Cité des Étoiles – Givors

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

C'est chronologiquement la dernière "utopie" du parcours. Là encore, c'est la volonté d'un maire de gauche, Camille Vallin, qui permet à cet ensemble d'exister, pour améliorer les conditions de vie des ouvriers. L'architecte choisi, Jean Renaudie, a déjà expérimenté les "Étoiles" à Ivry-sur-Seine. Il reprend ce projet à l'heure où les grandes barres n'ont plus la côte et que les Trente Glorieuses ne sont plus qu'un souvenir. Comme ailleurs, le béton brut peut rebuter, mais les formes sont fascinantes. C'est avec un sourire et certaine fierté qu'une habitante ouvre toujours ses portes aux visiteurs (avec guide !) pour montrer ses deux balcons (un tout petit et un grand), ses angles impossibles à meubler mais si atypiques et sa fonctionnalité en dépit de petites superficies. Le théâtre de Givors et la salle d'exposition de la Mostra sont installés en bas. Adossée à la colline du château, cette cité est un étonnant joyau architectural.

TER arrêt Givors (à 16 min de Lyon)

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Archi vivante

CONNAITRE | À Lyon ou aux portes de la ville, cinq sites majeurs de l'architecture moderne, regroupés sous la mention Utopies réalisées, s'offrent au visiteur curieux. En route pour une découverte estivale des quartiers des États-Unis, des Gratte-ciel, des Étoiles, du couvent de la Tourette et de la cité Le Corbusier de Firminy. Des lieux sont toujours habités (logement social ou édifice religieux). Car ce qui a prévalu à leur construction vaut toujours : mieux vivre ensemble.

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

Archi vivante

Mieux vivre ensemble. Tant pis si l'expression a des airs de tarte à la crème resservie à chaque élection. Au début du vingtième siècle, les ouvriers vivent dans des logements insalubres et la France a l’un des plus forts taux de mortalité au monde. Soucieux de la santé de leurs administrés et surtout des moins aisés, des maires téméraires comme Lazare Goujon à Villeurbanne et Édouard Herriot à Lyon font alors fait appel à des architectes inventifs pour que tous vivent mieux ensemble. En 1934, les Gratte-ciel (Villeurbanne) et le quartier des États-Unis (actuellement dans le 8e arrondissement de Lyon) sont inaugurés. À Lyon, Tony Garnier a travaillé sur l'espace intérieur et extérieur et construit des îlots entourés de verdure. À Villeurbanne, l'ensemble dessiné par Morice Leroux et Robert Giroud est plus imposant, mais l'accent est également mis sur la praticité des immeubles : où que l'on soit logé, il est possible d'accéder à un commerce du rez-de-chaussée sans mettre le nez dehors, se protégeant ainsi du froid. Et surtout, audace rare : la construction du règlement urbain (réseaux d'assainissement, de gaz, d'électricité) se fait en même temps que les immeu

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