"Ces filles-là" d'Anne Courel : harcèlement en bande organisée

Théâtre | Un spectacle tout public à voir à la MC2 du mardi 12 au jeudi 14 octobre.

Aurélien Martinez | Mardi 5 octobre 2021

Photo : Raphael Labouré


« Si j'étais elle, je me suiciderais carrément. La honte totale. Je ne supporterais pas, tu vois ? » À Saint-Hélène, école religieuse classe et fermée, les filles sont on ne peut plus soudées. Sauf que quand des photos de l'une d'elles nue commencent à circuler, tout se fissure, la meute dévorant littéralement celle qui est désignée comme une proie.

En mettant en scène Ces filles-là, texte du dramaturge anglophone Evan Placey, la directrice de l'Espace 600 Anne Courel propose un spectacle ancré dans les enjeux contemporains. L'histoire est ainsi inspirée d'un fait divers tragique ayant eu lieu au Canada en 2012 : le suicide de l'adolescente Amanda Todd après que la photo de ses seins a circulé sur les réseaux sociaux.

Sur le plateau, l'effet de groupe (douze comédiennes professionnelles et huit amateurs) est parfaitement restitué, notamment grâce à une direction d'actrices qui se rapproche de la chorégraphie – les musiques pop (Beyoncé, Little Mix...) aidant. Le tourbillon ne semble alors plus pouvoir s'arrêter, broyant une victime pourtant similaire à toutes les autres – ce qu'illustre parfaitement le travail sur les costumes. En découle un spectacle intense, et paradoxalement cruellement drôle par moments, renforçant le tragique de la situation.

Ces filles-là
À la MC2 du mardi 12 au jeudi 14 octobre


Ces filles-là

Contre la dictature des images, les règles implacables du groupe, le drame du cyberharcèlement.
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Faim de saison

Salles de spectacle | Alors que la vie culturelle reprend doucement son cours avec des règles sanitaires contraignantes, la plupart des salles de spectacle françaises restent encore fermées, espérant que tout reviendra à la normale pour la rentrée de septembre et le début de la saison 2020/2021. On a interrogé plusieurs responsables de théâtre de l’agglomération, histoire d’en savoir plus sur cette situation encore bien trop floue.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Faim de saison

Il y a eu le confinement soudain, qui a arrêté dans la foulée l’activité des salles de spectacle, les obligeant à fermer leurs portes et, de facto, à annuler au fur et à mesure les représentations prévues aux mois de mars, avril et mai – une trentaine pour quelque 25 000 billets rien qu’à la MC2, le plus grand équipement culturel grenoblois. Et il y a maintenant la relance de l’activité, permise depuis le lancement le 2 juin de la phase 2 du déconfinement, en suivant « les règles de distanciation physique avec une organisation spécifique des places assises et une gestion des flux conforme au protocole sanitaire », comme l’a demandé le Premier ministre Édouard Philippe lors d’une conférence de presse fin mai. Sauf que pour beaucoup de théâtres de l’agglomération comme de France, la reprise ne pourra pas être si rapide. Au Théâtre municipal de Grenoble, la directrice Delphine Gouard n’imagine pas rouvrir ses trois salles (celle du centre-ville, mais aussi le Théâtre 145 et le Théâtre de poche) au public avant septembre. « Comme beaucoup de lieux, on avait annulé toute la programmation de la fin de saison du fait du confineme

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ACTUS | Samedi 29 septembre sera lancée la nouvelle saison de l’Espace 600, précieux théâtre grenoblois dédié au jeune public. L’occasion pour les spectateurs et spectatrices de faire connaissance avec Anne Courel, metteuse en scène de la compagnie Ariadne (basée à Villeurbanne) qui vient d’arriver à la direction du lieu. On l’a rencontrée en amont, histoire d’en savoir plus sur son projet.

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Anne Courel : « L’adolescence sera au cœur de mon projet pour l'Espace 600 »

Pourquoi avoir choisi de candidater à l’Espace 600 ? Anne Courel : Parce que ça m’intéresse de diriger à la fois un lieu et une compagnie de théâtre pour mettre en application un certain nombre d’idées auxquelles je me confronte depuis pas mal de temps avec ma compagnie. Je pense notamment à la manière dont peuvent être reliées l’action culturelle, la création et la diffusion, des pôles pour moi capitaux pour que tous les publics accèdent au spectacle vivant et à l’art en général. Et puis je trouve le projet de l’Espace 600 passionnant. C’est un équipement culturel qui a su, contre vents et marées, rester un lieu dans lequel l’exigence artistique est au centre ; et qui a la volonté de s’adresser à la jeunesse comme à des vrais spectateurs. Travaillant sur l’adolescence, je me suis vraiment reconnue là-dedans. Depuis quand faites-vous du théâtre en direction du jeune public ? Les choses se sont construites petit à petit. Je me suis d’abord interrogée sur le lien entre les spectateu

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La forme n’est pas forcément très séduisante (des lectures de pièces de théâtre) et peut effrayer (une grande table au centre d’une salle avec des comédiens autour et le public derrière). Pourtant, le festival Regards croisés est passionnant pour ceux qui s’intéressent de près ou de loin au théâtre – pour les autres, ce n’est pas forcément l’entrée en matière la plus évidente. Pendant une semaine, le collectif grenoblois Troisième bureau met ainsi en avant des textes de théâtre tout beaux tout frais, souhaitant ainsi défendre avec force les écritures contemporaines dans un monde du spectacle vivant encore trop accroché à des auteurs plus de ce monde (souvent depuis longtemps même). Chaque année, les comédiens, auteurs, metteurs en scène et autres membres du collectif choisissent des œuvres récentes qui seront ensuite mises en lecture par une équipe d'artistes – par exemple, celle du Straight de Guillaume Poix sera dirigée par

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L’enfance n’est pas une sinécure, surtout lorsqu’on a la malchance de naître durant les heures sombres d’un XXe siècle peu épargné par la folie des hommes. En à peine plus d’une heure, grâce au texte de Sylvain Levey, pas moins de vingt-neuf histoires se déroulent sous les yeux des spectateurs qui voient défiler, du point de vue d’un écolier, l’histoire de France. Elle est inscrite en filigrane du quotidien de ce petit garçon qui apprend la construction grammaticale de la phrase via cet exemple cinglant de sa maîtresse : « ton père est collabo ». Ainsi va la vie au début des années 1940 dans une petite école communale. Sur scène, trois comédiens adultes jouent à la fois des parents, des enfants, des instits, des militaires… Les rôles s’intervertissent à la vitesse de l’enchaînement des histoires ; cette folle allure donne du souffle à la pièce. Anne Courel utilise avec dextérité des artifices tels que la projection d’images d’archives de l’INA des premiers congés payés ou de vidéos super 8 sur un petit mouchoir blanc que tient du bout des doigts un acteur. Si le spectacle s’épuise un peu en bout de course à force de vouloir év

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Aurélien Martinez | Vendredi 8 janvier 2010

Après la proposition très réussie de la cie des Gentils en novembre dernier, c’est au tour de la cie Adriadne de mettre en scène un texte de Sylvain Levey, auteur en résidence à l’Espace 600. Anne Courel s’attaque ainsi à Alice pour le moment, très belle pièce commandée à l’auteur suite à un travail de deux ans avec les Nord-Isérois sur l’adolescence et l’errance. Une pièce où il est question d’une jeune fille chilienne moquée par tous à cause d’une mère exubérante, et contrainte de changer constamment de ville du fait du travail de son père (pas l’idéal pour se faire des amis). Elle ne vit ainsi qu’avec sa famille démunie, qui entrepose toutes ses affaires dans une vieille Mercedes. Pour représenter visuellement ce road movie théâtral, Anne Courel a décidé de faire dans le suggestif, avec un plateau nu seulement vêtu de draps amovibles. Choix judicieux qui évite le trop-plein d’images, permettant de s’attacher pleinement au personnage d’Alice – interprété par Charlotte Ligneau, en constante adresse vers un public complice de sa destinée. A côté, les autres personnages sont campés avec moins de retenue, accentuant l’i

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Aurélien Martinez | Lundi 14 décembre 2009

Drame historique en cinq actes de Victor Hugo, Le Roi s’amuse a été censuré dès sa création en 1832 à la Comédie-Française, pour finalement n’être rejoué que cinquante ans plus tard. Le motif de la colère du pouvoir en place à l’époque ? La représentation d’une caste dirigeante frivole, avec un roi s’adonnant sans vergogne aux plaisirs de la chair. Anne Courel avec sa cie Ariadne (en résidence au Théâtre Jean Vilar de Bourgoin-Jallieu) a décidé de monter aujourd’hui ce texte fort mettant en scène François 1er et sa cour. Soit les mésaventures d’un bouffon guidant non sans cynisme son roi vers la débauche mais protégeant sa propre fille des maux de la cour qu’il sert. Et qui finira tragiquement arroseur arrosé, avec une enfant morte entre les bras. La mise en scène d’Anne Courel fait référence au théâtre de tréteaux : les nobles sont caricaturés à l’extrême (en particulier lors des chansons), face à un Triboulet (le bouffon) suscitant l’empathie. La compagnie, qui s’attelle plus souvent au répertoire contemporain (on attend sa lecture du texte de Sylvain Levey Alice pour le moment le mois prochain à l’Espace 600), fait

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