Révolte tous azimuts

SCENES | Théâtre. Ce devrait être très prochainement l'un des spectacles de la reprise, à la MC2. On a découvert "La terre se révolte" à Lyon et on vous raconte ce qu'on en a pensé.

Nadja Pobel | Mardi 8 décembre 2020

Photo : © Raphaël Arnaud


Une étudiante en philo souhaite rencontrer l'auteur syrien qu'elle a entendu sur France Inter. En s'enfouissant dans les ramifications de cet homme plus trouble qu'il n'y parait – il fut salafiste, « pourquoi ? – mais pourquoi pas ? », répond-il comme une évidence – elle enquête sur elle-même et ses origines andalouses. En plus de ce duo qui fait la promesse d'une relation flirtant entre intimité et grands maux du monde contemporain, s'ajoutent donc à La Terre se révolte le journaliste de la radio publique, le père du réfugié, quelques rôles furtifs et… Descartes. Car le penseur est là pour arbitrer le débat qui s'installe entre spinosistes et cartésiens tel que c'est énoncé. Où il est question de laïcité, de (re)lecture du Coran qui rend athée. Ainsi, dans une chambre étroite juchée sur une tournette aux murs amovibles, s'entremêlent les strates d'un récit ambitieux mais malheureusement souvent didactique et emphatique à l'instar de voix réverbérées et de gestes chorégraphiques qui entravent l'adhésion à l'histoire de couple.

Pourtant le personnage de Wassim a un recul bienvenu sur sa condition, aliéné à son exil. Mais cela ne suffit pas à ne pas noyer cette pièce dans son propos qui manque singulièrement de simplicité et de clarté. Ecrit (avec Omar Youssef Souleimane et Guillaume Clayssen), joué et mis en scène par Sara Llorca, ce travail de la compagnie, qui s'offre une nouvelle distribution après sa création en janvier, bute encore sur des sentences telles que « La question est : qu'est-ce donc que l'homme ? ». C'est d'autant plus dommage que, par instants (notamment ce fil rouge de l'interview radio), la pièce trouve sa cadence.

La Terre se révolte, à la MC2, du 15 au 18 décembre.

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