Prochaine escale : Vénissieux

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

Solidement inscrite au calendrier de la ville de Vénissieux, la fête municipale Fêtes escales se mue chaque année en événement citoyen valant amuse-gueule pré-14 juillet – jour de clôture de l'événement par un grand bal, forcément brésilien cette année, où l'on peut faire les fous avec ses concitoyens sans risquer de remontrances de la maréchaussée (mais dans le respect de la personne). Entre ateliers, animations et spectacles pour enfants, Fêtes escales fait aussi le plein de concerts où, mode dépliage de nappes sur herbe oblige, il y a forcément à boire et à manger. L'accent est généralement mis sur le festif et le bon enfant et se décline en thématiques : chanson, musiques du monde (fanfare brésilienne, charango) et "cultures urbaines" (mélangeant hip-hop et rock comme à la parade : Raistlin, Akua Naru, Oaï Star..). Les amateurs des Têtes Raides en seront par exemple pour leurs frais (soit zéro euros), mais l'on pourra également apprécier le folk français – non ce n'est pas antinomique – de l'excellente Maison Tellier et même la Maîtrise de l'Opéra de Lyon. Enfin, en guise de star de l'événement, on retrouvera le prince de l'afro beat – puisque digne fils du roi du genre – Femi Kuti. Ouverture des gentilles hostilités le 11 juillet.


Stéphane Duchêne

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Nuit 2 : cours circuit, cours !

Nuits sonores | Il faudra du souffle en cette Nuit 2, ou un sérieux sens de la décision, pour profiter au mieux de la plus singulière nocturne de Nuits Sonores : le Circuit serpentant entre tout ce que Lyon compte de clubs et de salles de musiques actuelles. Petit débroussaillage.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mai 2019

Nuit 2 : cours circuit, cours !

Impossible aujourd'hui d'affirmer qu'au sein du totémique festival lyonnais les nuits sont plus belles que les jours – cela nous conduirait dans des débats sans fin entre spectateurs diurnes et aficionados nocturnes. Une chose est sûre pourtant, c'est que la Nuit 2, celle que Nuits Sonores consacre à son traditionnel Circuit, se démarque de l'ordinaire du festival. Particulièrement depuis qu'a été abandonné le qualificatif "électronique" qui l'accompagnait depuis l'origine. Cette respiration esthétique, rythmique, temporelle et spatiale au cœur de Nuits Sonores se vit ainsi moins comme une balade ou une déambulation qu'une cavalcade en treize étapes à travers les esthétiques musicales actuelles et les lieux phares qui les portent sur l'ensemble du territoire lyonnais (Ninkasi, Transbordeur, Périscope, Sonic, Groom, Marché Gare, Opéra Underground

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La Maison Tellier : Anciens et modernes

French Folk | Fer de lance de la scène folk-rock francophone, La Maison Tellier continue, comme sur leur récent Primitifs modernes à exprimer en français un langage musical résolument américain. Et surtout à aller de l'avant l'œil rivé sur le rétroviseur. Double dialectique diablement efficace.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 avril 2019

La Maison Tellier : Anciens et modernes

Dans un article daté du 13 avril, la rubrique musique de Libération se livrait à une recension de ces jeunes musiciens français qui ont choisi de ne pas choisir entre un amour certain de l'Americana folk et un certain amour de la langue française (et inversement). Étaient cités le Townes Van Zandt de l'Yonne, Baptiste W. Hamon, qui vient de frapper très fort et très doux avec son récent Soleil, soleil bleu, les Lyonnaises Pomme et Auren, le Valentinois Gaël Faure et les Isérois Facteurs Chevaux (ce qui, on l'aura noté, fait beaucoup d'Iséro-rhôda-drômois, à croire que la spécialité est locale). N'était une histoire de génération, le quotidien aurait pu tout aussi bien citer La Maison Tellier qui depuis une quinzaine d'années s'est fait une spécialité (quasi exclusive et de plus en plus forte) de marier l'idiome français avec une langue musicale plongeant ses racines dans l'Americana, de mêler des thématiques contemporain

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Femi Kuti, fier

Afrobeat | Africa will be great again, clame Femi Kuti dès le début de son nouvel album One people One world, sorti en début d'année. Le fils de Fela, à 55 ans, (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 novembre 2018

Femi Kuti, fier

Africa will be great again, clame Femi Kuti dès le début de son nouvel album One people One world, sorti en début d'année. Le fils de Fela, à 55 ans, continue de placer haut le panafricanisme et de dénoncer ardemment corruption, malversations et autres tares de nos sociétés dans des textes percutants venant se greffer à des rythmiques calorifères : afrobeat ! Formé au sein de l'Egypt 80, le dernier orchestre de son père, celui qui a repris le Shrine, le club familial à Lagos, a su garder les fondamentaux tout en apportant sa touche, plus mainstream parfois, empruntant au rap, au r&b ou à la pop pour devenir universel et faire porter plus loin le discours. Avec son orchestre, Positive Force, il s'apprête à donner l'un de ces concerts qui ont fait son succès dans nos contrées : ce sera le jeudi 8 novembre, au Transbordeur.

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Désert de feu à Vénissieux

Fêtes Escales | Dernière sensation, particulièrement inventive, de la galaxie musicale touarègue, les Algériens d'Imarhan viennent mettre le feu aux Fêtes Escales en un mélange dévastateur de tradition locale, de rock, de funk et de disco. Immanquable.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Désert de feu à Vénissieux

Le désert comme piste de danse, la lune comme boule à facettes que fait luire le feu du bivouac au son des guitares. Parfois, sur des amplis à pile les membres d'Imarhan partent jammer autour d'un feu dans le silence du grand rien. Le groupe est l'un des derniers avatars de ce rock touareg qui dans le sillage désormais presque ancestral de Tinariwen – les premiers à avoir greffé des guitares rock sur la musique traditionnelle de cette vaste région transfrontalière – n'a cessé de se développer au cœur du désert musicalement fertile qu'est devenu ce Sahara où l'on trouve aujourd'hui presque autant de guitares que de grains de sable – « chez nous la musique c'est comme le football au Brésil », dit leur leader Iyad Moussa ben Abderahmane. Remarqué en 2016, avec un album éponyme et un titre Tahabort, démentiel, produit par le bassiste de Tinariwen cousin du susdit leader, les membres d'Imarhan n'ont à proprement pa

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Fêtes Escales : Vénissieux fête la sono mondiale

Fêtes Escales | Trois soirs au cœur de l'été pour se plonger dans la sono mondiale la plus épicée : d'Idir à Systema Solar en passant par Bachar Mal-Khalifé, c'est caliente.

Sébastien Broquet | Mardi 20 juin 2017

Fêtes Escales : Vénissieux fête la sono mondiale

Filons direct au second soir, le samedi 15 juillet : c'est là qu'il va se passer le truc, ce petit moment de festival qui justifie toutes les heures de trajet (bon là, c'est à Vénissieux, dans le parc Dupic, du coup ça va), la traditionnelle boue festivalière qui surgit toujours à un moment ou un autre, les toilettes impratiquables, les longues files d'attente au bar (pour une bière renversée quelques mètres plus loin par un individu en état d'ébriété, comme on l'écrit dans les articles de PQR). Ce truc, c'est Systema Solar : véritable engin incendiaire pour tout dancefloor qui se respecte, venu de Colombie, le groupe s'inscrit dans la vague un peu moins tendance désormais de la nueva cumbia (Bomba Estereo, le label ZZK, tout ça) mais fait clairement partie de ceux qui peuvent perdurer par la puissance de leurs lives et leur habilité à tisser des tubes universels. En prime, sur le même plateau, les locaux les plus affutés du genre cumbia (Kumbia Boruka) et latin beat à la Quantic (The Bongo Hop) pour s'échauffer au déhanché. Le lendemain, dimanche 16 juillet, c'est le Franco-Libanais hébergé par le l

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La rentrée musique côté chanson et french pop

MUSIQUES | Ah, la France et sa diversité. Elle sera belle cette année, entre piliers indéboulonnables, y compris de nos salles lyonnaises, comebacks attendus, jeunes gens modernes (indé ou pas) pétris de talents et éternels relous. Rien que de très classique dans un paysage toujours très ouvert. Pour ne pas dire trop.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté chanson et french pop

Si la rentrée musicale "française" est surtout affaire de reformation (voir page 4), la programmation saisonnière est aussi le théâtre du retour perpétuel de figures qui, elles, ne se sont jamais séparées. Et pour cause : elles sont seules. Un exemple ? Stephan Eicher ? Visiblement pas tant que ça, en tout cas il doit rapporter puisqu'on le reverra du côté du Radiant (7 octobre), mais cette fois-ci pour rejouer ses tubes à grands renforts étranges de carillons, de tuyaux d'orgues et de bobines Tesla. Changement de formule également pour Jean-Louis Murat (au Théâtre de Villefranche le 12 octobre) qui poursuit sa tournée Babel sans le Delano Orchestra. Cela ne devrait pas décourager ses fans, qui sont hardcore ou ne sont pas. Un peu comme ceux de Corbier qui, lui, fait des infidélités à A Thou Bout d'Chant pour se payer un Transbo (le 10 octobre). Cap sur Belin Tout cela ne rajeunissant personne, penchons nous sur la génération montante qui se taillera la part du Lyon, entre

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Alléchants de mars

MUSIQUES | Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Alléchants de mars

Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson française, à boire et à manger. De la variété benête à la Renan Luce à la grande Françoiz Breut ou Barcella, sorte d'Henri Dès pour adultes qui n'a pas son pareil pour vous forer une mélodie dans le crâne. Des talents installés, comme les french countrymen de La Maison Tellier, mais surtout une invraisemblable armada lyonnaise (et environnante) qui permet de se rendre compte de la richesse quantitative et qualitative de la chanson locale d'expression française.  Le tremplin "Et en plus elles chantent", bien sûr, qui chaque année révèle sa chanteuse d'avenir (ou pas), mais aussi cette année les inévitables Max Lavegie (homme lige de Carmen Maria Vega et figure de Gourmets Recordingz), Reno Bistan, Balmino, Pan (from Grenoble) et comme une cerise sur ce drôle de gâteau, notre chouchou Daisy Lambert, qui ne manque pas de dénoter positivement – mais où diable Daisy ne dénote-t-il pas ? 

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Bons voyages

CONNAITRE | Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 3 juillet 2013

Bons voyages

Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans organise Fêtes Escales, une manifestation articulée autour de «temps forts» bon enfant (pique-nique, feu d'artifices, bal...) et, surtout, de concerts en plein air pensés comme des cartes postales.   Cette année, à l'approche de la commémoration de la prise de la Bastille, le parc Dupic se parera ainsi successivement des couleurs d'Israël (là où le folk-rock de la pétulante Riff Cohen puise sa chaleur), de la Jamaïque (grâce au vétéran du reggae Winston McAnuff, accompagné pour l'occasion par l'accordéoniste néo-musette Fixi), de l'Amérique dite des grands espaces (où s'aventure Sanseverino avec un disque de bluegrass francophone aussi gouailleur et vigoureux que ses albums manouches) ou encore du Sénégal (pays d'origine du prodige de la

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Escale à Vénissieux

CONNAITRE | Des pique-niques, une dictée (!), une rencontre avec Alexandre Astier (le 11 juillet), des courts-métrages, de la musique et de la convivialité, c'est le (...)

Nadja Pobel | Jeudi 18 juin 2009

Escale à Vénissieux

Des pique-niques, une dictée (!), une rencontre avec Alexandre Astier (le 11 juillet), des courts-métrages, de la musique et de la convivialité, c'est le programme – gratuit – des Fêtes Escales de Vénissieux durant quatre jours (du 11 au 14 juillet). Kery James, Sapho, Buridane électriseront les nuits avant que l'Opéra de Lyon et son chef d'orchestre Kazushi Ono ne prennent place dans le parc Dupic pour une interprétation du Roméo et Juliette de Prokofiev en plein air.

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Le retour du fils prodigue

MUSIQUES | Musique / Après un passage à vide et l’éclosion de son demi-frère Seun, Femi Kuti, fils du grand Fela, revient avec son premier véritable album studio depuis 2001. Plus vaillant que jamais car désormais fort de ses faiblesses. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 novembre 2008

Le retour du fils prodigue

Le premier, Fela Kuti, père de l’Afrobeat, a subi les foudres de l’État Nigérian dont il dénonçait dans une orgie musicale sans fin et avec l’outrance de la liberté absolue, les excès, la cruauté et la corruption. C’était il y a trente ans, et aujourd’hui rien n’a changé : le Nigéria est toujours un pays effrayant, d’une violence et d’une pauvreté alarmante en dépit d’importantes ressources pétrolières (5e producteur de l’OPEP). Le pays le plus peuplé d’Afrique est ainsi le seul parmi les gros producteurs mondiaux de pétrole à présenter un budget déficitaire (pour ne pas dire catastrophiquement en faillite). La faute à une corruption endémique, à une criminalité hors norme et à une instabilité politique à l’avenant. Quand votre vice-président se prénomme, sans rire, Goodluck, c’est que quelque chose ne va pas. On peut dès lors comprendre qu’atavisme familial mis à part, Femi Kuti n’ait guère eu d’autre choix que de reprendre le flambeau paternel, tant il y avait non seulement à dire mais aussi urgence à secouer, au sens propre comme au figuré, un pays et un continent tout entier au son de cette arme tranchante, dansante et politique qu’est l’Afrobeat.

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