"Gens du pays", la quête de la nuance

Théâtre | Le collectif Troisième Bureau met en scène Gens du Pays, à l'Espace 600 de Grenoble puis à l'Heure Bleue de Saint-Martin-d'Hères.

Valentine Autruffe | Mardi 14 décembre 2021

Photo : Jean-Pierre Angei


Dans une époque en proie à un manichéisme certain, comment traiter le sujet du racisme sans tomber dans un poncif ou un autre ? C’est le défi qu’a cherché à relever Sylvie Jobert en mettant en scène Gens du Pays, d’après un texte de Marc-Antoine Cyr. Pitch : un jeune garçon noir, Martin, 14 ans, est interpellé et interrogé par une policière qui « ne se sent plus chez elle ». Elle-même partage sa vie avec un professeur enthousiasmé par la variété des couleurs de peau qui peuplent sa classe, y voyant « de l’exotisme, là où il n’y en a pas », complète Sylvie Jobert. La confrontation est inévitable, d’autant qu’intimement, « chacun est persuadé d’agir pour le meilleur ». Au milieu de cela, Martin, incarné par Mouradi Mchinda, s’interroge sur son identité et sur celle qu’on lui renvoie, entre les remarques acides de l’uniforme et les transports de l’enseignant. « C’est un terrain miné. On s’est pris le chou avec Hélène Gratet (qui incarne la policière, ndlr), pour ne surtout pas tomber dans la caricature. Le texte est très bien écrit, donc nous nous sommes accrochés à cette mécanique du dialogue vraiment bien ciselé. Mais sur scène, il faut jouer fin. » Pour éviter de se limiter à « une simple pièce sociale », le collectif Troisième Bureau a enrichi la mise en scène avec un musicien au plateau, le Grenoblois Arash Sarkechik, d’un chœur de loups composé de voix du conservatoire, et d’une fresque mouvante d’ombres chinoises… Une pièce terriblement d’actualité qui se doit de tomber juste.

Gens du Pays 4 et 7 janvier à 19h30, 5 janvier à 10h et 6 janvier à 10h et 14h30 à l’Espace 600 à Grenoble, ainsi que le 12 janvier à 20h et le 13 janvier à 14h30 à l’Heure Bleue de Saint-Martin-d’Hères


Gens du pays

Martin Martin se fait interroger par une policière après s’être aventuré au-delà du périphérique où il rejoignait le groupe Les Loups.
Espace 600 97 galerie de l'Arlequin Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Gens du pays

Martin Martin se fait interroger par une policière après s’être aventuré au-delà du périphérique où il rejoignait le groupe Les Loups.
L'Heure Bleue Rue Jean Vilar Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Terairofeu, les horizons de la décharge

Théâtre jeune public | Avec Terairofeu, la Belle Meunière sublime la matière et les éléments. A voir dès 6 ans à l'Espace 600.

Nadja Pobel | Lundi 17 janvier 2022

Terairofeu, les horizons de la décharge

En 1999, la plasticienne et scénographe Marguerite Bordat a croisé la route du metteur en scène Pierre Meunier, qui avait créé la compagnie de La Belle Meunière sept ans plus tôt. Ensemble, ils inventent des formes singulières sur les lois de l'apesanteur (Badavlan) ou sur la matière visqueuse qu'est la vase. Cinq laborantins font des recherches sur cette boue, la pensent et l'expérimentent au point que les deux tonnes d'argile et d'eau trimbalées de scène en scène débordent et envahissent l'espace. Voir l'humain tenter de maîtriser les éléments naturels, constater qu'il bute sur cette prétendue toute puissance amuse le duo qui signe avec Terairofeu son troisième spectacle à destination du jeune public (dès 6 ans pour cet opus). Les quatre éléments ne sont que des menaces désormais pour la jeune génération. L'eau, la terre, l'air sont pollués et toxiques, le feu ravage la biodiversité. Deux jeunes, vivant sur une sorte de décharge, vont essayer d'i

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Troisième Bureau entretient la flamme

Théâtre | Le comité de lecture du collectif artistique grenoblois a publié, fin février, la liste des textes qu’il a retenus pour cette année. L’occasion pour nous de solliciter Bernard Garnier, coordinateur artistique, afin de faire un point complet sur son fonctionnement et son actualité, en attendant les prochaines représentations publiques.

Martin de Kerimel | Vendredi 12 mars 2021

Troisième Bureau entretient la flamme

Quelle présentation feriez-vous de Troisième Bureau ? Bernard Garnier : Le collectif a été créé il y a une vingtaine d’années, autour principalement de professionnels du théâtre (comédiens, metteurs en scène, auteurs, scénographes… entre autres). Au départ, il y a un constat : les écritures théâtrales contemporaines restent peu représentées sur les scènes des théâtres subventionnés. Nous aimons jouer les classiques, mais disons que le théâtre contemporain a une manière d’interroger le monde autrement, avec une langue d’aujourd’hui. C’est son intérêt et sa force. Comment travaillez-vous ? Très modestement, notre idée est de mener un travail de groupe en parallèle des projets personnels de chacun, afin de pouvoir faire découvrir ces œuvres au milieu professionnel et de les partager avec le public. Avec Troisième Bureau, nous avons commencé à lire ensemble des pièces contemporaines et à nous réunir pour en discuter. Nous avons ensuite mis en place un certain nombre d’actions, la plus emblématique étant sans doute le festival Regards croisés, qui invite chaque année des auteurs et autrices pour des lectures, rencontres, ateli

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Céline Fuchs, nouvelle directrice de l'Heure bleue : « Le projet de Saint-Martin d’Hères m’intéressait bien »

ACTUS | On a rencontré la nouvelle directrice de la salle martinéroise avant la présentation de saison prévue mercredi 11 septembre.

Nathalie Gresset | Mardi 10 septembre 2019

Céline Fuchs, nouvelle directrice de l'Heure bleue : « Le projet de Saint-Martin d’Hères m’intéressait bien »

Après avoir été pilotée pendant 12 ans par Vincent Villenave, désormais directeur du Grand Angle à Voiron, la scène régionale de l’Heure Bleue de Saint-Martin-d’Hères s’est dotée d’une nouvelle directrice artistique en la personne de Céline Fuchs. La Spinalienne d’origine, qui a pris ses fonctions le 8 juillet en tant que directrice du spectacle vivant de la mairie, connaît déjà bien la région :« j'ai fait mes études à l’Institut de géographie alpine de Grenoble dont j’ai été diplômée en 2000. J’ai ensuite commencé ma carrière comme muséographe pour le Musée dauphinois et d’autres lieux. En parallèle, j’étais aussi pas mal impliquée dans le milieu associatif au sein de structures comme Cap Berriat, Peuple et culture… » En 2005, c’est à Rumilly en Haute-Savoie qu’elle se rend pour parfaire son expérience en travaillant 14 ans pour la mairie, d’abord comme responsable du service culturel, puis, à partir de 2010, en tant que directrice artistique et administrative

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Regards croisés : quand le théâtre répond (au) présent

Festival | Dix-neuvième édition pour le festival grenoblois Regards croisés dédié au théâtre qui s’écrit aujourd’hui. Avec, pendant cinq jours dans le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas, des lectures en scène de textes contemporains choisis par le collectif Troisième bureau. On a lu tout ça en amont. Spoiler : il y a du très bon.

Aurélien Martinez | Lundi 13 mai 2019

Regards croisés : quand le théâtre répond (au) présent

« Non c’est non » : c’est avec un tel cri de ralliement que s’avance cette année le « festival des nouvelles écritures théâtrales » Regards croisés, qui met en avant depuis presque vingt ans les auteurs et autrices qui, aujourd’hui, écrivent du théâtre. Une phrase en lien avec l’actu (notamment la question du harcèlement sexuel) qui interpelle. Et qui résonne avec les textes les plus percutants de cette nouvelle édition de l’événement porté par le collectif grenoblois Troisième bureau. On pense notamment au Cinglée de l’autrice Céline Delbecq, qui sera lu samedi 18 mai à 18h. Un drame de poche centré sur une femme de 59 ans qui, un jour, prend conscience en lisant un journal que les violences conjugales ne sont pas un petit phénomène. Elles sont même un « génocide ». « Alors Marta s’est dit qu’elle garderait les deux articles, celui de Carmen et celui de Florence, et qu’elle retiendrait leurs noms, ensemble. Et qu’elle retiendrait les noms de toutes celles qui suivraient, s’il y en avait d’autres qui suivaient. »

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Sarah Kane : l’amour et la violence

Lecture | Mercredi 13 février à l'Amphidice, on aura droit à une lecture de la pièce "L’Amour de Phèdre" de la mythique dramaturge anglaise. On vous en dit plus.

Nathalie Gresset | Mardi 5 février 2019

Sarah Kane : l’amour et la violence

Mercredi 13 février, pour la cinquième année consécutive, le collectif grenoblois Troisième bureau et l’Université Grenoble Alpes célèbreront le théâtre contemporain avec une soirée de lecture autour de Sarah Kane, dramaturge britannique morte il y a vingt ans à l’âge de 28 ans. Pour l’occasion, Florent Barret-Boisbertrand, metteur en scène et comédien grenoblois, mettra en voix L’Amour de Phèdre, œuvre inspirée du mythe de l’amour de Phèdre pour Hippolyte magnifié notamment par Racine au XVIIe siècle. « Je m’intéresse aux réécritures contemporaines des mythes et c’est ce que Sarah Kane nous propose ici, avec un parti pris assez singulier, assez noir qui me plaît beaucoup. » Pour lui, l’œuvre de Sarah Kane est « fulgurante » : la dramaturge anglaise a ainsi écrit cinq pièces, qui « sont toujours autant montées aujourd’hui et pourtant difficiles à mettre en scène car Sarah Kane dépeint des rapports d’une extrême tension, brutalité, surtout dans L’Amour de Phèdre. Il règne un certain mystère autour de son écriture et la dimension de violence qui émane de son théâtre m’interroge bea

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Anne Courel : « L’adolescence sera au cœur de mon projet pour l'Espace 600 »

ACTUS | Samedi 29 septembre sera lancée la nouvelle saison de l’Espace 600, précieux théâtre grenoblois dédié au jeune public. L’occasion pour les spectateurs et spectatrices de faire connaissance avec Anne Courel, metteuse en scène de la compagnie Ariadne (basée à Villeurbanne) qui vient d’arriver à la direction du lieu. On l’a rencontrée en amont, histoire d’en savoir plus sur son projet.

Aurélien Martinez | Mardi 25 septembre 2018

Anne Courel : « L’adolescence sera au cœur de mon projet pour l'Espace 600 »

Pourquoi avoir choisi de candidater à l’Espace 600 ? Anne Courel : Parce que ça m’intéresse de diriger à la fois un lieu et une compagnie de théâtre pour mettre en application un certain nombre d’idées auxquelles je me confronte depuis pas mal de temps avec ma compagnie. Je pense notamment à la manière dont peuvent être reliées l’action culturelle, la création et la diffusion, des pôles pour moi capitaux pour que tous les publics accèdent au spectacle vivant et à l’art en général. Et puis je trouve le projet de l’Espace 600 passionnant. C’est un équipement culturel qui a su, contre vents et marées, rester un lieu dans lequel l’exigence artistique est au centre ; et qui a la volonté de s’adresser à la jeunesse comme à des vrais spectateurs. Travaillant sur l’adolescence, je me suis vraiment reconnue là-dedans. Depuis quand faites-vous du théâtre en direction du jeune public ? Les choses se sont construites petit à petit. Je me suis d’abord interrogée sur le lien entre les spectateu

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Festival Regards croisés : silence, on lit

Théâtre | C’est parti pour la 18e édition du festival Regards croisés consacré aux nouvelles écritures théâtrales. Rendez-vous au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas de Grenoble pour, pendant une semaine, découvrir le théâtre qui s’écrit aujourd’hui.

Aurélien Martinez | Vendredi 18 mai 2018

Festival Regards croisés : silence, on lit

Le théâtre, ce n’est pas que des auteurs morts depuis bien longtemps : une accroche d’article que l’on a dû utiliser au moins 1258 fois depuis la création du Petit Bulletin, mais qui fonctionne à chaque fois pour expliquer l’activité du collectif grenoblois Troisième bureau. Et, surtout, de son festival Regards croisés en place depuis 2001. Soit, pendant une semaine, des lectures de textes contemporains de théâtre par des comédiens et comédiennes professionnels devant un public et les auteurs et autrices sélectionnés venus de pays francophones et d’ailleurs (d’où la présence de traducteurs et traductrices). Chaque année, les spectateurs se confrontent ainsi à une langue on ne peut plus vivante, et découvrent en avant-première des œuvres que l’on pourra peut-être, dans quelque temps, retrouver sur les planches. La sélection de cette édition est, comme à chaque fois, variée, mêlant pièces courtes et longues, univers contemporains ou plus fantastiques, écritures au plus près du réel

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Marine Bachelot Nguyen : une autrice dans la ville

Théâtre | À partir du 25 avril, l’autrice et metteuse en scène de théâtre Marine Bachelot Nguyen sera en résidence d’écriture à Grenoble pour deux mois, à l’invitation de la MC2 et du collectif Troisième bureau. L’objectif ? Démontrer que le théâtre s’écrit également au présent.

Alice Colmart | Lundi 23 avril 2018

Marine Bachelot Nguyen : une autrice dans la ville

Le théâtre, ce n’est pas que des textes d’auteurs morts, ce que le collectif Troisième bureau et la MC2 démontrent une nouvelle fois en accueillant en résidence à Grenoble Marine Bachelot Nguyen dans le cadre de son projet d’écriture Circulations Capitales, qu’elle présentera vendredi 27 avril à la cantine de la MC2. Pendant les deux mois de sa résidence d’écriture, travail plutôt solitaire, l’autrice et metteuse en scène proposera différents événements publics tant à la MC2 que lors de Regards croisés, festival sur les écritures théâtrales contemporaines organisé fin mai au Nouveau Théâtre Saint-Marie-d’en-Bas par Troisième bureau. Une aventure enthousiasmante pour Bernard Garnier, coordinateur du collectif : « Tout l’intérêt est de mettre en avant une autrice qui traite de thématiques actuelles. » « Se laisser chahuter par les auteurs d’aujourd’hui » Éminemment «

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Lucie Duriez : « Ce n’est pas facile de quitter un lieu aussi attachant que l'Espace 600 »

ACTUS | Depuis 2011, l’Espace 600, théâtre grenoblois situé à la Villeneuve et centré sur le jeune public, est piloté par Lucie Duriez. Ce qui ne sera plus le cas à la fin de la saison, la directrice partant vers de nouvelles aventures. L’occasion d’un rapide bilan avec elle, en attendant de connaître celle ou celui qui prendra la suite.

Aurélien Martinez | Mardi 20 février 2018

Lucie Duriez : « Ce n’est pas facile de quitter un lieu aussi attachant que l'Espace 600 »

« L’Espace 600 est un lieu assez singulier qui a un double ancrage : à la fois un théâtre pleinement implanté dans un quartier – la Villeneuve –, et à la fois un lieu pleinement engagé dans la création contemporaine pour le jeune public – d’où le fait qu’il ait un rayonnement qui dépasse très largement le bassin grenoblois. Ces deux pieds font la force du projet. » Voilà comment Lucie Duriez présente le théâtre qu’elle dirige depuis sept ans, après avoir été son administratice pendant huit ans. Un théâtre qu’elle va pourtant quitter à la fin de la saison. « Au bout de quinze ans ici, il est temps pour moi d’entamer un nouveau cycle » – elle part à Marseille pour raisons personnelles. « Bien sûr que ce n’est pas facile de quitter un lieu aussi attachant » nous assure-t-elle alors que nous la rencontrons dans son bureau au-dessus du théâtre. Surtout que l’Espace 600 lui a permis, après un DESS à Sciences Po Grenoble en direction de projets culturels, de faire ses premières armes professionnelles, notamment aux côtés de l’ancienne directrice et ponte

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"Regards croisés" : théâtre d’aujourd’hui mon amour

Festival | Zoom sur la nouvelle édition du festival centré sur les écritures théâtrales contemporaines (avec des lectures), organisé cette année du mercredi 17 au lundi 22 mai au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas

Aurélien Martinez | Mardi 16 mai 2017

Ces dernières années, le festival Regards croisés, dédié à la promotion des écritures théâtrales contemporaines (un noble but, vu que les auteurs morts depuis des lustres ont toujours les faveurs uniques de nombreux metteurs en scène), se déroulait dans le Théâtre 145. Mais ça, c’était avant ; avant que la Ville de Grenoble ne déloge le collectif Tricycle qui gérait le lieu. Le collectif Troisième bureau, qui pilote Regards croisés, a donc décidé de partir lui aussi pour montrer son mécontentement. Le voici du coup qui s’installe cette semaine dans le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas dirigé depuis presque deux ans par Antonio Placer. Si ce déménagement va conduire à des changements de scénographie (fini la table au centre de la salle), l’esprit du festival va, lui, rester le même : la découverte six jours durant de plumes d’aujourd’hui via d

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« Pour un "Troisième théâtre" dédié aux auteurs vivants‌ »

Tribune | Alors que la nouvelle édition de Regards croisés, festival centré sur les écritures théâtrales contemporaines, commence ce mercredi 17 mai au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas, nous avons proposé au collectif Troisième bureau qui l’organise de nous expliquer pourquoi, pour paraphraser Roland Blanche‌, « lire les auteurs vivants, c'est comme manger chaud, c'est meilleur ».

Bernard Garnier, coordinateur artistique du collectif Troisième Bureau | Lundi 15 mai 2017

« Pour un

Où sont les autrices et les auteurs dramatiques de notre époque ? Quoi de neuf sur les scènes des théâtres depuis Shakespeare, Molière, Marivaux, Tchekhov, Brecht, Beckett… ? Cette question, qui semblerait saugrenue dans la plupart des pays européens, reste « dramatiquement » d’actualité en France. C’est celle que nous nous sommes posée il y a dix-sept ans. « Nous », une bande réunissant professionnel-le-s du théâtre, du livre ou de l’éducation, curieux d’un théâtre qui s’écrit maintenant, d’un théâtre qui aborde les problématiques de notre époque, avec une langue d’aujourd’hui. Nous n’av[i]ons rien contre les textes du répertoire, mais comme le déclarait déjà l’auteur Bernard-Marie Koltès dans une série d’entretiens il y a une trentaine d’années (1), « ce n’est pas vrai que des auteurs qui ont deux ou trois cents ans racontent des histoires d’aujourd’hui. On peut toujours trouver des équivalences, mais on ne [me] fera pas croire que les histoires d’amour de Lisette et Arlequin sont contemporaines ; aujourd’hui l’amour se dit autrement, donc ce n’est pas le même ». Ne pas s'endormir

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La pièce "Arlette" d’Antoinette Rychner sera lue lundi au Petit Angle

Lecture | Lundi 13 mars à 19h30, le Petit Angle, maison du collectif Troisième bureau (dédié au théâtre contemporain), accueillera sept très bons comédiens grenoblois pour la (...)

Aurélien Martinez | Mardi 7 mars 2017

La pièce

Lundi 13 mars à 19h30, le Petit Angle, maison du collectif Troisième bureau (dédié au théâtre contemporain), accueillera sept très bons comédiens grenoblois pour la "lecture en scène" d’une drôle de pièce : Arlette d’Antoinette Rychner. La Suisse a ainsi écrit, en français, une curieuse fable familiale qui ouvre de nombreuses portes, notamment surnaturelles. Une lecture qui sera donnée dans le cadre de la résidence d’écriture de deux mois proposée par Troisème bureau et la MC2 à l’auteure née en 1979.

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Une Nuit de la lecture... interdite aux moins de 16 ans !

Interview | "La Nuit des lectures interdites" s’annonce brûlante à plus d’une ligne. Initiée par le ministère de la culture, sa déclinaison grenobloise traitera de la censure, politique comme érotique. Rencontre avec Carine D’Inca, organisatrice du Printemps du livre et porteuse du projet, pour en savoir plus sur le déroulé de la soirée et les auteurs choisis (comme la romancière turque récemment libérée Asli Erdogan).

Charline Corubolo | Mardi 10 janvier 2017

Une Nuit de la lecture... interdite aux moins de 16 ans !

Samedi 14 janvier aura lieu à Grenoble "La Nuit des lectures interdites". De quoi s’agit-il ? La manifestation nationale s’intitule "La Nuit de la lecture", et pour Grenoble, nous l’avons baptisée "La Nuit des lectures interdites". Comme on est un peu pris par le temps, il y a un seul événement à la bibliothèque du centre-ville. Ça sera plus développé l’année prochaine et avec différents axes. Avec l’équipe du Printemps du livre, les comédiens du collectif Troisième bureau et un noyau de bibliothécaires, on s’est ainsi dit : "si on faisait un truc pour les adultes, voire poussons le truc un peu loin en interdisant la soirée aux enfants". D’où les lectures interdites aux moins de 16 ans. Mais on s’amuse avec ça en fait, ça ne peut pas être très dangereux d’entendre des textes. Et du coup, que recouvre cette expression de "lectures interdites" ? On

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En mai, le festival Regards croisés s'installera au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas

ACTUS | L’événement dédié à la découverte du théâtre contemporain (via des lectures publiques) du collectif Troisième bureau va changer de crémerie pour sa prochaine édition (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 6 janvier 2017

En mai, le festival Regards croisés s'installera au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas

L’événement dédié à la découverte du théâtre contemporain (via des lectures publiques) du collectif Troisième bureau va changer de crémerie pour sa prochaine édition prévue du 17 au 22 mai. Alors qu’il avait auparavant lieu au Théâtre 145, le festival se déplacera au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas d’Antonio Placer, Bernard Garnier et son équipe ayant ainsi souhaité manifester leur désaccord avec le nouveau projet conçu par la Ville de Grenoble et le Théâtre municipal pour le 145 (et le Poche). On en reparle en temps voulu.

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PB d'or 2016 : théâtre et danse

C'était 2016... | Une excellente surprise dansée et une salle qui mériterait d'être plus exposée.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : théâtre et danse

Le PB d’or de la salle discrète mais nécessaire : l’Espace 600 Lové dans le quartier grenoblois de la Villeneuve, au rez-de-chaussée d’une barre d’immeuble, l’Espace 600 mène depuis des années un travail capital en direction du jeune public, avec une ligne artistique forte qui veut qu’un spectacle dit tout public soit aussi travaillé et réfléchi qu’un spectacle dit pour adulte. Comprendre, du coup, que cette scène est plus proche artistiquement de ses voisines type MC2 & co que d’une garderie où l’on demanderait simplement aux enfants de s’époumoner et de taper des mains face à des comédiens infantilisants simplement là pour obtenir un cachet. « Faisons confiance à la jeunesse pour recevoir les créations les plus audacieuses. Faisons confiance aux artistes qui choisissent de se frotter à ce public d’une extrême exigence » comme l’écrivait en octobre dans une tribune publiée par nos soins la directrice Lucie Duriez. C’est exactement ça.

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Des vacances au théâtre avec le programme Vive les vacances

ACTUS | Quand plusieurs salles de spectacle de l'agglo décident d'ouvrir leurs portes aux plus jeunes pendant les vacances scolaires, on ne peut qu'applaudir.

Aurélien Martinez | Mardi 18 octobre 2016

Des vacances au théâtre avec le programme Vive les vacances

Et c’est parti pour la saison 4 de Vive les vacances, programme lancé en 2013 qui porte plutôt bien son nom. Soit plusieurs salles de l’agglomération grenobloise qui ont décidé de programmer des spectacles destinés au jeune public pendant les petites vacances scolaires, périodes où ces salles étaient habituellement fermées – oui, on l’a écrit (et regretté) de nombreuses fois dans ces pages, mais on ne comprend pas ce calendrier culturel construit autour d’une forte activité certains mois (mars et novembre par exemple) et de plus d’activité du tout à d’autres moments. Mais revenons-en à cette chouette initiative. Sur la saison 2016/2017, dix spectacles seront ainsi donnés dans huit salles de l’agglo. Pendant ces premières vacances de l’année, celles de Toussaint, on pourra se rendre à la MC2 pour découvrir Dormir 100 ans de l’auteure et metteuse en scène Pauline Bureau – une pièce qui, nous dit-on, « explore ce passage particulier de l’entrée dans l’adolescence ». À la Rampe, on aura plutôt droit à de la chanson (avec la souvent vue dans l’agglo Tartine Reverdy), a

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« Enfants, adolescents, adultes, tous au théâtre ! »

Tribune | Situé à la Villeneuve, l’Espace 600 est un théâtre qui accorde une place particulière aux jeunes spectateurs. Et qui le fait avec pertinence, même si nous n’en rendons pas suffisamment compte dans nos pages. On a du coup proposé à la directrice Lucie Duriez de nous livrer une tribune sur le sujet. La voici.

Lucie Duriez, directrice de l’Espace 600 | Mardi 18 octobre 2016

« Enfants, adolescents, adultes, tous au théâtre ! »

Dans notre société si attentive aux enfants, où la jeunesse est érigée en valeur suprême, où ils sont abreuvés d’activités, de chaînes TV et de presse spécialisée, on pourrait se demander pourquoi il faudrait, en plus, les emmener au spectacle… Déjà parce que tous, jeunes et adultes, y trouveront ensemble beaucoup de plaisir. Il faut rompre avec l’idée que le théâtre jeunesse serait "un théâtre en moins". Moins exigeant artistiquement, moins intéressant, et qui nécessiterait moins de moyens (tant on sait que le jeune public reste le parent pauvre du spectacle vivant). Un "petit théâtre" pour les "petits enfants", quelle vision datée du théâtre jeunesse ! On pourrait dire au contraire que c’est "un théâtre en plus". Pour tous les publics, dès les plus jeunes. Un spectacle jeune public s’adresse à tous, enfants et adultes, chacun le recevra avec sa sensibilité. Faisons confiance à la jeunesse pour recevoir les créations les plus audacieuses. Faisons confiance aux artistes qui choisissent de se frotter à ce public d’une extrême exigence. Emmenons aussi les jeunes au spectacle pour ne pas les laisser dans les mains d’une société mercant

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Samedi matin, c'est Espace 600 !

CONNAITRE | Ce samedi 1er octobre, il n’y aura pas que l’ouverture de saison du Prunier sauvage, il faudra aussi compter sur celle de l’Espace 600, discret (...)

Aurélien Martinez | Mardi 27 septembre 2016

Samedi matin, c'est Espace 600 !

Ce samedi 1er octobre, il n’y aura pas que l’ouverture de saison du Prunier sauvage, il faudra aussi compter sur celle de l’Espace 600, discret mais passionnant théâtre grenoblois dédié au jeune public – et, plus largement, à tous les publics. Rendez-vous à 11h30 (ça fait tôt, oui), dans la continuité de la représentation de 10h (ça fait encore plus tôt!) du spectacle Debout, pour en savoir plus sur leur saison. L’entrée est bien sûr libre.

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Regards croisés : « Rouvrir la porte des théâtres aux auteurs »

SCENES | Revoici Regards croisés, festival organisé par le collectif Troisième bureau et dédié aux écritures théâtrales contemporaines. Huit journées pour, notamment, rencontrer des auteurs et, surtout, écouter leurs pièces. À la veille de la seizième édition, on a voulu revenir aux bases avec Bernard Garnier, l’un des fondateurs de Troisième bureau.

Aurélien Martinez | Mardi 17 mai 2016

Regards croisés : « Rouvrir la porte des théâtres aux auteurs »

Comment présenter le festival Regards croisés à un néophyte ? Bernard Garnier : C'est un endroit où l’on nous raconte des histoires écrites par des auteurs de théâtre d'aujourd'hui et qui parlent du monde tel qu'il est aujourd'hui. C'est un lieu d'écoute, de discussions, d'échanges… Le théâtre serait un art trop tourné vers le passé, avec les mêmes auteurs du répertoire constamment mis en scène ? Non, je ne crois pas que ça soit ça. Quand on va voir des pièces dites classiques comme celles de Shakespeare ou Molière, on nous dit toujours – et c'est vrai – qu'elles font écho à notre monde, avec une langue très forte qui a traversé les époques. Mais les auteurs d'aujourd'hui travaillent une langue sans doute plus proche de nous, qui dit des choses de notre actualité. Le futur Shakespeare ou le futur Molière est donc peut-être reçu cette année à Regards croisés ? Ça, on le saura dans 200 ou 300 ans ! Votre événement n’est pas que franco-français… Oui, on est ouverts sur le monde, même si on porte un regard attentif sur les auteur

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Émilie Le Roux : « Le jeune public ? Du tout public ! »

Théâtre | Émilie Le Roux, metteuse en scène grenobloise à la tête de la compagnie Les Veilleurs, proposera cette semaine un drôle de spectacle avec 106 interprètes (106, oui) pour marquer la fin de sa résidence à l’Espace 600, la scène jeune public de Grenoble. On en a profité pour évoquer avec elle tout un tas de sujets allant du théâtre jeune public en général à sa grande réussite "Mon frère, ma princesse" en passant par les relations difficiles entre les artistes et la Ville de Grenoble. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Émilie Le Roux : « Le jeune public ? Du tout public ! »

Vous terminez cette semaine plus de trois ans de résidence à l’Espace 600 de Grenoble avec le spectacle Allez, Allez, Allons qui n’a pas l’air d’être une toute petite chose ! Émilie Le Roux : C’est un spectacle multidisciplinaire avec du chant, de la musique, du théâtre de texte qui réunit 106 interprètes au plateau, dont des comédiens fidèles de la compagnie mais aussi une bonne partie de non-professionnels âgés de 10 et 90 ans ! Car on avait la volonté de créer une rencontre entre les générations… Que verra-t-on sur scène ? Ce sera un cabaret avec des textes qui vont de Tchekhov à Falk Richter en passant par Kafka, Olivier Py ou encore Calaferte. Et musicalement, on entendra des choses qui vont de Chopin à Philippe Katerine en passant bien évidemment par Camille [le titre du spectacle est emprunté à l’un de ses morceaux – NDLR]. Et ce sera un spectacle exceptionnel, un "one shot"… Forcément, car on n’emmènera pas ces 106 personnes en tournée ! Et puis on voulait finir cette résidence p

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L'Espace culturel René Proby, « une salle de proximité »

ACTUS | Saint-Martin-d’Hères inaugure ce week-end ce nouvel espace culturel. Une aubaine pour l'Heure bleue, la salle de spectacle de la ville.

Aurélien Martinez | Mardi 13 octobre 2015

L'Espace culturel René Proby, « une salle de proximité »

Ça bouge du côté de Saint-Martin-d’Hères, avec l’inauguration d’un nouvel établissement culturel et associatif : l’Espace René Proby, du nom de l’ancien maire communiste de la ville mort cet hiver. Une équipement polyvalent, réfection de l’ancienne salle Paul Bert détruite par les flammes en 2007, qui pourra servir à diverses associations et structures culturelles locales (la Maison de la poésie ou encore Les Arts du récit organiseront des rendez-vous) et qui sera aussi fortement utilisée par l’Heure bleue, la grande salle de spectacle martinéroise. « J’attendais ça avec impatience » : Vincent Villenave, le directeur de l’Heure bleue, y voit ainsi une complémentarité possible entre les deux lieux – 120 places en mode assis et 250 en debout à l’Espace culturel René Proby contre 520 et 1 400 à l’Heure bleue. Il pourra ainsi programmer des artistes « en émergence » et tenter des « expérimentations » en prenant moins de risques. « On pourra aussi faire de séries comme ça sera le cas en avril avec le nouveau spectacle de la Fabrique des petites utopies » – une dizaine de représentations,

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De belles surprises à l’Heure bleue

ACTUS | La nouvelle programmation de la salle de Saint-Martin-d’Hères réserve son lot de propositions alléchantes.

Aurélien Martinez | Mardi 30 juin 2015

De belles surprises à l’Heure bleue

Ô joie : en octobre, le fameux Professeur Rollin sera de passage par Saint-Martin-d’Hères avec Rollin se rebiffe, seul-en-scène dans lequel l’humoriste lettré répond aux questions du public sur des sujets allant « de la mondialisation aux flux migratoire » en passant par « la bien-pensance et les logiques de profit ». Rayon humour, on aura aussi droit à une autre chroniqueuse officiant sur France Inter : Sophia Aram avec son one-woman-show tout frais où le titre parle de lui-même – Le fond de l’air effraie ; et le fameux Fellag avec un Bled Runner présenté comme le « best of d’une carrière ». En musique, ô joie encore, l’une des meilleures auteures-compositrices-interprètes françaises sera de retour dans l’agglo : Claire Diterzi avec son concert 69 battements par minute. En théâtre, on dit (ou plutôt écrit) encore ô joie, puisqu

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En route vers 2014 / 2015

ACTUS | Deuxième épisode (sur quatre) de notre série d’articles consacrés à ce que l’on découvrira la saison prochaine sur les différentes scènes de l’agglo. Avec cette semaine le Théâtre municipal de Grenoble, l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères et l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 10 juin 2014

En route vers 2014 / 2015

Le Théâtre municipal de Grenoble 2014 / 2015 sera une année dans la parfaite continuité des précédentes élaborées par la directrice Evelyne Augier-Serive, entre grands noms, humoristes stars, textes d’auteurs, vaudevilles et créations plus atypiques. Dans ce flot de propositions, côté rire, on retient la venue de l’efficace Troupe à Palmade avec le spectacle L’Entreprise, le retour de Marianne James sur scène avec un nouveau personnage baptisé Miss Carpenter, ou encore le rendez-vous avec le Dauphinois Serge Papagalli (La Santé par les plantes, sur les fameux Maudru). Côté répertoire, nous intriguent la mise en scène de La Tempête de Shakespeare par Christophe Lidon avec l’excellent Claude Rich, celle de L’Avare de Molière par Jean-Louis Martinelli avec Jacques Weber, et surtout Le Misanthrope (encore Molière) revu et corrigé par l’excellentissime Michel Fau, avec au casting Julie Depardieu et la trop rare Édith Scob.

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« Écrire du théâtre, c’est écrire sur ce qui ne va pas »

SCENES | Chaque année, le festival Regards Croisés propose de découvrir des textes de dramaturges contemporains méconnus du public français, au cours de soirées lectures. Pour sa quatorzième édition, le festival fait la part belle aux femmes et aux auteurs d’Europe de l’Est. Rencontre avec Bernard Garnier, l’un des fondateurs du collectif. Propos recueillis par Guillaume Renouard

Guillaume Renouard | Vendredi 16 mai 2014

« Écrire du théâtre, c’est écrire sur ce qui ne va pas »

La lecture de textes contemporains de théâtre est un exercice plutôt pointu. Quel est le profil des spectateurs qui fréquentent habituellement le festival ? Bernard Garnier : Difficile de répondre, car nous n’avons jamais effectué d’enquête approfondie sur le profil de notre public. Néanmoins, nous pourrions être préoccupés s’il ne se renouvelait pas. Or, comme il s’agit d’une petite salle, avec une centaine de personnes par soir, on finit par retenir les visages, et on s’aperçoit qu’il y a bel et bien un renouvellement d’année en année, ce qui nous satisfait. Il ne s’agit d’ailleurs pas forcément de gens qui vont beaucoup au théâtre, puisque la lecture est différente, plus radicale, plus dépouillée. Tous les auteurs présentés sont des auteurs contemporains et plutôt confidentiels, tout du moins en France. Comment faites-vous pour les repérer, puis pour les sélectionner ? Ciblez-vous des zones géographiques particulières, comme l’Europe d

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Haut les mots

SCENES | C’est parti pour dix jours de Regards croisés, festival pendant lequel le Théâtre 145 va se transformer au sens propre comme au figuré en agora dédiée aux (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Haut les mots

C’est parti pour dix jours de Regards croisés, festival pendant lequel le Théâtre 145 va se transformer au sens propre comme au figuré en agora dédiée aux écritures théâtrales contemporaines. Au sens propre car l’équipe du collectif Troisième bureau, aux manettes depuis treize ans, explose la structure habituelle du théâtre du cours Berriat, plaçant au centre du lieu une immense table autour de laquelle les comédiens lisent les pièces défendues. Le public, quant à lui, se retrouve aux quatre coins du ring. Et au sens figuré car, cette année encore, les organisateurs ne chamboulent en rien leur ambitieuse mission : porter sur le devant de la scène la parole de nouveaux auteurs venus de tous les pays, pour la faire découvrir aux oreilles attentives et aux valeureux metteurs en scène qui accepteraient de laisser de côté Molière & co. Une quatorzième édition riche en propositions qui nous ont interpellés. Sur la première semaine du festival (on évoquera la seconde dans le prochain numéro), on retient avec toute la subjectivité qui nous caractérise la soirée du vendredi autour du texte du Suédois Marcus Lindeen sur deux hommes qui ont changé de sexe. Du théâtre-documentai

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La parole est aux auteurs

SCENES | Le théâtre tourne toujours autour des mêmes auteurs – souvent morts depuis des années d’ailleurs. Le collectif grenoblois Troisième bureau n’est pas d’accord avec ça, et essaie de changer la donne, en mettant en avant de nouvelles écritures théâtrales. Zoom sur la treizième édition de Regards croisés, et les textes qui seront lus au public. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 29 avril 2013

La parole est aux auteurs

« On peut s’étonner de la récurrente difficulté que rencontrent, aujourd’hui encore, les auteurs "vivants" à voir leurs textes passer au plateau. Une sorte "d’inertie"  – déplorée unanimement, ce qui devrait surprendre – tend à annihiler toutes velléités de monter les pièces d’auteurs forcément inconnus puisque ignorés. » Cette phrase, piochée dans l’édito annonçant la nouvelle édition de Regards croisés, résume parfaitement la mission du collectif Troisième bureau – à savoir mettre en avant les nouvelles écritures théâtrales. D’où un festival entièrement centré sur le verbe, avec de nombreuses lectures d’œuvres venant de France, d’Europe et d’ailleurs. Une sélection cette année on ne peut plus erratique, entre auteurs qui tombent dans tous les clichés du théâtre contemporain, et d’autres beaucoup plus inspirés. Bien sûr, c’est sur ces derniers que l’on a choisi de s’attarder ! Vive le jeudi Passons rapidement sur Gilles Granouillet, auteur à succès qui a souvent collaboré avec le metteur en scène François Rancillac (le dernier exe

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« Ne pas désespérer l’enfant »

SCENES | La compagnie grenobloise Les Veilleurs, menée par Émilie Le Roux, vient de signer pour une résidence de trois ans à l’Espace 600, la scène jeune public de l’agglo nichée au cœur de la Villeneuve. Une résidence qui débutera avec la reprise du très beau spectacle Lys Martagon. Rencontre avec Émilie Le Roux pour évoquer le présent et le futur. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 11 octobre 2012

« Ne pas désespérer l’enfant »

Lys Martagon est un texte de l’auteur Sylvain Levey, écrit à la Villeneuve...Émilie Le Roux : Oui. En 2009, Sylvain était venu en résidence ici plusieurs semaines, il avait rencontré les habitants. Il logeait chez quelqu’un du quartier, et a ainsi vécu ce que vit le personnage de Lys : le grand écart entre cette réalité urbaine qu’est la Villeneuve, et en même temps, cet appel des montagnes qui entourent complètement le quartier. Du coup, il a inventé le personnage de Lys Martagon qui vit à la montagne avec sa mère, descend à la ville tous les jours, et qui est dans cette tension entre le monde urbain et la nature dans laquelle elle a grandi. Vous aviez déjà monté ce texte en 2010...Quand Sylvain a écrit le texte, il savait qu’il allait finir entre mes mains, parce que ça faisait partie de la commande. Il savait aussi qu’il serait créé avec des amateurs – ceux de l’Espace 600 en l’occurrence. Il y a donc eu le spectacle, et j’avais plutôt envie que ça s’arrête là. Mais plusieurs professionnels nou

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Lues et approuvées

SCENES | "Regards croisés", le traditionnel festival grenoblois consacré au théâtre contemporain, revient pour la douzième fois. Avec une sélection très jeune et homogène. AM

Aurélien Martinez | Vendredi 11 mai 2012

Lues et approuvées

« Le théâtre est un des derniers lieux où nous pouvons encore nous questionner sur notre sort collectif en réinterrogeant sans cesse notre place dans la société lors d’un rassemblement, le temps d’une (re)présenation » écrit Magali Mougel, auteure associée à Troisième bureau, pour introduire l’évènement Regards croisés. Une assertion, discutable dans les deux sens (reste-t-il si peu de lieux de la sorte ? et surtout, le théâtre réinterroge-t-il constamment notre place dans la société ?), qui illustre à merveille la philosophie qui anime l’équipe de Troisième bureau, collectif pluridisciplinaire qui s’est donné pour mission de promouvoir et défendre les écritures théâtrales contemporaines. Sur cinq soirs, des pièces d’hommes et de femmes bien vivants seront lues par différents comédiens, dont certains souvent vus dans la sphère théâtrale grenobloise. Des moments qui se termineront à chaque fois par le traditionnel Café des auteurs, pour rencontrer ceux qui ont composé les textes choisis. Ma cité va craquer « Par où commencer ? » : tel est le titre de cette douzième édition du festival, qui a invité des dramaturges à la vision assez som

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Ecoute-moi

SCENES | THÉÂTRE / En cette année 2011 marquant les 150 ans de l’unité italienne, le collectif grenoblois Troisième bureau propose une semaine de spectacles, lectures (...)

François Cau | Lundi 14 novembre 2011

Ecoute-moi

THÉÂTRE / En cette année 2011 marquant les 150 ans de l’unité italienne, le collectif grenoblois Troisième bureau propose une semaine de spectacles, lectures et rencontres bilingues, avec Marco Baliani (photo) et Laura Curino, deux écrivains italiens majeurs du théâtre-récit. Le théâtre-récit est une forme artistique née en Italie il y a une vingtaine d’années, qui élabore un schéma narratif différent (avec notamment le recours à un acteur-narrateur) pour que le spectateur focalise son attention uniquement sur le texte. Un procédé radical dont on a pu avoir un aperçu partiel en 2009 à la MC2, avec la mise en scène de La Fabbrica d’Ascanio Celestini. Au cours de cette semaine très riche, sera entre autres lue la pièce Corps d’État, l’affaire Moro de Marco Baliani : une œuvre où l’auteur, proche au début des années 70 de la gauche extra-parlementaire italienne, convoque ses propres souvenirs sur l’enlèvement puis l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades rouges en 1978, et la scission que cela créa dans le pays. « Et pourtant nous étions tous issus de ce même besoin d’égalité et de justice, nous étions tous issus de ce même grand rêve. » En relatant subjectivement les faits dans u

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Du sang neuf

SCENES | PREVIEW/ Que verra-t-on la saison prochaine dans les théâtres de l’agglo ? Deuxième tentative de réponse cette semaine (avant notre panorama de septembre prochain) avec le dévoilement de la programmation de l’Hexagone et de l’Heure Bleue. AM

François Cau | Mercredi 8 juin 2011

Du sang neuf

19 créations sur 43 spectacles programmés : l’Hexagone de Meylan poursuit sur sa lancée, se différenciant ainsi d’autres salles dites généralistes. Une prise de risque qui néanmoins rend difficile l’analyse de la programmation a priori. Parmi ces créations dont on ne sait pas grand-chose mais qui titillent notre curiosité, il y a celle du circassien Camille Boitel (vu dernièrement à la MC2 avec L’Immédiat) accompagné de Boris Gibé, ou encore celle de Joris Mathieu sur l’œuvre et la vie de Philip K. Dick. Le Songe d’une nuit d’été par la Cie L’Unijambiste promet aussi d’envoyer du lourd, au vu de l’univers très fort du metteur en scène déjà passé deux fois à Meylan. De plus, on attend beaucoup du Sous la glace de Falk Richter (mise en scène d’Andrea Novicov), l’auteur allemand s’attaquant frontalement à l’univers de l’entreprise. Et on retrouvera avec plaisir Adrien Mondot pour sa dernière livraison made in Hexagone – sa résidence prenant fin en 2011. Enfin, à noter que le festival des Rencontres-i, biennale arts-sciences organisée par l’Hexagone, prend encore de l’ampleur, tant au niveau du nombre de spectacles proposés (une douzaine) que du nombre de

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« Semer des graines »

SCENES | JEUNE PUBLIC / Scène de référence dans l’agglo concernant le jeune public nichée au cœur de la Villeneuve, l’Espace 600 a depuis maintenant un an et demi une nouvelle directrice. Rencontre avec Laure-Anne Legrand, pour évoquer notamment la place du jeune public à Grenoble. Propos recueillis par AM

François Cau | Lundi 10 janvier 2011

« Semer des graines »

Petit Bulletin : Vous dirigez l’Espace 600 depuis maintenant plus d’un an, à la suite de Geneviève Lefaure, en vous inscrivant dans la continuité de cette scène Rhône-Alpes tournée vers le jeune public…Laure-Anne Legrand : Je continue de développer une attention particulière sur la création artistique destinée au jeune public, en proposant différentes esthétiques, et à destination de différentes tranches d'âge : la petite enfance, l'enfance et l'adolescence... Le théâtre jeune public, c'est une proposition pour l'enfant "à partir de". Je programme plusieurs spectacles pour l'enfant à différents moments de sa vie, ce qui permet un parcours et un choix parmi les propositions pour celui-ci. Ce qui m'intéresse également, c'est ce qui se joue pour l'enfant pendant le spectacle, mais aussi tous les projets que nous pouvons tisser autour de cette programmation, notamment avec l’adulte qui l’accompagne. Car un enfant ne vient pas tout seul au spectacle ! D’ailleurs, un bon spectacle jeune public s’adresse aussi à l’adulte. Il va trouver quelque chose dans sa relation avec l’enfant et dans son propre ressenti. Vous semblez vouloir c

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La Rampe et l’Heure Bleue : vers l’autre et au-delà !

MUSIQUES | Avant notre traditionnel panorama de septembre (attendu comme le messie, on le sait !), regardons de plus près ce que les salles de l’agglo nous offrent pour la saison prochaine. Aujourd’hui, la Rampe d’Échirolles et l’Heure Bleue de Saint-Martin-d’Hères. Here we go. AM

François Cau | Jeudi 10 juin 2010

La Rampe et l’Heure Bleue : vers l’autre et au-delà !

Cette année, c’est officiel, La Rampe (avec sa petite sœur La Ponatière – il ne faut pas l’oublier !) est une scène conventionnée danse et musiques. La programmation de Jacky Rocher, aux commandes du lieu depuis maintenant deux ans, s’en ressent donc pleinement. Ainsi, niveau danse, on retrouvera des habitués de la scène échirolloise : Bouba Landrille Tchouda, toujours en résidence dans le lieu, qui présentera sa dernière création "Murmures" (en novembre) ; Denis Plassard et sa compagnie Propos seront là avec "Les cadavres se regardent dans le miroir" (en janvier), tout comme les fabuleux Thomas Guerry et Camille Rocailleux qui, après leur très beau "La Mécanique des Anges", reviendront à la Rampe fin mars avec "Traverse", spectacle jeune public visible par tous. Il faudra aussi compter cette saison sur l’Espagnol Andrés Marín et son flamenco contemporain (en octobre), ou encore Josette Baïz et son univers très personnel avec cette fois-ci un travail autour d’Oliver Twist (en février). Et les gagnants de concours [Re]connaissance présenteront leurs pièces en entier en octobre (Marion Lévy, Isida Micani et Mickaël Le Mer). En avant la musique Au

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Rire de peur que…

SCENES | ZOOM / Le festival Regards croisés fête ses dix ans, avec une édition diablement intéressante au vu des auteurs et des textes retenus. Avant de vous en dire plus sur les différents artistes, on est allés questionner Bernard Garnier, le maître de cérémonie de ce temps fort mené autour des écritures théâtrales d'aujourd'hui. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 21 mai 2010

Rire de peur que…

Petit bulletin : Le thème de cette nouvelle édition de Regards croisés est "Hé ! Hé !". Ça semble plus joyeux que les précédentes !Bernard Garnier : C’est ce que l’on souhaitait. Même si je ne suis pas sûr que le monde soit beaucoup plus gai que l’année dernière, et que l’on aille vers des printemps qui chantent. C’est donc plus une attitude par rapport au monde, à ce qui nous environne. On peut ainsi évoquer derrière ce "Hé ! Hé !" l’idée de rébellion, de résistance… Car ce "Hé ! Hé !" mis en avant n’est pas du tout un rire de dérision, de moquerie ou d’ironie, mais un rire presque provocateur : tant que l’on rit, on est en vie. Cette idée se matérialise dans les pièces retenues, qui manient beaucoup l’absurde…En choisissant les textes, on n’a pas tout de suite la vision globale. On avait ainsi commencé avec Nez rouges, peste noire, le texte de Peter Barnes [écrivain anglais mort en 2004, NDLR] l’un des évènements de ce festival. Ça a rapidement été l’inspirateur de cette édition puisqu’au départ, on parlait de catastrophe joyeuse. Pourtant, au final, tous les textes ne parlent pas de catastrophe joyeuse, d’

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«Ne pas prendre les enfants pour des imbéciles»

SCENES | JEUNE PUBLIC. Cette année, Sylvain Levey est l’auteur associé à l’Espace 600, où trois de ses textes seront mis en scène. A l’occasion du début de l’aventure la semaine prochaine avec Ouasmok ?, présenté par la compagnie grenobloise Les Gentils, on a rencontré Sylvain afin d’évoquer ses projets pour cette résidence. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 23 octobre 2009

«Ne pas prendre les enfants pour des imbéciles»

Petit Bulletin : Pourquoi avoir accepté la proposition de l’Espace 600 ?Sylvain Levey : C’était une envie politique, car un auteur en résidence dans un lieu comme la Villeneuve a du sens. Je ne suis pas un auteur qui travaille seul chez lui, j’aime bien être en déplacement, à la rencontre des gens. J’ai un parcours aussi avec le lieu ; Villeneuve, pour moi, représente quelque chose : c’est un de mes premiers déplacements en tant qu’auteur avec Ouasmok ?. J’ai commencé à beaucoup apprécier Geneviève Lefaure [l’ancienne directrice de l’Espace 600, qui a quitté son poste en juin dernier NDLR]. J’ai trouvé que la reprise du projet par Laure-Anne Legrand [la nouvelle directrice NDLR] était faite de façon intelligente, donc je me suis dit "ok, je peux y aller" ! Comment s’articulera cette résidence ?C’est un grand projet qui prend du temps et de l’esprit. Il va y avoir plein de rencontres et de choses très riches à faire avec les jeunes. Je les ai déjà rencontrés, c’était très fort. Ils sont disponibles, ouverts d’esprit, capables de se faire surprendre… J’aime bien cette idée de travailler sur la Villeneuve. J’ai

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Parle avec eux

CONNAITRE | Pendant une semaine, chaque soir, un texte de théâtre contemporain sera lu avec soin par le collectif grenoblois Troisième bureau. L’occasion de découvrir des univers et des auteurs passionnants, autour du thème de la désertion. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 15 mai 2009

Parle avec eux

On déserte. Bye bye, on prend la porte, on quitte ce monde de dingues, sans se retourner et sans même une once de nostalgie. Pourquoi soudainement tant de révolte et de bouillonnement dans nos petits corps d’êtres humains d’habitude si prosaïques? Tout simplement parce que la désertion est le thème de cette neuvième édition du festival « Regards croisés sur les nouvelles dramaturgies » de nos amis de Troisième bureau. Et là, une petite présentation s’impose : formé en 2000, Troisième Bureau est « un collectif artistique pluridisciplinaire réunissant comédiens, auteurs, metteurs en scène […] qui œuvre à une diffusion “critique” des écritures théâtrales d’aujourd’hui ». Le festival évoqué ci-dessus est ainsi l’aboutissement d’un travail annuel prolifique mené autour de lectures publiques mensuelles. « La lecture peut être un moyen de découvrir un texte » nous explique Bernard Garnier, coordinateur de projet et comédien. Écouter un texte de théâtre simplement lu plutôt que de le voir mis en scène permettrait de mieux l’appréhender ? « Mieux je ne sais pas, mais différemment sans doute. On a fait une enquête auprès des auteurs présents l’an dernier, et

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Festival Regards croisés: notre sélection

CONNAITRE | On a lu les textes, on les a aimé, on vous en cause. AM

François Cau | Vendredi 15 mai 2009

Festival Regards croisés: notre sélection

Lyrisme social« La seule façon d’aimer quelqu’un, c’est de le tuer » fait dire l’auteure américaine Naomi Wallace à l’un de ses personnages d’Au pont de Pope Lick. Sur ce pont passe chaque soir, à la même heure et à toute vitesse, une locomotive, « monstre suant, fumant, brûlant de promesses ». Une jeune fille la défie de temps à autre, en traversant les voies à son passage, et entraîne dans cette course suicidaire un jeune garçon. Dans ce texte fort (qu’on imagine renforcé par l’oralité), Naomi Wallace arrive à dépeindre avec pudeur et lyrisme ce qu’il se trame dans la tête de ces gamins paumés et désespérés, en les confrontant aux désillusions du monde environnant (les États-Unis de 1936, en pleine dépression). Du grand théâtre aux résonances sociales percutantes. L’un de nos coups de cœur de ce festival.AU PONT DE POPE LICKVendredi 29 à 20h. Trash & coUn récit fait de longs monologues, débités, jetés, crachés par trois personnages (deux femmes et un homme, nommés seulement par une lettre) déglingués par la vie, engloutis dans la noirceur d’un Dublin des bas-fonds. Grâce à une écri

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Pauvres sans retour

SCENES | Lecture / La pièce Cinq hommes, commande de la Compagnie Théâtrale Müh au dramaturge australien Daniel Keene, fut montée en 2003 au Théâtre du Rond-Point par (...)

| Mercredi 17 janvier 2007

Pauvres sans retour

Lecture / La pièce Cinq hommes, commande de la Compagnie Théâtrale Müh au dramaturge australien Daniel Keene, fut montée en 2003 au Théâtre du Rond-Point par cette même compagnie. Troisième Bureau choisit judicieusement cette pièce pour sa deuxième lecture : la pièce offre une illustration on ne peut plus contemporaine de la thématique de l'exil, thématique choisie cette année par le collectif. Dans ce texte écrit en 2002, la situation de départ s'avère malheureusement très commune : en Europe des ouvriers immigrés clandestins (venus pour raisons économiques et/ou politiques), s'échinent à construire un mur pour le compte d'un patron sans scrupules. Un mur absurde, dont on ne connaîtra jamais la raison de son existence, revêt là, un caractère éminemment symbolique. Il est la frontière infranchissable entre pays riches et pauvres, entres niveaux sociaux, entre domination et exploitation. Sur le chantier, lieu également symbolique car no man's land caché du monde, Luca l'albanais, Samir l'algérien, Edvard le slovène, Slavko le serbe, et Janos le hongrois, personnages abandonnés, apprennent à vivre ensemble, à se respecter, à se soutenir, à se connaître. Une solidarité, une humanité t

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C’est du Belge

SCENES | Avant de revenir plus en détail sur son spectacle de clôture (Ook, chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui, déjà évoqué dans notre supplément Rentrée Culturelle Panorama) (...)

| Mercredi 14 mars 2007

C’est du Belge

Avant de revenir plus en détail sur son spectacle de clôture (Ook, chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui, déjà évoqué dans notre supplément Rentrée Culturelle Panorama) dans notre numéro du 21 mars, évoquons le lancement du nouveau Mois de la Création Belge à la salle martinéroise L’Heure Bleue. Débuté le 6 mars avec la “comédie indigène“ Gembloux, à la recherche des soldats oubliés (retour sur la bataille de Gembloux, où des tirailleurs marocains s’illustrèrent contre les troupes nazies), l’événement se poursuit les 13 et 14 mars avec l’attachant spectacle de la Compagnie Baladeu’x, Double Tour, une fantaisie circassienne et poétique pour un couple… et une porte, où l’alchimie des interprètes joue pour beaucoup dans le charme dégagé. Le 15 mars, un prestigieux homonyme de notre icône adorée, le jazzman Philip Catherine, nous fera redécouvrir son répertoire, grandement épaulé par le Brussels Jazz Orchestra. Enfin, le jeune public ne sera pas en reste le 21 mars avec le spectacle de marionnettes Bistouri, délire cartoonesque d’une précision… chirurgicale.

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