Lewis, un style pour chaque histoire

CONNAITRE | Lewis Trondheim est l’invité du festival Lyon BD, dont la huitième édition célèbrera par ailleurs deux magazines ayant publié ses planches, à savoir "Spirou" et "Fluide Glacial". Plongée dans l’univers aussi fourmillant qu’atypique de cet auteur au fort tempérament. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 7 juin 2013

«Les journalistes savent que je ne les aime pas. […] J'aimerais bien nettoyer l'univers de la bande dessinée des pseudo-journalistes qui n'y connaissent rien. Je crois que le temps des consensus mous est fini, pour la BD et pour le reste. Il faut nommer nos ennemis, aussi puissants soient-ils». Ces mots, rapportés par le quotidien 20 Minutes le 2 février 2006, furent parmi les premiers prononcés par Lewis Trondheim au lendemain de la remise, à son attention, d'un Grand Prix de la ville d'Angoulême, l'équivalent pour le neuvième art d'une Palme d'or cannoise, tant en termes de prestige que de potentiel polémique.

Plus tard, c'est l'inculture de ses pairs («Quand je vois que nombre de mes confrères ne connaissent pas la plupart [des auteurs éligibles à un Grand Prix], ni leurs travaux, ni ne veulent entendre parler d'un auteur japonais, j'ai honte !») et la multiplication des «sous-prix pour faire plaisir aux sponsors» qui lui fera claquer la porte de l'Académie des Grands Prix, chargée de désigner le récipiendaire annuel de la récompense.

Autant dire que dans le paysage d'ordinaire baigné d'huile de la bande dessinée, ce quinqua montpelliérain fait figure de forte tête. Et c'est précisément cette fermeté et la façon dont elle s'exprime sous sa mine depuis plus de vingt ans qui font de lui l'invité le plus passionnant de la huitième édition du festival Lyon BD.

Menu déroutant

Rien ne prédestinait pourtant ce fils de libraires à vivre du dessin. Sa jeunesse, Laurent Chabosy, de son nom de baptême, l'a passée de son propre aveu à s'ennuyer et à ne rien faire, avant de débuter bon an mal an une carrière dans la publicité. Le déclic va venir de sa rencontre avec un certain Jean-Christophe Menu, en 1987. Aucun des deux ne sait alors dessiner, au sens académique du terme. La différence, c'est que Menu n'en a rien à cirer. Mieux : il revendique depuis quelques années déjà son iconoclasme graphique, pourfendant à longueur de fanzines l'uniformité de la production de l'époque tout en rêvant de s'incruster dans les pages de Spirou.

A son contact, Trondheim comprend qu'il peut raconter des histoires sans passer par la case "apprentissage" et sans rentrer dans celles imposées par les éditeurs. Armé d'une photocopieuse, il produit sa propre feuille de choux, Approximate Continuum Comics Institute H3319, dans laquelle il expérimente à tout va, passant d'un récit de science-fiction muet à la Moëbius à un strip itératif – procédé consistant à reproduire une vignette à l'identique, hors dialogue - évoquant Charles M. Schulz. Au fil des numéros se dévoile ce qui fera la force de son œuvre, de son sens inné de l'absurde – que l'on pourra apprécier dans le cadre d'une «conférence idiote» sur Tintin - à sa lucidité psychanalytique en passant par sa soif de perfectionnement.

Association de bienfaiteurs

En 1990, Menu, Trondheim et quelques autres fondent l'un des plus importants laboratoires visuels de la fin du XXe siècle : L'Association, une maison d'édition collégiale, inféodée aux formats courants et mue par un goût du défi hérité de L'OUvroir de LIttérature POtentielle de Raymond Queneau – un Ouvroir de bande dessinée potentielle voit d'ailleurs rapidement le jour. Marjane Satrapi y publiera son Persepolis, Joann Sfar ses premières planches, Guy Delisle ses premiers récits de voyage... Ainsi naît la "Nouvelle Bande Dessinée", en référence à la Nouvelle Vague, courant dont l'artificialité n'a d'égale que l'influence.

Trondheim en devient rapidement la figure de proue, avec Lapinot et les carottes de Patagonie, un pavé de cinq cents pages en noir et blanc, improvisé et non relu, dans lequel on suit un léporidé naïf en quête de carottes conférant la capacité de voler. Tout Trondheim est dans ce monument de fantaisie et de radicalité, ne serait-ce que parce qu'il y adopte définitivement le zoomorphisme – attribution de caractéristiques animales à des humains, procédé dont il s'est épris à la lecture des travaux de Carl Barks et Floyd Gottfredson, les deux plus importants architectes du royaume Disney, et qu'il va par la suite hisser vers d'inédits sommets d'expressivité et de ludisme.

Mastodonte écrase les strips

Mais la principale qualité de Trondheim, c'est de n'avoir jamais perdu de vue sa prime envie d'être un raconteur, au contraire de Menu, resté accroché à son dogmatisme comme un despote à son trône, ou d'un Sfar, rapidement atteint d'une boulimie médiatique incapacitante. D'avoir laissé son intransigeance – avec les autres et surtout avec lui-même – au service de ses histoires. Résultat, en solo ou en mettant son imagination au service d'autres dessinateurs (Sfar, Larcenet, Bonhomme...), Trondheim a tout réinventé : la fable animalière donc (Les Formidables aventures de Lapinot, "suite" de), l'heroic fantasy (d'abord avec la tentaculaire série des Donjon, maintenant avec Ralph Azam), la SF (Les Cosmonautes du futur), le western (Texas Cowboys), l'autobiographie (Approximativement, Les Petits riens), la BD jeunesse (Monstrueux...) et même l'édition (en dirigeant la collection Shampoing chez Delcourt).

Jusqu'à réaliser le rêve de son ami en intégrant la rédaction de Spirou où, à la tête de l'Atelier Mastodonte - collectif racontant à quatorze mains et avec beaucoup de dérision l'envers de la création bédéique, à découvrir sur la scène de la Comédie-Odéon, il démontre semaine après semaine que «la BD est un chouette médium pour raconter plein de choses avec plein de tonalités différentes».

Mastodonte sur scène
A la Comédie-Odéon, samedi 15 juin

Le Dernier message d'Hergé
Au Palais du commerce, dimanche 16 juin


L'Atelier Mastodonte

Spectacle avec Lewis Trondheim, Guillaume Bianco, Yoann, Bertail, Féroumont et Brigitte Findakly
Comédie Odéon 6 rue Grolée Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Le Dernier message d'Hergé

Conférence par Lewis Trondheim
Palais du Commerce Place de la Bourse Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le point sur l'égalité HF

Société | « Le mot féminisme s'emploie à partir de 1882 grâce à Hubertine Auclert, première suffragiste française » rappelait l’historienne Christine Bard, (...)

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Il leur manque des cases : "Les Aventures de Spirou et Fantasio"

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L'essor du numérique, le neuvième art n'y coupe pas. Au contraire, les créateurs et éditeurs de bulles furent parmi les premiers à explorer cette éternelle terra incognita qu'est Internet et à tenter de répondre aux questions techniques (quel standard de diffusion adopter ?), économiques (comment monétiser une œuvre dématérialisée ?) et artistiques (quels modes de narration sont les plus adaptés aux nouvelles habitudes de lecture ?) qui y résonnent. Le problème, c'est que sorti de l'épiphénomène des blogs BD, elle l'a fait du bout des lèvres. Mais depuis quelques mois, de l'impertinente Mauvais Esprit à l'expérimentale Professeur Cyclope, les publications d'avenir se multiplient. La plus prometteuse est La Revue dessinée, un trimestriel de reportages (à la XXI) distribué à la fois en librairie et sur tablette, financé via des investissements privés (Gallimard en est) et des souscriptions – une première levée, sur le site de financement participatif Ulule, a fait rentrer dans les caisses 36 000€ pour un objectif de 5 000. En attendant son lancement en septembre

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De la première bouffée de cigarette au dépucelage, l'adolescence est parsemée de rites de passage délicats. Le plus embarrassant de tous a toutefois longtemps consisté à se pointer devant un buraliste avec un exemplaire de Fluide Glacial entre les mains. Il faut dire que ce «journal d'umour et bandessinées», fondé en 1975 par l'érudit et désopilant Marcel Gotlib (déjà à l'origine de L’Écho des Savanes) cultivait l'irrévérence et le mauvais esprit avec un zèle confinant à la déraison. Cultivait car depuis 1995 et son rachat par Flammarion, le magazine n'a eu de cesse, qui par l'emprunt d'un rédacteur en chef à Spirou, qui par un passage à la couleur, de se standardiser. Mais si nombre de ses piliers (Coyote, Maëster...), y compris les plus tardifs comme Manu Larcenet, sont allés voir ailleurs si l'herbe était plus folle, il compte encore dans ses rangs pas mal de bonnes plumes. Par exemple Binet, le Jérôme Deschamps (Les Deschiens) du neuvième art, qui mettra en scène ses Bidochon au Musée des Beaux-Arts. Ou, Franck Margerin, le créat

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CONNAITRE | Le 21 avril 1938 paraissait le premier numéro de Spirou, magazine jeunesse pensé comme un contrepoint moral des comics américains. Soixante-quinze ans plus tard, l'idéal de son fondateur, Jean Dupuis, n'est qu'un lointain souvenir. Son héritage en revanche est, comme veillera à le rappeler Lyon BD, plus concret que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 5 juin 2013

Boom, here comes the groom

Les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe, Boule et Bill, Lucky Luke... Tous ces personnages emblématiques de la BD européenne ont un point commun : ils sont nés dans les pages de l'hebdomadaire Spirou, à l'instar du groom du même nom. Pas mal pour ce qui n'était à l'origine, soit en 1938, que le résultat de l'indignation d'un imprimeur belge d'obédience catholique, Jean Dupuis, face à la pauvreté morale et éducative de la production made in USA, alors en plein boom. La longévité de l'entreprise tient, justement, aux qualités d'entrepreneur de Dupuis et à leur perpétuation à travers ses successeurs et les rédacteurs en chef qui les servirent au fil des décennies. Qualités qui s'exprimaient autant en termes de gestion patrimoniale (au contraire de Tintin, qui disparut avec son créateur, Spirou est la propriété d'un éditeur) que de flair artistique ou d'adaptation aux évolutions du marché (après Mai 68, Spirou s'intéressa plus ostensiblement aux lecteurs adolescents). Nouvelles galeries Fidèle à sa convivial

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Benjamin Mialot | Vendredi 8 juin 2012

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Souvenez-vous, c'était en 1992. Tout juste auréolé d'un run de quatre ans sur Jeopardy! et du lancement en fanfare du tirage télévisé du Millionnaire, Philippe Risoli prenait la succession de Patrick Roy au poste de présentateur du Juste Prix. Un poste qu'il occupa pendant une décennie, sans jamais parvenir à constituer un capital sympathie aussi élevé que son prédécesseur. Il a pourtant tout essayé : lancer de micro, entrée par un écran géant plutôt que par une porte à volets, passage d'une vitrine hebdomadaire à une vitrine quotidienne... Rien n'y a fait : Le Juste Prix est resté aussi indissociable de Patrick Roy que les musiques extrêmes l'ont été du député socialiste du même nom. Le rapport avec l’association Lyon BD Organisation ? Elle a beau multiplier les passerelles et contextualisations, on se rend chaque fois à son festival avec pour seule idée : taper un max de dédicaces à ses invités. Ils sont cette année une bonne centaine, parmi lesquels Jean-Claude Fournier, qui présida aux destinées de Spirou & Fantasio de 1968 à 1981 (on lui doit notamment L'Ankou, l'un des meilleurs albums de la série),

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Benjamin Mialot | Jeudi 29 mars 2012

Par cœur Lewis

Imaginez. Nous ne sommes pas en 2012, mais en 1974. Le Comoedia, votre cinéma fétiche, est encore loin d'avoir la taille et le standing qui sont les siens aujourd'hui (il vient d'ouvrir sa deuxième salle), mais déjà, sa réputation de havre du septième art n'est plus à faire. La preuve, il reçoit à la fin de la semaine François Truffaut. Vous voyez le topo ? Vous mesurez l'état d'excitation dans lequel se seraient trouvés les cinéphiles de l'époque ? Et bien dites-vous que celui des bédéphiles de ce siècle est à un niveau voisin depuis qu'ils savent que Lewis Trondheim passera promouvoir ses derniers travaux vendredi 6 avril à la librairie Expérience. Car Lewis Trondheim, Laurent Chabosy de son vrai nom, est un peu le François Truffaut des cases et phylactères. Toutes proportions gardées, bien sûr, ne serait-ce parce que la bande dessinée n'est et ne sera jamais qu'un art mineur (tant mieux). Il n'empêche : comme le réalisateur des 400 coups fut le chef de file de la Nouvelle Vague, Trondheim a été, avec Joann Sfar,

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