Politique (science) fiction

Dorotée Aznar | Vendredi 30 septembre 2011

Ciné-concert / Promenez-vous autour de la gare de Perrache (en vous rendant au Marché Gare, par exemple), et vous verrez sous certains ponts des tentes de fortunes où s'abritent les exclus de la société libérale et productiviste. Achetez votre quotidien national le matin, et lisez-y le récit de la dernière intervention policière pour démonter un camp de gens du voyage installés au cœur d'une grande ville française. Allumez votre télévision, et regardez le dernier divertissement de Marc-Olivier Fogiel vous expliquant avec son sourire Colgate fresh que la réussite tient au nombre d'entrées et que l'échec se mesure à vos maigres revenus. Ensuite, allez voir le ciné-concert de Robert Le Magnifique autour du film de John Carpenter They Live (dont le titre français, Invasion Los Angeles, est une honte !). Vous y verrez un ouvrier du bâtiment débarquer à Los Angeles avec ses outils sous le bras (musclé), se faire jeter un peu de partout parce que «c'est la crise», trouver refuge dans un bidonville posé au pied des buildings, avant d'assister, impuissant, à son démantèlement par un assaut particulièrement violent des forces de sécurité. Ce serait déjà troublant, mais Carpenter, alors (1988) très en colère contre le pouvoir reagano-bushien (le padre, moins crétin mais tout aussi nocif que son fiston), monte d'un cran dans la charge en désignant cadres, banquiers et médias de masse comme responsables du désastre. Pour cela, il en passe par une métaphore transparente : les soldats du libéralisme sont en fait des aliens venus coloniser la terre et asservir le peuple à coups de messages subliminaux dissimulés derrière les panneaux publicitaires et les signaux télés. Virulent mais fun, irresponsable (le salut par les flingues, comme dans un bon vieux western) mais cathartique, They live n'a jamais été aussi actuel pour nous, Français. Que Robert Le Magnifique, qu'on a connu pour ses exploits électro-hip-hop solo puis pour son association pertinente avec David Gauchard et sa compagnie L'Unijambiste, l'ait choisi pour en faire une nouvelle lecture musicale (en trio guitare, basse, batterie) est autant une décision esthétique que politique.
Christophe Chabert

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Une rentrée en C majeurs

Institut Lumière | Cassavetes, Coppola, Carpenter, Clint… Étrange convergence d’initiales, mais surtout de prestigieuses signatures à l’affiche de l’Institut Lumière en ce mois de septembre, où l’on joue avec vertiges du rétroviseur et de la lorgnette.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Une rentrée en C majeurs

Navigant entre passé, futur — l’avant-première des Misérables le 25 — et anticipation d’un retour vers le futur (la reprise de films de Francis Ford pour annoncer sa venue lors du Prix Lumière), la programmation ressemble en effet à un délicieux travelling compensé. À force de sauts temporels, on en finirait presque à se prendre pour l’héroïne de Peggy Sue s’est mariée, l’un des films sélectionnés avec le rétro Outsiders et le palmé Conversation secrète en guise d’apéritif ! Du Festival Lumière, il en sera question aussi avec Mystic River de Clint Eastwood projeté en hommage aux 10 ans de la remise du Prix à son premier récipiendaire (jeudi 5). Tout aussi mélomane (mais dans un autre registre) que Clint et aussi féru de westerns que lui, John Carpenter sera également à l’honneur pour un format adapté à ses atmosphères : une nuit comptant quatre titres. The Thing, Fog, Les Aventures de Jack Burton et, pour finir, son prophétique chef-d’œuvre

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Il faut aussi aller voir Spoek

Riddim Collision | Alors bien sûr, La Colonie de Vacances peut facilement tout éclipser de par l'expérience renouvelée qu'elle propose du concept "concert"... Mais ce serait (...)

Sébastien Broquet | Lundi 20 novembre 2017

Il faut aussi aller voir Spoek

Alors bien sûr, La Colonie de Vacances peut facilement tout éclipser de par l'expérience renouvelée qu'elle propose du concept "concert"... Mais ce serait dommage, car le Riddim Collision cette année se montre très équilibré et ôte de son épaule l'étiquette dark qui lui collait encore à la peau, tout en continuant de défricher des formes différentes. Exemple, la soirée d'ouverture en ce mercredi 22 : une carte blanche à Nuits Noires, avec un artiste inconnu jouant son répertoire... dans le noir. Ça se passera au soyeux studio Mikrokosm : visite conseillée. L'autre gros morceau, c'est le samedi 25 au Transbo (version club) avec Caballero & Jean-Jass : encore des Belges, qui dominent le game du hip-hop ces derniers mois. On guettera surtout sur le même line-up le Sud-Africain Spoek Mathambo, iconoclaste et ultra-prolifique artiste capable de repren

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Suuns, savants pas si fous

Riddim Collision | Après Zeroes QC et Images du Futur, les Canadiens de Suuns viendront présenter leur troisième galette, Hold/Still, au Marché Gare le dimanche 6 novembre pour (...)

Gabriel Cnudde | Mercredi 2 novembre 2016

Suuns, savants pas si fous

Après Zeroes QC et Images du Futur, les Canadiens de Suuns viendront présenter leur troisième galette, Hold/Still, au Marché Gare le dimanche 6 novembre pour l'ouverture du Riddim Collision. Toujours bien installés dans leur laboratoire musical, Joseph Yarmush et ses amis continuent de donner dans les expériences chimiques les plus folles. Oscillant entre un tapis sonore industriel angoissant, des mélodies dissonantes répétées et les gargarismes murmurés de Ben Shemie, Hold/Still se pose en bande originale d'une Odyssée de l'espace plus grimaçante encore que celle de Kubrick. Grands représentants du krautrock, les Suuns remettent la musique progressive à la mode. Exit les riffs guillerets, les refrains aguicheurs et les solos structurés, ici le rock devient une science complexe. Et si les savants de Suuns peuvent sembler fous au premier abord, force est de constater qu'ils sont en fait d'habiles manipulateurs de sons et de bruits. On a déjà hâte d'ente

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Du zouk, du turntablism et des K7

Riddim Collision | Rendez-vous incontournable des oreilles en quête de découvertes auditives, le Riddim Collision vient de dévoiler sa programmation.

Gabriel Cnudde | Mardi 20 septembre 2016

Du zouk, du turntablism et des K7

La seule règle en vigueur pour apprécier le Riddim Collision, c'est de ne pas baisser les bras après avoir découvert sa programmation. Car derrière les étranges noms de groupe (Hippy Dinosaur 3000, Mat3r Dolorosa, Télédétente 666) et les dénominations stylistiques aussi nombreuses qu'inutiles (future garage, chillwave, alternative zouk noise : really ?) se cachent bien souvent des diamants bruts. Cette année et comme à son habitude, le festival nous en révèlera quelques uns. Pour lancer parfaitement cette 18e édition, ce sont les Montréalais de Suuns qui ouvriront le bal, le 6 novembre. Les adeptes de Kraftwerk et Spiritualized se réjouiront de la venue de ce groupe, jugé par certains comme l'un des plus emblématiques du rock moderne. Moins médiatisé et surtout beaucoup plus calme, Vince Dolphin, qui vient de sortir son deuxième album sur le label lyonnais AB Records, jouera le 17 novembre à la Grooverie lors de la traditionnelle soirée barbars. À quelques pas de là, aux Valseuses, Hubwar présentera une électro aux influences variées, n'hésitant pas à l'emmêler de so

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Zombie Zombie : Stranger things

CONNAITRE | Entre électro psychédélique et krautrock allemand, Zombie Zombie navigue en eaux sombres. Formé par Étienne Jaumet et Cosmic Néman (le batteur d’Herman Düne), (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 6 septembre 2016

Zombie Zombie : Stranger things

Entre électro psychédélique et krautrock allemand, Zombie Zombie navigue en eaux sombres. Formé par Étienne Jaumet et Cosmic Néman (le batteur d’Herman Düne), récemment rejoints par Dr. Schonberg, on peut dire que la magie noire opère entre ces trois touche-à-tout. Fans de cinéma d’horreur, ils ont sorti en 2010 un magistral et hypnotique album hommage aux films de Carpenter, sobrement intitulé Zombie Zombie Plays John Carpenter. Mais ce n’est que la facette visible de leur planète noire. Écoutez l’entêtant Rocket number 9, reprise de Sun Ra, jazzman mystique du siècle dernier. Ou encore Land for Renegades, épopée cosmique en col pelle à tarte sous LSD. Tenez-vous prêts pour le décollage. Samedi 10 septembre au vélodrome d

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Riddim Collision 2015 : Clark et Blanck Mass, mutants après tout

MUSIQUES | À l'affiche d'une 17e Riddim Collision en tout point formidable, les Britanniques Clark et Blanck Mass ont suivi depuis leurs débuts un cheminement similaire, d'une annihilation pure et simple de la notion de pulsation à son rapiéçage frankensteinien. Développant, indirectement, une vision apparentée d'un devenir mutant de l'Humanité. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 3 novembre 2015

Riddim Collision 2015 : Clark et Blanck Mass, mutants après tout

Un jour, des implants cérébraux nous offriront la possibilité de télécharger les compétences de notre choix à la volée. Un jour, des bio-imprimantes nous permettront de remplacer en un tour de clavier les organes endommagés par nos excès. Un jour, grâce à des prothèses robotiques, nous pourrons nous affranchir des limitations physiques que Mère Nature nous impose arbitrairement. Bref, un jour, nous serons tous de parfaits fantasmes kraftwerkiens, hommes-machines figés dans une éternelle béatitude de synthèse. C'est en tout cas ce qu'affirme le transhumanisme, ce courant intellectuel prônant l'amélioration des capacités humaines par la science et la technique. Pour l'heure, la réalité est un peu moins glamour. Obésité galopante, affaissement musculaire à force de sédentarité, crainte croissante des défaillances radioactives : l'Homme est plutôt parti pour ressembler au Master, le grand méchant du jeu de rôle post-apocalyptique Fallout, repoussant tas de chair connecté prônant l'Unité, autrement dit le perfectionnement et la dépersonnalisation de l'espèce humaine par la mutation génétique. Longue vie à la nouvelle chair La particul

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Riddim Collision 2015 : une édition d'envergure

MUSIQUES | Amis lecteurs, si vous n'avez toujours pas entendu le vol noir du corbeau sur la plaine, now is the time. Car le noir volatile vient de retrouver, à (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 novembre 2015

Riddim Collision 2015 : une édition d'envergure

Amis lecteurs, si vous n'avez toujours pas entendu le vol noir du corbeau sur la plaine, now is the time. Car le noir volatile vient de retrouver, à l'occasion de la dix-septième édition du Riddim Collision, dont il est l'animal totem, l'emploi d'oiseau de plus ou moins bon augure qui était le sien dans la mythologie scandinave, annonçant l'arrivée au Transbordeur d'une nuée de ses congénères aux ramages ambigus. À commencer par Ho99o9 (prononcez "Horror"), duo du New Jersey qui, à l'instar des deux chantres de la difformité présentés ici, nourrit une passion aussi captivante que dérangeante pour la difformité (son premier EP s'intitulait Mutant Freax) et la canalise en de foudroyantes décharges nihilistes mi-punk mi-hip-hop. Radical et hybride, Gum Takes Tooth ne l'est pas moins, cet autre binôme (de Londres cette fois) orchestrant à visages couverts la rencontre, forcément impressionnante, de la noise maximaliste à la Fuck Buttons (décidément)

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Riddim Collision 2015 : la tournée des Barbars

MUSIQUES | Vous aimez le Circuit ? Alors vous aimerez la Soirée Barbars. Bien que circonscrit aux pentes de la Croix-Rousse, le coup d'envoi du Riddim (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 novembre 2015

Riddim Collision 2015 : la tournée des Barbars

Vous aimez le Circuit ? Alors vous aimerez la Soirée Barbars. Bien que circonscrit aux pentes de la Croix-Rousse, le coup d'envoi du Riddim Collision est en effet articulé autour de la même intention que le ramdam hors-la-Confluence de Nuits Sonores : donner carte blanche à une partie des structures qui, semaine après semaine, se décarcassent pour améliorer vos conditions de vie nocturne – non sans nous accabler de dilemmes éditoriaux, merci les gars – et fédérer tout ce petit monde autour d'une offre tarifaire du genre qui ne se refuse pas – en l'occurrence un pass all access à 6€. C'est par exemple le cas d'Orbit, jeune collectif de beatmakers qui entend importer à La Clé de Voûte l'étonnant mélange d'obstination et de langueur propre à Flying Lotus, Daedelus, Nosaj Thing, TOKiMONSTA et au reste de la scène de Los Angeles, la capitale mondiale du toying rythmique et textural – où le prometteur Kuna Maze, auteur d'un premier EP d'electronica claudicante plein de caractère, se sentirait comme chez lui. C'est aussi celui de Merci Bonsoir, très actif fournisseur d'électricité qui reçoit au Trokson le trio Go!Zilla

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Des pains et du je

MUSIQUES | Emmené par le charismatique Arm, Psykick Lyrikah produit depuis plus de dix ans une musique affranchie et signifiante, où la combativité du hip hop le dispute à l'amertume du rock instrumental. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Des pains et du je

Tout a commencé par une silhouette. Celle d'un narrateur shakespearien en jean et hoodie, dénombrant «mille bruits, certes sanglants, à enfouir sous mille quêtes de soi, quelques milles crimes» les yeux clos, le visage indistinguable et le corps immobile, à l'exception d'une main droite fendant la pénombre telle une lame. La pièce s'appelait Hamlet / Thème et variations, elle était l'œuvre du metteur en scène David Gauchard - oui, celui dont nous louons saison après saison le travail, fut-il une relecture multimédia d'un classique élisabéthain ou la reprise à l'os d'un drame russe plein de bruit et de fureur - et on y faisait la connaissance, médusé, de Arm, MC magnétique dont la diction de grand inquisiteur condamnait à la fadeur ses camarades de plateau. De la même façon que la musique qu'il enregistre depuis cette époque, autrement dit depuis une bonne décennie, à la tête de l'entité Psykick Lyrikah, surclasse en tous points le reste de la production rapologique du pays. Avec laquelle elle ne partage pourtant rien d'autre que des racines goudronnées.  Kick-it like Arm Son verbe, acide et introspectif, on le

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Sibot says...

MUSIQUES | «T'as pas une gueule de porte-bonheur». Si l'on se retrouvait nez à nez avec Simon Ringrose dans une jungle tropicale, c'est sans doute ce qu'on lui (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 octobre 2013

Sibot says...

«T'as pas une gueule de porte-bonheur». Si l'on se retrouvait nez à nez avec Simon Ringrose dans une jungle tropicale, c'est sans doute ce qu'on lui dirait, en tout cas s'il était vêtu de l'espèce de zentaï (ces combinaisons en élasthanne qui font le bonheur des fétichistes de la seconde peau) à globules qui sert de tenue de scène à son alter ego musical, Sibot. Et ce serait mal le juger. Car si, dans la toujours plus vaste galaxie des producteurs masqués, il est l'un des astres les plus intimidants, il est aussi et surtout un véritable gri-gri à taille humaine, un précurseur dont les performances et le succès rejaillissent régulièrement sur le reste de la fourmillante scène électro-hip hop sud-africaine. Ne serait-ce que parce qu'il a été l'un de ses principaux bâtisseurs, s'associant tout au long de sa carrière (débutée au tournant du siècle) à nombre de porte-drapeaux arc-en-ciel en devenir, du grand dadais Watkin Tudor Jones, alias Ninja, qu'il a aidé, au sein de Max Normal, à poser les bases de Die Antwoord, à Spoek Mathambo, avec lequel il forme le duo Playdoe et semble prendre un malin plaisir à faire rimer

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Rainbow warriors

MUSIQUES | Hollande, Italie, Angleterre, Allemagne, Suisse, Belgique... Pour son quinzième anniversaire, le Riddim Collision se fait plus cosmopolite que jamais. C'est toutefois en Afrique du Sud que le festival des «musiques alternatives» créé par le label Jarring Effects a déniché ses invités les plus excitants : les rappeurs intercontinentaux de Cape Town Effects et le pionnier de la bass music Sibot. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 30 octobre 2013

Rainbow warriors

Cette semaine, la Maison de la Danse accueille en résidence la compagnie Via Katlehong, fondée dans l'un des townships les plus insalubres de Johannesburg, la capitale économique de l'Afrique du Sud. Après elle, ce sera au tour de la chorégraphe Dada Masilo, elle aussi issue de l'une de ces zones résidentielles dans lesquelles, sous l'Apartheid, étaient parquées les populations à la peau un peu plus chargée en mélanine que celle des colons européens, d'investir le lieu pour une relecture black et gay du Lac des cygnes. Le label indépendant Jarring Effects, lui, profitera ce week-end du quinzième anniversaire de son festival, le Riddim Collision, pour présenter la concrétisation de Cape Town Effects, projet mené en étroite collaboration avec son homologue du Cap, Pioneer Unit. Coïncidence ? Aucunement.  De Paris, où la Gaieté Lyrique déroule depuis la rentrée un panorama complet de la scène artistique contemporaine de Johannesburg, à Lans-en-Vercors, où le Hadra Trance Festival a fait l'été dernier de l'Afrique du Sud son invitée d'honneur, ils sont de plus en plus nombreux à porter leur regard le long des côtes au

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Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le "barathon" du Riddim Collision, Alto Clark au Kraspek Myzik et JD Twitch au Club Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 23 octobre 2013

Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

31.10 Riddim Collision Lancée le 10 octobre, la quinzième édition du Riddim Collision connaitra son acmé les 8, 9 et 10 novembre au Transbordeur. Entre temps, le festival investira les pentes de la Croix-Rousse pour une sorte de barathon, durant lequel se produiront simultanément une quinzaine de formations (au Trokson, aux Valseuses, aux Capucins, au Buffet Froid et au Kraspek Myzik). Parmi elles, le one-man-band qui en a sous la pédale d'effet Jessica93, les métalleux a

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Le Riddim bat la démesure

MUSIQUES | La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 2 novembre 2012

Le Riddim bat la démesure

La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont le principal combat voit une trentaine de participants gagner le ring à tour de rôle, dans le but de s'en expulser les uns les autres jusqu'au dernier. Là où ça devient bizarre, c'est qu'il plane sur ledit combat une malédiction : tous les types qui sont entrés en quatorzième position ont vu leur carrière s'effondrer et/ou leur vie prendre fin prématurément. Si nous en faisons état ici, c'est parce qu'en apprenant, à une semaine du coup d'envoi de la quatorzième édition du Riddim Colision, l'annulation de la venue du beatmaker californien Nosaj Thing, l'une de ses têtes d'affiche, on s'est demandé si quelqu'un chez Jarring Effects/Active Disorder n'avait pas tiré le mauvais numéro dans une carrière antérieure. Vérification faite, il n'en est rien, le festival devrait donc se dérouler sans autres encombres. Tant mieux, car il y a une fois de plus du très bon. En tête The Oscillation, quatuor briton donnant dans le rock altérateur de perception (mercredi 7 au Clacson), nos petits chouchous d'

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Du sang (neuf) sur le dancefloor

MUSIQUES | Des lieux reliftés, de nouvelles soirées périodiques, des anniversaires, des parties pour happy few... Le calendrier de la rentrée rock a beau être chargé, il passe, à côté de celui de la rentrée électro-urbaine, pour l'agenda d'un garde-forestier maltais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 14 septembre 2012

Du sang (neuf) sur le dancefloor

Au revoir les doigts de pied un éventail, bonjour les tendons plein d'entailles. Si les activistes des musiques électroniques s'exprimaient d'une seule et même voix, telle pourrait être leur devise en ce début de saison. Sans exagérer. Vous avez chanté tout l'été à l'ombre des sanitaires du Camping des mimosas ? Vous allez danser maintenant. Au pied des colossaux piliers de la Sucrière, qu'ébranleront la house maousse de Boys Noize, le 1er novembre, et l'electronica séquentielle de Rone, dix jours plus tard. Au sous-sol de la Fée Verte, fraîchement insonorisé, où sera de nouveau assignée à résidence l'iconoclaste association CLFT (elle fêtera sa première sortie discographique le 29 septembre et accueillera le 24 novembre Ben Gibson, discret prodige de la techno glagla). Au DV1, dont la nouvelle sono sera mise à rude épreuve par la fougue disco de Rebolledo le 24 novembre. Ou encore au Desperado Wild Bar, troquet aussi éphémère que select où la célèbre marque de bière aromatisée à la tequila invitera deux sixièmes de TTC (Teki Latex le 10 octobr

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Jouer à Shakespeare

SCENES | David Gauchard termine sa trilogie shakespearienne sur une note résolument optimiste. Avec "Le Songe d’une nuit d’été", il convoque à nouveau la vidéo et une bande son (pop) pour dynamiser ce texte complexe et loufoque. Musique, maestro ! Nadja Pobel (avec Aurélien Martinez)

Nadja Pobel | Vendredi 27 janvier 2012

Jouer à Shakespeare

Il y a eu Hamlet / Thème et variations pour questionner l’héritage et l’importance des choix. Puis un Richard III sombre (et génialement incarné par le granitique Vincent Gourion) pour restituer une réflexion politique sur le pouvoir. Déjà deux claques saluées à chaque fois dans nos colonnes. Non content de faire du théâtre, David Gauchard et sa compagnie L'Unijambiste y adjoignaient de la vidéo et de la musique à haute dose. Le trio hip-hop Abstrackt Keal Agram, Robert le Magnifique et Psykick Lyrikah pour Hamlet auxquels se rajoutait Olivier Mellano (guitariste de Dominique A ou Miossec entre autres) sur Richard III. Plus de live avec Le Songe mais une bande son à tomber par terre (et d’ailleurs éditée) avec sur scène le beatboxer Laurent Duprat et toujours Robert le Magnifique, Thomas Poli et Laetitia Shériff aux commandes. La méthode (qu

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The Ward

ECRANS | John Carpenter (Metropolitan video)

Dorotée Aznar | Mercredi 18 janvier 2012

The Ward

On oscille entre joie et tristesse face à cette sortie directement en DVD du dernier film de John Carpenter (qui vient de fêter ses 74 printemps, tout de même), immense cinéaste dont la postérité aura vraiment commencé au moment où plus personne ne voulait de ses films (sinon pour en faire des remakes généralement idiots). Cela faisait neuf ans (si on excepte les deux segments de la série Masters of horror) que le maître n’avait pas tourné, et The Ward est plus un retour sur la pointe des pieds qu’en fanfare. Le scénario, pas très original, voit une jeune fille internée dans un hôpital psychiatrique où rôde une présence menaçante qui finit par trucider les pensionnaires. La délicieuse Amber Heard apporte au personnage ce mélange de féminité et de virilité dont Carpenter raffole (de Jamie Lee Curtis dans Halloween à Natasha Henstridge dans Ghosts of mars) et on ne doute pas que l‘existence du film doit beaucoup à cette rencontre féconde. Pour le reste, si on enlève une fin complètement ratée, il faut reconnaître que Carpenter a gardé une certaine maestria pour faire surgir l’angoisse d’un couloir vide ou d’une pièce plongée dans la pénombre. Fo

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Carpaccio de Carpenter

MUSIQUES | John Carpenter ne doit pas être mécontent de voir que ses films et BO continuent d’inspirer, 35 ans après le séminal Assault On Precint 13, bon nombre d’électro (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 18 février 2011

Carpaccio de Carpenter

John Carpenter ne doit pas être mécontent de voir que ses films et BO continuent d’inspirer, 35 ans après le séminal Assault On Precint 13, bon nombre d’électro freaks biberonnés au krautrock et aux synthés analogiques. Après Tim Simenon pour Bomb The Bass, puis Terranova et Tricky sur l’inoxydable Bombing Bastards, voilà deux ans que le duo formé par Neman (batteur d’Herman Düne) et Etienne Jaumet (saxophoniste, entre autres, pour Married Monk), rend hommage à son réalisateur fétiche sous la casquette idoine de Zombie Zombie. Et quand on dit hommage, on est gentils, parce que plus on écoute leur Zombie Zombie plays John Carpenter, et plus on a l’impression d’avoir un autel sonore entre les oreilles. Les deux ouailles se prosternent devant le monstre sacré : nul massacre à la tronçonneuse, donc, en ce qui concerne les thèmes revisités. Leurs relectures se font plutôt dans une forme de soumission, de dévotion, qui rend religieusement à John Carpenter ce qui lui appartient, à savoir un talent hors pair p

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RIDDIM COLLISION

MUSIQUES | The Dark (K)night

Dorotée Aznar | Vendredi 5 novembre 2010

RIDDIM COLLISION

Jeudi 11 novembre, point d’armistice pour le Sonic. Le festival Riddim Collision poursuit sa croisade anti-(club)bling-bling en déployant ses forces électro punk pour une authentique Noise Party. En ligne de front, le son 8 bit de Gameboy Physical Destruction bombardera lo-fi binaire et distorsions émeutières. Avec pour premières armes cet apocalyptique EP, Analogic Guerilla, qui sonne comme du Atari Teenage Riot entouré de fils barbelés. Pour compléter la machine de guerre, Dupek et les anciens combattants de Basement torpilleront la Saône à coup de larsens incendiaires. Après la soirée Bar-Bar, serait-ce ici la vraie furie d’un jeudi noir ?SL

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Festival - Riddim Collision

MUSIQUES | Le douzième Riddim a eu chaud aux plumes, mais tel un Phénix foudroyé en fin d’été, le voilà qui renaît, nanti du don d’ubiquité qui plus est. Redevenu nomade, le (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 28 octobre 2010

Festival - Riddim Collision

Le douzième Riddim a eu chaud aux plumes, mais tel un Phénix foudroyé en fin d’été, le voilà qui renaît, nanti du don d’ubiquité qui plus est. Redevenu nomade, le festival démarre vendredi 5 novembre au Transbordeur, pour une soirée d’attaque où les collectifs BRK, AADN, Bee et Airflex Labs seront à l’honneur. En tête d’affiche par ailleurs, les Britanniques N-Type, Jazzsteppa et Kelpe viendront respectivement défendre leurs royaumes dubstep, freejazz et hip-hop. On recommande tout particulièrement le live de Kelpe, qui ouvrira son détonnant Cambio Wechsel vers les cimes tranchantes de l’IDM. L’itinéraire se poursuivra à bon rythme le 6 novembre, lors d’une soirée Bar-Bar où Les Valseuses serviront notamment le live à flow tendu de K The I ???. Du nectar west coast qui vaut bien un pot de Côtes. SL

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Les rebonds du Riddim

MUSIQUES | En plein boum pour finaliser le report de sa grande boum, Jarring Effects confirme les dates du 5 au 12 novembre : la douzième édition du Riddim Collision (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 16 septembre 2010

Les rebonds du Riddim

En plein boum pour finaliser le report de sa grande boum, Jarring Effects confirme les dates du 5 au 12 novembre : la douzième édition du Riddim Collision s’ouvrira sur une soirée au Transbordeur (prog en cours), suivie d’une nuit BarBar dans les troquets des pentes. Le dimanche 7, la rue Leynaud sera le QG d’une brocante, et les festivités nocturnes reprendront le mercredi 10, au Marché Gare, avec Brain Damage, 19 Dub, Metastaz… Le 11 novembre, point d’armistice pour les collisions rythmiques ; I Love UFO, Dupek et Gameboy Physical Destruction bombarderont leurs basses au Sonic. Le bouquet final claquera au Clacson le dimanche 12, encore un peu de patience pour connaître la fine fleur qui investira le dancefloor…

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REPORT DU RIDDIM

CONNAITRE | Le festival Riddim Collision n’aura pas lieu, comme initialement prévu, du 28 septembre au 2 octobre au Marché de Gros. Un malentendu sur l’heure de (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 10 septembre 2010

REPORT DU RIDDIM

Le festival Riddim Collision n’aura pas lieu, comme initialement prévu, du 28 septembre au 2 octobre au Marché de Gros. Un malentendu sur l’heure de fermeture du site contraint les organisateurs Jarring Effects et Active Disorder à reporter leur grand raout rythmique. Le festival prendra pour le coup une tournure différente, en s’articulant autour de plusieurs lieux – le Transbordeur, le Clac’son, le Sonic et plusieurs bars des pentes sont déjà pressentis pour accueillir diverses soirées réparties sur une semaine complète, probablement du 5 au 12 novembre. On en reparle bientôt.

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Riddim rédemption

MUSIQUES | Festival / Collision des rythmes et mutation des genres, le festival de Jarring Effects impose sa vision alternative de l’électro. Trois nuits en marge du confort et du conformisme au Marché de Gros. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 25 septembre 2009

Riddim rédemption

Cette année, les mauvaises langues qui prétendent que le Riddim rassemble trop souvent un public sorti du rayon bières de Lidl et des artistes aussi sexy qu’un cirque interlope de Groznyï seront priés d’aller cracher leur médisance ailleurs. Car cette onzième édition pourrait bien en remontrer à ceux qui daubent sur le dub en oubliant que Jarring est avant tout un label pluriel. Même si, «rootsitude» oblige, la soirée du vendredi restera dévolue au dub maison (High Tone, Twelve & Rico…) et aux sound systems d’obédience jamaïcaine, le reste de la programmation sort allègrement des sentiers battus par la génération sweat-treillis des petits-fils de King Tubby. Le hip-hop, notamment, se taillera la part du lion sur les deux scènes du samedi. De l’imprononçable K-The-I ??? aux inimitables performances buccales d’Under Kontrol (champions du monde du beatboxing), du bon vieux rap US d’Oddateee aux accents grime de Ben Sharpa, ce plateau «bass culture» proposera tout ce qu’il faut pour renouer avec l’ombilic du groove «pô pô pô». Mais la collision des rythmes ne se limitera pas cette année à un vaste panel de beats et de breaks, si représentatif soit-il de l’underground électrophile. Avis

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Carpenter est vivant !

ECRANS | L’Épouvantable vendredi, rendez-vous mensuel de l’Institut Lumière destiné aux amateurs de cinéma fantastique, rend hommage à l’immense John Carpenter en trois films singuliers dans son parcours exceptionnel. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 6 mai 2009

Carpenter est vivant !

Le cinéma de John Carpenter nous manque. Depuis Ghosts of mars, il n’a plus tourné pour le grand écran, se contentant de signer deux épisodes de la série Masters of horror (voir encadré). Régulièrement, les sites internet promettent son retour, mais telle la sœur Anne de Barbe-Bleue, nous ne voyons rien venir. Reste donc son œuvre passée. Multidiffusée sur le câble, championne de l’édition DVD, elle forme un ensemble indémodable qui légitime l’emploi du terme pourtant galvaudé d’auteur. Les films de Carpenter, c’est la quintessence de ce qui fait qu’on aime le cinéma : personnels et divertissants, porteurs de valeurs et portés par un regard unique. Le regard de Carpenter lave celui du cinéphile, abîmé par trop de sophistications et rayé par le cynisme. Revoir du Carpenter, c’est se redonner une virginité ; grâce à L’Épouvantable vendredi de l’Institut Lumière, on pourra le faire cette semaine sur grand écran où l’art de ce génie du cinémascope trouve sa juste dimension. Horreur et épistémologie Quand Carpenter tourne en 1987 Prince des Ténèbres, il sort d’une énorme crise : l’échec des Aventures de Jack Burton

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Cadence du ventre

MUSIQUES | Rap / Pour sa dixième édition, le festival Riddim Collision concocté par Jarring Effects se paie une très belle tête d'affiche en la personne du rappeur (...)

Jerôme Dittmar | Vendredi 12 septembre 2008

Cadence du ventre

Rap / Pour sa dixième édition, le festival Riddim Collision concocté par Jarring Effects se paie une très belle tête d'affiche en la personne du rappeur canadien Cadence Weapon, tout nouveau transfuge de Big Dada - la branche ghetto du label Ninja Tune. Âgé d'une petite vingtaine d'années, Roland Pemberton, originaire d'Alberta, est un garçon énervant. Rappeur prolifique. Producteur cheesy. Écrivain prolixe. Dès son premier disque, l'assez remarquable Breaking Kayfabe (2005), Rollie ne tombe pas dans les écueils d'un rap encore un peu vert et préfère narrer ses histoires de quotidien, ses premiers petits boulots adolescents, micro-événements et embrouilles universelles de jeunes gens laissés à l'abandon dans un coin un peu sordide du Canada. Il évitait, avec grâce, de se promettre un futur bardé de disques et de chaînes en or. Une attitude proche de celle de son classieux homologue Buck 65, qui aime à s'égarer dans sa cambrousse natale. S'en suivent trois années de tournées intensives et une plâtrée de remixes (Lady Sovereign, Rick Ross ou encore Simian Mobile Disco en redemandent d'ailleurs). Il accouche après cette période chargée d'un deuxième album d'une troublante sincérité, A

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Électro crash

MUSIQUES | Festival / Une nouvelle édition du Riddim Collision de Jarring Effects qui démarre fort avec la venue de Mike Ladd et qui continue pas mal du tout avec du hip-hop, du dub et de l'électro à gogo. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 26 octobre 2005

Électro crash

Alors que le label Jarring Effects a connu des jours meilleurs, le festival Riddim Collision affiche une belle santé. Joli succès en 2004, programmation alléchante en 2005, voilà de quoi rassurer sur la santé d'une association dont on ne dira jamais assez à quel point elle a servi de locomotive à toute la scène lyonnaise des musiques actuelles. Passons donc au menu des festivités, sachant que celui-ci démarre par un apéritif de luxe le 26 octobre. Une première soirée en amont qui est surtout l'occasion de raccrocher les wagons avec la tournée Lyon Calling lors de son étape à domicile. Pour rappeler la petite histoire : comme l'union fait la force, les sound systems du Peuple de l'Herbe et de Meï Teï Shô ainsi que le guitariste d'High Tone Aku Fen ont décidé de faire cause commune à travers l'Europe pour représenter le son made in Lyon. Jarring Effects les a donc plus que bien entourés pour l'occasion. Se joindra à la fête le collectif new-yorkais Spontane, dont le show mélangeant hip-hop, électro et rock est annoncé comme "psychédélique et novateur". C'est à peu près les mêmes ingrédients que l'on retrouve chez Mike Ladd, artiste à personnalités multiples qui, quand il se produit e

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