Éclairage maison

CONNAITRE | Si la Fête des Lumières (du 6 au 9 décembre) fait appel aux plus grands créateurs lumière de France et d'Europe, elle permet aussi à de talentueux Lyonnais de faire leurs preuves. Exemples avec les projets de Cité Création, de Dolus & Dolus et, surtout, de la Direction de l’éclairage public de la Ville.

Nadja Pobel | Jeudi 28 novembre 2013

Photo : Shox Case / Direction de l'éclairage public - Fête des Lumières 2013 © Ville de Lyon


Et si la plus belle réussite de la Fête des lumières était du fait de la Ville ? On ne parle pas là de l'organisation, du budget alloué ou des enjeux politiques qui sous-tendent ce rendez-vous majeur pour l'édile, mais de la force de frappe des fonctionnaires, ceux de la Direction de l'éclairage public qui, logiquement, ont été les premiers maîtres d'œuvres, dès la préfiguration en 1998 de la manifestation, fête religieuse puis laïque devenue un événement. Chaque année, à l'heure d'en tirer un bilan, leur travail est bien souvent celui qui reste le plus en mémoire.

Derrière ce collectif d'agents publics se cache depuis neuf ans la signature de Jérôme Donna, architecte d'intérieur de formation et développeur lumière par passion, mettant notamment en valeur des lieux patrimoniaux. Connaissant parfaitement le terrain, puisqu'il le foule quotidiennement avec ses collègues, il est à même d'explorer des lieux compliqués à éclairer ou de défricher des sites encore jamais mis en lumière. Ainsi en fut-il des grandes serres du Parc de la Tête d'Or, colorées en 2002, ou de la cour de l'Hôtel de ville, illuminée pour la première fois en 2008 et transformée en grand salon de réception, via notamment un toit de mini-ampoules.

En 2007, c'est encore l'équipe de la Ville qui essuie les plâtres d'un lieu ignoré depuis, la place Antoine Rivoire, au chevet de l'église Saint-Nizier, sur laquelle sont projetées des gargouilles comme échappées du bâtiment. Ce travail recevra le Prix Lumière du public. Jérôme Donna, qui ne choisit pas toujours les lieux sur lesquels il opère, a aussi hérité l'an dernier de la peu reluisante voute sous Perrache - il s'agissait alors d'amener les spectateurs pour la première fois au quartier Confluence. Qu'à cela ne tienne : obtenant que la circulation soit interdite aux voitures et s'inspirant comme à chaque fois de l'histoire du lieu - celui-ci, en l'occurrence, a longuement été inondé quand la limite sud de Lyon était la rue des Remparts d'Ainay -, il y a créé un magnifique fond aquatique avec des poissons flottants. De la même manière, montée des Chazeaux, en allant à Fourvière, il avait rendu visible le patrimoine caché des balmes en projetant les photos d'entrées de souterrains interdits d'accès là même où elles ont été murées.

Les enfants au pouvoir

Parmi les plus belles réalisations de Jérôme Donna figure aussi une jungle urbaine dans la cour du Musée des Beaux-arts, ouvert au public pour la dernière fois en 2010. Censé créer un circuit avec la place des Terreaux et la mairie, ce lieu qui ne peut accueillir que 500 personnes à la fois fut ensuite rayé de la carte de la Fête sur pression de la Préfecture. Mais son acmé, il l'a atteint en 2011 dans la montée de la Grande côte, un endroit qu'il connait par cœur pour l'avoir éclairé lors de sa réfection, à l'époque où il travaillait au cabinet des Eclairagistes Associés (qui assura la direction artistique de la Fête de 1998 à 2003), avec le féérique et émouvant Rêves d'enfants, sans doute la plus belle installation de l'histoire de la Fête des Lumières. Soit 80 personnages de lumière modelés sur des dessins d'enfants («pour avoir un trait naïf») réalisés à partir des contes du Petit Chaperon rouge, de Blanche Neige et des Trois petits cochons. Aussi simple (seules les trois couleurs primaires de la lumière furent utilisées : le rouge, le vert et le bleu) que dense, ce projet fut un véritable enchantement, là encore inspiré par l'environnement immédiat - ici de multiples crèches et écoles. Il emmènera ce succès d'estime à Singapour.

Maître des Jacobins

La création de ces boucles pour la Fête des lumières ne l'occupe que trois mois par an. Le reste du temps, Jérôme Donna s'atelle aux éclairages pérennes, comme ceux de la gare Jean Macé en 2009 ou de la fresque de l'Annonciade. S'il n'intervient pas sur le tout nouveau tunnel de la Croix-Rousse, confié au duo Skertzò (en charge de la place des Terreaux en 2002, 2003 et 2012), il a notamment géré l'illumination des vingt-quatre colonnes du Palais de justice, dotant pour la première fois un lieu de la quadrichromie. Depuis, chaque colonne étant éclairée sur ses trois surfaces, les artistes n'ont plus qu'à brancher un câble relié à leur ordinateur pour que tout prenne feu.

Cette année, Jérôme Donna avait une option de longue date sur la place des Jacobins flambant neuve. De ce carrefour, il fera une pièce, le surmontant d'un plafond et engloutissant la fontaine dans un cube de miroirs sans tain afin de jouer sur le mystère et la déformation. Lui qui a refusé d'éclairer la place Bellecour, véritable tarte à la crème, majestueuse mais trop immense et, jusqu'ici, très mal mise à l'honneur, lui qui pourrait être débauché par le privé ou une autre municipalité, ne rêve même pas d'un lieu-clef comme les Terreaux. Sa seule ambition : construire des projets d'équipe qui ne pourraient se faire sans les agents, agents qui depuis plusieurs jours déjà "gélatinent" 1500 lampadaires de la ville pour réduire leur intensité et tracer un chemin. Sa prochaine envie : offrir à Lyon une œuvre lumineuse qui se déplacerait sur les fleuves. À bon entendeur…

Show Case par la Direction de l'éclairage public
Place des Jacobins, Lyon 2e

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