Ami public n°1

CONNAITRE | Lieu public le plus fréquenté de la ville, la bibliothèque de Lyon abrite une immense richesse documentaire, mise à la disposition de tous quasiment gratuitement. À l’occasion de la manifestation jeune public RéCréation et des quarante ans du site de la Part-Dieu, entretien avec son heureux directeur, Gilles Eboli, pour parler de l’actualité et de l’avenir de la BmL. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 mai 2013

Photo : DR BmL


Comment se porte la bibliothèque, en cette époque où tablettes et téléphones rendent la culture de plus en plus immédiatement et personellement accessible ?
Giles Eboli : On peut effectivement se demander comment se portent les bibliothèques physiquement quand Google Books a 22 millions de volumes. À Lyon, elles se portent bien. Tous nos indicateurs sont positifs, avec parfois de véritables explosions pour tout ce qui a trait au numérique, des accès à notre site aux Guichets du savoir. Pour ce qui est de la fréquentation physique, de l'emprunt ou de la présence dans les locaux, tous les chiffres sont aussi à la hausse. Ce n'est pas une explosion mais une progression très solide.

On aurait pourtant pu s'attendre à une baisse de fréquentation...
Le slogan de notre projet est "la bibliothèque plus que jamais". Nos collègues anglo-saxons ont du faire face au phénomène des deserted libraries, une sorte d'angoisse millénariste. La nôtre était que plus personne ne vienne chez nous. Cela ne se produit pas à Lyon car la Ville mène depuis les années 2000 une politique spécifique, originale et même courageuse : elle a fait le pari de la proximité. Elle a continué à développer son réseau quartier par quartier, rénovant ou créant des bibliothèques d'arrondissement. Je le signale car c'est un autre choix qui a été fait ailleurs.J'étais précédemment en poste à Marseille, où on a fait une grande centrale, l'Alcazar, magnifique, mais il n'y a pas eu une seule bibliothèque de quartier supplémentaire depuis trente ans. Même chose à Aix, Nîmes, Dijon…

Pour moi le vrai problème des bibliothèques françaises est d'avoir refusé la proximité. Ici le maillage se poursuit avec deux bibliothèques d'arrondissement dans les tuyaux pour le deuxième semestre 2015 - premier semestre 2016 : la bibliothèque de Lacassagne dans le 3e arrondissement et la rénovation de celle de Gerland, qui passe de 250 m² à 1000 m². Quand on donne les moyens à la lecture publique de fonctionner, elle fonctionne. Google Books, c'est merveilleux, une vraie révolution mais quand vous avez dit ça au grand public vous n'avez rien dit car pour retrouver un livre sur 22 millions, il faut avoir de l'expertise, celle des bibliothécaires. Les enjeux de partage du savoir sont toujours là mais ils se sont complexifiés avec la question du vivre ensemble. Et qu'est-ce qu'il y a comme lieu pour vivre ensemble, d'accès gratuit, où on  peut se former, s'informer, se distraire, voir une exposition, forger son opinion? La bibliothèque. 

Nous sommes l'établissement public culturel qui accueille le plus de monde. La bibliothèque a longtemps été conçue comme une accumulation des savoirs pour leur rediffusion. C'est toujours d'actualité mais apparait cette mission de lieu de vie et d'instrument de citoyenneté. Si on veut plus d'harmonie dans nos villes, il faut des bibliothèques. À Lyon, elles constituent le premier poste budgétaire de la culture. Nous sommes dans une position spécifique et privilégiée et il faut continuer à avoir cette ambition-là pour notre ville.

Un mot sur le site de la Part-Dieu, qui vient de fêter ses quarante ans.
Quarante ans, ça signifie une magnifique réussite mais c'est très vieux pour un bâtiment. Nous lançons donc un «schéma directeur de requalification de la Part-Dieu». C'est-à-dire que nous allons procéder à une étude qui nous permettra de déterminer l'évolution du bâtiment, avec un triple objectif : soigner les murs, répondre au nouveau projet d'établissement (en 1972, ce n'était qu'une bibliothèque) et s'insérer dans ce quartier qui va être restructuré dans le cadre de la mission Part-Dieu. Par exemple, le bâtiment qui nous cache la gare va être démoli. Les voyageurs sortant de cette gare verront directement la bibliothèque. C'est une chance pour nous.

Ne rencontrez-vous pas un problème de stockage dans le silo ?
Fatalement. Quand on a fait ces dix-sept étages en 1972, certains ont cru que les Lyonnais étaient fous et mégalomanes mais en fait, cela nous a permis d'accueillir la collection des Jésuites, qui contribue au rayonnement de la bibliothèque. Mais depuis quelques années on arrive à entrevoir une saturation. Des solutions sont recherchées.

Quel est votre public ?
C'est difficile de répondre précisément car on approche notre public via les inscriptions. Mais on n'a besoin de s'inscrire que si on veut emprunter. Or beaucoup viennent juste pour lire sur place. La bibliothèque où on vient emprunter un livre était le moteur des années 90. Aujourd'hui on emprunte toujours (les chiffres de prêt sont d'ailleurs en hausse) mais le phénomène des "séjourneurs" se développe. Alors qu'hier le visiteur venait dix minutes dans la semaine, aujourd'hui il vient une, deux voire trois fois dans la semaine et reste une ou plusieurs heures.

Ceci est dû à une société qui ménage plus de temps pour les loisirs mais aussi, malheureusement, à l'inoccupation et au chômage pour certains. Le public qui emprunte reste toutefois classique, il relève des classes moyennes et classes supérieures. Les ouvriers et les classes plus modestes viennent en moins grand nombre, même si le type de "séjourneurs" s'est beaucoup diversifié, avec les enfants roms, des SDF... La bibliothèque n'est pas un îlot séparé de la ville.

Ce lectorat, vous entendez l'autonomiser ?
Oui, nous développons l'automatisation du rendu des documents. Pour l'instant ce n'est possible qu'à la Duchère, dernière bibliothèque rénovée. Cela va se développer jusqu'en 2016 pour toutes les autres avec des automates de prêt et de retour et des boîtes aux lettres de rendu 24h/24. L'autonomisation du lecteur est aussi favorisée par la nouvelle plateforme du dossier abonné sur Internet avec possibilité de réserver ou prolonger un emprunt de documents. Notre projet d'établissement est délibérément tourné vers l'usager.

Parlons à ce titre du numérique. Vous avez lancé Numelyo, une archive de 270 000 imprimés en libre accès, en décembre dernier. Comment se porte cette offre ?
On manque de recul pour rendre compte de la fréquentation du public. 600 personnes s'étaient créées un compte à l'ouverture. Concernant les livres imprimés, on devrait atteindre 60 000 numérisations à la fin de l'année. Le but est autant de sauvegarder le patrimoine que de mettre à disposition du public ces connaissances ; ce sont des impératifs concomitants qui jusque là n'allaient pas ensemble. Avant, si on voulait conserver, il ne fallait pas communiquer car ça abîmait le document. La numérisation permet de conserver ad vitam aeternam. L'accès quotidien sera numérique.

La polémique sur cet accord avec Google est dépassée. On ne dit plus que c'est un marché de dupe mais une chance. Le rêve de chaque bibliothécaire est de tout numériser et Google le fait, en tout cas avec les livres parus jusqu'en 1920, pour des raisons de droit. Les autres programmes, notamment ceux de l'État, mettraient 150 ans à faire ce travail si les crédits se maintenaient tels qu'ils sont. La polémique porte désormais sur les droits de téléchargement.

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Nicolas Galaud sera le futur directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon et prendra ses fonctions le 1er octobre prochain, succédant ainsi à Gilles Eboli, bientôt retraité, qui était en poste depuis 2011 et « a fait un travail remarquable » selon Loïc Graber, l'adjoint à la culture. Nicolas Galaud dirige actuellement la bibliothèque de Bordeaux, depuis 2016, après avoir œuvré à Brest et à Reims. « C'est un très bon profil pour nos BM. Il saura succéder à Gilles Eboli » nous a déclaré l'adjoint à la culture. La date de nomination a été imposée par l'État, qui souhaitait que la décision soit prise le 22 juin au plus tard.

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Politique Culturelle | Mission de service fondamentale, la bibliothèque municipale de Lyon est au cœur de la politique de la Ville. À l'heure où Grenoble choisit d'en fermer, Lyon en (ré)ouvre trois, à commencer par Gerland depuis le 28 mars. Gilles Éboli, directeur de la BML, fait le point.

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La fréquentation de la bibliothèque est stable voire en léger recul (2, 8 millions de visiteurs en 2015, 2, 5 aujourd'hui). Quelle analyse en faites-vous ? Gilles Éboli : L'action de la ville de Lyon en matière de lecture publique est vraiment à souligner. On ouvre trois bibliothèques : réouverture de Gerland en mars, de celle du 6e – Clémence Hortet le 6 juin, puis première ouverture de Lacassagne fin septembre. On crée quinze postes. On met 15M€. C'est vraiment un projet énorme, et ce n'est pas le seul. Si on a eu moins de fréquentation, c'est qu'on a dû fermer des bibliothèques pour en rouvrir des nouvelles. On a un potentiel énorme de public. 16% des Lyonnais sont des abonnés de la BML. Pour la France, c'est un chiffre qui se situe dans la moyenne. Le chiffre des inscrits ne rend pas compte de l'activité - la bibliothèque n'est plus un stock de documents que l'on vient emprunter, c'est un espace de vie, un endroit où les citoyens peuvent se retrouver gratuitement. On n'est pas obligé de s'inscrire. Notre fréquentation a plus de sens. Et elle va augmenter avec la réouverture de Gerland, celle du 6e

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Que représente la Bibliothèque municipale de Lyon en nombre d’abonnés et en fréquentation ? Gilles Eboli : C’est la première bibliothèque municipale en France hors Paris. 2, 8 millions de personnes franchissent chaque année la porte d’une de nos quinze antennes et nous avons 105 000 abonnés. Ces chiffres sont depuis des années en hausse régulière, sans que ce soit une explosion, mais c’est à souligner quand on nous parle ici et là d’effondrement du livre. Jusqu’à maintenant, il y avait l’usage savant et érudit – la consultation sur place – et l’usage de lecture publique – l'emprunts de document. Mais depuis la fin des années 90 s’est développé l’usage dit des "séjourneurs", qui consiste à rester à la bibliothèque car elle est perçue comme un lieu de vie, de sociabilité, de lien. Revendiquer ce qui, à un moment, a pu être vécu par certains comme quelque chose d’anormal – rester à la bibliothèque – est au cœur de notre projet d’établissement. Vous proposez depuis le 1er septembre une nouvelle offre tarifaire unique englobant tous les supports. Comment a-t-elle été conçue ? Au départ, il y a une volonté

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Lorsque Gilles Eboli, directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon, émet l'idée d'organiser une exposition jeune public à la bibliothèque de la Part-Dieu, Violaine Kanmacher, responsable du secteur jeunesse de cette médiathèque et coordonnatrice des quinze autres bibliothèques d’arrondissement, met la barre plus haut avec Ré-Création, un festival de quatre mois disséminé dans tous ces lieux. Au programme : des concerts, de très nombreux ateliers de création vidéo avec l'école de graphisme Émile Cohl ou encore des visites des coulisses de lieux partenaires comme la Maison de la danse, l'Opéra ou le Théâtre Nouvelle Génération, la commissaire ayant voulu faire de la BmL de la Part-Dieu «un lieu central pour présenter la richesse des autres salles» et mettre en place une véritable cité de la création avec la complicité d'un très grand nombre d'artistes. Point commun de toutes les installations : «elles posent la question de la place du corps alors qu'on ne pense qu'à la tête dans une bibliothèque». Tout est en effet interactif et invite le visiteur à participe

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Qu’on se le dise, c’est un cadeau que vous offre la Bibliothèque Municipale (BM) à l’orée de Noël et à l’occasion du 40e anniversaire de son site de la Part-Dieu, ouvert précisément en décembre 1972. Car depuis quelques jours, le service numelyo est accessible via le site internet de la bibliothèque. Derrière ce mot-valise, se concentre le grand projet de numérisation des documents imprimés que Lyon a lancé depuis dix-huit ans et qui a été rendu possible grâce à l’entrée dans le processus, souvent contestée, de Google, embauché en 2008 comme prestataire de service par la BM. Cette bibliothèque numérique, la plus grande actuellement en Europe, prévoit d’héberger 400 000 documents en 2015 ; 270 000 sont déjà en ligne. Qu’y trouve-t-on ? Des livres imprimés entre 1450 (début de Gutenberg) et 1920 (fin de la période libre de droit), un millier d’affiches de 1890 à 1950 de Toulouse-Lautrec ou Jules Chéret, grâce notamment au fond du collectionneur lyonnais Legendre... Puis des estampes, des enluminures, la presse lyonnaise de 1790 à 1944… Autant de documents à lire en ligne, imprimer, zoomer, envoyer à autrui ou dont on peut copier-coller le texte.

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CONNAITRE | Près d'un an après le départ de Patrick Bazin, Gilles Eboli vient d’être nommé par la Ville de Lyon au poste de Directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon. (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 12 mai 2011

Un an de réflexion

Près d'un an après le départ de Patrick Bazin, Gilles Eboli vient d’être nommé par la Ville de Lyon au poste de Directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon. Il prendra ses fonctions début juin 2011. Conservateur général des bibliothèques, ancien président de l’Association des bibliothécaires de France et ancien membre des conseils d’administration de la BNF et du Centre national du Livre, Gilles Eboli a assuré les fonctions de directeur de la Cité du Livre d’Aix-en-Provence et de la bibliothèque Méjanes de 1998 à 2008 puis celles de directeur de la bibliothèque municipale de Marseille de 2008 à 2010.

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Le graver dans la tête, le corps

ARTS | Expo / La Bibliothèque municipale présente une très belle exposition d'estampes où Picasso, Brauner, Miro et Matisse composent et décomposent avec la figure humaine... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 17 février 2010

Le graver dans la tête, le corps

La Bibliothèque Nationale de France possède quelque neuf millions d'estampes et de photographies ! La Bibliothèque municipale de Lyon pouvait donc bien lui en emprunter une cinquantaine et, tant qu'à faire, pas des plus inintéressantes, avec des œuvres signées Pablo Picasso (1881-1973), Victor Brauner (1903-1966), Joan Miro (1893-1983) et Henri Matisse (1869-1954) ! C'est Miro qui nous accueille dans la première salle de la galerie de la Bibliothèque avec plusieurs lithographies composées de couleurs pures (vert, bleu, rouge, jaune) et aux traits noirs et épais. L'artiste laisse libre cours à son univers fait d'astres simplifiés, de tourbillons en spirales, de bonshommes naïfs et attachants... Picasso et Matisse prennent le relais dans une salle où leurs portraits féminins et leurs femmes nues se côtoient, se comparent, se rapprochent ou s'éloignent, sous le regard notamment d'une grande «Françoise au nœud dans les cheveux», très belle lithographie de Picasso datant de 1946. On trouvera aussi dans cette salle un petit chef-d'œuvre de Matisse, son «Nu assis jambes croisées 1», une linogravure de 1941. Un corps féminin, réduit à sa plus grande simplicité formelle, s'éclaire d'un minc

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