L'été indien

CONNAITRE | D'une bataille de pigments en l'honneur des désormais octogénaires Gratte-Ciel à leur programmation musicale, pour le moins bariolée et forte en gueule(s), Les Invites de Villeurbanne s'annoncent plus polychromes que jamais. Balayage de spectre. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

«Aux Invites, exit la grisaille». C'est par cette parole que débute la présentation des Invites, le festival urbain et gratuit de Villeurbanne. Cette année, plus encore que les précédentes, Patrice Papelard et ses équipes y joignent le geste, et pour cause : 2014 coïncide avec le quatre-vingtième anniversaire des Gratte-Ciel, ce quartier si emblématique du vivre ensemble à la villeurbannaise que sa skyline rehausse le logo de la Ville. Entre l'inauguration en leur cœur d'une monumentale passerelle éphémère le long de laquelle s'étaleront des portraits de riverains et un final inspiré par la Holi, cette tradition hindouiste qui consiste à s'emplâtrer avec son voisin à coups de poudres bigarrées, tout concourra donc à contraster avec leur auguste blancheur.

 

Côté interventions in situ, on en verra aussi de toutes les couleurs. Du jaune notamment, celui de la colossale nacelle au pied et au sommet de laquelle les danseurs de la compagnie Beau Geste déploieront l'un de ces hasardeux et néanmoins harmonieux dialogues homme-engin de chantier dont ils ont le secret. Et puis de l'ocre, couleur des bonbonnes de gaz qui soutiennent les numéros d'équilibrisme faussement ordinaires du Cirque Inextremiste. Du marron aussi, comme la robe de Margot, la vache solers qui tient le premier rôle de la nouvelle création de la Compagnie Ségéric, Vache de Tango, chronique parlée et dansée de la disparition de l'agriculture à taille humaine. Ou encore du bleu, couleur du bombers du protagoniste de l'assourdissant solo de mime proposé par Deux virgule six couverts, quidam que tente d'asphyxier une pollution sonore générée en direct. Et surtout du rouge, celui des pommes que font circuler et voltiger les so british jongleurs du Gandini Juggling, dont nous vous avions déjà longuement vanté la virtuosité et l'anticonformisme à leur venue au Théâtre de la Renaissance. Autant de teintes qui (in)carnent la conscience sociale et écologique qui anime l'événement depuis sa création. Reste que, une fois n'est pas coutume, c'est son versant musical qui vibrera des nuances les plus insolites. 


Toute une gamme


Dans la grande tradition "invitienne", on ne peut commencer sa présentation sans y aller d'une bonne fanfare – règle d'importance : une fanfare doit être bonne sinon c'est dégueulasse. Avec Orkestar Braka Kradievi, point de lampions, de lancers de chiots, de cracheurs de clowns ou de braies à rayures, nous voilà dans la plus pure tradition de la fanfare gipsy en provenance directe des Balkans. Et si cela vous évoque l'ample et foldingue BO du Temps des Gitans de Kusturica, c'est normal, OBK y a participé.

 

Outre les prometteurs BRNS, Tamikrest (blues touareg dans la lignée de Tinariwen) ou St-Lô, pour ne citer qu'eux, on assistera de là à un beau défilé de Personnages avec un grand P. Exemples : Winston McAnuff (qu'on ne présente plus), Cody ChesnuTT, qui vient de rappeler son casque à notre bon souvenir après dix ans de silence discographique et l'inclassable phénomène Chassol, dont la world-pop de l'espace est devenue le casse-tête des types chargés de l'ordonnancement des bacs de disques. Cela continuera pour le Grand Soir du 21 juin, traditionnel climax de l'événement où l'on retrouvera l'étrange et dépareillé duo Congopunq (le batteur de Bumcello, un barbu un peu flippant, et tu tiens une transe).

 


Fête du slip

 

Suivront deux solides têtes d'affiche, toutes deux inimitables, toutes deux un peu ravagées de la calebasse, mais pas de la même façon. On a déjà eu l'occasion cette saison d'applaudir Jean-Louis Murat – c'était au Radiant – pour la tournée de son vertigineux Toboggan, mais le dispositif live de l'Auvergnat était plutôt chiche. La bonne nouvelle ici, c'est qu'on retrouve une formule déjà utilisée à la Coopérative de mai en décembre dernier pour un concert inédit sur France Inter : soit Murat accompagné par les Clermontois The Delano Orchestra, du gang Kütü Folk. Résultat (quasiment) garanti.

 

C'est enfin un drôle de soulman, à la fois sosie de la barrique porno Ron Jeremy et Jay Sherman (du dessin animé Profession : critique) de chair et de slip, qui mettra la dernière touche aux Invites : Har Mar Superstar. Né Sean Tillman il y a trente-six ans, Har Mar a longtemps été une figure de la scène indé américaine, aperçue aux côtés des Strokes, des Yeah Yeah Yeahs et de J. Tillman (aucun lien), mais aussi de l'Australien Ben Lee et du Gallois Gruff Rhys. Les plus physionomistes l'auront même vu dans de petits rôles toujours voyants au ciné (Starsky & Hutch, Bliss) et les plus documentés aux crédits de titres de divas à trois francs six sous (Jennifer Lopez, Kelly Ozbourne). Long est donc le chemin qui l'a porté vers la soul – en passant aussi par le hip-hop, le r'n'b et le soft-rock –, à l'image du single Restless Leg, savante compote de soul Motown, de Strokes et de Phil Collins. Des ingrédients que l'on retrouve sur l'album Bye Bye 17 et qui, surtout, font le sel schizo de son insane prédécesseur, Dark Touches. Bref, à moins d'un attentat des baigneurs Kodak, ça va en jeter.

 

Les Invites
A Villeurbanne, du mercredi 18 au samedi 21 juin


Har Mar Superstar


Square de la Doua Boulevard du 11 novembre 1918 Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Villeurbanne : des Invites au zénith

Arts de la Rue | Ces Invites retrouvées (du mercredi 15 au samedi 18 septembre à Villeurbanne) sont d’une densité folle. Et d’une qualité remarquable. Gratuit, as usual pour ce festival des arts de la rue.

Nadja Pobel | Jeudi 9 septembre 2021

Villeurbanne : des Invites au zénith

Il y a les concerts, bien sûr, et c’est plus que jamais un événement étant donné le contexte. Avec la bossanova de Flavia Coelho, le blues créole de Delgres, la sono mondiale de Natacha Atlas, le classique si joyeux du Quatuor Debussy (oui ceux qui accompagnaient Valérie Dréville en Tirésias cet été aux Nuits de Fourvière). Et il y a les arts de la rue, partout dans la ville à l’image du géant Tchangara, marionnette de neuf mètres de hauteur, venue de Côte d’Ivoire et quasi mascotte de cette future Capitale française de la culture en 2022 qu'est Villeurbanne. Il faudrait revoir aussi Zora Snake et son spectacle rageur sur le parcours d’un jeune migrant, Transfrontalier. Sur ce même thème et d’une teneur tout aussi colérique, Continent, la dernière création des locaux du KompleXKapharnaüM est de la dentelle où son et lumière s’entremêlent au texte et la diction puissante de Stéphane Bonnard, qui raconte 18 mois passés avec Nour, Mohamed et 300 autres dans un squat à Lyon. « Ce qui arrive est si gros que ça ne tient pas dans les mots » nous dit-il dans

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Invites à vif

Les Invites | Il se dit "pas pareil" depuis sa création en 2002, à l’instar de sa ville, Villeurbanne. Mais ce n’est pas qu’un slogan. Les Invites, désormais en mode biennale, abordent leur seizième édition avec le Royal de Luxe en ouverture. Toujours 100% gratuit.

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Invites à vif

Il est question de musique, de théâtre de rue mais aussi d’aménagement du territoire. Puisqu’elles sont dans l’espace public, Les Invites suivent ses modifications, sans jamais être la tête de gondole à visée électorale de la Ville. Du 19 au 22 juin, encadrant comme à son habitude la Fête de la Musique, tout se passera dans la ZAC nord du quartier des Gratte-Ciel, en pleine extension, au-delà du cours Émile Zola. Les concerts sont ramenés rue Chomette, après avoir voyagé dans différents parcs. Les dubbeurs de High Tone invitent notamment les musiciens qui leur sont chers, dont Omar Perry, fils de Lee Scratch Perry. Neuf autres artistes seront dans les parages. Scénographier l’urbain En matière de théâtre de rue, le Royal de Luxe fera sa première incursion dans la région avec Miniatures, spectacle non-déambulatoire pointant les nuages avec le récit d’un pilote endormi. Le spectacle est accessible sur réservation, tout comme ceux de la compagnie Opus et les très attendus 26 000 couverts qui pour leur création 2019, Véro 1ère Reine d’Angleterr

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Royal de Luxe invités à Villeurbanne

Les Invites | C'est peut-être la compagnie de théâtre de rue la plus célèbre au monde et l'une des plus passionnantes à suivre : Royal de luxe sera à Villeurbanne pour (...)

Nadja Pobel | Mercredi 6 mars 2019

Royal de Luxe invités à Villeurbanne

C'est peut-être la compagnie de théâtre de rue la plus célèbre au monde et l'une des plus passionnantes à suivre : Royal de luxe sera à Villeurbanne pour six représentations, du 14 au 20 juin, en amorce du festival des Invites qui se déroulera du 19 au 22 juin. C'est bien à l'invitation de cette (désormais) biennale que douze comédiens vont débarquer avec Miniatures, un titre clin d’œil à ce qui a fait leur renommée : des marionnettes déambulatoires absolument géantes. Miniatures est une pièce dite "de place", qui se déroule dans un lieu fixe. La troupe investira un parking pour raconter le rêve d'un pilote d'avion qui s'est assoupi et observe le monde devenu miniature. Pyrotechnie, machines infernales, théâtre d'objet sont les outils de ce récit. L'équipe des Ateliers Frappaz, labellisés par l'État Centre national des arts de la rue et de l'espace public (CNAREP), dévoilera la programmation complète de la 16e édition des Invites le 11 avril. Le traditionnel défilé sera "éthique" et conduit par Art Point M avec 200 Villeurbannais.

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Carte blanche à Jean-Louis Murat

ECRANS | Porté par le souffle de son nouvel album Il Francese, le fier amant de la terre arverne Jean-Louis Murat marque une étape dans une salle dont le nom fait (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

Carte blanche à Jean-Louis Murat

Porté par le souffle de son nouvel album Il Francese, le fier amant de la terre arverne Jean-Louis Murat marque une étape dans une salle dont le nom fait écho à son millésime 2013 : Toboggan. Dans sa grande polyvalence, le lieu décinois abrite également un cinéma ayant offert à l’auteur-compositeur-interprète une carte blanche ; celui-ci a porté son choix sur deux œuvres italiennes post-néoréalistes : L’Or de Naples de Vittorio De Sica (1954) et Accatone de Pasolini (1961). À (re)voir avant et après le concert. Carte blanche à Jean-Louis Murat Au Toboggan les v​endredi 23 à 18h et dimanche 25 novembre à 18h30

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Cult wave au festival Transfer avec Trisomie 21

Festival Transfer | Parmi les têtes d'affiche, si tant est qu'il y en ait, de la 2e édition d'un festival Transfer bien riche, on trouve, le deuxième soir, Trisomie 21, cultissime totem de la cold wave française, qui renaît une énième fois de ses cendres pour une tournée mondiale dans le sillage du très classe Elegance never dies, sorti l'an dernier.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 février 2018

Cult wave au festival Transfer avec Trisomie 21

« L'élégance ne meurt jamais ». On dirait le titre d'un de ces James Bond contemporains qui aurait basculé vers le côté obscur du placement produit à la frontière de laquelle se trouve la série cinématographique depuis bien longtemps. Sauf que l'on est ici à l'opposé de cet univers : dans celui d'un groupe qui a toujours incarné la lutte, la contestation et le contre-pied. Elegance never dies est donc le titre du dernier album de Trisomie 21, pionniers de la cold wave made in France, neuf ans après le dernier et une promesse de tout arrêter. Nous sommes en 1980 lorsque les frères Lomprez, peu enclins à entrer dans le moule social qui leur est promis, forment à Denain dans le nord, genre de Manchester français, ce qui ressemble sans doute le plus au pendant français de Joy Division : une formation maniant la cold wave comme personne, décrivant avec une rage froide le désœuvrement industriel des années 80. Casser les codes Cela leur vaudra d'être signé par Pias en 1987 et de connaître un succès, notamment à l'étranger (Belgique donc, Pays-Bas, Allema

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Les Invites : la rue est à vous

Les Invites | Après une année blanche, les Invites se ré-installent au centre de Villeurbanne. Outre le fait que la ville se nappe alors d'une ambiance délicieusement festive, le festival "pas pareil" contient de nombreuses promesses artistiques. Idées de découvertes.

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

Les Invites : la rue est à vous

Investir la rue comme un manifeste. Celui d'une certaine liberté que l'état d'urgence a passablement mis à mal. Villeurbanne, en son quartier historique et vivant des Gratte-ciel, accueille à nouveau cette année le festival des Invites, 15e du nom. C'est une ville dans la ville qui va s'édifier sous les yeux des habitants et passants, conviés à être les chevilles ouvrières d'une cité éphémère en carton. Jolie métaphore d'un monde qui tangue. Olivier Grossetête, plasticien, a déjà expérimenté ce projet à Marseille où il vit. 8000m² de cartons vont prendre place dans la ville, collés entre eux par centaines pour prendre la forme de bâtiments dont la hauteur peut atteindre jusqu’à 25m de haut. Battre le pavé 25 spectacles vont se dérouler dans ce quartier dont certains ont déjà fait l'objet de résidences ce printemps aux Ateliers Frappaz, l'un des treize Centre nationaux des Arts de le Rue (CNAR). C'est le cas de Oh ! secours par le Teatro del Silencio. Cinquante habitants ont répété durant une semaine le rôle de mimes qui, avec la figure de Godot, viennent à la rencontre d

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La rentrée musique côté chanson et french pop

MUSIQUES | Ah, la France et sa diversité. Elle sera belle cette année, entre piliers indéboulonnables, y compris de nos salles lyonnaises, comebacks attendus, jeunes gens modernes (indé ou pas) pétris de talents et éternels relous. Rien que de très classique dans un paysage toujours très ouvert. Pour ne pas dire trop.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté chanson et french pop

Si la rentrée musicale "française" est surtout affaire de reformation (voir page 4), la programmation saisonnière est aussi le théâtre du retour perpétuel de figures qui, elles, ne se sont jamais séparées. Et pour cause : elles sont seules. Un exemple ? Stephan Eicher ? Visiblement pas tant que ça, en tout cas il doit rapporter puisqu'on le reverra du côté du Radiant (7 octobre), mais cette fois-ci pour rejouer ses tubes à grands renforts étranges de carillons, de tuyaux d'orgues et de bobines Tesla. Changement de formule également pour Jean-Louis Murat (au Théâtre de Villefranche le 12 octobre) qui poursuit sa tournée Babel sans le Delano Orchestra. Cela ne devrait pas décourager ses fans, qui sont hardcore ou ne sont pas. Un peu comme ceux de Corbier qui, lui, fait des infidélités à A Thou Bout d'Chant pour se payer un Transbo (le 10 octobre). Cap sur Belin Tout cela ne rajeunissant personne, penchons nous sur la génération montante qui se taillera la part du Lyon, entre

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Festival des 7 Collines – Du 1er au 10 juillet à Saint-Étienne (42)

SCENES | Chaque été, pendant dix jours, la gravité à la surface de Saint-Étienne est équivalente à celle de la Lune. Par quel miracle ? Celui dont le Festival des 7 Collines, où prospère le cirque de demain, détient le secret depuis maintenant 21. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Festival des 7 Collines – Du 1er au 10 juillet à Saint-Étienne (42)

On se fait la remarque chaque année : 7 Collines, pour un festival se faisant fort d'accueillir des artistes qui tutoient les sommets – au sens propre, attachement au nouveau cirque oblige, mais aussi au figuré, les plus grandes compagnies du genre s'y donnant rendez-vous chaque année – c'est franchement "petit bras". 7 Montagnes, 7 Cimes ou 7 Pitons, voilà qui ferait honneur aux jongleurs flegmatiques du Gandini Juggling – associés à des danseurs du Ballet royal de Londres pour une nouvelle création qui promet de sublimer leur sens de la synchronisation. Voilà qui serait raccord avec les délicates intentions de leurs confrères villeurbannais du collectif Petit Travers – qui présenteront une courte pièce en clair-obscur. Voilà qui serait à la hauteur de la fantaisie et de la vitalité des touche-à-tout des 7 Doigts de la main – de retour de leur Canada d'origine avec Cuisines et confessions, un spectacle qui devrait en mettre plein les yeux et autant dans les narines. Mais bon, on dit ça, on ne dit rien. Du moment que cela ne vous empêche pas de faire aussi connaissance avec la jeu

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Aux Invites, l'art fait le trottoir

CONNAITRE | Fidèles à leur ethos d'ouverture au monde et de revalorisation de la notion de citoyenneté, Les Invites fêtent l'arrivée officielle des beaux jours avec quatre jours de déambulations tragi-comiques. Suivez le guide. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 16 juin 2015

Aux Invites, l'art fait le trottoir

Treize ans que Les Invites tordaient le cou aux idées reçues sur les artistes de rue et/ou engagés – des zonards qui creusent le trou de l'intermittence, en gros. Et soudain, patatras : les mains sont moites, les réflexes peut-être émoussés, on lâche prise et on se retrouve avec un concert du Collectif 13, "super" groupe de chanson pas contente et néanmoins décontractée du dreadlock où émargent des mecs de La Rue Ketanou, de Massilia Sound System, de Tryo... Le reste de la programmation musicale de cette quatorzième édition, bien qu'il ne renoue pas avec l'exubérance des têtes d'affiche de ces dernières années (Jean-Louis Murat et son orchestre, Har Mar Superstar, SKIP&DIE, La Femme, Rachid Taha...), propose une approche heureusement beaucoup plus authentique et subtile de l'altérité culturelle. Chercheurs d'or black (l'éclectique radio host Gilles Peterson, pour un Black Atlantic Club hors les murs qui devrait faire date, les ethnomusicologues du label francfortois Analog Africa, le baroudeur de longue date DJ Oil), bluesmen passés maîtres dans l'art du désensablement d'esgourde (le qua

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Drôles de zèbres

MUSIQUES | «C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui» affirme Rémi Gaillard, risible émule de Johnny Knoxville dont les impostures font sur (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Drôles de zèbres

«C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui» affirme Rémi Gaillard, risible émule de Johnny Knoxville dont les impostures font sur Youtube la joie de millions de procrastinateurs – et prouvent depuis le début du mois qu'à l'instar d'un costume, un écran peut être trop grand. L'un des titres les plus représentatifs de Congopunq, tête d'affiche aux côtés, notamment, des so french Mustang, de la prochaine Nuit Zébrée de Radio Nova (au Transbordeur mardi 14 mars), s'intitule N'importe quoi. A raison tant cette licencieuse leçon de groove ne ressemble à rien de sensé. A moins de considérer comme tel un bœuf réunissant l'ensemble tradi-moderne Konono n°1 et The Brian Jonestown Massacre. Pour autant, elle n'est pas l’œuvre d'un simple quidam, ce duo étant mené par Cyril Atef, excentrique et virtuose batteur de Bumcello qui, avec le dénommé Monsieur Cong, colosse pileux aussi inutilement indispensable au projet que le tambouriniste Joel Gion l'est au groupe d'Anton Newcombe, repousse ici et sur deux albums son goût des rythmes panafricains, des postures punk et des tenues de nomade perché – l'équivalent tropical du clochard céleste. As

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Jeu, set et Smashed

SCENES | Dans Smashed, neuf jongleurs rendent hommage à Pina Bausch avec des pommes et mettent en compote les idées reçues sur leur discipline. Un spectacle d'un raffinement et d'une fluidité impressionnants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 6 décembre 2013

Jeu, set et Smashed

Elle a poussé l'humanité à commettre son premier crime de lèse-déité, inspiré à Newton la loi de la Gravitation universelle et à Magritte son tableau le plus fameux, permis à Chirac de remporter l'élection présidentielle de 1995 et à Steve Jobs de faire prospérer sa secte... Y a pas à dire, la pomme est le fruit le plus influent de la Création. Cette assertion, le Gandini Juggling, troupe londonienne qui depuis le début des années 90 repousse les limites esthétiques et techniques de la jonglerie, lui donne encore un peu plus de crédit avec Smashed. Et pour cause : ce spectacle, l'un de ses plus emblématiques (créé en 2011, il a déjà été joué plus de deux cents fois) se présente comme une transposition de la danse-théâtre, approche expressionniste du geste que la chorégraphe allemande Pina Bausch popularisa dans les années 70, en jonglage-théâtre, et repose, à un service à thé et une rangée de chaises près, uniquement sur le lancer et la passation de pommes. Voire sur leur escamotage.  Les casseurs jongleurs Les neufs interprètes de Smashed font en effet montre d'une telle adresse que leurs manipulations confinent parfois à la prestidigitation.

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Le freak, c’est chic

MUSIQUES | Du freak, du fou, de la créature cramée, de l’inclassable, de l’incassable, du fragile, du fracassé, du fracassant, du marginal, du réfractaire, du réfracté, du revenant, du rêveur, du malade, du rageux, cet automne musical va en faire pleuvoir de partout. Du chelou comme à Gravelotte, qu’il va tomber. De belles tronches de vainqueur et des paluches pleines de talent, des noms à coucher dehors, du génie à la pelle, attaqué à la pioche. Ah, inquiétante étrangeté quand tu nous tiens ! Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Le freak, c’est chic

Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est Florent Pagny en total look peau de zobi à la Star Academy ou Alain Delon tenant des propos contre-intelligents sur l’homosexualité dans C à vous. Car oui, souvent, on a affaire à un type qui peut partir en vrille à tout moment, se mettre à dire n'importe quoi, comme n'importe quel parrain dans n'importe quel événement familial, ou comme un parrain de la mafia un peu sur les nerfs. C'est très bien, ça fait parler. Nous aurions pu assez logiquement choisir le parrain rock Don Cavalli, d’origine italienne et d’aspiration amerloque, comme tout parrain qui se respecte, et dont Les Inrocks qualifient avec raison la production de «rock tordu et primitif», quelque part entre la sève de Johnny Cash et les débordements d’un Beck. Bref, l’éternelle histoire du type né au mauvais endroit au mauvais moment et qui s’en accommode par le voyage intérieur (sur son dernier disque il va même jusqu’en Asie). En plus, dans le civil,

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J'aime (pas) la chanson française

MUSIQUES | Au Petit Bulletin nous avons cette réputation, en laquelle nous croyons parfois nous-mêmes, qui veut qu’à l’instar du titre des opus du dessinateur Luz, «[On] n'aime (toujours) pas la chanson française». La preuve que si, un peu. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

J'aime (pas) la chanson française

On a beau eu noircir des Unes sur Françoiz Breut, la révélation Daisy Lambert, faire des ronds de jambes à Emilie Loizeau, Jean-Louis Murat, Benji Biolay, ou même ce drôle d'animal qu'on appelle Fauve – qui revient d'ailleurs déverser sa bile casse-gueule au Festival Nouvelles Voix à Villefranche – rien n'y fait. Une réputation, ça vous colle à la peau comme le pansement du Capitaine Haddock, tout ça parce qu'on n'est pas à fond sur Calogero – et ce n'est pas avec Circus, son opéra pop, que ça va s'arranger – ou que Jean-Jacques Goldman n'est pas notre français préféré. Le truc c’est qu’appréhender la notion de chanson française c’est comme essayer d’attraper un

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Jeux de piste

SCENES | Le nouveau cirque n'est pas qu'un produit d'appel. C'est le constat qui s'imposait au terme de la saison 2012/2013, plutôt époustouflante en la matière. C'est le même qui se dessine en creux des plaquettes estampillées 2014. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 5 septembre 2013

Jeux de piste

Politique et contracté (Propaganda, par les punks d'Acrobat), tendre et intimiste (Pour et le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal), souple et détendu (Nuage, avec Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois), freaky et inquiétant (

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Bons voyages

CONNAITRE | Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 3 juillet 2013

Bons voyages

Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans organise Fêtes Escales, une manifestation articulée autour de «temps forts» bon enfant (pique-nique, feu d'artifices, bal...) et, surtout, de concerts en plein air pensés comme des cartes postales.   Cette année, à l'approche de la commémoration de la prise de la Bastille, le parc Dupic se parera ainsi successivement des couleurs d'Israël (là où le folk-rock de la pétulante Riff Cohen puise sa chaleur), de la Jamaïque (grâce au vétéran du reggae Winston McAnuff, accompagné pour l'occasion par l'accordéoniste néo-musette Fixi), de l'Amérique dite des grands espaces (où s'aventure Sanseverino avec un disque de bluegrass francophone aussi gouailleur et vigoureux que ses albums manouches) ou encore du Sénégal (pays d'origine du prodige de la

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Aux arts, citoyens !

CONNAITRE | Pour la douzième année consécutive, Villeurbanne offre à ses habitants (et aux autres) quatre jours de festivités en plein air avec Les Invites. Coup de projecteur sur ce festival généreux et chaleureux, le temps d'une rencontre avec Patrice Papelard, son créateur-concepteur. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Aux arts, citoyens !

Comment Les Invites sont-elles nées ? Patrice Papelard : A l'initiative de Jean-Paul Bret, quand il a décidé de se présenter à la mairie de Villeurbanne en 2001. Je l’avais connu lorsqu’il était adjoint à la culture, à l’époque des Eclanova, pour lesquels il m’avait recruté. C’était un festival gratuit de 1989 à 1995, avec plus de musique que dans Les Invites mais où j’avais déjà amené les arts de la rue. Avec Les Invites, on voulait proposer au public de nous rencontrer, utiliser des matériaux pour transformer l’espace urbain et, en plus, confier à des associations la restauration. Manger et boire ensemble faisait partie intégrante du projet artistique. C’était très important.   S'agissait-il déjà d'un festival dit «pas pareil» ? On avait déjà inventé ça oui. «Pas pareil» car il était basé sur la gratuité et la participation et parce que dès la première année on a voulu un mélange d’exigence artistique et de conv

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Street Fighter

MUSIQUES | Quoi de mieux quand on organise un festival de rue gratuit que de faire appel, pour sa programmation musicale, a un authentique gars de la rue ? C'est (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 juin 2013

Street Fighter

Quoi de mieux quand on organise un festival de rue gratuit que de faire appel, pour sa programmation musicale, a un authentique gars de la rue ? C'est sur Tottenham Court Road ou sur Brick Lane, à Londres, qu'a été découvert cet émule de Rémy Bricka et de Jimi Hendrix qu'est Lewis Floyd Henry. Rémy Bricka pour le côté homme-orchestre, même si à vrai dire, on en a connu de plus rock'n'roll, genre Bob Log III, et Jimi Hendrix pour le jeu de guitare incendiaire et l'inspiration. Résumons nous donc : Lewis Floyd Henry joue de la guitare, de la batterie et de tout un tas de petits trucs, et son idole est Jimi Hendrix. Le genre de gars facile à programmer car il voyage avec sa maison (on dit que longtemps il n'en eut même pas) et son matériel sur son dos, d'où le titre de son album, à traduire ainsi : «Un homme et son landau de 30 W». Inutile donc de convoquer des trente-cinq tonnes pour la logistique du bonhomme. Ni d'ailleurs pour faire du bruit à sa place. Car Lewis fait à lui tout seul autant de boucan qu'une autoroute et manifeste autant d'agitation qu'une rue bondée

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Place nette (ou pas)

SCENES | Attention, toute la programmation des Invites ne figure pas dans le programme des Invites ! La compagnie star du théâtre de rue (à laquelle avait été confiée (...)

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Place nette (ou pas)

Attention, toute la programmation des Invites ne figure pas dans le programme des Invites ! La compagnie star du théâtre de rue (à laquelle avait été confiée l'an dernier la mise en scène de l’hommage à Jean Vilar au Festival d’Avignon), KompleXKapharnaüM, se fendra en effet d'impromptus, de jour comme de nuit, au village du festival et à la Doua, étrennant ainsi les premières esquisses de sa prochaine création (prête pour fin 2014), Do not clean. Ces rendez-vous scelleront une énième collaboration entre cette compagnie villeurbannaise et  le festival, qui l’avait notamment accueillie en 2011 avec le projet Fool, mené avec le groupe High Tone, une immense déambulation dans le quartier des Gratte-ciel qui avait réuni cinq mille personnes. Il s’agira cette fois d’une petite proposition, parfois même imperceptible, visant à s'interroger, toujours dans l'espace public, sur ce que l’on jette, ce que l’on garde et ce que l'on refuse de considérer. Mais qu’on ne s'y trompe pas : Do not clean n’est pas une fable écologique et donneuse de leçon sur le recyclage, quand bien même le collectif s’est

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L'amour à la machine

SCENES | Un duo pour danseur et pelleteuse. Il fallait y penser. La compagnie Beau Geste, en la personne du chorégraphe Dominique Boivin, l'a fait en 2005 et n'a (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

L'amour à la machine

Un duo pour danseur et pelleteuse. Il fallait y penser. La compagnie Beau Geste, en la personne du chorégraphe Dominique Boivin, l'a fait en 2005 et n'a depuis cessé de présenter le résultat aux quatre coins du monde. C'est dire le pouvoir de fascination qu'exerce cette courte pièce (vingt minutes chrono) à mi-chemin de la relecture mécanique de King Kong (plus une magnifique histoire d'amour impossible qu'un récit d'aventure), de la parabole sur la domination croissante des machines et du rêve d'enfant concrétisé. A quoi tient-il ? Au caractère périlleux et par extension spectaculaire de l'exercice, bien sûr, et à la technicité qu'il requiert de ses interprètes. Mais aussi et surtout à l'improbable alchimie qui s'y construit entre l'imposant engin de terrassement, dont le godet se fait tour à tour mâchoire dévorante et main protectrice, et le petit homme tiré à quatre épingles qui tente de l'apprivoiser. Bref, en dépit de la richesse proverbiale des Invites, on ne verra au cours de leur édition 2013 sans doute rien de plus atypique et gracieux que ce pas de deux - d'autant que c'est la voix de

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Des Invites pleines de surprises

CONNAITRE | De la bonne musique, le haut du panier des arts de la rue et surtout un esprit festif, associatif et généreux. Voilà de quoi va se parer Villeurbanne du 19 au 22 juin pour les traditionnelles Invites, 12èmes du nom. Revue de détail. Nadja Pobel et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 18 avril 2013

Des Invites pleines de surprises

Sous-titré «festival pas pareil», les Invites sont effectivement en constante évolution et (ré)invention. Cette année, c'est sur le thème de la mer et en se révélant encore plus centrée que d’habitude sur le jeune public que la fête réinvestira Villeurbanne. Le parc de la Commune étant abandonné depuis trois ans, c’est en effet en centre-ville que se déroulera de nouveau le cœur de la manifestation, entre la place Lazare-Goujon et le parc du centre, de part et d’autre du cours Émile Zola, au niveau de la station de métro Gratte-ciel. La compagnie Délices Dada fera des visites de la cité avec toujours autant de truculence et d’impertinence ; De Fakto proposera une création hip hop autour du Petit bal perdu chanté par Bourvil et chorégraphié par Découflé. La Constellation présentera elle aussi sa création de l’année, Outside, sorte d’opéra rock adapté au plein air. Bien d’autres propositions artistiques sont à découvrir au fil des rues - certaines, les impromptus, ne sont d’ailleurs pas encore annoncées et se dévoileront pendant le festival, à limage de fausses

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Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

MUSIQUES | «Nuits Sonores n'est pas un festival de blockbusters». La phrase est de Vincent Carry, le directeur de Nuits Sonores et elle a rarement été aussi appropriée que pour l'édition 2013 du festival, l'équipe d'Arty Farty ayant choisi de rester stable sur ses fondamentaux plutôt que de se lancer dans la course à la surenchère que laissait entrevoir le très solennel dixième anniversaire de l'événement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 24 janvier 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

Ça pour une belle fête d'anniversaire, c'était une belle fête d'anniversaire : de l'édition du bouquin commémoratif 10 ans sans dormir à l'accueil des séminaux New Order en passant par la conclusion de sa programmation nocturne sur un plateau secret, le festival Nuits Sonores a l'an passé mis les petits plats dans les grands au moment de célébrer sa décennie d'existence. A tel point qu'on ne voyait pas bien comment il allait pouvoir poursuivre sa croissance sans verser dans l'excès. Arty Farty nous a ouvert les yeux ce matin : l'édition 2013 de l'événement ne sera ni plus maousse ni plus timide que les précédentes, elle sera dans leur droite lignée, c'est-à-dire urbaine, sélective, éclectique et réflexive. A ceci près qu'elle durera six jours, mitoyenneté calendaire du 8 mai et de l'Ascension oblige.Pour le reste donc, les habitués du festival seront en terrain connu, en tout cas pour ce qui concerne la partie diurne des

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Invites à l'envie

CONNAITRE | Spectacle de rue, de théâtre, de danse, de mimes et de marionnettes, musique, bienvenue au festival «pas pareil» qui, dans les rues de Villeurbanne et pour la modique somme de rien, opère chaque année, un retour à ces festivités d'antan où l'on montrait des ours à la foule pendant qu'un acrobate cracheur de feu tentait de prendre le dessus sur un joueur de flûte. On exagère à peine. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 juin 2012

Invites à l'envie

Commençons par la (super)star : Didier Super et sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – comédie musicale, sobrement intitulée Didier Super La Comédie Musicale! (Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?). Où il est question de milliardaire dépressif, de témoins de Jéhovah, d'un président de la République déprimé et de cascades en BMX. Quelque chose nous dit que la proximité géographique entre le Nordiste et la compagnie belge Les Royales Marionnettes n'est pas pour rien dans la foutraquerie annoncée du spectacle Et ta sœur ? : où un, entre autres, vice-champion de lancer de crotte de nez affronte sa sœur spécialiste du perçage de tympans. Guère moins fantaisiste, L'Éléphant vert, avec son «théâtre d'intervention déambulatoire» mettant en scène, dans Le Meilleur Ami de l'homme, des Homme-chiens. Corps Migrateurs Il y a aussi des noms étranges, comme La Clique sur la Mer et son Orphéon sur la Ville, un sextet, qui nous promet des valses felliniennes. Des noms plus

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Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

CONNAITRE | Programmation des Invites de Villeurbanne 2012 : Le festival villeurbannais « pas pareil » vient de dévoiler sa foisonnante, éclectique programmation entre théâtre, danse, spectacles de rue, mimes, marionnettes, veaux, vaches, cochons, couvées, Didier Super en Christ sur BMX, des Grumaux, des carottes, et bien sûr de la musique de qualité à savourer en famille pour pas un rond. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Lundi 23 avril 2012

Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

«Les Grumaux sont toujours là où on ne les attend pas». Il n'y a qu'aux Invites que l'on peut vous présenter de cette manière un (ou des) artiste(s) présent(s) – en l'occurrence, ici, des voltigeurs à mi-chemin de Mad Max et des Marx Brothers, les Demi-frères Grumaux. Bienvenue au festival pas pareil qui, dans les rues de Villeurbanne et pour la modique somme de rien, opère un retour à ces festivités d'antan où l'on montrait des ours à la foule pendant qu'un acrobate cracheur de feu tentait de prendre le dessus sur un joueur de flûte. On exagère à peine. Didier Christ Superstar Or donc, les Invites viennent de dévoiler leur programmation, qui contient de Grumaux mais pas que. Au rayon saltimbanque bien bancal, Didier Super devrait faire le boulot avec sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – comédie musicale, sobrement intitulée Didier Super La Comédie Musicale! (Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?). Où il est question de milliardaire dépressif, de témoins de Jéhovah, et d'un président de la Républ

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Les Invites de Villeurbanne en mode "commandos tricot"

ACTUS | Pour sa onzième édition qui se déroulera du 20 au 23 juin, Les Invites de Villeurbanne (qui dévoileront leur programme le mardi 24 avril, à suivre ici même !) (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 avril 2012

Les Invites de Villeurbanne en mode

Pour sa onzième édition qui se déroulera du 20 au 23 juin, Les Invites de Villeurbanne (qui dévoileront leur programme le mardi 24 avril, à suivre ici même !) lancent un appel à participation original : ils donnent rendez-vous à tous les volontaires qui le désirent dans ses Ateliers Frappaz (14-16 rue du Docteur Frappaz à Villeurbanne) pour s'initier au tricot et préparer ainsi une grande opération qui aura lieu au cours du festival. L'idée sera "d'habiller" le mobilier urbain, les arbres ou les statues de la ville avec des "vêtements" créés pour l'occasion. Les ateliers sont ouverts du mardi au vendredi de 14h à 18h, les cours sont dispensés sur place et le matériel est fourni. Pour plus d'informations, vous pouvez contacter Agathe Sinck au 04 72 68 90 17 ou sur le mail mediation@ateliers-frappaz.com.

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Le Lièvre et la torture

MUSIQUES | Musique / Avec Grand Lièvre et après deux ans de silence, l'Arverne atrabilaire Jean-Louis Murat revient en douceur vers les sommets, entre blues minimal et langue à la renverse. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 septembre 2011

Le Lièvre et la torture

«Qui veut voyager loin ménage sa monture» dit l'opticien amateur de poney. Murat, disquaire trop prolifique sujet aux égarements, a finalement eu pitié de la bête de somme, deux ans durant. Il faut parfois savoir prendre ses distances, «se mettre aux anges» comme il disait époque Lilith. Aux anges, ou au placard, quand sa maison de disque lui aurait mis le mors aux dents et le joug sur la carcasse, pas bouger, rien dépenser, pas même soi. L'auteur de Suicidez-vous le peuple est mort aurait même pensé à «se perdre de vue». Comprendre, pour l'angoissé de la partoche blanche, perdu de recherche, pour mieux se retrouver : «Dans une chanson bienvenue, ne plus être clinique». Mais l'artisan, lorsqu'il ne met pas l'ouvrage sur le métier a les doigts gourds. Quand le poète n'étale pas ses mots sur quelque surface, ils lui dégueulent de la bouche comme excès de bile (le chanteur, justement, aurait été opéré de la poche à bile qu'il avait, on le sait, profuse et diarrhéique). Tant et si bien que deux ans sans disque de Murat, on était au bord d'appeler les secours quand il nous devança avec Grand Lièvre : «L'art du silence aura ma peau

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Bonnie Prince Billy (Jean-Louis Murat)

MUSIQUES | Déplacez les volcans d’Auvergne sur les contreforts des Appalaches, et vous constaterez que le Prince Will Oldham a plus d’un point commun avec (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 15 septembre 2011

Bonnie Prince Billy (Jean-Louis Murat)

Déplacez les volcans d’Auvergne sur les contreforts des Appalaches, et vous constaterez que le Prince Will Oldham a plus d’un point commun avec Jean-Louis Murat : l’amour de la country made in Nashville, par exemple, mais aussi et surtout cette prolifique boulimie qui pousse les deux bonhommes à sortir plusieurs disques par an. En 2011 pour autant, l’un et l’autre s’en tiendront à une seule livraison. Pour Bonnie Prince Billy, ce sera Wolfroy Goes To Town (sortie le 31 octobre). L’occasion d’entendre, on l’espère, un meilleur successeur à The Wonder Show Of The World, lors de son concert à l’Epicerie Moderne. Parce que la BO de This Must Be The Place a beau remettre Lay & Love au (bon) goût du jour, elle nous rappelle surtout que ses meilleures chansons datent – comme celles de JLM – de vieux albums mille fois sillonnés. Bonnie Prince BillyÀ l’Epicerie Moderne, mardi 18 octobre. Jean-Louis MuratAu Kao, mercredi 12 octobre.

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Free Rock

MUSIQUES | Musique / Avec les années, à force de se figurer un festival «pas pareil», en plus d'être gratuit, on avait presque oublié que les Invites étaient également un (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 juin 2011

Free Rock

Musique / Avec les années, à force de se figurer un festival «pas pareil», en plus d'être gratuit, on avait presque oublié que les Invites étaient également un événement musical. La faute à une programmation plus aussi folichonne que par le passé. Le festival villeurbannais nous rappelle pourtant cette année à cette vérité avec de quoi satisfaire ceux que le spectacle de rue laisse un peu à la rue justement (il y en a). C'est donc un programme musical tout à fait goûtu que nous a pondu les Invites, entre valeurs sûres, exigence artistique et folie propre à la jeunesse. On vérifiera ainsi que pour être Raides, les Têtes qu'on connaît bien ne sont pas mortes. Ou que l'on peut aujourd'hui en 2011, mélanger le punk hollandais d'avant garde et le jazz éthiopien, comme le font régulièrement The Ex et Getatchew Mekuria, au risque de faire bondir les Claude Guéant de la police culturelle. Même si l'on a oublié les éphémères Quadricolor, terrible concept mort-né dans le cerveau malade de l'inénarrable Bruno Vandelli de feu-Pop Stars sur M6, on n'en goûtera pas moins la pop tordue du groupe éponyme (sans doute un hommage) : un quatuor de fieffés niçois en proie au foisonnement

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«Un appel à la découverte»

CONNAITRE | Entretien / Patrice Papelard, directeur artistique «pas pareil» des Invites de Villeurbanne, présente la huitième édition du festival gratuit de Villeurbanne. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 14 juin 2010

«Un appel à la découverte»

Petit Bulletin : Comment définiriez-vous les Invites aujourd’hui ?Patrice Papelard : Les Invites ont huit ans. Nous sommes un festival installé et reconnu, aussi bien localement que nationalement. On a reproché aux Invites de coûter trop cher à Villeurbanne, que répondez-vous ?Vous faites sans doute référence aux attaques que nous lance l’opposition, comme chaque année d’ailleurs, c’est désormais une tradition … Ma réponse est non, les Invites ne coûtent pas trop cher. Il faut voir à quoi sert l’argent et arrêter de faire du populisme. Les Invites coûtent 900 000 euros, c’est-à-dire le prix d’une place de cinéma par habitant. Après, on peut se demander combien coûte l’organisation d’élections communales, combien coûte un voyage officiel, combien coûte la rénovation du TNP ? 900 000 euros, c’est en deçà du budget d’un certain nombre de festivals. Et il faut ajouter que sur les 900 000 euros investis, 80% servent à payer des salaires. L’artistique ne représente que 20 %. Les Invites sont une PME. Vous n’avez aucun financement privé, c’est peut-être également ce qui vous est reproché.Bien sûr que c’est ça ! Le problème, c’est de trouver du sponsorin

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Pas vus, pas de prix

MUSIQUES | Musique / En dépit d'une place de plus en plus importante accordée à ce qu'on nomme communément les arts de la rue, les Invites met chaque année un point (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 11 juin 2010

Pas vus, pas de prix

Musique / En dépit d'une place de plus en plus importante accordée à ce qu'on nomme communément les arts de la rue, les Invites met chaque année un point d'honneur à ne pas s'engager pour autant dans une impasse musicale. Surtout qu'on y a vu du beau monde, aux Invites. Oui, mais voilà : quand on est à la tête d'un événement gratuit et qu'on ne peut compter sur une billetterie à 50 euros (pour être poli), difficile de se payer Lady Gaga (exemple non contractuel). Ce qui n'est pas plus mal dans la mesure où, aux Invites, on lui préfère des gens plus discrets qui ne portent pas de soutiens-gorge en forme de mitraillette ou de Cathédrale de Reims. C'est que, événement populaire oblige, il ne s'agit pas de faire peur aux enfants mais de proposer une programmation capable de toucher le plus grand nombre en restant artistiquement exigeante. Pas ramenard, le festival pas pareil opte donc, à l'exception du vétéran Sanseverino, pour la découverte, le «pas (encore) vu ailleurs». Alors oui, certes, on rétorquera que Piers Faccini ou Slow Joe ont tous deux dormi (et même chanté) à Lyon ces derniers mois. Mais, si l'on était moins égoïste, on dirait que la gratuité et l'esprit du festival perme

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Le banco BLK JKS

MUSIQUES | Musique / Révélation rock de l’année, les Sud-africains de BLK JKS vont créer l’événement aux Invites. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 10 juin 2010

Le banco BLK JKS

Alors que les yeux de la planète foot sont tournés vers l’Afrique du Sud, Les Invites reçoivent la visite d’un groupe qui a révélé au monde, avec son premier album "After robots", que le rock sud-africain était une réalité. On avait déjà fait connaissance avec le rap de Johannesbourg et l’électro du Cap ; on pouvait même, depuis quelques temps, se plonger dans l’histoire du rock psychédélique et du funk de Soweto grâce aux excellentes compilations "Next stop Soweto". Les quatre membres de BLK JKS (prononcez Black Jacks) semblent avoir digéré tout cela et produisent une musique reposant sur une énergie rock, même si leurs chansons ont peu à voir avec les tubes calibrés de Gossip. BLK JKS joue à tous les niveaux la carte du mélange : d’abord des langues, puisque l’anglais y rencontre un des nombreux dialectes officiels sud-africains ; ensuite dans les structures des morceaux, au cours sinueux, où les crêtes et les creux remplacent les couplets et les refrains, ménageant ainsi une grisante sensation de tempête et d’accalmie — à ce titre, l’excellent "Banna Ba Modimo" fait figure de manifeste. On peut même voir se profiler, dans les chœurs qui accompagnent Lakeside, autre morceau phare

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Les Invites de Villeurbanne 2010, par ici la programmation

CONNAITRE | Festival / Du mercredi 16 au samedi 19 juin, Les Invites de Villeurbanne proposent la neuvième édition du festival «pas pareil» et entièrement gratuit. Programmation.

Dorotée Aznar | Lundi 26 avril 2010

Les Invites de Villeurbanne 2010, par ici la programmation

Du mercredi 16 au samedi 19 juin, Les Invites de Villeurbanne proposent la neuvième édition du festival «pas pareil» et entièrement gratuit. Programmation. Plus de soixante spectacles seront proposés du 16 au 19 juin, en musique et en arts de la rue. Mercredi 16 juin- Arts de la rueTout fou tout flyBébert & LoloAnnibal et ses éléphantsOpusLes ColporteursGénérik vapeur26 000 couverts Jeudi 17 juin- Arts de la rueTout fou tout flyOpusCIAIlimitrofÉquipe BGénérik vapeurAnnibal et ses éléphantsLes Requins marteauxL’illustre famille Burattini26 000 couverts -MusiqueAnthony Joseph & the spasm bandSoul jazz orchestraBomba estereo Vendredi 18 juin- Arts de la rueTout fou tout flyCIACirqu’ulation localeCirkatomikNo tunes internationalCie Lézards bleusL’illustre famille Burattini26 000 couverts - MusiqueLucy loveGableSanseverinoThe SubsPiers Faccini Samedi 19 juin- Arts de la rueCIANo tunes internationalTeatro gestual de ChileDel reves

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Les Invités de mon père

ECRANS | Derrière ses allures de comédie à message élégamment filmée, écrite et interprétée, le deuxième long d’Anne Le Ny cache un film au discours contestable, dont les maladresses rejoignent un ennuyeux air du temps. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 mars 2010

Les Invités de mon père

L’honnêteté critique oblige à reconnaître que Les Invités de mon père est un film plutôt bien écrit, filmé avec un classicisme post-Sautet efficace et servi par des acteurs talentueux (Fabrice Luchini et Michel Aumont sont formidables, Karin Viard un peu moins, surtout quand son personnage perd les pédales à la fin). Ce deuxième long-métrage d’Anne Le Ny après Ceux qui restent n’a donc rien à voir avec certains navets franchouillards vus récemment. Mais son propos, déplaisant, se présente comme une réponse venue du bord opposé au Welcome de Philippe Lioret, un film déjà très faible ! Un bourgeois septuagénaire pas encore revenu de ses idéaux de la Résistance décide d’héberger chez lui des sans-papiers. Ses enfants poussent d’abord des cris d’orfraie, pensant voir débarquer un troupeau de Maliens dans le salon. Surprise : c’est une Ukrainienne blonde et sculpturale accompagnée de sa gentille petite fille qui s’installe chez leur père. Soulagement ? Un temps seulement, car ils découvrent que l’invitée est à la fois l’objet sexuel du paternel et une femme prête à tout pour rester en France. Not welcome…

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Murat en son Palais

CONNAITRE | Temps fort des Musicales du Palais, Jean-Louis Murat investit le Palais Idéal du célèbre facteur de Hauterives où les univers de ces deux artisans stakhanovistes devraient communier à merveille. Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Vendredi 19 juin 2009

Murat en son Palais

Festival - Musique / «Plus opiniâtre que moi se mettre à l’œuvre», disait Ferdinand Cheval. Opiniâtre, le facteur de Hauterives l’était, qui a construit au long d’un labeur de 33 ans, de 1879 à 1912, son «palais idéal» au moyen de cailloux et matériaux ramassés sur sa tournée, pour passer le temps. Le Palais du facteur Cheval est ainsi entré à la postérité comme un fleuron de l’architecture naïve. Recevant les hommages successifs des surréalistes, du cinéaste Chris Marker et de Gérard Manset, le monument fut classé en 1969 par le ministre de la Culture de l’époque, André Malraux. On ne sait si Jean-Louis Murat a un jour entendu cet appel à l’ouvrage, toujours est-il que l’Auvergnat a lui aussi fait de l’opiniâtreté le fil de sa très prolifique carrière. «Fils de paysan»Depuis Mustango en 1999, Murat écrit, compose et publie un album par an, parfois davantage, au moyen des états d’âme qu’il ramasse lui aussi en tournée, ou chez lui dans son massif d’Auvergne. Non pas artiste mais artisan, s’attelant à la tâche chaque jour que Dieu fait, au saut du lit, quand d’autre se contentent péniblement du minimum syndical au rythme d’un album

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Tous invités

CONNAITRE | Festival / Présentation de la huitième édition des Invites de Villeurbanne, le festival «pas pareil» et gratuit, du 17 au 20 juin. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 15 juin 2009

Tous invités

Depuis huit ans et quelques semaines avant le grand raout des festivals d'été, les Invites de Villeurbanne imposent leur esprit de «festival pas pareil». Un rendez-vous pluridisciplinaire (mêlant arts de la rue, concerts, débats, repas de quartier, colloques), en plein air, et préparé en amont par les ateliers Frappaz et les Villeurbannais, véritables acteurs de la manifestation. La recette de ce succès repose également sur un ingrédient essentiel : la gratuité de tous les événements, qui permet d'attirer un public large et éclectique. En 2009, si les principes fondateurs restent inchangés, les Invites veulent bouleverser les habitudes des quelque 70 000 festivaliers foulant le sol de Villeurbanne à chaque édition. Les Invites passent ainsi de trois à cinq soirées et étendent leur terrain de jeu dans toute la ville de Villeurbanne (dont le parvis de la mairie et l'avenue Henri Barbusse), envoyant au passage leur thématique aux oubliettes. Plus de thématique donc, mais une nette volonté de dérouler le tapis rouge aux artistes burkinabés, aussi bien dans le registre musical (avec le crooner Victor Démé et le musicien Alif Naaba, issu de la «nouvelle scène africaine») qu'en arts de la

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Dehors, dedans

MUSIQUES | ARTS DE LA RUE / la particularité des invites est de proposer, en plus des concerts gratuits, un large choix de spectacles ouverts à tous et évidemment gratuits. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 20 juin 2008

Dehors, dedans

En regardant attentivement la programmation arts de la rue de cette septième édition des Invites, on dresse un premier constat : à part la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi qui abrite l’acrobate Mathurin Bolze dont on a vanté les prodiges et chanté les louanges à multiples reprises dans ces pages, on ne connaît pas grand monde. Devant l’impossibilité de rencontrer la totalité des compagnies invitées, nous avons choisi de suivre le blÖffique théâtre qui propose une expérience théâtrale dans un immeuble, destinée aux spectateurs et aux habitants. Surprendre tout en s’adaptant au lieu dans lequel on crée, c’est l’objectif de Magali Chabroud qui cherche à «mettre la pensée en questions et faire vaciller les repères». En entrant dans le hall de cet immeuble du boulevard du 11 novembre à Villeurbanne, on trouve des gens qui dorment, comédiens ou mannequins. Au seizième étage, une femme entame un monologue dont le sens échappe peu à peu et invite à la suivre. Dans l’escalier qui permet de rejoindre le rez-de-chaussée, ils donnent l’impression d’être partout, ces gens qui dorment, qui se réveillent en sursaut, s’adressent aux spectateurs en les fixant dans les yeux et écr

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Carton d'Invites

MUSIQUES | MUSIQUE / LES INVITES font depuis l’an dernier coïncider leurs festivités pré-estivales avec la célébration musicale du 21 juin. ce qui permet au festival autoproclamé «pas pareil» de fêter la musique autrement. avec une vraie programmation notamment. Stéphane Duchène

Dorotée Aznar | Vendredi 20 juin 2008

Carton d'Invites

Sur le strict plan musical, disons le tout net, il nous semble avoir connu des éditions des Invites légèrement plus enthousiasmantes. Concédons quand même que peu d’événements de la sorte peuvent se targuer d’avoir sous la main un Daniel Darc, le soir de la Fête de la Musique. Seul hic, mineur, Daniel Darc est déjà venu deux fois à Lyon en l’espace de trois mois, et bien qu’on l’apprécie beaucoup et qu’on regarderait ses impressionnants tatouages pendant des heures, on aurait aimé voir une nouvelle tête du même calibre. Rodolphe Burger, présent aux Invites le 20, n’est venu à Lyon qu’une fois cette année, aux Subsistances. Aux Invites, il présentera peut-être de manière plus soutenue son dernier opus, No Sport, hommage à la devise de Winston Churchill, qui expliquait ainsi très laconiquement cette silhouette d’ «athlète» batracien qui était la sienne. Burger lui est plutôt du genre élancé et son sport préféré se pratique volontiers en combinaison de mots choisis (souvent avec des poètes comme Olivier Cadiot ou Pierre Alféri) et de musique de plus en plus expérimentale. Moins portée, ces temps-ci, sur cette veine rock creusée du temps de Kat Onoma. Du coup, l’homme de Sainte-Marie-a

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