Croix-Rousse-les-Bains, le summer camp du Lavoir

Benjamin Mialot | Mardi 7 juillet 2015

Cette année encore, le Lavoir Public profite des beaux jours pour retrouver son taux d'humidité premier – en remplissant ses bassins, qu'allez-vous imaginer ? – du moins jusqu'au 31 juillet, date à laquelle il clôturera sa saison au Transbordeur (voir par ailleurs).

Pas question pour autant d'y laver son linge sale, au propre comme au figuré : comme d'habitude avec l'enclave berlinoise des pentes, tout est affaire de décalage et de félicité. Révisions collectives des fondamentaux scolaires (le 15 pour la philo, le 29 pour le français), loto les pieds dans l'eau (le 17), vide-dressing en rythme (le 23), karaoké alcoolisé (le 24) ou kermesse baignant dans des effluves de frites et de merguez (le 25), se rouler dans la beaufitude n'aura jamais été si branché qu'à Croix-Rousse-les-Bains, ainsi que se rebaptisera l'endroit le temps de ces festivités.

S'il ne fallait en retenir qu'une, ce serait cette soirée ciné-clubbing (le 16), d'autant plus bizarroïde qu'elle sera toute entière dédiée à Troma Entertainment, vénérable (puisque fondée en 1970) machine à produire de la série Z craspec et sexy qui a récemment mis gratuitement en ligne l'ensemble de son catalogue.

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Lavoir Public : l'appel à projets est lancé

1er arrondissement | Quel avenir pour le Lavoir Public ? Les candidats à sa reprise ont jusqu’au 16 avril pour se faire connaître auprès de la mairie du 1er arrondissement, qui a présenté l’appel à projets en conseil d’arrondissement le 17 février dernier. Avec pour mots clés "culture, solidarité, transition écologique", cette nouvelle ère sera différente de la première, gay-friendly. Quoique.

Nadja Pobel | Mercredi 24 février 2021

Lavoir Public : l'appel à projets est lancé

« Ce ne sera pas forcément un lieu LGBT à l’avenir, mais si des propositions en ce sens émanent, elles seront étudiées » confie le conseiller municipal en charge de la vie associative dans cet arrondissement, David Souvestre. « L’important est que ce lieu continue à être en lien avec les écoles, les lycées, les associations avoisinantes » poursuit-il, voulant qu’y règne la convivialité, l’accessibilité (avec des tarifs abordables) et que soient encouragées les rencontres dans une « démarche éco-responsable, avec lutte contre le gaspillage, nourriture de saison. » Ce qui semble évident en 2021... La culture doit être le troisième pilier du projet avec des travaux en diffusion ou en création. La mairie a conservé les planches faites sur mesure pour créer un plateau de jeu par-dessus les bacs du Lavoir. Car, édifié dans les années 30, ce lieu patrimonial a été durant huit années un mini-Berlin. Les soirées Arm aber sexy (pauvre mais sexy, terme emprunté au maire iconique de la capitale allemande Klaus Wo

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Fin de cycle au Lavoir Public

Croix-Rousse | Olivier Rey, directeur du Lavoir Public, annonce son départ en septembre prochain, à l'occasion du renouvellement de la convention entre le lieu et la mairie du 1er.

Sébastien Broquet | Mardi 28 janvier 2020

Fin de cycle au Lavoir Public

Ce mercato lyonnais des lieux culturels semble sans fin : le 30 septembre prochain, la convention liant l'équipe du Lavoir Public et la mairie du 1er prendra fin et la nouvelle équipe municipale aura alors en charge de sélectionner un nouveau projet prenant place dans les murs de cet ancien lavoir municipal. Depuis le 2 février 2012, c'est le metteur en scène Olivier Rey qui mène la barque avec un brio rare, en faisant l'un des spots les plus attractifs et insolents de la cité, programmant théâtre, clubbing, rencontres ou encore le festival OnlyPorn. Il avait créé cet espace de liberté à l'origine avec Julien Ribeiro et Juli Allard-Schaefer, le nommant dans un premier temps Club Théâtre pour une durée initiale d'un an, avant de le rebaptiser avec la prolongation de l'aventure. Mais si le directeur désire s'en aller et laisser la place — il dit lui-même que trop souve

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Le Transbo prend l'air

Summer Sessions | Le Transbordeur métamorphose son espace extérieur pour la 5e édition des Summer Sessions, du 29 juin au 29 juillet. Un mois de fêtes outdoor sous toutes ses formes : des apéros graphiques au clubbing, voici notre sélection.

Maïté Revy | Mardi 28 juin 2016

Le Transbo prend l'air

Kiblind en mode psyché Ce magazine multimédia permet de découvrir les artistes émergents du monde de l'édition, du design graphique ou encore de la mode : pour cette ouverture des Summer Sessions, l'on profitera de l'exposition Le Passage (psychédélisme visuel avec tentures d'A. Eckart, A. Laffond ou Lasse & Russe) et on laissera parler son esprit créatif grâce aux ateliers "à faire soi-même". Tout ça accompagné des jolies trouvailles musicales du label AB Records. Mercredi 29 juin à 19h Quantic, latin vibes Will Holland, alias Quantic, revient secouer le Transbo en version live band avec son style mêlant les sonorités latines et jazz avec l'électro. Une recette spéciale qui sera servie par le plus colombien des artistes anglais, précédée d'un apéro plancha avec The Bongo Hop et Mr Day aux platines. Pour ravir papilles et oreilles. Dimanche 3 juillet à 17h Clips sur grand écran Faire découvrir à un large public les clips rhônalpins su

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Être et Lavoir

ACTUS | Le Lavoir public, lieu d'art et de vie berlinois par excellence, a récemment fait appel au financement participatif pour renflouer son budget. Alors que le slogan «arm aber sexy» ne lui est jamais si bien allé, Olivier Rey, l'un de ses deux fondateurs, découvre les limites du projet. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 13 mars 2015

Être et Lavoir

Né d'une rencontre entre le Club Théâtre, la fondation abbé Pierre pour le logement et la mairie du 1er arrondissement, le Lavoir public ouvre ses portes en 2012. L'idée est simple : créer un laboratoire artistique qui soit à la fois un vrai théâtre et un lieu à dimension plus festive, comme en regorge dans la capitale allemande. Ce mélange de formes qui permet de croiser les gens est cher à Olivier Rey, metteur en scène dudit Club. Il signe donc avec la mairie un contrat initial, qui permet à son collectif de s'installer au Lavoir pour 365 jours. Le côté éphémère du lieu crée une émulsion et très vite le public afflue. Tellement qu'à la fin de l'année, le contrat se transforme en convention d'occupation triennale avec la mairie. En 2015, le Lavoir a écrasé le nom de l'association de départ. Une année d'autant plus charnière qu'il change aussi d'équipe, Julien Ribeiro, l'autre fondateur de l'association, ayant décidé de quitter l'aventure pour poursuivre un projet personnel. Reste donc à la barre Olivier Rey, qui doit faire face à un criant manque de moyens. Pas Byzance Car si l'année 2014, a vu sa programmation avant-gardiste (sur les

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Le Lavoir Public sur Ulule

MUSIQUES | A la veille de son anniversaire (célébré le 7 février le temps d'une Arm Aber Sexy, du nom de son emblématique before), le plus Berlinois des lieux nocturnes (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 6 février 2015

Le Lavoir Public sur Ulule

A la veille de son anniversaire (célébré le 7 février le temps d'une Arm Aber Sexy, du nom de son emblématique before), le plus Berlinois des lieux nocturnes de Lyon a de quoi se réjouir : la campagne de crowdfunding qu'il a lancé sur Ulule est un succès, les 4000€ nécessaires à la poursuite de ses activités ayant été récoltés quinze jours avant la deadline. Pour autant, l'affaire n'est pas dans le sac, ces 4000€ constituant un minimum (qui permettra à ses trois salariés d'atteindre un équilibre budgétaire pour 2015). Si vous souhaitez que ce laboratoire esthétique, social et culturel unique en son genre (et peu soutenu par les collectivités au regard de son dynamisme) le reste, vous savez donc ce qu'il vous reste à faire. http://fr.ulule.com/lavoir-public

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Un Feu sur la langue

MUSIQUES | Rien que de très classique dans cette saison francophone. Du très bon, du bon, du moins bon, Kyo, et au milieu coule une rivière en Feu! Chatterton, inconcevable objet pop aux aspirations littéraires qui feront se gausser ou s'incliner. C'est à voir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Un Feu sur la langue

Oubliez les Sébastien Tellier (le 18 octobre au Transbo), Julien Doré (le 15 décembre au Radiant) et Stromae (le 1er novembre à la Halle) qui repassent une énième fois par ici ; zappez les vingt ans des Ogres de Barback et le retour de Kyo, tous deux au Radiant (les 6 et 27 novembre), repaire de morts-vivants. Omettez ces trois grands Bretons que sont Miossec, Daho, Tiersen (19 et 5 décembre au Transbo, 16 octobre à l'Epicerie) et Emilie Simon (7 novembre au Radiant, forcément). Bon si vous aimez tous ces artistes, ce qui pour la plupart d'entre-eux est bien légitime (cherchez néanmoins l'intrus), vous pouvez tout de même vous faire plaisir en allant les voir, on ne vit qu'une fois après tout, sauf Daho et Kyo. Mais rappelez vous une chose : la next big thing, celle dont tou

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Des bugs et des matrices

CONNAITRE | Depuis son ouverture, le Lavoir s’est imposé comme un lieu incontournable en matière d'expérimentation artistique et festive - en dépit de sa fermeture à (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 mai 2014

Des bugs et des matrices

Depuis son ouverture, le Lavoir s’est imposé comme un lieu incontournable en matière d'expérimentation artistique et festive - en dépit de sa fermeture à minuit. La curiosité insatiable de ses fondateurs, Olivier Rey et Julien Ribeiro, les a amenés à être sollicités par de nombreux festivals, dont ils accueillent des temps forts, d'Écrans mixtes au Mirage Festival en passant par Paroles en festival. À leur tour d’en initier un avec Ladybug, qui rassemblera durant quatre jours les femmes qui font la création numérique en Europe. Un sujet qui préoccupe depuis longtemps déjà les deux lurons - ils étaient à l'origine des soirées Lectroniques au Théâtre de l’Elysée. Hormis une incontournable table ronde sur l’égalité homme/femme dans ce domaine, il y sera surtout et heureusement question d’art, à commencer par celui toujours magnétique d’Adrien M. et Claire B. qui, avant de créer Pixel à la Maison de la danse avec Mourad Merzouki (en janvier 2015), se proposent avec Water Cycle, une véritable anamorphose aquatique obtenue par une savante programmation informatique, de remettre de l’eau dans ledit lavoir. Au Théâtre des Ateliers, où se déroule en par

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Bienvenue chez lui

MUSIQUES | Stromae a donc au moins le mérite d'avoir donné aux Guignols l'occasion de modeler le personnage le plus désopilant de leur roster actuel, grand échalas (...)

Benjamin Mialot | Mardi 22 avril 2014

Bienvenue chez lui

Stromae a donc au moins le mérite d'avoir donné aux Guignols l'occasion de modeler le personnage le plus désopilant de leur roster actuel, grand échalas accroché à son synthé comme une moule(-frites) à son rocher et fondamentalement incapable d'écrire un morceau positif. Au-delà du gag, sa marionnette a ceci de troublant qu'elle est si vraisemblable qu'on pourrait la confondre avec l'original : même teint cireux, même gestuelle à la fois raide et désarticulée – comme si le sprinteur Michael Johnson avait pris des cours de danse hip hop – même timbre de marin pas bien droit dans ses bottes en caoutchouc. Ce physique si particulier et la façon dont Stromae en joue, tour à tour imitateur pour MJC de Jacques Brel (guéridon à l'appui), figurant d'un clip cadavérique de Michael Jackson (notamment sur Papaoutai) et bonimenteur en costume d'Arlequin, constitue la première attraction de ses prestations scéniques. Le terme "attraction" n'est pas choisi par hasard : une soirée avec Stromae, c'est une virée dans une fête foraine sur les traces d'un pote extraverti et un peu éméché. Il y

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La vie en morose

MUSIQUES | Champion d'Europe poids lourds des ventes de disques et collectionneur de concerts sold out, Stromae a transformé quelques tubes eurodance en un succès phénoménal. Mieux, le jeune Belge à l'accent Brel réussit le prodige de faire valser l'Europe à mille temps sur ses envies de suicide collectif. Alors on danse ? Oui. Mais pourquoi au juste ? Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 22 avril 2014

La vie en morose

Après des années de dévouement à montrer son zizi à la Terre entière, qu’il pleuve, qu’il vente ou, plus rarement, que le soleil brûle, à se laisser déguiser comme une vulgaire poupée, à exposer la pollakiurie incurable qui lui vaut sa célébrité et remet tant en cause ce concept, il doit l’avoir mauvaise, en 2014, le Manneken-Pis. Lui qui, jusque-là, avait payé ce lourd tribut à sa dignité pour être le fils préféré des Belges, un monument national, s’est fait définitivement détrôner – si l’on peut dire – dévisser de son piédestal comme un vulgaire bronze de Lénine un jour d’indépendance à Vilnius. La faute à un grand machin fringué comme un croisement de Tintin et de sapeur congolais à qui on n'aurait laissé que du XXS, comme un Spirou repeint par Magritte qui aurait poussé trop vite. Ce grand machin, c'est donc Stromae, devenu à ce point porte-drapeau de la Belgique qu’il lui en a presque fait oublier combien de fois elle a été au bord de se couper en deux au niveau du nombril bruxellois. Le voilà maintenant, le Plat pays, à courir comme un seul homme derrière ses Diables rouges qu’on n'a jamais connu aussi inspirés depuis la Coupe du monde 1986 et à danser comme un seu

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Le freak, c’est chic

MUSIQUES | Du freak, du fou, de la créature cramée, de l’inclassable, de l’incassable, du fragile, du fracassé, du fracassant, du marginal, du réfractaire, du réfracté, du revenant, du rêveur, du malade, du rageux, cet automne musical va en faire pleuvoir de partout. Du chelou comme à Gravelotte, qu’il va tomber. De belles tronches de vainqueur et des paluches pleines de talent, des noms à coucher dehors, du génie à la pelle, attaqué à la pioche. Ah, inquiétante étrangeté quand tu nous tiens ! Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Le freak, c’est chic

Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est Florent Pagny en total look peau de zobi à la Star Academy ou Alain Delon tenant des propos contre-intelligents sur l’homosexualité dans C à vous. Car oui, souvent, on a affaire à un type qui peut partir en vrille à tout moment, se mettre à dire n'importe quoi, comme n'importe quel parrain dans n'importe quel événement familial, ou comme un parrain de la mafia un peu sur les nerfs. C'est très bien, ça fait parler. Nous aurions pu assez logiquement choisir le parrain rock Don Cavalli, d’origine italienne et d’aspiration amerloque, comme tout parrain qui se respecte, et dont Les Inrocks qualifient avec raison la production de «rock tordu et primitif», quelque part entre la sève de Johnny Cash et les débordements d’un Beck. Bref, l’éternelle histoire du type né au mauvais endroit au mauvais moment et qui s’en accommode par le voyage intérieur (sur son dernier disque il va même jusqu’en Asie). En plus, dans le civil,

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