Des paroles et des acts

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le festival, sorte d'écho numérique et citoyen au Mode d'emploi de la Villa Gillet visant à «donner la parole à une nouvelle génération d'acteurs européens pour réinventer les modèles culturels de demain».

Ce vaste programme, Arty Farty le déclinera principalement à l'Hôtel de région en conférences à géométrie variable (et en apéros et soirées au Sucre, on ne se refait pas) dont les sujets, des mécanismes de starification au potentiel d'innovation des friches en passant par le rôle de la culture dans l'agencement de l'espace urbain, ne manquent sur le papier pas d'intérêt. L'aréopage de journalistes, élus, universitaires, entrepreneurs, artistes (le cinéaste-bidouilleur Michel Gondry, l'auteur de science-fiction Alain Damasio, dont le visionnaire et polyphonique La Zone du dehors mériterait un cycle d'exégèse à lui seul) et autres figures du milieu musical (Matt Black, moitié de Coldcut et co-fondateur du label Ninja Tunes, Daniel Miller, le boss de Mute Records) qui s'en emparera n'est pas vilain non plus.

Benjamin Mialot


LAB - Regards croisés sur la ville du futur

Avec Bruce Sterling et Alain Damasio
Hôtel de Région 1 esplanade François Mitterrand Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


LAB - Distributeurs de labels indépendants et streaming équitables: les militants de la révolution digitale

Avec Eric Petrotto (1DTouch) et Trond Tornes (Phonofile)
Hôtel de Région 1 esplanade François Mitterrand Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


LAB - Who made the stars ? 1979-2014

Avec Daniel Miller (Mute Records), Pedro Winter (Ed Banger), Eric Morand (Communications), Steven Braines (The Weird & The Wonderful)
Hôtel de Région 1 esplanade François Mitterrand Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

Festival | Nuits sonores aura lieu pour la première fois en été, fin juillet, avec un format adapté, assis ou couché — mais bel et bien à Fagor-Brandt. L'European Lab se déroulera en juin uniquement sur Internet.

Sébastien Broquet | Jeudi 29 avril 2021

Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

C'est officiel : Nuits sonores aura bien lieu, l'European Lab aussi. Décorrelés, adaptés, un poil réduits, repensés, mais ces events trouveront bel et bien leur place dans le calendrier 2021. Sauf catastrophe du style variant indien & co, bien sûr. Alors, quand ? Pour Nuits sonores, ce sera du 20 au 25 juillet (dont cinq soirées de 18h à minuit, du mardi au samedi, et un bonus le dimanche encore en cours de réflexion) et en grande partie du côté de Fagor-Brandt, comme ces dernières années, même si quelques spots extérieurs pourraient être envisagés — on parle d'un after débutant à 6h du mat', se terminant à midi, au Sucre. Il y aura aussi des before à Heat avec des cartes blanches pour des collectifs locaux. L'ancien site industriel de Fagor-Brandt, situé dans le 7e arrondissement, a l'avantage d'être immense, d'offrir différentes possibilités, de la déambulation comme de grands espaces où des groupes pourront jouer à même le sol pour un public as

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Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Podcast | Camille de Toledo, écrivain et chercheur, repense sa résidence croisée initiée à Lyon en un rendez-vous de conversations à distance, chaque mardi. Toujours sous l'égide de l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab. Il nous explique.

Sébastien Broquet | Mardi 9 juin 2020

Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Vous remodelez votre cycle de résidence et de rencontres à Lyon en une forme nouvelle, des conversations nocturnes chaque dimanche soir : pouvez-vous nous présenter ce concept et comment il va se dérouler ? Camille de Toledo : Je crois ardemment aux vertus d’une conversation croisée entre les arts et les sciences humaines, entre une poétique et une politique, entre thérapeutique et savoir. C’est à cette intersection que nous avons lancé avec l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab, en janvier dernier, le cycle "Enquêter, enquêter, mais pour élucider quel crime ?". Nous vivons aujourd’hui à l’heure d’une très vaste révélation d'un "crime terrestre", ce qu’on nomme également en droit un écocide, même si la notion n’est pas encore, hélas, reconnue pénalement. Quand nos affaires humaines, à l’échelle planétaire, ont été interrompues par cet

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Maële Giard : « il faut arrêter de demander, il faut prendre »

Activisme Climatique | À 22 ans, Maële Giard lutte pour la justice climatique. Étudiante en études urbaines, militante d'associations écolos et Gilets jaunes, elle interviendra lors de la table ronde du Lab de Nuits sonores consacrée aux "Nouveaux activismes pour la justice climatique" ce vendredi. Où il est question d'écologie et donc de politique.

Nadja Pobel | Mardi 28 mai 2019

Maële Giard : « il faut arrêter de demander, il faut prendre »

Quels sont les actes à accomplir aujourd'hui pour plus de justice climatique ? Maële Giard : La ville est tellement polluante aujourd'hui qu'il est compliqué de se dire qu'on va réussir à changer la donne d'un point de vue climatique à cet endroit. Une prise de distance avec l'urbain est nécessaire. Il faut regarder les petites villes, les périphéries pour expérimenter des vies plus collectives, voire communautaires, d'entraide, de rattachement à la terre. Et ça passe par la consommation (manger local et bio), les jardins partagés, les composts collectifs. Mais ce n'est pas assez et il faut faire très attention à l'écologie moralisante. C'est même dangereux de dire que cela repose sur l'individu car ça déculpabilise et déresponsabilise l'ensemble de la classe politique et des élites dominantes. Le mouvement des Gilets Jaunes est-il à vos yeux en lutte pour plus de justice climatique ? Oui, les Gilets Jaunes ont rejoint la Marche pour le Climat de samedi dernier. Des événements ont été montés avec des groupes écologistes lyonnais. En AG, on parle de permaculture, des gestes écolos que chacun fait

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Ce qu'il faut écouter au Lab

European Lab | L'European Lab se déroulera à l'université Lyon 3 du 7 au 9 mai, avec en guise de fil rouge une certaine idée de l'utopie. Conférences, ateliers, formations, émissions, masterclass rythmeront cette 8e édition : en voici cinq temps forts.

La rédaction | Lundi 30 avril 2018

Ce qu'il faut écouter au Lab

#Culture Élus, artistes et professionnels de la culture interrogent le devenir et le rôle des politiques culturelles des villes de demain lors de la conférence "La Culture, moteur des villes européennes", le 8 mai à 18h. À l’inverse de quelques grands villes européennes, Lyon semble en retard dans sa capacité à faire émerger des tiers-lieux innovants. La conférence "Les tiers lieux innovants à Lyon", qui aura lieu le 9 mai à 10h à Soffa, sera l’occasion d’en parler. #Kebab En before ou en after, proche du Berghain à Berlin, ou dans le quartier des Terreaux à Lyon, le kebab est devenu l’indispensable d’une soirée. On se rappelle qu’il y a quelques mois, le parlement européen avait défrayé la chronique en parlant d’une possible interdiction du sandwich en Europe. Au cours de cette conférence intitulée "Kebab, sauce européenne", universitaires, artistes et journalistes se poseront la vraie question : tomates, salade, oignons ? Le 9 mai à 14h. #Web-radio Partout en Europe, les webradios se multiplient. Cette émission "La radio est morte, vive la webradio" (le 9 mai à midi) traitera donc des nouvelles pratiques d’écout

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Rutger Bregman : « notre vision de la pauvreté est paternaliste »

European Lab | Antidote à la morosité ambiante et instigateur de progrès, Utopies réalistes de Rutger Bregman séduit de plus en plus de par son idée fondamentale : la mise en place d’un revenu universel de base. Son auteur sera à l’European Lab le 9 mai pour débattre avec Raphaël Glucksmann de la nécessité de renouer avec les utopies.

Sarah Fouassier | Lundi 30 avril 2018

Rutger Bregman : « notre vision de la pauvreté est paternaliste »

Dans Utopies réalistes, vous déplorez le pessimisme ambiant et notamment médiatique qui « écrase l’individu ». Quelles sont ses conséquences directes ? Rutger Bregman : De nos jours, nous nous inquiétons beaucoup, nous sommes profondément anxieux. Ce qui est paradoxal, c’est que nous prenons de plus en plus soin de nous, de ce que nous mangeons, mais nous nous inquiétons encore trop peu de la qualité des informations que nous absorbons. Les informations télévisées sont la source la plus trompeuse qui soit, elles traitent toujours d’exceptions que cela concerne la corruption, la criminalité, le terrorisme, la guerre. Elles ne représentent pas le monde dans sa globalité, ce qui fausse notre vision de la nature humaine. Si vous les regardez, il y a beaucoup de chances que vous deveniez aussi pessimistes qu’elles. La première étape vers la santé mentale est de jeter sa télévision par la fenêtre et de prendre du recul en lisant des livres, en discutant, en rencontrant des gens dans la vraie vie, en dehors des réseaux sociaux. Il est primordial de réfléchir à la qualité des

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La cité obscure de Rone au Transbordeur

Synth-Pop | Nouvel album enchanteur pour Rone, qui explore une ville imaginaire au sein de Mirapolis, disque nourri de guests : à savourer live au Transbordeur ce mercredi.

Sébastien Broquet | Mardi 30 janvier 2018

La cité obscure de Rone au Transbordeur

Patiemment, Rone se façonne son univers. Pas juste un son, mais un écosystème où naviguent d'autres explorateurs interconnectés, se nourrissant les uns des autres pour former une biomasse dont Rone serait le ferment. Avant même de jeter une oreille, on a déjà compris : le visuel de la cover est signé Michel Gondry et c'est comme une évidence, ces deux personnages totalement lunaires ne pouvaient que se reconnaître mutuellement... C'est le clippeur de Björk et Kylie Minogue qui a fait le premier pas, contactant le musicien. Le titre, ensuite, qui découle de cette pochette ébouriffée du réalisateur de Eternal Sunshine of the Spotless Mind : Mirapolis. Cinécompatible et bédéphile, assurément, tel un Fritz Lang old skool, une plongée science-fictionnesque dans une ville de

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Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

European Lab | Secrétaire d’État à la modernisation administrative et ancienne adjointe au maire de Lisbonne, Graça Fonseca a fait de Lisbonne puis du Portugal la première capitale et le premier pays à mettre en place des budgets participatifs : soit des budgets soumis à des commissions citoyennes. Entretien.

Lisa Dumoulin | Mardi 30 mai 2017

Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

Quels types de projets ont vu le jour grâce aux budgets participatifs à Lisbonne et au Portugal ? Graça Fonseca : C’est tout nouveau à l’échelle du Portugal, on a commencé cette année, donc il n’y a pas encore de projet réalisé. La période de vote commence en juin et on aura des premiers résultats à la fin de l’année. Au niveau local, à Lisbonne, la plupart des projets concernent la qualité de vie : l’espace public, les espaces verts, les équipements culturels, les espaces de jeux pour les enfants… C’est l’objectif principal : les gens veulent vivre, travailler, avoir des enfants dans une ville agréable. Au niveau national c’est un peu différent. On observe avec cette première expérience de budgets participatifs que les gens proposent beaucoup d’idées ayant trait à l’identité locale, l’Histoire, l’artisanat… C’est important, en tant que pays, de se développer par l’innovation, mais aussi de prendre en compte son ADN, ses traditions, son industrie, son savoir-faire. Le Portugal ne sera jamais la France, la France ne sera jamais l’Angleterre. On doit chercher ce qui nous rend différents des autres et le transformer en richesse. On doit chercher ce

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Alain Damasio, volté en virevolte

Science-Fiction | Figure de proue de la science-fiction française contemporaine, Alain Damasio sera présent à la Virevolte pour présenter ses deux romans phares, La Zone du Dehors et La Horde du Contrevent. Une rencontre à ne rater sous aucun prétexte.

Gabriel Cnudde | Mardi 8 novembre 2016

Alain Damasio, volté en virevolte

Il est des hommes de conviction que rien ne peut détourner du chemin qu'ils se sont tracé. Des jusqu'au-boutistes passionnés et passionnants. Alain Damasio fait partie de ceux qui mènent un combat de tous les instants. Le sien, c'est de prouver que la science-fiction est un genre majeur de la littérature contemporaine. Mieux, c'est pour lui un genre éminemment politique, idéal pour remettre en question la société dans laquelle nous évoluons. Ici, pas de space opera, pas d'extra-terrestres mangeurs d'hommes ou de clichés ambulants mais simplement une réflexion intense où le futur est empreint de bribes de notre présent. Cette loupe spatio-temporelle, Alain Damasio s'en sert pour questionner notre rapport à la technologie et à nos systèmes politiques en suivant la ligne de ses inspirations : Nietzsche, Deleuze et Mallarmé. Ce mercredi 9 novembre, Alain Damasio viendra présenter ses deux romans à la Virevolte : La Zone du Dehors (1999) et La Horde du Contrevent (2004). Une bibliographie maigre qui s'explique par l'immensité des univers construits dans ces deux romans. L'un se passe sur un satellite imaginaire de Saturne, l'autre

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Sarah Harrison : « L’information veut être libre ! »

European Lab | Sarah Harrison, émissaire de WikiLeaks, l’organisation internationale qui se bat pour une diffusion transparente de l’information (à l’origine des révélations sur la torture à Guantanamo ou sur la guerre en Afghanistan), était présente sur cette excellente édition 2016 de l’European Lab pour présenter "les dangers de la surveillance de masse et du big data", sans oublier de prendre la défense des lanceurs d’alerte. Nous l’avons rencontrée.

Maxence Grugier | Mardi 10 mai 2016

Sarah Harrison : « L’information veut être libre ! »

Sarah Harrison, vous êtes journaliste et chercheuse en droit, vous avez également aidé Edward Snowden à obtenir l’asile en Russie. Comment avez-vous intégré WikiLeaks ? Sarah Harrison : En 2009, je travaillais pour le Center of Investigative Journalism à Londres. Mon patron était un ami de Julian Assange, et lorsque celui-ci est passé à l’occasion de la diffusion des documents secrets sur la guerre en Afghanistan, il m’a demandé si je ne voulais pas lui servir d’assistante pendant le séjour. Il se trouve que j’avais du temps (rire) ! À propos du danger du big data, beaucoup de gens pensent « si je n’ai rien fait de mal, je n’ai rien à craindre de la surveillance globale, ni de l’intrusion dans ma vie privée. » C’est plus complexe, non ? C’est une question très délicate, et une idée piège très répandue et assez classique, dans laquelle la plupart des gens tombent. Le problème est que l’état du monde a changé très rapidement ces dernières années, plus que jamais dans l’histoire de l’humanité, et que les lois elles aussi ont évolué dans le sens d’une autorisation de plus en plus grande des États et des gou

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Simon Reynolds : retour vers le futur

European Lab | Parmi les invités d'un European Lab de plus en plus passionnant sur le papier, Simon Reynolds viendra évoquer l'une de ses marottes, celle-là même qu'il a décortiquée dans Retromania, comment la culture pop recycle son passé pour s'inventer un futur.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Simon Reynolds : retour vers le futur

On n'en a peut-être pas toujours conscience mais on ne peut évoquer aucun sujet, n'aborder aucun problème sans marcher droit devant, la tête tournée en arrière. C'est tout le paradoxe de notre société ultra-connectée, ultra-techno, qui nous propulse toujours plus vite vers le futur et donc l'incertitude que d'avoir rendu cette réalité encore plus forte. En son temps, le romancier canadien Douglas Coupland évoquait dans son Generation X, « l'Ultra-nostalgie » dont la définition était la suivante : « nostalgie du passé immédiat, "merde, ça allait quand même mieux la semaine dernière" ». Or ce concept sur lequel Coupland mettait alors le doigt nous a attrapé le bras et avalé tout entier. Dans Retromania, qui a définitivement assis sa réputation de popologue, le critique rock Simon Reynolds en fait le constat incontestable : la mise à disposition technologique du passé (musical, culturel plus généralement) a ouvert les vannes d'une nostalgie à laquelle il était bien plus ardu de se connecter du temps du Minitel, du téléphone à cadran ou de l'ORTF. Devant la difficulté à se bâtir une culture qui est aujourd'hui à portée de clics, il était

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Microbe et Gasoil

ECRANS | Un road movie dans une voiture bricolée avec deux ados en marge de la jeunesse versaillaise : Michel Gondry signe un film simple et très personnel, qui carbure à l’humour et à la nostalgie.

Christophe Chabert | Mardi 7 juillet 2015

Microbe et Gasoil

Insaisissable Michel Gondry ! Alors s’être embourbé dans une adaptation coûteuse de L’Écume des jours, il revenait quelques mois plus tard avec un petit film enthousiasmant où il partait à la rencontre de Noam Chomsky… Il en est ainsi depuis qu’il est passé de réalisateur de clips à cinéaste : il alterne les registres et les budgets, passe de la France à Hollywood, préservant une certaine idée du do it yourself dont il fait soit la matière de ses films, soit leur sujet. En cela, Microbe et Gasoil, film simple, léger dans son tournage comme dans son résultat à l’écran, est bien plus qu’une parenthèse récréative dans son œuvre ; c’est peut-être là où il dit le mieux la vérité de son projet. Et pour cause : il y replonge dans les souvenirs de sa propre enfance, qu’il projette dans une France d’aujourd’hui comme pour la marquer d’un sceau d’intemporalité. Microbe et Gasoil, ce sont deux héros adolescents en goguette sur les routes de F

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Olivier Bertrand, de Libé aux Jours

CONNAITRE | Après 23 ans passés à "Libération", dont onze comme correspondant à Lyon, Olivier Bertrand, lance avec quelques anciens collègues "Les Jours" qu’il vient présenter au Lab des Nuits sonores. Alors que ce pure player est encore en gestation, il revient pour nous sur son parcours – et sur ce qu’être journaliste aujourd’hui veut dire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 12 mai 2015

Olivier Bertrand, de Libé aux Jours

Il n’aurait pas dû être journaliste. Il n’y avait même jamais pensé. Olivier Bertrand a grandi en banlieue parisienne à Epinay-sous-Senart, ville HLM, cité-dortoir dans toute sa (non) splendeur. Sans le bac, il multiplie les petits boulots, jusqu’à ce que le patron de la boîte informatique pour laquelle il était chauffeur-coursier le pousse, avec bienveillance mais fermeté, à reprendre ses études : «Il estimait que je n’étais pas idiot mais disait qu’il ne pourrait pas me faire progresser dans l’entreprise sans diplôme». Après obtention de l’ESEU (Examen Spécial d’Entrée à l’Université), Olivier Bertrand s’inscrit en philo et passe ses trois premières heures d’amphi comme sur un nuage : «Pour la première fois j’avais découvert le plaisir d’apprendre» dit-il sans angélisme. Ce sera un tremplin pour enchaîner avec un DESS à l’Institut Français de Presse de Paris 2, des stages à Nice-Matin (pour couvrir les fêtes d’Eddy Barclay !) et, pendant ses études, un premier contact comme pigiste avec Libé, où il retouchera les dépêches à destination de leur 36 15 (!) Libé est un journal

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European Lab met les idées au clair

CONNAITRE | ​Pas facile de discuter valeurs démocratiques et mutations urbaines entre deux marathons électro. C'est pourtant ce à quoi vous invite cette année encore l'European Lab, qui plus est en très bonne compagnie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

European Lab met les idées au clair

L'an passé, l'European Lab avait tenu session dans la foulée d'élections marquées par une franche montée de l'euroscepticisme. Pas de bol, c'est dans un contexte pareillement défavorable, suite à la victoire écrasante du parti de David Cameron au dernier scrutin britannique, que se tiendra sa cinquième édition. Les conférences et débats au programme du pendant citoyen de Nuits Sonores ne devraient en être que plus stimulants, d'autant que ce ne sont pas les invités de qualité qui manqueront. Citons le chercheur danois Fabian Holt, auteur d'un ouvrage de référence sur les classifications musicales (et en quoi elles sont à la fois des grilles de lecture et des sources de confusion), Gérard Berréby, le fondateur des formidables éditions Allia, où sont publiés nombre de textes fondateurs de la contre-culture (des Mémoires de Guy Debord à Can't stop won't stop, la somme hip-hop de Jeff Chang) et la Polonaise Agata Pyzik, contributrice du Guardian et de la bible de l'avant-gardisme sonore Wire qui, dans le bien titré Poor But Sexy. Culture Clashes in Europe East and West

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Edwy Plenel au European Lab

CONNAITRE | La liste des invités du European Lab, le pendant réflexif de Nuits Sonores, s'allonge. Viennent d'être confirmées les présences d'Edwy Plenel (qui viendra tenir (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 février 2015

Edwy Plenel au European Lab

La liste des invités du European Lab, le pendant réflexif de Nuits Sonores, s'allonge. Viennent d'être confirmées les présences d'Edwy Plenel (qui viendra tenir compagnie à son investigateur en chef Fabrice Arfi) et d'une dizaine d'intervenants internationaux, parmi lesquels Steven Hearn (président de la holding regroupant la Gaieté Lyrique, le Trabendo et le magazine Tsugi), Alain Van Der Malière (ancien conseiller au Ministère de la culture) et l'universitaire danois Fabian Holt. Ils viennent grossir un pool d'une trentaine de journalistes (comme Franck Annese, le boss à casquette de So Press), artistes (en tête la photographe Nan Goldin), institutionnels (tel Pascal Rogard, directeur de la SACD) et autres entrepeneurs (par exemple Helen Teeling, directrice de l'espace de coworking The Whisky Bond à Glasgow), qui discuteront nouveaux médias, réhabilitation urbaine et démocratie européenne du 13 au 15 mai. http://www.europeanlab.com

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Dans une galaxie proche, toute proche

CONNAITRE | La rencontre d'Alain Damasio et Bruce Sterling, l'un des pères fondateurs du cyberpunk, fut le moment fort du Lab de Nuits Sonores 2014. Cette fois, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 14 octobre 2014

Dans une galaxie proche, toute proche

La rencontre d'Alain Damasio et Bruce Sterling, l'un des pères fondateurs du cyberpunk, fut le moment fort du Lab de Nuits Sonores 2014. Cette fois, c'est pour le festival des Intergalactiques que le maître lyonnais de la fresque polyphonique se prêtera à l'exercice de la rencontre au sommet, puisqu'il y discutera apocalypses écologiques et écosystèmes extra-terrestres avec le pionnier de la SF (et vert notoire) Jean-Pierre Andrevon. Il se prêtera aussi à celui de l'extinction de bougies, à l'occasion des dix ans des insoumises éditions La Volte, animées par les inventions langagières et théories révolutionnaires qui sous-tendent La Zone du dehors, le récit d'anticipation orwellien qui l'a fait connaître. D'autres figures locales du genre, furent-elles des romanciers (Jean-Marc Ligny), des nouvellistes (Sylvie Lainé) ou des essayistes (Raphaël Colson, auteur d'une belle somme sur Hayao Myiazaki, qui animera une projection de Nausicäa), ainsi que de nombreux éditeurs se presseront à cet événement qui s'attache avec succès à mettre en lumière la pertinence sociale et politique des littératures de l'imaginaire. Décollage le 23 oct

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10 rencontres littéraires à ne pas manquer

CONNAITRE | Héros de la rentrée romanesque ou mythes vivants de l'écriture, fut-elle littéraire ou graphique, ces auteurs ont toute leur place dans une "bibliothèque idéale". Ils passeront par ici dans les semaines qui viennent.

Benjamin Mialot | Mardi 30 septembre 2014

10 rencontres littéraires à ne pas manquer

Emmanuel Carrère Avec Le Royaume, imposant volume de 600 pages où il mène une double enquête sur la «crise de foi» qui l’a transformé en croyant fervent pendant deux brèves années et sur les premiers chrétiens, l’auteur de L’Adversaire poursuit son impressionnante exploration des "autres vies que la sienne". Ici, le vertige saisit le lecteur devant l’imbrication virtuose entre les questions que l’homme et le romancier se posent et la tentative de ramener la mythologie chrétienne à son point le plus profane : une secte d’évangélistes traversée par des luttes intestines, des enjeux de pouvoir et le désir d’écrire à plusieurs mains le roman du Christ ressuscité. Christophe Chabert Le 9 octobre à PassagesLe 27 novembre à Lucioles à Vienne    

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Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

MUSIQUES | Leur venue n'est peut-être pas aussi exceptionnelle que celles de Kraftwerk et de ses plus glorieux descendants, mais leurs prestations compteront sans doute parmi les highlights du festival : coup d’œil sur dix valeurs sûres de Nuits Sonores 2014. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

Garnier B2B MCDE (Nuit 1 / Halle 2) Dans le coin gauche, le tôlier, revenu cette année au sommet (mais l'avait-il seulement quitté ?) avec cinq maxis conçus comme autant de défis – à chacun son label et, par conséquent, son esthétique. Dans le coin droit, Motor City Drum Ensemble, LA relève (allemande) de la house à la mode de Chicago. Inutile de vous faire un dessin.   Black Lips (Nuit 1 / Halle 3) Tenancier d'un garage rock d'époque, les Black Lips appartiennent à cette catégorie de groupes qui p

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Quelque chose en eux de Düsseldorf

MUSIQUES | LUCA, acronyme de Last Universal Common Ancestor, soit "dernier ancêtre commun universel", est l'organisme, inconnu à ce jour, dont descendraient tous les êtres vivants actuels. Kraftwerk est son équivalent pour la musique électronique : tous les DJs programmés à Nuits Sonores ont une dette envers lui. Ces dix-là l'ont payée avec les intérêts. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Quelque chose en eux de Düsseldorf

Darkside L'un, Nicolas Jaar, producteur dont la nonchalance n'a d'égal que le raffinement, est à la house ce que la Nouvelle Vague fut au cinéma. L'autre, Dave Harrington, multi-instrumentiste, était jusqu’ici unsideman sans histoire. Ensemble, ils forment Darkside, nom choisi en hommage à Pink Floyd (dont les membres revendiquaient l'influence de leurs amis de Kraftwerk) mais qui aurait tout autant pu l'être en clin d’œil à la Force – voir Daftside, remix bête, méchant et in fine assez jouissif du dernier album de Daft Punk. Psychic, leur premier album, est lui, avec ses licks bluesy et ses artefacts lynchiens, un petit chef-d’œuvre d'electronica à la dérive. Nuit 1 – Halle 1 A l'Ancien marché de gros, mercredi 28 mai (23h45/00h45)

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Poupées de son

MUSIQUES | Nuits Sonores reçoit enfin le groupe par lequel tout a commencé : Kraftwerk, quatuor allemand dont les compositions matricielles ont été aux musiques électroniques ce que les chansons des Beatles furent à la pop. Retour sur quarante ans d'une carrière visionnaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Poupées de son

Dans Adieu au langage, Jean-Luc Godard (voir en page 6), équipé d'un dispositif stéréoscopique de son invention, nous fait redécouvrir le monde comme on ne sait plus le regarder. Autre bricoleur de génie, Ralf Hütter s'apprête lui à nous montrer celui de demain comme on ne l'a jamais vu, du fond d'un tout autre type de salle obscure : une halle de l'ancien Marché de gros, où il donnera ce dimanche avec Kraftwerk un concert en 3D, à la fois conclusion de Nuits Sonores 2014 et synthèse de quatre décennies d'incubation des musiques que le festival défend. Retour vers le futur Synthétiser justement, composer, donner matière à ce qui n'en a pas, est une obsession qu'a cultivée ce claviériste dès le conservatoire. Celui de Düsseldorf, où il rencontre au tournant des années 70 le flûtiste Florian Schneider dans un cours d'improvisation, pratique alors considérée comme un vecteur d'affranchissement de la pop anglo-saxonne par toute une génération de musiciens teutons – ironie du sort, c'est la presse musicale britannique qui baptisera ces expérimentations germanocentrées "krautrock

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C'est extra-fou

MUSIQUES | On aurait tort de ne voir dans les projets Extra! que des lots de consolation pour les tricards du cœur de Nuits Sonores. Si certains d'entre eux font (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

C'est extra-fou

On aurait tort de ne voir dans les projets Extra! que des lots de consolation pour les tricards du cœur de Nuits Sonores. Si certains d'entre eux font effectivement figure de passe-temps pour hipsters désœuvrés, d'autres promettent de jolis pas de côtés sensoriels, à l'image du rassemblement de cantines ambulantes "All we need is trucks", du décrochage des photographies qu'expose en ce moment le Goethe Institut (voir page 8), du clin d’œil à la scène raï qui émergea de la Guillotière dans les années 80 "Arabic Tapes made in Lyon" ou de l'explicite "Bike Block Party". Mais s'il ne devait en rester qu'un, comme on dit dans les Highlands (voir ci-contre), ce serait la troisième "Balade offshore" proposée par le webzine Ocean of Noise, au cours de laquelle se produira samedi 31, au Périscope et milieu de bouteilles de vins, la Dream Team du rock garage à la française, La Secte du futur. Ou plutôt la Nightmare Team : rassemblant sous une même bannière figurant la Faucheuse à cheval un Catholic Spray, un JC Satan, un Black Bug et un Skate Gang, son deuxième album, Greetings from Youth, est si contagieux et ex

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Good evening Scotland

MUSIQUES | Après Manchester en 2005 et Londres en 2009, Nuits Sonores remet le cap vers le Royaume-Uni, direction Glasgow. Une juste reconnaissance pour cette (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Good evening Scotland

Après Manchester en 2005 et Londres en 2009, Nuits Sonores remet le cap vers le Royaume-Uni, direction Glasgow. Une juste reconnaissance pour cette ville où naquit au début des années 80 The Pastels, groupe qui est à l'indie pop ce que Bret Hart était au catch américain : «the best there is, the best there was and the best there ever will be». Mais aussi Mogwai, Primal Scream, The Jesus & Mary Chain... Bref, pas mal de jeunes gens autrement plus cultes que les exhibitionnistes peinturlurés de Braveheart. Aucun d'eux ne sera de cette Carte blanche à la Maison de la Confluence. Brilleront en revanche par leur présence le duo Optimo (jeudi 29), qui fut au tournant du siècle le principal ambassadeur de la house scottish, et Kode9 (le lendemain), le pilote d'Hyperdub, vaisseau-amiral de la frange la plus atmosphérique et séditieuse du dubstep – dont Burial est la figure de proue. Côté guitares, le tiercé dans l'ordre est le suivant : The Amazing Snakeheads, dont les prêches électriques changent l'eau en bourbe aussi sûrement que celles de The Birthday Party en son temps, leur âme sœur da

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Gare au gorille

ARTS | Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Gare au gorille

Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre qui scintillent tels des crocs sous une Lune blême, des barbelés d'encre sur le cou et la joue gauche.. Sven Marquardt a tout ce qu'il faut là où il faut pour tenir un rôle de shérif vampire dans la série True Blood. C'est pourtant à une toute autre figure mythologique qu'on l'associe communément : le Cerbère, en sa qualité de physionomiste du Berghain, le havre de décadence électronique que le monde envie à Berlin. Quand il n'y passe pas ses week-ends à refouler tel ou tel EasyJet-setter pour des motifs connus de lui seul, Sven Marquardt prend des photos – ce qui, connaissant la politique pour le moins intransigeante de son club vis-à-vis de cette pratique, ne manque pas d'ironie. De grands et beaux portraits en noir et blanc d'anonymes aux regards noirs et aux corps bohèmes dont les contrastes gothiques se superposent aux contours de la contre-culture allemande (qu'il documente depuis la chute du Mur), exposés pour la première fois en France au Goethe Institut jusqu'au jeudi 2

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Insomniaque – Semaine du 28 mai au 3 juin

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Grandmaster Flash au DV1, NHK'Koyxen au Sonic et Moritz Von Oswald au garage Citroën. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Insomniaque – Semaine du 28 mai au 3 juin

29.05 I'm Grandmaster Flash Pour Nuits Sonores, le DV1 sort de sa zone de confort et remonte aux sources du hip hop. Celles, croupissantes et mêlées de sang, du Bronx, dans lesquelles aurait pu s'embourber le jeune Joseph Saddler s'il n'avait passé son temps libre le nez dans la collection de vinyles de son père et les yeux rivés sur les platines des pionniers du DJing. Des super-héros naissent de ce genre d’obsession : lui deviendra Grandmaster Flash, one-hit wonder du rap politique (The Message, 1982) et DJ à la virtuosité surhumaine (il mixe de dos, avec ses pieds...) dont l'influence traverse encore les âges. After Dark Kouhei Matsunaga n'a pas attendu que Kraftwerk entre dans la troisième dimension pour arborer de très seyantes lunettes stéréoscopiques. Les vôtres ne vous seront d'aucune utilité lorsque ce passionné d'architecture et bruitiste patenté – originaire d'Osaka, il a très tôt c

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Conversation animée avec Noam Chomsky

ECRANS | Superbe documentaire de Michel Gondry où il va à la rencontre du linguiste Noam Chomsky, et transforme leurs échanges en petit laboratoire animé où se dessine un portrait de Chomsky mais aussi un autoportrait touchant de Gondry en candide curieux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Conversation animée avec Noam Chomsky

D’aucuns aujourd’hui attendent de Noam Chomsky de grandes analyses sur la société médiatique actuelle, tâche à laquelle cet intellectuel engagé et vénéré s’est consacré ces dernières années. Mais ce n’est pas ce Chomsky-là que Michel Gondry est allé rencontrer ; c’est plutôt l’immense linguiste qui a étudié les modes de la communication verbale et non verbale. Et c’est peut-être avant tout un homme aussi simple dans son rapport aux autres qu’extraordinaire dans son parcours. Il l’interroge donc autant sur ses théories philosophiques que sur sa vie d’adolescent précoce, son rapport à la religion et, dans une dernière partie bouleversante, sur l’amour fusionnel qu’il portait à sa femme disparue. Comme s’il devait au spectateur la même franchise et la même honnêteté que Chomsky a toujours eu envers ses étudiants et ses lecteurs, Gondry exhibe le dispositif avec lequel il a enregistré ses conversations : une petite caméra 16 mm qu’il fait tourner de temps en temps et dont on entend le ronronnement sur la bande-son. Cette "matière première" — une parole en continu, des images discontinues — est ensuite transformée par le biais du dessin et de l’animation, les mots de

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Gondry, star du doc

ECRANS | Période faste pour le documentaire français en ce moment… Du coup, Les Écrans du doc, le festival consacré au genre au Toboggan de Décines n’a eu qu’à se pencher (...)

Christophe Chabert | Mardi 8 avril 2014

Gondry, star du doc

Période faste pour le documentaire français en ce moment… Du coup, Les Écrans du doc, le festival consacré au genre au Toboggan de Décines n’a eu qu’à se pencher pour ramasser les beaux fruits de cette production. Parmi eux, les très réussis L’Escale, Se Battre et La Cour de Babel, sans oublier le dernier film-fleuve de l’immense Frederick Wiseman, le plus français des cinéastes américains, At Berkeley. La soirée à ne pas rater durant le festival sera celle consacrée à Michel Gondry — vendredi 11 avril, avec la projection de L’Épine dans le cœur et, en avant-première, du remarquable Conversation animée avec Noam Chomsky. C’est une belle occasion pour revenir sur le cas Gondry, qui alterne depuis ses débuts des projets commerciaux d’envergure avec des petites formes aventureuses et expérimentales, où le documentaire a t

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La griffe des Nuits

MUSIQUES | Faire d'un quartier-étendard en plein développement une plateforme festivalière cohérente : tel est le pari que s'est lancé Arty Farty pour l'édition 2014 de Nuits Sonores en investissant la Confluence. Au-delà de l'enjeu politique, force est d'admettre, à la découverte de la teneur de de sa programmation, que l'affaire est en bonne voie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 26 février 2014

La griffe des Nuits

Depuis l'annonce de son déménagement à la Confluence, on se demandait bien, sorti de quelques évidences, quels lieux allait concrètement investir Nuits Sonores. On sait désormais que le Lab se répartira entre l'Hôtel de région et l'Hôtel de ville, tandis que la partie purement musicale du festival se déroulera sous les halles du Marché de Gros (qui avaient déjà accueilli les éditions 2009, 2010 et 2011), à la Sucrière (NS Days et Mini sonore), à la Maison de la Confluence (pour la traditionnelle carte blanche) et au Parc des Berges (pour le "Sunday Park", un événement de clôture présenté comme un clin d’œil convivial à l'extension de Nuits Sonores à Tanger). En attendant de voir comment le Sucre s’intégrera dans ce circuit et comment les collectifs Superscript² et Looking for Architectures l'habilleront, on remarquera que la programmation des Days, scindée en trois scènes (dont une extérieure), poursuit les efforts de thématisation et de brassage démographique produits l'an passé, mais cette fois avec un vrai souci d'équilibre. Comprenez par-là qu'aucune tête d'affiche ne devrait s'accaparer le public de la Carte blanche comme Laurent Garnier et Carl Cox l'ont fait en 20

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L’Écume des jours

ECRANS | Avec cette adaptation du roman culte de Boris Vian, Michel Gondry s’embourbe dans ses bricolages et recouvre d’une couche de poussière un matériau littéraire déjà très daté. Énorme déception. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 avril 2013

L’Écume des jours

Plus madeleine de Proust adolescente que véritable chef-d’œuvre de la littérature française, L’Écume des jours avait déjà fait l’objet d’une adaptation cinématographique, devenue difficile à voir pour cause de gros échec à sa sortie en salles. Le cinéma français ayant redécouvert les vertus de son patrimoine littéraire, voici donc Michel Gondry qui s’y colle. Le moins que l’on puisse dire est que, là où beaucoup auraient jugé l’univers métaphorico-poétique de Vian ardu à transposer à l’écran, Gondry est face à lui comme un poisson dans l’eau, trouvant une matière propice à déverser toutes ses inventions visuelles. Trop propice, tant les premières minutes du film fatiguent par leur accumulation d’idées passées au broyeur d’un montage hystérique. On n’a tout simplement pas le temps de digérer ce qui se déroule sous nos yeux, Gondry enchaînant à toute blinde les trouvailles, multipliant les accélérés, les changements d’échelle ou les trucages à la Méliès. D’une certaine manière, sa fidélité à Vian est déjà un handicap : là où il aurait pu faire le tri, il préfère empiler 

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The We and the I

ECRANS | De Michel Gondry (ÉU, 1h43) avec Michael Brodie, Teresa Lynn…

Christophe Chabert | Jeudi 6 septembre 2012

The We and the I

Au dernier festival de Cannes, les cinéastes faisaient entrer le monde derrière les vitres fumées de limousines blanches, soulignant la solitude de l’humain face à une technologie omniprésente. Michel Gondry prend tout cela à revers avec The We and the I : c’est dans un antique bus de Brooklyn qu’il réunit un groupe d’adolescents et les regarde passer du collectif (le «Nous») à l’individualité (le «Je»). Ça ressemble à un défi (et il y en a un autre : tous les comédiens sont de jeunes amateurs), mais le film n’a rien d’un exercice de style et s’inscrit dans la veine la plus attachante de Gondry, celle de Block party et de Soyez sympas, rembobinez : un cinéma de proximité ou de quartier réellement humaniste qui interroge la nécessité du lien social. Avec beaucoup de malice, Gondry part du cliché (les «bullies» au fond du bus qui foutent le dawa, les meufs qui se débattent avec leur problème de look et de mecs) puis le démonte en recentrant sur quelques personnages plus complexes, révélant mal de vivre, a

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The Green Hornet

ECRANS | Faute d’orientation claire et de script solide, The Green Hornet, comédie d’action pourtant prometteuse, ne transcende jamais son statut d’Iron Man du pauvre. Le premier gros gâchis de talents de 2011. François Cau

Dorotée Aznar | Jeudi 6 janvier 2011

The Green Hornet

L’alliance entre la réalisation inventive de Michel Gondry et l’écriture acérée de Seth Rogen et Evan Goldberg, binôme formé à l’école Judd Apatow, avait tout pour nous réjouir. Mais c’était oublier un peu vite le spectre du terrible producteur Neal H. Moritz – responsable de trucs pas possibles comme les Fast & Furious, les xXx ou Furtif, et dont l’influence se manifeste ici via un rythme claudiquant, une narration à la fois effrénée dans son déroulé et amorphe dans son exécution, visant l’efficacité à tout crin en dépit du bon sens et des personnalités artistiques en présence. Dans l’une des meilleures scènes du film, le bad guy en chef Chudnofsky (Christoph Waltz, à des lieux de sa performance mythique d’Inglourious Basterds) se trouve confronté à un gros problème de crédibilité face à un jeune gangster arrogant. Les prémices d’un running gag mollasson, au gré duquel le personnage va adopter le patronyme de Bloodnofsky, s’habiller en rouge et se trouver une punchline pour accompagner chacun de ses meurtres. Consciemment ou non, Michel Gondry, Seth Rogen et Evan Goldberg ont résumé dans cette sous-intrigue tous les problèmes du film - un produit hybride qui ne sait jamais

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Soyez sympas, rembobinez

ECRANS | de Michel Gondry (ÉU, 1h34) avec Jack Black, Mos Def…

Dorotée Aznar | Samedi 1 mars 2008

Soyez sympas, rembobinez

Mike et Jerry, grands dadais coincés dans des corps d’adultes, squattent plus que de raison le vidéoclub décati du bon vieux monsieur Fletcher. Quand celui-ci confie la boutique à Mike, le pire ne tarde pas à arriver : suite à une péripétie improbable, Jerry se retrouve entièrement “magnétisé“ et efface malencontreusement toutes les bandes vidéos du magasin. Les deux comparses n’ont dès lors plus d’autre choix que de retourner eux-mêmes les films en location, avec les moyens du bord. Avec ce postulat de départ propice à de multiples fantasmes cinématographiques, Michel Gondry se joue de l’attente d’un spectateur avide de savourer les savoureux remakes cheap promis. À l’image de ces morceaux de bravoure effectivement jubilatoires (Jack Black imitant Jackie Chan dans Rush Hour 2, tout un poème !), Soyez sympas, rembobinez ressemble à un objet comique d’un autre temps. Conscient qu’il n’a plus rien à prouver en termes strictement visuels, Michel Gondry concentre ses efforts sur ses personnages, sur l’enthousiasme contagieux et la fièvre créatrice de ses deux héros improvisés metteurs en scène. Certes, les défauts du film (le rythme, en particulier) jou

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