Bron, commune des livres

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Photo : Christine Chaudagne


Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte les pièces d'un puzzle thématique qui n'a sans doute jamais été aussi commun – et n'a donc jamais aussi bien porté son nom. «Qu'est-ce qu'on a en commun ?», donc, pose la question inspirée de l'essai de Christian Dardot et Pierre Laval, évidemment invités pour parler du vaste sujet de leur livre : à savoir proposer une révolution politique, sociale et écologique pour le XXIe siècle, celle du commun.

Pour commencer, on pourrait dire plus précisément ici que ce qu'on a en commun, c'est la ou les littératures, quelles qu'en soient les approches. Littérature, qui cette année porte donc à la Fête du Livre une série de regards sur le contemporain à travers les enjeux du commun.

Qu'ils passent par l'évocation du monde social et le plus souvent de son effritement (les rencontres "roman choral, roman social" avec Olivier Adam et Donal Ryan, "La France à hauteur d'homme" avec Florence Aubenas, "L'Italie, un nouveau monstre" avec Silvia Avalone et Simonetta Greggio) ; de l'histoire et de la mémoire ("La mémoire des vaincus" avec Eric Vuillard et Olivier Rolin, "Devoirs de mémoire" avec Pinar Selek et Minh Tran Huy, "Les Ombres du passé" avec Olivier Solminihac et Valérie Zenatti) ou du présent ("Les Illusions perdues" avec Virginie Despentes et Philippe Djian, "Historiens du temps présent" avec François Cusset et Philippe Artières).

Sera également interrogée, vaste question, la place de l'homme dans le monde ("Une place dans le monde" avec Jérôme Ferrari et Laurent Mauvignier, "De l'influence du paysage" avec Marie-Hélène Lafon et Emmanuelle Pagano) et celle de l'écrivain comme artiste porte-parole ou simplement être humain ("L'écrivain un porte-voix ?" avec Tatiana Arfel, "Les mystères de la création" avec Olivier Cadiot, "Double je" avec François Bégaudeau et Serge Joncour).

Bref, autant de rencontres qui seront une série d'allers et retours vers le début d'une réponse à la question posée cette année par le festival, l'important étant sans doute moins d'y répondre que de chercher à comprendre.

Stéphane Duchêne

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Najat Vallaud-Belkacem : « nous avons les moyens de construire un âge d'or de la culture »

Régionales 2021 | Najat Vallaud-Belkacem, tête de liste du Parti Socialiste pour les Régionales, était de 2004 à 2008 en charge de la culture au sein de cette collectivité, sous la mandature de Jean-Jack Queyranne. Nous l'avons questionnée sur ce volet culturel de son programme.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Najat Vallaud-Belkacem : « nous avons les moyens de construire un âge d'or de la culture »

Si vous êtes élue, vous doublez le budget culture : de 60M€ à 120M€. Ça veut dire que la culture redevient un enjeu politique à gauche ? Najat Vallaud-Belkacem : Je ne sais pas si on peut dire que la gauche avait abandonné ce sujet ces dernières années. Ce dont je suis persuadée, à titre personnel, c'est que l'on a énormément besoin de culture. Surtout à la sortie de cette crise Covid. Potentiellement, nous avons les moyens de construire un âge d'or de la culture. Tellement de gens ont manqué de spectacles, de concerts, de toute cette vitalité, coincés devant Netflix, que je pense qu'ils rêvent de ressortir. Toutes nos belles idées de démocratisation de l'accès à la culture, c'est maintenant qu'il faut leur donner corps. Or, démocratiser la culture, ça passe d'abord par un soutien à nos structures culturelles. Sur tous les sujets : la capacité de production, de diffusion, de médiation. Et j'insiste, car ce sont des mots qui peuvent paraître techniques — mais la médiation par exemple, c'est avoir des moyens humains qui permettent que les publics viennent, de les accompagner. J'assume clairement cette idée de doubler le budget de la culture : on

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La Fête du Livre Jeunesse de retour

Villeurbanne | Déplacée pour cause de crise sanitaire, la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne prendra place sur le calendrier du 14 au 20 juin et adopte pour thème (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 juin 2021

La Fête du Livre Jeunesse de retour

Déplacée pour cause de crise sanitaire, la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne prendra place sur le calendrier du 14 au 20 juin et adopte pour thème cette année un héros récurrent des livres pour enfants : l'animal, avec comme mot d'ordre Pas si bêtes !. Tout au long de ce rendez-vous incontournable en France — le deuxième du genre en termes d'affluence après celui de Montreuil — seront ainsi interrogées les représentations de la faune dans la littérature pour kids. Si la formule est un peu réduite par rapport aux années précédentes au vu du contexte, avec plusieurs rencontres en digital, le programme n'en reste pas moins intéressant. Ainsi, dans les bibliothèques de la ville, on partira à la rencontre des Humanimaux, la série de Éric Sicard (Maison du Livre, de l’Image et du Son, à partir de 8 ans). À la Médiathèque du Tonkin, le 16 juin, une fresque collective sera coordonnée par Émilie Vast (à partir de 6 ans). Plusieurs projections sont au menu également, dont celle de Goshu le violoncelliste de Isaho Takahata (le mercredi 16 juin au Rize à 16h30, à

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"Le Discours" de Laurent Tirard : tu parles ? Tu parles !

ECRANS | Laurent Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby. Avec Sara Giraudeau et Kyan Khojandi.

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, c’est que Sonia réponde à son SMS. Et voilà que son futur beau-frère lui demande de faire un discours pendant la noce… Le Discours n’est pas un film, c’est du cinéma. En tout cas, une de ces propositions cinématographiques, pour reprendre le mot de Godard, qui s’amusent avec les possibilités du médium ; qui considèrent le 7e art comme la somme, la résultante, l’aboutissement ou l’évolution des précédents et surtout ne se prennent pas au sérieux. Ce qui ne les empêchent pas de triturer la structure avec intelligence pour fabriquer de l’espace avec des mots et du temps avec des images ; bref créer comme Resnais un spectacle ludique superposé à un film mental. Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby : il transpose cette obsession anxiogène de la répétition traversant l’œuvre de l’auteur (et bédéiste) en l’accommodant de variations oulipien

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Benjamin Lavernhe : « j’aime bien causer… »

Le Discours | À l’écran, on l’a connu odieux ("Le Sens de la fête"), irrésistible de drôlerie ("Mon inconnue"), fuyant ("Antoinette dans les Cévennes") mais à chaque fois impeccable. Benjamin Lavernhe — de la Comédie Française — poursuit sur sa lancée en tenant l’affiche (et le crachoir) du "Discours", adaptation ô combien cinématographique de Fabcaro par Laurent Tirard.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Benjamin Lavernhe : « j’aime bien causer… »

Le Discours raconte une histoire des retrouvailles différées. Or le film, d’abord annoncé pour Cannes 2020, avait été repoussé en décembre, avant d’être à nouveau décalé pour le 9 juin. Il y a là comme une mise en abyme un peu ironique et cruelle, non ? Benjamin Lavernhe : Oui, c’est vrai que c’est tragiquement drôle ; après, on peut se dire que notre personnage du Discours se plaint beaucoup, se complaît un peu ; qu’il est peut être un peu pénible… Nous, on a eu l’impression que notre plainte, elle était légitime ; on n’a pas envie qu’elle soit vue comme nombriliste et qu'elle finisse par agacer. Comme disait Jean-Michel Ribes sur les réseaux sociaux : « la culture n’est pas au dessus du reste, mais elle existe ». Aux yeux du public, votre personnage peut passer pour nombriliste ; en réalité, c’est quelqu’un en attente et en souffrance. Une souffrance qui dévore tout le reste, et que le film ne fait que retranscrire avec justesse… Oui, c’est son caractère obsédant, sa névrose… C’est quelqu’un qui se débat, il est complètement obsédé par l’am

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Littérature | Après nous avoir expliqué en quoi consisterait son édition 2021, en ligne, la Fête du Livre de Bron livre les détails de sa programmation, adulte et jeunesse, et donne rendez-vous du 10 au 28 mars, du mercredi au dimanche, sur son site Internet.

Stéphane Duchêne | Lundi 1 mars 2021

Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Fête du Livre de Bron | Passé entre les gouttes l'an dernier en se tenant un mois plus tôt que d'habitude, la Fête du Livre de Bron a attendu 2021 pour être rattrapée, comme tout le monde, par le Covid. Et à dû renoncer à se tenir autrement que virtuellement. L'occasion pour le festival brondillant de se repenser pour le présent et pour l'avenir et d'être au final plus... présent. Son directeur Yann Nicol nous explique comment.

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Le 2 février, la Fête du Livre a annoncé qu'elle se tiendrait en numérique. Une annonce qui a mis par terre plusieurs mois de préparation d'une édition qui se voulait adaptée à la situation sanitaire. Yann Nicol : Nous avons poussé jusqu'au bout pour essayer de tenir les choses mais au bout d'un moment la persévérance devient de l'entêtement. On a essayé de se mettre en situation de pouvoir répondre, d'être prêt avec une formule "en présentiel", comme on dit, plus adaptable. On avait notamment décidé de ne pas organiser le festival à l'hippodrome de Parilly parce que c'était un lieu très vulnérable à la fermeture, qui nous coûte cher, comme les locations de chapiteaux. Je ne voulais pas mettre de l'argent dans un lieu qui aurait trois chances sur quatre d'être fermé, ça me semblait complêtement déraisonnable. Et ouvrir l'hippodrome avec une jauge de 500 personnes, ça promettait d'être absolument sinistre. M

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La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

Littérature | La traditionnel rendez-vous de mars fidélisant les amateurs de littérature n'aura pas lieu cette année — et se contentera d'une édition virtuelle, comme plusieurs autres événements (Assises Internationales du Roman, Quais du Polar...) l'ont fait l'année dernière.

Sébastien Broquet | Mardi 2 février 2021

La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

En 2020, ayant avancé ses dates pour ne pas se superposer aux élections municipales, la Fête du Livre de Bron avait réussi à se tenir tout à fait normalement et à ne pas intégrer la longue liste des événements annulés, toujours en cours d'élaboration — et ce sans doute jusqu'à l'automne prochain. Mais pour cette 35e édition de 2021, c'est rapé : « après avoir tenté, avec enthousiasme et persévérance, de proposer un festival en présence des auteurs et du public, l'association s'est résolue à transformer la 35e édition de la Fête du Livre de Bron en un événement 100% digital. Une formule inédite et attractive, entièrement en ligne, qui se déploiera sur les réseaux sociaux et le tout nouveau site de la Fête du Livre de Bron, appelé dans l'avenir à constituer un véritable média numérique autour de la littérature, des sciences humaines et de la littérature jeunesse. Dans le contexte actuel, l’équipe de la Fête du Livre de Bron est plus que jamais convaincue de la nécessité de donner la parole aux écrivains, aux intellectuels et aux artistes pour comprendre le temps présent et en

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Le désarroi des artistes dans des théâtres fermés

Théâtre | Lors du deuxième confinement, les théâtres ont pu rester ouverts — pour les artistes. Ces derniers ont occupé les plateaux pour répéter ce qui aurait dû se créer ces derniers mois. Comment traverse-t-on cette période qui ne dit pas sa fin ? Réponses avec les comédiens / metteurs en scène Philippe Caubère, Catherine Hargreaves et Laurent Ziserman.

Nadja Pobel | Mercredi 27 janvier 2021

Le désarroi des artistes dans des théâtres fermés

Une deuxième annulation ? Et combien d’autres ? Catherine Hargreaves devait présenter son Happy Hours avec sa complice Adèle Gascuel en octobre. Puis mi-décembre. Elle-même s’embrouille dans les dates : tout se mêle, entre confinement à demi, couvre-feu à 20h, à 18h, réouverture avortée le 15 décembre... Au final, rien. « Je ne sais pas quoi penser. On ne sait plus, avec ma compagnie des Sept sœurs, comment axer le travail de production. On tourne en rond — alors je reste dans mon coin et j’écris ». Elle devait partir en résidence d’écriture durant l’hiver 2020 en Angleterre. C’est sans cesse différé : « je pourrais y aller mais je serai enfermée dans un appartement. Or mon projet est basé sur la rencontre avec des gens. De plus, le Brexit influe sur nos capacités à renouveler des histoires » constate la Franco-Britannique qui refuse de se plaindre — sa compagnie étant subventionnée. Être empêchée de travailler ne la dis

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Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

Clubbing | DJ emblématique de la scène techno, attaché à Lyon, Laurent Garnier sera le premier à rejouer au Sucre lorsque les clubs seront autorisés à ouvrir de nouveau.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

On ne sait pas quand. Mais on sait qui : Laurent Garnier sera le tout premier DJ à rejouer au Sucre, le club du quai Rambaud, lorsque la réouverture des spots nocturnes sera autorisée. Bien sûr, ce sera dans de longs mois. Mais la présence du maître absolu des platines, du DJ historique de la scène techno, augure d'ores et déjà d'une reprise mythique. Et il faudra bien cela après des mois de fermeture et d'interdiction totale de danser. « Pour poser le premier disque, et le second, et le troisième, après une telle absence, il fallait quelqu'un en qui nous avons une totale confiance car ce ne sera pas facile ; et en Laurent, j'ai une totale confiance » nous a confié Vincent Carry, le directeur de Arty Farty, qui précise qu'un soin tout particulier sera accordé à la programmation de la première semaine de réouverture. Une programmation à laquelle Laurent Garnier devrait

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Baru & Laurent Verron en dédicace à La BD

Bande Dessinée | Vous pestez de ne plus pouvoir sortir la nuit d’Halloween ? Rassurez-vous, il reste l’après-midi pour l’occuper puisque ce vendredi 31 octobre de 14h30 à (...)

Vincent Raymond | Lundi 26 octobre 2020

 Baru & Laurent Verron en dédicace à La BD

Vous pestez de ne plus pouvoir sortir la nuit d’Halloween ? Rassurez-vous, il reste l’après-midi pour l’occuper puisque ce vendredi 31 octobre de 14h30 à 18h30, deux illustrateurs d’exception s’en viennent faire un tour à la Librairie La BD — ils en profiteront pour découvrir sa nouvelle adresse au 50 grande rue de la Croix-Rousse —, Baru et Laurent Verron. L’auteur des Années Sputnik, Grand Prix d’Angoulême, présentera Bella Ciao (Uno), premier volet comme son nom l’indique d’un nouveau cycle consacré à l’immigration italienne et à la classe ouvrière, sujets chers à son cœur. Quant au second, bien connu pour avoir un temps repris la série Boule & Bill, il retrouve Yves Sente (avec qui il avait signé un Spirou) pour le deuxième tome de Mademoiselle J : Je ne me marierai jamais.

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François Bégaudeau passe au docu avec "Autonomes"

Documentaire | On ne l’arrête plus ! Lorsqu’il ne signe pas un livre (ou deux, comme cette année), qu’il n’écrit pas une pièce de théâtre, l’ancien [prenez votre souffle] prof (...)

Vincent Raymond | Vendredi 9 octobre 2020

François Bégaudeau passe au docu avec

On ne l’arrête plus ! Lorsqu’il ne signe pas un livre (ou deux, comme cette année), qu’il n’écrit pas une pièce de théâtre, l’ancien [prenez votre souffle] prof de lettres-chanteur de Zabriskie Point-critique de cinéma/littéraire-fondateur de revue François Bégaudeau réalise des documentaires et sillonne la France pour les présenter. Après N’importe qui, voici Autonomes consacré à ces individus ayant réussi à s’affranchir (intellectuellement et/ou matériellement) de l’emprise de la société et surtout, d’une forme de dépendance. L’idée est sans doute de montrer qu’un mode alternatif est possible et viable. À découvrir donc en sa compagnie le 8 octobre au Zola de Villeurbanne, cinéma indépendant — mais là, il vaut mieux quand même qu’il y a ait du monde…

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Wauquiez et la culture : c'est compliqué (bis)

Covid-19 | Laurent Wauquiez est passé à deux doigts de se remettre l'ensemble du monde culturel à dos. Il est retombé lundi, à peu près, sur ses pattes. Mais comment a-t-il fait pour glisser ainsi sur une peau de banane, après des semaines de mesures concrètes et de com' massive pour s'instaurer en "sauveur" du milieu culturel post-Covid ? On vous raconte.

Sébastien Broquet | Mercredi 9 septembre 2020

Wauquiez et la culture : c'est compliqué (bis)

Dès le début du confinement, la vice-présidente à la Culture Florence Verney-Carron capte l'ampleur de la crise à venir dans son secteur et mobilise ses services. Son président joue le jeu et la com' se met en branle : étonnement dans les milieux culturels, mais c'est bel et bien la Région qui s'affirme comme moteur de l'aide au secteur — avec une communication au cordeau, comme tout au long de la crise. Début mai, Laurent Wauquiez annonce 32 M€ d’aides au secteur culturel. Une élue de gauche nous confie alors : « ça me fait mal de le dire, mais faut avouer qu'ils font le boulot. » C'est d'autant plus flagrant que l'État est alors à la ramasse sur le sujet. Tout n'est pas parfait, certains producteurs pointent la faiblesse du montant maximum de l'aide, mais d'autres lieux non subventionnés apprécient a contrario l'aide exceptionnelle. Sur

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La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

Littérature | Après avoir avancé son édition 2020 en février pour des raisons de calendrier — ce en quoi les organisateurs ont été involontairement bien inspirés — la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2020

La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

Après avoir avancé son édition 2020 en février pour des raisons de calendrier — ce en quoi les organisateurs ont été involontairement bien inspirés — la Fête du Livre de Bron réintégrera l'an prochain ses quartiers du mois de mars. Pour sa 35e édition, le festival brondillant se tiendra du 3 au 7 mars 2021. En attendant, podcasts (des rencontres des éditions passées notamment mais aussi du Bookmakers mensuel proposé par Richard Gaitet sur Arte radio — et conseils de lecture sont à retrouver sur le site de la Fête du Livre. Et en septembre, on connaîtra les livres sélectionnés pour le Prix Summer, remporté cette année par Anne Pauly avec Avant que j'oublie, et dont le vainqueur est désigné par un panel de lecteurs régionaux.

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Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Podcast | Camille de Toledo, écrivain et chercheur, repense sa résidence croisée initiée à Lyon en un rendez-vous de conversations à distance, chaque mardi. Toujours sous l'égide de l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab. Il nous explique.

Sébastien Broquet | Mardi 9 juin 2020

Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Vous remodelez votre cycle de résidence et de rencontres à Lyon en une forme nouvelle, des conversations nocturnes chaque dimanche soir : pouvez-vous nous présenter ce concept et comment il va se dérouler ? Camille de Toledo : Je crois ardemment aux vertus d’une conversation croisée entre les arts et les sciences humaines, entre une poétique et une politique, entre thérapeutique et savoir. C’est à cette intersection que nous avons lancé avec l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab, en janvier dernier, le cycle "Enquêter, enquêter, mais pour élucider quel crime ?". Nous vivons aujourd’hui à l’heure d’une très vaste révélation d'un "crime terrestre", ce qu’on nomme également en droit un écocide, même si la notion n’est pas encore, hélas, reconnue pénalement. Quand nos affaires humaines, à l’échelle planétaire, ont été interrompues par cet

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Santiago Amigorena, l'enfant du silence

Littérature | Avec Le Ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena livre le roman qui planait sur toute son œuvre. Où l'auteur franco-argentin brise le silence hérité d'un grand-père juif accablé par la peine d'avoir survécu, parce qu'exilé, à l'Holocauste qui emporta sa mère.

Stéphane Duchêne | Mercredi 12 février 2020

Santiago Amigorena, l'enfant du silence

[Edit-Fête du Livre] D'où vient que les écrivains mettent parfois la moitié d'une vie - cinq, dix livres - pour écrire le livre que porte depuis la première ligne leur geste littéraire, s'affronter yeux dans les yeux au sujet pour lequel ils s'installent chaque jour à l'écritoire et qui supporte, subliminal, l'œuvre jusque-là délivrée ? Eux-mêmes ont rarement la réponse, probablement à chercher du côté d'une maturation psycho-généalogique qui soudain bourgeonne à découvert, nue comme un ver et qu'on ne peut plus ignorer. La question est particulièrement sensible s'agissant de Santiago Amigorena qui depuis 21 ans écrit pour dire qu'il ne peut pas dire, aveu formalisé en préambule de ce Ghetto Intérieur à l'évocation d'une œuvre autobiographique qui porte un abyssal non-dit. Soit l'histoire du grand-père Vicente Rosenberg, juif polonais devenu argentin - qui ne se sent aucun des trois - à qui parviennent dès 1940 des nouvelles de plus en plus funestes de Pologne où les Juifs, son frère, sa mère, restés à Varsovie, sont parqués dans un ghetto dont il peine à mesurer les contours, à comprendre ce qui vraiment

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Laurent Binet : « une autre mondialisation était possible »

Fête du Livre de Bron | Et si, au lieu du contraire, les Incas avaient "découvert" et asservi l'Europe ? C'est ce renversement qu'opère Laurent Binet, invité de la Fête du Livre, dans son fascinant Civilizations (Grasset), Grand Prix de l'Académie Française. Un roman picaresque où l'érudition historique sert justement à tordre la vérité de l'Histoire pour accoucher d'un autre monde.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2020

Laurent Binet : « une autre mondialisation était possible »

Qu'est-ce qui a présidé à la démarche de ce livre et pourquoi cette histoire-là ? Laurent Binet : C'est une invitation au salon du livre de Lima qui m'a fait m'intéresser à la conquête de l'Amérique, aux pré-Colombiens. Un livre de Jared Diamond, aussi, De l'inégalité parmi les sociétés, dans lequel il pose la question : « Pourquoi est-ce Pizarro qui est venu capturer Atahualpa au Pérou et pas Atahualpa qui est venu capturer Charles Quint en Europe ? » Là, je me suis dit que j'allais raconter cette histoire alternative. Vous semblez avoir conçu Civilizations comme un scénario de jeu vidéo, dont le lecteur serait le héros... Le "z" du titre est effectivement une référence au jeu vidéo. Et j'ai conçu l'histoire de ce livre comme un jeu de stratégie. Comment on fait pour conquérir u

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Dom Juan, bloqué dans l’ascenseur social

Théâtre | Mais qui est-il, ce Dom Juan ? Le colérique et survitaminé Nicolas Bouchaud chez Sivadier ? Le rationaliste de Vilar, le jouisseur en proie au doute (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 février 2020

Dom Juan, bloqué dans l’ascenseur social

Mais qui est-il, ce Dom Juan ? Le colérique et survitaminé Nicolas Bouchaud chez Sivadier ? Le rationaliste de Vilar, le jouisseur en proie au doute de Lassalle... ou encore l'agnostique qu’Olivier Maurin a récemment présenté au TNP ? Pour Laurent Brethome et Philippe Sire, directeurs des conservatoires de La Roche-sur-Yon et de Lyon, il est un déclassé social, vivant sans le sou comme un étudiant dépendant des alloc', malgré un paternel blindé, rêvant de paillettes et de son quart d’heure de célébrité. Alors, il ne va cesser de s’imaginer plus beau et grand qu’il n’est ; comme le révèlera le quatrième acte, dans un container de fortune qui lui sert de logement au sein duquel il se cogne à tous les angles. Au premier abord, ce n’est pas cela qu’incarne Laurent Brethome, mais un Dom Juan volontairement agaçant, p’tit gars qui roule les mécaniques dans un décor presque vernis sur lequel rien n’adhère ; il dragouil

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Laurent Gutmann met en scène ses élèves

Théâtre | Le directeur qui met en scène les élèves : c'est une première dans l'histoire de l'ENSATT. Laurent Gutmann, aux commandes de l'école qui réunit tous les (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 janvier 2020

Laurent Gutmann met en scène ses élèves

Le directeur qui met en scène les élèves : c'est une première dans l'histoire de l'ENSATT. Laurent Gutmann, aux commandes de l'école qui réunit tous les métiers du théâtre depuis l'été 2018, va donc, du 3 au 8 février diriger la 79e promotion, qui termine ses trois ans de formation en juin, dans Billy est parti, un texte de Mathilde Segonds, du département écriture dramatique. Elle questionne l'absence d'un marin-pêcheur qui, à l'instar d'Alain Colas ou Éric Tabarly, n'est jamais revenu.

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Au fil de la plume

Littérature | Deux millions, c'est le nombre d'objets qui hantent les collections du Musée des Confluences. Huit celui du nombre de livres édités jusque-là par la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 janvier 2020

Au fil de la plume

Deux millions, c'est le nombre d'objets qui hantent les collections du Musée des Confluences. Huit celui du nombre de livres édités jusque-là par la collection Reflets d'Objets proposée par ce même musée. L'idée : convoquer l'imagination des écrivains au contact d'un objet, l'amener à en faire un récit, un sujet littéraire. La dernière en date est Emmanuelle Pagano. D'un châle pas comme les autres, de soie de mer et de confection italienne, l'autrice rhonalpine fait jaillir les souvenirs de l'histoire familiale comme on tire un fil de soie, comme on observe les nuances de la nacre de Pinna Nobilis. Le foulard de se faire ainsi vestige, fétiche, non plus seulement d'un héritage universel mais intime. Ainsi l'autrice s'approprie-t-elle l'objet, offert à la littérature sous le titre En cheveux. De cela il sera question lors du café littéraire organisé au Musée des Confluences avec Emmanuelle Pagano et David Besson, responsable des co

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Fête du Livre de Bron : un idéal, des idées hautes

Fête du Livre de Bron | Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

Fête du Livre de Bron : un idéal, des idées hautes

Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a dégainé pour cette édition 2020 anticipée un thème toujours fort à propos qui clame "Une soif d'idéal" dans ce monde où la moindre utopie, inspiration révolutionnaire toute entière contenue dans le "rouge idéal" baudelairien étouffe sous le poids d'un pragmatisme au cynisme rampant. La formule, elle, ne change pas qui alterne grands entretiens, tables rondes et lectures concepts (François Atlas et ses Fleurs du mal musicales, Charly Delwart et sa Databiographie). Et bien sûr grands noms (Jean-Paul Dubois, Leonora Miano, Jonathan Coe, Luc Lang, Laurent Binet) et semi-découvertes prises en flagrant délit de confirmation (Emma

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Le Roi Carotte : un potager survitaminé

Opéra | De la joie, des outrances, de la drôlerie et une équipe de haute précision, Le Roi Carotte revient quatre ans après sa création, mis en scène par l'une des stars mondiales de l'Opéra et fidèle de celui de Lyon, Laurent Pelly.

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

Le Roi Carotte : un potager survitaminé

Offenbach lui va si bien. Laurent Pelly s'en amuse depuis des décennies ou presque avec notamment cet épatant triptyque Monsieur Chouflerie restera chez lui / L'Île de Tulipatan / Le Petit voyage dans la lune. C'était en 2005 en itinérance dans Lyon. En 1998, il signait un Orphée aux Enfers royal dans des décors à couper le souffle, signés par la fidèle scénographe Chantal Thomas. La Vie Parisienne, La Belle Hélène, la Duchesse de Gérolstein, Les Contes d'Hoffmann suivront. Quand il monte en 2015 Le Roi Carotte, il va encore plus loin dans le plaisir du jeu et ne lésine pas sur les costumes, qu'il dessine comme dans chacun de ses travaux au théâtre ou à l'opéra, et affuble le ténor Christophe Mortagne d'une carotte à taille humaine très phallique. Car tout est poussé à son extrême dans cette adaptation de cet opéra-bouffe en trois actes créé en 1872. Lorsque la fée Rosée du soir est prisonnière dans un grenier, sur scène, elle est enserrée dans un gigant

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Le Goncourt Jean-Paul Dubois à la Fête du Livre de Bron

Littérature | C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 25 novembre 2019

Le Goncourt Jean-Paul Dubois à la Fête du Livre de Bron

C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager leur « soif d'idéal » – thème de la cuvée 2020. Il faut dire que l'événement se déroulera un peu plus tôt que précédemment puisque cette édition investira l'hippodrome de Parilly du 12 au 16 février. Avant le dévoilement complet du programme le 9 janvier prochain, voici déjà les quelques noms avancés : notre bien aimée Emmanuelle Pireyre, comme éminente régionale de l'étape que l'on verrait bien dialoguer en sa chimère européenne avec le brexité Jonathan Coe, également de la partie ; Lionel Duroy ; Mathilde Forget et une brassée d'écrivains nouvellement décorés : Laurent Binet (Grand Prix de l'Académie française), Luc Lang (Prix Médicis), Cécile Coulon (Prix littéraire du Monde), Manuel Vilas (Prix Femina étrange

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YSL, entre soies

Mode | L'espace n'est pas très grand mais permet de se plonger dans les volutes de haute-couture made by Yves Saint Laurent ; l'occasion aussi d’évoquer les savoir-faire des orfèvres lyonnais du textile avec qui il a longuement collaboré.

Nadja Pobel | Mardi 19 novembre 2019

YSL, entre soies

Yves Saint Laurent fut l'un des premiers à faire porter le tailleur-pantalon aux femmes dès les années 60, mais il n'en est jamais question dans cette exposition. Et pour cause, ce vêtement nécessitait des lainages qui n’étaient pas produits à Lyon au contraire de la soierie et autres textiles transformés par les compétences de huit artisans lyonnais, sur qui repose tout le propos de ce parcours voluptueux, forcément voluptueux. Car avant même de rentrer dans la technicité de cet art de l’industrie du luxe, les 25 robes présentées sur mannequin aimantent. Toutefois, les regarder sous toutes leurs coutures ne suffit pas à en apprécier la qualité. Sur écran vidéo, chacune d’elle est montrée en mouvement lors de défilés du créateur, portées par des lianes déambulantes. Officiel de la mode Avant d’en arriver à ce moment d’éclat – toute prisonnière de la upper class que soit la haute couture, elle n’en reste pas moins de l’art – cette exposition, co-réalisée avec le musée parisien YSL, montre l’ADN du vêtement. « Les tissus sont la base de tout, ce sont eux qui

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Prix Summer 2020 : la sélection

Littérature | Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 8 septembre 2019

Prix Summer 2020 : la sélection

Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son nom, est décerné par un collège de lecteurs issus de 42 médiathèques de la métropole. Il avait l'an dernier récompensé Tiffany Tavernier pour Roissy (Sabine Wespieser). Comme de saison, la Fête du livre vient de dévoiler la liste des cinq romanciers en lice pour l'édition 2020 : Julia Deck pour Propriété privée (Minuit), Hélène Gaudy pour Un Monde sans rivages (Actes Sud), Vincent Message pour Cora dans la spirale (Seuil), Anne Pauly pour Avant que j'oublie (Verdier) et Sylvain Prudhomme pour Par les Routes (L'arbalète/Gallimard).

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Souffle et soupirs : "Ombres et Lumières"

Comédie Dramatique | Trois contes mêlant l’amour et la passion ; trois histoires à la lisière entre le rêve et la folie, où la beauté des corps est cause de bien des égarements…

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Souffle et soupirs :

L’alléchante promesse de musiques signées Pontecorvo, Morricone, Prodominès ou Armand Amar peut légitimement susciter le désir du spectateur de découvrir ce film à sketches, dont l’affiche — outre les noms précités — assène de nouveaux arguments. Jouant sur l’esthétique érotique d’une beauté nonchalamment étendue sur sa couche, à peine vêtue d’une chemise, elle incite à la curiosité l’amateur… d’estampes, disons. Il sera déçu, et pas seulement par la composante plastique de la chose, peuplée de nymphes hésitant entre la pose d’atelier et celle pour salle de bains. Quand le son n’est pas défaillant — un souffle carabiné parasite le premier segment, qui a dû se passer de sondier, de mixage ou des deux —, ce sont des effets appuyés et un jeu outrés qui confèrent au film un amateurisme grandiloquent. On peut ne pas le voir. Ombres et Lumières Un film de Olivier Nolin (Fr, 1h21) avec Maïalen Eyherabi, Laurent Muzy, Diane Prost…

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Mutation explore les marges

Fanzine | Les instigateurs du crucial webzine des cultures underground La Spirale lancent un nouveau format papier façon dazibao : Mutation. Il n'y en aura pas pour tout le monde.

Sébastien Broquet | Mardi 5 mars 2019

Mutation explore les marges

Conseil : ne pas trop traîner pour aller fouiner dans les librairies lyonnaises et essayer d'y dénicher (gratuitement) ce tout nouveau fanzine, Mutation, fruit de la collaboration entre Laurent Courau et Ira Benfatto. Surtout si l'underground vous titille : d'une galerie de photographies afrofuturistes signées par le Kenyan Osborne Macharia, au dossier sur la mystérieuse "opération Mindfuck" avec les zooms de R.U. Sirius (rédacteur en chef du magazine californien de cyberculture Mondo 2000), Douglas Rushkoff (essayiste américain spécialiste de la société de l'information), John Higgs (écrivain anglais adepte de la contre-culture et du psychédélisme) et Rémi Sussan (journaliste français spécialisé dans les nouvelles technologies), le sommaire explore clairement les marges au sein d'un format double A3 dépliable - façon dazibao. Norman Spinrad En prime, un entretien passionnant en compagnie de Norman Spinrad, maître du roman d'anticipation et de la science-fiction, interrogé ici autour de son essai La Crise de la transformation, qui d'après Laurent Courau « réu

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Le doute à l’ombre : "Une intime conviction"

Procès | De Antoine Raimbault (Fr, 1h50) Avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas…

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Le doute à l’ombre :

Accusé d’avoir tué sa femme, Jacques Viguier se terre dans un mutisme coupable. Nora le croit si viscéralement innocent qu’elle convainc Me Dupond-Moretti de le défendre, se dévouant sans relâche pour trouver des preuves le disculpant, au risque de polluer la procédure par son action… Il est peu fréquent sous nos latitudes de voir une affaire judiciaire aussi promptement adaptée sur les écrans français, et ce en conservant les noms des protagonistes. Le fait que le réalisateur ait été proche du dossier n’y est pas étranger, mais ne doit rien enlever aux mérites de ce qui constitue son premier long-métrage. Un film de procédure et de prétoire répond en effet à un strict protocole : il se doit de reproduire la théâtralité de la liturgie judiciaire tout en intégrant son jargon et ses pesanteurs — qui en amenuisent sérieusement la dramaturgie. Raimbault use d’un “truc“ pour dynamiser son film : l’invention de Nora, investigatrice parallèle, agissant comme les auxiliaires de la défense dans le monde anglo-saxon. Son action sur la narration (et globalement positive sur le verdict) repo

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Classe tous risques : "L'Heure de la sortie"

Thriller | De Sébastien Marnier (Fr, 1h43) avec Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Pascal Greggory …

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Classe tous risques :

Drame au Collège Saint-Joseph : le professeur de français d’une classe pilote regroupant des enfants précoces s’est défenestré. Pierre Hoffman est recruté pour le remplacer, à quelques semaines du brevet. Il va vite constater que ses élèves, comme l’établissement, sont atypiques… Dans Irréprochable (2016), Sébastien Marnier avait déjà montré son appétence pour les prédateurs troubles. La troupe de surdoués sociopathes qu’il anime ici — une sorte de précipité des manies déviantes des ados de Haneke ou de Lars von Trier dans l’ambiance mortifère du Tour d’écrou d’Henry James — pousse un cran plus loin le malaise, avec ses jeux sado-masochistes, son discours catastrophiste et son extra-lucidité ingénue confinant à la prescience. Jusqu’à l’ultime minute, on ne sait en effet si l’on se trouve dans un thriller psychologique ou bien dans une œuvre fantastique. Assumant les codes du cinéma de genre, Marnier exacerbe les pulsions propres à l’âge de ses protagonistes, érotise les corps avec insistance — notamment celui de Laurent Lafitte,

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Le monde des livres

Littérature | Avant la saison des festivals d'été, il y a celle des festivals littéraires, nourrie des centaines de livres parues en quelques mois et des milliers d'idées qui les composent. Tour d'horizon des événements littéraires majeurs du printemps.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 janvier 2019

Le monde des livres

Fête du Livre de Bron Retour à une thématique cette année, et même à une thématique forte pour la Fête du Livre de Bron qui explorera les recoins littéraires de "La Vie sauvage" : animalité de l'humain, violence du monde, libéralisme sauvage, question environnementale mais aussi subversion et insoumission. Où l'on retrouvera notamment le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux (pour une collaboration qui s'annonce savoureuse avec le musicien Florent Marchet), mais aussi de nombreux autres comme Serge Joncour, David Diop, Charif Majdalani, Marielle Macé, Pascal Blanchard. Florence Aubenas, Andreï Kourkov, Domonique A, François More, FabCaro ou Jérôme Ferrari. Plus de détails sur cet alléchant programme le 23 janvier. À l'Hippodrome de Parilly du 6 au 10 mars Quais du Polar En dépit du réchauffement climatique, ils seront un peu glacés, cette année, les Quais du Polar. Le festival ayant choisi de rendre hommage au polar nordique et à ses joyeuses spécificités littéraires, culturelles et politiques. En invitant pas moins de 25 auteurs

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Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Littérature | Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 décembre 2018

Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour l'attribution du prix, les organisateurs proposent toujours aux lecteurs de 37 médiathèques et bibliothèques de l'agglomération de choisir parmi cinq ouvrages et cinq auteurs à découvrir, lors de dix rencontres en bibliothèques, le roman de la rentrée littéraire de l'automne. Le prix étant remis lors de la Fête du Livre le vendredi 8 mars. Parmi les auteurs sélectionnés, l'on trouve notamment le lauréat du Prix Goncourt 2018 Nicolas Mathieu avec son roman Leurs enfants après eux (Actes Sud). Lequel répondra, en public, aux questions du groupe de lecteurs de la Médiathèque Jean Prévost de Bron le 12 décembre prochain à 19h. Une rencontre suivie d'une dédicace qui constituera un bel avant-goût de la Fête du Livre dont Nicolas Mathieu sera l'un des invités marquants.

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Florence Aubenas et Ted Conover, undercover

Non Fiction | À la Villa Gillet, pas de pause : sitôt fermée les portes de la perception de La Chose Publique, reprennent les rencontres avec un duo d'enquêteurs hors-normes : Florence Aubenas et Ted Conover.

Sébastien Broquet | Mardi 27 novembre 2018

Florence Aubenas et Ted Conover, undercover

Du dernier livre de Florence Aubenas, nous ne pourrons pas vraiment vous parler : sa parution, prévue cet automne, étant repoussée au 7 février 2019. Son sujet : le meurtre de Catherine Burgod, gérante de la poste de Montréal-la-Cluse, dans l'Ain, le 19 décembre 2008, tuée de 28 coups de couteaux. Meurtre pour lequel en 2013 est arrêté Gérald Thomassin, toujours mis en examen, mais relâché en juin 2016 au bout de trois ans de détention provisoire. Et pour lequel, depuis, un autre homme a été arrêté et mis en examen à son tour, en septembre dernier - d'où le report du livre, dû à ce rebondissement judiciaire. L'histoire ne pouvait que passionner la plume la plus élégante du journalisme en France : Gérald Thomassin n'est en effet pas un inconnu et son parcours est un roman. Enfance à la DDASS, casting réussi pour Jacques Doilllon qui le fait tourner dans Le Petit Criminel en 1990, César du meilleur jeune espoir masculin dans la foulée, puis défonce et quelques autres apparitions à l'écran, retrouvailles avec Doillon en 2008 pour Le Premier venu, installation dans l'Ain, un peu de rue et de zone... Voilà une enquête que l'on a hâte de lire, habit

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Plongée dans le noir avec la Galerie Céline Moine

Peinture | Deux galeristes investissent un nouvel espace d’exposition sur la Presqu’île pour chanter les louanges du noir. Avec des classiques comme Rembrandt et Dürer, et des artistes contemporains comme Baptiste Fompeyrine ou Julie Legrand...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 novembre 2018

Plongée dans le noir avec la Galerie Céline Moine

De mémoire, il nous semble que, dans une interview, entre deux verres, Serge Gainsbourg lâchait cette phrase: « le noir ce n’est pas une couleur, c’est une valeur ». Qu’un mélomane défende la tonalité phare de la mélancolie, il n’y a là rien de très surprenant, tant les deux (musique et mélancolie) semblent résonner mutuellement. Pour un plasticien, les choses sont plus compliquées, et si Dürer a signé une célébrissime Melancholia, il faudra attendre Kasimir Malevitch (Carré noir en 1923), Ad Reinhardt (et sa série de monochromes noirs poursuivie jusqu’à la fin de sa vie en 1967), ou le grand maître français du noir, Pierre Soulages, pour chanter les louanges (les puissances) du noir. Entre-temps, le noir avait mauvaise réputation (psychologique, religieuse, morale) et apparaissait surtout dans les œuvres artistiques pour des raisons techniques : l’encre de Chine, le graphite, la gravure, et jusqu’aux débuts de la photographie en noir et blanc. Je suis le Ténébreux... La Galerie Céline M

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En vert et contre tous ! : "Le Grinch"

Animation | de Yarrow Cheney & Scott Mosier (E-U, 1h26) avec les voix (v.f.) de Laurent Lafitte, Lior Chabbat, Nicolas Marié…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

En vert et contre tous ! :

Grommelant dans sa grotte solitaire en marge de Chouville, la cité où les Choux vivent dans l’attente heureuse de Noël, le verdâtre Grinch abhorre cette fête durant laquelle les gens se témoignent leur affection mutuelle. Alors, il décide de voler Noël… Signée par le studio Imagination fabriquant les Minions à la chaîne, cette nouvelle adaptation du conte du Dr Seuss en polit la structure un peu trop âpre (à la limite terrifiante) et trop inscrite dans un folklore américain. Il suffit de se replonger dans la précédente (2000), réalisée par Ron Howard en prises de vues réelles et incarnée par Jim Carrey, pour être saisi d’horreur : décor, costumes, scansion rimée… Tout puait le factice et l’import frauduleux. Le Grinch de Cheney & Mosier est ici un “gentil“ méchant, dont la laideur physique et morale est adoucie : poil soyeux, farces pas trop graves justifiées par une enfance traumatisée. Ce ne sera donc pas si difficile de le convertir à l’esprit de Noël. Graphiquement honnête mais sans surprise, cette version aseptisée convient à l’époque et au marc

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Fin de règne : "Celebration"

Documentaire | de Olivier Meyrou (Fr, 1h14) avec Yves Saint Laurent, Pierre Bergé…

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Fin de règne :

1998. À l’occasion de la Coupe du monde de football, le Stade de France accueille sur sa pelouse un défilé de plusieurs centaines de créations de Yves Saint Laurent. C’est le temps des hommages et des souvenirs pour le couturier affaibli, qui achève l’une de ses ultimes collections… En apparence centré sur un homme, ce documentaire s’intéresse à la ruche vrombissante dont Yves Saint Laurent était le cœur battant, épaulé par son associé et compagnon, l’incontournable Pierre Bergé, un gardien du temple protecteur, montrant volontiers les crocs quand il n’aboie pas. Dévoilant les coulisses de la maison, la maladie invalidante de l’artiste et la tendre complicité unissant les deux patrons, retournant également sur les traces des débuts parisiens en compagnie des “cousettes“ historiques, ce film aussi proche que respectueux fut étonnamment interdit pendant dix ans, malgré sa présentation à la Berlinale. Nullement voyeuriste, il ne montre rien de choquant ; seulement de l’élégance et de la mélancolie. En cela, il peut se considérer comme l’équivalent d’une vanité.

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En v’là du noir, en v’là : " Galveston"

Policier | de Mélanie Laurent (É-U, 1h31) avec Ben Foster, Elle Fanning, Lili Reinhart…

Vincent Raymond | Lundi 8 octobre 2018

En v’là du noir, en v’là :

Crachant ses poumons, Roy s’imagine condamné par la maladie. En attendant, le caïd de la Nouvelle-Orléans dont il est l’homme de main cherche à le descendre. Alors Roy s’enfuit avec la jeune Rocky, une de ses prostituées et des papiers sensibles. Commence une cavale nerveuse… Au crédit de Mélanie Laurent réalisatrice, il faut tout d’abord placer son choix courageux de ne pas avoir engagé la comédienne Mélanie Laurent — et pourtant, elle aurait pu aisément caler un second rôle à l’accent franchie dans ce décor louisianais. L’ambiance poisseuse d’un motel dépeuplé, l’anti-héros hard boiled lessivé par son absence de perspective et défiguré par les bourre-pifs, la femme fatale pour laquelle il est prêt à se sacrifier… On peut cocher un à un les items du film noir, le contrat est globalement respecté et Mel L. s’en tirerait honnêtement s’il n’y avait cette aberrante scène où le personnage d’Elle Fanning se croit obligé d’avouer avec force détails ses traumatismes d’enfance (façon Chinatown) que tout un chacun a déduit des silences et des regards échang

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Ervart en pleine confusion

Théâtre | En adaptant un texte abracadabrantesque, Laurent Fréchuret livre un spectacle poussif dans laquelle la soi-disante loufoquerie vire à la caricature malgré des comédiens de haut-vol, Vincent Dedienne et surtout Jean-Claude Bolle-Reddat.

Nadja Pobel | Mardi 9 octobre 2018

Ervart en pleine confusion

Tout commence pourtant bien. Nous sommes, nous annoncent des projections de texte, à la fois à Turin entre 1888 et 1889 avec Nietzsche mais aussi à Paris en 2001, post 11-Septembre. Deux pôles, deux récits auxquels se cognent des comédiens anglophones de la deuxième situation comprenant vite qu'ils se sont trompés de pièce. Ce décalage immédiat avec l'objet théâtral est non seulement comique mais aussi jubilatoire : bienvenue dans les arcanes de la fabrication du spectacle ! Rideau de velours rouge, portes mobiles sur roulettes, humour noir sur des enfants traités comme des bêtes et délire d'Ervart qui, fou de jalousie, mitraille à tout-va. Il attaque un peuple dont l'absence physique sur scène est remarquée par une comédienne qui cherche du travail (!). Labiche est à peine entrevu que déjà la pièce le dépasse et fait la jonction avec notre époque (les attentats ne sont pas loin). Prometteur. Ervart ou la finesse au placard Problème : le rythme de cette création, née la semaine dernière à la Comédie de Saint-Étienne et bientôt en place au Rond-Point à Paris, s'essouffle très rapidement dans des scènes surlignées voire grossières. Ervart (D

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Une saison à la Villa

Villa Gillet | Toujours aussi éclectique dans ses choix littéraires et scientifiques et exigeante dans ses thématiques, la Villa Gillet inaugure une saison de rencontres qui s'annonce aussi dense que passionnante.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Une saison à la Villa

Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de saison – comprendre, hors Assises Internationales du Roman et La Chose Publique. Cela avait débuté avec un prolongement haïtien du Festival America et se poursuit dès ce mercredi 3 octobre avec le premier volet de rencontres intitulées Le Temps de... On commence donc avec Le Temps du temps à l'Institution des Chartreux le 9 octobre où les toujours passionnants physicien et historien Étienne Klein et Patrick Boucheron, qu'on ne présente plus, se demanderont, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la revue Tenov'a, ce qu'est le temps et si simplement nous en avons la moindre idée. Le cycle se poursuivra le 9 novembre au Grand Amphi de l'Université Lyon 2 avec les écrivains Philippe Sands (Retour à Lemberg, Albin Michel) et Javier Cercas (Le Monarque des Ombres, Actes Sud) pour Le Temps de la Mémoire sur les liens qu'entretienne

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Astre déchu : "Un Peuple et son roi"

Le Film de la Semaine | Dans cette fresque révolutionnaire entre épopée inspirée et film de procédure, Schoeller semble fusionner Versailles et L’Exercice de l’État, titres de ses deux derniers long-métrages de cinéma. Des moments de haute maîtrise, mais aussi d’étonnantes faiblesses. Fascinant et bancal à la fois.

Vincent Raymond | Lundi 24 septembre 2018

Astre déchu :

1789. La Bastille vient de tomber, et le Roi quitte Versailles après avoir signé la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen soumise par l’Assemblée. Dans les rues de Paris, la famille d’un souffleur de verre est portée par ce vent d’espérance. Et si le peuple avait enfin voix au chapitre ? Moment clef de notre histoire, tournant civilisationnel du fait de sa résonance sur les nations voisines, de son potentiel dramatique et de ses conséquences contemporaines, la Révolution française constitue un morceau de choix pour tout amateur de geste épique, de combats d’idées et d’élans tragiques. Filmer l’exaltation d’une guerre civile éclatant sous l’auspice des Lumières et la conquête de la liberté par le peuple a déjà galvanisé Gance, Guitry ou Renoir. Comme eux, Schoeller rallie ici la quintessence des comédiens de son époque : le moindre rôle parlé est donc confié à un ou une interprète de premier plan. Le défilé en est étourdissant, mais pas autant que celui des députés ayant à se prononcer par ordre alphabétique de circonscription et à haute voix sur la mort de Louis XVI dans une séquence aussi édifiante que ca

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Laurent Gutmann : « je suis prêt à l'aventure »

ENSATT | À peine est-il arrivé dans les murs de l'ENSATT qu'il dirigera pendant au moins cinq ans, que le metteur en scène Laurent Gutmann nous accordé le temps d'évoquer ses projets pour cette école nationale supérieure, la seule à réunir tous les métiers du théâtre.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Laurent Gutmann : « je suis prêt à l'aventure »

Vous êtes metteur en scène et avez dirigé des ateliers dans différentes écoles nationales de théâtre (Paris, Montpellier, Cannes, Lyon aussi). Qu'est-ce qui vous a poussé à candidater ? Laurent Gutmann : J'ai une activité de metteur en scène depuis 24 ans qui se nourrit depuis une bonne quinzaine d'années d'une activité de pédagogue. Ça s'est fait comme ça. Je n'avais pas vraiment de projet de pédagogie et de fil en aiguille, ça a pris pas mal de place dans ma vie d'artiste et j'ai été amené il y a quelques années à diriger un CDN (centre dramatique national) en Lorraine, à Thionville. J'ai cette expérience de direction de théâtre. C'est très riche mais je n'avais pas le désir de le poursuivre à ce moment de ma vie. Je ne me suis pas dit qu'un jour j'avais envie de diriger une école de théâtre mais il se trouve que je suis intervenu à l'ENSATT (NDLR, en a résulté le spectacle Égaux avec les élèves de 3e année en 2016) ce lieu m'est apparu comme une sorte d'école idéale, de rêve de théâtre et je me suis dit que finalement je pense, qu'en tant que metteur en scène, c'est aujourd’hui plus dans une école de cette nature-là que dan

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Au Zola et au Pathé Bellecour, de nouveaux directeurs

Cinéma | Rentrée rime avec nouveautés. Dans les cinémas lyonnais également, où l’été a donné lieu à quelques métamorphoses ou modifications. Dans les salles comme en coulisses…

Vincent Raymond | Lundi 3 septembre 2018

Au Zola et au Pathé Bellecour, de nouveaux directeurs

L’arrivée de la 4DX dans la salle 10 n’est pas le seul changement d’envergure au Pathé Bellecour. Après cinq années passées à la tête du cinéma historique de la rue de la République, Candice Pelletier a été promue à Paris à la salle des Fauvettes. Et c’est Fabien Lécureuil, actuellement en poste à Rouen, qui devrait lui succéder le 17 septembre prochain. Ce directeur de 32 ans formé à la FEMIS continue d’incarner la volonté de rajeunissement des équipes du groupe, après l’arrivée de Serge Morel au Pathé Vaise début 2017. Zola repart au combat Du côté du Zola de Villeurbanne, c’est une imposante page qui s’est tournée avec le départ du directeur général du cinéma et des festivals Laurent Hugues, après un bail de 23 ans. Pour lui succéder, l’Association pour le Cinéma gérant ce monoécran municipal a choisi un professionnel à la fois jeune, expérimenté et familier des lieux. À 35 ans, Oli

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Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Journalisme | Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 30 août 2018

Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et conférences. Le jeudi 29 novembre seront ainsi conviés autour du thème de l'enquête et de l'immersion Florence Aubenas et Ted Conover. Grand reporter pour Le Monde, Florence Aubenas est l'une des journalistes les plus en vue en France actuellement. L'Américain Ted Conover est lui un spécialiste de l'immersion au long cours, s'étant fait embaucher comme gardien de prison à Sing Sing pour l'ouvrage Newjack. La rencontre aura lieu au Grand Amphi de l'Université de Lyon.

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Laurent Gutmann, nouveau directeur de l'ENSATT

Nomination | C'est officiel depuis ce mardi 28 août : Laurent Gutmann a été nommé à la direction de l'École Nationale des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT, Lyon 5e) (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 août 2018

Laurent Gutmann, nouveau directeur de l'ENSATT

C'est officiel depuis ce mardi 28 août : Laurent Gutmann a été nommé à la direction de l'École Nationale des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT, Lyon 5e) pour cinq ans. Il succède à Thierry Pariente qui aura occupé cette fonction durant neuf ans et qui a célébré cette année les vingt ans d'implantation de cette école (auparavant implantée rue Blanche) à Lyon. Laurent Gutmann est un metteur en scène, récemment passé au Théâtre de la Croix-Rousse avec Le Prince d'après Machiavel (en 2015) et Victor F d'après Mary Shelley (en 2017). Depuis la création de sa compagnie, le Théâtre Suranné, en 1994, il a monté plus d'une vingtaine de pièces. En 2004, il prend la direction du Théâtre Populaire de Lorraine qui devient Centre Dramatique de Thionville-Lorraine puis obtient la labellisation CDN en janvier 2009. Depuis 2009, sa compagnie se nomme La Dissipation des brumes matinales. À l'ENSATT, il avait déjà dirigé, en 2016, la 75e promotion pour le spectacle Égaux d'après De la démocratie en Amérique de Tocqueville. Il a déjà dirigé de nombreux ateliers à l

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Patricia Mazuy : « il faut garder John Cale sur les rails sans l’empêcher de partir ailleurs »

Paul Sanchez est revenu ! | Avec sa franchise bienvenue, la trop rare réalisatrice de "Saint-Cyr" ou "Sport de filles" évoque la conception de son thriller et tout particulièrement sa troisième collaboration avec l’ancien du Velvet Underground, compositeur de la bande originale de "Paul Sanchez est revenu !".

Vincent Raymond | Mardi 24 juillet 2018

Patricia Mazuy : « il faut garder John Cale sur les rails sans l’empêcher de partir ailleurs »

Est-ce l’affaire Dupont de Ligonnès en particulier qui vous a inspirée ? Patricia Mazuy : Je me suis surtout intéressée à une boulimie de Faites en entrer l’accusé : dans quel état cela nous met quand on s’abandonne dans les faits divers les plus morbides qui soient ? On est content de se coucher après en se disant « c’est pas nous ! ». Ce qui est rigolo au cinéma, c’est que l’on pousse les choses à l’extrême, on va plus loin que dans le réel — le film n’est pas du tout naturaliste. C’était bien de travailler cette matière-là. Le film est très ancré dans le Var. Or peu de personnages, notamment parmi les gendarmes, ont l’accent du midi. Cela est-il voulu ? Absolument. Parce que les gendarmes sont souvent mutés, il fallait qu’on retrouve cela — seuls deux ou trois ont l’accent. Et je ne voulais pas tomber dans le syndrome Gendarme de Saint-Tropez : on serait parti sur une autre piste, et on était certain de ne pas en sortir. Cela dit, quand j’étai

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Identification d’un homme : "Paul Sanchez est revenu !"

Policier | de Patricia Mazuy (Fr, 1h51) avec Laurent Lafitte, Zita Hanrot, Idir Chender…

Vincent Raymond | Mercredi 18 juillet 2018

Identification d’un homme :

Aux Arcs-sur-Argens, la gendarmerie a été informée qu’un meurtrier recherché depuis dix ans, Paul Sanchez, a été identifié dans un train. Volontariste, mais souvent gaffeuse, la jeune Marion se lance sur ce dossier dédaignée par ses collègues militaires. Et si elle avait raison d’y croire ? Cinéaste rare faisant parfois des incursions bienvenues devant la caméra (son tempérament pince-sans-rire y est hélas sous-exploité), Patricia Mazuy a toujours su animer des caractères atypiques, et tout particulièrement des francs-tireuses imposant leur loi à l’intérieur de cadres pourtant rigides : Peaux de vaches, Saint-Cyr ou Sport de filles étaient ainsi portés par des battantes qui, si elle n’étaient guère victorieuses, infléchissaient les règles. Marion la gendarme est du même bois, ce qui ne l’exonère pas d’une certaine maladresse la rendant plus attachante et réaliste. Dans ce thriller en forme de chasse à l’homme, davantage que la menace c’est l’omniprésence de la fragilité qui transparaît : la gendarmerie enregistre son lo

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Nuit de folie : "Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête"

Comédie | de Ilan Klipper (Fr, 1h17) avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux, Marilyne Canto…

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Nuit de folie :

Jamais remis d’avoir publié un roman encensé voilà vingt ans, Bruno traîne sa dépression, vivant en peignoir dans une colocation, lutinant sa voisine à l’occasion. Quand un jour débarquent à l’improviste famille, ami et une demoiselle, il n’imagine pas qu’on veut l’interner… Pour son bien. Inégale dans son rythme et dans sa forme — peut-être pour restituer le tempérament bipolaire de son héros — cette comédie a des allures de film court s’étant doté d’un prologue pour devenir un (tout juste) long-métrage. Ici chez lui comme sur scène, Laurent Poitrenaux s’y dénude volontiers pour meubler l’espace en soliloquant, se montrant tour à tour fragile, extraverti et inquiétant face à cet envahissement inquisitorial orchestré par une mère juive assez gratinée. On sombrerait dans l’anecdotique simple si Ilan Klipper n’avait l’idée avant le dénouement de dynamiter la structure de son récit en disséminant des flashes proleptiques, rappelant les éclats pulsatiles des étoiles de son

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Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Tomorrowland | Alors qu'une nouvelle tribune, initiée cette fois par les grands festivals de musiques électroniques de tout le pays, demande aux élus d'être plus attentifs à l'écosystème français, Florence Verney-Carron, vice-présidente à la culture de la Région, a tenu à s'exprimer au sujet de la fronde des acteurs culturels locaux face à la subvention accordée au festival belge Tomorrowland.

Sébastien Broquet | Mardi 3 avril 2018

Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Au tour des festivals de musiques électroniques de l'ensemble du pays de réagir à l'arrivée de Tomorrowland à l'Alpe d'Huez. Une tribune est parue via le magazine Trax, signée par tous les grands acteurs de la techno et de ses dérivés, parmi lesquels Nuits sonores, Weather Festival, Astropolis, Positive Education à Saint-Étienne, Tapage Nocturne et bien sûr Holocène, directement impacté puisque se déroulant à Grenoble à la même période que l'événement hivernal de la franchise belge. « Si nous voulons faire face à l'hégémonie des multinationales du divertissement qui s'implantent en France et se livrent une guerre à coups de millions d'euros, et préserver notre patrimoine culturel, il serait judicieux que les institutions, au-delà de leurs engagements verbaux, soutiennent le développement de nos acteurs des musiques électroniques qui travaillent d’arrache-pied à créer de la valeur et n’ont pas pour seul objectif le profit et la sati

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Tomorrowland : Laurent Wauquiez rétropédale (en partie)

Toujours 400 000 euros, mais sur le budget tourisme | Les services culturels de la Région ont reçu hier les représentants du milieu de la culture pour déminer le front de protestation s'étant érigé face à l'annonce de Laurent Wauquiez de vouloir subventionner à hauteur de 400 000 euros le festival commercial Tomorrowland.

Sébastien Broquet | Jeudi 22 mars 2018

Tomorrowland : Laurent Wauquiez rétropédale (en partie)

La mobilisation de plusieurs acteurs régionaux des musiques actuelles n'est pas restée lettre morte du côté de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les services de la Région ont annoncé hier à leurs représentants que le budget culture ne serait finalement pas impacté par l'arrivée du festival belge Tomorrowland : Notre région peut se réjouir d’avoir réussi à capter un évènement d’envergure internationale. C’est la raison pour laquelle ce festival sera porté sur les délégations tourisme et économie. Le budget culture ne sera pas impacté. a précisé aujourd'hui jeudi 22 mars la Région dans un nouveau communiqué, à rebours du précédent, envoyé le vendredi 9 mars, dans lequel le président était alors très clair sur "l'ambition culturelle" du projet : « Tomorrowland Winter sera un événement culturel majeur du ca

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Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Tribune Libre | Le vendredi 9 mars, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et son président Laurent Wauquiez ont annoncé fièrement que Tomorrowland, l'un des plus gros festivals du monde basé à Anvers, installerait du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez (Isère). Et ce avec 400 000 euros de subvention. Une décision politique à laquelle ont souhaité réagir de nombreux acteurs culturels régionaux évoluant dans les musiques actuelles par la tribune que voici.

La rédaction | Vendredi 16 mars 2018

Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Nous, acteurs culturels étiquetés "musiques actuelles" de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tenons à réagir au communiqué de presse annonçant l’accueil de la première édition du Tomorrowland Winter 2019 à l’Alpe d’Huez, ainsi que la participation financière de la Région à ce projet, pour un montant de 400 000 €. Face aux difficultés rencontrées par un nombre croissant de structures de notre secteur depuis quelques années, nous sommes stupéfaits par cette annonce. Nombre d’équipes ont en effet vu diminuer voire disparaître leurs financements régionaux (essentiellement via la suppression des financements liés aux contrats de développement durable Rhône-Alpes), impactant leur activité, lorsque cela ne l’a pas stoppé net. Les conséquences économiques et culturelles sont lourdes, mais la Région n’a jusqu’alors pas réagi aux conséquences de ses décisions. Nous participons au rayonnement de notre région Parallèlement, nous voyons fleurir la communication autour de la « préférence régionale » partout sur no

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À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

Littérature jeunesse | Deux jours de festivités autour de la littérature jeunesse avec une cinquantaine d’invités en dédicace, des spectacles, des contes et des ateliers sur le thème de l’autre et de l’accueil : c'est la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne.

Lisa Dumoulin | Mardi 20 mars 2018

À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

“Bienvenue !” : c’est le thème du festival cette année. Un accueil chaleureux et bien sûr un peu particulier, puisqu’il se positionne en résonance avec notre actualité, celle des mouvements migratoires importants qui confrontent les territoires à la question de l’accueil. Ainsi la cinquantaine d’auteurs, illustrateurs et scénaristes invités se proposent pendant deux jours d’ouvrir le débat sur l’acceptation de l’autre, l’accueil de la différence et d’inviter le public à réfléchir autour de l’altérité. Gérard Picot, le directeur artistique, explique : « Dire bienvenue ! c’est ouvrir notre propre porte. C’est faire fi de notre peur de l’autre nourrie de notre méconnaissance, que l’on ne fasse pas de son voisin un intrus, mais une possibilité de rencontre. » Ainsi les associations Terre d’Hommes et Singa (dispositifs de mise en relation entre les personnes réfugiées et leur société d’accueil) participent à la fête à travers notamment l’exposition Encrages, des illustrations originales sur les thèmes de l’exil et de l’enfance. Rayons expos toujours, des

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Wauquiez s'extasie pour Tomorrowland

400 000 euros pour le festival belge | Tomorrowland, l'un des plus gros festivals du monde basé à Anvers, installera du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez, largement subventionnée par la Région à hauteur de 400 000 euros.

Sébastien Broquet | Vendredi 9 mars 2018

Wauquiez s'extasie pour Tomorrowland

C'est par un communiqué de presse de la Région que l'on apprend ce vendredi 9 mars l'arrivée à l’Alpe d’Huez d'une version hivernale du festival Tomorrowland. Ce festival accueille chaque année depuis 2005 à Boom, dans la province d’Anvers en Belgique, plus de 400 000 festivaliers. À l'Alpe d'Huez, 30 000 personnes sont attendues. Laurent Wauquiez, qui rêvait de son grand festival (au départ, de rock, comme l'avaient révélé nos confrères de Lyon Capitale) accueille donc la grande foire de l'eurodance et ce en grande pompe : 400 000 euros de subvention vont être alloués à ce festival, ce qui fait de la Région son premier financeur public, « une participation inédite » dixit la Région elle-même. Ce qui démontre aussi l'incapacité du président de Région de monter ou de prendre part à un projet original, l'Alpe d'Huez s'étant portée candidate pour importer ce festival très commercial, qui avait déjà lancé des éditions au Brésil ou aux États-Unis en joint-venture avec des industriels américains du divertissement, SF

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