Les Liens de sang

CONNAITRE | Festival / Le festival Quais du polar, désormais installé au Palais Bondy, propose une programmation littéraire de très grande qualité en mettant notamment l'accent sur les romans noirs britanniques et italiens. Yann Nicol

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2007

Lorsque l'on parle de romans noirs, on ne peut évidemment s'empêcher d'évoquer les grands noms du polar américain qui, de Raymond Chandler à Dennis Lehane en passant par James Ellroy ou George Pelecanos, constituent des références absolues dans ce domaine. Le festival Quais du polar a d'ailleurs choisi de rendre hommage à l'un d'eux, l'immense Jim Thompson, en faisant notamment appel à des cinéastes et des auteurs américains de la nouvelle génération, comme le très prometteur Daniel Woodrell, qui pourra témoigner de son influence. S'il n'est pas question de remettre en cause l'empreinte américaine, on est très heureux de voir que le festival se tourne encore une fois vers des contrées romanesques plus confidentielles. Mais peut-on réellement parler de confidentialité, lorsque l'on évoque par exemple la colossale production de polars que l'on trouve en Grande-Bretagne ? À l'évidence, non, lorsque l'on pense à des auteurs britanniques comme Anne Perry, John Harvey, ou l'Irlandais John Connolly. Ce dernier, qui vit d'ailleurs aux États-Unis, participera à une rencontre immanquable avec Robert Crais, dont le dernier roman, L'Homme sans passé, mettait à nouveau en scène son héros fétiche, l'attachant Elvis Cole. À propos de héros fétiche, on attend avec impatience la conférence qui tournera autour de «l'évolution du détective dans le roman policier» et qui réunira des auteurs aussi variés que l'italien Pinketts ou la norvégienne Anne Holt. Une question passionnante puisqu'elle met en jeu les notions de réalisme et d'univers littéraire...Nouvelles plumes françaisesLa Scandinavie s'impose ces derniers temps comme le terreau d'une nouvelle génération d'écrivains qui se glissent dans les traces de précurseurs comme Henning Mankell ou Ake Edwardson, les premiers à montrer leurs pays d'origine avec lucidité et noirceur. Anne Holt, présente sur le festival, fait bien sûr partie des grands auteurs venus du froid qui séduisent de plus en plus de lecteurs. Quais du polar n'oubliera pas non plus la production française, et nous proposera de naviguer entre les générations. Ainsi, vous pourrez retrouver les grands «anciens», comme Jean-Hugues Oppel ou Jean-Bernard Pouy, et découvrir une toute nouvelle vague d'écrivains de romans noirs : Frank Thilliez, dont La Forêt des ombres faisait froid dans le dos, mais aussi les deux jeunes romanciers édités Au Diable Vauvert, Grégoire Hervier et Philip Le Roy. Ce dernier, remarqué par un thriller haletant intitulé Le Dernier Testament, vient tout juste de publier une nouvelle enquête de son héros Nathan Love (La Dernière Arme) et s'affirme comme une plume à suivre de très près. À l'heure où nous parlons, un doute subsiste sur la venue de Massimo Carlotto, passionnant représentant d'une Italie riche en auteurs de talent : en plus de Pinketts, vous pourrez ainsi rencontrer Santo Piazzese et Loriano Macchiavelli, dont le dernier livre, Bologne, ville à vendre, vient d'être traduit chez Métailié. Voilà un écrivain qui porte bien son nom...

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