En attendant le public... (épisode 2)

SCENES | L'équipe du Petit Bulletin est repartie à la rencontre des compagnies de théâtre et de danse pour recueillir leurs impressions sur la crise sanitaire et l'évolution de leur travail au quotidien. Cinq d'entre elles nous ont répondu pour témoigner de leurs incertitudes persistantes, mais aussi, parfois, d'un relatif optimisme.

La rédaction | Vendredi 5 février 2021

Photo : Géraldine Aresteanu / Fabrice Hernandez / DR


Yoann Bourgeois – Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2)

« C'est difficile car cette crise a touché le cœur de nos activités. Mais c'est aussi difficile pour moi de dire que c'est difficile parce que je sais que beaucoup d'autres sont plus impactés que nous au CCN2, qui sommes une institution assez solide économiquement. Même si, bien sûr, notre économie repose beaucoup sur la diffusion – on tournait énormément –, presque totalement à l'arrêt depuis un an. »

Pour Yoann Bourgeois, codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (en binôme avec Rachid Ouramdane), cette crise sanitaire a chamboulé énormément de choses, notamment au niveau artistique puisque trois de ses créations sont en suspens : Hurricane, pour le ballet de l'Opéra de Göteborg en Suède, répétée entre janvier et mars 2020 mais qui n'a pu pour l'instant être jouée que le soir de la première en mars (on devrait cependant la voir la saison prochaine à la MC2) ; I wonder where the dreams I don't remember go, pour la fameuse compagnie de danse contemporaine néerlandaise NDT, répétée en novembre et décembre 2020 et qui n'a toujours pas été présentée face à un public (il y a eu des diffusions en ligne).

Et, enfin, un solo (Les Paroles impossibles) qui aurait dû voir le jour en septembre 2020 lors de la Biennale de la danse de Lyon et dont la première est sans cesse repoussée au fil des annulations dans différentes villes. « Comme le coronavirus est arrivé pendant le processus de création, on peut dire que je ne l'ai toujours pas fini. Là, au moment où je vous parle, j'interromps même une nouvelle séance de création à Grenoble où j'essaie de finaliser le spectacle. D'ailleurs, si ça se trouve, la première aura lieu à la MC2 en mai, ce qui serait assez chouette finalement ! »

Une situation complexe à gérer tant pour lui, la tête dans plusieurs projets qui peinent à se concrétiser définitivement, que pour les équipes du CCN2 qui « n'arrêtent pas de construire et déconstruire ». « Parfois, on se dit qu'une annonce un peu plus radicale aurait été plus simple pour beaucoup de monde. » Mais une situation qui, selon comment on la prend, n'a tout de même pas que du mauvais. « Il faut faire de cette contrainte une opportunité pour traiter des sujets de fond auxquels on a habituellement peu de temps à consacrer et ainsi rattraper certains retards. Je pense notamment à toute notre relation au numérique : il y a beaucoup de choses que l'on initie actuellement qui sont assez réjouissantes pour l'avenir. » / AM


Sergio Zamparo – Les Barbarins fourchus

Depuis presque 30 ans (ils se sont formés en 1992), les Barbarins fourchus, « résistants » comme ils nous l'expliquaient lors d'une précédente interview, sont des piliers de la vie culturelle grenobloise, à la tête depuis 10 ans de la Salle noire, espace de spectacle modulable dans le quartier Bouchayer-Viallet (au pied des anciennes usines Cémoi). Un collectif hybride, très musical mais pas que, affecté, comme pas mal d'artistes, par cette crise qui dure depuis des mois.

« L'énergie qu'on avait générée au départ commence à descendre. Il y avait eu le premier "lockdown", on était tous restés à la maison avec la salle fermée. Ensuite, il y avait eu cette micro-ouverture mais seulement en mode assis ; on avait donc transformé la Salle noire avec des gradins, ce qui nous a permis de faire une représentation… avant qu'on ne ferme de nouveau à l'automne comme tout le monde ! », nous a expliqué Sergio Zamparo, l'un des Barbarins les plus emblématiques. De quoi affecter le moral, même si « tout ce temps m'a permis de me replonger dans certains projets jamais finis, vu qu'on peut tout de même répéter en ce moment » – à l'image de son Trio Barock avec lequel il a fait quelques dates cet été à Grenoble.

Malgré « le manque d'énergie transmis par le public », les Barbarins continuent donc à travailler, « notamment pour ne pas subir, car si on commence à déprimer, alors que nos projets artistiques se nourrissent de la vie, des rencontres, ça risque d'être triste ». Ils ont également ouvert la Salle noire à d'autres compagnies plus petites et plus fragiles économiquement, histoire de les soutenir. En attendant avec impatience une reprise que Sergio Zamparo espère intense. « Il ne faut pas nécessairement qu'après ça, tout change. J'ai entendu plein de discours du type "mettons à la poubelle tout ce qu'on faisait avant". Non ! La reprise ne pourra pas être tout à fait comme avant, forcément, mais je ne vais pas par exemple me mettre à faire des solos parce que la situation le demanderait. Il faut défendre l'idée de compagnie, de nombre, pour que tout ne devienne pas petit, réduit. Nous sommes des êtres physiques, collectifs ! » / AM


Florent Barret-Boisbertrand – Collectif Midi /Minuit

Il suffisait (presque) d'y penser : faute de pouvoir se produire devant le public d'une salle de spectacle, le collectif grenoblois utilise son local, 38 rue Saint-Laurent ou, plus exactement sa vitrine ! Florent Barret-Boisbertrand et deux de ses comparses y ont proposé une forme de cabaret miniature, au cours du dernier week-end de janvier. « L'idée est née d'une envie de retourner au plateau, explique le comédien. On a un mètre carré pour vivre, un micro pour nous faire entendre depuis la rue et l'habitude de ce type de formats réduits : en temps normal, nous sommes sur des jauges d'une trentaine de personnes tout au plus. »

L'important, c'était donc de repartir. La troupe s'épanouit dans une rue piétonne, au cours d'un quartier enclavé entre les rives de l'Isère et les contreforts de la Bastille. Cette fois, elle n'a pas vraiment eu le temps de prévenir qui que ce soit de son initiative, ce qui ne l'a pas empêché d'attirer du monde. « On s'est tapé dans la main le mardi et on s'est produit, sans répétition préalable ni réclame. Le public était surtout présent le dimanche, mais il y avait pas mal de monde le samedi aussi, sous la pluie. C'était simple et fou : ça nous a fait du bien, à nous aussi, d'être dans l'échange direct avec les gens. Un moyen très modeste de recréer un peu de chaleur. Ce n'est pas du sous-théâtre, dans notre esprit. Visiblement, ça a été très bien reçu, ce qui nous a surpris aussi ! » D'autres dates sont donc prévues : les samedi 21 et dimanche 22 février, de 16h à 18h le premier jour, de 14h à 18h le second.

Florent Barret-Boisbertrand aurait du mal à concevoir de ne plus se produire que par écran interposé. En revanche, pour lui, « il n'y a pas de différence fondamentale dans le fait de chanter du Céline Dion dans une mini-vitrine comme la nôtre ou de monter un gros spectacle sur la scène de la MC2. » La deuxième possibilité devait se concrétiser cette année pour les Midi / Minuit, un rendez-vous manqué qui, dans une certaine mesure, retarde l'envol de la compagnie. L'absence de perspectives lui est pesante, mais il n'est question pour elle de se laisser abattre : « Chaque théâtre distille ses infos au compte-gouttes et la vision que l'on peut avoir de notre retour sur scène demeure aujourd'hui assez floue. Le lieu que nous gérons, lui, est un outil resté en place. On aimerait qu'il puisse aussi servir à d'autres. » / MK


Bouba Landrille Tchouda – Compagnie Malka

La situation est très compliquée à vivre pour le danseur et chorégraphe grenoblois : « Je préférerais être ailleurs, sur scène ou dans un studio, à diriger des danseurs. En ce moment, je passe beaucoup de temps au bureau, ce qui est bien sûr nécessaire, mais un peu compliqué aussi pour quelqu'un de physique comme moi. » Depuis mars dernier, la compagnie Malka a dû renoncer à plus de quarante représentations, en France et à l'étranger. En début d'année, Bouba Landrille Tchouda devait notamment reprendre son solo J'ai pas toujours dansé comme ça, mais tout a été annulé ! « Être dans une telle forme d'inactivité fait que le corps s'abîme. Une sciatique me travaille depuis dix jours et m'empêche de dormir, ce qui ne m'était jamais arrivé. Même les petits moments de training que je peux faire en attendant la réouverture des salles me sont aujourd'hui difficiles. »

Qu'en est-il des dates restantes sur le site Internet de la compagnie ? « Ne pas effacer certaines parties de notre planning nous rappelle ce que l'on fait, qui l'on est et pourquoi nous travaillons. Nous avions réussi à créer un nouveau spectacle, Miracles, après le deuxième confinement, et une série de représentations devait suivre. Tout est tombé à l'eau et, malgré un bon accueil de la presse nationale, nous nous retrouvons avec une pièce que personne n'a vu. » L'artiste, qui devait partir au Sénégal prochainement, croise les doigts : « Nous la jouerons peut-être devant un public professionnel en mars, à la MC2, mais nous sommes privés de ce que j'aime : présenter nos spectacles au grand nombre. Cela devient difficile à vivre sur le plan psychologique. J'ai hâte de pouvoir à nouveau m'adresser à des êtres vivants. »

Bouba Landrille Tchouda est heureux d'avoir reçu des témoignages de sympathie venus « des équipes de relations publiques des théâtres dans lesquels nous nous produisons ou de gens qui s'intéressent à notre travail. » Il s'est souvent posé la question du sens et anticipe un printemps chargé si les salles rouvrent enfin. En attendant, il met certaines de ses idées par écrit, en prenant le temps de discuter avec ses collaborateurs ou d'autres personnes avec lesquelles il aimerait travailler depuis longtemps. « La période que nous traversons nous offre l'occasion de réfléchir. Depuis une quinzaine d'années, on est dans une course effrénée de projets, de créations, de tournées. Moi, c'est clair : je ne travaillerai plus jamais comme avant. Après ces heures difficiles, il me semble qu'il pourrait y avoir un nouveau moyen d'œuvrer ensemble, avec plus de bienveillance les uns pour les autres, dans des modes de collaboration plus équilibrés. » / MK


Cyril Griot – Le bateau de papier

On a d'abord voulu savoir comment le clown et metteur en scène allait, personnellement : « Je traverse cette période avec des hauts et des bas, conscient que certains sont beaucoup plus en difficulté que moi, mais aussi confronté à une incertitude qui commence à être longue. Le public finit par me manquer vraiment. » Cyril Griot relativise, mais rappelle toutefois que, depuis deux ans, sa compagnie travaillait sur un nouveau spectacle, Les As, dont la première devait avoir lieu en novembre. Tout est désormais reporté à l'automne…

Le bateau de papier a revu sa façon de travailler : « On diversifie un peu nos offres, en essayant de se tourner vers des structures pour lesquelles on peut encore se déplacer et, ainsi, on arrive encore à tourner un peu. » Exemple : l'un de ses spectacles, Le Rutabaga, destiné au très jeune public, sera présenté prochainement dans une crèche. Une aubaine : lors du premier déconfinement, la MC2 avait commandé à la compagnie une série de déambulations. Ces seize interventions sur des marchés lui ont « permis de se mettre au travail sur quelque chose de nouveau ». Et ? « J'ai été très surpris par l'accueil positif qui nous a été réservé. On a également participé aux Éclats de culture de la Ville de Grenoble. Actuellement, on travaille sur un spectacle covido-compatible, avec un comédien unique qui jouerait dans une classe d'école primaire, pendant une trentaine de minutes. » Reste un manque de perspectives à moyen terme et surtout pour la saison prochaine, en l'absence de commande officielle.

La troupe parvient malgré tout à maintenir une part de son activité, grâce aux stages de formation qu'elle propose à un public adulte professionnel. Cela lui permet de tenir, financièrement parlant, malgré un chiffre d'affaires divisé par presque deux. Elle craint en revanche de devoir annuler son festival d'avril, organisé à Grenoble, au Parc Mistral, et espère au moins conserver celui du dernier week-end de mai, à Allevard. Cyril Griot souligne qu'il a senti un changement dans le lien avec les salles de spectacle : « Ces dernières années, je nous trouvais de plus en plus distants. Aujourd'hui, on s'est rapproché, avec la prise de conscience que nous avions tous les mêmes problématiques. Avec ceux qui ne sont pas nos partenaires de longue date, la relation est plus facile, plus chaleureuse. » Lui ne renoncerait en tout cas pour rien au monde à sa posture de clown : « On a tous besoin de prendre du recul sur nous-mêmes et la situation que nous traversons. Je défends un artiste naïf, qui n'est pas dans le jugement. Après cette période de crise, j'aimerais pouvoir envahir la ville avec mille clowns qui s'étonnerait simplement de ce qu'il y a autour d'eux et d'être encore ensemble, en vie, à marcher dans la rue. » / MK

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Créé pour le prestigieux ballet de l'Opéra de Göteborg en Suède (qui a collaboré avec pas mal de chorégraphes de renom – Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, Crystal Pite...) et répété entre janvier et mars 2020 avant d'être stoppé le lendemain de la première du fait de la crise sanitaire, le spectacle Hurricane du directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble Yoann Bourgeois débarque enfin chez nous. « Sur un plateau en mouvement, une mécanique de précision, les seize solistes de la compagnie vont apprendre à évoluer, s’aimer, se déchirer, se retrouver » nous assure la note d'intention. Nous avons pu découvrir le résultat en vidéo (nous n'avions pas le budget pour nous rendre fin août en Suède pour la deuxième première, désolé !) : c'est visuellement très fort, notamment grâce à cette scène qui tourne, qui tourne, jusqu'au vertige, au tourbillon – d'où le titre, "hurricane" se traduisant en français par "ouragan". Ou comment une micro-société se retrouve bringuebalée par des éléments extérieurs tout en résistant par la force du collectif. En tout juste 45 minutes, Yoann Bourgeois a mis en place une

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Yoann Bourgeois : « Je réfute de potentiels soupçons de contrefaçon »

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« Je suis désolé mais cette affaire me touche trop durement, et je vais avoir besoin d'y répondre en articulant bien chaque chose, avec suffisamment d'espace, et cela quand ma parole sera audible. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. » Voilà ce que nous avait répondu Yoann Bourgeois fin février dans le cadre de notre article Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique. Il avait néanmoins publié quelques jours auparavant une tribune sur Artcena (le site du Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre) afin d’esquisser une défense, sans néanmoins faire explicitement référence à la vidéo qui le met en cause. Deux mois plus tard, après plusieurs relances de notre part et alors

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Revenons dans le passé pour commencer. Depuis une dizaine d’années à Grenoble (c’est là qu’il a implanté sa compagnie en 2010), on suit avec délectation et fascination l’éclosion artistique de Yoann Bourgeois, homme de cirque (il est passé par le prestigieux Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne) et de danse (il a notamment collaboré plusieurs années avec la chorégraphe Maguy Marin) devenu, au fil des ans et des créations, l’une des figures phares du nouveau cirque français. On se souvient ainsi, une fin de journée de l’été 2010, être monté à la Bastille, fort militaire surplombant Grenoble, pour découvrir son impressionnant Cavale dans lequel, en compagnie de l’acrobate Lucien Reynès, il défiait magnifiquement la gravité avec un escalier, un trampoline et le panorama urbain en toile de fond (des extraits sont disponibles en ligne). « Dans le cirque, je suis intéressé par le fait de rendre perceptibles

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"Summer time… Un été en mouvement" et covid-compatible grâce au CCN2

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Comment vous est venue cette idée d’événement estival ? Rachid Ouramdane : Pendant le confinement, au CCN2, on subissait comme tout le monde la situation ; l’isolement, l’attente indéterminée… Finalement, à un moment, on s’est dit qu’il fallait arrêter d’attendre que la situation redevienne normale mais plutôt composer avec cette donne sanitaire. On a alors pris les devants en essayant de penser des projets covid-compatibles, et ainsi répondre à un certain appétit du public que l’on sentait bien. Comment ces deux mois vont-ils se dérouler ? Autour de deux grands axes. D’abord des propositions en plein air qui nous plongent en pleine nature. Ensuite d’autres qui jouent avec la contrainte sanitaire – se tenir à distance les uns des autres – en créant des espaces intérieurs plutôt intimistes avec des spectateurs uniques ou en très petit nombre mais dans des lieux immenses à contempler. Pour ainsi vivre des expériences fortes malgré cet isolement subi. Ces propositions en intérieur auront principalement lieu à l’Ancien Musée de peinture… On a essayé d’être sur plusie

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"J’ai pas toujours dansé comme ça" : autoportrait d’un jeune danseur en feu

Danse | Arrivé à Grenoble en provenance du Cameroun alors qu'il n'avait que sept ans, Bouba Landrille Tchouda danse depuis qu'il est enfant. D'où l'idée et l'envie de présenter un solo sur son parcours.

Aurélien Martinez | Mardi 28 janvier 2020

« On n’avait pas besoin de cours de danse, on se jetait juste par terre sur le bitume et c’était tout de suite génial. On dansait pour être ensemble. » Son arrivée gamin à Grenoble depuis le Cameroun et le froid inattendu qui l’a saisi ; sa découverte de la danse et notamment de la capoeira qui a enrichi son hip-hop ; son premier spectacle vu au Cargo (aujourd’hui MC2) qui le fit carrément pleurer ; les rencontres qui, ensuite, changèrent sa vie (notamment Jean-Claude Gallotta)… Avec J’ai pas toujours dansé comme ça, le chorégraphe et danseur Bouba Landrille Tchouda propose un court solo dans lequel il raconte autant qu’il danse ses débuts – il va jusqu’en 2001, année de la fondation de la compagnie Malka. Un solo qui, paradoxalement, peut parler autant à celles et ceux qui le fréquentent et connaissent la vie culturelle grenobloise qu’aux autres, tant sa narration et ses questionnements embrassent large. Bouba Landrille Tchouda ne réécrit pas son histoire pour se donner le beau rôle, ce qui donne une réelle sincérité

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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Grand Rassemblement 5 : qui se rassemble s’enchante

Événement | On l’a écrit lors des précédentes éditions, on fait de même pour cette cinquième prévue samedi 15 et dimanche 16 juin aux alentours du Théâtre municipal de Grenoble et de la place Saint-André : les Grands Rassemblements pilotés par le Centre chorégraphique national de Grenoble sont l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes. Et l’équipe organisatrice en apporte une nouvelle fois la preuve.

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Grand Rassemblement 5 : qui se rassemble s’enchante

Des spectacles, des performances, du cinéma en plein air, des ateliers… Le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), piloté par le circassien Yoann Bourgeois et le chorégraphe Rachid Ouramdane, a encore fait les choses bien pour son cinquième Grand Rassemblement. Et s’est une nouvelle fois offert les services d’artistes haut de gamme, comme si tout ceci était programmé dans les murs d’une institution prestigieuse. Sauf qu’avec les GR, on est souvent hors des lieux culturels attendus, comme nous l’expliquait Rachid Ouramdane en 2017 – « Le choix d’espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d’amener des gens à rencontrer l’art. » Et quoi de mieux qu’une place en plein centre-ville pour « amener les gens à l’art » ? Et quoi de mieux que des formes spectaculaires pour capter leur attention ? Pour ce GR5, la place Saint-André de Grenoble servira ainsi de scène, le samedi, à plusieurs proposit

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Yoann Bourgeois : "Ophélie", « une présence qui flirte en permanence avec l’absence »

Spectacle | Yoann Bourgeois est un artiste passionnant, ni vraiment circassien, ni vraiment chorégraphe, mais peut-être tout ça (et plus encore) à la fois. Dans le cadre de sa série de créations baptisée "tentatives d'approches d'un point de suspension", il dévoilera devant la Maison Bergès de Villard-Bonnot puis sur la place Saint-André de Grenoble sa prometteuse nouvelle forme courte (pas plus de 15 minutes) "Ophélie". Interview en amont histoire d’en savoir un peu plus.

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Yoann Bourgeois :

Pourquoi ce spectacle pour une interprète (Marie Vaudin) s’appelle-t-il Ophélie ? Yoann Bourgeois : Parce qu’il s’inspire du personnage que l’on trouve au sein de la pièce Hamlet, et du moment de sa mort. À la façon dont Shakespeare raconte ce passage, on a l’impression qu’Ophélie n’en finit pas de mourir. Pour moi, c’est vraiment l’image de la dissolution par excellence. Ophélie incarne la présence que je cherchais, une présence qui flirte en permanence avec l’absence, qui est là sans être là… Dans la pièce, Ophélie meurt noyée, d’où le dispositif que vous avez créé… Oui. Comme souvent pour mes spectacles, je crée un dispositif. Là, c’est un gros aquarium, sorte de petite chambre qui met en mouvement un corps inerte manipulé par une grue. L’eau est un formidable élément pour ne plus rien peser, voire parfois pour peser moins que rien comme le corps peut aussi remonter à la surface s’il a suffisamment d’air. C’est un dispositif qui s’intègre à cette constellation de dispositifs autonomes que j’ai appelée il y a quelques années "tentatives d'approches d'un point d

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Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

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Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

« Au Centre chorégraphique, on est – pardon, ça va paraître un peu prétentieux mais si on ne le dit pas, des gens le taisent – dans une très très grande vitalité. On est par exemple le centre chorégraphique le plus diffusé de France. Et malgré tout ça, depuis qu’on est arrivés en 2016, on est confrontés au fait que la direction de la MC2 a toujours exprimé que le centre chorégraphique ne devait pas être là. Au début, c’était quelque chose qui n’engageait que le directeur, mais au fil des mois, on n’a fait que rencontrer des difficultés, jusqu’en décembre dernier où une nouvelle fois le directeur de la MC2 a tenu à interpeller l’ensemble des tutelles en leur faisant savoir qu’il fallait que le CCN quitte la MC2. » Voilà ce que nous a déclaré le chorégraphe Rachid Ouramdane, co-directeur avec le circassien Yoann Bourgeois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) depuis 2016. Un outil, comme dix-huit autres en France, issu des politiques de décentralisation, à la configuration néanmoins inédite puisqu’il est implanté dans un bâtiment régi par une autre structure : la

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Lecture | Mercredi 13 février à l'Amphidice, on aura droit à une lecture de la pièce "L’Amour de Phèdre" de la mythique dramaturge anglaise. On vous en dit plus.

Nathalie Gresset | Mardi 5 février 2019

Sarah Kane : l’amour et la violence

Mercredi 13 février, pour la cinquième année consécutive, le collectif grenoblois Troisième bureau et l’Université Grenoble Alpes célèbreront le théâtre contemporain avec une soirée de lecture autour de Sarah Kane, dramaturge britannique morte il y a vingt ans à l’âge de 28 ans. Pour l’occasion, Florent Barret-Boisbertrand, metteur en scène et comédien grenoblois, mettra en voix L’Amour de Phèdre, œuvre inspirée du mythe de l’amour de Phèdre pour Hippolyte magnifié notamment par Racine au XVIIe siècle. « Je m’intéresse aux réécritures contemporaines des mythes et c’est ce que Sarah Kane nous propose ici, avec un parti pris assez singulier, assez noir qui me plaît beaucoup. » Pour lui, l’œuvre de Sarah Kane est « fulgurante » : la dramaturge anglaise a ainsi écrit cinq pièces, qui « sont toujours autant montées aujourd’hui et pourtant difficiles à mettre en scène car Sarah Kane dépeint des rapports d’une extrême tension, brutalité, surtout dans L’Amour de Phèdre. Il règne un certain mystère autour de son écriture et la dimension de violence qui émane de son théâtre m’interroge bea

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Avec Bouba Landrille Tchouda, les amateurs mènent la danse

Danse | Samedi 2 juin aura lieu à l’Heure bleue la première de "Vies violences – Les gens d’à côté", création montée par la compagnie Malka avec des danseurs amateurs. Le chorégraphe Bouba Landrille Tchouda nous en dit plus.

Alice Colmart | Mardi 29 mai 2018

Avec Bouba Landrille Tchouda, les amateurs mènent la danse

Au Petit Bulletin, on connaît bien le travail entre hip-hop et danse contemporaine du chorégraphe Bouba Landrille Tchouda. Mais avec Les gens d’à côté, deuxième épisode de son triptyque Vies violences, ce dernier a changé de créneau. « C’est un projet qui me tenait à cœur depuis la création de la compagnie Malka. Je voulais construire un spectacle réunissant seulement des amateurs dont aucun ne serait auditionné à l’avance » nous explique-t-il. Ainsi, depuis plusieurs mois, des jeunes participants venus de Grenoble, Échirolles et Saint-Martin-d’Hères répètent ensemble sur le thème sensible qu’est la violence. « On a réfléchi en groupe sur ce qui pouvait nous interpeler, nous comme nos voisins, comme étant violent. Et on a monté une chorégraphie qui ne raconte pas la violence mais esquisse des sensations de violence...» Des danseurs, des vrais Si le travail mené tout au long des répétitions avec ces amateurs « n’a pas été le même qu’avec des professionnels », Bouba Landrille Tchouda n’a pourtant pas lésiné sur le niveau d’exigence. « Tu nous

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Tout le monde danse : le Centre chorégraphique national de Grenoble va passer par Annecy en mai

Plus loin | Début mai, les Grands rassemblements inventés par le CCN2 de Grenoble s'arrêteront à Annecy après deux éditions grenobloises (et avant une prochaine prévue en juin à la Bifurk). Rapide présentation du programme.

Nadja Pobel | Mardi 10 avril 2018

Tout le monde danse : le Centre chorégraphique national de Grenoble va passer par Annecy en mai

Initiée par Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois dès leur arrivée à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble en janvier 2016, leur proposition de Grand rassemblement (qui nous enthousiasme fortement au PB) se déclinera pour la première fois hors de Grenoble – mais pas si loin. Du jeudi 3 au samedi 5 mai, Bonlieu, la scène nationale d'Annecy, accueillera ainsi divers spectacles, ateliers et installations comme ça avait été le cas lors des précédents GR. Avec un tarif très incitatif (10€ la journée ou 20€ pour les 3 jours), ce nouveau Grand rassemblent intitulé Tout le monde danse (le public ne sera pas seulement spectateur) réunira des spectacles des deux directeurs grenoblois (Ouramdane livrera notamment un aperçu de 30 minutes de Franchir la nuit, sa future création dont les premières auront lieu en septembre à Bonlie

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50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Événement | Rendez-vous mardi 6 février au parc Paul-Mistral pour du grand spectacle.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Coup d’envoi cette fois-ci officiel (certains événements ont débuté depuis plusieurs mois) des festivités du cinquantenaire des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble 1968 ce mardi 6 février, dans une forme olympique ! Car les joggeurs, des plus amateurs aux plus confirmés, sont invités à se rendre au Village Olympique à partir de 17h30 pour une course lumineuse prévue sur 5 km. Le parcours passera par les lieux symboliques des JO, comme la MC2, le centre de presse Malherbe ou encore le Palais des sports, et s'achèvera au parc Paul-Mistral – l’arrivée se fera en fanfare avec la 27e Brigade d'Infanterie. Puis, à partir de 19h30, on aura droit à du spectaculaire avec notamment Souvenirs de 13 jours en France, spectacle mené par le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta et environ 100 danseurs, puis le fameux Fugue/trampoline du circassien Yoann Bourgeois – « le spectacle d’un homme qui monte le haut d’un escalier, qui chute et rebondit. Pour moi, une synthèse de l’existence » détaillait-il lors de la conférence de presse officielle. La soirée se terminera par un spectacle pyrotechnique tiré depuis les gradins de l’Anneau de vitesse.

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Et le Petit 38 devint le Midi / Minuit

ACTUS | En mars 2017, la metteuse en scène Chantal Morel a quitté le Petit 38 qu’elle avait fondé vingt ans plus tôt quartier Saint-Laurent. Et en a confié les clés au jeune collectif grenoblois Midi / Minuit, qui a du coup rebaptisé le lieu histoire que tout soit bien clair. On a rencontré l’un de ses membres pour en savoir plus.

Alice Colmart | Lundi 15 janvier 2018

Et le Petit 38 devint le Midi / Minuit

Depuis presque un an, le bail du Petit 38, minuscule théâtre situé rue Saint-Laurent, a été repris par Midi / Minuit, collectif de quatre bénévoles porté par les comédiens et metteurs en scène Florent Barret-Boisbertrand et Élisa Bernard (à droite sur la photo), tous deux issus du Conservatoire de Grenoble. Précédemment occupé par la metteuse en scène Chantal Morel et sa troupe, cet ancien café-restaurant de 89 m² va donc évoluer. « Le Petit 38, c’est avant tout un lieu de vie, de rencontre, de réflexion. Chantal Morel a fait perdurer cette idée depuis 1997. Ce n’est pas parce que le lieu devient le Midi / Minuit que l’on marque une rupture avec ce qu’elle voulait » nous assure Florent Barret-Boisbertrand. Car l’âme du lieu vient avant tout de son architecture : le hall d’entrée, le bar ou encore l’arrière-petite salle peuvent faire office d'endroits pour répéter ou se produire. « Ici, les artistes sont en contact direct avec leur public. C’est une dimension importante pour nous. On souhaite d’ailleurs renforcer

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"Minuit" : l’insoutenable légèreté des êtres selon Yoann Bourgeois

Cirque (mais pas que) | Le circassien grenoblois reprend à la MC2 l'un de ses spectacles qui résume le mieux son univers, jusque dans son titre : "Minuit, tentatives d’approches d’un point de suspension".

Aurélien Martinez | Mardi 12 décembre 2017

On l’a souvent écrit, mais répétons-le une fois de plus : Yoann Bourgeois est un artiste fascinant, rapidement rangé dans la case des circassiens mais au langage artistique beaucoup plus vaste (il est d’ailleurs le codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble avec Rachid Ouramdane). Un homme aussi bien capable d’élaborer des petites formes aériennes emplies de poésie visuelle (comme son fameux Fugue / Trampoline) que des machineries plus lourdes dans la logistique mais tout autant maîtrisées et poétiques – à l’image de son Celui qui tombe et de ses danseurs-acrobates évoluant sur un immense radeau flottant. Minuit, tentatives d’approches d’un point de suspension, création pour quatre interprètes (dont lui-même) qu’il tourne depuis un moment, en est une nouvelle preuve. Une petite merveille de poésie donc et, plus surprenant, d’humour (on ne savait pas Yoann Bourgeois si drôle) qui synthétise magnifiquement l’univers de cet artiste constamment à la recherche de ce fameux point de suspension. En découle un spectacle patchwork tout en humilité qui fait un bien fou dans un univers circassien ayant pa

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Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base d'acrobaties mais aussi de western, de clown ou encore d'humour.

La rédaction | Jeudi 14 septembre 2017

Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Le syndrome de Cassandre Champion du monde de magie avec Baltass, un numéro de balles vu près d'un million de fois sur Youtube, Yann Frisch a poussé plus loin son talent et a même déconstruit son savoir-faire dans cette pièce qui tourne partout et émeut. Il est un clown qui tombe le masque ; plutôt que de faire rire de ses maladresses, il voudrait faire croire ce qu'il raconte. Alors il se fait sombre, sort sa mère en tissu d'un cercueil, escamote des tours et touche au cœur. À l’Hexagone du 17 au 19 octobre Halka Le Groupe Acrobatique de Tanger est une compagnie de cirque impressionnante, qui maîtrise l’art du spectaculaire (ils seront quatorze acrobates sur scène) et de la pyramide humaine. Si nous n’avons pas encore vu leur nouvelle création, on en attend beaucoup. À la Rampe (Échirolles) les 12 et 13 décembre Minuit

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"Fugue / Trampoline" : Yoann Bourgeois toujours en apesanteur

Cirque | Le circassien grenoblois reprend cette semaine, au parc Bachelard et sur le campus, sa petite forme courte qui connaît un succès incroyable. Un véritable bijou.

Aurélien Martinez | Lundi 11 septembre 2017

Le Grenoblois Yoann Bourgeois n’est pas qu’un artiste-circassien : c’est un poète visuel qui construit des spectacles d’une grande finesse. Comme son merveilleux Fugue / Trampoline, « petite danse spectaculaire » pour un interprète sur une musique de Philip Glass. Il faut le voir grimper progressivement en haut d’un escalier, se laisser tomber sur le sol trampoline et revenir à la même place, comme si l’on rembobinait un film muet. Une forme légère de 8 minutes qu’il tourne (lui ou un membre de sa compagnie) depuis des années (il peut l’installer presque n’importe où) et qui rencontre un succès fou. Bonne nouvelle : il la reprendra à Grenoble de nombreuses fois pendant quatre jours, que ce soit sur le parvis du Plateau (quartier Mistral), dans le cadre de la programmation du Prunier sauvage, ou sur le campus pour l’ouverture de l’Est, la nouvelle salle de l’Université Grenoble Alpes. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

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Grand Rassemblement 2 : entrons dans la danse !

Événement | Samedi 27 et dimanche 28 mai, le centre d’art le Magasin des horizons va accueillir la deuxième édition du Grand Rassemblement proposé par le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2). Au programme : des spectacles, des performances, des installations vidéo, des ateliers… Rencontre avec ses concepteurs (Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane pour le CCN2, Béatrice Josse pour le Magasin et Marie Roche pour le Pacifique – centre de développement chorégraphique) histoire d’en savoir un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 23 mai 2017

Grand Rassemblement 2 : entrons dans la danse !

C’était l’un de ces moments qui nous rendent fiers de pouvoir dire : "j’y étais". De pouvoir affirmer crânement que l’on se trouvait là, assis dans ce grand auditorium de la MC2 pas tout à fait rempli (vu l’heure tardive), un soir de fin décembre 2016, pour assister au concert de Yael Naim scénographié avec plusieurs circassiens et danseurs (chacun faisant un numéro sur une chanson). « C’est quelque chose qui s’est improvisé presque au moment de ce Grand Rassemblement, qu’on a répété les deux nuits qui précédaient, et qui a participé à la dynamique un peu spontanée et moins formatée que ce qu’il se produit d’habitude à la MC2 » explique le circassien Yoann Bourgeois, aux manettes de ce premier Grand Rassemblement imaginé avec le chorégraphe Rachid Ouramdane – tous deux étant, on le rappelle, les nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble hébergé dans la MC2.

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Cyril Griot : « Montrer au public la diversité des clowns »

Festival | Depuis 2015, la compagnie iséroise Le Bateau de papier organise son Festival du numéro de clown. « Un public (jusqu’à 300 personnes par soirée), une véritable piste de cirque sous un chapiteau, un temps de jeu ne dépassant pas les 14 minutes, et surtout, surtout, le désir de faire rire et de rire ensemble » assurent les organisateurs. Pour en savoir plus, nous avons rencontré le directeur artistique de l’événement.

Aurélien Martinez | Vendredi 21 avril 2017

Cyril Griot : « Montrer au public la diversité des clowns »

C’est quoi ce Festival du numéro de clown ? Cyril Griot : C’est d’abord une rencontre avec le monde des clowns pour montrer au public la diversité de notre univers. Car il y a autant de propositions artistiques différentes que de clowns ! Et c’est aussi un festival qui privilégie la forme clownesque courte, c’est-à-dire le numéro, avec un maximum de 14 minutes. Ce qui permet de voir plein de choses en une soirée, sachant que cette forme courte demande une certaine efficacité : faut que ça démarre très vite, qu’on crée un événement en quelques minutes… D’où viennent les clowns que nous verrons sur scène ? On lance une invitation très large à tous les clowns. Du coup beaucoup nous contactent, de partout. L’information circule bien : par exemple, on a pas mal de demandes qui viennent d’Espagne. On aura ainsi cette année Ricardo Cornelius, clown assez connu dans son pays. Et de l’Espagne, l’info est carrément partie en Amérique latine ! On a aussi des clowns de toute la France, dont certains qui viennent du Samova

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Le hip-hop dans la chair avec le festival Hip-Hop don’t stop

Danse | Du jeudi 16 au dimanche 19 février, le hip-hop va briller à Saint-Martin-d’Hères avec la première édition du festival Hip-Hop don’t stop. On vous en dit plus.

Charline Corubolo | Mardi 14 février 2017

Le hip-hop dans la chair avec le festival Hip-Hop don’t stop

Pour les aficionados, Saint-Martin-d’Hères est le terreau fertile du hip-hop depuis la fin des années 1980. Mais pour le quidam, cette commune n’est pas forcément connue comme le terrain de jeu des breakers. Pour réveiller cet esprit, Vincent Villenave de l’Heure bleue, ainsi que la compagnie martinéroise Citadanse, organisent du 16 au 19 février le festival Hip-hop don’t stop. Le chorégraphe et danseur Bouba Landrille Tchouda est le parrain de cette première édition qui s’annonce riche et table sur la transmission. Du jeudi au samedi, sur la scène de l’Heure bleue, se succéderont plusieurs créations locales et nationales, avec cette volonté de dévoiler un hip-hop contemporain allant au-delà de la danse pour questionner le regard. On retrouve ainsi le jeudi Citadanse avec Quand le regard parle, la compagnie A-tika pour un hip-hop féminin et les Lézards Dorés qui s’aventurent sur le registre de Bach. Le vendredi, c’est la compagnie Dyptik qui nous entraîne Dans l’engrenage. Et comme il n’y a pas de hip-hop sans battle, huit crews s’affronteront

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PB d'or 2016 : bonus

C'était 2016... | Avec des nouvelles têtes !

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : bonus

Le PB d’or du slogan qui a enfin du sens (du moins à Grenoble) : "le changement c’est maintenant" En 2016, le milieu culturel grenoblois a pas mal bougé avec l’arrivée de nouvelles têtes à la direction d’établissements culturels. Nous pensons notamment à Béatrice Josse au centre d’art le Magasin (à la suite du départ mouvementé de l’ancien directeur Yves Aupetitallot), au duo Yoann Bourgeois – Rachid Ouramdane au Centre chorégraphique national de Grenoble (après plus de 30 ans de Jean-Claude Gallotta), à Marie Roche au centre de développement chorégraphique le Pacifique (la fondatrice des lieux Christiane Blaise ayant décidé de passer la main), au musicien Anton

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MC2 : Grand Rassemblement, première

événement | Mardi 20 et mercredi 21 décembre à la MC2, la danse (au sens large) sera à la fête grâce au Centre chorégraphique national de Grenoble dirigé depuis un an par Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois. Voilà qui donne très envie.

Aurélien Martinez | Mardi 13 décembre 2016

MC2 : Grand Rassemblement, première

Si Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois sont à la tête de Centre chorégraphique national de Grenoble depuis janvier 2016, c’est ce mois-ci qu’on pourra littéralement vivre leur projet. Comment ? Grâce à la première édition de ces « temps partagés avec le public » que sont Les Grands Rassemblements – un deuxième est prévu fin mai. Sur deux jours, la MC2 (qui, on le rappelle, héberge le CCN) sera ainsi le théâtre d’une émulation faite de « spectacles, ateliers géants, performances, chorégraphies de foule, concerts et dancefloor ». Mais encore ? Concrètement, chacun des deux jours sera lancé à 16h30 avec La Vague, chorégraphie de foule pensée en amont avec les différents participants qui le souhaitent (photo). S’enchaîneront ensuite différents propositions, gratuites (dans le hall et, sur réservation, le

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Étudiants, au spectacle !

Numéro étudiant | « En trouvant super naze de mettre les gens dans des cases » chantait Vincent Delerm dans son morceau "Catégorie Bukowski". Ouais, on a des références au PB. Et on n’obéit pas forcément au chanteur en livrant une sélection on ne peut plus subjective de spectacles à voir selon le cursus suivi par vous autres étudiants. Sachant que tout le monde est libre de sortir des cases !

Aurélien Martinez | Jeudi 6 octobre 2016

Étudiants, au spectacle !

Pour les étudiants en sciences Max Bird On en a déjà parlé précédemment, on en remet une couche : l’humoriste Max Bird, qui « pense être, dans l’âme, plus un scientifique qu’un humoriste », est excellent dans son Encyclo-spectacle. Excellent et également passionnant quand il parle des dinosaures ou encore des effets de l’alcool sur le corps humain. De l’humour intelligent donc, avec en plus la possibilité pour les chercheurs en herbe de causer avec l’artiste après la représentation – enfin, on s’engage peut-être un peu trop, mais c’est souvent ce qui se fait à la Basse cour. À la Basse cour du jeudi 6 au samedi 8 octobre _______ Pour les étudiants en économie Celui qui tombe Adam Smith et consorts, c’est sympa mais bon, l’histoire de la manufacture d’

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Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Saison 2016 / 2017 | De nouvelles têtes, des changements, un drôle de projet...

Aurélien Martinez | Mardi 13 septembre 2016

Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Des changements côté salles... De la danse en rassemblement à la MC2 Depuis le début d’année, le Centre chorégraphique national de Grenoble est dirigé par Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane (photo), qui ont ainsi pris la suite de l’emblématique Jean-Claude Gallotta. Un CCNG deuxième génération qui proposera cette saison deux événements atypiques à la MC2, un fin décembre et un autre fin mai : Le Grand Rassemblement. Des temps forts autour de la danse (mais pas que) qui sont en train d’être dessinés, et qui donnent très envie au vu des infos que l’on a pu glaner ici et là – pas mal d’invités, des spectacles phares… Deux nouvelles têtes Deux équipements culturels de l’agglo ont récemment changé de direction. À la Faïencerie de La Tronche, Céline Sabatier, venue du Coléo de Pontcharra, a remplacé Élisabeth Mathieu partie à la retraite. Au Pa

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Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

ACTUS | Alors qu’ils vont chacun présenter une pièce début mars dans l’agglo, on est partis à la rencontre de Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane, les tout nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble qui succèdent ainsi à Jean-Claude Gallotta. Quel est leur projet commun vu que l’un vient des arts du cirque et l’autre de la danse contemporaine ? Réponses.

Aurélien Martinez | Mardi 23 février 2016

Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

Depuis le 1er janvier 2016, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG), précédemment dirigé pendant plus de trente ans par le ponte de la danse contemporaine Jean-Claude Gallotta, a deux directeurs à sa tête : Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois. Une configuration bicéphale inédite, d’autant plus que l’un des deux (Yoann Bourgeois) vient des arts du cirque : une petite révolution dans le paysage un brin figé des centres chorégraphique nationaux. « Notre duo est né étape par étape. Ça faisait quelques années qu’on se croisait, on était spectateur attentif du travail de l’autre. Et on s’est davantage rencontrés en tant que personne lors des réflexions autour d’un possible nouvel outil pour la danse à la MC2 » explique Yoann Bourgeois. Ce « nouvel outil », baptisé un temps hub, était très ambitieux, mais le Ministère de la culture a finalement fait machine arriè

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Le Petit 38 voit plus grand avec le collectif Midi/Minuit

ACTUS | Ça s’active du côté du Petit 38 : le lieu tenu par la metteuse en scène Chantal Morel va ainsi être ouvert continuellement pendant les six prochains mois, avec des spectacles presque tous les soirs. La faute à Midi / Minuit, jeune collectif qui en veut. On fait les présentations. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 11 janvier 2016

Le Petit 38 voit plus grand avec le collectif Midi/Minuit

Le Petit 38, c’est un lieu à part à Grenoble, situé rue Saint-Laurent. Un local qui aurait dû être un restaurant, mais que la metteuse en scène Chantal Morel et son équipe ont finalement transformé en 1997 en place culturelle. Un petit espace avec une antichambre d’accueil à l’entrée et une salle d’une trentaine de places au fond. Depuis presque vingt ans, le Petit 38 accueille divers spectacles programmés par Chantal Morel, dont parfois les siens. Aujourd’hui, elle souhaite « le partager ». Le collectif Midi / Minuit a du coup vu le jour, porté par deux jeunes comédiens et metteurs en scène issus du Conservatoire de Grenoble : Élisa Bernard et Florent Barret-Boisbertrand. Pour lancer une nouvelle dynamique, comme nous l’a expliqué Florent Barret-Boisbertrand. « C’est venu de discussions avec Chantal. À la base, j’avais voulu la rencontrer pour voir s’il y avait la possibilité de faire un spectacle au Petit 38, un lieu que j’aime énormément. Elle m’a alors expliqué que, pour diverses raisons, c’était plutôt compliqué en ce moment au Petit 38, qu

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Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

ACTUS | On a le nom du successeur (ou plutôt des successeurs) de Jean-Claude Gallotta. Ils entreront en fonction le 1er janvier 2016.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 octobre 2015

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

Après trente ans passés à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, outil installé au sein de la MC2, Jean-Claude Gallotta a été sommé de passer la main. Un appel à candidature a donc été lancé pour trouver son successeur, et d'une première sélection sont sortis en juillet dernier deux dossiers : d'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Vu la renommée et le parcours différents des artistes, le duo semblait en bonne voie pour remporter la mise. Ce que le dernier tour, qui a eu lieu mardi 29 septembre, a conf

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CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

ACTUS | D'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Résultat fin septembre.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2015

CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

Après plus de trente ans à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, logé au cœur de la MC2, le chorégraphe Jean-Claude Gallotta va devoir passer la main comme lui a demandé le ministère de la culture. On vient d'apprendre que le processus de sélection avançait puisque deux projets ont été retenus dans la "short list" pour prendre la suite, avec des noms loin d'être inconnus à Grenoble. Le premier dossier, présenté comme une codirection, est porté par Yoann Bourgeois (photo), artiste au langage circassien puissant associé à la MC2 depuis 2012, et le chorégraphe Rachid Ouramdane, souvent vu à la MC2. Le deuxième dossier est défendu par la chorégraphe Julie Desprairies (photo), qui travaille autour de la ville comme on a pu s'en rendre compte

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"Celui qui tombe" : le jeu d'équilibriste de Yoann Bourgeois

SCENES | Avec "Celui qui tombe", Yoann Bourgeois a créé un impressionnant et vertigineux spectacle sur le déséquilibre dans lequel l’être humain se retrouve tout petit face aux éléments. Rencontre avec un artiste de cirque qui défend un certain retour à l’essentiel.

Aurélien Martinez | Mardi 13 janvier 2015

Un immense plateau, lourd et bruyant (il est truffé de micro), descend du plafond, tenu par quatre grosses chaînes. Il s’arrête. Penche dangereusement. Se redresse. Tournoie… Dessus, trois femmes et trois hommes tentent tant bien que mal de garder l’équilibre. Celui qui tombe, la nouvelle proposition du circassien Yoann Bourgeois, fait dans le spectaculaire pour paradoxalement retrouver une certaine sobriété comme il nous l’explique. « La consigne de base donnée aux interprètes était : essayer de tenir. Je voulais voir ce qu’il se passe quand le sol est penché, quand il se balance, quand il est en équilibre, quand il tourne… J’ai juste réintégré les grands principes mécaniques du cirque. Ce n’est pas très original ; c’est même tout l’inverse. » Un besoin de simplicité qui aurait pu être parasité par ce monstre scénographique arrivé plus tard dans le processus de création (ils ont d’abord travaillé sur de multiples petits plateaux). « Non, je n'ai pas eu peur de ça. J'ai plutôt eu peur de retom

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Les six fantastiques

SCENES | Dans Du goudron et des plumes (vu à l’Hexagone en 2010), le circassien Mathurin Bolze plaçait ses acrobates sur un immense radeau flottant qui se balançait (...)

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Les six fantastiques

Dans Du goudron et des plumes (vu à l’Hexagone en 2010), le circassien Mathurin Bolze plaçait ses acrobates sur un immense radeau flottant qui se balançait dans les airs. Impressionnant. Dans Celui qui tombe, le Grenoblois Yoann Bourgeois, sorte de cousin artistique de Bolze (ils ont travaillé ensemble), utilise un procédé similaire, même si son radeau est plus mastoc, se déplaçant lourdement dans un bruit assourdissant. Les six interprètes ne l’habitent pas, ils tentent désespérément de s’y accrocher malgré la volonté évidente de la bête de les chasser. Un angoissant jeu sur le déséquilibre qui se termine par une scène flirtant avec le danger – on pense notamment au Flamand Wim Vandekeybus et ses spectacles à base de parpaings que s’envoient les danseurs. Et un spectacle qui installe une fois de plus Yoann Bourgeois comme un artiste à part, au croisement de plusieurs arts – danse, cirque, voire même théâtre. Celui qui tombe, du mardi 13 au samedi 17 janvier, à la MC2

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Un autre à toutes les sauces

SCENES | On l’a déjà écrit, mais qu’importe : oui, les notes d’intention de certains spectacles de danse ressemblent à des dissertations de philo élaborées à coups de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 11 mars 2014

Un autre à toutes les sauces

On l’a déjà écrit, mais qu’importe : oui, les notes d’intention de certains spectacles de danse ressemblent à des dissertations de philo élaborées à coups de poncifs censés légitimer une démarche. La Preuve par l’autre, dernière création du passionnant Bouba Landrille Tchouda (ex artiste en résidence à la Rampe), en est une belle illustration. Le chorégraphe a de nouveau choisi le thème de l’altérité pour une pièce construite autour de trois points de vue : le sien donc, mais aussi ceux des chorégraphes Farid Berki et Anne Nguyen. À lui ensuite de lier l’ensemble, avec cette idée de l’autre comme fil conducteur. Pourquoi pas… Sauf que certains passages sont on ne peut plus didactiques, illustrant platement le sujet, ou travaillés simplement pour faire un tout (et ne pas donner l’impression d’assister à trois pièces différentes), quand d’autres semblent dégagés de toute contrainte. C’est justement dans ceux-c

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Ménage à trois

SCENES | Pendant cette carte blanche à Alexandre Tharaud, le Grenoblois Yoann Bourgeois reprendra son très bel Art de la fugue, dans lequel le circassien croise (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 23 mai 2013

Ménage à trois

Pendant cette carte blanche à Alexandre Tharaud, le Grenoblois Yoann Bourgeois reprendra son très bel Art de la fugue, dans lequel le circassien croise son art aux notes de Bach. Mais l’événement est aussi ailleurs. Car Bourgeois et Tharaud ont élaboré Nuage, une performance dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose, si ce n’est qu’elle sera donnée sur le parvis de la MC2 juste après la soirée chanson française du samedi, et qu’un autre circassien sera de la partie : Mathurin Bolze. Soit l’un des artistes de nouveau cirque les plus talentueux de sa génération (il frise les 40 ans), comme l’on a souvent pu s’en rendre compte à l’Hexagone de Meylan qui a programmé plusieurs de ses créations (Fenêtres, Tangentes, Du Goudron et des plumes). Avec Bolze, le côté s

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"Têtes d’affiche" : Bouba Landrille Tchouda en haut du podium

Danse | Après le défi conséquent que constituait Un Casse-noisette, précédente pièce de la compagnie Malka présentée en décembre à la MC2, il pourrait être aisé de voir en Têtes (...)

Damien Grimbert | Vendredi 29 mars 2013

Après le défi conséquent que constituait Un Casse-noisette, précédente pièce de la compagnie Malka présentée en décembre à la MC2, il pourrait être aisé de voir en Têtes d’affiche une simple respiration. À tort. Porté plus ou moins par les mêmes interrogations que dans ses précédents travaux (notre rapport à l’autre et les motivations profondes qui influent sur l’évolution de celui-ci), Bouba Landrille Tchouda en offre pourtant à travers cette nouvelle pièce une déclinaison inédite, qui passe par un retour à une forme plus épurée, mais également une approche plus émotionnelle et directe. En s’appuyant sur un groupe témoin, une communauté de fait ne reposant sur aucun lien préétabli, il observe, partagé entre empathie et ironie rieuse, la quête d’identité individuelle forcenée et ses différentes manifestations, du besoin inné de séduction à la compétitivité exacerbée, en passant par la nécessaire mise à nu et les risques qu’elle induit. Résumé ainsi, cela pourrait paraître pesant, mais il n’en est pourta

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Bouba light

SCENES | La pièce Têtes d’affiche, créée juste avant Un Casse-noisette et encore inédite dans la région, « parle du besoin parfois maladif de tout faire dans la vie pour (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 9 janvier 2013

Bouba light

La pièce Têtes d’affiche, créée juste avant Un Casse-noisette et encore inédite dans la région, « parle du besoin parfois maladif de tout faire dans la vie pour être le premier, même s’il faut écraser l’autre » comme nous l’expliquait Bouba Landrille Tchouda en décembre dernier. Un travail beaucoup moins lourd que son précédent (Un Casse-noisette donc), à découvrir le 15 février à l’Espace Paul Jargot de Crolles, et le 5 avril à l’Amphithéâtre du Pont-de-Claix.

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L’étrange Noël de Mister Bouba

SCENES | Le chorégraphe estampillé hip-hop Bouba Landrille Tchouda débarque avec sa version du ballet "Casse-noisette", qu’il a tout simplement intitulée "Un Casse-noisette". Un spectacle élancé et coloré qui surprend autant qu’il séduit. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 30 novembre 2012

L’étrange Noël de Mister Bouba

À Grenoble, on connaît bien Bouba Landrille Tchouda, toutes ses créations ayant été présentées dans l’agglo (notamment à la Rampe d’Échirolles, où il fut en résidence pendant huit ans). Aujourd’hui, plus de quinze ans après ses débuts à Saint-Martin-d’Hères, le chorégraphe à la tête de la compagnie Malka monte Casse-noisette, l’un des incontournables de l’histoire de la danse : une surprise, tant ses précédentes chorégraphies semblent loin de l’univers du ballet-féerie de Tchaïkovski datant de 1892. « Je suis arrivé à un moment de mon parcours où j’ai éprouvé le besoin de me confronter à ces œuvres qui traversent les temps sans jamais être écorchées. Et il y a eu tellement de versions que je me suis senti assez libre et tranquille d’en proposer une nouvelle. » Un projet qui murissait en lui depuis dix ans, et qu’il se sent capable d’assumer, aujourd’hui. « C’est une pièce très différente dans mon parcours, c’est presque un ovni. Toutes mes précédentes pièces sont issues de mon imagina

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Du côté de Bouba

SCENES | Le secteur de la danse repose sur une économie fragile. Des chiffres mis en avant par la NACRe (Nouvelle agence culturelle régionale) montrent que la durée (...)

Aurélien Martinez | Lundi 19 novembre 2012

Du côté de Bouba

Le secteur de la danse repose sur une économie fragile. Des chiffres mis en avant par la NACRe (Nouvelle agence culturelle régionale) montrent que la durée de vie d’une création en Rhône-Alpes est d’environ deux représentations, quand on monte à sept pour le théâtre. Un constat lapidaire datant déjà de cinq ans, qui masque pourtant une réalité plus disparate : ce n’est pas parce qu’un spectacle tourne que tout roule. Ainsi, qu’en est-il des artistes qui, aujourd’hui, semblent avoir une renommée suffisante pour pouvoir créer librement ? Eh bien ils doivent aussi se battre, comme nous l’explique Carlos Orube-Caldevilla, administrateur de la compagnie Malka de Bouba Landrille Tchouda. Ce dernier est un artiste isérois qui fut notamment en résidence à la Rampe d’Échirolles, qui participa à la première édition de [re]connaissance en 2009, et qui vient de créer Un Casse-Noisette, sa version du ballet convoquant cette fois-ci l’esthétique hip-hop. Sur le plateau, douze danseurs : un choix que tous les chorégraphes ne peuvent pas se permettre. « Monter une pièce avec douze interprètes, c’est un projet important pour une compagnie indépendante assure C

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"Wu-Weï" : chute de tension de Yoann Bourgeois

SCENES | Yoann Bourgeois est un artiste vertical : depuis qu’il a fondé sa compagnie en 2010, les créations qu’il dévoile sont élancées et légères. Avec seulement un (...)

Aurélien Martinez | Lundi 8 octobre 2012

Yoann Bourgeois est un artiste vertical : depuis qu’il a fondé sa compagnie en 2010, les créations qu’il dévoile sont élancées et légères. Avec seulement un trampoline et un escalier, il réinvente une poétique de l’image, et c’est grandiose. Changement de cap : avec sa dernière proposition, le circassien surprend, en cassant ses propres codes, et en refusant le spectaculaire. Il décide ainsi de se mettre en retrait du plateau, et concevoir une pièce pour d’autres. À savoir les acrobates chinois de Dalian, avec l’idée de croiser leur univers à l’œuvre phare de Vivaldi qu’est Les Quatre saisons. Un parti pris original et audacieux sur le papier, qui néanmoins ne fonctionnait pas encore sur le plateau à quatre jours de la première (nous avons assisté à un filage). La rencontre entre les artistes chinois et l’univers de Yoann Bourgeois n’a pas lieu, les premiers restant en retrait, ne livrant pas ce que l’artiste semble chercher en eux – une part d’intime notamment, mais avec pudeur. D’où le recours à une voix off beaucoup trop didactique, en particulier lorsqu’il s’agit d’évoquer l’histoire récente du pays. En résulte un spectacle plastiquement f

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SCENES | Encore Yoann Bourgeois, oui ! Après avoir dévoilé l’automne dernier son très attendu Art de la fugue, le circassien redonnera en mai à Eybens son spectacle (...)

François Cau | Vendredi 6 janvier 2012

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Encore Yoann Bourgeois, oui ! Après avoir dévoilé l’automne dernier son très attendu Art de la fugue, le circassien redonnera en mai à Eybens son spectacle Cavale qu’il avait imaginé en 2010 pour le site sommital de la Bastille (article sur notre site internet). Et il sera cette fois-ci accompagné d’un autre circassien au talent certain : Mathurin Bolze, créateur d’aventures scénographiques grandioses et intelligentes (on a souvent pu le voir à l’Hexagone). Ensemble, ils offriront une nouvelle vie à ce Cavale si imaginatif et subjuguant.

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"L'Art de la fugue" : les petits fugitifs

SCENES | Un an après la naissance de sa compagnie, Yoann Bourgeois voit déjà l’une de ses créations produite par la MC2. Une preuve de plus de l’émulation qui entoure (...)

François Cau | Vendredi 28 octobre 2011

Un an après la naissance de sa compagnie, Yoann Bourgeois voit déjà l’une de ses créations produite par la MC2. Une preuve de plus de l’émulation qui entoure le circassien et danseur depuis son retour en terre grenobloise. Pour son Art de la fugue, il a imaginé une « dramaturgie de la déconstruction », jouant avec un immense cube qui se déploiera au fil de la représentation. Une scénographie inventive (comme chez Boris Gibé), pour un spectacle pensé autour de l’œuvre du même nom de Bach, basée sur la notion de contrepoint : une forme d’écriture musicale ayant pour objet la superposition organisée de lignes mélodiques à partir de laquelle Yoann Bourgeois et la pianiste Célimène Daudet s’amusent à chercher une « analogie entre le motif musical et la figure de cirque ». Nous avons pu voir deux extraits de la pièce en répétition : deux moments d’une très grande force, où Yoann Bourgeois et la danseuse Marie Fonte défient le principe de gravité en utilisant une pente ou, comme dans Cavale (le spectacle présenté à la Bast

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Bach dans les airs

SCENES | Et revoilà Yoann Bourgeois, le circassien que tout Grenoble s’arrache. Début novembre, il posera ses valises à la MC2 pour dévoiler son Art de la fugue. Soit (...)

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

Bach dans les airs

Et revoilà Yoann Bourgeois, le circassien que tout Grenoble s’arrache. Début novembre, il posera ses valises à la MC2 pour dévoiler son Art de la fugue. Soit une création construite autour de l’œuvre du même nom de Jean-Sébastien Bach, avec trois interprètes : lui-même, ancien élève du Centre national des arts du cirque et ancien interprète de Maguy Marin ; Marie Fonte, danseuse entre autres chez Gallotta ; et la pianiste Célimène Daudet. Au vu de l’univers que Yoann Bourgeois arrive à déployer dans ses différents spectacles, on attend beaucoup de cet Art de la fugue, réflexion autour de la notion de contrepoint (une forme d’écriture musicale ayant pour objet la superposition organisée de lignes mélodiques distinctes, développée par exemple dans l’œuvre de Bach).

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Tâtons du Bourgeois

CONNAITRE | Mardi 24 et mercredi 25 mai à 21h, le circassien Yoann Bourgeois (l’une des nouvelles figures grenobloises les plus enthousiasmantes) et sa compagnie (...)

François Cau | Lundi 16 mai 2011

Tâtons du Bourgeois

Mardi 24 et mercredi 25 mai à 21h, le circassien Yoann Bourgeois (l’une des nouvelles figures grenobloises les plus enthousiasmantes) et sa compagnie seront au parc de la Maison de l'enfance d’Eybens (programmation Espace culturel Odyssée) pour deux soirées carte blanche (et non avec le spectacle Cavale comme initialement annoncé, la faute à des soucis matériels – Cavale sera reprogrammé la saison prochaine). Deux soirées donc, sous et autour d'un chapiteau, spécialement conçues pour l'occasion, qui présenteront « le rapport singulier d'un homme à un objet », comme l’explique l’artiste : « nous deviendrons tour à tour l'objet de l'autre. La musique sera jouée en direct dans une relation de proximité avec le public, une sorte de rapport charnel. » Le spectacle s’appelle ainsi Tiento – « tâter » le clavier en espagnol –, soit « l'une des formes primitives de l'écriture musicale pour clavier employant le contrepoint, et comptant parmi les formes originelles de la fugue classique ».

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Grenoble fait son cirque

SCENES | Depuis la saison dernière, à l’intérieur de la plaquette thématisée de la MC2, est apparue une nouvelle catégorie : "les indisciplinés". Comprendre les artistes qui (...)

François Cau | Jeudi 23 décembre 2010

Grenoble fait son cirque

Depuis la saison dernière, à l’intérieur de la plaquette thématisée de la MC2, est apparue une nouvelle catégorie : "les indisciplinés". Comprendre les artistes qui ne rentrent pas dans les cases prédéfinies (théâtre, danse, musique), trop étroites à leur goût. Et ça tombe bien, car c’est grâce à eux que l’on a pu découvrir quelques chouettes propositions, comme la trilogie de Jan Lauwers l’année dernière mêlant habilement théâtre, musique et danse. Mais cette vaste rubrique sert aussi à abriter une faune hybride : celle des circassiens qui, depuis quelque temps, envahit les plateaux de théâtre de façon revigorante, avec la complicité extatique des programmateurs. Rien qu’à Grenoble, plusieurs signes témoignent de ce regain d’intérêt pour ce que l’on a coutume d’appeler le cirque contemporain. L’artiste en résidence à l’Hexagone de Meylan est ainsi le jongleur Adrien Mondot, qui a remplacé la très théâtreuse Muriel Vernet. À l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, la nouvelle directrice a décidé de faire du cirque l’un de ses axes de recherche principaux. Mais l’exemple le plus frappant de cette nouvelle donne est l’excitation impressionnante autour de la personne d

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À l’intérieur

SCENES | Intervenant régulier en Maison d’arrêt depuis plus d’une dizaine d’années, il semblait logique que Bouba Landrille Tchouda, au vu des interrogations qui (...)

François Cau | Lundi 15 novembre 2010

À l’intérieur

Intervenant régulier en Maison d’arrêt depuis plus d’une dizaine d’années, il semblait logique que Bouba Landrille Tchouda, au vu des interrogations qui parcourent son travail de chorégraphe, se penche un jour sur la question de l’enfermement. C’est désormais chose faite avec sa nouvelle création, Murmures, un duo aux côtés du danseur Nicolas Majou présenté la semaine dernière au Théâtre National de Chaillot, et cette semaine à La Ponatière d’Echirolles, dans le cadre de JeudIsèreDanse. Pas question pour autant de plonger tête la première dans les nombreux clichés trop souvent utilisés pour restituer l’âpreté de l’univers carcéral : « Je n’avais pas envie de dire « c’est une pièce sur la prison », de mettre des barreaux aux fenêtres, de rentrer dans un schéma où un danseur joue le méchant et l’autre le gentil… Je voulais au contraire me protéger un peu de ça, prendre du recul, éviter d’être trop dans le jugement, ou dans l’émotion… Ce que j’ai simplement voulu livrer, c’est la douleur d’être enfermé. À certains moments d’ailleurs, on a plus l’impression de voir un hôpital psychiatrique, à d’autres des personnes handicapées, enfermées dans leur corps… » Si l’on n’a pu voir pour l

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« Cet environnement m’a beaucoup fait grandir »

SCENES | Rencontre avec Bouba Landrille Tchouda

Damien Grimbert | Lundi 15 novembre 2010

« Cet environnement m’a beaucoup fait grandir »

Danseur hip-hop autodidacte, Bouba Landrille Tchouda entame son parcours de chorégraphe en 1995, année où il fonde sa première compagnie, ACA avec Habib Adel, et crée sa première chorégraphie, le duo Hold-Up. Peu de temps après il fait la rencontre de Jean-Claude Gallotta, puis de Colette Priou, auprès desquels il approfondit sa curiosité pour la danse contemporaine. Nous sommes en 1996, et le maire de Saint-Martin-d'Hères découvre soudainement, via un article de Libé, que deux jeunes du coin viennent régulièrement mettre le feu aux festivals hip-hop parisiens. « D’un coup, les gens ont commencé à s’intéresser à nous, à trouver qu’on était des jeunes intéressants, pas des voyous, ou en tout cas pas totalement...» À partir de 1998, Bouba rejoint la compagnie Accrorap, alors basée à Besançon, puis 3 ans plus tard, en 2001, fonde la compagnie Malka aux côtés d'Eric Mezino. S'en suit la première création de la compagnie Paroles de Sable, Paroles de Vent. Puis Mezino déménage à Niort, laissant Bouba seul aux commandes. En 2004, nouveau tournant pour le chorégraphe. Alors directrice de la Rampe, Eliane Baracetti lui propose

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En quête

SCENES | Danseur chorégraphe et directeur artistique de la compagnie Malka, Bouba Landrille Tchouda présente à la Ponatière d’Echirolles sa nouvelle création, Murmures et termine dans quelques mois sa résidence à La Rampe. On l’a rencontré pour faire le point. Propos recueillis par Damien Grimbert

François Cau | Lundi 15 novembre 2010

En quête

Petit Bulletin : À quel moment avez-vous décidé de tout investir dans la danse ?Bouba Landrille Tchouda : Au moment où je me suis rendu compte que je pouvais dire des choses avec ma danse, sans parler, sans ouvrir la bouche, simplement en dansant. C’est à ce moment-là que la danse a commencé à devenir quelque chose de sérieux pour moi. Je n’ai jamais vraiment été un bon orateur, au contraire, parler en public me foutait un trac de fou. La danse hip-hop m’a permis de me découvrir, de voir que j’étais quelqu’un, que j’existais moi aussi, que je pouvais parler, dire des choses, et pas que des choses légères, avec cette danse-là. Le premier déclic, ça a été le "freestyle", le cercle dans lequel tu dois passer. Il s’est passé 5 ans entre le moment où j’ai commencé à danser hip-hop, et le moment ou je suis passé pour la première fois dans le freestyle. Tellement j’angoissais, tellement j’avais peur de mal faire, tellement je croyais que mon cœur allait s’arrêter. La première fois que je suis passé là-dedans, je me suis senti… fort, je me suis dit "plus rien ne peut m’atteindre", il y a une barrière immense qui est tombée. J’allais toujours à l’é

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Yoann Bourgeois : « Atteindre un point de suspension »

Arts du cirque | Yoann Bourgeois présente cette semaine à Eybens une forme créée spécialement pour le lieu impressionnant que sont les Caves de la Frise. L’occasion d’en savoir un peu plus sur celui qui a décidé d’installer sa compagnie à Grenoble.

Aurélien Martinez | Lundi 20 septembre 2010

Yoann Bourgeois : « Atteindre un point de suspension »

Début juillet, lors du festival Imaginez Maintenant. On découvrait Yoann Bourgeois, niché sur le belvédère Vauban de la Bastille, avec son spectacle Cavale : une chorégraphie aérienne vertigineuse, qui bluffa l’assistance. Les envolées de Yoann et de son complice Lucien, à coups de trampoline placé face au vide (image sublime), avaient de quoi impressionner. Ce fut l’acte qui officialisa l’arrivée de ce circassien – qui se définit plutôt comme « joueur » – en terres grenobloises : notre homme a ainsi installé sa compagnie éponyme dans notre cité alpine, où il créera ses propres spectacles, en mettant de côté l’interprétariat (il a notamment collaboré pendant quatre ans avec Maguy Marin). Bienvenu ! Plus mécanique que psychologique On l’a rencontré la semaine dernière aux Caves de la Frise d’Eybens, où il a posé ses valises avec sa compagnie pour une création in situ baptisée Cavatines : « On a plongé une semaine

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