À la MC2, un mois de festival pour « retrouver le sens de la fête »

SCENES | Alors que pas mal de théâtres ont rouvert leurs portes avant la pause estivale pour quelques spectacles, la MC2 voit, elle, carrément en grand avec son temps fort "La MC2 en fête". Assurément l'événement de cette fin de saison, dont a parlé avec le directeur des lieux Arnaud Meunier.

Aurélien Martinez | Mardi 8 juin 2021

Photo : Michel Cavalca


Quand avez-vous pensé ce grand temps fort ?

Arnaud Meunier : J'y pensais depuis longtemps, c'était mon obsession des derniers mois. Une maison de la culture fermée au public, c'est dramatique. Il s'agit donc de retrouver le sens de ce que nous sommes profondément : un lieu d'art, de création et de culture pour toutes et tous. Et puis il se trouve que je suis également metteur en scène. Pendant les confinements, j'ai répété un spectacle fantôme qui n'a pas fait une seule représentation, donc je connais très intimement la souffrance qu'ont ressentie les artistes. Leur faire retrouver très rapidement le chemin du public me semblait capital. Beaucoup ont répondu présent, j'en suis ravi.

Vous auriez pu programmer quelques spectacles en juin pour terminer la saison doucement en attendant la prochaine. Mais vous avez choisi une forme beaucoup plus ambitieuse...

Oui. Mine de rien on a construit un festival, avec presque 25 propositions, 60 représentations... Pour reprendre un bon titre de film : on cherche à retrouver le sens de la fête ! On voit bien qu'actuellement, l'ambiance dans les rues, sur les terrasses, est presque proche d'une période d'après-guerre, avec la joie de se retrouver entre amis, de célébrer la reprise de la vie... On veut participer à cet élan.

Pendant un mois, vous allez donc mélanger spectacles payants en salle et à-côtés gratuits...

Voilà. Ce sera ainsi l'occasion de donner les prémices de ce que sera mon projet [il a pris ses fonction à la tête de la MC2 en janvier – NDLR], avec notamment les artistes qui seront présents dans les à-côtés. On va aussi mélanger professionnels et amateurs, en accueillant le concours Émergences de la Ville de Grenoble, la Fête de la musique avec le conservatoire... Ce sera vraiment un mois de fête !

La MC2 en fête
Du mercredi 9 juin au vendredi 9 juillet.


Demandez le programme

« Un mois pour célébrer nos retrouvailles » : voilà comment la MC2 présente son mini-festival, qui regroupe principalement des spectacles qui auraient dû être donnés cette saison. Avec notamment L'Étang de la metteuse en scène Gisèle Vienne avec Adèle Haenel sur le plateau (l'une des créations que l'on attend le plus), le génial collectif bruxellois Peeping Tom qui s'associe avec le prestigieux Ballet de l'Opéra de Lyon pour la pièce 31 rue Vandenbranden​ (photo), le facétieux Turak Théâtre et son univers de bric et de broc à la poésie visuelle folle (7 sœurs de Turakie), les incontournables Musiciens du Louvre du chef Marc Minkowski, la chanteuse Imany en mode reprise de standards (Radiohead, Beatles, Bonnie Tyler...) avec huit violoncelles ou encore le duo Émile Parisien (au saxophone) / Vincent Peirani (à l'accordéon) dont on a souvent vanté les mérites dans ces pages.

Quant aux propositions gratuites, la plupart en extérieur, il y aura du très bon, des chorégraphes Bouba Landrille Tchouda et Denis Plassard au circassien Yoann Bourgeois en passant par le comédien Jean Lambert-wild (en clown) et d'autres. Tout ça avec la possibilité de boire un verre sur la terrasse de la MC2 avant ou après les représentations, parce que la culture en été s'accompagne souvent d'un rafraîchissement, non ?

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« Aujourd’hui, nos théâtres sont de grandes gares où les trains restent à quai »

Crise du coronavirus | Lors de la conférence de presse du jeudi 14 janvier, le gouvernement, à travers la voix de la ministre de la culture Roselyne Bachelot, a expliqué que « la situation était trop instable pour évoquer une date de réouverture » des établissements culturels. Comment ce contexte lié à la crise du coronavirus est-il vécu par celles et ceux qui travaillent dans des théâtres de nouveau fermés au public depuis fin octobre ? Pour le savoir, nous avons interrogé Arnaud Meunier, tout frais directeur de la MC2, Cécile Guignard, directrice des relations avec le public et de la communication de l’Hexagone de Meylan, et Noémi Duez, directrice de l’Ilyade et responsable de la programmation culturelle des villes de Seyssinet-Pariset et Seyssins.

Aurélien Martinez | Vendredi 15 janvier 2021

« Aujourd’hui, nos théâtres sont de grandes gares où les trains restent à quai »

« On a mis beaucoup d’espoir dans ce référé-liberté [en décembre, des professionnels de la culture ont demandé au Conseil d’État la réouverture des salles de spectacle fermées depuis fin octobre pour raisons sanitaires – NDLR], on espérait même que ça passerait. Mais ça n’a pas été le cas. Même si le Conseil d’État a clairement dit que cette fermeture était une atteinte à la liberté de créer et que, donc, nos établissements ne pourraient pas être fermés dans la durée. C’est déjà ça. Il ne reste plus qu’à savoir quelle sera la longueur de la durée ! Pour l’instant, on n’en sait rien. » Voilà ce qu’a répondu d’emblée Cécile Guignard, directrice de la communication et des relations avec le public de l’Hexagone de Meylan, à notre première question : comment ça va dans votre théâtre ? Une situation pleine d’incertitudes qui pèse sur pas mal de professionnels du secteur culturel, à l’image d’

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Arnaud Meunier : « Je vois la MC2 comme une locomotive »

Nouvelle tête | On a appris cet été que le 1er janvier 2021, le metteur en scène Arnaud Meunier succédera à Jean-Paul Angot à la tête de la MC2, l’une des plus importantes scènes nationales de France. On l’a rencontré début septembre alors qu’il se rendait à ses premiers rendez-vous grenoblois (on passait juste avant la Ville de Grenoble) pour en savoir un peu plus sur son projet et ses envies.

Aurélien Martinez | Mardi 22 septembre 2020

Arnaud Meunier : « Je vois la MC2 comme une locomotive »

Pourquoi avez-vous décidé d’être candidat au poste de directeur de la MC2 ? Arnaud Meunier : Il y a plusieurs raisons. D’abord, ça fait maintenant dix ans que je suis dans la région puisque je dirige la Comédie de Saint-Étienne. Une région que je connaissais mal avant d’y arriver mais que j’ai appris à découvrir et dans laquelle je me sens aujourd’hui très bien, d’où l’envie très forte d’y rester. Ensuite, après dix ans d’aventure heureuse à Saint-Étienne, je voulais un nouveau défi tout aussi excitant. Dans le paysage régional, la MC2 me semblait passionnante, tant du point de vue historique que dans ses enjeux en 2020. C’est l’une des institutions françaises les plus richement dotées, elle a donc un rôle important dans l’économie du spectacle vivant et de la création. Et puis il y a Grenoble en tant que telle, qui me paraît elle aussi passionnante. C’est, par exemple, une ville qui concentre une moyenne de CSP+ plus importante que d’autres, et qui en même temps a des quartiers parmi les plus difficiles de France. Pour quelqu’un comme moi qui œuvre à la mixité des publics, à faire se rencontrer des gens dans les li

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Arnaud Meunier nommé à la MC2

Nomination | C’est Arnaud Meunier qui succédera le 1er janvier 2021 à Jean-Paul Angot à la direction de la Maison de la Culture de Grenoble, Scène nationale. Il quittera ainsi la Comédie de Saint-Étienne qu’il dirige depuis 2011, ainsi que l’école supérieure afférente.

Nadja Pobel | Jeudi 16 juillet 2020

Arnaud Meunier nommé à la MC2

Arnaud Meunier est, par ailleurs, artiste metteur en scène. Ces dernières années, il a notamment dirigé Didier Bezace et Catherine Hiegel dans Retour au désert, Rachida Brakni (Je crois en un seul Dieu), qu’il a associée à Philippe Torreton dans J'ai pris mon père sur mes épaules de Fabrice Melquiot. Son travail sur la saga des Lehman Brothers, Chapitres de la chute (écrit par Stefano Massini) avait reçu, en juin 2014, le Grand prix du syndicat de la critique. Arnaud Meunier avait récemment été candidat malheureux au TNP de Villeurbanne. À Grenoble, il a été préféré à Christophe Floderer (directeur adjoint de la Comédie de Valence sour l'ère de Richard Brunel), Marie-Pia Bureau (directrice de l'Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry Sav

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