Didi-Huberman, un autre regard sur l'art

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 mai 2015

Né en 1953 à Saint-Étienne, enseignant à l'EHESS à Paris, Georges Didi-Huberman est l'une des figures les plus importantes de la philosophie et de l'histoire de l'art.

Dans ses ouvrages (une bonne quarantaine !), il alterne réflexions singulières sur l'image et petits essais plus concis sur des artistes contemporains. Dans l'un de ses derniers livres, Essayer voir, consacré aux artistes Miroslaw Balka et James Coleman (dont le Musée d'art contemporain de Lyon conserve une installation importante), Georges Didi-Huberman poursuit sa pensée nomade à la croisée d'influences aussi diverses que le "montage littéraire" de Walter Benjamin, la psychanalyse, la figure méconnue du critique d'art Aby Warburg, la philosophie de Giogio Agamben, les récits de Samuel Beckett...

Essayer voir est d'ailleurs un emprunt à «l'essayer-dire» de Beckett dans Cap au pire. Ni application de concepts logiques, ni intuition mystique irrationnelle, penser et écrire à partir (ou sur) des images selon Georges Didi-Huberman c'est «accepter, devant l'image, de perdre les repères de nos propres mots. Accepter l'impouvoir, la désorientation, le non-savoir. Mais c'est là, justement, que réside une nouvelle chance pour la parole, pour l'écriture, pour la connaissance et la pensée elles-mêmes.» La puissance des images ouvre la possibilité de mots nouveaux.

Jean-Emmanuel Denave

Georges Didi-Huberman
Aux Subsistances dimanche 31 mai à 16h30


Puissance des images, pouvoir du langage

Avec Georges Didi-Huberman
Les Subs 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Didi-Huberman, les remous d'une pensée

Histoire de l'Art | À l'occasion de la sortie d'un livre d'entretiens, l'historien de l'art Georges Didi-Huberman sera de passage à Lyon cette semaine, à la librairie Michel Descours.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 décembre 2019

Didi-Huberman, les remous d'une pensée

À la lecture des entretiens de Georges Didi-Huberman avec Philippe Roux, nous apprenons (tant il est utilisé par l'un et l'autre) un nouveau verbe : géminer, qui signifie notamment doubler, multiplier par deux... Pour l'historien de l'art, il s'agit toujours de cela : de voir au moins double, de penser double, net et flou, près et loin, vers le passé et vers l'avenir, à même la matière des images et avec le recul du théorique... Il s'agit chez lui de déceler des gestes d'air jusque dans la pierre, des soulèvements dans la lenteur ou le figé, des survivances actuelles ou nouvelles dans les images du passé. Et ce, dans d'innombrables livres sur l'image en général, ou sur Pasolini, Pierre Fédida, Jean-Luc Godard, Georges Bataille, Fra Angelico, et tant d'autres. Avec pour guides quelques auteurs fétiches comme Kafka, Aby Warburg, Ernst Bloch, Baudelaire et, surtout, Walter Benjamin qui, selon Didi-Huberman, propose « un tout autre modèle de l'origine, voire de

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Survivances des images à l'ENSBA

Art Contemporain | À l’École des Beaux-Arts, un groupe de chercheurs et d’artistes explore la consistance mémorielle et temporelle des images à travers des œuvres et des créations. Une approche singulière de la recherche.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 novembre 2019

Survivances des images à l'ENSBA

Autour de Bernhard Rüdiger, plasticien et enseignant à l’École des Beaux-Arts de Lyon, un petit groupe de chercheurs et d’artistes travaille sur les liens entre art contemporain et temps de l’histoire. L’originalité de ce groupe est de mener ses recherches à travers des allers-retours constants entre théorie et création. La théorie insuffle des idées d’œuvres, la création fait rebondir ou se redéployer la théorie. Et depuis quelques années, le groupe produit tout à la fois des expositions (comme autant d’étapes de recherche) et des livres… Le groupe s’inscrit dans l’héritage des historiens de l’art Aby Warburg ou Georges Didi-Huberman (qui sera présent le 11 décembre à la galerie Descours pour une conférence), et de leur idée d’une survivance attenante à chaque image : une image n’est pas seulement une représentation, elle est aussi et avant tout l’entrelacs d

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Un AIR de famille

CONNAITRE | Dépression, remise en question, deuil, dysfonctionnement familial, rapport compliqué à son pays natal, et parfois tout cela à la fois : à travers les personnages de leur roman, une bonne partie des auteurs de cette édition des assises se pose la question frontale de savoir ce qui est universellement pourri au royaume de l'être humain ; et que la littérature pourrait, peut-être, résoudre. Ces cinq-là en particulier.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 mai 2015

Un AIR de famille

Céline Curiol «Agglutinés à mon désarroi, mes mots, des mots qui ne tranchaient rien, ne séparaient rien, ne créaient rien. Seulement s'enchaînaient. Et avec eux moi. Qu'ils pétrifiaient.» Le 15 août 2009, Céline Curiol sombre dans une grave dépression dont, avec le recul, elle nous livre aujourd'hui l'expérience douloureuse (Un quinze août à Paris, Actes Sud) et les cheminements difficiles (notamment sur le plan familial) pour s'en sortir, toutes ces «maintes petites luttes, maintes résistances, maintes attentions.» La dépression est aussi ici une traversée, une mutation, la quête d'une nouvelle identité : «Cet autre, c'est en moi qu'il fallut le trouver» écrit-elle. Jean-Emmanuel Denave Au Centre hospitalier Le Vinatier jeudi 28 mai à 18h30 Aux Subsistances vendredi 29 mai à 15h30 Aux Subsistances dimanche 31 mai à 11h

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Jorge Volpi : «Les invisibles sont les puissants»

CONNAITRE | Dans une saga familiale romanesque époustouflante, "Les Bandits", dont l'anti-héros partage son nom, le Mexicain Jorge Volpi dresse l’histoire récente du capitalisme, des accords de Bretton Woods à la chute (mais pas la mort) des financiers sans vergogne, où les mensonges n’ont pas tous la même valeur. Entretien, avant sa venue aux Assises Internationales du Roman de la Villa Gillet. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 26 mai 2015

Jorge Volpi : «Les invisibles sont les puissants»

Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir ce vaste sujet qu'est l’histoire récente du capitalisme aux États-Unis ? Jorge Volpi : Il y a trois origines diverses à l’écriture de ce roman. La première est un peu autobiographique, car en 2007-2008, quand j’ai vu la chute de Lehman Brothers, je me suis rappelé de toutes les crises que moi, Mexicain, ai subi quand j’étais petit. Je suis né à Mexico en 1968 et ma génération a expérimenté cinq crises pareilles à celle-ci. Je me souviens très bien de la crise de 1976 et surtout de celle de 1982. Elle a complètement changé le niveau de vie de ma famille et, en général, de la classe moyenne du Mexique. Mon père était médecin mais travaillait, comme il a toujours voulu le faire, pour la sécurité sociale. Nous avions une vie assez normale. Ensuite, ça a été beaucoup plus dur et c’est devenu impossible d’aller au restaurant, en vacances ; ma mère a commencé à travailler aussi, etc. À partir du moment où j’ai vu le déclenchement de la crise de 2008, je me suis dis que je devais essayer de comprendre ce qui se passe dans ce type d'événement, comment ça marche, qui sont les vrais responsables.

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Les rendez-vous de la création contemporaine #91

ARTS | Podcast / De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques.

Dorotée Aznar | Mercredi 4 janvier 2012

Les rendez-vous de la création contemporaine #91

Date de première diffusion:  4 Janvier 2012Emission n°91Durée: 30’52 minInvité: Clément Rodzielski, artiste. Contenu: De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Il s’agit d’une opportunité de découvrir la démarche d”un artiste qui agit loin de la facilité.   Chroniques: Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques. Liens utiles: Site web de la galerie française de C. Rodzielski, la galerie Chantal Crousel. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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