Actifs malgré tout

SCENES | Témoignages. Ils auraient dû retrouver leur public en novembre, mais le second confinement les en a empêchés. On a pris des nouvelles de trois de nos artistes grenoblois préférés.

La rédaction | Mardi 8 décembre 2020

Photo : (c) Claire Anger


Grégory Faive

On a adoré sa prestation en Kid survolté et bavard dans Western !, la pièce chorale de Serge Papagalli. Grégory Faive (photo) aurait dû être seul sur la scène du Théâtre 145 du 24 au 26 novembre, pour présenter Le discours, une adaptation du roman-monologue de Fabcaro. Il a finalement dû se contenter d'un filage devant un public professionnel, restreint et masqué. Une aubaine cependant pour le comédien, avide de retours sur son travail et ravi de remonter sur scène, même dans ces conditions particulières. Le spectacle devait partir en tournée : quelques dates ont pu être reportées en mai et juin 2021. Avant cela, il sera finalement joué à Grenoble pour trois autres représentations au 145, les 18, 19 et 20 février prochains. On espère avoir l'occasion d'en reparler avec Grégory, tant il a su nous embarquer dans cette histoire folle autour d'un quadra largué par sa copine et qui psychote sévère au cours d'un repas de famille. Assez en tout cas pour nous faire rire, nous émouvoir et nous suggérer que toute ressemblance avec des personnes réellement existantes n'est pas fortuite. / MK


Émilie Le Roux

Mardi 3 novembre aurait dû avoir lieu à la MC2 la première de La Morsure de l'âne, nouveau spectacle d'Émilie Le Roux qu'on attendait avec impatience. Sauf que, bon, un nouveau confinement fut annoncé quelques jours auparavant... « Ça a été comme un arrêt en plein vol, surtout qu'on n'était pas loin de l'aboutissement » nous a expliqué la metteuse en scène grenobloise au téléphone, histoire de revenir avec elle sur cette drôle de période pour les artistes.

Si la MC2 lui a quand même laissé le plateau comme prévu afin de finaliser la pièce, « le fait de ne plus être dans les enjeux de représentation a un peu été vécu comme une perte de sens ». Surtout qu'une tournée nationale devait s'enchaîner après Grenoble, tournée largement amputée par la fermeture des théâtres pendant un mois et demi. Une quinzaine de représentations ont ainsi été annulées, même si quelques rencontres-lectures ont pu être organisées dans des écoles (elles non fermées) d'Île-de-France avec le public scolaire.

Bonne nouvelle : à la suite des annonces gouvernementales, la première du spectacle aura finalement lieu le 15 décembre à Quimper, date qu'Émilie Le Roux attend avec impatience pour enfin retrouver le public. Et, si possible, un rythme artistique normal. « Ça a été une période éprouvante, on a dû sans cesse construire puis déconstruire puis reconstruire nos projets. On en tirera sans doute quelque chose de positif car ça a montré notre énorme capacité d'adaptation, mais pour l'instant on est juste épuisés. » À noter également que le spectacle devrait être reprogrammé la saison prochaine à la MC2. « On pourra enfin le jouer à Grenoble ! » Enfin, c'est bien le mot de ce post-confinement. / AM


Nicolas Hubert

Même cause, même conséquence : du fait de la fermeture au public des salles de spectacle, le danseur et chorégraphe a été privé de la première de sa nouvelle création, Espaces pudiques (& angles morts). Il a cependant été accueilli en résidence au Théâtre 145, y a proposé un filage et retrouvera cette même scène pour quatre représentations. Les nouvelles dates : mardi 15 et mercredi 16 décembre, puis mercredi 20 et jeudi 21 janvier, à chaque fois à 19h. On ne peut que souhaiter à Nicolas que tout se passe bien désormais. Son travail, que nous avons eu la chance de découvrir il y a quelques semaines, vaut assurément le détour. Avec humour, l'artiste y dresse une sortie de premier bilan, après vingt ans de chorégraphies et un quart de siècle à danser. Il s'y met à nu, au sens figuré, mais aussi au sens propre : c'est dans le plus simple appareil qu'il démarre son solo, assez contorsionné toutefois pour dissimuler son intimité. « Ensuite, plus je me rhabille, plus je me dévoile », nous a-t-il expliqué lors de notre rencontre. Sa démarche n'est cependant pas seulement autobiographique : elle évoque aussi des événements arrivés à d'autres. / MK

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Quand la saison 20/21 joue les prolongations

SCENES | Depuis le 19 mai, les lieux de culture peuvent rouvrir et accueillir du public. Beaucoup de théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont donc annoncé des spectacles à enfin voir dans leurs murs avant la traditionnelle pause estivale. Mais où aller ? Tentatives de réponses subjectives en 11 points – dont un très gros et très alléchant.

Aurélien Martinez | Lundi 17 mai 2021

Quand la saison 20/21 joue les prolongations

La MC2 en fête Quand l'immense MC2 revient dans le jeu après une longue période sans public (elle était fermée, comme tous les lieux de culture en France, depuis fin octobre), c'est avec un mois qui envoie du lourd ! « Plus de 20 propositions regroupant 50 représentations gratuites ou payantes vous seront ouvertes pour notre plus grande joie et votre plus grand plaisir », annonce le directeur Arnaud Meunier, qui proposera certains des spectacles et concerts de la saison ayant du être annulés. Et non des moindres : L'Étang de la passionnante metteuse en scène Gisèle Vienne avec Adèle Haenel sur le plateau ; 31 rue Vandenbranden du génial collectif bruxellois de danse-théâtre Peeping Tom en collaboration avec le prestigieux Ballet de l’Opéra de Lyon ; ou e

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Mardi 3 novembre, la metteuse en scène Émilie Le Roux dévoilera son nouveau spectacle "La Morsure de l’âne"

SCENES | Si vous nous lisez souvent, vous avez dû remarquer que nous avons quelques artistes grenoblois fétiches. La metteuse en scène Émilie Le Roux en est, elle (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 octobre 2020

Mardi 3 novembre, la metteuse en scène Émilie Le Roux dévoilera son nouveau spectacle

Si vous nous lisez souvent, vous avez dû remarquer que nous avons quelques artistes grenoblois fétiches. La metteuse en scène Émilie Le Roux en est, elle qui développe depuis une quinzaine d’années un théâtre tout public ouvert sur la jeunesse ; un théâtre poétiquement fort en plein dans notre époque et ses questionnements – le genre, l’identité, les migrations… Bonne nouvelle : du mardi 3 au samedi 7 novembre sur la scène de la MC2, elle dévoilera son nouveau spectacle La Morsure de l’âne d’après un texte de l’autrice Nathalie Papin. « Nathalie Papin nous propose d’explorer notre rapport à la mort, à travers une œuvre mordante, légère et fondamentale sur ce qui nous rend vivant, sur ce que c’est qu’être en vie », écrit-elle en note d’intention. On a hâte de découvrir ça.

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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

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Concours Podium à La Rampe : let’s dance

Danse | Le concours de danse contemporaine (Re)connaissance fait peau neuve. Pour ce qui aurait dû être sa 10e édition, il revient sous le nom de Podium les 29 et 30 novembre à la Rampe (Échirolles). Marie Roche, directrice du Pacifique, lieu grenoblois consacré à la danse, décrypte les coulisses de cet événement dont sa structure est la productrice déléguée.

Nathalie Gresset | Mercredi 27 novembre 2019

Concours Podium à La Rampe : let’s dance

Avis aux amateurs de danse contemporaine : le concours (Re)connaissance, imaginé en 2009 par Le Pacifique, Centre de développement chorégraphique national de Grenoble, est de retour cette année avec une nouvelle formule et, surtout, un nouveau nom : Podium. Pendant deux soirées, six solos-duos et six pièces de groupes proposés par des compagnies françaises et européennes se succèderont à la Rampe (Échirolles), coréalisatrice de cet événement également soutenu par le CCN2. Comme pour tout concours qui se respecte, des récompenses couronneront les gagnants. Ainsi, samedi soir, les prix du meilleur solo-duo, de la meilleure pièce de groupe et du public (deux catégories confondues) seront décernés par un jury de professionnels et par les spectateurs aux trois compagnies qui ont su le plus se démarquer. Avec à la clef pour les lauréats : plusieurs dates de représentation chez les dix-sept salles de spectacle partenaires du concours – qui ont sélectionné en amont les pièces présentées pendant l’événement – et chez des structures voisines, qui programmeront aussi les performances des compagnies gagnantes. Dynamiser la diffusion de la danse

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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Nature peinture avec La Chaud vive !

Danse | Samedi 1er juin, les chorégraphes Nicolas Hubert et Giulia Arduca investiront une station de ski iséroise désaffectée pour proposer trois de leurs pièces à l'air libre. Voilà qui promet.

Aurélien Martinez | Lundi 27 mai 2019

Nature peinture avec La Chaud vive !

Une station de ski dont il ne reste que des vestiges (Saint-Honoré 1500, dans le sud de l’Isère, au-dessus du plateau matheysin) + deux compagnies basées à Grenoble (Ke Kosa de Giulia Arduca et Épiderme de Nicolas Hubert) = une demi-journée de danse contemporaine en pleine nature. Voilà comment on peut résumer le projet La Chaud vive !, sous-titré « rencontre au sommet » et proposé par ces deux chorégraphes qui racontent être littéralement tombés amoureux des paysages magnifiques entourant la station de ski désertée située sur la commune de La Chaud (d’où le jeu de mots). Ils proposeront ainsi trois spectacles plutôt courts (entre 20 et 40 minutes) et gratuits dans trois lieux différents de ce drôle d’espace, mais toujours à l’air libre. L’aventure commencera à 16h avec Toucher pas touché, toute nouvelle création de Nicolas Hubert (que nous n’avons donc pas vue) pour deux interprètes (dont Nicolas Hubert) et un musicien. Suivra, à 18h, « l’aventure chorégraphique et théâtrale » Cinquecento de Giulia Arduca, pour là a

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Émilie Le Roux : « Regarder ensemble le monde d’aujourd’hui »

Spectacle | Du théâtre, de la musique, quelque 90 artistes professionnels et amateurs au plateau… "Et tout ce qui est faisable sera fait", nouvelle création de la metteuse en scène grenobloise, dont la première est prévue samedi 4 mai à la MC2, a de quoi fortement intriguer. On vous en dit un peu plus en sa compagnie.

Aurélien Martinez | Lundi 29 avril 2019

Émilie Le Roux : « Regarder ensemble le monde d’aujourd’hui »

« Qu’est-ce qui s’oppose à Auschwitz dès lors que c’est faisable ? De n’importe quelle façon, n’importe quand et par n’importe qui, tout ce qui est possible est aussi faisable et tout ce qui est faisable sera fait. » Utiliser comme point de départ d’un projet artistique une phrase aussi forte que celle du dramaturge allemand Heiner Müller a de quoi plomber. Pourtant, à ce qu’on a pu en voir en répétition, et, surtout, connaissant bien le travail d’Émilie Le Roux (une artiste qui questionne frontalement notre monde sans toutefois sombrer dans le défaitisme), on imagine que Et tout ce qui est faisable sera fait sera plutôt porteur d’un espoir, même infime, même décalé… Rien que son titre, d’ailleurs, peut le laisser penser, qui revêt un sens très lourd remis dans la citation initiale mais qui peut aussi se lire, seul, comme une injonction à changer tous ensemble. Ce que le cœur de cette drôle d’aventure artistique confirme : une entreprise menée conjointement par la compagnie Les Veilleurs d’Émilie Le Roux, le « collectif de musiciens jazz et musiques improvisées » le Tricollectif et, surtout, de nombreux amate

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"Tout va s’arranger" : délit de suite

Théâtre | On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 avril 2019

On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le metteur en scène et comédien Grégory Faive présente comme une suite possible de son seul-en-scène à succès (et immense réussite) Pourvu qu’il nous arrive quelque chose, qu’il avait construit d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre. Un prolongement sur le même thème (« un metteur en scène décide de monter La Mouette de Tchekhov à la manière des comédies musicales de Broadway… mais en France… avec les moyens qu’il possède… c’est-à-dire modestes ») avec cette fois Grégory Faive au texte et de nombreux comédiens et comédiennes à ses côtés sur le plateau. Alors certes, tout ceci est sympathique à suivre par moments (le côté vaudeville contemporain notamment), mais l’ensemble n’a jamais vraiment pris le soir où nous l’avons découvert (cet automne), la faute au manque de co

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"En attendant le Petit Poucet" : le chant du départ

Jeune public | Mardi 3 et mercredi 4 avril, la metteuse en scène Émilie Le Roux proposera à la Bobine ce spectacle créé notamment pour « ouvrir une discussion sur les migrations et l’immigration avec les plus jeunes ».

Aurélien Martinez | Mardi 27 mars 2018

C’est l’un des enjeux les plus forts du monde actuel, à partir duquel les générations futures nous jugeront (sans doute durement au vu de ce que l’on fait – ou l’on ne fait pas) : le sort réservé aux réfugiés. « Nous voulions permettre d’ouvrir une discussion sur les migrations et l’immigration avec les plus jeunes » a écrit la metteuse en scène Émilie Le Roux dans la note d’intention de son En attendant le Petit Poucet. Un spectacle créé en 2016 qui a permis à la compagnie grenobloise Les Veilleurs de lancer son cycle "Migrations [passer & demeurer]" – La Migration des canards, sa dernière création vue en janvier dernier à l’Espace 600, en est le deuxième volet, centré sur le "demeurer". Et donc ce En attendant le Petit Poucet évoque lui le "passer", avec deux gamins (campés par Kim La

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Grégory et Lagarce, à table

Soirée lectures | Mercredi 14 février, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive proposera une soirée de lectures autour de textes de Jean-Luc Lagarce, l'un des auteurs contemporains de théâtre les plus joués en France.

Aurélien Martinez | Mardi 6 février 2018

Grégory et Lagarce, à table

Le collectif grenoblois Troisième bureau aime bien défendre les auteurs contemporains de théâtre. L’Université Grenoble Alpes aussi. Du coup, pour la quatrième fois consécutive, les deux se sont associés pour une soirée de lectures, cette année consacrée à Jean-Luc Lagarce (photo), comète de la fin du siècle dernier (il est mort du sida en 1995, à 38 ans) qui a laissé derrière lui une œuvre très appréciée par le monde du théâtre – et même au-delà, sa pièce Juste la fin du monde ayant été adaptée au cinéma en 2016 par Xavier Dolan. Aux commandes de ce projet, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive qui, cela tombe bien, a « une affec

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"La Migration des canards" : fille de bonne famille

Théâtre | La metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux, de la compagnie les Veilleurs, revient avec une nouvelle proposition tout public (à partir de 12 ans) centrée sur le parcours d'une jeune fille d'immigrés. Un spectacle fort à découvrir mercredi 24 et jeudi 25 janvier à l'Espace 600.

Aurélien Martinez | Lundi 22 janvier 2018

Une phrase dans la note d'intention de La Migration des canards, nouveau spectacle de la compagnie grenobloise Les Veilleurs (à qui l'on doit notamment la réussite jeune public Mon frère, ma princesse), résume parfaitement l’ambition de cette proposition issue de leur cycle "Migrations [passer & demeurer]". « Loin des clichés, nous découvrons de l’intérieur [au sein d’une famille] les conséquences de ce que l’on pourrait nommer "l’injonction d’exemplarité" faite aux immigrés, comme si pour légitimer leur présence, ils ne devraient pas seulement faire bien, ils devraient faire mieux. » Une "injonction d'exemplarité" que l'auteure Élisabeth Gonçalves a fait porter, dans un monologue dont la metteuse en scène Émilie Le Roux s'est emparée, à la jeune fille d'un couple de gardiens. Seule en scène, au cœur d'une scénographie et d'une bande-son contrecarrant avec le côté quotidien du récit, la comédien

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PB d'or 2016 : musique

C'était 2016... | Avec du changement côté Cabaret frappé, des images fortes ou encore une confirmation.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : musique

Le PB d’or de la bonne surprise : la nouvelle configuration du Cabaret frappé En janvier 2016, la Ville de Grenoble convoquait la presse pour annoncer un changement de taille : le Cabaret frappé, festival musical qu’elle organise chaque été au Jardin de Ville, passerait en gratuité totale – contre, auparavant, une première partie sous le kiosque en accès libre et, ensuite, une série de concerts payants sous chapiteau. Une décision politique motivée par un souci de faire évoluer le festival né en 1999, mais surtout par des considérations financières, cette gratuité permettant paradoxalement de réduire pas mal de coûts – plus de chapiteau par exemple. Pourquoi pas, même si, du coup, nous pouvions craindre une édition 2016 au rabais… Sauf que ça ne s’est pas produit, grâce justement à cette nouvelle organisation qui a redonné du souffle au dispositif. Le Jardin de Ville fut ainsi judicieusement repensé par l’équipe organisatrice autour d’une grande scène et d’un bar sous le kiosque, ce qui ne donnait

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Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

SCENES | Cette semaine est programmé à la Basse cour "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose", excellent et très drôle seul-en-scène sur les coulisses du théâtre qui tourne depuis cinq ans. Une des dernières occasions de le voir, avant de découvrir la suite. N’est-ce pas Grégory Faive ?

Aurélien Martinez | Lundi 5 septembre 2016

Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

Le spectacle a vu le jour à l’automne 2011 à Eybens. Cinq ans plus tard, vous le jouez toujours : un succès qui doit être agréable ? Grégory Faive : Ce n’est pas désagréable, en effet ! Surtout qu’à chaque fois, on le réinvente : on passe d’un petit à un grand plateau, d’une petite à une grande jauge… C’est toujours une nouvelle aventure. Et puis dans le parcours d’une compagnie où l’on a souvent joué des spectacles quatre ou cinq fois, c’est appréciable de jouer autant, d’avoir un tel accueil où qu’on aille. Vous en êtes à combien de représentations ? On arrive à la centième ! Ce sera à Champ-sur-Drac le 14 octobre pour être précis. Et ensuite ? Là il y a une saison qui est pas mal remplie, mais je pense qu’on arrive progressivement vers la fin de la vie de ce spectacle. Un spectacle qui a permis de poser les jalons pour la suite que je suis en train de préparer… Vous l’écrivez vous-même (Pourvu qu’il nous arrive quelque chose est basé sur un texte de Philippe Torreton) ? Oui. Et ça y est, je m’y suis mis ! La suite

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PB d'or 2015 : théâtre et danse

SCENES | Cette année, deux spectacles de théâtre nous ont fait un bien fou. Et un ponte de la danse a dû faire ses cartons.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : théâtre et danse

Le PB d’or des spectacles grenoblois qui font du bien : Rue des voleurs (Bruno Thircuir) et Mon frère, ma princesse (Émilie Le Roux) Que ce soit avec le roman Rue des voleurs de Mathias Énard (sur un jeune ­Marocain qui finira à Barcelone) ou la pièce jeune public Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon (sur un gamin de cinq ans qui veut simplement porter des robes), deux metteurs en scène grenoblois (Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies et Émilie Le Roux des Veilleurs) ont, cette année, embrassé avec finesse des thèmes sociétaux forts pourtant sujets aux crispations et aux délires les plus dingues – la question des migrants pour l’un et celle des études de genre pour l’autre. En a résulté deux spectacles dépassionnés et, surtout, passionnants qui illustrent parfaitement comment des artistes peuvent défendre un discours humaniste et intelligent simp

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Émilie Le Roux : « Le jeune public ? Du tout public ! »

Théâtre | Émilie Le Roux, metteuse en scène grenobloise à la tête de la compagnie Les Veilleurs, proposera cette semaine un drôle de spectacle avec 106 interprètes (106, oui) pour marquer la fin de sa résidence à l’Espace 600, la scène jeune public de Grenoble. On en a profité pour évoquer avec elle tout un tas de sujets allant du théâtre jeune public en général à sa grande réussite "Mon frère, ma princesse" en passant par les relations difficiles entre les artistes et la Ville de Grenoble. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Émilie Le Roux : « Le jeune public ? Du tout public ! »

Vous terminez cette semaine plus de trois ans de résidence à l’Espace 600 de Grenoble avec le spectacle Allez, Allez, Allons qui n’a pas l’air d’être une toute petite chose ! Émilie Le Roux : C’est un spectacle multidisciplinaire avec du chant, de la musique, du théâtre de texte qui réunit 106 interprètes au plateau, dont des comédiens fidèles de la compagnie mais aussi une bonne partie de non-professionnels âgés de 10 et 90 ans ! Car on avait la volonté de créer une rencontre entre les générations… Que verra-t-on sur scène ? Ce sera un cabaret avec des textes qui vont de Tchekhov à Falk Richter en passant par Kafka, Olivier Py ou encore Calaferte. Et musicalement, on entendra des choses qui vont de Chopin à Philippe Katerine en passant bien évidemment par Camille [le titre du spectacle est emprunté à l’un de ses morceaux – NDLR]. Et ce sera un spectacle exceptionnel, un "one shot"… Forcément, car on n’emmènera pas ces 106 personnes en tournée ! Et puis on voulait finir cette résidence p

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Nicolas Hubert passe "Le Sacre" au shaker

SCENES | Avec "La Crasse du tympan", le chorégraphe grenoblois Nicolas Hubert s'attaque au mythique "Sacre du printemps" en s'éloignant du simple hommage. Le résultat est visible ce jeudi à la Rampe (et début février au Grand Angle).

Aurélien Martinez | Mardi 3 novembre 2015

Nicolas Hubert passe

Le Sacre du printemps est un véritable tube dans le monde de la danse, composé par Stravinsky il y a cent ans et chorégraphié pour la première fois par Nijinski pour les Ballets russes. Une histoire de rite païen et de sacrifice de jeune fille à laquelle de nombreux artistes se sont confrontés depuis – Maurice Béjart, Pina Bausch, Angelin Preljocaj, Jean-Claude Gallotta … C’est au tour du chorégraphe grenoblois Nicolas Hubert d’en livrer sa version avec une volonté de réappropriation évidente matérialisée dans le choix du titre (La Crasse du tympan) emprunté à Marcel Duchamp. Une référence tout sauf anodine, Nicolas Hubert ayant été formé aux beaux-arts, ce qui transparaît sur le plateau grâce à un travail remarquable sur la scénographie, la création lumière et l’ambiance chaude et chamarrée qui s’en dégage. Le tableau d’ouverture est à ce titre captivant, les cinq danseurs arrivant progressivement dans une sorte de transe au son de la partition réinventée par les trois musiciens présents sur scène et leurs instruments pas très d’époque pour certains – guitare, basse, batterie… L’approche de Nicolas Hubert en devient décalée, joueuse (le cho

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Grégory Faive : la mort lui va si bien

SCENES | Alors que son seul-en-scène "Pourvu qu'il nous arrive quelque chose" est toujours en tournée quatre ans après sa création, Grégory Faive dévoile une nouvelle fantaisie : "On aurait dû laisser un mot". Une histoire de défunts qui reviennent sur leur vie passée pour un spectacle joyeux, foisonnant et habilement construit. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 13 octobre 2015

Grégory Faive : la mort lui va si bien

« Pas d'anges, pas de harpes, pas de vertes prairies fleuries, c'est des craques que racontait le curé, que des craques. » Amandine Delput, 1856-1919. À ses côtés dans le cimetière de Moret-sur-Raguse, il y a du monde. Tiens, cette tombe, c'est celle d'une femme qui, visiblement, a été très proche de nombreux villageois de sexe masculin. Là, c'est celle d'un homme qui a fini sa vie au fond d’un fossé à purin à cause d’une vache percutée en solex. Et ici, celle d'un jeune révolté mort bêtement, son cocktail explosif en main. Comment le savons-nous ? Parce qu’ils ont tous décidé de se confier. De raconter leur vie, leur mort, leurs rapports les uns aux autres ou, tout simplement, ce qui leur passe par la tête – « Je suis née un 18 mai, je suis morte le 18 mars, comme quoi ! » C'est Patrick Kermann, auteur de théâtre de la fin du XXe siècle, qui a composé cet « oratorio in progress », cette « polyphonie de l’au-delà » qui, en plus d'être souvent jouée, est devenue un incontournable pour tout apprenti comédien – l’écriture atypique, souvent très orale, change de couleur selon le mort aux commandes et offre donc un éventail infini de poss

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Une saison théâtrale du côté de la scène locale

SCENES | Plusieurs compagnies grenobloises (ou apparentées) reprennent cette saison des spectacles créés les années précédentes. Mais comme ils sont excellents, pourquoi se priver de les (re)découvrir ?

Aurélien Martinez | Mardi 15 septembre 2015

Une saison théâtrale du côté de la scène locale

Ces dernières années, les metteurs en scène grenoblois ont livré des spectacles qui ont connu un succès considérable ici et là. On va passer rapidement sur le cas Grégory Faive et de son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose dont on a dit du bien maintes fois – en gros, c’est du théâtre généreux et drôle sur les coulisses du théâtre. Créée en 2011, la pièce sera de retour dans l’agglo pour deux dates : le vendredi 11 décembre à la Faïencerie (La Tronche) et le jeudi 14 janvier au Grand Angle (Voiron). Une autre aventure théâtrale qui risque de suivre la même voie (celle du succès), peut-être même en encore plus grand : Mon frère, ma princesse (photo) d’Émilie Le Roux. Du jeune public pour tous sur un petit garçon qui veut porter des robes créé en 2014 à l’Espace 600 et repris le mercredi 20 janvier à l’Odyssée d’Eybens. À noter que cette saison, l’Espace 600 pro

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Bal populaire

SCENES | Pour fêter la fin des quatre années de résidence de la compagnie Épiderme à la Rampe d’Échirolles, le chorégraphe Nicolas Hubert et le directeur des lieux Jacky (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 janvier 2015

Bal populaire

Pour fêter la fin des quatre années de résidence de la compagnie Épiderme à la Rampe d’Échirolles, le chorégraphe Nicolas Hubert et le directeur des lieux Jacky Rocher ont imaginé un temps fort sur cinq jours aux facettes multiples. Il permettra au public de (re)découvrir deux créations phares de la compagnie : Métaphormose(s), l’une des premières pièces de Nicolas Hubert pensée comme un dialogue danse-musique, et la trop peu vue Work in regress ( ?), grand format joyeusement drôle où les cinq interprètes reviennent sur leur parcours. Sera aussi proposé un concert de Bertrand Blessing, musicien qui compose pour la danse contemporaine – il est présent sur Work in regress ( ?). Mais l’événement qui retient le plus notre attention vu son originalité est l’ « open bal » gratuit du samedi soir, animé par la compagnie et des élèves du conservatoire d

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Famille je vous aime

SCENES | C’est la grande réussite de la fin d’année dernière à Grenoble : la mise en scène de Mon frère, ma princesse, excellent texte de l’auteur jeunesse Catherine (...)

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Famille je vous aime

C’est la grande réussite de la fin d’année dernière à Grenoble : la mise en scène de Mon frère, ma princesse, excellent texte de l’auteur jeunesse Catherine Zambon, par la metteuse en scène Émilie Le Roux. Centré sur un petit garçon qui veut simplement mettre des robes, sans comprendre pourquoi cela peut tant choquer, le spectacle est surtout une ode formidable aux liens familiaux, la grande sœur d’Alyan défendant coûte que coûte son petit frère face à tous ceux qui lui veulent du mal. La création a déjà de nombreuses dates de tournée prévues dans toute la France, dont une en janvier au Coléo de Pontcharra. Avant, on l’imagine, un retour à Grenoble la saison prochaine au vu du succès rencontré lors des premières représentations à l’Espace 600 en décembre. Mon frère, ma princesse, vendredi 23 janvier au Coléo (Pontcharra)

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Awards 2014 théâtre

SCENES | L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 théâtre

L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création contemporaine locale, propose un cycle consacré au monologue. Parmi les trois propositions, on découvre celle de Grégory Faive autour du Petit lexique amoureux du théâtre de Philippe Torreton, qui évoque avec humour tous les à-côtés de son art. Alors qu’on s’attendait à une petite forme bien sympathique à la durée de vie limitée, on assiste à l’éclosion d’une aventure théâtrale passionnante (baptisée Pourvu qu'il nous arrive quelque chose) qui grandira et s’épanouira au fil des mois dans des salles toujours plus grandes. Après quinze jours de représentation en mai dernier à la MC2 et un festival d’Avignon cet été, le spectacle continue encore sa tournée – il sera au Grand Angle et à la Faïencerie la saison prochaine. Un vérita

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"Mon frère, ma princesse" : mauvais garçon

Théâtre | Avec "Mon frère, ma princesse", la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux signe un spectacle poignant sur un enfant «qui ne veut pas être un garçon». L'une des plus belles réussites de l'année écoulée, et assurément le futur succès d'un théâtre jeune public ouvert à tous les publics. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

C'est l'histoire d'un gamin aux envies de robe de fée qui exprime ses désirs avec l'innocence de ses cinq ans, sans comprendre pourquoi ces désirs peuvent tant déranger – ses parents, ses camarades de classe... C'est l'histoire d'une sœur prête à tout pour protéger « son frère, sa princesse », du nom de la pièce jeunesse de Catherine Zambon publiée en 2012, avant qu'une partie rance de la France décide de se braquer contre tout ce qui touche de près ou loin aux études de genre. C'est surtout une histoire à serrer le cœur dont s'est emparée la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux. Au centre du récit, Alyan et sa grande sœur. Leurs scènes communes sont les plus justes, les plus émouvantes, Catherine Zambon ayant su trouver les mots pour décrire toute la tendresse d'une sœur pour son petit frère. Leurs monologues en avant scène sont désarmants, illustrant comment un monde est capable de briser un gosse au nom de raisons obscures expliquées comme évidentes, voire naturelles. « La nature elle s’est trompée, je le sais bien elle s’est trompée, j’ai pas su me concentrer alors elle a mis dessus moi des morceaux qui ne sont

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The end

SCENES | Après quatre ans de résidence, la compagnie Épiderme du chorégraphe Nicolas Hubert quittera la Rampe en proposant une semaine de festivités fin janvier. Avec (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

The end

Après quatre ans de résidence, la compagnie Épiderme du chorégraphe Nicolas Hubert quittera la Rampe en proposant une semaine de festivités fin janvier. Avec notamment la reprise de deux des pièces phares de la compagnie : la trop peu vue (et très drôle) Work in regress ( ?) créée en 2011 (photo) et la fameuse Métaphormose(s) de 2007, qui dévoila le chorégraphe. On aura aussi droit à un « open bal » et à un concert de Bertrand Blessing, musicien multi-instrumentiste fascinant dans Work in regress ( ?). Temps fort Épiderme, du mardi 27 au samedi 31 janvier, à la Rampe et la Ponatière (Échirolles)

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Avignon : jouer solidaire

ACTUS | Alors que la CGT appelle à une grève nationale pour le vendredi 4 juillet, jour de l’ouverture du Festival d’Avignon, on fait le point avec les compagnies grenobloises qui ont prévu de jouer dans le "off".

Guillaume Renouard | Mercredi 2 juillet 2014

Avignon : jouer solidaire

Ce sont des questions que chaque artiste et technicien se pose : faut-il annuler une représentation / un spectacle / un festival pour faire avancer la cause des intermittents du spectacle ? Ou, à l’inverse, faut-il continuer à jouer et trouver d’autres moyens de se faire entendre ? Grégory Faive, concepteur de l’excellent spectacle Pourvu qu’il nous arrive quelque chose, a choisi la deuxième solution, comme l’ensemble des compagnies grenobloises programmées dans le "off" du Festival d’Avignon. « Je participerai aux tables rondes et saisirai les occasions de prendre la parole. D’autant que mon spectacle [une réflexion très drôle sur le monde du théâtre – ndlr] m’en fournit déjà. » Sylvie Jacquier, présidente de la compagnie Life is not a picnic de David Bursztein, fait entendre le même son de cloche : « Nous y allons avec

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Grégory Faive : « Je ris pour ne pas pleurer »

SCENES | Quand un comédien et metteur en scène grenoblois s’empare de l’excellent "Petit lexique amoureux du théâtre" de Philippe Torreton et le complète par quelques textes piochés ici et là (du Shakespeare, du Lagarce, voire même du Muriel Robin), ça donne "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose". Un spectacle accessible et généreux à mettre devant tous les yeux. Rencontre avec Grégory Faive et critique plus qu’enthousiaste. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Grégory Faive : « Je ris pour ne pas pleurer »

Le spectacle rencontre un succès impressionnant depuis sa création en 2011... Grégory Faive : Je suis très heureux. Je profite de chaque représentation et de chaque retour avec le public parce que c’est rare – c’est la première fois que ça m’arrive ! C’était assez inattendu en plus, parce que j’ai préparé ce spectacle en marge d’un autre [Une souris grise de Louis Calaferte – ndlr]. C’était une tentative, pour voir ce que ça allait donner. Je suis donc heureux que ça plaise, que ça marche, et que ça soit reçu par un public si varié – ce qui, là aussi, n’a pas toujours été le cas dans mes autres spectacles ! Pourvu qu’il nous arrive quelque chose ouvre des discussions avec les amateurs de théâtre, les professionnels, les néophytes... J’imaginais que ce serait intéressant de partager ce texte, mais je n’avais pas prévu qu’il fasse écho aussi positivement chez les gens qui prati

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Pour le meilleur et pour le rire

SCENES | La loge du comédien (« un endroit qui en raconte beaucoup sur ceux que vous voyez sur scène »), le trac avant de rentrer en scène (« le trac, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Pour le meilleur et pour le rire

La loge du comédien (« un endroit qui en raconte beaucoup sur ceux que vous voyez sur scène »), le trac avant de rentrer en scène (« le trac, c’est "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose... " comme disent les marins lorsqu’ils montent sur leur bateau avant de prendre la mer »), le trou de mémoire (« sensation de chuter, d’être aspiré, le trou noir »)... Mais aussi le métier de comédien (« la plupart des gens vont travailler, les comédiens vont jouer »), le public (« je suis persuadé qu’il y a des gens qui ne toussent qu’au théâtre ») ou encore le rôle des critiques (« une bonne critique fait plaisir, une mauvaise énerve, mais souvent la réciproque est vraie »)... Dans son Petit lexique amoureux du théâtre, le comédien Philippe Torreton ausculte son art avec finesse et surtout recul, très loin des discours verbeux autocentrés. Une véritable déclaration d’amour au théâtre, à ses codes, ses figures, sa magie, que le comédien et metteur en scène grenoblois Grégory Faive transmet magistralement, en se mettant au service du texte – la

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Théâtre en tous genres

SCENES | Cette semaine à l’Espace 600, la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux dévoile son passionnant projet "Boys’n’girls", sous-titré « conformité – indentité – liberté ». Avec trois formes théâtrales courtes, dont une lecture très juste du "Tabataba" de Bernard-Marie Koltès. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 avril 2014

Théâtre en tous genres

Les réflexions autour du genre et de ses représentations (qu’est-ce qui nous rend homme ou femme au-delà de notre sexe biologique ?) agitent fortement notre société, entre débats nécessaires et fantasmes complètement dingues. Prendre la question par le biais artistique est une option sensée pour déplacer les enjeux, permettant ensuite d’ouvrir un espace de discussion moins réducteur qu’un simple pour ou contre. Comme on a pu le constater après une représentation de Tabataba de Bernard-Marie Koltès, l’un des auteurs de théâtre français contemporains les plus intéressants, par la compagnie Les veilleurs d’Émilie Le Roux. L’histoire d’une sœur déstabilisée par le comportement de son frère non conforme aux représentations qu’elle se fait de la masculinité. « Pourquoi tu ne sors pas, la nuit, quand tous les garçons de ton âge sont déjà dans la rue en chemise, avec le pli du pantalon bien repassé, et qu’ils tournent autour des filles ? Tout Tabataba est dehors, tout Tabataba est bien habillé, les garçons draguent les filles et les filles ont

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Encore une fois

SCENES | Les salles de spectacle aiment la nouveauté. Mais elles ne se privent pas, parfois, de reprendre une création déjà passée dans le coin – voire même dans leurs murs. Tour d’horizon des quelques reprises immanquables de cette deuxième partie de saison. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Encore une fois

En février 2013, nous offrions l’une de nos unes au comédien Nicolas Lambert pour son Avenir radieux, une fission française. Un spectacle programmé alors dans trois salles de l’agglo, et que reprendra fin janvier le Diapason de Saint-Marcellin. Une création immanquable par la pertinence de son propos et l’intelligence de son concepteur, qui a effectué un véritable travail d’enquête sur le monde très secret du nucléaire. « Je m’efforce simplement d’avoir un regard de péquenot moyen » nous expliquait-il en interview. Sur scène, il campe donc les différents acteurs du dossier, du technocrate au politicien, en passant par le militant ou le citoyen lambda. Le tout en s’amusant ; car oui, Nicolas Lambert fait avant tout du théâtre. De l’excellent théâtre même. Avenir radieux, une fission française, vendredi 24 janvier à 20h, à la sa

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"Circonférence..." : Nicolas Hubert et Michel Mandel sans mots

Spectacle | Nicolas Hubert est un danseur-chorégraphe grenoblois atypique qui surprend à chaque nouvelle création. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, au (...)

Aurélien Martinez | Lundi 2 décembre 2013

Nicolas Hubert est un danseur-chorégraphe grenoblois atypique qui surprend à chaque nouvelle création. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, au contraire (les artistes qui refont les mêmes choses ad vitam aeternam, ça va cinq minutes), même si il y a toujours le risque de désarçonner le public. Ainsi, l’an passé, après des pièces plus narratives (dont l’excellente Work in regress (?), il avait livré (re)flux : une œuvre brute, hypnotique et intense qui a largement séduit, remportant même le prix du public lors de l’édition 2012 du concours [re]connaissance. Pour Circonférence..., sa nouvelle proposition en tant qu’artiste en résidence à la Rampe, Nicolas Hubert prend encore un nouveau chemin, choisissant la forme de la fausse conférence. Avec le

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Jouer de (et avec) la musique

MUSIQUES | Le festival Chants libres est un ovni savoureux concocté par l’équipe du Tricycle qui propose de découvrir de « la chanson à voir » dans un espace théâtral. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 25 novembre 2013

Jouer de (et avec) la musique

Croiser les formes artistiques n’est pas une nouveauté. Qu’importe : quand c’est bien fait, c’est toujours agréable. Ainsi en sera-t-il sûrement de la nouvelle édition de Chants libres, proposée par un Tricycle d’habitude plus tourné vers le théâtre contemporain. Sur une semaine et demie, le Théâtre de poche va ainsi se transformer tantôt en cabaret, tantôt en salle de concert, tantôt en tout autre chose. Parmi les nombreuses propositions, on en a retenu trois.  Bleu/Baudoin Quand le trio grenoblois Bleu, spécialisé dans la « chanson folk-songes », rencontre le dessinateur de BD Baudoin, ça donne un concert dessiné que l’on a hâte de découvrir. Une « fresque musicale » construite en live : « le mélange de l’encre et du son, la fusion de deux entités contraires, arts plastiques et musiques actuelles, aspirant à un même désir de légèreté ». Samedi 30 novembre à 20h

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Regardons puis dansons

SCENES | Ah, les vacances scolaires et le grand vide culturel niveau spectacle vivant : des années qu’on le déplore ! Au cours de cette semaine de vache maigre, on (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 22 février 2013

Regardons puis dansons

Ah, les vacances scolaires et le grand vide culturel niveau spectacle vivant : des années qu’on le déplore ! Au cours de cette semaine de vache maigre, on retient néanmoins deux propositions qui ont titillé notre intérêt. D’abord Circonférence (photo), rencontre autour d’une table « préparée » (comprendre sonorisée et amplifiée) entre le clarinettiste Nicolas Mendel et le danseur-chorégraphe Nicolas Hubert, avec pour thème le langage. « Une conférence sur l’absurdité de conférer sans langage ni message, sans théorie ni rhétorique... » Entre écriture sur le plateau et improvisation, le projet du duo intrigue, notamment au vu de l’approche souvent fine et réfléchie de Nicolas Hubert, artiste que l’on a souvent défendu dans ces colonnes. Autre possibilité pour découvrir de la danse cette semaine : la répétition publique qu’offre la compagnie de Jean-Claude Gallotta, qui prépare en ce moment sa prochaine création L’Histoire du soldat, en collaboration avec Jacques Osinski du

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Et les lauréats sont...

SCENES | Le week-end dernier avait lieu la quatrième édition du concours [re]connaissance, axé sur la danse contemporaine (pour les oublieux, souvenez-vous, c’était la (...)

Aurélien Martinez | Lundi 26 novembre 2012

Et les lauréats sont...

Le week-end dernier avait lieu la quatrième édition du concours [re]connaissance, axé sur la danse contemporaine (pour les oublieux, souvenez-vous, c’était la une du Petit Bulletin de la semaine passée). Une édition qui a connu un très grand succès public. Niveau palmarès, le premier prix du jury est allé à la compagnie Dans6T de Bouziane Bouteldja (photo), et le deuxième prix du jury à Noé Soulier. Deux choix compréhensibles, Bouziane Bouteldja offrant un hip-hop original qui ne demande qu’à grandir, et Noé Soulier une proposition radicale qui a le mérite de surprendre. Quant aux spectateurs, la majorité d’entre eux s'est reportée sur la compagnie grenobloise Épiderme de Nicolas Hubert, qui a donc obtenu le prix du public. Une récompense grandement méritée, la pièce (re)flux étant l’une des plus intéressantes et pertinentes que l’on ait pu voir sur les deux jours. Les trois lauréats tourneront dans toute la France la saison prochaine. Q

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À vos marques, prêts, votez !

SCENES | Montrer ce qu’il se fait aujourd’hui en France au niveau chorégraphique : tel est le pari du concours [re]connaissance, qui en est à sa quatrième édition. Ce week-end, sur deux soirs, le public pourra ainsi découvrir douze compagnies différentes et, cerise sur le gâteau, voter pour celle qu’il préfère. C’est beau la démocratie ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 16 novembre 2012

À vos marques, prêts, votez !

La danse, c’est sympa, mais c’est quand même compliqué. Compliqué pour les compagnies, car la plupart ne tournent pas beaucoup ; voire pas du tout. Et du coup, par ricochet, compliqué pour le public, qui n’arrive pas toujours à trouver des spectacles aux esthétiques variées – sauf si, bien sûr, on habite dans une grande ville. En 2009, nous avions donc vu d’un bon œil le projet impulsé par le Pacifique de Grenoble et la Maison de la danse de Lyon. Ensemble, les deux structures avaient créé le concours [re]connaissance. Le principe ? Sur deux soirs, douze compagnies présentaient un extrait d’une pièce récente (ou la pièce en entier si elle n’excédait pas 25 minutes), et un jury de professionnels décernait deux prix à leurs favorites. Quant aux spectateurs, ils avaient leur mot à dire avec le prix du public. Une fois les choix dévoilés, le processus s’enclenchait pour les trois lauréates, avec une tournée assurée dans la plupart des lieux partenaires (quatorze à l’époque) : une belle exposition. La première édition s’était tenue à l’Hexagone de Meylan, devant une sal

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Ses années de jeunesse

SCENES | Après un passage par la case mythologie avec Antigone, retour à Thèbes, la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux (compagnie Les Veilleurs) revient à ses (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 octobre 2012

Ses années de jeunesse

Après un passage par la case mythologie avec Antigone, retour à Thèbes, la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux (compagnie Les Veilleurs) revient à ses premières amours : les spectacles en direction du jeune public. On se souvient ainsi de son hypnotique Pays de Rien, créé en 2007 et qui reçut un accueil enthousiaste. Cette fois-ci, elle choisit de s’atteler à Lys Martagon, pièce écrite par l’auteur Sylvain Levey suite à une période de résidence à l’Espace 600. Soit l’histoire d’une jeune fille de quatorze ans qui découvre la Villeneuve à sa façon – en parlant aux arbres par exemple. Le soir, elle retrouve sa mère, qui, loin de l’innocence de sa fille, voit la vie lui filer entre les doigts. Un texte foisonnant et prolixe, qui nécessite une mise en scène habile capable de canaliser la fougue du personnage de Lys, « qui parle trop » comme elle l’explique elle-même

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« Ne pas désespérer l’enfant »

SCENES | La compagnie grenobloise Les Veilleurs, menée par Émilie Le Roux, vient de signer pour une résidence de trois ans à l’Espace 600, la scène jeune public de l’agglo nichée au cœur de la Villeneuve. Une résidence qui débutera avec la reprise du très beau spectacle Lys Martagon. Rencontre avec Émilie Le Roux pour évoquer le présent et le futur. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 11 octobre 2012

« Ne pas désespérer l’enfant »

Lys Martagon est un texte de l’auteur Sylvain Levey, écrit à la Villeneuve...Émilie Le Roux : Oui. En 2009, Sylvain était venu en résidence ici plusieurs semaines, il avait rencontré les habitants. Il logeait chez quelqu’un du quartier, et a ainsi vécu ce que vit le personnage de Lys : le grand écart entre cette réalité urbaine qu’est la Villeneuve, et en même temps, cet appel des montagnes qui entourent complètement le quartier. Du coup, il a inventé le personnage de Lys Martagon qui vit à la montagne avec sa mère, descend à la ville tous les jours, et qui est dans cette tension entre le monde urbain et la nature dans laquelle elle a grandi. Vous aviez déjà monté ce texte en 2010...Quand Sylvain a écrit le texte, il savait qu’il allait finir entre mes mains, parce que ça faisait partie de la commande. Il savait aussi qu’il serait créé avec des amateurs – ceux de l’Espace 600 en l’occurrence. Il y a donc eu le spectacle, et j’avais plutôt envie que ça s’arrête là. Mais plusieurs professionnels nou

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Les pas dansés

SCENES | Danse / La Compagnie Epiderme, fièrement menée par le chorégraphe et danseur Nicolas Hubert, et en résidence à la Rampe pour trois ans, offre une nouvelle (...)

Laetitia Giry | Lundi 1 octobre 2012

Les pas dansés

Danse / La Compagnie Epiderme, fièrement menée par le chorégraphe et danseur Nicolas Hubert, et en résidence à la Rampe pour trois ans, offre une nouvelle création qui joue la carte de la modestie. Sans pour autant se complaire dans la facilité, (re)flux fait se confronter les corps en utilisant la grammaire de base de la danse, en « jouant avec le mouvement qui précède le mouvement dansé » comme le définit le chorégraphe. Le trio marche, court, rampe, roule, saute, dans un calme qui se mue en frénésie, porté par la musique du musicien Bertrand Blessing, présent sur scène pour distiller sa formule envoûtante de basses et de stridences. Une boucle répétitive qui enrobe, hypnotise le spectateur en même temps qu’elle porte les danseurs : « on baigne, on flotte dedans » précise Nicolas Hubert. La musique et la danse forment ainsi un couple idéal, les éléments d’un même puzzle qui se transforme en jeu d’illusions… Car si la chorégraphie prend racine dans des mouvements simples, elle les transforme vite en prouesses : avec une fluidité étourdissante, les danseurs marchent sur le mur, crapahutent et chahutent, se heurtent et se portent. La ronde du début (réf

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Qui se cherche se trouve ?

SCENES | En décembre dernier, nous décernions un award du lieu qui se cherche au Tricycle, le collectif d’artistes locaux qui, poussé par la mairie, reprenait le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche. Alors que l’équipe aux commandes va entamer sa deuxième saison, a-t-elle affiné son projet ? Il semblerait que oui... Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 10 septembre 2012

Qui se cherche se trouve ?

« Je ne sais pas si l’on s’est trouvés, mais nous, on a trouvé des trucs en tout cas ! » explique Grégory Faive, jeune metteur en scène membre du collectif Tricycle. « On avait pris votre remarque avec beaucoup d’humour, parce que c’était vrai. Mais l’année qui vient laisse augurer du bon ! » À la lecture de leur nouvelle plaquette de saison, on ne peut qu’acquiescer : le propos semble plus lisible. Les historiques Grégory Faive, Gilles Arbona, Bernard Falconnet et Serge Papagalli (Valère Bertrand a quitté l’aventure), rejoints par d’autres, ont donc revu leur copie. « On s’était astreint un cahier des charges beaucoup trop ambitieux par rapport à nos moyens plus qu’à nos envies. On a donc recentré notre travail de programmation principalement sur l’aide à la résidence de projets où il y a évidemment de l’émergence, mais où surtout l’implication du Tricycle est décisive. » « Très compliqué » Flash back : en septembre 2011, le Tricycle voit le jour dans des conditions qui ne sont pas les meilleures possibles. « Ça a été très compliqué, d’abord parce que se sont juxtaposés l’arrivée du Tricycle et le départ des Barbarins [ces d

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Paroles d'aujourd'hui

SCENES | « Vas-y, traverse » : voilà le thème qu’a choisi l’équipe de Textes en l’air pour la neuvième édition de son festival. On le comprend comme une incitation à ne (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 12 juillet 2012

Paroles d'aujourd'hui

« Vas-y, traverse » : voilà le thème qu’a choisi l’équipe de Textes en l’air pour la neuvième édition de son festival. On le comprend comme une incitation à ne pas se laisser arrêter par des frontières matérielles ou non, réelles ou fantasmées. Une idée concrétisée par la venue de l’auteure québécoise Marylin Perreault, qui a mené deux résidences d’écriture dans deux lieux très différents : Saint-Antoine-l’Abbaye, village médiéval isérois où se déroule chaque été le festival, et le quartier grenoblois de la Villeneuve, où se situe l’Espace 600, scène régionale dédiée au jeune public. Ici et là, Marylin Perreault a récolté la parole des habitants, afin d’écrire une pièce dont elle dévoilera des ébauches lors du festival. Pendant la semaine, on retrouvera aussi deux des trois pièces proposées lors du festival Les Jeunes Pousses(ent), organisé au printemps dernier dans l’agglo. On pourra aussi découvrir une mise en scène du célèbre texte La Grammaire des mammifères ; ou encore un spectacle de Carole Thibaut sur la soi-disant nature féminine. Mais, parmi toutes ces propositions (que nous avons vues ou non), on retiendra celle qui nous avait enthousiasmés l

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"Une souris grise" : la merditude des choses

SCENES | Avec fidélité, Grégory Faive monte "Une souris grise", un texte de Louis Calaferte à l’humour potache. C’est drôle, vivant, agité, voire même acide par moments. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 avril 2012

Ça commence par une scène surprenante : un enfant se plaint de gargouillis au ventre. Il désire se rendre expressément aux toilettes, mais son père, malade comme lui à cause d’une rascasse visiblement avariée, s’y trouve déjà. Sa pauvre mère est donc contrainte de gérer la situation comme elle le peut, en essayant de garder la culotte du petit propre. Car c’est que l’on a du monde à déjeuner qui ne devrait pas tarder, et il s’agirait de ne pas faire mauvaise impression à ces invités si importants. Une souris grise, pièce de l’auteur français Louis Calaferte (1928 – 1994), se place délibérément du côté comique, en jouant sur l’incongruité d’un tel postulat pour une œuvre de théâtre. Le metteur en scène grenoblois Grégory Faive s’inscrit pleinement dans cette veine, n’hésitant pas à surligner les intentions de Calaferte. Ainsi, quand le couple tant attendu arrive – le nouveau puissant patron de Monsieur, accompagné de sa femme –, les comédiens qui les incarnent parlent tous deux avec un accent allemand proche du surjeu. Normal, le couple est allemand. Servitude volontaire Mais derrière ce q

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Mamma mia !

SCENES | Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 janvier 2012

Mamma mia !

Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive quelque chose (d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre), puis Philippe Saint-Pierre et sa relecture fidèle d’une nouvelle de Beckett (Premier Amour), place à Nicole Vautier et son Stabat Mater. La comédienne interprète ainsi une œuvre de l’auteur italien contemporain Antonio Tarantino où il est question d’une femme désœuvrée, toute en gouaille et en alcool. Une mamma italienne aux propos radicaux (euphémisme !) qui déblatère sa colère contre un homme absent et une société qui la rejette, tout en s’inquiétant pour son fils en prison. Il en faut de la présence pour ne pas emmener ce personnage haut en couleur dans la caricature. Dans un subtil numéro d’équilibriste, à l’image d’une actrice comme Yolande Moreau, Nicole Vautier habite littéralement le plateau, 1h20 durant. À découvrir jeudi 2 et vendredi 3 février à 20h30, ainsi que le samedi 4 à 19h

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Ballet masques

SCENES | Dans la pièce Work in regress de la compagnie Epiderme, deux danseuses, deux musiciens et un technicien dévoilent avec humour l’envers de leur métier. Rencontre avec le chorégraphe Nicolas Hubert, l’ordonnateur de ces déballages savoureux. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Lundi 28 novembre 2011

Ballet masques

D’où vous est venu ce besoin de donner la parole aux interprètes ?Nicolas Hubert : Je suis chorégraphe mais aussi interprète. Dans cette dernière pratique, j’en suis venu à me poser la question de ce qui m’intéressait ; et ce qui comptait beaucoup, au-delà du fait de participer à des projets, de les aimer, de comprendre une démarche, c’était la collaboration avec des gens qui faisaient le même métier que moi. C’est pour ça que j’ai eu envie en tant que chorégraphe de monter un projet autour d’interprètes avec qui j’avais déjà bossé, des gens que je connaissais et dont j’aimais la façon de travailler, de s’impliquer, ou les questionnements. La pièce s’est construite à partir de leur vécu, de leurs expériences, mais dans quelle mesure le spectacle ne parle pas aussi un peu de vous ?Déjà, les interprètes sont comme des jalons dans mon parcours de danseur et de chorégraphe, chacun d’eux correspond à un travail que j’ai pu mener à différents moments. Après, il y a des références par petites touches. Par exemple, j’ai fait partie d’un groupe de rock, et j’ai retrouvé cette émotion avec les interventions live de Cam

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La comédie du théâtre

SCENES |

François Cau | Lundi 17 octobre 2011

La comédie du théâtre

THÉÂTRE (DONC !)/ Que fait un comédien avant la représentation ? Comment est-il possible de retenir autant de texte ? Et la critique, les artistes, ils s’en contrefoutent, non ? Dans son Petit lexique amoureux du théâtre (2009), Philippe Torreton manie le verbe avec précision et humour, dépeignant une réalité masquée. Le jeune metteur en scène grenoblois Gregory Faive s’empare de ce matériau riche pour le porter sur scène, entrecoupé de courts extraits d’autres textes qu’il affectionne tout particulièrement : du Lagarce, du Shakespeare ou encore du Muriel Robin (pourquoi pas !). Son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose devient alors un spectacle d’une générosité évidente qui, pendant 1h30, embarque initié comme néophyte dans le monde très codifié du théâtre. La succession de tableaux (qu’on aimerait tous évoquer ici… ce qui gâcherait le plaisir de la découverte !) rythme l’ensemble, qui oscille perpétuellement entre mise en abyme et second degré : le passage sur l’émission Au théâtre ce soir est ainsi on ne peut plus drôle, quand celui sur l’ego des comédiens se fait plus violent, notamment grâce à l’utilisation judicieuse d’un sketch de Muriel Robin

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Antigone et les garçons

Théâtre | Émilie Le Roux, metteuse en scène grenobloise qui nous avait plutôt habitués à monter du jeune public, revient cette fois-ci avec sa version d’Antigone. Sa (...)

Aurélien Martinez | Lundi 14 février 2011

Antigone et les garçons

Émilie Le Roux, metteuse en scène grenobloise qui nous avait plutôt habitués à monter du jeune public, revient cette fois-ci avec sa version d’Antigone. Sa version, forcément : car s’attaquer aujourd’hui à ce genre de tragédies plus que référencées suppose de prendre parti. Le sien est donc celui des croisements : au texte de Sophocle répond principalement celui de l’auteur contemporain belge Henry Bauchau. Ces matériaux en poche, elle commence alors sa pièce juste après le voyage qu’Antigone vient d’effectuer avec Œdipe, ancien roi de Thèbes. Un voyage dont on ne saura rien, la metteuse en scène choisissant de ne pas assommer le spectateur avec moult références pour mieux l’emmener dans l’histoire : celle d’une femme revenue dans une ville changée, maintenant ravagée par la guerre que se livre ses deux frères Étéocle et Polynice, sous l’œil de leur oncle Créon. Si le rendu est d’une grande tenue, fruit d’une réelle maîtrise du langage théâtral, on reste cependant plus que dubitatif quant au fondement même de cette proposition. Plutôt que d’utiliser la figure chargée d’Antigone comme pâte à modeler théâtrale source d’interprétations et de fantasmes, Émilie Le

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Slumberland

SCENES | Seulement quelques objets épars d’un côté du plateau. Et un grand lit au milieu. Point. Pour traiter de la question du rêve, Nicolas Hubert a choisi de faire (...)

François Cau | Lundi 14 décembre 2009

Slumberland

Seulement quelques objets épars d’un côté du plateau. Et un grand lit au milieu. Point. Pour traiter de la question du rêve, Nicolas Hubert a choisi de faire visuellement sobre. En pyjama blanc, il chorégraphie alors un voyage onirique en prenant soin de décomposer un par un ses mouvements, façon cosmonaute stone en apesanteur. Un spectacle sensoriel, qui serait censé transporter le spectateur quarante minutes durant. Problème : si l’on reconnaît aisément la pertinence de la scénographie (la bande-son jouée en live par Greg Gilg et les lumières de Léo Van Custem y sont pour beaucoup), le propos nous est passé totalement à côté ; ce « théâtre chorégraphique et plastique » tournant méchamment à vide. Dommage, car le pitch basé sur le personnage de Little Nemo issu d’une bande dessinée du début du siècle dernier (en gros, un gosse de six ans qui part chaque nuit à Slumberland, le monde fantastique des rêves) avait tout pour nous plaire. Au théâtre de création jusqu’au samedi 19 décembre.

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Les isolés

SCENES | Critique / Après avoir été comédienne et metteure en scène, Nathalie Papin se consacre à l’écriture de théâtre en direction de la jeunesse. Elle est entre autres l’auteur de Le pays de rien, pièce métaphorique et philosophique aux allures de conte contemporain. Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 6 février 2008

Les isolés

Dans le pays de rien, un roi perpétue la tradition maternelle : il fait table rase de toutes expressions, émotions, pensées, des dangers confinés derrière les barreaux de cages. A sa fille, il veut imposer cette manière de voir le monde. L’arrivée d’un jeune garçon fait vaciller ce monde sécurisé, ultra refermé, un monde de silence à la fois rassurant (le monde est maîtrisé) et angoissant (la vie grouille et hurle aussi de douleur dehors). Avec finesse, et économie de mots, la dramaturge aborde la privation des libertés, la dictature, le repli identitaire, les murs visibles érigés entre les états, et invisibles construits dans une famille. La relation fille/ père, exclusive donc étouffante, s’avère déstructurante aussi dès lors qu’elle est coupée de la mémoire, des racines. Rien de simple donc, ni de binaire dans cette pièce que Nathalie Papin écrit en 2002. Si le Roi oppresseur inconscient est malheureux, le jeune garçon dans son désir de sauver «la meute d’enfants qui traînent avec leur rêves et qui n’ont pas d’endroit pour les étaler», impose une autre vue à la jeune fille. Cette dernière, perdue au milieu de sentiments ambivalents, se pousse à se définir, à choisir sa route

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Les créatures

SCENES | La scène du Théâtre de Création est à nu. Dépourvue de pendrillons et décor superflu. Une table, des tréteaux, une housse de contrebasse, des machines électroniques, (...)

Marlène Thomas | Mercredi 12 décembre 2007

Les créatures

La scène du Théâtre de Création est à nu. Dépourvue de pendrillons et décor superflu. Une table, des tréteaux, une housse de contrebasse, des machines électroniques, des objets non identifiés, des projecteurs sont éparpillés au sol. De cet état de fin du monde, ou de début de quelque chose, des lumières lancinantes, pulsations prenantes, lancent les naissances insolites des corps, soit des créatures sorties du néant de l'objet. Métamorphose(s), un duo tendu et intense entre un musicien et un danseur, ne lésine pas sur l'effet de surprise, les passages inquiétants, qui peuvent être comiques par leurs étrangetés ; des images fortes, toujours, où la monstruosité la dispute à la beauté. D’un côté Camille Perrin, le contrebassiste, physionomie et voix impressionnantes, incarne le côté brut, sauvage, presque dominant du duo, et règne, un rien monstre, sur le plateau. Il organise le dispositif scénique, les lumières, lance une bande son, redistribue l'espace à grands pas, déplace l'autre, l'observe. L’ autre, c’est Nicolas Hubert, le danseur. Tout en retenue, et souplesse, bandé, blessé, moignon en bout de bras, il évolue au sol comme s'il était une créature encore pri

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