Norman fait des romans

Benjamin Mialot | Vendredi 18 octobre 2013

On n'a pas toujours les lecteurs qu'on mérite. Prenez la science-fiction. Hormis une poignée de fanatiques aux doigts gras, qui se soucie de cette branche de la littérature qui, pour reprendre la définition qu'en donnait Isaac Asimov, se «soucie des réponses de l'être humain aux progrès de la science et de la technologie» ? Malgré les efforts d'une structure comme AOA Prod pour la sortir de l'ornière geek, notamment via le festival des Intergalactiques, pas grand monde. L'époque où l'expression ne désignait que des spooky tales mal dégrossis est pourtant largement révolue. Depuis les années 60 en fait, période à laquelle a déferlé depuis l'Angleterre puis les États-Unis une Nouvelle Vague d'auteurs formellement plus ambitieuse et socialement plus en prise avec son temps.

Au même titre qu'Asimov justement, ou Philip K. Dick, le New-yorkais Norman Spinrad en fut l'une des principales figures, grâce à des œuvres aussi sulfureuses qu'iconoclastes, Jack Barron et l'éternité (une virulente critique des médias de masse et de la politique sur fond de course à l'immortalité) et Rêve de fer (une vertigineuse mise en abîme qui le voit imaginer le livre, forcément obsessionnel, qu'aurait pu écrire Hitler s'il s'était reconverti en écrivain de SF) en tête. Aujourd'hui septuagénaire, Spinrad a à son actif une trentaine d'ouvrages et pas mal de monuments – ajoutons le spirituel L'Enfant de la Fortune et l'écolo La Grande Guerre des bleus et des roses. Et si l'on vous parle de lui, c'est parce qu'il est l'un des invités de la deuxième édition du festival susmentionné.

Benjamin Mialot

Les Intergalactiques, du vendredi 25 au jeudi 31 octobre


Cyberpunk : l'homme transformé dans tous ses étas

Dialogue entre Sylvie Lainé (professeurs en sciences de l'information), Jean-Marc Ligny et Norman Spinrad (écrivains)
Bibliothèque de la Part-Dieu 30 boulevard Vivier Merle Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Salon littérature et cinéma de l'imaginaire

Lecture musicale de "The Deep ones", remise du prix Barjavel 2013, expos, tables rondes...
MJC Monplaisir 25 avenue des Frères Lumière Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Entrée en 6e pour les Intergalactiques

ECRANS | Encadré par sa fameuse Nuit des séries de science-fiction (à la polarité très politique cette année), et le vide-grenier du geek — soit deux gâteries pour mordus (...)

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Entrée en 6e pour les Intergalactiques

Encadré par sa fameuse Nuit des séries de science-fiction (à la polarité très politique cette année), et le vide-grenier du geek — soit deux gâteries pour mordus d’expériences ultimes combinant pizzas, liquides pétillants divers et fourbis électroniques, si l’on schématise honteusement —, le festival des Intergalactiques déploie en son milieu moult autres trésors. À commencer par ses séances cinéma. Une rétrospective de l’anticipation dystopique, des années 1960 à 1990, comprenant des films rares sur grand écran tels que le matriciel et épuré THX 1138 de George Lucas, le déprimant La Planète des Singes de Franklin J. Schaffner et le vrombissant La Course à la mort de l’an 2000 signé Paul Bartel. Prouvant au passage que le futur, ce n’était pas mieux avant. On ne saurait trop vous conseiller de garder des forces pour deux autres séances prodigieuses. D’abord, la soirée Invasions !, avec le chef-d’œuvre de Carpenter, Invasion Los Angeles : l’une des plus

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Le cercle polar

CONNAITRE | A mesure que le polar élargit ses horizons, que les frontières entre les genres, les sociétés et les supports tombent, Quais du polar se régale à repousser chaque année un peu plus les contours de son sujet. Garantissant par là même de ne jamais résoudre l'énigme qui préside à une littérature de "divertissement" qui console nos misères en les autopsiant. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 22 mars 2013

Le cercle polar

Il est loin le temps où, dans nos bibliothèques, polar et série noire se résumaient à un triptyque américano-anglo-franchouillard. Sans doute le symbole ultime de ce bouleversement est-il le très prisé polar polaire, mis à l'honneur cette année via l'invité d'honneur Henning Mankell, le "père" du commissaire Wallander. Une fausse piste toutefois, puisque Quais du Polar ira fouiner du côté d'un continent assez peu exploré, vu d'ici du moins, par la littérature policière (et qui pourtant nous abreuve de polars hard-boiled au cinéma) : l'Asie. Seconde fausse piste en réalité car hormis le Chinois Qiu Xiaolong, créateur de l'Inspecteur Chen, les deux autres invités "asiatiques" sont des occidentaux aux œuvres infusées aux sociétés thaïe (John Burdett) et japonaise (Romain Slocombe). Sans doute un indice de la mondialisation à l'œuvre au sein d'une forme de littérature qui voit de plus en plus loin que La Blonde au coin de la rue chère à David Goodis. Du Noir et du futur D'un continent l'autre, d'un univers l'autre au

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