SHEARWATER

CONNAITRE | The Golden Archipelago Matador

Dorotée Aznar | Lundi 1 mars 2010

Les fans du Shearwater en chef Jonathan Meiburg connaissent sa passion pour l'ornithologie. (chose qu'on imagine rare pour un texan, généralement plus sensible au charme des côtes de bœuf). Plus encore que ses précédents disques, The Golden Archipelago est l'histoire d'un type parti observer les oiseaux sur quelque rocher battu par les vents et le ressac. Au sens propre comme au figuré, car c'est bien ses nombreux voyages d'étude des volatiles que conte Jonathan Meiburg sur ce disque, le dernier d'un triptyque consacré à l'impact de l'homme sur la nature entamé avec Palo Santo puis Rook. Il en ressort un lyrisme et une sauvagerie paysagère comme seuls les tableaux les plus bruts de la nature peuvent en donner, au service d'un album d'une rare maîtrise et d'une grande beauté. Fruit d'une patience sans faille (il en faut pour observer les oiseaux) et d'une minutie d'orchestration peu commune. Inutile de dire qu'il n'est pas nécessaire de se passionner pour le fou-de-bassan ou le macareux moine pour apprécier ce disque, la musique de Meiburg, comparée à juste titre à celle de Mark Hollis et Talk Talk, et son génie d'interprétation parlent d'eux-mêmes. Mieux, à ceux qui pensent que le format «album» a vécu, Shearwater montre en spécialiste que comme chaque espèce en voie de disparition, il a encore de beaux restes et plus d'une raison de vivre. SD

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