Le Sucre met son queer

CONNAITRE | Le Sucre célèbre la culture queer en accueillant le festival Loud & Proud de la Gaieté Lyrique.

Benjamin Mialot | Mercredi 1 juillet 2015

Après deux Garçon Sauvage couronnées de succès, le Sucre passe à la vitesse supérieure en matière de reconnaissance de la culture queer en se faisant l'écho du festival Loud & Proud, organisé par l'hyperactive Gaieté Lyrique – dont le nom fait enfin sens.

Comme dans le cas du F.A.M.E. en avril, le programme des (ré)jouissances lyonnaises est évidemment une version downgraded de son grand frère parisien on aurait bien récupéré le concert d'Austra et l'atelier booty shake, notamment. Il n'en est pas moins prometteur.

On se félicite pour commencer de la venue de Didier Lestrade, co-fondateur d'Actup et du magazine Têtu – qui n'a pas toujours été un calendrier pour routier épilé, qu'on se le dise – qui, en amont de la release party du numéro d'été de nos amis d'Hétéroclite, s'attachera à mettre au jour les liens historiques qui unissent le monde du clubbing à la communauté LGBT.

Connaissant la qualité de ses chroniques nocturnes pour Libération (écrites tout au long des années 90 et compilées en 2010 chez Singulier), son intervention devrait être une parfaite introduction à ce qui suivra : la projection du documentaire-événement Tellement gay (visible sur Arte d'ici là), une performance du survolté Seth Bogart (le Hunx de Hunx and his Punx) ou encore un concert de Ssion (clippeur versé dans l'art coquin et catchy de la dance-pop à moustache Freddie Mercury).

Et, bien sûr, une nouvelle Garçon Sauvage "headlinée" par Zebra Katz, rappeur new-yorkais qui, sous ses airs de Grace Jones à chromosome Y, produit une espèce de minimal-hip-hop pour concours de voguing qui ne laisse pas de surprendre.

Benjamin Mialot

Loud & Proud
Au Sucre du jeudi 2 au samedi 4 juillet

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“Profession du père“ de Jean-Pierre Améris : complots de famille

Drame | Entre introspection et rétrospection, Jean-Pierre Améris s'approprie le roman autobiographique de Sorj Chalandon racontant une enfance face à un père mythomane. Une œuvre grave, complexe et cathartique, dominée par un Benoît Poelvoorde bipolaire tantôt exalté, tantôt féroce.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Profession du père“ de Jean-Pierre Améris : complots de famille

Lyon, 1961. Émile a un père formidable : parachutiste pendant la guerre, membre d’une armée secrète opposée à de Gaulle, fondateur des Compagnons de la Chanson… Las ! Rien n’est vrai et la mythomanie paranoïaque de cet homme tyrannique contamine dangereusement Émile… Il faut parfois aller au plus près de soi-même pour toucher à l’universel et au cœur des autres. Jean-Pierre Améris en avait fait l’expérience avec son film sans doute le plus intime à ce jour, Les Émotifs anonymes (devenu comédie musicale outre-Manche) qui évoquait avec une délicatesse à la fois désopilante et touchante l’enfer de sur-timidité. Étonnamment, effectuer un détour peut également permettre d’accéder à des zones plus profondes de son âme. C’est le cas ici où la transposition du roman homonyme de Sorj Chalandon dont l’essence autobiographique fait écho à l’enfance du cinéaste. La proximité générationnelle et le cadre lyonnais commun ont sans doute contribué à rapprocher les deux histoires pour aboutir à cet hybride semi-fictif : un film épousant le point de vue d’un fils et tenant au

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Summer Session : la flamme de danser

Le Transbordeur | Il n'y aura qu'une salle lors de cette Summer Session du Petit Bulletin – et d'ailleurs ce n'est pas une salle puisque c'est en plein air – mais quand (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 30 juin 2021

Summer Session : la flamme de danser

Il n'y aura qu'une salle lors de cette Summer Session du Petit Bulletin – et d'ailleurs ce n'est pas une salle puisque c'est en plein air – mais quand même trois ambiances bien distinctes. En ce 3 juillet, on retrouvera le folk ombrageux de Raoul Vignal qui se fera une joie discrète de venir poser un voile argenté sur le ciel d'été qu'on imagine déjà brûlant du côté du parvis du Transbordeur, généralement assez prompt à monter en température dès lors que les premiers rayons de soleil apparaissent. Mais aussi la transe électronisante et orientaliste de Taxi Kebab, croisement de chaâbi (le chant de Lea Jiqqir est en darija, l'arabe dialectal du Maroc, et c'est propice à l'envoûtement) et d'un genre d'électro-new wave qui en jetant des motifs glacés sur le sable – ou le béton – brûlant, provoque des poussées de sueur. Oriental, Murman Tsuladze l'est tout autant mais le trio est à chercher quelque part entre la mer Noire et la Caspienne (Georgie

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En salles : un été en famille

Cinéma | Bénéfice collatéral de sept mois de disette : il n’y aura pas de pénurie estivale dans les salles. Tout particulièrement pour les films parlant des familles ou à leur destination, et du désir de se libérer de son emprise sur un mode tragique, comique… voire les deux.

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

En salles : un été en famille

Variation multiple et ludique de Freaky Friday, Le Sens de la famille de Jean-Patrick Benes (30 juin) crée ainsi un chamboule-tout géant, où les esprits des parents, grands-parents et enfants naviguent dans les corps des uns et des autres sans fin pour une raison inconnue. S’ensuivent d’inévitables quiproquos glissant doucement vers un registre trash, changeant agréablement de l’injonction à faire de la comédie aseptisée. La fin qui ne résout rien permet (presque) de supporter le jeu de Dubosc — le seul à en faire des tonnes. Plus archaïque est la famille des Croods, une nouvelle ère, second opus signé Joel Crawford (7 juillet), revisitant dans une pseudo-préhistoire d’heroic fantasy aux couleurs criardes la querelle entre anciens et modernes, mâtinée d’un remix du Père de la Mariée et de Mon beau-père et moi. Là encore, le finale délirant offre un relief inattendu à ce qui semblait s’engager

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Raoul Vignal : « la guitare est mon piano à moi »

Summer Session | En vedette américaine (mais lyonnaise), la Summer Session du Petit Bulletin accueillera le 3 juillet au Transbordeur Raoul Vignal, qui a publié son troisième album Years in Marble, en mai dernier. Le songwriter et as du fingerpicking revient sur ce disque mais aussi son parcours, sa vision du folk et son cousinage avec Nick Drake.

Stéphane Duchêne | Mercredi 30 juin 2021

Raoul Vignal : « la guitare est mon piano à moi »

Comment décrirais-tu ta musique et ton attachement au folk ? Raoul Vignal : C'est clairement un genre que je rattache au passé. Ce que j'écoute comme folk, ce sont des choses d'il y a plusieurs décennies, les artistes qui m'ont permis d'entrer dans la composition et dans le jeu de guitare. Et peut-être que dans ma manière de l'interpréter, c'est mis au goût du jour avec les technologies actuelles, ce qui donne ce côté intemporel. Mais je ne cherche pas à ramener le genre dans le troisième millénaire, c'est plus une façon d'habiller ma guitare folk. Comment s'est faite ta rencontre avec la musique pop dans ta jeunesse et qu'est-ce qui t'a justement dirigé vers le folk en particulier au moment de développer ton projet solo ? C'est surtout passé par mon apprentissage de la guitare. J'ai commencé quand j'étais ado et ça m'a très rapidement gonflé, j'ai arrêté parce que la méthode d'apprentissage ne m'allait pas du tout. Être devant une partoche, apprendre les notes une à une, je ne voyais pas où était la musiq

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Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Summer Sessions | Retour des Summer Sessions le 1er juillet, avec en ouverture Pat Kalla & co. Hors d'œuvre d'une saison estivale qui s'annonce prometteuse aux abords extérieurs du Transbordeur.

Stéphane Duchêne | Lundi 14 juin 2021

Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Il était déjà revenu un peu timidement et reviendra sans doute encore bien plus fort mais voici que le live fait sa rentrée d'été au Transbordeur. En extérieur et selon la désormais bonne vieille tradition des Summer Sessions. Lesquelles fleurissent généralement avec le mois de juillet. Ouverture le 1er juillet donc avec Pat Kalla & le Super Mojo en release party du tout frais album Hymne à la vie, à la pochette (et musique) très Summer Session. Kalla qui sera accompagné ce soir-là du projet tout aussi solaire de Paola, Povoa et Jerge (appelez-les PPJ), trio né du confinement et dont le 1er EP vient de paraître. Un set encadré en ouverture du warm-up (où on fera chauffer les pneus, sauf qu'il n'y aura pas de pneus) d'Heavenly Sweetness Sound System (avec Hugo Mendez, fondateur du label Sofrito !) et du closing (c'est quand on ferme la soirée) dispensé par Pedro Bertho. Comme c'est l'ouverture, c'est gratuit (même si sur réservations, la cour du Transbo n'est pas extensib

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Stéphane Caruana : « Hétéroclite était un OVNI il y a quinze ans, ça l’est toujours aujourd’hui »

Média | En avril 2006, Renan Benyamina, Dorotée Aznar et Marc Renau (directeur de la publication du Petit Bulletin) lançaient Hétéroclite, le journal gay mais pas que. 10 000 exemplaires (le double aujourd’hui), pour rendre visible cette minorité. Sans aucune concession, avec sérieux et drôlerie aussi, ce gratuit fête en ce printemps ses quinze ans. Son rédacteur en chef Stéphane Caruana revient pour nous sur cette aventure hors du commun.

Nadja Pobel | Vendredi 30 avril 2021

Stéphane Caruana : « Hétéroclite était un OVNI il y a quinze ans, ça l’est toujours aujourd’hui »

Quand le premier numéro parait en avril 2006, ce journal était-il un OVNI dans le paysage de la presse ? Et comment le définir aujourd’hui ? Stéphane Caruana : C’était un OVNI il y a 15 ans, ça l’est toujours aujourd’hui. C’est une proposition unique en son genre dans le sens où il n’y a pas, en France, de gratuit LGBT+ avec un vrai contenu de qualité sur l’aspect culturel, un ancrage communautaire auprès des associations, des commerçants gay et lesbiens de Grenoble, Lyon, Saint-Étienne. Les autres publications gratuites sont généralement uniquement orientées vers un public d’hommes gay et ce sont des pages de pub avec un contenu réduit au strict minimum disponible dans les bars et les boites. Le journal a été complété par deux offres parallèles, Sissy et Out. Que recouvrent-elles ? Out a été proposé pour marquer le temps de la Marche des Fiiertés, distribué à ce moment-là. L’idée est d’avoir un support qui permette de trouver toutes les adresses des associations et commerces sur la ré

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Venin Carmin : pour Lucrèce

Post-Punk | Pour son deuxième album, "Constant Depression", publié en mai et disponible en vinyle, les filles de Venin Carmin conjuguent au post-punk la figure de Lucrèce, femme suppliciée que le viol a poussé au suicide. Et y puise une pulsion de vie.

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 septembre 2020

Venin Carmin : pour Lucrèce

Elle est seins nus, comme abandonnée : à l'amour, sans doute, au sexe, on imagine, à un homme, sûrement, la tête sur le côté, légèrement en arrière, les yeux clos. Oui, c'est bien une femme offerte que l'on voit, tout l'indiquerait si, sur la gauche du tableau, il n'y avait, on ne le voit pas tout de suite, le poignard dans sa main droite, dans l'ombre, qu'elle retourne contre elle, s'apprête à s'enfoncer dans ses entrailles que son autre main semble caresser. En un éclair, un coup de poignard, le temps d'un éclat de lumière sur la lame, Eros cède la place à Thanatos. La petite mort s'efface devant la grande. C'est donc en réalité à la mort que s'offre la jeune femme. Ce qu'on prend pour du désir est une résignation autant qu'un soulagement. Cette femme, c'est Lucrèce, "la Dame romaine", qui mit fin à ses jours après avoir été violée par Tarquin, au prétexte, s'il en fallait, qu'elle aurait aimé un esclave. C'est ce tableau de Guido Gannaci — le sujet fut traité par les plus grands peintres et é

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Chaussez vos talons aiguilles pour Le Sucre

Clubbing | C'est devenu un incontournable : la Garçon Sauvage du jour de l'an, au Sucre, affole les clubbeurs et clubbeuses d'une ville qui n'est désormais plus (...)

Sébastien Broquet | Mardi 17 décembre 2019

Chaussez vos talons aiguilles pour Le Sucre

C'est devenu un incontournable : la Garçon Sauvage du jour de l'an, au Sucre, affole les clubbeurs et clubbeuses d'une ville qui n'est désormais plus seule à profiter des fêtes aguicheuses de Plusbellelanuit depuis que le Rex Club à Paris où une seconde résidence s'est installée, que Montpellier et d'autres encore font appel à Chantal la Nuit et à son crew de drag queens sauvages pour illuminer leurs programmations. Alors, bien sûr, pour ce réveillon haut perché sur talons de 10cm, L'Homme Seul, résident habituel, est présent : entre italo disco et deep house, ses sets ont tendance à faire transpirer langoureusement. Le traditionnel live de minuit est assuré par Dombrance, qui ramène nos politiques sur le dancefloor avec un certain humour — l'on dit que cette perf' fut fort remarquée lors des Transmusicales de Rennes 2018. Enfin, il faudra compter aussi avec le vétéran des platines P.Moore, lui qui pa

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Bande à part : "Passion"

Drame | De Ryusuke Hamaguchi (Jap, 1h55) avec Aoba Kawai, Ryuta Okamoto, Fusako Urabe…

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Bande à part :

À l’occasion d’un dîner entre amis, l’annonce du prochain mariage d’un des couples provoque chez le futur époux un malaise qui, par rebond, va révéler les non-dits amoureux et amicaux grevant leurs relations. En quelques jours, plus rien ne sera comme avant entre eux tous… En tout juste un an — depuis la sortie en mai dernier du foisonnant Senses (2015, cinq parties et cinq heures) concomitante à sa sélection en compétition à Cannes pour Asako I&II —, Ryusuke Hamaguchi s’est taillé sa place dans le paysage cinématographique international. Aussi prolifique que celle de Kore-eda ou Kawase, son œuvre n’est toutefois pas divulguée dans sa chronologie en occident — ce fut le cas jadis pour Kitano. Mais dès ce premier long-métrage Passion (datant de 2008, une demi-douzaine restant inédits), le réalisateur nippon s’affirme déjà comme un fin portraitiste de groupes, au moment où ceux-ci subissent un déséquilibre ou une évolution majeure conditionnant leur pérennité : quand l’impondérable amoureux compromet la stabilité des rel

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Secret Session, un concert surprise le 5 avril

MUSIQUES | À ceux qui trouvent que la vie manque de surprises – c'est un point de vue qui se défend – ou qui n'en ont jamais assez, ceux que la routine et la (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 avril 2019

Secret Session, un concert surprise le 5 avril

À ceux qui trouvent que la vie manque de surprises – c'est un point de vue qui se défend – ou qui n'en ont jamais assez, ceux que la routine et la prescience fatigue, BAAM Productions propose son concept de Secret session. Soit un concert, présenté comme intimiste, dont le spectateur potentiel et aventureux ne connaît ni le lieu, ni l'artiste programmé. Envie d'en faire l'expérience, alors rendez-vous ce vendredi 5 avril au Métro Croix-Paquet (l'histoire ne dit pas s'il faut porter un œillet à la boutonnière pour se reconnaître) pour en savoir plus sur l'issue (lieu, artiste, donc) de ce mystérieux rendez-vous musical (le cinquième du nom). Bon, à ceux qui craindraient d'être pris en otage par un showcase impromptu de Bernard Minet quand ils s'attendaient à de l'indie-folk (ou l'inverse), on peut juste dire, on n'en sait pas plus, que BAAM Productions annonce du bout des lèvres un artiste de Toronto dont le dernier disque est sorti le 22 février. À vous d'enquêter pour en savoir plus ou de vous laisser porter par l'ivresse de la surprise.

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Arty Farty fête ses vingt ans avec Arnaud Rebotini

Anniversaire | Trois jours de festivités à l'Auditorium pour fêter les vingt ans de l'association Arty Farty, à l'origine du festival Nuits sonores : voici le programme dévoilé.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 janvier 2019

Arty Farty fête ses vingt ans avec Arnaud Rebotini

Arty Farty, l'association derrière Nuits sonores, est née en 1999 - quelques années avant le lancement du festival électronique lui-même, en 2003. Depuis, d'autres projets ont essaimé, de déclinaisons à Bruxelles et Tanger en passant par l'European Lab puis plus récemment Attable. C'est donc l'anniversaire d'un acteur majeur de la cité qui se fête à l'Auditorium, sur trois jours, du vendredi 15 au dimanche 17 mars prochain. Le programme vient d'être dévoilé : après une inauguration le vendredi 15 dans l'Atrium, place est laissée à l'émission de télévision Tracks (sur Arte) pour une nuit immersive à base de performances et de déambulations, dont le détail sera donné ultérieurement. La fête se poursuivant en mode clubbing avec le DJ américain Rrose, adepte d'une techno expérimentale, qui sera accompagné d'un fidèle du festival et ancien de l'équipe, P.Moore. Garçon Sauvage investit l'Auditorium Samedi 16, après une session de Mini Sonore à destination des kids, et deux programmes Extra! (un blind test de Nina & Simone et un karaoké techno), l'O

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Garçon Sauvage, toujours là

Clubbing | C'est devenu un classique du passage vers une nouvelle année à Lyon : quitter le Sucre au petit matin, le maquillage un brin dégoulinant et checker l'after (...)

Sébastien Broquet | Mardi 11 décembre 2018

Garçon Sauvage, toujours là

C'est devenu un classique du passage vers une nouvelle année à Lyon : quitter le Sucre au petit matin, le maquillage un brin dégoulinant et checker l'after qui se profile, puisqu'il est hors de question de se coucher maintenant après une nuit de dérives hédonistes en compagnie de la bande la plus folle du clubbing d'ici, Plusbellelanuit. Cette Garçon Sauvage (déjà sold out, sorry) ne devrait pas déroger à la règle : L'Homme Seul est toujours là, résident fidèle, adepte du nu disco et de l'indie dance. Le fameux live de minuit est confié à Gnucci, rappeuse venue de Suède, qui dépossède le hip-hop de certains codes pour le plonger dans l'univers plus coloré de la tropical bass et de l'eurodance (ah, la Suède...). Nous, on trouve ça un brin cheap et kitch, vraiment so 90's, mais nul doute que dans le contexte, sa performance survitaminée fera son petit effet. Côté guests, on guettera la session bourrée d'edits disco de Doctr et au final, le set d'une valeur sûre de la nuit lyonnaise, Miimo, résident habituel des soirées Art Feast dont l'éclectisme saura emporter les éventuels endormis. On sait d'avance que ce sera la fête la plus déjantée de la ville - bien entendu, mieu

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Quand le sport vient au secours de l’émancipation féminine : "La Permission"

ECRANS | de Soheil Beiraghi (Irn, 1h28) avec Baran Kosari, Amir Jadidi, Sahar Dowlatshahi…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Quand le sport vient au secours de l’émancipation féminine :

Capitaine de l’équipe féminine iranienne de futsal, Afrooz doit disputer une compétition internationale en Malaisie lorsqu’elle découvre que son époux a révoqué son autorisation de sortie du territoire. Entre stupeur et colère, elle lutte quasi seule pour changer les choses… Voici un film étrangement en phase avec l’actualité. Bref rappel : le 10 novembre dernier à Téhéran, pour la première fois depuis 1979, des femmes ont eu la possibilité d’assister à un match de football dans un stade largement occupé par des hommes, à l’occasion de la finale de la Ligue des Champions asiatique. Un spectaculaire contraste avec l’histoire d’Afrooz, qui se déroulait “en vrai“ quelques mois plus tôt. Comme souvent dans le cinéma iranien contemporain — dont on ne cesse de signaler l’audace politique autant que formelle — la construction est dialectique : face à un problème administratif ou une énigme, la complexité des faits se déploie progressivement, révélant de nombreuses ramifications au fil d’un dialogue incisif, mais jamais pesant. Nul manichéisme dans le traitement des personnages : chacun

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Le 4DX arrive au Pathé Lyon Bellecour

Cinéma | Vaisseau amiral de la firme au coq à Lyon, le Pathé Bellecour a profité de l’été pour se doter de sa dernière innovation, une salle 4DX. La deuxième pour l’agglomération, après le Carré de Soie fin 2017 et la 25e sur la cinquantaine prévue par l’enseigne d’ici 2020 dans l’Hexagone.

Vincent Raymond | Mardi 21 août 2018

Le 4DX arrive au Pathé Lyon Bellecour

Nauséeux s’abstenir. Technologie développée par la firme coréenne CJ 4DPLEX, le 4DX “repense“ l’expérience du public en sollicitant tous ses sens… à l’exception du goût. Si l’image et le son de l’écran se trouvent relayés par des effets périphériques dans la salle, la principale curiosité vient du fauteuil, digne d’un aéronef de space opéra. Montée sur vérins, l’infernale bascule, vibre, tangue ou secoue le spectateur en écho aux trépidations du film. Mais ce n’est pas tout : pour augmenter l’impression de réalité, un savant système de tuyauteries pulse qui de l’air, qui de l’eau, qui des odeurs… Tandis que des confettis neigeux tombent sur l’écran. Bien entendu, ce procédé sensément immersif a davantage vocation à accompagner les blockbusters à sensations (Mission Impossible : Fall out l’a inauguré) que les œuvres contemplatives intimistes. Il s'agit surtout d’un produit d’appel de premier choix pour la clientèle ado-adulesce

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Redoublement en 6e pour Tom Cruise : "Mission : Impossible - Fallout"

Action | Suite directe de Rogue Nation, Fall Out revisite les fondamentaux de la franchise Mission : Impossible en passant la sixième vitesse. La rapidité, une manière comme une autre pour Tom Cruise de défier le temps qui passe…

Vincent Raymond | Mercredi 1 août 2018

Redoublement en 6e pour Tom Cruise :

Censé empêcher un groupe terroriste de s'emparer de sphères de plutonium, Ethan Hunt compromet sa mission afin de sauver un membre de son équipe. La CIA lui met alors dans les pattes l’agent Walker chargé d’évaluer l’IMF ; charge à lui de récupérer les éléments radioactifs… Pour ce sixième opus, on ne change pas une équipe qui gagne (des dollars), et encore moins l’architecture narrative de la franchise : une nouvelle fois, il est ici avéré qu’une taupe trahit l’Agence et des preuves accablantes s’accumulent contre Hunt ; lequel, placé en fragilité, doit jouer contre sa hiérarchie pour sauver le monde avant même de prouver son innocence. Voilà qui n’est pas sans rappeler la trame de l’excellent film inaugural de DePalma (1996). Impression renforcée par un finale à coup d’hélicoptères, une large inscription territoriale du film entre Paris et Londres et le démasquement grâce à un masque du traître de l’histoire. Les références à l’épisode matriciel deviennent des révérences assumées. Éternelle genèse Vingt ans plus tard, ce

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Roy Davis Jr au Ninkasi ou Garçon Sauvage au Sucre ?

Clubbing | L’éternelle question revient telle un mantra chaque année : que faire le 31 décembre ? Et surtout, où aller ? Si vous êtes prêts à braver froid et foule pour vous (...)

Sarah Fouassier | Mardi 12 décembre 2017

Roy Davis Jr au Ninkasi ou Garçon Sauvage au Sucre ?

L’éternelle question revient telle un mantra chaque année : que faire le 31 décembre ? Et surtout, où aller ? Si vous êtes prêts à braver froid et foule pour vous réchauffer sur le dancefloor, direction les péniches : musiques afro, disco, house et décor tropical prendront le contrôle de La Marquise dans une ambiance concoctée par la joyeuse team d’Art Feast, habituée des lieux. Sur le bateau Bellona, c’est encore la fièvre du disco associée aux tubes mythiques des années 90 qui transportera joyeusement ses passagers vers 2018. Quant à La Plateforme, des résonances latines prendront possession de l’embarcation avec une soirée organisée par la radio lyonnaise Capsao. Pour les amateurs de house, c’est du côté du Ninkasi et du Groom qu’il faudra vous rendre. À Gerland, le dresscode sera résolument tourné vers les nineties avec un invité de marque : Roy Davis Jr, venu tout droit de Chicago pour nous délivrer house, disco et techno. Si vous êtes adepte d'un club plus intimiste, on vous conseille le Groom qui invite un DJ et producteur français à suivre de près, Aleqs Notal, qui se plier

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Fist & Chips, Cake Moss et Shakiramisu au menu de Braise-Moi

Food & Queer | Braise-moi est un livre de recettes, non pas de grand-mère ou de vieil oncle mais plutôt de plume libérée. Édité par nos amis du mensuel Hétéroclite, imaginé par Émilie Bouvier et joliment mis en images par notre photographe Anne Bouillot, le recueil donne à voir sous un jour nouveau notre pratique de la cuisine, grâce à des jeux de mots et à un travail graphique qui modifient toute la saveur des plats.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 28 novembre 2017

Fist & Chips, Cake Moss et Shakiramisu au menu de Braise-Moi

Quand on parle de cuisine, on a souvent l’image d’une femme derrière les fourneaux ou d’un chef étoilé (et moins d’une cheffe). Est-ce le terrain sur lequel Braise-moi se rend, l’air de rien ? Émilie Bouvier alias Boubi : Si Braise-moi a une dimension féministe, à plusieurs niveaux, il ne s’inscrit pas dans le sillage d’une mère Brazier ni n’a pour objectif de redorer le blason des cheffes. Tout simplement car ce livre ne revendique aucune prétention gastronomique. Les recettes sont facilement réalisables, destinées à une cuisine plutôt quotidienne. En revanche, il prend indéniablement à rebours les codes du livre de cuisine traditionnel et se moque des règles imposées aux femmes en tant que maîtresse de maison (en filigrane dans les recettes), et en matière de régime alimentaire (avec une recette comme le Cake Moss par exemple). Au contraire, Braise-moi propose une vision décomplexée et libérée de la cuisine en s’adressant aussi aux femmes débarrassées de leurs activités mulièbres. Une recette comme Les Cookies Dinker par exemple, soit des cookies salés, rend hommage aux femmes libérées (qui c

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Les bons plans de la semaine #1

Un bon plan par jour jusqu'à la rentrée | Ne jamais s'ennuyer, jusqu'à la rentrée : voici nos sorties de l'été.

La rédaction | Mercredi 5 juillet 2017

Les bons plans de la semaine #1

Mercredi 5 juillet : Rotatives #4 Quatrième volet des soirées Rotatives. Déjà la dernière de la saison pour Hétéroclite, qui présente son numéro 124 couvrant juillet-août. En afterwork après une journée de labeur, pour prolonger l’apéro, prenez place dans l’ambiance feutrée du L Bar. On va picorer, on va picoler… Rentrer dans l’été en se trémoussant frénétiquement sur la playlist de l’éternel Yves Sans Roland, et chanter à s’en décoller le palais. En somme, une soirée Rotatives comme les autres. Au L Bar à 19h Jeudi 6 juillet : Tshegue chauffe les Summer Sessions Chaque année, aux premières lueurs des vacances, nous vous convions à une soirée en compagnie de l’équipe du journal au Transbordeur, avec un coup de cœur qui sera cette année Tshegue. Coup de foudre, aussi : entre la voix de l’ancienne chanteuse de Jaguar, la congolaise Faty Sy Savanet, et les productions de Nicolas Dacunha (aka Dakou), c’est assurément une belle histoire qui vient de débuter par un premier maxi

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"Emily Dickinson, A Quiet Passion" : flamme de lettres

ECRANS | de Terence Davies (G-B, Bel., 2h05) avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Jodhi May…

Vincent Raymond | Mardi 2 mai 2017

Réservée et cependant rebelle, brûlant de mille passions intérieures, consumée par sa littérature, telle fut la poétesse étasunienne Emily Dickinson, qui souffrit surtout d’être femme dans l’Amérique corsetée du XIXe siècle. Et passa une part non négligeable de son existence recluse dans sa famille avant d’agoniser, à peine reconnue. D’une élégance austère mais parsemé d’une malice retenue — à l’image de l’artiste représentée autant que du réalisateur — ce biopic joue la carte d’une intimité vivante et non compassée : Emily Dickinson n’y est pas présentée comme une introvertie entêtée déconnectée du monde, ni victime de l’autorité cassante d’un pater familias abusif (tableau banal s’il en est…). Au contraire, Terrence Davies la valorise-t-il dans son avant-gardisme moral et créatif, déroutant des proches aimants par ses aspirations à l’indépendance et à la modernité. Fiévreusement spirituelle (il y a du Jane Austen dans certaines répliques), intellectuellement brillante, son Emily apparaît aussi comme une femme radieuse et

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Lyon, capitale queer

Tendance | Sans doute, il faudra revenir plus en longueur sur le sujet, ultérieurement : mais à l'heure où Austra, militante LGBT revendiquée, riot girl mâtinée de culture (...)

Sébastien Broquet | Mardi 4 avril 2017

Lyon, capitale queer

Sans doute, il faudra revenir plus en longueur sur le sujet, ultérieurement : mais à l'heure où Austra, militante LGBT revendiquée, riot girl mâtinée de culture queer, passe par la région (lire ci-dessus), il nous a paru crucial de noter l'importance de ce mouvement queer particulièrement investi dans la vie nocturne et culturelle de Lyon, ces derniers mois. L'impulsion évidente venant de la bande Garçon Sauvage, emmenée par Chantal la Nuit, dont les nuits folles au Sucre (après avoir débutées au Sonic) sont sold-out en quelques heures, comme pour la soirée-jumelle Mutante, qui s'expatrie le temps d'une soirée à Paris et envoie une troupe dynamiter le Yoyo (le club sous le Palais de Tokyo) le 22 avril prochain, dans le cadre du festival Dodisturb... Un bus sous influence Priscilla est organisé pour emmener tout ce joli monde faire la fête dans la capitale et montrer aux parisiennes que si dans les seventies elles pouvaient se gargariser des mythiques Gazolines de Paquita Paquin, Marie-France et Maud Molyneux, aujourd'hui, c'est à Lyon que ça se passe avec le crew Plus

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Nicolas Boukhrief : « je voulais surtout faire un portrait de femme »

Entretien | Dix-huit mois après la sortie en salles avortée de "Made in France", le cinéaste revient avec un projet mûri pendant vingt ans : une nouvelle adaptation de "Léon Morin, prêtre".

Vincent Raymond | Mercredi 15 mars 2017

Nicolas Boukhrief : « je voulais surtout faire un portrait de femme »

Cette nouvelle adaptation du livre de Beatrix Beck n’en porte pas le titre. Vous a-t-il été confisqué ou interdit à cause, justement, de l’adaptation de Melville ? Nicolas Boukhrief : Non, pas du tout. Les gens se rappellent plus du film de Melville que de son livre — qui est une histoire autobiographique, un portait de l’homme qui l’avait tellement bouleversée. Appeler le film Léon Morin, prêtre ne me convenait pas, puisque je voulais surtout faire un portrait de femme et que le personnage de Barny soit très mis en avant. Du coup, La Confession est venu assez vite. Hitchcock disait que tout titre doit être une interrogation pour le spectateur, ou une promesse. Tant qu’on n’a pas vu le film, on ne sait pas quelle est la confession, ni qui confesse quoi à qui. Après Made in France, passe-t-on facilement d’une dialectique religieuse à une autre ? Oui, dans la mesure où j’ai écrit les deux scénarios en même tem

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"La Confession" : une drôle de paroissienne

ECRANS | de Nicolas Boukhrief (Fr, 1h56) avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny…

Vincent Raymond | Mercredi 15 mars 2017

Un village pendant l’Occupation. Militante communiste farouchement athée, Barny entame une joute rhétorique avec le nouveau prêtre, le fringant Léon Morin, dont la beauté et les sermons électrisent ses concitoyennes. À son corps défendant, la jeune femme sent ses certitudes vaciller et un sentiment naître en elle. Serait-ce la foi ou bien l’amour ? Au commencement était le Verbe… Nicolas Boukhrief oublie (presque) pour une fois le cinéphile en lui pour revenir à l’essence des mots ; à l’histoire derrière le Goncourt de Béatrix Beck, bien avant le film de Melville qui l’a presque oblitéré. Des mots qu’il vénère et qu’il enveloppe, pour les transcender, de chair grâce à des comédiens à l’intensité indéniable : Duris, séducteur comme un Gérard Philipe méphistophélique, et Marina Vacth, regard acier en fusion, à la stupéfiante maturité. Hors de leur duo, cette tension se dissipe : le contexte comme les personnages secondaires apparaissent comme fabriqués, théâtraux, alors qu’ils sont censés, “aérer” leurs huis clos et tête-à-têtes. C’est là la limite du film : réussir à capturer l’intime et l’ind

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Du Sucre au Terminal sur un même tempo

Clubbing | C'est devenu un rituel : Le Sucre pour le jour de l'an lâche totalement prise et accueille sa soirée la plus déjantée, la désormais incontournable Garçon Sauvage à (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

Du Sucre au Terminal sur un même tempo

C'est devenu un rituel : Le Sucre pour le jour de l'an lâche totalement prise et accueille sa soirée la plus déjantée, la désormais incontournable Garçon Sauvage à l'impertinence affichée, conviant les souvenirs des nuits les plus mythiques du clubbing, évoquant les souvenirs des fêtes dantesques du Palace et du Paradise Garage, flirtant avec les fantasmes comme avec les interdits : c'est jouissif et un brin décadent, c'est surtout très bien achalandé côté... musique, où l'incontournable Bolito sera bien évidemment de la fête, comme L'Homme Seul. Le traditionnel live de minuit sera assurée par une chorale, Omega, au répertoire jazz & variété... Et la suite assurée par The Man Inside Corrine puis les icônes du clubbing gay de San Francisco que sont le Honey soundsystem. Ambiance. Du côté du Terminal, le club le plus à l'affût des sons qui feront demain, on finit l'année en version all star game avec le programmateur maison Stakhan (Tunnel Vision), Mush des voisins de Chez Émile, Markus Gibb, Mohammed Vicente, G'Boi & Jean-Mi de La Chinerie... Collision des sons en prévision et surtout,

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 22 novembre 2016

Insomniaque

26>11>16 LE SUCRE GARÇON SAUVAGE À savourer en duo, en tandem ou en couple : cette Garçon Sauvage convie deux paires de platinistes aux sets métissés et enjoués. Une lyonnaise, les Sheitan Brothers, dont on ne sait encore ce qu'ils vont inventer pour se faire remarquer (remember leur ouverture des Jeux Olympiques l'été dernier) et l'autre parisienne, Pouvoir Magique, issue du collectif Mawimbi, pour une nuit queer et forcément très sauvage déflorée par Bolito. Paradise. 26>11>16 NINKASI SUPER DISCOUNT Le concept marketing initié dès 1996, en pleine explosion de la french touch, fait toujours autant recette... Mais comme les ingrédients sont savoureux (disco, house, pop ou techno : tout s'emmêle) on accepte sans rechigner la grande braderie, même si ça fait longtemps que De Crécy n'invente plus grand chose, même

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Nuit Mission : Impossible

ECRANS | Une fois que vous aurez assisté à la soirée de palmarès du Festival du film court de Villeurbanne au Zola, vous pourrez vous rendre rue du Premier-Film, où (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Nuit Mission : Impossible

Une fois que vous aurez assisté à la soirée de palmarès du Festival du film court de Villeurbanne au Zola, vous pourrez vous rendre rue du Premier-Film, où se tient actuellement une rétrospective Tom Cruise pour suivre le marathon Mission : Impossible. Une quasi intégrale, puisqu’il ne manque que le 3e volet de cette pentalogie — celui signé par J.J. Abrams. Prévoyez de finir un peu avant six heures du matin si vous bouclez toute la nuit, ce qui n’est pas obligatoire : à l’impossible, nul n’est tenu. Nuit Mission : Impossible À l’Institut Lumière le samedi 26 novembre dès 20h

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L'expressionnisme gratté d'Emre Ohrun

Bande Dessinée | Petite merveille sortie ces jours aux éditions Même Pas Mal, sises à Marseille, Medley est signé d'un auteur aimant flouter les frontières : il est Turc, né en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 septembre 2016

L'expressionnisme gratté d'Emre Ohrun

Petite merveille sortie ces jours aux éditions Même Pas Mal, sises à Marseille, Medley est signé d'un auteur aimant flouter les frontières : il est Turc, né en Chine, a grandi en Norvège avant d'atteindre les contrées lyonnaises pour suivre le cursus de l'incontournable école Émile Cohl. On résume, mais tel est le cheminement de ce doux (?) rêveur d'Emre Ohrun, qui a finit à sa grande surprise par devenir dessinateur (le repéré La Malédiction du Titanic, en 2012) et illustrateur (du Monde à XXI, ceux qui comptent font appel à lui). Medley, réalisé sur cinq années, condense ses obsessions en utilisant la technique si particulière de la carte à gratter dont il est devenu une référence, quête du blanc dans l'obscurité exacerbant ses élans expressionnistes. Une méthode découverte par Ohrun via un album de Thomas Ott, mais l'on pense aussi au Dracula de Hippolyte utilisant la même technique, ou côté cinéma au Cabinet du docteur Caligari pour l'atmosphère. Quête d'espoir dans le noir, Medley vaut assurément que l'on se déplace jusqu'au Bal des Ar

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Où sont les Femmes ? (à l'apéro)

Petit Bulletin Summer Sessions | À l'invitation du Transbordeur, Le Petit Bulletin organise l'apéro ce jeudi dans le cadre des Summer Sessions : concerts de Her et Kaben, diffusion du match France / Allemagne sur écran géant, et apéro en compagnie de la paire de DJ Femmes aux Fourneaux : interview.

Sébastien Broquet | Mercredi 6 juillet 2016

Où sont les Femmes ? (à l'apéro)

Un profil garage rock 60’s, de la noise qui ne se danse pas, de la techno à la Daniel Avery, de la pop sucrée française : vous ne vous interdisez rien. Comment on s’y retrouve, nous ? Femmes aux Fourneaux : Tu as oublié la northern soul, le disco, le hip hop, le punk... C'est vrai que ça fait une sacrée ratatouille. Du coup, de temps en temps, on offre des crêpes au public pour qu'il s'y retrouve. Vos mixes reflètent l’éclectisme de votre culture musicale. Mais quid des mouvements de société qui les accompagnent souvent, de quelles influences vous sentez vous proches : les riot girlz du début des 90’s ? les mouvements féministes des 70’s ? Ou Beyoncé aujourd’hui ? Les trois ! Les mouvements musicaux sont souvent associés à l'émancipation de minorités (noirs, femmes, LGBT...). On se retrouve dans cette idée d'empowerment... mais aussi d'entertainement. D'ailleurs, avec d'autres filles de la scène lyonnaise, on réfléchit actuellement à de l'organisation de soirées pour promouvoir les artistes féminines, dans un espri

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Le Transbo prend l'air

Summer Sessions | Le Transbordeur métamorphose son espace extérieur pour la 5e édition des Summer Sessions, du 29 juin au 29 juillet. Un mois de fêtes outdoor sous toutes ses formes : des apéros graphiques au clubbing, voici notre sélection.

Maïté Revy | Mardi 28 juin 2016

Le Transbo prend l'air

Kiblind en mode psyché Ce magazine multimédia permet de découvrir les artistes émergents du monde de l'édition, du design graphique ou encore de la mode : pour cette ouverture des Summer Sessions, l'on profitera de l'exposition Le Passage (psychédélisme visuel avec tentures d'A. Eckart, A. Laffond ou Lasse & Russe) et on laissera parler son esprit créatif grâce aux ateliers "à faire soi-même". Tout ça accompagné des jolies trouvailles musicales du label AB Records. Mercredi 29 juin à 19h Quantic, latin vibes Will Holland, alias Quantic, revient secouer le Transbo en version live band avec son style mêlant les sonorités latines et jazz avec l'électro. Une recette spéciale qui sera servie par le plus colombien des artistes anglais, précédée d'un apéro plancha avec The Bongo Hop et Mr Day aux platines. Pour ravir papilles et oreilles. Dimanche 3 juillet à 17h Clips sur grand écran Faire découvrir à un large public les clips rhônalpins su

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Tenue de soirée estivale au Transbordeur

Summer Sessions | On peut compter sur le Transbordeur pour être rock’n’roll en toute saison. Y compris en été où, grâce à ses Summer Sessions, la salle de concerts étend son (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

 Tenue de soirée estivale au Transbordeur

On peut compter sur le Transbordeur pour être rock’n’roll en toute saison. Y compris en été où, grâce à ses Summer Sessions, la salle de concerts étend son périmètre d’intervention jusqu’aux projections en plein air. Mais pas n’importe lesquelles : des Ciné Drive-in à l’ancienne, dans d’authentiques voitures américaines mises à disposition par le Club V8 Forever (ou dans la vôtre, si vous préférez votre confort habituel), devant un film à la bande originale bien chargée, avec pour ajouter à l’ambiance, un foodtruck histoire de diffuser des odeurs de burgers et de frites — et aussi d’en vendre. Le premier film proposé résonne singulièrement avec l’actualité tragique d’Orlando : Priscilla, folle du désert (1995) de Stephan Elliott. Cette traversée de l’Australie dans un bus piloté par trois exubérants travestis confronte ceux-ci à la défiance, l’agressivité ou l’homophobie des habitants de l’Outback. Malgré tout empli de fantaisie désinvolte (la faute à la musique disco et aux déhanchés de ses comédiens vêtus en drag queen), Priscilla… marqua l’une des nombreuses résurrections de Terence Stamp, ina

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Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

MUSIQUES | 01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep française officie aux platines : Uzul, largement repéré ici pour sa maîtrise des machines au sein de Kaly Live Dub. Depuis 2004, Stéphane a lancé ce side project resté un peu dans l'ombre, mais fort respecté par la scène dubstep internationale depuis son album Travelling Whithout Moving, remixant même la référence en la matière, Skream. Pour ce DJ set, toute la palette sera revisitée, du trap à la UK bass. Wobble. 02.04.16 > Le Sucre GARÇON SAUVAGE La soirée la plus déjantée de la ville part à la recherche de la plus belle drag queen, en mode madame de Fontenay, avec élection de miss très Divine (il faut s'inscrire sur Facebook). Parmi les épreuves, un lancer de sac à main : « comment avoir la classe tout en étant une femme précise, moderne et élégante » nous dit-on... César & Jason, les deux DJ résidents du Terminal, assureront la part

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La Passion d'Augustine

ECRANS | de Léa Pool (Can, 1h43) avec Céline Bonnier, Lysandre Ménard, Diane Lavallée…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

La Passion d'Augustine

Associer bonnes sœurs et musique s’avère une recette toujours payante, surtout si l’on montre ces austères vestales dans des situations a priori inappropriées (s’opposant à leur hiérarchie, bougeant en rythme…). Avec son titre aux faux-airs canailles pour chaînes cryptées, La Passion d’Augustine n’a rien d’une comédie chantée façon Sister Act. Et pour les Québécois qui l’ont plébiscité, ce film relate surtout deux événements majeurs concomitants : la fin du contrôle du système éducatif par l’Église et l’abandon des tenues de religieuses classiques décrété par le concile Vatican II : deux évolutions allant dans le sens de la modernité. Mais si la progressiste sœur Augustine consent à adopter une vêture moins empesée, elle demeure rétrograde sur le chapitre de l’enseignement : obnubilée par son amour pour la musique, la nonne s’accroche au couvent qu’elle dirige, avec un entêtement de pécheresse — il est vrai que la bougresse a eu une vie de femme avant ses vœux… Pour éviter les maux de tête causés par ce paradoxe, on se bornera à suivre le merveilleux parcours de la jeune pianiste virtuose (mais sauvageonne) cornaquée par Augustine. En mettant son espr

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Réveillon 2015 : Garçon Sauvage, une soirée unique en son genre

MUSIQUES | Au train où vont les choses, les soirées Garçon Sauvage seront bientôt aussi courues que les full moon parties thaïlandaises. À l'heure où elle s'essaye avec succès au format réveillon, retour sur la success story de la résidence la plus folle du Sucre.

Benjamin Mialot | Mardi 15 décembre 2015

Réveillon 2015 : Garçon Sauvage, une soirée unique en son genre

La promesse d'une «ambiance sympa» sur une «plage transcendantale». C'est tout ce dont le Pétrin de la Colère a eu besoin (ça et des bouts de carton figurant palmiers et vaguelettes) pour que sa première Coconuts Boom Party cartonne au-delà de toute espérance : le 4 décembre dernier, certains ont poireauté devant le Sonic près de 45 minutes pour avoir le plaisir de twister jusqu'au petit matin la tête coiffée d'un collier de fleurs. De la Dark 80's Party au Club Sonic en passant par son brand new Disco Disorder, La Péniche du quai des Étroits est coutumière de ce type de fêtes lo-fi et décomplexées – pas de DJ fiché sur Resident Advisor, déco minimale, entrée libre ou à prix d'ami. C'est même là, dans sa cale éclairée comme une vitrine du Red Light District, qu'a pris son essor l'événement le plus emblématique de cette envie de lâcher prise qui anime en secret la jeunesse underground : Garçon Sauvage, raout queer et hétéro-friendly aussi excentrique que bon enfant né en 2012 au It Bar et devenu l'un des rendez-vous phares du Sucre – chaque mois, les 800 places s'arrachent comme des petits tangas él

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La Belle Époque en couleurs

ARTS | Le Musée Paul Dini se penche sur le vrai-faux mouvement postimpressionniste, regroupant une multitude d'artistes ayant notamment expérimenté de nouvelles manières de rendre la lumière à travers la couleur. Avec pour têtes d'affiche : Paul Signac, Pierre Bonnard, Maurice Denis... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 décembre 2015

La Belle Époque en couleurs

En 1886 se déroulait la dernière exposition impressionniste. En 1907, Pablo Picasso peignait Les Demoiselles d'Avignon, considéré comme le premier tableau cubiste. Quand on ne s’embarrasse pas trop de détails, on passe en général rapidement d'un courant à l'autre pour décrire les débuts de la modernité picturale. Avec un Cézanne qui fait le grand écart entre les deux, et quelques figures plus difficilement classables comme Van Gogh ou Toulouse-Lautrec. Le Musée Paul Dini nous propose un double "zoom avant" sur la période 1886-1914, nous invitant à redécouvrir à la fois la multitude de groupes de cette époque et quelques peintres régionaux en particulier. Les critiques et historiens anglo-saxons ont inventé le terme de "postimpressionnisme" pour tout mettre dans le même sac : néo-impressionisme, synthétisme, nabis, symbolisme, fauvisme... Pratique, mais cela ne correspond à aucun mouvement réel, constitué, homogène (ceci dit, l'Impressionnisme était déjà lui-même assez éclaté). Le plus petit dénominateur esthétique commun à tous ces artistes, c'est finalement un même désir d'expérimentation picturale inauguré par les impressionnistes et Manet, une même foi dan

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Archipel de passions

SCENES | Depuis qu'il s'est redéfini en "centre d'art" avec la présence et le soutien de la compagnie Maguy Marin, Ramdam a l'ambition de produire des projets (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 novembre 2015

Archipel de passions

Depuis qu'il s'est redéfini en "centre d'art" avec la présence et le soutien de la compagnie Maguy Marin, Ramdam a l'ambition de produire des projets pluridisciplinaires et singuliers audacieux. Le premier d'entre eux, Passion(s), est propulsé par la chorégraphe stéphanoise Florence Girardon à partir de la magistrale Passion selon Saint Matthieu de Bach. Elle a proposé à huit autres artistes, liés à Ramdam, de créer une œuvre en écho à la musique de Bach. «Chacun nous dit la chorégraphe, s'est approprié librement cette proposition, la musique pouvant parfois ne rester présente que sous forme de bribes... C'est une œuvre musicale grandiose, très longue, qui constitue en elle-même un défi et qui ouvre à une multitude de possibilités.» Florence Girardon a de son côté imaginé une pièce sous forme de fête paradoxalement païenne, transposant l'élan joyeux de la musique de Bach. Du 19 au 21 novembre, on pourra découvrir la première articulation des neuf créations, fruits de six chorégraphes (Ulises Alvarez, Florence Girardon, Cécile Laloy, Maguy Marin, Pierre Pontvianne, Ennio Samarco), deux metteurs en scène (David Mambouch et P

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La violence sourde et muette de la cie Pôle Nord

SCENES | Chirurgicale et glaçante, la nouvelle création de la bien nommée compagnie Pôle Nord est muette et bien souvent sombre. Ennui garanti ? Au contraire : il émane de "L'Ogre et l'enfant" une rare et fragile étrangeté. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

La violence sourde et muette de la cie Pôle Nord

Dispositif bi-frontal, une piste bleue au milieu des spectateurs et un banc adossé à un gros cube marine d'où émane une lumière qui, inévitablement, rappelle le même petit objet mystérieux de Mulholland Drive. De toute évidence, l'étrangeté est la ligne de conduite de cette nouvelle création de la compagnie Pôle Nord, souvent opaque mais jamais lassante. À quoi cela tient-il ? À la précision de Lise Maussion, d'abord. C'est elle qui endosse l'entrée en matière. Vêtue d'un jogging, regard hagard et dentition proéminente, elle effraie sans agresser, comme un loup fatigué. Est-elle l'ogre ou l'enfant ? Rien n'est moins sûr, ses deux acolytes n'ayant pas la carrure de dévoreurs de minots. Elle avance, traverse la pièce, lentement, sort des poupées de son sac sali, trimballé depuis longtemps déjà, puis les range. À l'homme d'entamer son rituel : s'habiller en costume, sillonner la ville et rejoindre un bureau imaginaire où seul un geste de signature de documents indique qu'il est "important". Un troisième, moins présent, queue de rat entre les jambes, erre comme un visiteur, sans place fixe dans ce monde radicalement froid et déshumanisé dont on

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Jules Verne par les PCL : calme plat

SCENES | Le pari de transposer "Vingt mille lieues sous les mers" sur un plateau de théâtre était osé. Si la partie musicale, assurée par les Percussions Claviers de Lyon, est impeccable, le reste manque de chair et de mouvement.

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Jules Verne par les PCL : calme plat

L’épopée maritime de Jules Verne se déployant à l'échelle de toutes les mers, la circonscrire à une scène n'était pas gagné d'avance. Cette difficulté, la metteur en scène Emmanuelle Prager a choisi de la scinder en deux : une imagerie d'Étienne Guiol, jeune diplômé d'Émile Cohl, et le récit fidèle du texte, confié à trois comédiens filmés face caméra sur un fond uni. Soit les péripéties du scientifique Pierre Aronnax, missionné pour tenter de neutraliser une créature qui sème la terreur dans les eaux du globe : non pas un gigantesque narval comme il le soupçonnait, mais un sous-marin, le Nautilus, piloté par un certain Capitaine Nemo qui, lancé dans une bataille personnelle misanthropique, les kidnappent lui et son domestique Conseil. Ces héros modernes ne sont malheureusement jamais vraiment incarnés. Pourtant constitutive du texte, la notion de mouvement est la grande absente de ce travail – Olivier Borle, Baptiste Guiton et Renaud Golo donnant l'impression de lire un prompteur là où il leur faudrait souligner l'émotion et la noirceur de cette incroyable aventure. Au point que même les aquarelles de Guiol, projetées en alternance avec les séquences vidéo e

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La Renaissance en immersion avec Jules Verne

SCENES | Gérard Lecointe ouvrira la saison du Théâtre de la Renaissance les 8, 9 et 10 octobre avec Vingt mille lieues sous les mers, un spectacle musical (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2015

La Renaissance en immersion avec Jules Verne

Gérard Lecointe ouvrira la saison du Théâtre de la Renaissance les 8, 9 et 10 octobre avec Vingt mille lieues sous les mers, un spectacle musical appréciable dès 9 ans – et repris le 17 au Théâtre de Villefranche. Ce n’est pas la première fois que le directeur se confronte au jeune public, puisqu’il avait déjà travaillé sur les contes de Perrault il y a sept ans. Avec les virtuoses Percussions Claviers de Lyon qu’il dirige par ailleurs, Lecointe, associé à Emmanuelle Prager, se lance dans ce qui pour lui est «l’œuvre la plus adaptable» de Jules Verne, enveloppée dans une trame musicale tissée à partir des partitions de Debussy, Dukas, Roussel et Saint-Saëns, tous contemporains de l’auteur. À leurs côtés, Etienne Guiol, diplômé de l’école Émile Cohl, assurera la création multimédia, à partir d'un dispositif à base d'écrans et de pans de tulle sur lesquels seront projetées des séquences de jeu tournées l'été dernier. Jamais les acteurs incarnant le capitaine Nemo, Arronax et l’assistant Conseil ne seront présents physiquement sur le plateau. Une absence d’incarnation que devr

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Avec "Profession du père", Sorj Chalandon passe à l'âge adulte

CONNAITRE | Dans "Profession du père", Sorj Chalandon donne le premier rôle à son paternel dément et montre à quel point celui-ci a irradié ses six précédents ouvrages. Et, revenant dans la ville de son enfance, Lyon, plonge dans ses racines avec drôlerie et intrépidité. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 18 novembre 2015

Avec

En mai 2014, au détour d’une conversation qu’il nous avait accordée sur le thème de la traîtrise dans son œuvre, Sorj Chalandon évoquait son père : «Il est mort le mois dernier confiait-il sans détour. Je sais qu’il y aura des choses à faire et je sais que ce sera pour en finir définitivement avec cette figure. J’écris pour en finir avec (NdlR, l'Irlande, la guerre, le père). Il apparaît en filigrane dans tous mes romans». Ne connaissant pas ce vieil homme, nous étions alors obligés de le croire. Cet été, avec la parution de son magnifique nouveau roman Profession du père, Chalandon a donné des explications. Né par hasard à Tunis, il a longtemps vécu à Lyon. Et si jamais la ville n’est nommée dans son récit, elle se devine à travers ses rues et ses fleuves. Vaste, la cité est pourtant toute petite pour son avatar Émile Choulans – tiens, tiens, on parierait que le gamin qu’il était a rendu visite au fameux mammouth –, coincé dans son appartement «où la lumière restait dehors, épuisée par les volets». Pas de visite, pas d’amis, pas de famille si ce n'

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Un été sur les pistes

MUSIQUES | Plus courtes, les nuits d'été ? pas du côté des clubs, où le non-respect des pauses estivales est quasiment une valeur fondatrice. La preuve en cinq rendez-vous et autant de chances de multiplier les voyages stationnaires (mais pas immobiles).

Benjamin Mialot | Mardi 7 juillet 2015

Un été sur les pistes

Summer Sessions Les Summer Sessions, ce ne sont pas que des concerts taillés pour des containers (voir ci-contre). Ce sont aussi des soirées taillées pour des containers – et "hostées" par des habitués du Transbo. Restent ainsi une EZ! avec Trampa – dont le dubstep est si grinçant qu'il file des picotements dans les molaires – une Encore avec Tevo Howard – l'un les seconds couteaux les plus affûtés de la Chicago house – une Polaar avec Clap! Clap! – jazzman italien qui a les rythmes africains dans la peau. Et même une Arm Aber Sexy, du nom de l'incontournable before du Lavoir Public, qui aura pour la première fois la permission de minuit. Au Transbordeur jusqu'au 31 juillet

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Le Petit Bulletin aux Summer Sessions

MUSIQUES | Hier soir, Le Prince Harry, invité d'honneur des 20 ans de l'émission radio Tous en Tong, a donné le coup d'envoi, évidemment retentissant, des Summer (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 26 juin 2015

Le Petit Bulletin aux Summer Sessions

Hier soir, Le Prince Harry, invité d'honneur des 20 ans de l'émission radio Tous en Tong, a donné le coup d'envoi, évidemment retentissant, des Summer Sessions, le cycle estival de concerts en plein air, apéros graphiques et autres projections en mode yankee du Transbordeur. Comme l'an passé, Le Petit Bulletin en sera partie prenante, le temps d'un apéro indie rock ambiancé par Super Fuzz Chabert et Big Muff Mialot, prélude à un concert de l'excellent trio folk-rock Woods. Ça se passe jeudi 9 juillet dès 19h, et c'est gratuit si vous vous inscrivez en amont (sinon, il vous en coûtera seulement 7 euros). Plus d'informations : http://www.transbordeur.fr/agenda/summer-sessions-woods-hummingbird-jeu-09-juillet-2015

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Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

SCENES | Avec "Psy", "Traces" et "Séquence 8", le collectif canadien des 7 Doigts de la Main nous avait habitué au meilleur. Avec "Cuisine et confessions", présenté à la Maison de la Danse pour les Nuits de Fourvière, il signe un spectacle tout en auto-satisfaction et en démagogie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 29 juin 2015

Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

Un décor de cuisine monumental à faire pâlir tous les marquis de salades, des artistes venant à la rencontre des spectateurs qui s’installent pour s’enquérir de leur plat préféré alors que d’appétissantes émanations d’ail s’échappent du plateau : les 7 Doigts de la Main savent recevoir et allécher. Sauf que ce prélude, même une fois les lumières éteintes, n’en finit plus, au point que le spectacle semble ne jamais commencer, nonobstant quelques numéros de jonglage avec des fouets métalliques. D’emblée, Cuisine et confessions manque cruellement de rythme – et cela se vérifiera sur ses 90 minutes – un comble pour des circassiens, par ailleurs de très haut niveau (ah ! leur maîtrise du mât chinois...). De là, les 7 Doigts de la Main se laissent prendre au piège de l’adresse réitérée au public, le conviant fréquemment sur scène, comme s’ils ne pouvaient convaincre par leur seul talent, allant jusqu'à se planquer tandis que trois spectateurs meublent la scène. Dans cet aveu de faiblesse, ce n’est pas tant l’embarras des cobayes qui met mal à l'aise que la limpide démission des artistes. Se (faire) rouler dans la farine Autre facilit

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Drive-in au Transbo : des Blues au cœur

ECRANS | Les Summer Sessions du Transbordeur reprennent et avec elles la programmation de cinéma en plein air proposée par ZoneBis, vaillante organisatrice de (...)

Christophe Chabert | Mardi 23 juin 2015

Drive-in au Transbo : des Blues au cœur

Les Summer Sessions du Transbordeur reprennent et avec elles la programmation de cinéma en plein air proposée par ZoneBis, vaillante organisatrice de l’incontournable festival Hallucinations Collectives. Histoire de se démarquer d’autres rendez-vous du même type (dont L’Été en cinémascope, qui démarre aussi cette semaine sur la Place Ambroise Courtois), ZoneBis adapte à la sauce hexagonale la pratique très yankee du drivein : tandis que l’image défilera sur un écran géant, vous serez installés peinards dans votre bagnole, l’autoradio branché sur une fréquence qui diffusera le son du film. Au menu de ces deux séances exceptionnelles, d’abord le mythique Blues Brothers de John Landis (le 26 juin à partir de 19h), resté aussi célèbre pour son casting de stars de la musique black — Ray Charles, Aretha Franklin, Cab Calloway, James Brown — et pour les tubes qu’elles interprètent que pour le duo John Belushi / Dan Aykroyd, frères de sang et de son en mission pour le seigneur afin de monter un grand concert de blues caritatif. Pour ceux qui, en attendant la tombée de la nuit, voudraient se cultiver tout en sirotant leur bière, on conseille

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Les soirées du 6 au 12 mai

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : la release party du numéro 100 du magazine "Hétéroclite" au Lavoir, Tolouse Low Trax au Terminal et la label night Moonrise Hill Material au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 5 mai 2015

Les soirées du 6 au 12 mai

07. 05 Hétéroclite fête son n° 100 Pour une fois, débutons cette sélection par un peu de copinage. Nos amis d'Hétéroclite, «mensuel gay et lesbien mais pas que» qui depuis bientôt dix ans réussit le pari de décrypter et défendre la culture LGBT tout en s'affranchissant de ses clichés, fête leur centième numéro. En ces temps de désaveu du papier et de la pensée, ce n'est pas un mince exploit. Ils le fêteront dignement au Lavoir Public avec une résurrection de Pressing, le talk-show théâtral itinérant qui précéda le lieu et, surtout, un mix de la plantureuse et érudite Rihanna Foutre, l'égérie du magazine. On y sera.

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"Batèches", l'opéra à vingt-deux mains des PCL

MUSIQUES | Nommé il y a un an à la tête du Théâtre de la Renaissance, Gérard Lecointe n’en a pas pour autant abandonné les Percussions Claviers de Lyon, cet (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 mars 2015

Nommé il y a un an à la tête du Théâtre de la Renaissance, Gérard Lecointe n’en a pas pour autant abandonné les Percussions Claviers de Lyon, cet ensemble avec lequel il fait le tour du monde depuis trois décennies. Cette semaine, il endosse ainsi ses habits de musicien pour s’associer au groupe Sixtrum, cousin québécois des PCL, le temps d'une création qui mettra en relief la poésie de Gaston Miron, projetée en fond de scène. Méconnu en France, cet auteur décédé en 1996 est une figure assez populaire outre-Atlantique, notamment via sa lutte pour la défense de la langue française et l’affirmation de l’identité québécoise. Sa poésie, très imagée et même lyrique, aborde toutefois des thèmes plus universels (l’amour, l’insatisfaction, la mort...), au point que le compositeur Patrick Burgan la compare à un livret d’opéra. C’est à ce dernier qu'est revenue, sept mois durant, la composition de Batèches, du nom d'un juron canadien traduisible par "baptème". «C'est plus de travail que pour un orchestre symphonique dit-il, car un même instrument a des multiplicités folles selon les baguettes utilisées.» Les PCL n'ont semble-t-il pas

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Le Petit monde d’Arletty

ECRANS | Arletty représente, avec Gabin, la personnification du "réalisme poétique" tels que Carné et Prévert l’ont inventé dans les années 30. C’est d’ailleurs ce couple à (...)

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

Le Petit monde d’Arletty

Arletty représente, avec Gabin, la personnification du "réalisme poétique" tels que Carné et Prévert l’ont inventé dans les années 30. C’est d’ailleurs ce couple à l’écran qui en marque à la fois l’apogée — Hôtel du nord et sa célèbre réplique «Atmosphère… Atmosphère… Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?» — et son déclin — L’Air de Paris, qui pour le coup sent surtout le renfermé du cinéma de studio. Ce sont ces deux films qui encadrent la "semaine avec Arletty" que propose l’Institut Lumière du 11 au 15 mars, avec en son cœur l’incontournable Le Jour se lève et le nettement plus rare — car passé au feu de la réputation infamante de son réalisateur Claude Autant-Lara — Fric-Frac, où Arletty partage l’affiche avec Fernandel et Michel Simon. Le sceau de l’infamie, c’est aussi ce qu’Arletty a connu au sortir de la guerre : pendant le tournage des Enfants du paradis, la comédienne, qui par ailleurs assumait clairement sa

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Soumission

CONNAITRE | de Michel Houellebecq (Flammarion)

Christophe Chabert | Mardi 27 janvier 2015

Soumission

Le bruit médiatique disait, avant l’arrivée en librairies de Soumission, que le dernier Houellebecq était un roman sur l’islam ; après sa sortie (le 7 janvier !), non seulement l’idée était incrustée dans les consciences des (non ou futurs) lecteurs, mais l’auteur était carrément devenu «islamophobe». Il aurait suffit de laisser passer l’orage et de le lire à tête reposée — si tant est que cela est possible vu le contexte — pour se rendre compte que tout cela était au mieux superficiel, au pire absolument faux. L’islam, dans Soumission, est autant un prétexte qu’un révélateur d’un état de la société française mais aussi, et surtout, du héros houellebecquien, nommé ici François, professeur de littérature à l’Université, quadragénaire désabusé et résigné à mourir seul. Lorsqu’en 2022 Mohamed Ben Abbes, fondateur d’un parti baptisé la Fraternité musulmane, parvient à la Présidence de la République avec le soutien des grands partis de gauche, du centre et de droite, François découvre que ce qui a changé — obligation de se convertir pour retrouver son poste, magasins de vêtements féminins fermés — est finalement moins fort que ce qui demeure immuabl

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Insomniaque - Soirées du 28 janvier au 3 février

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Tommy Four Seven au Kao, Ben Pearce au Logo et la Garçon Sauvage au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 janvier 2015

Insomniaque - Soirées du 28 janvier au 3 février

30.01 Encore En voilà un qui n'est pas là pour coller des gommettes. C'est même plutôt des parpaings que le producteur britannique Tommy Four Seven assemble, en des édifices techno tout ce qu'il y a de plus bruts. Il faut dire que le bonhomme n'y met pas les moyens : son très dogmatique – et néanmoins très réussi – premier album, Primate, avait pour seule charpente des kicks en béton et souffrait d'un tel manque d'isolation qu'il bruissait de mille raclements métalliques "field recordés". Tout le contraire du Kao, dont il fera trembler la maçonnerie cette semaine. 31.01 Lemonade 02 Dans quelques années, Ben Pearce sera sûrement introduit au panthéon des one-hit wonders qui méritaient mieux – où reposent notamment Warren Zevon, The Presidents of the USA et, on assume, Sophie Ellis-Bextor – sur la foi de son premier single, What I Might Do, irrésistible exercice de deep house à fredonnements soul qui a fait chau

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Am stram GRAME

MUSIQUES | La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine (...)

Pascale Clavel | Mardi 6 janvier 2015

Am stram GRAME

La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine paraît souvent futuriste en comparaison. Ainsi de celle que, à partir du 22 janvier, donneront à écouter pendant presque 2 mois les Journées GRAME, véritables bouffées d’air du temps qui contrasteront avec les programmations que nous vous commentions en début de saison : l'Opéra et ses "jardins mystérieux", l'Auditorium et son intégrale Brahms, la Croix-Rousse et le Roméo et Juliette 39-45 de Jean Lacornerie... Concerts (comme celui du collectif SR9TW, qui revisite Tom Waits), performances (de Félix Lachaize, qui rendra compte d'un d'un mois de field recordings à Taipei) ou théâtre musical (Chants d'hiver, expédition polaire sur fond de Schubert), tous les moyens y seront bons pour secouer notre cocotier et montrer la vivacité de la création actuelle. On en profitera pour jeter une oreille attentive à la nouvelle création des Percussions Claviers de Lyon de Gérard Lecointe, directeur du Théâtre de la Renaissance – où se tient le gros des Journées GRAME – à l'appétit artistique d'ogr

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La samba sans sambas de Samba de la Muerte

MUSIQUES | Ne pas s'y tromper : cette Samba de la Muerte ne s'incarne aucunement en une samba endiablée jusqu'à ce que mort s'ensuive. Plutôt loin de là, même. Au moment où (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

La samba sans sambas de Samba de la Muerte

Ne pas s'y tromper : cette Samba de la Muerte ne s'incarne aucunement en une samba endiablée jusqu'à ce que mort s'ensuive. Plutôt loin de là, même. Au moment où les formations les plus en vue de la pop française s'éparpillent en projets solo (il n'y a qu'à voir les Atlas Mountains faire feu de tout bois), c'est ici un Concrete Knife, sensation 2013 venue de Caen – Be Your Own King, souvenez-vous – qui s'accorde un quartier libre pour donner un peu de champ à ses élans créatifs. Loin de la pop à la fois martiale et en sucre (candide) des couteaux de béton, menée de main de maître par Nicolas Delahaye et incarnée par la lunaire Morgane Colas, Adrien Leprêtre – accompagné de Corentin Olivier (guitare), Gabriel Legeleux (percussions) et Martin Bonnet (basse) – affirme moins frontalement ses facilités. Préférant la demi-teinte et les demi-tons : mélange de folk, d'orientalisme et d'indietronica, plus atmosphérique qu'accroche-coeur ou tapageur. Et en cela, atmosphérique donc, comme les climats océaniques au contact desquels a grandi le musicien, sujet au changement, la fraîcheur laissant place au réchauffement et inversement – Bon Iver en été, qu

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Une bombe de bal

MUSIQUES | Il y a des semaines comme ça confinant à la monomanie. Où que l'on regarde, la soul est (ou aurait dû être, dans le cas de Womack) partout. On ne s'étonnera (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

Une bombe de bal

Il y a des semaines comme ça confinant à la monomanie. Où que l'on regarde, la soul est (ou aurait dû être, dans le cas de Womack) partout. On ne s'étonnera donc guère que le bal donné par le Transbordeur dans le cadre de son club de vacancesen plein air premium baptisé Summer Sessions ait une forte teinte soulisante. L'accroche, stipulant une gratuité pour les tatoués, en est la suivante : "Mods vs rockers". Qu'on se rassure, il n'y aura pas de baston d'anthologie digne des mythiques concours de gifles 60's de la plage de Brighton. Mais des super groupes, oui, avec The Gentlemen's Agreement, quintette au redoutable groove et aux claviers peu appréciés de la police du pelvis. Mi-mods, mi-rockers et donc vrais schizophrènes, The Rebels of Tijuana sont eux à la fois les rejetons de Jacques Dutronc et du Jon Spencer Blues Explosion. Mais aussi de grands malades de l'esthétique vintage, comme en témoigne leur single Brazil 70, diffusé au début de la Coupe du Monde. Ajoutez à cela des DJs raccords (Yann Cracker et Fabylicious) et une audience saoule et vous obtenez un bal "bootylicieux" où choper ne sera

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