Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain.

Tenteront d'y répondre les auteurs suivants : Olivier Adam, Florence Aubenas, Silvia Avallone, Ramona Badescu, John Burnside (en dialogue avec José Carlos Somoza), Alain Choquart, Pierre Dardot, Patrick Deville, Simonetta Greggio, Serge Joncour, Olivier de Solminihac,   Laurent Mauvignier, Hubert Mingarelli, Raphaële Moussafir, Sylvain Prudhomme, Eric Reinhardt (le temps d'une lecture musicale avec Bertrand Belin), Eugène Savitzkaya, Eric Vuillard (notre cover boy de la rentrée littéraire, en dialogue avec Olivier Rolin) ou encore Valérie Zenatti.

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Bertrand Belin : le livre de la jungle

Littérature | En amont de son passage aux Nuits de Fourvière, le chanteur et romancier Bertrand Belin se fend d'une halte à Musicalame. L'occasion d'évoquer son troisième roman, Grands Carnivores, qui au fil d'une écriture virtuose déchiquète les mécanismes de la peur comme carburant d'une société sauvage.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 avril 2019

Bertrand Belin : le livre de la jungle

« Puisqu'ils ne sont ni visibles, ni nulle part, hélas, il faut donc qu'ils soient partout ». « Ils » ce sont les fauves, échappés d'un cirque, la faute à un employé qui a laissé ouverte des cages qu'il a pourtant refermées (sic) – on ne saura jamais le fin mot de l'histoire –, des fauves, lions, tigres, on ne sait, en liberté dans une ville indéterminée d'un Empire dont on ne nous dit que le déclin certain et le froid qui cingle comme une « gifle orientale ». Mais c'est aussi la peur qui s'installe alors en ville, se répandant comme un virus, plus sûrement une rumeur, nappée d'irrationnel et de fantasmes mal placés (« le faux vrai se devait d'avoir l'air encore plus vrai que du vrai vrai »). « Ils » ce pourrait être n'importe quoi, n'importe qui, et donc, par association, l'autre, celui qu'on exècre parce qu'il est une menace, ou qui est une menace parce qu'on l'exècre. À l'image de cette figure témoin qu'est le « récemment promu nouveau directeur des entreprises de ressorts et boulons », un arriviste confit dans le rance de ses valeurs, et de son antithèse de frère honni et jalousé, artiste-peintre coupa

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Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Rock | Sur Persona, son récent dernier album, ce drôle d'oiseau de Belin continue d'élaguer son verbe, de débroussailler le langage, pour faire surgir la poésie contradictoire et empathique d'un monde qui se promet au feu et condamne à la chute des hommes qu'on ne regarde déjà plus.

Stéphane Duchêne | Mardi 12 mars 2019

Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Énigmatique, cryptique, sec comme un coup de bec, de plus en plus le verbe et donc le chant belinien semblent évoluer vers l'abstraction. On le constate à chacun de ses albums, le Breton Bertrand va toujours plus loin vers ce far west d'épure et de chanson à l'os, son plat de plus en plus traditionnel. Mais c'est sans doute à force de « parler en fou » (de Bassan), ainsi qu'il le confessait sur un précédent disque, Cap Waller ; à force de jouer la poésie d'un hasard qui n'en est pas vraiment un, d'une contingence et il faut bien le dire, d'une élégance folle, d'une sorte de désinvolture imitant la pose et la pause du dandy-moqueur, qu'il trouve sa manière de solidification, déjoue la question de la profondeur par le superficiel apparent, affronte la réalité comme le pic-vert attaque l'arbre, à coups aussi répétés que millimétrés. Si un disque de Bertrand Belin symbolise cette approche singulière, c'est sans doute Persona, où le chanteur-guitariste-auteur-compositeur-conteur démontre à quel point ce "parler fou" est le langage de la lucidité, se nou

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Florence Aubenas et Ted Conover, undercover

Non Fiction | À la Villa Gillet, pas de pause : sitôt fermée les portes de la perception de La Chose Publique, reprennent les rencontres avec un duo d'enquêteurs hors-normes : Florence Aubenas et Ted Conover.

Sébastien Broquet | Mardi 27 novembre 2018

Florence Aubenas et Ted Conover, undercover

Du dernier livre de Florence Aubenas, nous ne pourrons pas vraiment vous parler : sa parution, prévue cet automne, étant repoussée au 7 février 2019. Son sujet : le meurtre de Catherine Burgod, gérante de la poste de Montréal-la-Cluse, dans l'Ain, le 19 décembre 2008, tuée de 28 coups de couteaux. Meurtre pour lequel en 2013 est arrêté Gérald Thomassin, toujours mis en examen, mais relâché en juin 2016 au bout de trois ans de détention provisoire. Et pour lequel, depuis, un autre homme a été arrêté et mis en examen à son tour, en septembre dernier - d'où le report du livre, dû à ce rebondissement judiciaire. L'histoire ne pouvait que passionner la plume la plus élégante du journalisme en France : Gérald Thomassin n'est en effet pas un inconnu et son parcours est un roman. Enfance à la DDASS, casting réussi pour Jacques Doilllon qui le fait tourner dans Le Petit Criminel en 1990, César du meilleur jeune espoir masculin dans la foulée, puis défonce et quelques autres apparitions à l'écran, retrouvailles avec Doillon en 2008 pour Le Premier venu, installation dans l'Ain, un peu de rue et de zone... Voilà une enquête que l'on a hâte de lire, habit

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Une saison à la Villa

Villa Gillet | Toujours aussi éclectique dans ses choix littéraires et scientifiques et exigeante dans ses thématiques, la Villa Gillet inaugure une saison de rencontres qui s'annonce aussi dense que passionnante.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Une saison à la Villa

Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de saison – comprendre, hors Assises Internationales du Roman et La Chose Publique. Cela avait débuté avec un prolongement haïtien du Festival America et se poursuit dès ce mercredi 3 octobre avec le premier volet de rencontres intitulées Le Temps de... On commence donc avec Le Temps du temps à l'Institution des Chartreux le 9 octobre où les toujours passionnants physicien et historien Étienne Klein et Patrick Boucheron, qu'on ne présente plus, se demanderont, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la revue Tenov'a, ce qu'est le temps et si simplement nous en avons la moindre idée. Le cycle se poursuivra le 9 novembre au Grand Amphi de l'Université Lyon 2 avec les écrivains Philippe Sands (Retour à Lemberg, Albin Michel) et Javier Cercas (Le Monarque des Ombres, Actes Sud) pour Le Temps de la Mémoire sur les liens qu'entretienne

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Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Journalisme | Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 30 août 2018

Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et conférences. Le jeudi 29 novembre seront ainsi conviés autour du thème de l'enquête et de l'immersion Florence Aubenas et Ted Conover. Grand reporter pour Le Monde, Florence Aubenas est l'une des journalistes les plus en vue en France actuellement. L'Américain Ted Conover est lui un spécialiste de l'immersion au long cours, s'étant fait embaucher comme gardien de prison à Sing Sing pour l'ouvrage Newjack. La rencontre aura lieu au Grand Amphi de l'Université de Lyon.

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The Limiñanas : son à la catalane

Le Disque | C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

The Limiñanas : son à la catalane

C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, Emmanuelle Seigner – trois habitués –, Bertrand Belin ou Anton Newcombe sans s'éparpiller façon puzzle. Peut-être parce que le duo (enrichi) de Cabestany a, sous ces oripeaux garage, toujours navigué sur pas mal de fronts esthétiques - on peut en avoir un aperçu sur la toute récente compilation I've Got Trouble in Mind Vol. 2 qui recense des raretés, notamment quelques belles reprises de Polnareff (Time will tell), les Kinks (Two Sisters avec Anton Newcombe), The Lords of the New Church (Russian Roulette) ou... le chant de Noël Silent Night en version mariachi. Peut-être aussi parce que la force du concept, jamais ramenard, toujours en toile de fond, suffit à donner du liant à l'ensemble comme une musique de film imaginé. Sur Shadow People, le groupe raconte

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Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Fête du Livre de Bron | Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 mars 2018

Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une nouvelle qui a pour conséquence de repousser la soirée d'ouverture du festival au lendemain, jeudi 8 mars, avec la rencontre avec Pierre Jourde à la Ferme du Vinatier et le récital musical de Marc Alexandre Oho Bambe au Jack Jack.

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Éric Vuillard, Goncourt de circonstance

Portrait | Goncourt 2017 surprise mais fort à propos pour L'Ordre du jour, récit de deux moments pivots de la prise de pouvoir nazi à la veille de la Seconde Guerre mondiale, le romancier Éric Vuillard travaille par le récit une littérature émancipatrice qui tend un miroir à notre époque troublée en grattant les replis de l'Histoire. Une démarche singulière qui laisse aussi paraître derrière l'œuvre un écrivain à la soif inextinguible de liberté et d'affranchissement des contraintes en tout genre.

Stéphane Duchêne | Mardi 12 décembre 2017

Éric Vuillard, Goncourt de circonstance

En amont de l'attribution du Prix Goncourt, on diffuse parfois quelque reportage sur la manière dont le plus prestigieux prix littéraire français peut changer la vie d'un auteur, en bien (explosion des ventes, multiplication des traductions, gros quart d'heure de célébrité) comme en mal (dépression, syndrome d'imposture, vie de page blanche). On ne voudrait pas parier notre tête au diable – ça ne se fait pas – mais on est à peu près sûrs que le Goncourt n'aura guère d'effet à long terme sur son lauréat 2017, Éric Vuillard, récompensé pour le sublime et édifiant L'Ordre du jour. Pas plus sur l'homme que sur l'écrivain. Sans doute parce qu'il l'attendait aussi peu qu'il ne le méritait depuis longtemps – il paraît qu'on n'attribue pas le Goncourt à un récit ont objecté certains ; et puis quoi encore ? Pour l'heure, une fois la tempête médiatique passée (télés en cascade et radios en série, le temps de quelques jours), Éric Vuillard est heureux – sans plus, oserait-on – et pris par une pointe d'« effervescence » qui perturbe son travail a minima, « comme lorsqu'on déménage et qu'on a un peu la tête ailleurs ». Il en faudra donc p

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Reinhardt en place

Rencontre | Encensé encore en cette rentrée littéraire pour La Chambre des époux, Éric Reinhardt sera à Lyon, ce mercredi 29 novembre pour accompagner le spectacle de (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 novembre 2017

Reinhardt en place

Encensé encore en cette rentrée littéraire pour La Chambre des époux, Éric Reinhardt sera à Lyon, ce mercredi 29 novembre pour accompagner le spectacle de Laurent Bazin adapté de son précédent roman L'Amour et les forêts dans lequel la voix de l’icône française par excellence se fait entendre, Isabelle Adjani. L'écrivain rencontrera ses lecteurs pour une séance de dédicace à l'issue de la représentation au Théâtre des Célestins.

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Ce que peut la littérature : Éric Vuillard, l'interview.

Entretien avec Éric Vuillard | Éric Vuillard trace depuis 2010 un parcours exigeant et émouvant dans la littérature française, rendant aux oubliés de l'Histoire une chair. Avec 14 juillet, il redonne vie aux anonymes ayant fait vaciller l'Ancien Régime. Bouleversant.

Nadja Pobel | Mardi 27 septembre 2016

Ce que peut la littérature : Éric Vuillard, l'interview.

Vous traitez d'un moment très précis, le 14 juillet, et pour autant, vous traitez aussi d'un mouvement dans sa durée quand « la protestation ne cessa point ». Qu'est-ce qui vous intéresse le plus ? Eric Vuillard : Il y a deux choses. Toute révolte se fait sur un fond structurel d’inégalités très fortes vécues au long cours. Évidemment que l'Ancien Régime n'est pas devenu inégalitaire d'un seul coup. Ce qu'il y a de particulier avec le XVIIIe siècle est que le taux d'éducation a monté, que la bourgeoisie est devenue puissante et surtout que pendant toutes les dernières décennies qui précédent la Révolution française, il y a des problèmes alimentaires extrêmement importants et des révoltes chroniques un peu partout en province. Et ce phénomène nouveau de la ville, de Paris, avec ses faubourgs ouvriers, des problèmes de chômage et, comme on dit aujourd'hui, de pouvoir d'achat avec une répression militaire, royale féroce. Vous employez le terme de « chômeur » et « chômage ». Est-ce que ces termes existaient à l'époque ? Oui mais c'est en effet un a

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L'art du collectif selon Eric Vuillard

Critique | Un cadeau. Presque une politesse. À tout le moins une considération. C'est sous cette forme que se révèle 14 juillet au fil de la lecture. À nous de (...)

Nadja Pobel | Mardi 27 septembre 2016

L'art du collectif selon Eric Vuillard

Un cadeau. Presque une politesse. À tout le moins une considération. C'est sous cette forme que se révèle 14 juillet au fil de la lecture. À nous de prendre alors soin de ne pas écorner un vocabulaire méticuleux, parfois inusité. Prendre le temps de lire chacune des syllabes de ces patronymes, inédits parce que personne ne s'était jamais penché sur leur sort. Écouter sourdre la colère puis regarder éclater la joie. Éric Vuillard livre en 200 pages, avec une concision d'orfèvre, un récit dont la modestie de l'entreprise n'a d'égale que l'ampleur de l'épopée : rien moins que le commencement de la Révolution française. Comme ceux dont il parle, il est artisan. Celui d'une mise au jour de ces anonymes qui ont pris la Bastille, un mardi. Comme il y eu un dimanche à Bouvines. Certes, Vuillard n'est pas historien comme Duby, mais il est allé fouiller dans les archives afin de restituer ce moment de vacillement qui n’apparaît comme tel qu'a posteriori, et qui tient aussi à une planche pour traverser le fossé (quel art du suspens !). Ce que décrit Vuillard, comme il l'avait fait avec la colonisation meurtrière de l’Europe sur l'Afrique (Congo), les d

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Le beau changement de cap de Betrand Belin

MUSIQUES | Vous savez comment sont les critiques : dès qu'un musicien francophone commence à se forger une identité, ils n'aiment rien tant qu'à l'ébrécher à coups de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 décembre 2015

Le beau changement de cap de Betrand Belin

Vous savez comment sont les critiques : dès qu'un musicien francophone commence à se forger une identité, ils n'aiment rien tant qu'à l'ébrécher à coups de comparaisons plus ou moins farfelues avec des anglo-saxons – remember notre «Morrissey du Loir-et-Cher» pour parler de Michel Delpech ? Depuis dix ans qu'il écrit certaines des pages les plus dextrement concises de la chanson en langue française, Bertrand Belin n'a pas échappé à la règle. On a dit de lui qu'il avait l'élégance pop pince-sans-rire d'un Baxter Dury. On a reconnu dans son écriture le perfectionnisme trompeusement monotone d'un Bill Callahan. On a même vu dans sa délicatesse bluesy vacillante le fantôme de Johnny Cash – son timbre et son phrasé de baryton un peu schlag n'y sont pas étrangers. Autant de points cardinaux et quelques autres qui, s'ils aident à s'orienter dans sa discographie, ne permettent pas de s'y repérer pour autant. Car c'est un continent bien à lui que défriche Bertrand Belin depuis une décennie, biotope après biotope. Après les immensités country de Parcs, Cap Waller le voit longer une espèce de désert côtier, en ce qu'il y conj

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La rentrée musique côté chanson et french pop

MUSIQUES | Ah, la France et sa diversité. Elle sera belle cette année, entre piliers indéboulonnables, y compris de nos salles lyonnaises, comebacks attendus, jeunes gens modernes (indé ou pas) pétris de talents et éternels relous. Rien que de très classique dans un paysage toujours très ouvert. Pour ne pas dire trop.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté chanson et french pop

Si la rentrée musicale "française" est surtout affaire de reformation (voir page 4), la programmation saisonnière est aussi le théâtre du retour perpétuel de figures qui, elles, ne se sont jamais séparées. Et pour cause : elles sont seules. Un exemple ? Stephan Eicher ? Visiblement pas tant que ça, en tout cas il doit rapporter puisqu'on le reverra du côté du Radiant (7 octobre), mais cette fois-ci pour rejouer ses tubes à grands renforts étranges de carillons, de tuyaux d'orgues et de bobines Tesla. Changement de formule également pour Jean-Louis Murat (au Théâtre de Villefranche le 12 octobre) qui poursuit sa tournée Babel sans le Delano Orchestra. Cela ne devrait pas décourager ses fans, qui sont hardcore ou ne sont pas. Un peu comme ceux de Corbier qui, lui, fait des infidélités à A Thou Bout d'Chant pour se payer un Transbo (le 10 octobre). Cap sur Belin Tout cela ne rajeunissant personne, penchons nous sur la génération montante qui se taillera la part du Lyon, entre

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Résultat du concours Fête du livre de Bron

CONNAITRE | A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs (...)

Benjamin Mialot | Samedi 7 mars 2015

Résultat du concours Fête du livre de Bron

A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs invités. Pour cela, il vous fallait vous fendre d'un texte répondant à la question posée cette année par la Fête : "qu'est-ce qu'on a en commun ?". Vous avez été nombreux à participer (et nous vous en remercions) mais, comme dans Highlander, il ne pouvait en rester qu'un. Il se nomme Daniel Ostfeld et voici sa production : Quelques poils sur le bord de mon oreille. En désordre. Ils me dérangent. J'ai vu les mêmes chez mon voisin et cela m'agace. Quand je regarde mon visage de très près dans la glace, des tempes jusqu'au menton, j'aperçois les pores qui constellent la surface de ma peau, et de toutes petites lignes qui les relient les uns aux autres. Ici et là, quelques poils égarés. Tout cela compose une toile d'une relative harmonie. Ces petites lignes, qui ne sont pas encore des rides mais pourraient le devenir, je les ai vues aussi sur le poignet de mon bébé, ça m'a ému. Comme si elles étaient la preuve qu'il était membre de plein droit de la communauté des hommes. Des

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Belle de nuit

CONNAITRE | Après avoir remporté le prix interallié en 2012 avec "Oh...", le prolixe Philippe Djian revient en forme avec un roman rocambolesque que lui seul pouvait orchestrer : "Chéri-chéri", dont il est invité à débattre à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Belle de nuit

Il le dit souvent, c'est la première phrase qu'il écrit qui lui indique quelle suite prendre. Philippe Djian est un auteur qui travaille sans plan et, jusqu'à présent, cela lui a plutôt réussi. Pour décrypter son nouveau roman, Chéri-chéri (Gallimard), il importe donc de se pencher sur sa première phrase, et même sur son premier paragraphe : «Le jour on m'appelait Denis. J'étais un écrivain qui connaissait un certain succès et qui avait la dent dure, comme critique. Certains soirs on m'appelait Denise. Bon, je dansais dans un cabaret.» Tout est dit. Écrivain le jour, travesti la nuit, Denis est plutôt bien dans sa vie. Il a une femme, Hanna, poupée blonde aux gros seins, qui ne voit pas le problème d'avoir un mari portant des bas résilles. Elle le surnomme même chéri-chéri. Bref, tout serait parfait sans Paul. Ce dernier est le père d'Hanna, et il ne supporte pas la double vie de son gendre. L'ennui, c'est qu'il est aussi mafieux sur les bords et décide de mener la vie dure à Denis en le forçant à travailler pour lui. Au moins avec Véronica, la mère d'Hanna, il n'y a pas de problème, elle aime bien Denise. Peut-être même un peu trop finalement...

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Un jour en France

CONNAITRE | En général, lorsqu'un journaliste se déplace dans un village, c'est parce qu'il s'y est produit une catastrophe. Florence Aubenas y est allée pour rencontrer des français normaux, sans histoire. Ou peut-être que si justement : des histoires à hauteur d'homme, qu'elle a compilée dans son nouvel ouvrage, "En France", dont elle discutera à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Un jour en France

De l'Irak à la Syrie, elle a sillonné tous les points chauds du globe. Mais depuis quelques années, elle a enfin posé ses valises en France pour de bon. Grand reporter, Florence Aubenas s'est du coup vu proposer par le journal Le Monde (où elle travaille depuis 2012) une nouvelle expérience : tenir une chronique sur le quotidien des Français. Après avoir couvert les grands procès de France et s'être fait passer pour une demandeuse d'emploi dans Le Quai de Ouistreham, elle n'a pas hésité une seconde. Entre 2012 et 2014, Florence Aubenas a régulièrement pris sa voiture (ou le train de 5h du matin) direction la province, à la découverte ce que tout le monde croit connaître déjà. En France est un recueil de des chroniques qu'elle a tirées de ces déplacements, une fine mosaïque de portraits qui retrace des bouts de vies, des moments de tous les jours. Florence Aubenas ne voulait pas cibler une population particulière, alors elle les a toutes rencontrées : paysan, chauffagiste, syndicaliste, jeune dealer, maman au foyer... Pourtant une classe sociale se dessine : celle dite moyenne, voire moyenne moins, celle qui se lève tôt et qui ne p

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Bron, commune des livres

CONNAITRE | Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Bron, commune des livres

Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte les pièces d'un puzzle thématique qui n'a sans doute jamais été aussi commun – et n'a donc jamais aussi bien porté son nom. «Qu'est-ce qu'on a en commun ?», donc, pose la question inspirée de l'essai de Christian Dardot et Pierre Laval, évidemment invités pour parler du vaste sujet de leur livre : à savoir proposer une révolution politique, sociale et écologique pour le XXIe siècle, celle du commun. Pour commencer, on pourrait dire plus précisément ici que ce qu'on a en commun, c'est la ou les littératures, quelles qu'en soient les approches. Littérature, qui cette année porte donc à la Fête du Livre une série de regards sur le contemporain à travers les enjeux du commun. Qu'ils passent par l'évocation du monde social et le plus souvent de son effritement (les rencontres "roman choral, roman social" avec Olivier Adam et Donal Ryan, "La France à hauteur d'homme" avec Florence Aubenas, "L'Italie, un nouveau monstre" avec Silvia Avalone et Simonetta Greggio) ; de l'histoire et de la mémoire ("La mém

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Dans la tête des Inconfiants

ARTS | L'écrivain Tatiana Arfel et l'artiste Julien Cordier publient Les "Inconfiants", fruit d'une résidence à l'hôpital psychiatrique du Vinatier. La Ferme éponyme leur consacre une rencontre et une exposition. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2015

Dans la tête des Inconfiants

Invités en résidence par la Fête du livre de Bron à l'hôpital psychiatrique du Vinatier (de mars à septembre 2014), Tatiana Arfel et Julien Cordier y ont d'abord animé des ateliers afin de rencontrer patients, soignants et autres personnels de l'hôpital. Un hôpital en l'occurrence en mutation, qui regroupait alors ses services de psychiatrie adulte pavillonnaire en un seul et grand bâtiment. Plus généralement, les deux comparses mettaient les pieds dans «un monde de fous» (pour reprendre le titre de l'ouvrage du journaliste Patrick Coupechoux publié en 2006) où la psychiatrie affronte les affres des normes gestionnaires et les impératifs d'efficacité à court terme. «Le vieux pavillon s’est disparu, pfuiiiiit. Il ne respire plus, le bâti passé où je vins de par mes années vertes – celles où les infir-mères et les mets-deux-saints priaient encore en moi, paumes jointes, Vierge et Esprit, où ils pensaient que oui, j’irons bien un jour» fait dire à l'un de ses "personnages" Tatiana Arfel, dans sa langue toujours vive et truculente. Chaque chapitre du livre donne ainsi la voix à un individu différent (patien

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Désordre littéraire

CONNAITRE | Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Désordre littéraire

Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya se fait au moins aussi rare que son œuvre, s'étalant sur 43 ans, mérite une mise en lumière bien plus importante – même si cet archétype de "l'écrivain Minuit" a obtenu en 1994, le prix triennal du roman pour Marin de mon cœur et si, surtout, il fut célébré en son temps comme un auteur remarquablement précoce. Chose réparée donc par la programmation de Bron pour le poète (le fameux Cochon farci), dramaturge et romancier (Fou trop poli, Exquise Louise) belge qui entretint également une belle correspondance avec Hervé Guibert, la seule que ce dernier avait accepté de laisser paraître en guise de dernière volonté (Lettres à Eugène). De ce parcours entre les lignes, parfois un peu dans les limbes de la littérature officielle, Savitzkaya donnera un salvateur aperçu au cours d'une lecture baptisée "L'indocile" et qui se tiendra le samedi 7 mars à 18h30. On pourra avoir à l'esprit en écoutant cet auteur fondamentalement hybride, cette phrase tir

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Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

CONNAITRE | À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 16 janvier 2015

Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le thème de l’édition : Qu’est-ce qu’on a en commun ?  A gagner : une publication sur les sites du journal et du festival ainsi que 5 livres de littérature française ou étrangère sélectionnés par la Fête du Livre. Plus d'informations en suivant ce lien.

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Histoires sans fin

CONNAITRE | Avec "Tristesse de la Terre", Eric Vuillard confirme son goût pour la remise à l'heure des pendules historiques. Dans une geste poétique magistrale, l'auteur lyonnais s'y attaque à la vie d'imposture de Buffalo Bill et à son Wild West Show, spectaculaire grand œuvre de falsification de la conquête de l'Ouest et du génocide indien, matrice du mythe américain et ancêtre primordial du reality show. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 30 septembre 2014

Histoires sans fin

«Quand la légende dépasse la réalité, imprimez la légende» dit Maxwell Scott à Ransom Stoddard dans L'Homme qui tua Liberty Valance. Une phrase si rebattue qu'elle en est devenue un cliché. Peut-être parce qu'elle en a toujours été un, tant elle dit tout d'une Amérique qui, depuis l'origine, se repaît de sa propre légende. La légende américaine, l'écrivain Eric Vuillard a choisi de la détricoter, d'en tirer le fil en arrachant les célèbres franges de la plus grande et plus factice icône de la conquête de l'Ouest : William Cody alias Buffalo Bill. Ou comment un vétéran des guerres indiennes et chasseur de bisons est devenu, sur la foi de confessions de matamore alcoolisé, déformées avec zèle par un scribouillard de l'Est, un héros national. Et même : le héraut du grand mythe américain et de son folklore, promoteur d'un faux roman national en son, lumière, chair, toc et balles à blanc.   Amnésie sans retour La seconde carrière

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Les mots Belin

MUSIQUES | Salué en 2010 pour le splendide "Hypernuit" et de retour à Lyon pour présenter "Parcs" à l’Épicerie Moderne, Bertrand Belin se bonifie au fil des albums, en quête d’une forme d’ascèse textuelle. Comment parler de son travail quand on est un homme de peu de mots ? Réponse ici avec l’intéressé. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 octobre 2013

Les mots Belin

Votre dernier album, Parcs, voit vos textes toucher à une forme d’épure de plus en plus marquée. Comme s’ils étaient guidés par la musique et le rythme plus que par le sens… Bertrand Belin : C’est l’un de mes points d’intérêt que de travailler sur la nature des textes, d’aller vers quelque chose qui présente quelques traits originaux, une singularité. Dans la diversité du paysage de la chanson française, j’essaie d’apporter quelque chose d’un peu saillant et de voir la place que ça peut prendre dans la modernité d’aujourd’hui. Pour moi, une chanson ne se résume pas aux textes. En France, nous appréhendons d’ailleurs généralement la musique anglo-saxonne sans se préoccuper du fond du texte : nous ne sommes pas tous suffisamment anglophones pour comprendre toutes les paroles de Dylan. Du coup, dès lors qu’on chante en français devant un public français, le sens du texte a tendance à prendre immédiatement le dessus, souvent au détriment de ce qu’on a glissé de sens dans la musique. Y-a-t-il chez vous une volonté de déconstruire l

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J'aime (pas) la chanson française

MUSIQUES | Au Petit Bulletin nous avons cette réputation, en laquelle nous croyons parfois nous-mêmes, qui veut qu’à l’instar du titre des opus du dessinateur Luz, «[On] n'aime (toujours) pas la chanson française». La preuve que si, un peu. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

J'aime (pas) la chanson française

On a beau eu noircir des Unes sur Françoiz Breut, la révélation Daisy Lambert, faire des ronds de jambes à Emilie Loizeau, Jean-Louis Murat, Benji Biolay, ou même ce drôle d'animal qu'on appelle Fauve – qui revient d'ailleurs déverser sa bile casse-gueule au Festival Nouvelles Voix à Villefranche – rien n'y fait. Une réputation, ça vous colle à la peau comme le pansement du Capitaine Haddock, tout ça parce qu'on n'est pas à fond sur Calogero – et ce n'est pas avec Circus, son opéra pop, que ça va s'arranger – ou que Jean-Jacques Goldman n'est pas notre français préféré. Le truc c’est qu’appréhender la notion de chanson française c’est comme essayer d’attraper un

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En plein Air

MUSIQUES | «Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

En plein Air

«Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de l’oreille interne – ce qui est fortement déconseillé par l’ORL moyen, on préfèrera se caresser la touffe ciliaire – ben oui, c’est comme ça que ça s’appelle, on n’y peut rien – à l’écoute des divers invités de son édition 2013 : la douce Tachka, le très (trop ?) aérien Yan Destal, le trio folk féminin Théodore, Paul & Gabriel (oui, elles ont des prénoms de garçons, et alors ? Joni Mitchell aussi) et bien sûr notre chouchou Denis Rivet. Mais ne nous cachons pas derrière notre coton-tige, l’attraction de l’événement sera bel et bien Bertrand Belin et la découverte en avant-première du successeur de son terrible Hypernuit. La chose s’appelle Parcs et le confirme en chevalier noir de la chanson française. Comme si les fantômes de Bashung et Johnny Cash visitaient les contrées country de Bill Callahan (Smog) ou les forêts welches de Rodolphe Burger. Pétri de références qui sont autant d’infinies étendues littéraires (Cormac McCarthy,

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Belin l’enchanteur

MUSIQUES | Musique / Son troisième album, "Hypernuit", a enfin fait sortir Bertrand Belin de la confidentialité, révélant un artisan précieux de la chanson française, brillant par sa singularité et son écriture inimitable. À ne pas rater cette semaine à l’Épicerie Moderne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 2 février 2011

Belin l’enchanteur

Arnaud Fleurent-Didier ou Florent Marchet en ont fait l’expérience : ce n’est pas forcément avec son meilleur album que l’on retient l’attention du public. Question de stratégie promotionnelle ou de formatage, toujours est-il que la maturation ne va pas forcément avec la maturité. C’est un peu ce qui arrive à Bertrand Belin. Son deuxième album, "La Perdue", est passé inaperçu ; sa dernière venue à Lyon, en première partie de Dominique A., avait à peine été annoncée par l’organisateur du concert. Et pourtant, sur disque comme sur scène, Belin a littéralement ensorcelé toux ceux qui avaient daigné l’écouter. Car "La Perdue" était l’œuvre d’un alchimiste, un magicien dont on ne comprend toujours pas, après une bonne centaine d’écoutes, la formule pour produire des chansons si entêtantes. Il n’y a pas beaucoup d’ingrédients dans cette potion-là : la voix de l’interprète, grave, ténébreuse, possède une musicalité discrète ; les arrangements sont minimaux, une guitare électrique, acoustique ou un banjo, une légère batterie à l’arrière-plan. Et les textes ne s’étalent pas sur des pages, mais se rétractent en quelques mots comme des phrases amputées (un exemple, "La Tranchée" : «J’avais un

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Florence Aubenas

MUSIQUES | Le Quai de Ouistreham (L'Olivier, 2010)

Nadja Pobel | Jeudi 25 février 2010

Florence Aubenas

Grand reporter à "Libération" puis au "Nouvel Observateur", Florence Aubenas a rendu compte de nombreux conflits du globe jusqu'à être prise en otage en Irak en 2005. Loin des terrains de guerres, elle a décidé l'an dernier de prendre six mois de congé sabbatique et s'est inscrite à Pôle emploi avec une situation inventée : elle vient d'être quittée par son compagnon, qui jusque là l'entretenait, et elle a besoin de trouver un travail mais n'a pas de qualification. Seul ce postulat de base est une fiction. Car pour le reste, Florence Aubenas est dans le réel. Elle a gardé son identité, s'est juste teint les cheveux en blond et a chaussé des lunettes. Puis vogue la galère. Dans «Le Quai de Ouistreham», elle relate en détails, de manière plus journalistique que littéraire, cette expérience qui l'a vue devenir femme de ménage et accepter les amplitudes des horaires de travail infernales, le salaire calculé au quart d'heure de labeur près. Si elle s'est fait des amis au cours de ses stages «CV» et formations «hygiène», Florence Aubenas nous montre surtout salutairement à quel point le travail précaire aliène l'individu jusqu'à la nausée. NP Florence Aubenas, "Le Quai de Ouistreham"

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Les mots pour le dire

CONNAITRE | Rencontres / La Villa Gillet ouvre sa saison par une soirée consacrée à la rentrée littéraire avec la venue de cinq écrivains français dont on n'a pas fini de parler : Clémence Boulouque, Vincent Delecroix, Louise Desbrusses, Éric Reinhardt et Olivia Rosenthal. Yann Nicol

| Mercredi 10 octobre 2007

Les mots pour le dire

Les cinq écrivains invités lundi 8 octobre ont pour mission de choisir un mot-clé susceptible de symboliser leur dernier roman. On leur souhaite bonne chance, puisque les cinq livres présentés, bien que très différents, ont en commun de reposer sur une structure narrative stratifiée et complexe qui s'accommode fort mal des raccourcis. C'est peut-être Éric Reinhardt qui aura la partie la plus facile. Le titre de son roman, Cendrillon, a tout de la porte d'entrée idéale pour introduire ce récit gigogne qui se permet des détours par la finance internationale, le monde de l'entreprise, la classe moyenne et la bourgeoisie de gauche pour finalement livrer une vision du monde transcendée par le culte du présent, l'enchantement amoureux et la poétisation de l'existence. L'exercice est plus délicat en ce qui concerne le dernier roman de Clémence Boulouque, Nuit ouverte, qui met en scène la figure de Regina Jonas, première femme rabbin au monde dont le destin singulier s'acheva tragiquement à Auschwitz en 1944. L'héroïne de ce texte, une jeune comédienne pressentie pour incarner cette femme à l'écran, voit en ce rôle un moyen d'exorciser les fantômes traumatisants d'une famille au passé coll

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