L'été selon les Subsistances : viande, pétanque et théâtre

Benjamin Mialot | Mardi 2 juin 2015

Au moment de la sortie en salles du documentaire Steak (R)évolution, dont il est l'un des principaux protagonistes, le boucher Yves-Marie Le Bourdonnec nous confiait son désarroi face à l'incapacité de la filière de la viande française à intégrer les enjeux sanitaires et environnementaux actuels dans ses modes de production. Une critique entendue du côté des Subsistances, où se tiendra dimanche 7 juin "Meat me", une opportune journée de réflexion (et de dégustation !) autour de notre rapport à la chair animale animée par nos camarades de Rue89Lyon.

Elle donnera au passage le coup d'envoi du traditionnel temps fort estival des Sub', Livraisons d'été, qui courra cette année jusqu'au 27 juin. Entre une partie de pétanque autour d'un éphémère "Bar des sports", un concert du phénoménal beatboxer de rue Dub FX (le 18) et une carte blanche aux jeunes danseurs du CNSMD (25 et 26), on pourra notamment y découvrir le dernier spectacle d'un autre collectif aux dents longues (Les Chiens de Navarre, on vous en reparle le moment venu, soit du 10 au 13) et la toute nouvelle création de David Bobée (qui fait suite à un Lucrèce Borgia où il confondait trop souvent intensité et démonstration), un portrait de sapeur congolais épousant les contours de Paris (du 9 au 13).

Benjamin Mialot

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"Apnée" : Les Chiens de Navarre ne manquent pas d’air

ECRANS | de Jean-Christophe Meurisse (Fr, 1h29) avec Céline Fuhrer, Thomas Scimeca, Maxence Tual…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Deux hommes et une femme pénètrent dans une mairie en robe de marié-e pour convoler ensemble. L’élu, excédé, leur signifiant que « ce n’est pas encore possible », ils partent alors à la poursuite de chimères, se heurtant au passage à diverses contingences du réel… Au générique, le trio fait du patin à glace avec pour seule tenue des masques de lucha libre, avant de barboter dans une baignoire placée dans la vitrine d’un magasin. Rien n’effraie la compagnie théâtrale Les Chiens de Navarre dans ce collage aussi inégal que foutraque : les séquences s’enchaînent comme des petites saynètes indépendantes, selon les règles souples du coq-à-l’âne et au gré d’une fantaisie absolue. À croire que le film a été fabriqué en semi-impro durant les périodes de vacances de la troupe, comme une récréation. Cela ne gâche pas sa fraîcheur, mais en fait un objet relativement anodin, car convenu dans sa forme — Apnée n’est pas À bout de souffle non plus, si vous voyez la fine allusion. Mentions spéciales toutefois à quelques idées rigolotes post-surréalistes (tel le Christ décrucifié incapable de marcher

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Fellag, invité d'honneur aux Nuits de Fourvière 2017

Nuits de Fourvière | Bilan positif pour les Nuits de Fourvière, malgré une fréquentation en baisse : 136 000 spectateurs se sont déplacés pour cette édition 2016, il est vrai perturbée (...)

Sébastien Broquet | Lundi 15 août 2016

Fellag, invité d'honneur aux Nuits de Fourvière 2017

Bilan positif pour les Nuits de Fourvière, malgré une fréquentation en baisse : 136 000 spectateurs se sont déplacés pour cette édition 2016, il est vrai perturbée plusieurs fois par la pluie (voire le déluge, lors de l'Éclat Final en compagnie de Celso Piña et Danyel Waro). Côté artistique, c'est une réussite : de la création autour de Moondog au cirque débridé des frères Forman, en passant par les émouvants et toujours aussi classe Tindersticks, ou encore la très réussie

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Le Paris de David Bobée

SCENES | J-5 de la première. David Bobée nous ouvre les portes de sa future création. D'emblée Paris séduit par sa scénographie, qui transforme en un tour de (...)

Nadja Pobel | Mardi 9 juin 2015

Le Paris de David Bobée

J-5 de la première. David Bobée nous ouvre les portes de sa future création. D'emblée Paris séduit par sa scénographie, qui transforme en un tour de passe-passe vidéo l'espace de jeu tantôt en studio tantôt en rue. Intérieur/extérieur. Un personnage se balade entre les deux. Son métier ? Éboueur. Ou plutôt, comme il le dit, «chauffeur » de camion poubelle – ses gars, eux, sont des «ripeurs», du nom de la société qui les emploie. Le reste du temps, dans le secret d'un 17 m² d'où il contemple les lueurs de la capitale, il s'invente une autre vie à grands renforts de fringues de marques. Car Parfait, c'est son nom – et celui d'un personnage du roman Mélo de Frédéric Ciriez, dont Bobée adapte ici une partie – est sapeur, ces dandys congolais pour qui l'élégance est affaire de couleurs éclatantes. Á l'heure des répétitions, ce ne sont pas ces scènes-là que l'on verra, mais la Ville Lumière. Peu reluisante, elle défile à toute allure, tandis que de l'autoradio s'échappent des bribes d'un quotidien en pilote automatique, des petites révoltes de Léa Salamé aux logorrhées de Jean-Marie Le Pen. Dans cet espèce de

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Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

SCENES | Il y a dix ans, Pierre Cartonnet enfreignait les lois du cirque avec Aurélien Bory. En octobre, il mettait dans sa poche le jury pro du festival de L'Espace Gerson. Cette semaine, il donne la réplique à Béatrice Dalle dans l'éclaboussant "Lucrèce Borgia" de David Bobée. Portrait d'un comédien qui a tant de cordes à son arc qu'il pourrait en jouer comme d'une harpe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 11 novembre 2014

Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

Mâchoire carrée (limite cubique), musculature de modèle anatomique, pupilles qui paraissent insoumises aux facteurs de dilatation : Pierre Cartonnet dégage la même sévérité juvénile que les vicieuses petites frappes de Dog Pound. Reste qu'il ne survivrait sans doute pas plus de quelques jours dans un établissement pénitentiaire tel que celui dépeint par le film de Kim Chapiron. Car sous les signes extérieurs de virilité bat le cœur d'un grand sensible. Un cliché ? Certes, mais un cliché flou, le gaillard se mouvant à toute vitesse et dans nombre de directions à la fois. Délit de belle gueule Il fallait le voir, au sortir du tremplin du dernier festival de l'Espace Gerson, admiratif du talent de concurrents qu'il venait pourtant de mettre à l'amende – avec une variation joliment lunaire sur le sketch de l'humoriste foireux – et accueillant les compliments comme on reçoit des remontrances. Sans doute un vieux réflexe : «J'ai eu une adolescence difficile. J'étais en échec scolaire dès la fin du collège et je cherchais une échappatoire. Je pratiquais déjà le cirque en loisir. J'ai appris qu'il existait des formations professionnalisant

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«Une démesure géniale !»

SCENES | Figure historique mythique, Lucrèce Borgia fut immortalisée en 1833 par Victor Hugo dans une pièce éponyme. Un incontournable du répertoire auquel se confronte tout l’été le metteur en scène David Bobée, non sans offrir à Béatrice Dalle son premier rôle sur les planches. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur ce projet très attendu qui verra le jour en plein air, à Grignan, devant la magnifique façade du château. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 juin 2014

«Une démesure géniale !»

Pour interpréter Lucrèce Borgia, fille du cardinal espagnol et futur pape Rodrigo Borgia, vous avez fait appel à Béatrice Dalle. Ce choix a-t-il tout de suite été une évidence ?David Bobée : Pour monter Lucrèce Borgia, il me fallait une actrice qui ait le charisme, la séduction et la capacité à fasciner nécessaires au rôle ; et en même temps une part de dangerosité, de monstruosité... J’ai choisi la plus belle et la plus dangereuse. Béatrice, avec ses choix de carrière, de vie et sa personnalité entière, s’est tout de suite imposée. Elle s’essayera là au théâtre pour la première fois...Je choisis de travailler avec des personnes pour ce qu’elles sont, parce que je les aime et que j’ai envie d’offrir au public le regard que je porte sur elles. Je me moque de savoir si elles savent faire ci, si elles ont déjà fait ça... Il n’y a pas de différences pour moi entre donner le rôle de Lucrèce Borgia à Béatrice, qui est actrice de cinéma – donc actrice tout court– et travailler avec des personnes qui viennent de cultures différentes ou de disciplines différentes comme le cirque, la danse, la musique...

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Love story

SCENES | En 2010, il avait transposé Hamlet dans une morgue. Cette fois, le metteur en scène David Bobee s’attaque à Roméo & Juliette. Toujours la même volonté chez (...)

Dorotée Aznar | Lundi 10 septembre 2012

Love story

En 2010, il avait transposé Hamlet dans une morgue. Cette fois, le metteur en scène David Bobee s’attaque à Roméo & Juliette. Toujours la même volonté chez lui de transposer Shakespeare ici et maintenant. Pour ce faire, il ne considère pas le texte comme un objet sacré mais comme un matériau mouvant, qui prend sa forme par une écriture au plateau. Comme un miroir inversé d’Hamlet, Bobee a imaginé Roméo & Juliette dans une scénographie métallique, cuivrée, dorée, baignée de lumière. On peut faire confiance à sa capacité à travailler sur l’image et à faire se rencontrer sur un même plateau des acteurs, des danseurs et des acrobates. Roméo & JulietteAux SubsistancesDu jeudi 13 au samedi 22 septembre

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Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

SCENES | 15e Biennale de la danse et première biennale sans Guy Darmet, son fondateur, mais sous la houlette de Dominique Hervieu. Pour son premier opus très attendu, la chorégraphe a mis l'accent sur la création (une vingtaine environ) et poursuit par ailleurs l'esprit d'ouverture défini par son prédécesseur. Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mardi 10 avril 2012

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

En septembre, sur une période plus resserrée, la 15e Biennale de la danse proposera un panel large de «toutes» les danses : du hip-hop de la Cie Käfig ou de Mortal Combat au néoclassicisme de Jiri Kylian (reprise de One of a kind par le Ballet de l'Opéra), en passant par le buto japonais (Ushio Amagatsu de la célèbre Cie Sankai Juku créera une nouvelle pièce à l'Opéra), les danses balinaises de la Troupe des artistes de Sebatu s'inspirant d'Antonin Artaud, les chorégraphies très plasticiennes de Rachid Ouramdane, la danse engagée et survitaminée de la sud-africaine Robyn Orlin, le flamenco puissant et radical du génial Israel Galvan, un spectacle du Ballet Preljocaj s'inspirant d'un écrit de Laurent Mauvignier, un solo concocté par le sulfureux Jan Fabre ou l'imagerie baroque de Philippe Decouflé... Comme à l'accoutumée et pour

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Puissance deux

SCENES | Cirque / Parallèlement à Cannibales, les complices David Bobée et Renan Chéneau présentent Warm, performance circassienne où deux équilibristes tentent de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 12 juin 2008

Puissance deux

Cirque / Parallèlement à Cannibales, les complices David Bobée et Renan Chéneau présentent Warm, performance circassienne où deux équilibristes tentent de poursuivre leurs figures en résistant à une chaleur insupportable, tandis qu’une comédienne susurre à leurs oreilles bouillies un texte lui-aussi très «hot» ! La torpeur qui s’intensifie progressivement émane d’un système de projecteurs, appelés «pars», produisant une lumière virant vers le blanc. Alexandre Fray et Frédéric Arsenault devront tenir sous les «sunlights» le plus longtemps possible, persévérer dans leurs désirs d’équilibres alors que tout les invite à l’abandon… Ces deux jeunes acrobates ont par ailleurs créé en 2005 leur propre compagnie (Un loup pour l’homme) et présentent dans le cadre des Intranquilles leur premier opus, Appris par corps. Une pièce enlevée et brut qui s’inspire des Météores de Michel Tournier, roman que l’académicien décrit lui-même comme l’essai «d’illustrer le grand thème du couple humain, et d’appliquer aux êtres et aux choses une grille de déchiffrement particulièrement instructive et pénétrante, celle du couple de jumeaux vrais». Dont acte : sur une scène circulaire blanche et vide, Alex

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On s’fait une bouffe ?

SCENES | Cirque et Théâtre / Nouvelles coqueluches du théâtre contemporain, David Bobée et Renan Chéneau présentent aux Subsistances Cannibales, pièce pluridisciplinaire, existentielle et… prometteuse ! Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 12 juin 2008

On s’fait une bouffe ?

Nés dans les années 1970, adolescents dans les années 1980 quand «Dorothée passe d’Antenne 2 à TF1» et avec «l’apparition des cracottes chez Heudebert», adultes dans les années 2000, ils constatent «que rester vautré, recroquevillé chez soi, avec la dernière livraison de Jack Bauer, saison 4, n’est finalement pas ce qui peut nous arriver de plus mal…»… Voilà où nous en sommes, voilà où ils en sont, eux, couple trentenaire petit-bourgeois habitant un appartement immaculé et quasiment décalqué d’un catalogue d’Ikéa. C’est dans cet intérieur qu’on les découvre, «Elle» et «Lui», et dans l’intimité de leurs discussions décousues à propos de sexe, de bonheur, de science, de politique, de tout, de rien, de pas grand chose, de ce qui reste… Dernier volet d’une trilogie qui peut se découvrir séparément, Cannibales a été écrite par Ronan Chéneau directement sur le plateau avec la complicité du metteur en scène David Bobée et de ses comédiens : «Mon travail d’écriture se fait au cœur même de la machine théâtrale, avec le travail, de la lumière et du son, le jeu, la mise en scène, pour être contaminé par eux, toujours proche du vivant, du présent. En période de création, j’écris et réécris san

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