie", « une présence qui flirte en permanence avec l’absence »

Spectacle | Yoann Bourgeois est un artiste passionnant, ni vraiment circassien, ni vraiment chorégraphe, mais peut-être tout ça (et plus encore) à la fois. Dans le cadre de sa série de créations baptisée "tentatives d'approches d'un point de suspension", il dévoilera devant la Maison Bergès de Villard-Bonnot puis sur la place Saint-André de Grenoble sa prometteuse nouvelle forme courte (pas plus de 15 minutes) "Ophélie". Interview en amont histoire d’en savoir un peu plus.

Aurélien Martinez | Lundi 27 mai 2019

Yoann Bourgeois :

Pourquoi ce spectacle pour une interprète (Marie Vaudin) s’appelle-t-il Ophélie ? Yoann Bourgeois : Parce qu’il s’inspire du personnage que l’on trouve au sein de la pièce Hamlet, et du moment de sa mort. À la façon dont Shakespeare raconte ce passage, on a l’impression qu’Ophélie n’en finit pas de mourir. Pour moi, c’est vraiment l’image de la dissolution par excellence. Ophélie incarne la présence que je cherchais, une présence qui flirte en permanence avec l’absence, qui est là sans être là… Dans la pièce, Ophélie meurt noyée, d’où le dispositif que vous avez créé… Oui. Comme souvent pour mes spectacles, je crée un dispositif. Là, c’est un gros aquarium, sorte de petite chambre qui met en mouvement un corps inerte manipulé par une grue. L’eau est un formidable élément pour ne plus rien peser, voire parfois pour peser moins que rien comme le corps peut aussi remonter à la surface s’il a suffisamment d’air. C’est un dispositif qui s’intègre à cette constellation de dispositifs autonomes que j’ai appelée il y a quelques années "tentatives d'approches d'un point d

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La Trilogie, ou quand le Magasin des horizons, le CCN2 et le Pacifique « assument publiquement » leur trio

ACTUS | Nous étions à la conférence de presse organisée jeudi 14 mars au Magasin des horizons.

Aurélien Martinez | Mardi 19 mars 2019

La Trilogie, ou quand le Magasin des horizons, le CCN2 et le Pacifique « assument publiquement » leur trio

« On a voulu concrétiser quelque chose qui se passe déjà » : voilà comment Camille Planeix, coordinatrice du Magasin des horizons, explique le pourquoi du comment de la petite conférence de presse organisée la semaine dernière dans une des salles du centre d’art pour lancer officiellement la « coalition pluri·elles et opérationn·elles » baptisée La Trilogie. Un regroupement composé du Magasin des horizons, du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et du Centre de développement chorégraphique national de Grenoble le Pacifique. Soit trois structures qui ont vu leur direction changer en 2016, et qui se sont alors rapidement rapprochées. « Jusque-là, c’était très intuitif » a expliqué Erell Melscoët, directrice du pôle territoire du CCN2. On peut par exemple parler des Grands Rassemblements du CCN2, auxquels le Magasin et le Pacifique ont été associés. « Maintenant, on assume publiquement et plus clairement ce trio. »

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Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

ACTUS | Depuis plusieurs mois, la situation entre la MC2, immense scène nationale grenobloise, et le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), hébergé en son sein, est plus que tendue. « M. Jean-Paul Angot, directeur de la MC2, a pour projet de faire disparaître le CCN implanté dans la MC2 dont il est le gestionnaire » écrivaient en décembre dernier dans un communiqué de presse Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane, directeurs dudit CCN2. Alors que les tutelles publiques des deux institutions espèrent une sortie de crise rapide, on fait le point avec les différentes parties.

Aurélien Martinez | Mardi 12 février 2019

Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

« Au Centre chorégraphique, on est – pardon, ça va paraître un peu prétentieux mais si on ne le dit pas, des gens le taisent – dans une très très grande vitalité. On est par exemple le centre chorégraphique le plus diffusé de France. Et malgré tout ça, depuis qu’on est arrivés en 2016, on est confrontés au fait que la direction de la MC2 a toujours exprimé que le centre chorégraphique ne devait pas être là. Au début, c’était quelque chose qui n’engageait que le directeur, mais au fil des mois, on n’a fait que rencontrer des difficultés, jusqu’en décembre dernier où une nouvelle fois le directeur de la MC2 a tenu à interpeller l’ensemble des tutelles en leur faisant savoir qu’il fallait que le CCN quitte la MC2. » Voilà ce que nous a déclaré le chorégraphe Rachid Ouramdane, co-directeur avec le circassien Yoann Bourgeois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) depuis 2016. Un outil, comme dix-huit autres en France, issu des politiques de décentralisation, à la configuration néanmoins inédite puisqu’il est implanté dans un bâtiment régi par une autre structure : la

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Ier Acte : « Les plateaux de théâtre ne sont pas en phase avec la démographie française »

ACTUS | « Programme d’ateliers gratuits, pratiques et théoriques pour un groupe de jeunes acteur·trice·s afin de promouvoir une plus grande diversité sur les plateaux de théâtre », le dispositif national Ier Acte fera escale au Pacifique de Grenoble vendredi 8 février le temps d’une soirée ouverte à tous. On en parle avec le co-directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble Rachid Ouramdane, partie prenante de cette « initiative positive ».

Aurélien Martinez | Lundi 4 février 2019

Ier Acte : « Les plateaux de théâtre ne sont pas en phase avec la démographie française »

Comment présenteriez-vous Ier Acte ? Rachid Ouramdane : C'est un programme de formation qui s'adresse à des jeunes comédiens issus de la diversité culturelle française et qui sont victimes de discrimination. C'est une longue phrase, mais elle est importante ! Cette formation a été impulsée en 2014 par Stanislas Nordey, directeur du Théâtre national de Strasbourg, qui est parti du constat qu'à l'intérieur du théâtre français, les plateaux sont plutôt blancs et donc pas en phase avec la démographie française. Devant ce constat, soit on se mobilise, se responsabilise, soit on ne fait rien. Comment faire changer les choses ? Il faut essayer de repérer les rouages qui mènent à ça. Ier Acte prend ainsi la question sous l'angle de la formation et des jeunes. Par exemple, quand on demande aux élèves des écoles de théâtre avec qui ils imaginent faire leur prochain projet, assez souvent ils répondent : avec mes potes de promo, ceux que je connais. C'est normal. Or, si dans ces promos d'étudiants, dans ces moments qui font c

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"Franchir la nuit" : papier glacé par Rachid Ouramdane

Danse | Le chorégraphe et co-directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble va présenter à la MC2 sa nouvelle pièce centrée sur les migrations tragiques et meurtrières. On l'a vue en amont.

Nadja Pobel | Mardi 6 novembre 2018

L'ambition était belle et généreuse : inviter vingt écoliers grenoblois et treize mineurs isolés ou migrants d'Afrique et d'Europe à rejoindre sur scène cinq interprètes professionnels. Mais ce spectacle de Rachid Ouramdane, baptisé Franchir la nuit, esthétise plus son propos politique et engagé (les migrations tragiques et meurtrières d'une époque malade) qu’il ne le dénonce. Sur un plateau recouvert d'eau, un homme court de plus en plus vite, sur place. Plus tard, lui et les autres joueront de ce liquide en se roulant dedans, en tapant la surface. À chaque fois, l'effet visuel est parfait. Trop. Comme si la création avait été pensée pour être photographiée. Bien sûr, ce n'est nullement le cas, et l'intention du co-directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) ne souffre d'aucune insincérité. Mais son parti pris questionne, d'autant que ces séquences sont enveloppées des trop entendus Heroes de David Bowie et Knokin'on Heaven's Door de Bob Dylan. Heureusement, ce ne sont pas les versions originales qui résonnent mais la singulière appropriation qu'en fait Deborah Lennie-Bisson

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Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Événement | Samedi 16 et dimanche 17 juin, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et ses partenaires investissent la Bifurk pour un week-end de spectacles, ateliers, concerts, rencontres & co qui donne très envie. Le nom de l’événement ? Le Grand Rassemblement, dont c’est la troisième édition grenobloise. Soit l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes.

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2018

Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Après la MC2 fin 2016 et le Magasin des horizons en mai 2017, c’est à la Bifurk d’accueillir le troisième Grand Rassemblement grenoblois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) – mais le quatrième du nom, une déclinaison ayant eu lieu à Annecy en mai dernier. Soit « une manifestation tout-terrain » conçue dans l’esprit du lieu investi. « Le choix d’espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d’amener des gens à rencontrer l’art » nous avait expliqué l’an passé le chorégraphe Rachid Ouramdane, codirecteur du CCN2 avec le circassien Yoann Bourgeois. Cette imp

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Quand Grenoble s’anime avec les beaux jours

GUIDE URBAIN | Le printemps et ses (potentiels) beaux jours sont là. Voici donc un agenda d’événements urbains à vivre en mai et juin. Suivez-nous.

La rédaction | Mercredi 9 mai 2018

Quand Grenoble s’anime avec les beaux jours

Du vélo en veux-tu en voilà Du 14 mai au 10 juin, le vélo sera à l’honneur dans l’agglo grenobloise, au passage de plus en plus vélo-compatible. « Chaque année, Faites du vélo propose durant plus d'un mois une programmation multiple allant de la simple balade en ville à la compétition de sports extrêmes en passant par un escape game géant ou encore une randonnée vélo-botanique. » Notons aussi l’événement Vélopolis qui aura lieu les 19 et 20 mai à l’Anneau de vitesse du parc Paul-Mistral et qui promet d’en mettre plein la vue. Programme complet de la manifestation sur www.faitesduvelo.com. De la musique sur un parking Vendredi 18 et samedi 19 mai, c’est à l’Esplanade de Grenoble que ça se passera, avec le retour du festival Magic Bus. Côté prog, on sera sur des gros noms comme Puppetmastaz, Sergent Garcia ou encore Kumbia Boruka. Et côté ambiance, ce sera comme chaque année : sympathique !

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Tout le monde danse : le Centre chorégraphique national de Grenoble va passer par Annecy en mai

Plus loin | Début mai, les Grands rassemblements inventés par le CCN2 de Grenoble s'arrêteront à Annecy après deux éditions grenobloises (et avant une prochaine prévue en juin à la Bifurk). Rapide présentation du programme.

Nadja Pobel | Mardi 10 avril 2018

Tout le monde danse : le Centre chorégraphique national de Grenoble va passer par Annecy en mai

Initiée par Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois dès leur arrivée à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble en janvier 2016, leur proposition de Grand rassemblement (qui nous enthousiasme fortement au PB) se déclinera pour la première fois hors de Grenoble – mais pas si loin. Du jeudi 3 au samedi 5 mai, Bonlieu, la scène nationale d'Annecy, accueillera ainsi divers spectacles, ateliers et installations comme ça avait été le cas lors des précédents GR. Avec un tarif très incitatif (10€ la journée ou 20€ pour les 3 jours), ce nouveau Grand rassemblent intitulé Tout le monde danse (le public ne sera pas seulement spectateur) réunira des spectacles des deux directeurs grenoblois (Ouramdane livrera notamment un aperçu de 30 minutes de Franchir la nuit, sa future création dont les premières auront lieu en septembre à Bonlie

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50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Événement | Rendez-vous mardi 6 février au parc Paul-Mistral pour du grand spectacle.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Coup d’envoi cette fois-ci officiel (certains événements ont débuté depuis plusieurs mois) des festivités du cinquantenaire des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble 1968 ce mardi 6 février, dans une forme olympique ! Car les joggeurs, des plus amateurs aux plus confirmés, sont invités à se rendre au Village Olympique à partir de 17h30 pour une course lumineuse prévue sur 5 km. Le parcours passera par les lieux symboliques des JO, comme la MC2, le centre de presse Malherbe ou encore le Palais des sports, et s'achèvera au parc Paul-Mistral – l’arrivée se fera en fanfare avec la 27e Brigade d'Infanterie. Puis, à partir de 19h30, on aura droit à du spectaculaire avec notamment Souvenirs de 13 jours en France, spectacle mené par le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta et environ 100 danseurs, puis le fameux Fugue/trampoline du circassien Yoann Bourgeois – « le spectacle d’un homme qui monte le haut d’un escalier, qui chute et rebondit. Pour moi, une synthèse de l’existence » détaillait-il lors de la conférence de presse officielle. La soirée se terminera par un spectacle pyrotechnique tiré depuis les gradins de l’Anneau de vitesse.

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"Minuit" : l’insoutenable légèreté des êtres selon Yoann Bourgeois

Cirque (mais pas que) | Le circassien grenoblois reprend à la MC2 l'un de ses spectacles qui résume le mieux son univers, jusque dans son titre : "Minuit, tentatives d’approches d’un point de suspension".

Aurélien Martinez | Mardi 12 décembre 2017

On l’a souvent écrit, mais répétons-le une fois de plus : Yoann Bourgeois est un artiste fascinant, rapidement rangé dans la case des circassiens mais au langage artistique beaucoup plus vaste (il est d’ailleurs le codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble avec Rachid Ouramdane). Un homme aussi bien capable d’élaborer des petites formes aériennes emplies de poésie visuelle (comme son fameux Fugue / Trampoline) que des machineries plus lourdes dans la logistique mais tout autant maîtrisées et poétiques – à l’image de son Celui qui tombe et de ses danseurs-acrobates évoluant sur un immense radeau flottant. Minuit, tentatives d’approches d’un point de suspension, création pour quatre interprètes (dont lui-même) qu’il tourne depuis un moment, en est une nouvelle preuve. Une petite merveille de poésie donc et, plus surprenant, d’humour (on ne savait pas Yoann Bourgeois si drôle) qui synthétise magnifiquement l’univers de cet artiste constamment à la recherche de ce fameux point de suspension. En découle un spectacle patchwork tout en humilité qui fait un bien fou dans un univers circassien ayant pa

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Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base d'acrobaties mais aussi de western, de clown ou encore d'humour.

La rédaction | Jeudi 14 septembre 2017

Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Le syndrome de Cassandre Champion du monde de magie avec Baltass, un numéro de balles vu près d'un million de fois sur Youtube, Yann Frisch a poussé plus loin son talent et a même déconstruit son savoir-faire dans cette pièce qui tourne partout et émeut. Il est un clown qui tombe le masque ; plutôt que de faire rire de ses maladresses, il voudrait faire croire ce qu'il raconte. Alors il se fait sombre, sort sa mère en tissu d'un cercueil, escamote des tours et touche au cœur. À l’Hexagone du 17 au 19 octobre Halka Le Groupe Acrobatique de Tanger est une compagnie de cirque impressionnante, qui maîtrise l’art du spectaculaire (ils seront quatorze acrobates sur scène) et de la pyramide humaine. Si nous n’avons pas encore vu leur nouvelle création, on en attend beaucoup. À la Rampe (Échirolles) les 12 et 13 décembre Minuit

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"Fugue / Trampoline" : Yoann Bourgeois toujours en apesanteur

Cirque | Le circassien grenoblois reprend cette semaine, au parc Bachelard et sur le campus, sa petite forme courte qui connaît un succès incroyable. Un véritable bijou.

Aurélien Martinez | Lundi 11 septembre 2017

Le Grenoblois Yoann Bourgeois n’est pas qu’un artiste-circassien : c’est un poète visuel qui construit des spectacles d’une grande finesse. Comme son merveilleux Fugue / Trampoline, « petite danse spectaculaire » pour un interprète sur une musique de Philip Glass. Il faut le voir grimper progressivement en haut d’un escalier, se laisser tomber sur le sol trampoline et revenir à la même place, comme si l’on rembobinait un film muet. Une forme légère de 8 minutes qu’il tourne (lui ou un membre de sa compagnie) depuis des années (il peut l’installer presque n’importe où) et qui rencontre un succès fou. Bonne nouvelle : il la reprendra à Grenoble de nombreuses fois pendant quatre jours, que ce soit sur le parvis du Plateau (quartier Mistral), dans le cadre de la programmation du Prunier sauvage, ou sur le campus pour l’ouverture de l’Est, la nouvelle salle de l’Université Grenoble Alpes. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

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Grand Rassemblement 2 : demandez le programme

Événement | Que et qui verrons-nous samedi 27 et dimanche 28 mai au Magasin des horizons ? Tout un tas d'artistes et de propositions ! Tour d'horizon sélectif.

Aurélien Martinez | Mardi 23 mai 2017

Grand Rassemblement 2 : demandez le programme

« Il n’y a pas vraiment d’angle disciplinaire » : voilà ce qu’on nous répond lorsqu’on demande aux organisateurs de définir quel genre de propositions le public découvrira pendant ces deux journées au Magasin. Comprendre qu’il y aura de tout : des spectacles, des performances, des installations vidéo, des ateliers, un film en plein air… On ne sera donc plus sur la ligne du premier Grand Rassemblement organisé fin décembre 2016 à la MC2 avec ses créations circassiennes parfois spectaculaires. Cette fois-ci, on sera au Magasin des horizons, place forte de l’art contemporain sur Grenoble, et la programmation s’en ressent – avec, en plus, un côté politique très prononcé. Une programmation imaginée par les quatre directeurs (Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane pour le CCN2, Béatrice Josse pour le Magasin et Marie Roche pour le Pacifique – centre de développement chorégraphique) interrogés ici, en collaboration avec Latifa Laâbissi, chorégraphe associée au CCN2. « Un seul mot d’ordre : mettre en mou

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Grand Rassemblement 2 : entrons dans la danse !

Événement | Samedi 27 et dimanche 28 mai, le centre d’art le Magasin des horizons va accueillir la deuxième édition du Grand Rassemblement proposé par le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2). Au programme : des spectacles, des performances, des installations vidéo, des ateliers… Rencontre avec ses concepteurs (Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane pour le CCN2, Béatrice Josse pour le Magasin et Marie Roche pour le Pacifique – centre de développement chorégraphique) histoire d’en savoir un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 23 mai 2017

Grand Rassemblement 2 : entrons dans la danse !

C’était l’un de ces moments qui nous rendent fiers de pouvoir dire : "j’y étais". De pouvoir affirmer crânement que l’on se trouvait là, assis dans ce grand auditorium de la MC2 pas tout à fait rempli (vu l’heure tardive), un soir de fin décembre 2016, pour assister au concert de Yael Naim scénographié avec plusieurs circassiens et danseurs (chacun faisant un numéro sur une chanson). « C’est quelque chose qui s’est improvisé presque au moment de ce Grand Rassemblement, qu’on a répété les deux nuits qui précédaient, et qui a participé à la dynamique un peu spontanée et moins formatée que ce qu’il se produit d’habitude à la MC2 » explique le circassien Yoann Bourgeois, aux manettes de ce premier Grand Rassemblement imaginé avec le chorégraphe Rachid Ouramdane – tous deux étant, on le rappelle, les nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble hébergé dans la MC2.

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PB d'or 2016 : bonus

C'était 2016... | Avec des nouvelles têtes !

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : bonus

Le PB d’or du slogan qui a enfin du sens (du moins à Grenoble) : "le changement c’est maintenant" En 2016, le milieu culturel grenoblois a pas mal bougé avec l’arrivée de nouvelles têtes à la direction d’établissements culturels. Nous pensons notamment à Béatrice Josse au centre d’art le Magasin (à la suite du départ mouvementé de l’ancien directeur Yves Aupetitallot), au duo Yoann Bourgeois – Rachid Ouramdane au Centre chorégraphique national de Grenoble (après plus de 30 ans de Jean-Claude Gallotta), à Marie Roche au centre de développement chorégraphique le Pacifique (la fondatrice des lieux Christiane Blaise ayant décidé de passer la main), au musicien Anton

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MC2 : Grand Rassemblement, première

événement | Mardi 20 et mercredi 21 décembre à la MC2, la danse (au sens large) sera à la fête grâce au Centre chorégraphique national de Grenoble dirigé depuis un an par Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois. Voilà qui donne très envie.

Aurélien Martinez | Mardi 13 décembre 2016

MC2 : Grand Rassemblement, première

Si Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois sont à la tête de Centre chorégraphique national de Grenoble depuis janvier 2016, c’est ce mois-ci qu’on pourra littéralement vivre leur projet. Comment ? Grâce à la première édition de ces « temps partagés avec le public » que sont Les Grands Rassemblements – un deuxième est prévu fin mai. Sur deux jours, la MC2 (qui, on le rappelle, héberge le CCN) sera ainsi le théâtre d’une émulation faite de « spectacles, ateliers géants, performances, chorégraphies de foule, concerts et dancefloor ». Mais encore ? Concrètement, chacun des deux jours sera lancé à 16h30 avec La Vague, chorégraphie de foule pensée en amont avec les différents participants qui le souhaitent (photo). S’enchaîneront ensuite différents propositions, gratuites (dans le hall et, sur réservation, le

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"Dans les plis du paysage" : paysage composé

Jonglage | Le génial collectif Petit travers revient dans l'agglo avec sa nouvelle création baptisée "Dans les plis du paysage". Du jonglage toujours aussi fort à découvrir mercredi 14 décembre à l'Heure bleue de Saint-Martin-d'Hères.

Nadja Pobel | Vendredi 9 décembre 2016

Après plus de dix pièces depuis la création en 2003 du collectif Petit travers, les jongleurs défrichent toujours leur discipline dont le postulat de base est si simple (lancer des balles et les rattraper) et pourtant si esthétique. Leur dernier ballet dans les airs, Dans les plis du paysage, a d'ailleurs été judicieusement créé en septembre dernier dans le cadre de la Biennale de la danse de Lyon, comme pour mieux sortir du cadre. D'autant plus que, plutôt que de mettre les pleins feux sur son travail, la troupe a l'audace de débuter cette création dans une relative pénombre avec sons tribaux et gestes idoines. La musique tient ainsi une place de premier plan dans ce spectacle grâce à la présence d'un batteur, véritable métronome des circassiens très nombreux au plateau – sept, dont les concepteurs Nicolas Mathis et Julien Clément. Peu de jonglage donc pour cette entrée en matière où l'homme se substitue même aux balles imitant le bruit du rebond ! Ce

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Rachid Ouramdane : « Construire une œuvre ensemble »

Le Grand Rassemblement à la MC2 | Mardi 20 et mercredi 21 décembre, le Centre chorégraphique national de Grenoble et la MC2 organisent la première édition du "Grand Rassemblement". Un évènement participatif qui invitera le public à prendre part à des ateliers et des chorégraphies de foule. Mais encore ?

Sandy Plas | Mardi 29 novembre 2016

Rachid Ouramdane : « Construire une œuvre ensemble »

Le projet de "grands rassemblements" a germé il y a quelques temps dans l’esprit de Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, codirecteurs du Centre chorégraphique de Grenoble (CCN2) depuis cette année : créer un évènement où le public dépassera sa condition de spectateur pour se plonger au cœur de la pratique artistique. « Nous sommes de plus en plus convaincus que le public s’inscrit dans une nouvelle manière de pratiquer l’art, en étant spectateur mais pas seulement » nous explique Rachid Ouramdane, à la tête de cette première édition du Grand Rassemblement (il y en aura une deuxième fin mai pour cette saison). « On est aujourd’hui dans une recherche de temps partagés avec le public. » Concrétement, pendant deux jours, tous les espaces du CCN2 et de la MC2 (les deux structures sont dans les mêmes locaux) seront ainsi mis à contribution pour accueillir différents ateliers. Gratuits et accessibles à tous, ces derniers, conçus pour la plupart autour de l’art du geste, seront notamment anim

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"Tordre" de Rachid Ouramdane cette semaine à la MC2

SCENES | Codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis cette année, le chorégraphe Rachid Ouramdane présentera cette semaine, de mercredi à samedi, sa (...)

Aurélien Martinez | Mardi 4 octobre 2016

Codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis cette année, le chorégraphe Rachid Ouramdane présentera cette semaine, de mercredi à samedi, sa nouvelle pièce Tordre, qu’on n’a pas encore vue. Un « double portrait d’interprètes à la danse singulière » porté donc par deux danseuses à l’histoire forte comme le chorégraphe nous l’a lui-même expliqué. On parie que le résultat, comme toujours avec lui, sera empli de finesse.

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Étudiants, au spectacle !

Numéro étudiant | « En trouvant super naze de mettre les gens dans des cases » chantait Vincent Delerm dans son morceau "Catégorie Bukowski". Ouais, on a des références au PB. Et on n’obéit pas forcément au chanteur en livrant une sélection on ne peut plus subjective de spectacles à voir selon le cursus suivi par vous autres étudiants. Sachant que tout le monde est libre de sortir des cases !

Aurélien Martinez | Jeudi 6 octobre 2016

Étudiants, au spectacle !

Pour les étudiants en sciences Max Bird On en a déjà parlé précédemment, on en remet une couche : l’humoriste Max Bird, qui « pense être, dans l’âme, plus un scientifique qu’un humoriste », est excellent dans son Encyclo-spectacle. Excellent et également passionnant quand il parle des dinosaures ou encore des effets de l’alcool sur le corps humain. De l’humour intelligent donc, avec en plus la possibilité pour les chercheurs en herbe de causer avec l’artiste après la représentation – enfin, on s’engage peut-être un peu trop, mais c’est souvent ce qui se fait à la Basse cour. À la Basse cour du jeudi 6 au samedi 8 octobre _______ Pour les étudiants en économie Celui qui tombe Adam Smith et consorts, c’est sympa mais bon, l’histoire de la manufacture d’

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Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Saison 2016 / 2017 | De nouvelles têtes, des changements, un drôle de projet...

Aurélien Martinez | Mardi 13 septembre 2016

Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Des changements côté salles... De la danse en rassemblement à la MC2 Depuis le début d’année, le Centre chorégraphique national de Grenoble est dirigé par Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane (photo), qui ont ainsi pris la suite de l’emblématique Jean-Claude Gallotta. Un CCNG deuxième génération qui proposera cette saison deux événements atypiques à la MC2, un fin décembre et un autre fin mai : Le Grand Rassemblement. Des temps forts autour de la danse (mais pas que) qui sont en train d’être dessinés, et qui donnent très envie au vu des infos que l’on a pu glaner ici et là – pas mal d’invités, des spectacles phares… Deux nouvelles têtes Deux équipements culturels de l’agglo ont récemment changé de direction. À la Faïencerie de La Tronche, Céline Sabatier, venue du Coléo de Pontcharra, a remplacé Élisabeth Mathieu partie à la retraite. Au Pa

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Cirque : nos cinq coups de cœur de l'année

Panorama 2016/2017 | Au Petit Bulletin, on adore les artistes qui s'envoient en l'air. La preuve avec cette sélection de spectacles riche en surprises et émotions fortes.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Cirque : nos cinq coups de cœur de l'année

Fenêtres Recréation d’un spectacle vieux de quinze ans, ce solo initialement interprété par le circassien Mathurin Bolze (qui l’a imaginé) a été transmis à Karim Messaoudi, passé comme lui par Centre national des arts du cirque. Un pur moment de grâce visuelle sur un homme enfermé dans un appartement et qui ne semble trouver d’échappatoire que par les airs, grâce à un sol trampoline. Grandiose. À l’Hexagone (Meylan) mardi 15 et mercredi 16 novembre _______ Patinoire Un solo entre cirque, théâtre et clown qui fonctionne parfaitement. Logique, il est l’œuvre d’un des fondateurs du collectif québécois de circassiens Les 7 doigts de la main. Patrick Léonard, seul en scène donc mais accompagné d’un fatras d’objets (qui auront une importance capitale pendant le spectacle), met en place une drôle de tension qui captive autant qu’elle surprend. Et quelle fin vertigineuse ! À l'Ilyade (Seyssinet-Pariset) mardi 29 novembre _______

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Des hommes et des balles avec le collectif Petit travers

SCENES | Le collectif lyonnais s'arrête à Voiron et à Échirolles avec deux spectacles différents (une grande forme et un trio) néanmoins portés par la même ambition : celle d'un jonglage poétique fort en images.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mai 2016

Des hommes et des balles avec le collectif Petit travers

Avec Le Petit travers (à lire : notre interview), on est clairement du côté du jonglage poétique. Une poésie qui se retrouve jusque dans les titres à rallonge des spectacles que le collectif donnera cette semaine dans l’agglo grenobloise. Les Beaux Orages qui nous étaient promis d’abord, ballet pour sept interprètes à la technicité remarquable. Un art du jonglage parfaitement maîtrisé qui s’enrichit de l’apport d’autres arts, comme la danse ou encore la musique – elle a été créée par le compositeur Pierre Jodlowski, très branché musique contemporaine. Pan-Pot ou modérément chantant ensuite, petite forme pour trois jongleurs et une pianiste elle plutôt branchée classique (Liszt, Beethoven, Mozart, Bach, Wagner…) pour une incroyable chorégraphie de balles comme autant de notes de musique échappées de partitions invisibles. Poétique donc. On avait découvert Pan-Pot en

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Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Spectacles | Le collectif Petit travers, défenseur depuis treize ans d’un jonglage poétique fort en images, débarque à Grenoble avec deux spectacles – une grande forme pour sept interprètes et un trio avec piano. Deux véritables réussites qui nous ont donné envie de passer un coup de fil à Julien Clément, co-directeur artistique du collectif.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mai 2016

Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Avec le collectif, vous faites du jonglage, mais pas un jonglage simplement limité à la performance… Julien Clément : Oui. On utilise le jonglage comme un matériau, comme un outil de scène, comme une possibilité de langage. Et tout ça dans une visée poétique et musicale. On essaie de proposer un cadre assez simple pour jouer sur la surprise, pour avoir un spectateur à l’affût, pour l’étonner, le surprendre… Avec, en stars de chaque spectacle, les balles de jonglage. Même si, dans les deux créations que vous présentez à Grenoble, leur rôle est très différent… Pour chaque spectacle, on essaie de redéfinir cet objet, de savoir si c’est quelque chose d’abstrait ou si c’est un être animé d’une vie propre. Dans le tout début de Pan-Pot ou modérément chantant, il y a la mise en place de l’histoire de ces balles qui sont comme autonomes, qui ont leur trajectoire de vie : même si on comprend qu’elles sont jonglées, on ne voit pas les jongleurs, on ne voit pas leurs mains, ils sont vraiment dépersonnalisés. Pour Les Beaux Orages qui nous étaient promis, on a plus pris ces balles co

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Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

ACTUS | Alors qu’ils vont chacun présenter une pièce début mars dans l’agglo, on est partis à la rencontre de Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane, les tout nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble qui succèdent ainsi à Jean-Claude Gallotta. Quel est leur projet commun vu que l’un vient des arts du cirque et l’autre de la danse contemporaine ? Réponses.

Aurélien Martinez | Mardi 23 février 2016

Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

Depuis le 1er janvier 2016, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG), précédemment dirigé pendant plus de trente ans par le ponte de la danse contemporaine Jean-Claude Gallotta, a deux directeurs à sa tête : Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois. Une configuration bicéphale inédite, d’autant plus que l’un des deux (Yoann Bourgeois) vient des arts du cirque : une petite révolution dans le paysage un brin figé des centres chorégraphique nationaux. « Notre duo est né étape par étape. Ça faisait quelques années qu’on se croisait, on était spectateur attentif du travail de l’autre. Et on s’est davantage rencontrés en tant que personne lors des réflexions autour d’un possible nouvel outil pour la danse à la MC2 » explique Yoann Bourgeois. Ce « nouvel outil », baptisé un temps hub, était très ambitieux, mais le Ministère de la culture a finalement fait machine arriè

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Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

ACTUS | On a le nom du successeur (ou plutôt des successeurs) de Jean-Claude Gallotta. Ils entreront en fonction le 1er janvier 2016.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 octobre 2015

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

Après trente ans passés à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, outil installé au sein de la MC2, Jean-Claude Gallotta a été sommé de passer la main. Un appel à candidature a donc été lancé pour trouver son successeur, et d'une première sélection sont sortis en juillet dernier deux dossiers : d'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Vu la renommée et le parcours différents des artistes, le duo semblait en bonne voie pour remporter la mise. Ce que le dernier tour, qui a eu lieu mardi 29 septembre, a conf

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Nouveau cirque : nos coups de cœur de la saison

SCENES | Du jonglage, des acrobates vietnamiens et, bien sûr, du Yoann Bourgeois.

Aurélien Martinez | Jeudi 17 septembre 2015

Nouveau cirque : nos coups de cœur de la saison

Les Beaux Orages… / Pan-Pot… Né il y a plus de dix ans, le collectif Petit Travers déploie depuis un langage visuellement impressionnant construit autour de l’art du jonglage. Mais du jonglage grandiose et expressif qui, plus qu’un simple numéro, devient le cœur de leurs spectacles. Leur création de 2009 Pan-Pot ou modérément chantant, qui repasse cette saison à la Rampe, en est un exemple frappant : sur scène, une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre ; point. Un postulat de départ minime qui offre pourtant un grand moment de poésie visuelle, notamment lorsque les balles semblent devenir des notes de musique s’échappant de la portée imaginaire qui les maintient. Ces circassiens d’un autre genre seront également cette année au Grand Angle avec Les Beaux Orages qui nous étaient promis, création de 2013 (que nous n’avons pas vue) pour cette fois-ci sept jongleurs. « Cet effectif d

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CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

ACTUS | D'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Résultat fin septembre.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2015

CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

Après plus de trente ans à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, logé au cœur de la MC2, le chorégraphe Jean-Claude Gallotta va devoir passer la main comme lui a demandé le ministère de la culture. On vient d'apprendre que le processus de sélection avançait puisque deux projets ont été retenus dans la "short list" pour prendre la suite, avec des noms loin d'être inconnus à Grenoble. Le premier dossier, présenté comme une codirection, est porté par Yoann Bourgeois (photo), artiste au langage circassien puissant associé à la MC2 depuis 2012, et le chorégraphe Rachid Ouramdane, souvent vu à la MC2. Le deuxième dossier est défendu par la chorégraphe Julie Desprairies (photo), qui travaille autour de la ville comme on a pu s'en rendre compte

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"Celui qui tombe" : le jeu d'équilibriste de Yoann Bourgeois

SCENES | Avec "Celui qui tombe", Yoann Bourgeois a créé un impressionnant et vertigineux spectacle sur le déséquilibre dans lequel l’être humain se retrouve tout petit face aux éléments. Rencontre avec un artiste de cirque qui défend un certain retour à l’essentiel.

Aurélien Martinez | Mardi 13 janvier 2015

Un immense plateau, lourd et bruyant (il est truffé de micro), descend du plafond, tenu par quatre grosses chaînes. Il s’arrête. Penche dangereusement. Se redresse. Tournoie… Dessus, trois femmes et trois hommes tentent tant bien que mal de garder l’équilibre. Celui qui tombe, la nouvelle proposition du circassien Yoann Bourgeois, fait dans le spectaculaire pour paradoxalement retrouver une certaine sobriété comme il nous l’explique. « La consigne de base donnée aux interprètes était : essayer de tenir. Je voulais voir ce qu’il se passe quand le sol est penché, quand il se balance, quand il est en équilibre, quand il tourne… J’ai juste réintégré les grands principes mécaniques du cirque. Ce n’est pas très original ; c’est même tout l’inverse. » Un besoin de simplicité qui aurait pu être parasité par ce monstre scénographique arrivé plus tard dans le processus de création (ils ont d’abord travaillé sur de multiples petits plateaux). « Non, je n'ai pas eu peur de ça. J'ai plutôt eu peur de retom

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Les six fantastiques

SCENES | Dans Du goudron et des plumes (vu à l’Hexagone en 2010), le circassien Mathurin Bolze plaçait ses acrobates sur un immense radeau flottant qui se balançait (...)

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Les six fantastiques

Dans Du goudron et des plumes (vu à l’Hexagone en 2010), le circassien Mathurin Bolze plaçait ses acrobates sur un immense radeau flottant qui se balançait dans les airs. Impressionnant. Dans Celui qui tombe, le Grenoblois Yoann Bourgeois, sorte de cousin artistique de Bolze (ils ont travaillé ensemble), utilise un procédé similaire, même si son radeau est plus mastoc, se déplaçant lourdement dans un bruit assourdissant. Les six interprètes ne l’habitent pas, ils tentent désespérément de s’y accrocher malgré la volonté évidente de la bête de les chasser. Un angoissant jeu sur le déséquilibre qui se termine par une scène flirtant avec le danger – on pense notamment au Flamand Wim Vandekeybus et ses spectacles à base de parpaings que s’envoient les danseurs. Et un spectacle qui installe une fois de plus Yoann Bourgeois comme un artiste à part, au croisement de plusieurs arts – danse, cirque, voire même théâtre. Celui qui tombe, du mardi 13 au samedi 17 janvier, à la MC2

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Ménage à trois

SCENES | Pendant cette carte blanche à Alexandre Tharaud, le Grenoblois Yoann Bourgeois reprendra son très bel Art de la fugue, dans lequel le circassien croise (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 23 mai 2013

Ménage à trois

Pendant cette carte blanche à Alexandre Tharaud, le Grenoblois Yoann Bourgeois reprendra son très bel Art de la fugue, dans lequel le circassien croise son art aux notes de Bach. Mais l’événement est aussi ailleurs. Car Bourgeois et Tharaud ont élaboré Nuage, une performance dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose, si ce n’est qu’elle sera donnée sur le parvis de la MC2 juste après la soirée chanson française du samedi, et qu’un autre circassien sera de la partie : Mathurin Bolze. Soit l’un des artistes de nouveau cirque les plus talentueux de sa génération (il frise les 40 ans), comme l’on a souvent pu s’en rendre compte à l’Hexagone de Meylan qui a programmé plusieurs de ses créations (Fenêtres, Tangentes, Du Goudron et des plumes). Avec Bolze, le côté s

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"Wu-Weï" : chute de tension de Yoann Bourgeois

SCENES | Yoann Bourgeois est un artiste vertical : depuis qu’il a fondé sa compagnie en 2010, les créations qu’il dévoile sont élancées et légères. Avec seulement un (...)

Aurélien Martinez | Lundi 8 octobre 2012

Yoann Bourgeois est un artiste vertical : depuis qu’il a fondé sa compagnie en 2010, les créations qu’il dévoile sont élancées et légères. Avec seulement un trampoline et un escalier, il réinvente une poétique de l’image, et c’est grandiose. Changement de cap : avec sa dernière proposition, le circassien surprend, en cassant ses propres codes, et en refusant le spectaculaire. Il décide ainsi de se mettre en retrait du plateau, et concevoir une pièce pour d’autres. À savoir les acrobates chinois de Dalian, avec l’idée de croiser leur univers à l’œuvre phare de Vivaldi qu’est Les Quatre saisons. Un parti pris original et audacieux sur le papier, qui néanmoins ne fonctionnait pas encore sur le plateau à quatre jours de la première (nous avons assisté à un filage). La rencontre entre les artistes chinois et l’univers de Yoann Bourgeois n’a pas lieu, les premiers restant en retrait, ne livrant pas ce que l’artiste semble chercher en eux – une part d’intime notamment, mais avec pudeur. D’où le recours à une voix off beaucoup trop didactique, en particulier lorsqu’il s’agit d’évoquer l’histoire récente du pays. En résulte un spectacle plastiquement f

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SCENES | Encore Yoann Bourgeois, oui ! Après avoir dévoilé l’automne dernier son très attendu Art de la fugue, le circassien redonnera en mai à Eybens son spectacle (...)

François Cau | Vendredi 6 janvier 2012

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Encore Yoann Bourgeois, oui ! Après avoir dévoilé l’automne dernier son très attendu Art de la fugue, le circassien redonnera en mai à Eybens son spectacle Cavale qu’il avait imaginé en 2010 pour le site sommital de la Bastille (article sur notre site internet). Et il sera cette fois-ci accompagné d’un autre circassien au talent certain : Mathurin Bolze, créateur d’aventures scénographiques grandioses et intelligentes (on a souvent pu le voir à l’Hexagone). Ensemble, ils offriront une nouvelle vie à ce Cavale si imaginatif et subjuguant.

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"L'Art de la fugue" : les petits fugitifs

SCENES | Un an après la naissance de sa compagnie, Yoann Bourgeois voit déjà l’une de ses créations produite par la MC2. Une preuve de plus de l’émulation qui entoure (...)

François Cau | Vendredi 28 octobre 2011

Un an après la naissance de sa compagnie, Yoann Bourgeois voit déjà l’une de ses créations produite par la MC2. Une preuve de plus de l’émulation qui entoure le circassien et danseur depuis son retour en terre grenobloise. Pour son Art de la fugue, il a imaginé une « dramaturgie de la déconstruction », jouant avec un immense cube qui se déploiera au fil de la représentation. Une scénographie inventive (comme chez Boris Gibé), pour un spectacle pensé autour de l’œuvre du même nom de Bach, basée sur la notion de contrepoint : une forme d’écriture musicale ayant pour objet la superposition organisée de lignes mélodiques à partir de laquelle Yoann Bourgeois et la pianiste Célimène Daudet s’amusent à chercher une « analogie entre le motif musical et la figure de cirque ». Nous avons pu voir deux extraits de la pièce en répétition : deux moments d’une très grande force, où Yoann Bourgeois et la danseuse Marie Fonte défient le principe de gravité en utilisant une pente ou, comme dans Cavale (le spectacle présenté à la Bast

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Bach dans les airs

SCENES | Et revoilà Yoann Bourgeois, le circassien que tout Grenoble s’arrache. Début novembre, il posera ses valises à la MC2 pour dévoiler son Art de la fugue. Soit (...)

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

Bach dans les airs

Et revoilà Yoann Bourgeois, le circassien que tout Grenoble s’arrache. Début novembre, il posera ses valises à la MC2 pour dévoiler son Art de la fugue. Soit une création construite autour de l’œuvre du même nom de Jean-Sébastien Bach, avec trois interprètes : lui-même, ancien élève du Centre national des arts du cirque et ancien interprète de Maguy Marin ; Marie Fonte, danseuse entre autres chez Gallotta ; et la pianiste Célimène Daudet. Au vu de l’univers que Yoann Bourgeois arrive à déployer dans ses différents spectacles, on attend beaucoup de cet Art de la fugue, réflexion autour de la notion de contrepoint (une forme d’écriture musicale ayant pour objet la superposition organisée de lignes mélodiques distinctes, développée par exemple dans l’œuvre de Bach).

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Tâtons du Bourgeois

CONNAITRE | Mardi 24 et mercredi 25 mai à 21h, le circassien Yoann Bourgeois (l’une des nouvelles figures grenobloises les plus enthousiasmantes) et sa compagnie (...)

François Cau | Lundi 16 mai 2011

Tâtons du Bourgeois

Mardi 24 et mercredi 25 mai à 21h, le circassien Yoann Bourgeois (l’une des nouvelles figures grenobloises les plus enthousiasmantes) et sa compagnie seront au parc de la Maison de l'enfance d’Eybens (programmation Espace culturel Odyssée) pour deux soirées carte blanche (et non avec le spectacle Cavale comme initialement annoncé, la faute à des soucis matériels – Cavale sera reprogrammé la saison prochaine). Deux soirées donc, sous et autour d'un chapiteau, spécialement conçues pour l'occasion, qui présenteront « le rapport singulier d'un homme à un objet », comme l’explique l’artiste : « nous deviendrons tour à tour l'objet de l'autre. La musique sera jouée en direct dans une relation de proximité avec le public, une sorte de rapport charnel. » Le spectacle s’appelle ainsi Tiento – « tâter » le clavier en espagnol –, soit « l'une des formes primitives de l'écriture musicale pour clavier employant le contrepoint, et comptant parmi les formes originelles de la fugue classique ».

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Grenoble fait son cirque

SCENES | Depuis la saison dernière, à l’intérieur de la plaquette thématisée de la MC2, est apparue une nouvelle catégorie : "les indisciplinés". Comprendre les artistes qui (...)

François Cau | Jeudi 23 décembre 2010

Grenoble fait son cirque

Depuis la saison dernière, à l’intérieur de la plaquette thématisée de la MC2, est apparue une nouvelle catégorie : "les indisciplinés". Comprendre les artistes qui ne rentrent pas dans les cases prédéfinies (théâtre, danse, musique), trop étroites à leur goût. Et ça tombe bien, car c’est grâce à eux que l’on a pu découvrir quelques chouettes propositions, comme la trilogie de Jan Lauwers l’année dernière mêlant habilement théâtre, musique et danse. Mais cette vaste rubrique sert aussi à abriter une faune hybride : celle des circassiens qui, depuis quelque temps, envahit les plateaux de théâtre de façon revigorante, avec la complicité extatique des programmateurs. Rien qu’à Grenoble, plusieurs signes témoignent de ce regain d’intérêt pour ce que l’on a coutume d’appeler le cirque contemporain. L’artiste en résidence à l’Hexagone de Meylan est ainsi le jongleur Adrien Mondot, qui a remplacé la très théâtreuse Muriel Vernet. À l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, la nouvelle directrice a décidé de faire du cirque l’un de ses axes de recherche principaux. Mais l’exemple le plus frappant de cette nouvelle donne est l’excitation impressionnante autour de la personne d

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Yoann Bourgeois : « Atteindre un point de suspension »

Arts du cirque | Yoann Bourgeois présente cette semaine à Eybens une forme créée spécialement pour le lieu impressionnant que sont les Caves de la Frise. L’occasion d’en savoir un peu plus sur celui qui a décidé d’installer sa compagnie à Grenoble.

Aurélien Martinez | Lundi 20 septembre 2010

Yoann Bourgeois : « Atteindre un point de suspension »

Début juillet, lors du festival Imaginez Maintenant. On découvrait Yoann Bourgeois, niché sur le belvédère Vauban de la Bastille, avec son spectacle Cavale : une chorégraphie aérienne vertigineuse, qui bluffa l’assistance. Les envolées de Yoann et de son complice Lucien, à coups de trampoline placé face au vide (image sublime), avaient de quoi impressionner. Ce fut l’acte qui officialisa l’arrivée de ce circassien – qui se définit plutôt comme « joueur » – en terres grenobloises : notre homme a ainsi installé sa compagnie éponyme dans notre cité alpine, où il créera ses propres spectacles, en mettant de côté l’interprétariat (il a notamment collaboré pendant quatre ans avec Maguy Marin). Bienvenu ! Plus mécanique que psychologique On l’a rencontré la semaine dernière aux Caves de la Frise d’Eybens, où il a posé ses valises avec sa compagnie pour une création in situ baptisée Cavatines : « On a plongé une semaine

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"Cavale" : juste une question d’équilibre avec Yoann Bourgeois

Arts du cirque | La MC2 aime Yoann Bourgeois, à tel point qu’elle a décidé de placarder sa photo dans toute la ville pour annoncer le festival Imaginez maintenant. Bonne idée (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 25 juin 2010

La MC2 aime Yoann Bourgeois, à tel point qu’elle a décidé de placarder sa photo dans toute la ville pour annoncer le festival Imaginez maintenant. Bonne idée : car cet ancien interprète de Maguy Marin (il vient tout juste de quitter la compagnie) recèle un très fort potentiel fédérateur, grâce à son approche dynamique des arts de la scène. Parti avec l’idée de créer une petite forme spécialement pour la Bastille, il a installé ses quartiers sur le belvédère Vauban. Le public pourra donc profiter du spectacle depuis le toit des casemates, en ayant vu sur tout Grenoble. Plus qu’une coquetterie visuelle, ce double regard renforce le propos de l’artiste, qui a ainsi élaboré une chorégraphie aérienne autour de la notion de chute, aidé par une structure créée pour l’occasion avec un escalier et – surtout – un trampoline. Il est impressionnant de les regarder, lui et son complice Lucien Reynes (rencontré au Centre national des arts du cirque), évoluer autour du trampoline en se frôlant, sans néanmoins s’entrechoquer. Ou de les voir quasiment voler, et se poser tout en douceur sur les marches d’un blanc immaculé menant vers le ciel infini. L’e

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"Pan-Pot ou modérément chantant" : plaisirs sensuels avec le Collectif Petit Travers

SCENES | Une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre : une équation de départ on ne peut plus simple et un brin éculée pour un spectacle (...)

Aurélien Martinez | Lundi 29 mars 2010

Une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre : une équation de départ on ne peut plus simple et un brin éculée pour un spectacle contemporain. Sauf que le Petit Travers (un collectif d’auteurs, jongleurs, danseurs, musiciens et comédiens venus d’horizons divers) transcende ce postulat initial pour y adjoindre de la poésie et du burlesque. Ce qui donne un résultat inattendu et surprenant, où le plaisir des sens est roi, et où l’imaginaire fait office de foi. Dans une scénographie épurée savamment étudiée (très belle création lumière), les trois jongleurs Nicolas Mathis, Julien Clément et Denis Fargeton, tout de noir vêtus, donnent vie à leurs balles, qui deviennent les véritables interprètes du spectacle : elles dansent les unes avec les autres, glissant contre le corps d’un jongleur, s’entrechoquant ici et là, bondissant sauvagement, chutant soudainement, s’évaporant en un clin d’œil. Une chorégraphie de l’aléatoire en somme, même si l’ensemble apparaît rudement maîtrisé. Et c’est bien ce qui séduit dans ce Pan-Pot ou modérément chantant : cette construction qui semble ne tenir qu’à un fil, laissant le spectat

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"Témoins ordinaires" : ceci est mon corps

SCENES | Pour symboliser l’atroce sur scène, il y a plusieurs manières : on peut par exemple y aller franco, façon Rodrigo Garcia lorsqu’il violente ses interprètes (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 4 décembre 2009

Pour symboliser l’atroce sur scène, il y a plusieurs manières : on peut par exemple y aller franco, façon Rodrigo Garcia lorsqu’il violente ses interprètes avec divers bains de ketchup et autres chorégraphies animalières ; ou, à l’opposé, décider seulement de suggérer l’horreur par les mots, les gestes, la scénographie… C’est la voie choisie par le chorégraphe Rachid Ouramdane qui, au fil de ses créations, se confronte à des sujets pas franchement funs (son dernier spectacle évoquait ainsi la guerre d’Indochine). Avec Des Témoins ordinaires, il s’attaque cette fois-ci à la question de la torture. Sur scène, des écrans diffusent des interviews brutes de ces témoins, anciennes victimes venues de Tchétchénie, du Rwanda, de Palestine, du Brésil ou encore du Chili. En ressortent des propos forts, qui forcément suscitent l’empathie chez le spectateur sans pour autant l’amener dans le tire-larmes gros sabots. À côté, la chorégraphie de Rachid Ouramdane se fait épurée, froide, segmentée, portée par des interprètes malléables, insaisissables, hypnotiques, en perpétuelle contorsion. Un moment glaçant parmi d’autres : celui où une danseuse se fait emporter, seule, dans u

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