Faim de saison

Salles de spectacle | Alors que la vie culturelle reprend doucement son cours avec des règles sanitaires contraignantes, la plupart des salles de spectacle françaises restent encore fermées, espérant que tout reviendra à la normale pour la rentrée de septembre et le début de la saison 2020/2021. On a interrogé plusieurs responsables de théâtre de l’agglomération, histoire d’en savoir plus sur cette situation encore bien trop floue.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Photo : (c) L'Ilyade de Seyssinet-Pariset


Il y a eu le confinement soudain, qui a arrêté dans la foulée l'activité des salles de spectacle, les obligeant à fermer leurs portes et, de facto, à annuler au fur et à mesure les représentations prévues aux mois de mars, avril et mai – une trentaine pour quelque 25 000 billets rien qu'à la MC2, le plus grand équipement culturel grenoblois. Et il y a maintenant la relance de l'activité, permise depuis le lancement le 2 juin de la phase 2 du déconfinement, en suivant « les règles de distanciation physique avec une organisation spécifique des places assises et une gestion des flux conforme au protocole sanitaire », comme l'a demandé le Premier ministre Édouard Philippe lors d'une conférence de presse fin mai. Sauf que pour beaucoup de théâtres de l'agglomération comme de France, la reprise ne pourra pas être si rapide.

Au Théâtre municipal de Grenoble, la directrice Delphine Gouard n'imagine pas rouvrir ses trois salles (celle du centre-ville, mais aussi le Théâtre 145 et le Théâtre de poche) au public avant septembre. « Comme beaucoup de lieux, on avait annulé toute la programmation de la fin de saison du fait du confinement. Avec les annonces d'Édouard Philippe et cette possibilité de rouvrir, on s'est posé la question pour En Outrenoir, le dernier spectacle de la saison qui était programmé les 12 et 13 juin. Mais après en avoir parlé avec les équipes du théâtre et le chorégraphe François Veyrunes, on s'est rendu compte qu'on n'était pas en capacité de redémarrer si vite. Même si on a tout de même travaillé à un protocole de reprise des résidences d'artistes. »

« Tout peut très vite changer »

Les directeurs et directrices de salle que nous avons interrogés sont ainsi déjà tournés vers la rentrée, période faste de la vie culturelle qui était déjà dans toutes les têtes lorsque le confinement est survenu mi-mars comme le confirme Jean-Paul Angot, directeur de la MC2 : « 80-90% de la saison étaient calés en mars. Je n'ai donc pas modifié la programmation du fait de la crise – j'ai seulement reprogrammé quelques spectacles annulés quand j'ai pu. La prochaine saison sera bien celle qu'une maison comme la MC2 propose chaque année, ni plus ni moins et surtout pas différente. Après, bien sûr, si certaines barrières sanitaires sont encore imposées à la rentrée, on les respectera. Mais on ne les anticipe pas maintenant. Les choses comme un fauteuil sur deux, ce sont des préoccupations actuelles. Tout peut très vite changer. »

À l'Ilyade de Seyssinet-Pariset, on est sur la même logique, comme l'explique Marie-Claire Gaillardin, responsable de la communication et des relations avec les publics : « On a essayé de rester sur un calendrier normal. Pendant le confinement, on ne s'est pas précipité sur de l'annulation en septembre, on procédait de 15 jours en 15 jours en ayant pour objectif de sortir une plaquette dans les temps avec le calendrier qui était prévu. Après, on verra bien à la rentrée si on devra bouger ou non. » À l'image de l'Ilyade, certaines salles de l'agglomération ont tout mis en œuvre pour, comme chaque année, sortir leur plaquette de saison en juin (citons par exemple le Grand Angle de Voiron ou encore la Rampe d'Échirolles) et ainsi ouvrir la billetterie dans la foulée (nous évoquerons tout cela dans un prochain Petit Bulletin), quand d'autres, comme la MC2, ont dû décaler les annonces – leur programmation sera mise en ligne le 24 juin (avec sans doute la possibilité de réservation début juillet), mais les plaquettes seront distribuées fin août.

« La perte de lien est notre plus grande inquiétude »

Mais derrière ces questions techniques, il y a également des interrogations sur comment se déroulera cette rentrée, que ce soit dans le rapport avec les artistes (« si on suit les préconisations sanitaires, il faudrait que les comédiens mettent des masques sur scène : ce serait fou ! » pour Delphine Gouard) et, surtout, avec les spectateurs, dont le retour en nombre dans les salles n'est pas forcément assuré.

Anne Courel, la directrice de la scène jeune public grenobloise l'Espace 600, espère donc, comme ses collègues des autres salles de l'agglomération, que les retrouvailles se feront dans de bonnes conditions et avec un public nombreux. « Il va vraiment falloir se retrousser les manches et sortir les rames, car avec la fermeture d'un théâtre comme le nôtre dans un quartier comme celui de la Villeneuve, la perte de lien est notre plus grande inquiétude. Notamment avec le public adolescent, qui n'est pas le plus facile à faire venir au théâtre. Avant le confinement, on avait même des ados qui faisaient leurs devoirs au théâtre, c'était vraiment génial. J'espère qu'ils reviendront et garderont ce rapport avec nous. » Réponse, à l'Espace 600 comme ailleurs, dès que les saisons seront annoncées, les billetteries ouvertes, les salles de spectacle réinvesties… Tout bientôt normalement, non ?

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"Ces filles-là" d'Anne Courel : harcèlement en bande organisée

Théâtre | « Si j’étais elle, je me suiciderais carrément. La honte totale. Je ne supporterais pas, tu vois ? » À Saint-Hélène, école religieuse classe et fermée, les (...)

Aurélien Martinez | Mardi 5 octobre 2021

« Si j’étais elle, je me suiciderais carrément. La honte totale. Je ne supporterais pas, tu vois ? » À Saint-Hélène, école religieuse classe et fermée, les filles sont on ne peut plus soudées. Sauf que quand des photos de l’une d’elles nue commencent à circuler, tout se fissure, la meute dévorant littéralement celle qui est désignée comme une proie. En mettant en scène Ces filles-là, texte du dramaturge anglophone Evan Placey, la directrice de l'Espace 600 Anne Courel propose un spectacle ancré dans les enjeux contemporains. L'histoire est ainsi inspirée d'un fait divers tragique ayant eu lieu au Canada en 2012 : le suicide de l'adolescente Amanda Todd après que la photo de ses seins a circulé sur les réseaux sociaux. Sur le plateau, l'effet de groupe (douze comédiennes professionnelles et huit amateurs) est parfaitement restitué, notamment grâce à une direction d'actrices qui se rapproche de la chorégraphie – les musiques pop (Beyoncé, Little Mix...) aidant. Le tourbillon ne semble alors plus pouvoir s'arrêter, broyant une victime pourtant similaire à toutes les autres – ce qu'illustre parf

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Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

ACTUS | Après plus de six mois de fermeture, les salles de spectacle et les théâtres peuvent rouvrir leurs portes depuis le mercredi 19 mai. Mais si la reprise est largement saluée par les acteurs culturels, elle occasionne également de nouvelles problématiques pour les salles.

Sandy Plas | Lundi 17 mai 2021

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

Elle était attendue depuis plusieurs mois. Espérée début janvier, puis mi-avril, c’est finalement le 19 mai que les salles de spectacle pourront rouvrir leurs portes au public et proposer à nouveau concerts, pièces de théâtre, danse et rendez-vous de toutes sortes, mis à l’arrêt depuis la fermeture des lieux culturels le 30 octobre dernier. Annoncé fin avril, le calendrier progressif du déconfinement prévoit la réouverture des salles en trois temps, avec une première phase, du 19 mai au 9 juin, permettant l’accueil de 800 spectateurs maximum et une jauge à 35% de la capacité de la salle, une seconde phase, du 9 juin au 1er juillet, avec une jauge à 65%, et une levée des restrictions d’accueil à partir du 1er juillet. Mais si le déconfinement des lieux de spectacle est forcément une bonne nouvelle pour les spectateurs, les artistes et les acteurs culturels laissés sur le carreau pendant plus de six mois, la réouverture dans un contexte de fin de saison pose un certain nombre de questions. Au Théâtre municipal de Grenoble (TMG), qui regroupe le Grand théâtre, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche, l’annonce de la reprise a été re

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Danse toujours tu m'intéresses

ACTUS | Une, deux représentations, trois grand maximum et puis s'en va. Comment se fait-il que les spectacles de danse restent aussi peu longtemps à l'affiche contrairement au théâtre ? Le phénomène est national, comme l’a démontré une grande enquête publiée mi-octobre, mais est d'autant plus accentué dans une agglomération de la taille de Grenoble. Même si des solutions sont apportées. Explications.

Adeline Gailly | Mardi 5 novembre 2019

Danse toujours tu m'intéresses

« En moyenne, un lieu de diffusion propose entre 2 et 2.3 représentations par an d'un même spectacle [de danse] » révèle une étude sur la diffusion de la danse lancée en 2016 par l'Office national de diffusion artistique et dont les résultats sont sortis mi-octobre. C’est peu. Grenoble ne fait pas exception puisque les pièces chorégraphiques restent à l'affiche un, deux, voire trois soirs maximum. Des chiffres qui incitent à se poser des questions quand on sait qu’au niveau national (et parfois à Grenoble, souvent à la MC2), une pièce de théâtre peut, elle, être jouée plusieurs semaines dans une même salle. Une première explication face à ce constat est apportée par Marie Roche, directrice du Pacifique, centre de développement chorégraphique national basé dans le quartier des Alliés à Grenoble. « La danse contemporaine est apparue dans les années 1980, donc plus tardivement que le théâtre qui avait déjà pris le public e

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Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

ACTUS | Depuis plusieurs mois, la situation entre la MC2, immense scène nationale grenobloise, et le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), hébergé en son sein, est plus que tendue. « M. Jean-Paul Angot, directeur de la MC2, a pour projet de faire disparaître le CCN implanté dans la MC2 dont il est le gestionnaire » écrivaient en décembre dernier dans un communiqué de presse Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane, directeurs dudit CCN2. Alors que les tutelles publiques des deux institutions espèrent une sortie de crise rapide, on fait le point avec les différentes parties.

Aurélien Martinez | Mardi 12 février 2019

Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

« Au Centre chorégraphique, on est – pardon, ça va paraître un peu prétentieux mais si on ne le dit pas, des gens le taisent – dans une très très grande vitalité. On est par exemple le centre chorégraphique le plus diffusé de France. Et malgré tout ça, depuis qu’on est arrivés en 2016, on est confrontés au fait que la direction de la MC2 a toujours exprimé que le centre chorégraphique ne devait pas être là. Au début, c’était quelque chose qui n’engageait que le directeur, mais au fil des mois, on n’a fait que rencontrer des difficultés, jusqu’en décembre dernier où une nouvelle fois le directeur de la MC2 a tenu à interpeller l’ensemble des tutelles en leur faisant savoir qu’il fallait que le CCN quitte la MC2. » Voilà ce que nous a déclaré le chorégraphe Rachid Ouramdane, co-directeur avec le circassien Yoann Bourgeois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) depuis 2016. Un outil, comme dix-huit autres en France, issu des politiques de décentralisation, à la configuration néanmoins inédite puisqu’il est implanté dans un bâtiment régi par une autre structure : la

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C’est bon, la MC2 a bien été « célébrée » pour ses 50 ans

ACTUS | Samedi 17 novembre, comme quelque 400 autres courageuses et courageux, nous avons passé la journée enfermés dans la MC2 afin de retracer 50 ans (voire plus) d’histoire de cette maison de la culture phare en France. Vous n’y étiez pas ? Voici un rapide compte rendu.

Aurélien Martinez | Mercredi 21 novembre 2018

C’est bon, la MC2 a bien été « célébrée » pour ses 50 ans

C’est un véritable marathon que la MC2 a organisé samedi 17 novembre dans son auditorium : une grande journée, de 11h à 19h, à l’occasion des 50 ans du bâtiment inauguré en février 1968. « Plus qu’une journée de commémoration, c’est une célébration » a assuré en ouverture Jean-Paul Angot, directeur des lieux depuis 2012, devant quelque 400 personnes, dont pas mal de personnalités ayant compté dans l’histoire de la maison. Logique, puisqu’elles ont été invitées à s’exprimer en début d’après-midi dans une partie intitulée « souvenirs partagés ». Où l’on a appris que Bernard Gilman, élu du maire Hubert Dubedout avant l’ouverture de la Maison de la culture (et qui la dirigea ensuite), avait milité pour qu’elle soit implantée en centre-ville, là où se situe aujourd’hui le Musée de Grenoble ; que le chorégraphe Jean-Claude Gallotta (photo) a vécu une période difficile à la fin des années 1980 lorsqu’il en a pris la tête après Georges Lavaudant et l’a rebaptisée Cargo (une histoire qu’il a livrée au public à sa façon, en dansant) ; que l’auditorium, aménagé pendant les travaux de rénovation

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Anne Courel : « L’adolescence sera au cœur de mon projet pour l'Espace 600 »

ACTUS | Samedi 29 septembre sera lancée la nouvelle saison de l’Espace 600, précieux théâtre grenoblois dédié au jeune public. L’occasion pour les spectateurs et spectatrices de faire connaissance avec Anne Courel, metteuse en scène de la compagnie Ariadne (basée à Villeurbanne) qui vient d’arriver à la direction du lieu. On l’a rencontrée en amont, histoire d’en savoir plus sur son projet.

Aurélien Martinez | Mardi 25 septembre 2018

Anne Courel : « L’adolescence sera au cœur de mon projet pour l'Espace 600 »

Pourquoi avoir choisi de candidater à l’Espace 600 ? Anne Courel : Parce que ça m’intéresse de diriger à la fois un lieu et une compagnie de théâtre pour mettre en application un certain nombre d’idées auxquelles je me confronte depuis pas mal de temps avec ma compagnie. Je pense notamment à la manière dont peuvent être reliées l’action culturelle, la création et la diffusion, des pôles pour moi capitaux pour que tous les publics accèdent au spectacle vivant et à l’art en général. Et puis je trouve le projet de l’Espace 600 passionnant. C’est un équipement culturel qui a su, contre vents et marées, rester un lieu dans lequel l’exigence artistique est au centre ; et qui a la volonté de s’adresser à la jeunesse comme à des vrais spectateurs. Travaillant sur l’adolescence, je me suis vraiment reconnue là-dedans. Depuis quand faites-vous du théâtre en direction du jeune public ? Les choses se sont construites petit à petit. Je me suis d’abord interrogée sur le lien entre les spectateu

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La MC2 a 50 ans, et les fêtera tout l'automne

ACTUS | Début des festivités samedi 22 septembre avec une soirée consacrée au metteur en scène Geroges Lavaudant.

Aurélien Martinez | Lundi 17 septembre 2018

La MC2 a 50 ans, et les fêtera tout l'automne

50 ans d'histoires : voilà le nom qu’a choisi l’équipe de la MC2, la plus grande scène nationale de France, pour célébrer son anniversaire – enfin, celui de la Maison de la culture de Grenoble, l’appellation MC2 étant venue en 2004 lors de la réouverture après travaux. « Mais ce sera moins la commémoration d’un anniversaire qu’une célébration d’une chose vivante qui n’a aucun équivalent en France » nous assure son directeur Jean-Paul Angot (photo) lorsqu’on le questionne sur les festivités prévues ce semestre – et déjà entamées début 2018, la Maison de la culture ayant été inaugurée le 3 février 1968 en présence, notamment, d’André Malraux. Premier rendez-vous ce samedi 22 septembre à 19h30 avec une soirée gratuite intitulée La bande à Jo ; « Jo » pour le metteur en scène né à Grenoble Georges Lavaudant, « un personnage central pour la maison et un artiste phare en France ». Un moment où l’homme, entouré de ses complices d’hier et d’aujourd’hui et dans le grand théâtre qui va dorénavant porter son nom, proposera une « alternance de grands textes du répertoire – Eschyle, Shakespe

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Grève à la MC2 : « Ce que l'on fait aujourd'hui, nous aurions dû le faire depuis longtemps »

ACTUS | Mercredi 13 décembre, 34 salariés de la MC2 (sur 55) se sont mis en grève pour dénoncer « la dégradation de leurs conditions de travail » comme ils l'ont expliqué dans un tract distribué au public du spectacle "Sombre rivière" annulé ce soir-là. Le lendemain (jeudi 14 décembre) en fin de journée, alors que la poursuite de la grève venait d'être décidée, nous avons rencontré certains grévistes, qui vont décider chaque jour de la poursuite (ou non) du mouvement.

Aurélien Martinez | Jeudi 14 décembre 2017

Grève à la MC2 : « Ce que l'on fait aujourd'hui, nous aurions dû le faire depuis longtemps »

Les salariés grévistes nous reçoivent (nous et un journaliste de Place Gre'net) jeudi 14 décembre à 18h dans la salle vidéo de la MC2, en face du petit théâtre. Ils viennent de décider d'un deuxième soir de grève (et donc d'une nouvelle annulation du spectacle Sombre rivière de Lazare). On est venus les rencontrer pour, au-delà du tract remis au public, comprendre les raisons de ce mouvement déplorant « la dégradation des conditions de travail » comme ils l'ont écrit. « C'est un sujet qui ne date pas d’aujourd’hui. Suite à certains soucis en interne, un rapport a été réalisé en 2015 par la médecine du travail. L'inspection du travail a ensuite fait une enquête dans certains services – administration et secrétariat général. Certaines choses ont été pointées par rapport à des salariés en souffrance au travail. Et depuis ce temps, il y a des échanges entre la direction, la médecine du travail et l'inspection du travail, mais qui n'aboutissent pas à des résultats concrets au niveau des salariés.

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Valentine Brune (H/F) : « Il faut conditionner l’attribution de subventions à la parité »

Politique culturelle | Si la MC2 Grenoble met en avant cette saison une programmation paritaire en théâtre et en danse (avec donc autant de femmes que d’hommes à la tête des spectacles), beaucoup trop de théâtres et de salles de concert de l’agglo sont encore loin de parvenir à cette égalité. Après avoir fait les comptes, on a tenté de voir comment cela pourrait changer (car cela doit changer) en compagnie d'une membre de l'association H/F Auvergne-Rhône-Alpes.

Aurélien Martinez | Mardi 7 novembre 2017

Valentine Brune (H/F) : « Il faut conditionner l’attribution de subventions à la parité »

En juin dernier, lors du dévoilement à la presse de sa nouvelle saison, le directeur de la MC2 Jean-Paul Angot s’est félicité de proposer autant de spectacles de théâtre et de danse montés par des hommes que par des femmes. Ce que la lecture de la plaquette de sa programmation 2017/2018 nous confirme – en danse par exemple, Jean-Claude Gallotta et Wim Vandekeybus côtoient Maguy Martin et Anne Teresa De Keersmaeker. On a donc retrouvé Jean-Paul Angot il y a quelques jours dans son bureau pour en savoir plus sur ce choix. « Quand on est à la tête d’une institution comme la MC2, on doit montrer l’exemple. Je m’impose quelque chose que tout le monde devrait normalement faire. On est en retard sur ces questions qui sont en train d’exploser, à savoir la place que l’on accorde à la moitié de l’humanité. » Une décision qui, il l’assure, n’élude pas la qualité artistique (« bien sûr, les projets sont choisis

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Jean-Paul Angot : « Un théâtre sans artistes est un astre mort »

Tribune | Alors que la Ville de Grenoble a annoncé une baisse de 6% de la subvention de la MC2, plus grande scène nationale de France, son directeur Jean-Paul Angot nous a envoyé cette tribune. Où il est question du public, des artistes mais aussi de politique culturelle métropolitaine.

Jean-Paul Angot, directeur de la MC2 | Mardi 14 juin 2016

Jean-Paul Angot : « Un théâtre sans artistes est un astre mort »

Samedi 11 juin, la saison 15/16 de la MC2 s'est conclue avec la dernière représentation de À Ố Làng Phố, merveilleux spectacle circassien vietnamien. Tout au long de la saison, des spectateurs fidèles ou occasionnels sont venus sur le site de la rue Paul-Claudel ou chez nos partenaires du département, soit à nouveau plus de 100 000 entrées. Ils viennent attirés probablement par la diversité des propositions mais aussi par l'inlassable travail d'action culturelle que nous menons en direction du public. Ce public ne se constitue pas en un jour, il se renouvelle en permanence (35% chaque saison). Ce ne sont donc pas toujours les mêmes et nous nous en réjouissons car cela nous laisse un vaste travail que nous partageons d'ailleurs avec toutes les salles de notre Métropole. Tout au long de la saison, nous avons aussi permis que naissent ici des spectacles que nous produisons et qui ensuite sillonnent le territoire français et même au-delà. Des "créations" comme nous les désignons dans notre langage. Ce beau mot de création porte en lui à la fois espoir, audace et risque. C'est l'un des piliers de l'activité de notre Scène Nationale et c'est pour cela qu

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Jean-Paul Angot présente "Rio Bravo" mercredi soir à la Nef

ECRANS | Lancés par notre confrère Manuel Houssais à la rentrée dernière, les rendez-vous mensuels “Un fauteuil pour 2” invitent une personnalité iséroise à programmer une (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

Jean-Paul Angot présente

Lancés par notre confrère Manuel Houssais à la rentrée dernière, les rendez-vous mensuels “Un fauteuil pour 2” invitent une personnalité iséroise à programmer une séance de cinéma, puis à participer à un échange à bâtons rompus avec la salle. Après le glaciologue Claude Laurius, c’est au tour de Jean-Paul Angot, directeur de la MC2 depuis 2013, d’être convié au cinéma La Nef pour partager un de ses films de chevet. Après avoir dû renoncer à diffuser Pale Rider, le cavalier solitaire de Clint Eastwood (pour raisons techniques), son choix s’est porté sur le mythique Rio Bravo (1959) réalisé par Howard Hawks. Pour (re)découvrir ce chef-d’œuvre avec notamment John Wayne et Dean Martin, rendez-vous ce mercredi 25 mai à 20h15, au cinéma La Nef donc.

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MC2 : la Ville de Grenoble baisse sa subvention de 6%

ACTUS | Le bruit courrait depuis quelque temps, des couloirs de l’Hôtel de Ville à ceux du conseil d’administration de la MC2 : le maire de Grenoble Éric Piolle et son équipe vont baisser de 100 000 € la subvention de la fameuse scène nationale grenobloise. L’annonce a été officialisée mi-avril. On fait le point avec les infos que l’on a.

Aurélien Martinez | Mardi 26 avril 2016

MC2 : la Ville de Grenoble baisse sa subvention de 6%

Depuis le mardi 12 avril, en mairie, c’est silence radio, malgré nos appels directs au cabinet du maire. Pareil à la MC2, où personne dans l’équipe de direction ne veut commenter pour l’instant cette décision. On souhaitait pourtant simplement recueillir des réactions à l’annonce faite par le maire de Grenoble Éric Piolle lors d’un conseil d’administration extraordinaire de la MC2 : la Ville va baisser la subvention de l’équipement de 104 286 €, soit 6% sur les 1 758 962 € alloués en 2015. Un chiffre rendu public par Jérôme Safar, élu socialiste d’opposition et accessoirement « administrateur élu de la MC2 » qui, du coup, monte au front sur ce dossier. Cette baisse, envisagée en mairie depuis quelques mois, va forcément impacter sur les prochaines saisons de l’établissement public de coopération culturelle (c’est son statut juridique), surtout que la région nouvellement présidée par Laurent Wauquiez va elle aussi diminuer sa contribution de 6%, contribution qui était de presque 500 000 € en 2015. Florence Verney-Carron, vice-présiden

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Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

ACTUS | Ça bouge dans le milieu théâtral : l’historique Centre dramatique national des Alpes, aujourd’hui dirigé par Jacques Osinski, va disparaitre en 2014, absorbé par la MC2 qui l’accueille dans ses murs. Une fusion décidée par la mairie de Grenoble et, surtout, le ministère de la culture, que Michel Orier, ancien directeur de la MC2, a rejoint l’été dernier. Une décision et un casting qui, forcément, interrogent. Retour sur une mort annoncée, avec les principaux acteurs concernés.

Aurélien Martinez | Lundi 4 mars 2013

Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

Cette semaine, le metteur en scène Jacques Osinski, directeur du Centre dramatique national des Alpes depuis 2008, dévoilera, sur le plateau de la MC2, son nouveau spectacle Orage, d’après le texte d’August Strinberg. Mais l’actualité de l’homme est ailleurs : le 15 février dernier, il a appris qu’il ne serait pas reconduit à la tête du CDNA (il postulait pour un troisième mandat de trois ans), ce dernier allant tout simplement disparaître, avalé par la MC2 qui l’héberge dans ses murs (avec le Centre chorégraphique national de Grenoble dirigé par Jean-Claude Gallotta et les Musiciens du Louvre de Marc Minkowski). Une décision visiblement ancienne puisqu’actée en août dernier, par la ministre de la culture et le maire de Grenoble. Et une décision qui questionne beaucoup, à Paris comme à Grenoble. Issus des politiques de décentralisation menées depuis cinqua

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Jean-Paul Angot : « Ce n’est pas l’Annapurna ! »

ACTUS | En ce début d’année 2013, Jean-Paul Angot, le nouveau directeur de la MC2, a pris ses fonctions. On est donc allés le rencontrer dans son splendide bureau pour en savoir un peu plus sur lui et son projet.

Aurélien Martinez | Jeudi 10 janvier 2013

Jean-Paul Angot : « Ce n’est pas l’Annapurna ! »

Michel Orier parti cet été rejoindre le Ministère de la culture, c’est Jean-Paul Angot, ancien directeur de l’Espace Malraux de Chambéry, qui a été nommé cet automne pour prendre les rênes de la MC2, la plus grande scène nationale de France. Une mission qu’il envisage on ne peut plus sereinement. « C’est un métier directeur de théâtre : que l’on soit là ou ailleurs, on aborde le sujet de la même manière. La MC2, ce n’est pas l’Annapurna ! Pour moi, ce poste n’est ni plus ni moins qu’un prolongement, même si c’est particulier puisque je connais la ville et le lieu, comme spectateur et comme professionnel. » Car Jean-Paul Angot a un lien fort avec Grenoble. « J’étais administrateur de Chantal Morel [metteuse en scène grenobloise incontournable, qui a notamment dirigé le Centre dramatique national des Alpes à la fin des années 1980 – ndrl] pendant dix ans, jusqu’en 1994. Puis j’ai été à la MC2 de 2002 à janvier 2006. J’ai participé à la réouverture, et je suis resté une saison ensuite, avant de rejoindre Chambéry. Cette maison, j’y suis donc très attaché. C’est là que j’ai vu mon premier spectacle étant môme. Quand on est directeur

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MC2 : le changement dans la continuité

ACTUS | Mercredi dernier a pris fin l’un des plus insoutenables suspens de l’année : la nomination du nouveau directeur de la MC2, la plus grande scène nationale de France. Sans aucune surprise, c’est Jean-Paul Angot, actuellement directeur de l’Espace Malraux de Chambéry, qui a été choisi. Une figure bien connue du milieu théâtral grenoblois, puisqu’il fut notamment directeur adjoint de la MC2 de 2000 à 2004. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 5 novembre 2012

MC2 : le changement dans la continuité

Michel Orier, directeur de la MC2 depuis sa réouverture en 2004 (après avoir été le conseiller théâtre de la ministre de la culture Catherine Tasca de 2000 à 2002, et géré le hors les murs du Cargo de 2002 à 2004), était pressenti pour rejoindre de nouveau le Ministère de la culture si la gauche accédait à la magistrature suprême. François Hollande à l’Élysée depuis mai 2012, le départ de Grenoble du directeur de la MC2 n’était plus qu’une question de semaines. En août dernier, il est officiellement devenu directeur général de la création artistique, auprès d’Aurélie Filippetti. Il a donc fallu lui trouver un remplaçant... Remplaçant qui a été nommé ce mercredi 31 octobre. À savoir Jean-Paul Angot, 57 ans, actuellement directeur de l’Espace Malraux de Chambéry. Un nom familier à Grenoble, puisque Jean-Paul Angot a travaillé pendant une dizaine d’années avec Chantal Morel (notamment en tant que secrétaire général du Centre dramatique national des Alpes quand il était dirigé par la metteuse en scène), et qu’il a surtout été directeur adjoint de la MC2 de 2000 à 2004. « Une ambition européenne » Une nomination sans surprise (tout le milieu théâtral semblait déjà a

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MC2 : Jean-Paul Angot succède à Michel Orier

SCENES | Le conseil d'administration de la MC2 a confirmé aujourd'hui ce que tout le monde préssentait : Jean-Paul Angot, actuellement directeur de l'Espace (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 31 octobre 2012

MC2 : Jean-Paul Angot succède à Michel Orier

Le conseil d'administration de la MC2 a confirmé aujourd'hui ce que tout le monde préssentait : Jean-Paul Angot, actuellement directeur de l'Espace Malraux de Chambéry, vient d'être nommé directeur de la MC2 Grenoble, la plus grande scène nationale de France. Un changement dans la continuité, Angot, 57 ans, ayant été directeur adjoint de la MC2 de 2000 à 2004. Plus d'infos dans notre numéro de mercredi prochain.

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"Cent culottes et sans papiers" : cent fois oui

Théâtre | L’enfance n’est pas une sinécure, surtout lorsqu’on a la malchance de naître durant les heures sombres d’un XXe siècle peu épargné par la folie des hommes. En à (...)

Nadja Pobel | Jeudi 26 avril 2012

L’enfance n’est pas une sinécure, surtout lorsqu’on a la malchance de naître durant les heures sombres d’un XXe siècle peu épargné par la folie des hommes. En à peine plus d’une heure, grâce au texte de Sylvain Levey, pas moins de vingt-neuf histoires se déroulent sous les yeux des spectateurs qui voient défiler, du point de vue d’un écolier, l’histoire de France. Elle est inscrite en filigrane du quotidien de ce petit garçon qui apprend la construction grammaticale de la phrase via cet exemple cinglant de sa maîtresse : « ton père est collabo ». Ainsi va la vie au début des années 1940 dans une petite école communale. Sur scène, trois comédiens adultes jouent à la fois des parents, des enfants, des instits, des militaires… Les rôles s’intervertissent à la vitesse de l’enchaînement des histoires ; cette folle allure donne du souffle à la pièce. Anne Courel utilise avec dextérité des artifices tels que la projection d’images d’archives de l’INA des premiers congés payés ou de vidéos super 8 sur un petit mouchoir blanc que tient du bout des doigts un acteur. Si le spectacle s’épuise un peu en bout de course à force de vouloir év

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"Alice pour le moment" : quand l’enfance s’envole

Théâtre | Après la proposition très réussie de la cie des Gentils en novembre dernier, c’est au tour de la cie Adriadne de mettre en scène un texte de Sylvain Levey, (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 8 janvier 2010

Après la proposition très réussie de la cie des Gentils en novembre dernier, c’est au tour de la cie Adriadne de mettre en scène un texte de Sylvain Levey, auteur en résidence à l’Espace 600. Anne Courel s’attaque ainsi à Alice pour le moment, très belle pièce commandée à l’auteur suite à un travail de deux ans avec les Nord-Isérois sur l’adolescence et l’errance. Une pièce où il est question d’une jeune fille chilienne moquée par tous à cause d’une mère exubérante, et contrainte de changer constamment de ville du fait du travail de son père (pas l’idéal pour se faire des amis). Elle ne vit ainsi qu’avec sa famille démunie, qui entrepose toutes ses affaires dans une vieille Mercedes. Pour représenter visuellement ce road movie théâtral, Anne Courel a décidé de faire dans le suggestif, avec un plateau nu seulement vêtu de draps amovibles. Choix judicieux qui évite le trop-plein d’images, permettant de s’attacher pleinement au personnage d’Alice – interprété par Charlotte Ligneau, en constante adresse vers un public complice de sa destinée. A côté, les autres personnages sont campés avec moins de retenue, accentuant l’i

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"Le Roi s'amuse" : mi-figue, mi-raisin

Théâtre | Drame historique en cinq actes de Victor Hugo, Le Roi s’amuse a été censuré dès sa création en 1832 à la Comédie-Française, pour finalement n’être rejoué que cinquante (...)

Aurélien Martinez | Lundi 14 décembre 2009

Drame historique en cinq actes de Victor Hugo, Le Roi s’amuse a été censuré dès sa création en 1832 à la Comédie-Française, pour finalement n’être rejoué que cinquante ans plus tard. Le motif de la colère du pouvoir en place à l’époque ? La représentation d’une caste dirigeante frivole, avec un roi s’adonnant sans vergogne aux plaisirs de la chair. Anne Courel avec sa cie Ariadne (en résidence au Théâtre Jean Vilar de Bourgoin-Jallieu) a décidé de monter aujourd’hui ce texte fort mettant en scène François 1er et sa cour. Soit les mésaventures d’un bouffon guidant non sans cynisme son roi vers la débauche mais protégeant sa propre fille des maux de la cour qu’il sert. Et qui finira tragiquement arroseur arrosé, avec une enfant morte entre les bras. La mise en scène d’Anne Courel fait référence au théâtre de tréteaux : les nobles sont caricaturés à l’extrême (en particulier lors des chansons), face à un Triboulet (le bouffon) suscitant l’empathie. La compagnie, qui s’attelle plus souvent au répertoire contemporain (on attend sa lecture du texte de Sylvain Levey Alice pour le moment le mois prochain à l’Espace 600), fait

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