Quais du Polar : De la suite dans les idées

CONNAITRE | Les diamants ne sont pas seuls à être éternels. Non contentes de survivre à leurs créateurs, les grandes figures du roman policier ou d’espionnage s’offrent même des prolongations en se faisant adopter par de nouveaux parents : de quoi reconsidérer les liens du sang.

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Photo : © DR


Le sort est injuste pour les auteurs de polars : ils suent sang et whisky pour inventer des personnages originaux, s'esquintent la santé à créer des structures narratives innovantes, des formes stylistiques inédites et/ou des intrigues insensées… Tout ça pour qu'après leur trépas des godelureaux qu'ils ne connaissent en général ni des lèvres, ni des dents, reprennent la boutique d'un clavier enfariné !

Si la pratique semble hérétique dans l'édition francophone, à moins de travailler en famille (l'épouse et les enfants de Jean Bruce lui ont succédé aux commandes de OSS 117 et Patrice Dard a pris la relève de son paternel Frédéric pour la série San-Antonio), elle semble naturelle chez les voisins anglo-saxons, où de Sherlock Holmes à Hercule Poirot récemment (sous la plume de Sophie Hannah), la plupart des détectives de papier bénéficient d'un bonus en librairie. Les lecteurs sont loin de s'en offusquer : d'abord, parce que le cinéma a ouvert la brèche en multipliant adaptations et avatars des héros populaires ; ensuite parce que le culte de l'auteur se révèle moins exacerbé qu'on ne le croit.

Cette année, Quais du Polar donne la parole à deux “repreneurs de flambeaux” atypiques, au centre de toutes les attentions : Anthony Horowitz et David Langercrantz. Le premier est un récidiviste : intégré dans l'écurie des romanciers autorisés à ajouter un volume à la saga James Bond initiée par Ian Fleming (Déclic Mortel), il avait précédemment signé deux Sherlock Holmes et adapté Hercule Poirot pour la télévision.

Quant au second, on lui doit la résurrection de Mikaël Blomkvist, personnage principal de la trilogie de Stieg Larsson, Millénium. Avec Ce qui ne me tue pas, Langercrantz a relancé la série-phare du polar suédois, annonçant même une nouvelle trilogie. Tous deux profiteront de leur présence à Lyon pour confronter leur regard aux adaptations cinématographiques tirées de leurs univers respectifs. Si Langercrantz a choisi le Millénium de Fincher, on évitera la totale Daniel Craig, Horowitz lui ayant préféré Sean Connery dans le smoking blanc de 007 pour le matriciel et canonique Goldfinger (1964) de Guy Hamilton. VR

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"Mourir peut attendre", un dernier James Bond pour Daniel Craig : mourir et laisser vivre

Espionnage | Sorti de sa retraite pour contrer une pandémie terroriste (et se venger de Blofeld), Bond se découvre de nouveaux ennemis… et des alliés et alliées inattendues. Retardé depuis 18 mois, l’ultime épisode interprété par Daniel Craig clôt par un feu d’artifice inédit son cycle d’aventures dans la peau de l’agent britannique. Défense de spoiler !

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Après avoir porté un sérieux coup à l’organisation criminelle Spectre et capturé son chef Ernst Stavro Blofeld, James Bond s’octroie une escapade italienne en compagnie de Madeleine Swann. Leur tête-à-tête romantique va être contrarié par plusieurs fantômes de leurs passés respectifs, les contraignant à une rupture brutale. Cinq ans plus tard, Bond est tiré de sa retraite par son ami Felix Leiter de la CIA, après qu’un savant russe retourné par le MI6 a été enlevé avec une redoutable arme biologique de sa confection… Tourné et finalisé avant la pandémie, retardé à cause d’icelle, Mourir peut attendre traite donc d’une… pandémie. Ou du moins du combat de James Bond contre une puissance terroriste cherchant à déclencher une attaque bactériologique (pour faire simple) à l’échelle planétaire. Un argument réactualisant celui de Au Service Secret de Sa Majesté (1969) de Peter Hunt, lui-même produit au moment de l’épidémie de grippe de Hong Kong. La fatalité a de ces ironies… Seul épisode interprété pa

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Quais du Polar : un festival de littératures noires

Polar | Né en bord de Saône, Quais du Polar s’offre une résurrection post-Covid de luxe en bord de Rhône et à l’air libre. Coups d’éclats, de soleil et lunettes noires à prévoir.

Vincent Raymond | Lundi 28 juin 2021

Quais du Polar : un festival de littératures noires

À quelque chose, malheur est bon : forcée de se décaler à l’aube de l’été pour éviter la parenthèse covidienne, cette 17e édition de Quais du Polar s’est adaptée, démultipliant les interactions avec la ville et l’air libre. Point de Grande Librairie dans le Palais de la Bourse cette année, mais une farandole d’étals s’étirant quai Sarrail en face, le long du Rhône, à la manière des bouquinistes — c’est ici que les autrices et auteurs viendront dédicacer. Pas d’espace jeunesse en intérieur non plus : à l’instar de Lyon BD, le Parc de la Tête d’Or est réquisitionné pour accueillir les auteurs et leur public sur la pelouse des Ébats. Mais ce n’est pas tout : le festival a aussi créé de nouveaux formats, en théorie éphémères (2022 verra en effet le retour du festival à son calendrier normal) de “reconquête” de l’espace public. En plus de la traditionnelle Grande Enquête signée Christelle Ravey, saluons notamment l’hommage

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Quais du Polar : Cantaloube Island

Série Noire | Héritier de la veine politique et sociale qui a marqué le polar français moderne, Thomas Cantaloube, désormais entièrement tourné vers la fiction, publie une seconde Série Noire scotchante, Frakas.

Sébastien Broquet | Vendredi 2 juillet 2021

Quais du Polar : Cantaloube Island

Deux romans seulement. Mais c'est une nouvelle voix qui compte dans le polar français, tendance politico-sociale, héritage Pouy-Daeninckx, où l'on explore les tréfonds de la politique et creuse du côté des officines style SAC, tout en scrutant l'arrière-cour des grands faits historiques du pays — comme dans Meurtres pour mémoire du suscité Didier Daeninckx, car ici aussi, Maurice Papon traîne dans le paysage de Requiem pour une république. Et c'est Jacques Foccard, le monsieur Afrique du général De Gaulle, qui prend la lumière sur ce second volet, suite habile baptisée Frakas, tableau forcément sombre d'une Françafrique tordue, manipulatrice, meurtrière, alors naissante dans la foulée des indépendances qui se succédent sur le grand continent. Cette voix, c'est celle de Thomas Cantaloube. Ancien grand reporter ayant œuvré pour les Cahiers du Cinéma comme pour L'Humanité, dont il fût longtemps le correspondant aux États-Unis avant d'aller enquêter un peu partout sur la planète, il quitta le journal communiste en 2001, participa à la

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Quais du Polar : noir comme le soleil

Festival | Après une semi-éclipse et une version numérique l’an passé, Quais du Polar confirme la tenue de sa 17e édition du 2 au 4 juillet prochains. En décalage par rapport à ses dates habituelles ; avec aussi une translation dans l’espace…

Vincent Raymond | Samedi 24 avril 2021

Quais du Polar : noir comme le soleil

« Sous le soleil exactement », promet l’équipe de Quais du Polar. Pas à côté, mais pas n’importe où non plus : contraintes sanitaires obligent, les lieux habituels doivent en effet s’adapter, quitte à accueillir moins de visiteurs simultanément pour répartir les flux. Impossible en effet pour un événement drainant ordinairement 100 000 festivaliers de concentrer l’essentiel de son public sur ses sites principaux — Palais de la Bourse, Hôtel de Ville, Chapelle de la Trinité. La Grande Librairie va donc migrer en plein air sur les berges du Rhône — à la façon des bouquinistes des quais de Saône ? — et nombre de rendez-vous ou rencontres investiront parcs (dont la Tête d’Or), terrasses et espaces de plein air, matérialisant le cas échant des partenariats inédits — parmi lesquels les Nuits de Fourvière (dans l’Odéon), ou encore Les Bateaux Lyonnais (pour des promenades en péniches). Plus de cent (auteurs) à la Une Une semaine après les élections régionales, le week-end sera à nouveau éminemment politique avec notamment l’Europe, la justice, l’environnement par

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Quais du Polar cible l’été 2021

Lyon | Conséquence de la crise sanitaire, Quais du Polar déplace son édition 2021 à de nouvelles dates : du 2 au 4 juillet 2021.

Vincent Raymond | Mardi 17 novembre 2020

Quais du Polar cible l’été 2021

On n’est jamais trop prévoyant. Après avoir dû annuler son édition 2020 prévue début avril pour cause de premier confinement, été contrainte de renoncer au dernier moment (et la mort dans l’âme) à sa fameuse Grande Enquête le week-end des 16-17-18 octobre dernier à cause du second confinement, l’association organisatrice du festival Quais du Polar a pris les devant en décalant ce qui sera sa 16e édition : elle se tiendra du 2 au 4 juillet 2021, au lieu du traditionnel mois d’avril — une ambiance plus moite, qui s’accorde toutefois avec le genre. Le choix a naturellement été dicté par les circonstances sanitaires toujours préoccupantes, aggravées par la fermeture des libraires — partenaires historiques de cette manifestation qui a réussi depuis sa création à devenir un incontournable poumon pour les littératures noires et policières en France. S’il est trop tôt pour avancer un embryon de programme, il semble acquis que la crise de la Covid-19 aura une incidence sur la future org

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Bond. Rebonds.

007 | Pour se consoler du décalage de la sortie du cinquième et ultime opus de la saga 007 à être interprété par Daniel Craig, Mourir peut attendre — qui porte (...)

Vincent Raymond | Jeudi 5 mars 2020

Bond. Rebonds.

Pour se consoler du décalage de la sortie du cinquième et ultime opus de la saga 007 à être interprété par Daniel Craig, Mourir peut attendre — qui porte si bien son titre et désormais annoncé en novembre pour cause de Covid-19 —, les Pathé Bellecour, Vaise et Carré de Soie proposent une révision générale avec Il était une fois James Bond : Casino Royale (lundi 9 mars à 20h), Quantum of Solace (jeudi 19 mars), Skyfall (jeudi 26 mars) et enfin Spectre (jeudi 2 avril). Rien que pour vos yeux… Il était une fois James Bond Aux Pathé Bellecour, Vaise et Carré de Soie et jusqu'au 2 avril

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Polar partout...

Quais du Polar | Si on ne sait pas ce que nous réserve la météo du printemps, on est sûr d'une chose : comme chaque année Lyon sera le temps d'un week-end ensevelie sous un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

Polar partout...

Si on ne sait pas ce que nous réserve la météo du printemps, on est sûr d'une chose : comme chaque année Lyon sera le temps d'un week-end ensevelie sous un raz-de-marée policier. Non pas que BAC et CRS déferleront dans les rues LBD en main (encore qu'on n'est pas à l'abri) mais parce que se tiendra l'événement littéraire le plus couru de la métropole : le gigantesque Quais du Polar, ses dizaines d'auteurs stars, ses multiples animations (grande enquête, dictée...), son ouverture à toutes les formes d'expression (cinéma, musique, séries, théâtre, gastronomie). Des noms ? Grisham, Pelecanos, Winslow, Khouri, Lisa Gardner, Craig Johnson, Leonardo Padura, Boris Quercia, Martín Caparrós, Valerio Varesi, Petra Hammesfhar, Michel Bussi, Fra

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Quais du Polar (re)part en livre

Polar en Vacances | C'est dans le cadre de Partir en Livre, fête estivale du livre jeunesse à l'initiative du Centre National du Livre (CNL) que Quais du Polar propose deux jours durant et pour la quatrième année consécutive, le programme Polar en vacances.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 juillet 2019

Quais du Polar (re)part en livre

L'occasion pour tous les 6-14 ans de se sensibiliser à la lecture et à ses à-côtés de manière ludique (ça reste les vacances, il ne faudrait pas l'oublier). Pour ce faire, Polar en Vacances proposent ateliers-rencontres et dédicaces, sur le stand de la librairie À Titre d'Aile avec des auteurs et illustrateurs jeunesse tels que Claire Gratias (L'été où j'ai vu le tueur), Églantine Ceulemans (Kidnapping à la confiture) et Emmanuel Trédez (Le Macaron est sur les dents). Ainsi qu'un espace de lecture via une sélection de polars réalisée par la Bibliothèque Municipale de Vaise. En marge de la lecture, l'événement invite également à une animation autour du graffiti à l'aérosol, un parcours enquête, un stand de jeux de sociétés et pour les plus de douze ans un escape game en plein air. Le tout est gratuit sur inscription avec, à la clé, comme d'usage pour Partir en livre, des Chèques Lire offerts par le CNL. Rendez-vous les 17 et 18 juillet dans le cloître et les jardins du CNSMD dans le 9e arrondissement.

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La Littérature nordique à Quais du Polar

Quais du Polar | Aux cucarachas et mariachis, Quais du Polar préfère l’ambiance banquise-soleil de minuit pour célébrer sa Quinceañera. Le festival craindrait-il qu’on manque de frissons et de sueurs froides ?

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

La Littérature nordique à Quais du Polar

L’année 2005 est doublement importante pour le polar. Elle a en effet vu apparaître Mikaël Blomkvist, le héros de la saga Millénium faisant naître un engouement inédit pour les littératures noires suédoise, scandinave et plus largement nordiques. La disparition prématurée de Stieg Larsson — en 2004, avant même la publication des romans — ne fit qu’aiguiser cette appétence. La nature ayant heureusement horreur du vide, le goût pour l’hémoglobine frappée et les paysages givrés que les lecteurs du monde entier s’étaient découvert fut vite assouvi : Henning Mankell, Camilla Läckberg, Arnaldur Indriðason, Jo Nesbø, la paire Lars Kepler, David Lagerkrantz (entre autres) avaient profité de la brèche dans l’igloo pour faire entendre leur voix. Toutes ces autrices et ces auteurs ont en outre bénéficié de l’incomparable caisse de résonance constituée par Quais du Polar, également né en 2005 mais à 45° du Pôle Nord : à Lyon. Lyon. Ces quinze années de compagnon

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Brian de Palma à Quais du Polar

Quais du Polar | [Moment vieux con] Aux jeunes publics qui pensent que Freddie Mercury et Queen ont tout inventé avec Bohemian Rhapsody, on recommande chaudement d’aller (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

Brian de Palma à Quais du Polar

[Moment vieux con] Aux jeunes publics qui pensent que Freddie Mercury et Queen ont tout inventé avec Bohemian Rhapsody, on recommande chaudement d’aller faire un tour à l’Institut Lumière pour découvrir en grand Phantom of the Paradise (1974) pour tant de raisons que cette page n’y suffirait pas. Essayons tout de même. Il s’agit d’abord d’une relecture-réactualisation du classique Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux — déjà porté à l’écran avec Lon Chaney —, mâtinée de références au Faust de Gœthe comme à l’indispensable figure matricielle du cinéma de Brian De Palma, Alfred Hitchcock. S’il reçoit un très mérité Grand Prix au festival d’Avoriaz en 1975, c’est en tant que comédie musicale rock innovante qu’il marque autant les yeux et les oreilles, s’inscrivant automatiquement comme un marqueur de son temps et un classique du 7e art. Paul Williams, qui compose en sus le méphistophélique Swan, signe une bande-originale magistrale, enchaînement de tubes pop-rock, du dia

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Roberto Saviano et Brian de Palma invités à Quais du Polar

Polar | Double annonce choc pour Quais du Polar, qui annonce la venue de deux stars au pedigree long comme un épisode de Derrick : Roberto Saviano et Brian de (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 6 février 2019

Roberto Saviano et Brian de Palma invités à Quais du Polar

Double annonce choc pour Quais du Polar, qui annonce la venue de deux stars au pedigree long comme un épisode de Derrick : Roberto Saviano et Brian de Palma. Le premier est un journaliste Italien rendu immensément célèbre par la parution en 2006 (en France, 2007) de Gomorra, mettant crûment à jour l'ampleur de la main-mise de la camorra, la mafia napolitaine, sur la ville et au-delà. Une enquête minutieuse qui lui vaudra d'être publié dans 42 pays, mais aussi des menaces de mort de la part de la camorra. Roberto Saviano vit toujours, depuis, sous protection policière. Mais ne s'est pas calmé : il est aujourd'hui l'un des plus farouches opposants à l'extrémiste Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur. Saviano a depuis publié d'autres ouvrages, dont le tout aussi intéressant Extra pure : Voyage dans l'économie de la cocaïne en 2014. La rencontre "Une heure avec…" Roberto Saviano est programmée le samedi 30 mars à 11h, au Théâtre des Célestins. Brian de Palma également convié Brian de Palma, cinéaste, vient lui présenter son premier roman écrit

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Le monde des livres

Littérature | Avant la saison des festivals d'été, il y a celle des festivals littéraires, nourrie des centaines de livres parues en quelques mois et des milliers d'idées qui les composent. Tour d'horizon des événements littéraires majeurs du printemps.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 janvier 2019

Le monde des livres

Fête du Livre de Bron Retour à une thématique cette année, et même à une thématique forte pour la Fête du Livre de Bron qui explorera les recoins littéraires de "La Vie sauvage" : animalité de l'humain, violence du monde, libéralisme sauvage, question environnementale mais aussi subversion et insoumission. Où l'on retrouvera notamment le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux (pour une collaboration qui s'annonce savoureuse avec le musicien Florent Marchet), mais aussi de nombreux autres comme Serge Joncour, David Diop, Charif Majdalani, Marielle Macé, Pascal Blanchard. Florence Aubenas, Andreï Kourkov, Domonique A, François More, FabCaro ou Jérôme Ferrari. Plus de détails sur cet alléchant programme le 23 janvier. À l'Hippodrome de Parilly du 6 au 10 mars Quais du Polar En dépit du réchauffement climatique, ils seront un peu glacés, cette année, les Quais du Polar. Le festival ayant choisi de rendre hommage au polar nordique et à ses joyeuses spécificités littéraires, culturelles et politiques. En invitant pas moins de 25 auteurs

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Nuit super héroïnes

ECRANS | Voici le genre de soirée auquel on aimerait convier Martin Solveig. Surtout pas pour le charger d’ambiancer les séances — il serait capable de demander (...)

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Nuit super héroïnes

Voici le genre de soirée auquel on aimerait convier Martin Solveig. Surtout pas pour le charger d’ambiancer les séances — il serait capable de demander aux spectatrices si elles veulent pogoter à l’entracte au bar ou tektoniker sur les génériques — mais pour lui prouver par l’image que ses réflexes paternalistes de fin de banquet appartiennent résolument à un autre âge. Cela fait bien longtemps que diverses amazones (mise d’ailleurs à l’honneur de la nouvelle livraison de la revue Carbone) en remontrent aux machos sur la toile, et il ne suffirait pas d’une nuit pour s’en convaincre. Celle programmée par l’Institut Lumière réunit cependant un joyeux panel de ces héroïnes ayant imposé leur marque dans un monde résolument taillé pour l’autre sexe. On commencera à 20h30 avec la complexe Lisbeth Salander version Rooney Mara dans Millénium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes signé par Fincher, incarnation d’une perfection clinique parasitée par les né

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Rien que pour vos oreilles : James Bond à l'Auditorium

Soundtrack | En plus de toute une série de codes et une classe so britsh qui ont traversé les époques, l'identité de la saga James Bond c'est un thème musical créé par Monty (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 4 décembre 2018

Rien que pour vos oreilles : James Bond à l'Auditorium

En plus de toute une série de codes et une classe so britsh qui ont traversé les époques, l'identité de la saga James Bond c'est un thème musical créé par Monty Norman largement décliné, là encore à travers les époques, par le grand John Barry. Mais aussi toute une série de morceaux donnant à chaque film de la série sa propre signature musicale, qu'ils soient signés Barry (Goldfinger, Au service secret de sa Majesté, on en passe...), délivrés par des compositeurs en vogue (David Arnold, Michael Kamen) ou par les plus grandes pop stars du moment (Paul McCartney, Bono & The Edge, Jack White, Duran Duran, Adele...). Sur le modèle du spectacle Star Wars proposé il y a deux ans et mis en lumière par la canadienne D.M. Wood, l'Auditorium propose les 6, 7 et 8 décembre, de faire revisiter par l'Orchestre National de Lyon cet univers musical bondien en mode symphonique, sous la direction de Stephen Bell (et toujours dans la lumière de Wood). Cerise sur le gâteau, il est permis de venir déguisé le 6 décembre – mais, c'est bien précisé,

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Dure à cuire : "Millenium : Ce qui ne me tue pas"

Pølår | de Fede Alvarez (É-U, avec avert., 1h57) avec Claire Foy, Sverrir Gudnason, Sylvia Hoeks…

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Dure à cuire :

Quand elle ne “corrige“ pas les hommes trop violents avec leur épouse, Lisbeth Salander fait commerce de son génie du hacking. Or l’une de ses missions va très mal tourner : il faut dire qu’elle a piraté la NSA pour récupérer un logiciel capable de déclencher le feu nucléaire… Extra-ordinaire à bien des égards, la saga littéraire Millenium a trouvé en Langercrantz un prolongateur zélé qui l’a développée autour de son atout majeur : le personnage de Salander. Moins lisse et plus intrigant que le héros théorique Mikael Blomqvist, la pirate tatouée et surdouée est, dans son genre, un fameux modèle féminin. En inversant les rôles, c’est-à-dire en plaçant ici Lisbeth au premier plan et Blomqvist en force d’appoint, Millenium prendrait-il un virage féministe ? En apparence seulement : si on le soumet au test de Bechdel, on s’aperçoit vite que les rares femmes donnant la réplique (ou faisant face) à Lisbeth ont un homme au centre de leurs conversations quand il ne niche pas dans leur passif commun. Voire, plus retors, qu’elles se

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Patricia Tourancheau : « les bons faits divers font les bons polars » 

Quais du Polar | Dans son nouveau cold case titré "Grégory, la machination familiale", la journaliste Patricia Tourancheau retrace l’enquête du fait divers le plus énigmatique du siècle dernier. Rencontre dans les travées de Quais du Polar.

Margaux Rinaldi | Lundi 9 avril 2018

Patricia Tourancheau : « les bons faits divers font les bons polars » 

Pourquoi l’affaire Grégory ? Patricia Tourancheau : Pour moi, c’est le fait divers le plus emblématique du XXe siècle. Celui dont on parle le plus, dont on se souvient le plus. Il recèle vraiment tous les éléments pour une bonne histoire. Déjà, cela se passe dans un petit village des Vosges, donc dans un territoire restreint. Et puis on parle tout de même d’un enfant qui a été jeté vivant et ligoté dans la Vologne ! L'histoire, ensuite, est pleine de rebondissements. Le corbeau, qui harcèle la famille depuis deux ans, va carrément revendiquer le meurtre ; la mère sera accusée à tort pendant huit ans… C’est vraiment le scénario incontournable, un scénario que l’on ne pourrait même pas inventer. Et c’est un fait qui n’est pas élucidé : son côté cold case, énigme, fait qu’aujourd'hui encore, on ne sait pas formellement qui était ce corbeau à deux têtes. On sait seulement qu’il s’agit d’un homme à la voix rauque et d’une femme, devenant de plus en plus sadique et cruel (particulièrement envers Christine et Jean-Marie Villemin), jusqu’au meurtre du petit Grégory. Les avez-vous renc

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14e Quais du Polar : La ligne noire des Alpes

Quais du Polar | Vert, blanc, rouge et noir. Telles sont les couleurs de la 14e édition de Quais du Polar.

Vincent Raymond | Mardi 3 avril 2018

14e Quais du Polar : La ligne noire des Alpes

En quête de proximité, Quais du Polar ? À vrai dire, les liens sont déjà anciens entre l’Italie et le festival-roi du genre. Celui-ci n’a pas attendu la ligne ferroviaire Lyon-Turin pour être convié au Salon piémontais du livre — c’était en 2006 — et il participera en juin prochain au palermitain Una Marina di libri. L’invitation faite cette année au grand voisin transalpin dépasse l’échange de politesses : elle rend justice à une profusion d’auteurs d’envergure à travers quinze plumes remarquables. Gros calibres ou nouveaux venus, pratiquant le polar en puriste ou par contrebande, ces représentants bousculent volontiers les codes dans leur style ou leur souffle. Nero è vero Tel Luca di Fulvio, dont le “gros roman“ Le Gang des rêves (Slatkine & Cie) se place parmi ce qu’on a pu lire de plus prenant et de plus enthousiasmant ces dernières années — la virtuosité de la traduction d’Elsa Damien n’y est sans doute pas étrangère. Prenant naissance en Calabre, cette fres

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Quais du Polar à l’italienne

Festival | Festival éclectique du genre noir, Quais du Polar revient pour sa 14e édition avec une forte connotation italienne. Le succès de la précédente avait confirmé sa popularité au-delà des frontières de Lyon : près de 80 000 visiteurs étaient venus y frissonner de plaisir.

Aliénor Vinçotte | Mercredi 28 février 2018

Quais du Polar à l’italienne

Parmi les 122 auteurs invités cette année figure un important contingent transalpin : plus de quinze plumes représentent en effet l'Italie, pays à l'honneur, aux côtés d'éditeurs et de professionnels du cinéma. La mafia sera largement évoquée : sur les écrans du Comœdia, trois écrivains présenteront ainsi chacun un long-métrage emblématique autour de ce thème (Détenu en attente de jugement de Nanni Loy, Les Cent pas de Marco Tullio Giordana et Suburra de Stefano Sollima). Du côté du Pathé Bellecour, Francesco Munzi, présentera sa réalisation Les Âmes noires en compagnie de l'auteur du roman éponyme, Gioacchino Criaco. Outre les Italiens, on note la présence de la française Karine Giebel (multiprimée pour ses thrillers psychologiques), du prolifique auteur américain, Harlan Coben et enfin de Camilla Läckberg, reine du polar suédois. Du Noir au vert Le Centenaire de la Paix,

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Livres : la saison des auteurs

Panorama Littérature | Après les deux rentrées littéraires de l'année, riches de plus d'un millier d'œuvres, et avec le printemps, revient la saison des salons et autres manifestations littéraires d'envergure dans l'agglomération. Avant-programme à l'usage du lecteur compulsif.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 janvier 2018

Livres : la saison des auteurs

Fête du livre de Bron La thématique, c'est fini. Désormais, la Fête du Livre de Bron, richesse littéraire oblige, s'articulera sous formes de cycles thématiques à même de lui rendre justice : l'enfance comme pays natal, la vie des autres, le roman familial, le rapport à l'Histoire, le roman social, la littérature de voyage seront autant de points d'ancrage avec les auteurs conviés à cette 32e édition de l'incontournable festival littéraire brondillant. Parmi eux, on retrouvera, comme d'usage, quelques unes des grandes plumes de la rentrée de septembre : Delphine Coulin, Pierre Ducrozet, François-Henri Désérable, Yannick Haenel, prix Médicis pour Tiens ferme ta couronne, Christophe Honoré, Lola Lafon, Monica Sabolo, Marie Richeux, mais aussi des "auteurs de janvier" comme Pierre Lemaître qui honorera dès le 24 janvier une rencontre à la Médiathèque de Bron au

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Polars en vacances

Quai du Polar | Vendredi 21 et samedi 22 juillet, Quais du Polar va donner un sens nouveau au fameux oxymore “soleil noir”… tout en vous permettant de prendre des couleurs.

Vincent Raymond | Vendredi 21 juillet 2017

Polars en vacances

À l’occasion de la manifestation nationale Partir en Livre, l’association lyonnaise organise deux après-midi de festivités littéraires en plein air dans le parc de l’Institut Lumière. Au programme, des rencontres avec l’autrice Camille Brissot (photo), des ateliers BD, maquillages ciné et jeux de société avec les illustratrices Evemarie et Sandrine Goalec mais également des jeux de piste ainsi que l’incontournable visite du Musée du Cinéma ! Si vous préférez le farniente et arrivez les mains dans les poches, un espace détente et une librairie vous attendent. Ah, inutile d’essayer de les voler : vous pourrez même en gagner sur place… Inscriptions sur www.quaisdupolar.com

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Patricia Tourancheau, la rafleuse de tuyaux

Du fait divers à la littérature | La littérature s'abreuve depuis la nuit des temps de faits divers. Mais le fait divers lui-même, dès la lecture des pages du quotidien matinal, peut être (...)

Sébastien Broquet | Mardi 28 mars 2017

Patricia Tourancheau, la rafleuse de tuyaux

La littérature s'abreuve depuis la nuit des temps de faits divers. Mais le fait divers lui-même, dès la lecture des pages du quotidien matinal, peut être littérature à part entière, dès lors qu'une plume alerte s'en empare. Patricia Tourancheau est de celles-ci. Longtemps, elle a noirci les feuilles de Libération de ses enquêtes, souvent au long cours, nourries de détails que les autres ne relevaient pas, d'informations qu'elle seule dénichait. Elle en a fait des livres, aussi, ces dernières années : sur la traque du tueur en série Guy Georges (adapté au cinéma sous le titre L'Affaire SK1), sur le fameux gang des Postiches, qui vaut tous les romans noirs. Et ce mois-ci, sur le légendaire 36 quai des Orfèvres, dont les dernières heures sur l'île de la Cité se seront vues rythmées par un procès pour vol de cocaïne en son sein-même... Dans quelques mois, le 36 sera transféré dans le 17e arrondissement de Paris. Et rien ne sera plus pareil. Pour Patricia Tourancheau non plus, qui a arpenté ses couloirs des années durant, depuis 1990, pour le compte de Libé qu'elle a comme beaucoup quitté, rej

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Michel Pastoureau : « Je n'aime pas beaucoup "Le Rouge et le Noir" »

CONNAITRE | Amateur de roman policier, l'historien des couleurs, Michel Pastoureau vient commenter "Le Rouge et le Noir" de Claude Autant-Lara et le tableau "Les Otages" de Jean-Paul Laurens. En avant-première, cet amoureux des films... en noir et blanc, nous entretient ici du choix – parfois pragmatique et paradoxal – de ces œuvres, nous livre ses considérations sur la prégnance du noir et du rouge dans l'imaginaire du roman policier.

Stéphane Duchêne | Lundi 3 avril 2017

Michel Pastoureau : « Je n'aime pas beaucoup

L'amoureux des couleurs que vous êtes nourrit ce paradoxe de préférer de préférer les films en noir et blanc... Michel Pastoureau : C'est mon goût personnel, sans doute lié à mon enfance, j'avais une grand mère qui aimait énormément le cinéma et m'y emmenait fréquemment. Dans les années 50, le cinéma en couleur existait déjà mais la majorité des films étaient quand même en noir et blanc donc je me suis forgé une sensibilité, un imaginaire du cinéma en noir et blanc. Et je reconnais que le cinéma en couleur ce n'est pas tout à fait le cinéma pour moi, c'est un peu autre chose. À Quais du Polar vous venez justement présenter un film en noir et blanc, que l'on ne peut bien sûr détacher de vos travaux sur la couleur puisqu'il s'agit du Rouge et Le Noir adaptation du roman de Stendhal par Claude Autant-Lara (1954). Pourquoi ce choix ? Pour Quais du Polar, on m'a demandé de choisir un film qui ait un rapport avec la notion de polar, j'ai donc choisi quelque chose qu'il me serait assez facile de commenter, n'étant pas un spécialiste du cinéma (rires). A la fois parce que Le Rouge et le Noir c'e

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Michel Pastoureau : Haut en couleurs

Portrait | Médiéviste reconnu et spécialiste émérite de l'histoire des couleurs, Michel Pastoureau est l'invité de Quais du Polar pour une triple intervention : des commentaires d'œuvres autour du Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara et du tableau Les Otages de Jean-Paul Laurens, ainsi qu'une conférence baptisée La vie en couleurs, qui pourrait être le résumé de la sienne, tout entière dévolue à une dévorante passion chromatique.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mars 2017

Michel Pastoureau : Haut en couleurs

Partons du principe, comme le chantait Johnny, que « Noir c'est noir » et que cela vaut pour toutes les couleurs. Elles sont partout, sont comme elles sont, et il n'y aurait rien à en dire. De Johnny on pourrait, une fois n'est pas coutume, convoquer le philosophe logicien Ludwig Wittgenstein et ses Remarques sur les couleurs : « Si l'on nous demande : que signifient les mots rouge, bleu, noir, blanc ? Nous pouvons bien entendu montrer immédiatement des choses qui ont de telles couleurs. Mais notre capacité à expliquer la signification de ces mots ne va pas plus loin. » Mais ça, c'était avant Michel Pastoureau, qui a consacré une grande partie de sa vie et de ses recherches à l'étude des couleurs, de leur histoire, de leur symbolique. Ainsi a-t-il livré, depuis 2002 et avec une passion communicative, d'imposantes monographies publiées au Seuil, sur le Bleu, le Noir, le Vert et dernièrement le Rouge (il s'attaque désormais au Jaune), aussi enthousiasmantes qu'instructives. Une démarche qui ne doit rien au hasard, la passion de

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David Vann : « Les lois n'ont souvent pas de sens »

Quais du Polar | Révélé par le magistral et outre-sombre Sukkwan Island (Prix Médicis étranger 2010), David Vann revient avec Aquarium, roman apaisé d’une déchirure familiale recousue. Avant de faire escale à Quais du Polar dont il est un des invités de marque, rencontre avec ce géant de la littérature contemporaine.

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

David Vann : « Les lois n'ont souvent pas de sens »

Vous venez pour le seconde fois à Quais du Polar. Vous considérez-vous comme un auteur de roman noir ? David Vann : Je suis très heureux de revenir : c’est un grand festival. Bien que je ne considère pas que mes romans s'intègrent dans la “fiction criminelle” aux États-Unis ou au Royaume-Uni, je pense qu'il est possible qu'ils s'inscrivent dans une plus large conception française du roman noir. De la même manière, mes romans ne correspondent pas au nature writing aux États-Unis, alors qu’ils s'inscrivent dans la conception plus large qu’en a Gallmeister, mon éditeur français. Mes romans se concentrent sur le paysage reflétant la vie intérieure des personnages — et cette réflexion est généralement sombre. Je me suis inspiré de cinq suicides et d’un meurtre dans ma famille (ou ma famille élargie), mais aussi de la tragédie Medée. J'écris sur des personnages qui s'aiment, mais se détruisent ; des personnages qui agissent inconsciemment, hors de contrôle, qui brisent des tabous, souvent violemment. Comme je m’intéresse à ces moments où les

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Quais du Polar lance son appel à Jury

CONNAITRE | Comme chaque année, le festival Quais du Polar lance un appel à candidatures pour former son jury officiel du Prix des lecteurs. Il s'agira de désigner le (...)

Lisa Dumoulin | Mercredi 9 novembre 2016

Quais du Polar lance son appel à Jury

Comme chaque année, le festival Quais du Polar lance un appel à candidatures pour former son jury officiel du Prix des lecteurs. Il s'agira de désigner le meilleur polar francophone de l'année 2016, parmi une sélection de six romans. La délibération avec les 10 jurés aura lieu le 11 mars et la remise du prix pendant le festival, le samedi 1er avril 2017. Modalités sur le site www.quaisdupolar.com - vous avez jusqu'au 1er décembre pour postuler !

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Julie Rocheleau en dédicace à Expérience

Bande Dessinée | Actuellement en tournée française pour la promo de La Petite Patrie (La Pastèque), la Québécoise Julie Rochereau passe par la librairie Expérience. L’occasion (...)

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Julie Rocheleau en dédicace à Expérience

Actuellement en tournée française pour la promo de La Petite Patrie (La Pastèque), la Québécoise Julie Rochereau passe par la librairie Expérience. L’occasion pour elle de recevoir son Prix Quais du Polar-Expérience-Le Petit Bulletin, diablement mérité, pour La Colère de Fantômas. Ce triptyque qu’elle a co-signé avec Olivier Boquet revendique respectueusement les racines du roman-feuilleton de Souvestre & Allain, et s’insère avec grande intelligence dans le contexte de l’époque. Trait dynamique, dessin élancé, couleurs éclatantes et ambiances macabres composent l’ordinaire de cette relecture d’un mythe extraordinaire, si loin des adaptations aseptisées les plus connues. À la librairie Expérience le jeudi 2 juin à 15h

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Romans noirs sur carrés verts

Quais du polar | Au cœur d'un festival qui s'ouvre au football se trouve David Peace, prince du roman noir anglais réaliste, auteur chez Rivages qui fête ses 30 ans de "The Damned United" et "Red or Dead", respectivement consacrés à Brian Clough et Bill Shankly, immenses figures dirigeantes du football britannique entrées dans la pop culture. Où se dessine le mythe de l'entraîneur démiurge, passeur d'idées et d'imagination, à la fois témoin et architecte, à l'image de l'écrivain.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 mars 2016

Romans noirs sur carrés verts

« Je ne dirais pas que je suis le meilleur entraîneur. Mais je suis dans le Top 1 ». Cette citation pourrait sortir de la bouche de José Mourinho. Mais le Special One n'était encore ni spécial, ni unique quand Brian Clough a prononcé ces mots, s'affichant sans doute comme le premier manager de football moderne, conscient que poser le décor et impulser la dramaturgie, réussir son entrée, sa sortie et si possible ce qu'il y a entre les deux est primordial. À n'en pas douter, demandez à n'importe quel spécialiste du football anglais, Clough figure dans le Fab Five des grands entraîneurs britanniques aux côtés de Matt Busby et Alex Ferguson — les hommes qui ont fait et refait Manchester United — Bill Shankly du Liverpool FC et son successeur à l'effarant palmarès Bob Paisley, dont Clough dira qu'il a « fait briller le château de Shankly », bâti entre 1959 et 1974. L'Histoire d'un Saint 1974, c'est justement la date clé. Celle de la retraite de Shankly mais aussi l'année où Peace entre en football dans un contexte très particulier : il est au stade de Leeds lorsque l'équipe locale fraîchement reprise par l'ennemi intime de l'ancien en

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Quais du Polar 2016 : les premiers noms

CONNAITRE | Richard Price, Jo Nesbo, David Peace, Tim Dorsey et Arnaldur Indridason (photo) : voici quelques-uns des auteurs, disons les (...)

Benjamin Mialot | Lundi 30 novembre 2015

Quais du Polar 2016 : les premiers noms

Richard Price, Jo Nesbo, David Peace, Tim Dorsey et Arnaldur Indridason (photo) : voici quelques-uns des auteurs, disons les plus bankable, qui seront présents à la douzième édition de Quais du Polar, les 1er, 2 et 3 avril prochains. Également au programme pour l'heure : un panorama francophone (Jean Van Hamme, Jacques Côté, Joseph Incardona, Janis Otsiemi, Kangni Alem...), une dictée noire sous la houlette d'Amélie Nothomb et une autre, réservée aux scolaires, sous celle de François Morel.

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007 Spectre

ECRANS | 24e opus de la franchise officielle, "007 Spectre" n’a rien d’une fantomatique copie. À la réalisation comme pour "Skyfall", Sam Mendes poursuit son entreprise subtile de ravalement du mythe, consistant à jouer la continuité tout en reprenant le mâle à la racine…

Vincent Raymond | Mardi 10 novembre 2015

007 Spectre

De tous les serials modernes, James Bond est le seul dont on puisse garantir la survie, quelques péripéties que connaisse le monde. À l’écran depuis 1962, s’il a connu une seule éclipse entre 1989 et 1995, elle n’était même pas liée à la fin de la Guerre froide et n’a eu aucune incidence sur son succès — à peine dût-elle troubler son cocktail martini. Davantage qu’un personnage, 007 est une marque, un label en soi, dont l’aura dépasse celle de tous les interprètes prenant la pose dans son smoking. D’avatars en résurrections, chaque épisode parvient à battre des records techniques, artistiques ou, le plus souvent, économiques. Le dernier en date, Skyfall (2012), ne s’est pas contenté de dépasser le milliard de dollars de recettes au box office ni de glaner (enfin) l’Oscar de la chanson originale grâce à Adele — on pourrait parler là de bénéfices collatéraux. Il s’était surtout distingué par une écriture renouvelée, qui coupait court avec les incertitudes et les bricolages de Casino Royale (2006) et de Quantum of Solace (2008), premières apparitions de Daniel Craig sous le célèbre matricule. Bond. James Rebond

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Série(s) noire(s) pour Quais du polar

ECRANS | Artillerie lourde cette année en matière de cinéma pour Quais du Polar : de plus en plus de lieux — Comœdia, Institut Lumière, Pathé Cordeliers, Toboggan, (...)

Christophe Chabert | Mardi 24 mars 2015

Série(s) noire(s) pour Quais du polar

Artillerie lourde cette année en matière de cinéma pour Quais du Polar : de plus en plus de lieux — Comœdia, Institut Lumière, Pathé Cordeliers, Toboggan, UGC Ciné Cité Confluence — de plus en plus de films, de plus en plus d’auteurs pour les présenter. La quantité y est, mais la qualité aussi. Immanquable, par exemple, la soirée Serial Killer autour de Maxime Chattam et Stéphane Bourgoin le samedi 28 mars à 19h15, avec l’extraordinaire et traumatisant Henry portrait of a Serial Killer de John MacNaughton et le tout aussi puissant Black Coal de Diao Yinan, Ours d’or mérité de la Berlinale 2014. Niveau grands classiques, l’Institut Lumière proposera une sélection idéale qui va du Chinatown de Polanski à The Big Lebowski des frères Coen — un enchaînement logique pour ses deux relectures, l’une révérencieuse, l’autre iconoclaste, de la figure du privé chandlerien — en passant par La Soif du mal de Welles et Mystic River de Ea

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Étoiles noires sur Quais du Polar

CONNAITRE | Un an après la venue exceptionnelle et fort réussie de l'immense James Ellroy, Quais du Polar revient avec une édition 2015 non moins riche en figures importantes et en questionnements de fond sur l'état de l'art noir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Étoiles noires sur Quais du Polar

Le public n'est semble-t-il plus le seul à se bousculer pour assister au festival Quais du polar – et participer à sa désormais célèbre enquête grandeur nature dans la ville. Même les auteurs, y compris les plus prestigieux, feraient des pieds et des mains pour s'y montrer. Ceci explique sans doute pourquoi Quais du Polar est chaque année aussi bien fréquenté – même s'il faut bien admettre que l'édition 2014 a placé la barre à une hauteur quasi inatteignable. Aucun Michael Connelly ou John Grisham, pour parler des principales têtes d'affiches, ne s'est ainsi fait prier pour rejoindre la toujours impressionnante cohorte d'auteurs de cette édition 2015 – les deux rois du procedural sont d'ailleurs conviés à régaler les fans autour d'une rencontre front contre front. Nord/Sud On imagine qu'il n'a guère été plus difficile de convaincre Luis Sepùlveda, Paco Ignacio Taïbo II (Mexique), Santiago Gamboa (Colombie) ou Leonardo Padura (Cuba) – l'accent étant mis cette année, on l'aura compris, sur l'Amérique latine, notamment lors d'une alléchante rencontre "Nord/Sud", ainsi que d'incontournables évocations de cartels et de dictatures qui ont au mo

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Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin / Quais du Polar

CONNAITRE | Comme l'an passé, Le Petit Bulletin et la librairie Expérience s'associent pour la remise d'un prix BD lors de la prochaine édition de Quais du Polar. Voici les albums sélectionnés :

Benjamin Mialot | Mardi 3 mars 2015

Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin / Quais du Polar

Balles perdues de Matz, Watler Hill et Jef (Rue de Sèvres) Blast de Manu Larcenet (Dargaud) Bonbons atomiques d'Anthony Pastor (Actes Sud) Choc d'Éric Maltaite et Stéphane Colman (Dupuis) Fatale de Max Cabanes et Jean-Patrick Manchette (Dupuis) La Main de Dieu de Marc Védrines (Glénat) Little Tulip de François Boucq et Jérôme Charyn (Le Lombard) Moi, assassin d'Antonio Altarriba et Keko (Denoël) Paci de Vincent Perriot (Dargaud) Et une fois de plus, votre avis comptera dans la délibération. Vous avez à cet effet jusqu'au lundi 16 mars pour élire votre titre préféré à l'adresse suivante : lexperience@free.fr

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Quais du polar 2015 : le casting

CONNAITRE | Fort d'un dixième anniversaire mémorable (grâce à la présence du maître Ellroy, mais pas que), Quais du polar s'active à la préparation de son édition 2015. Programmée (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Quais du polar 2015 : le casting

Fort d'un dixième anniversaire mémorable (grâce à la présence du maître Ellroy, mais pas que), Quais du polar s'active à la préparation de son édition 2015. Programmée les 27, 28 et 29 mars, elle marquera le retour du festival à ses aspirations vagabondes : après l'Europe du Nord ou l'Asie, c'est vers l'Amérique du Sud qu'il nous entraînera, sur les traces de Paco Ignacio Taibo II (Mexique), Leonardo Padura (Cuba), Horacio Castellanos Moya (Salvador), Daniel Quirós (Costa Rica), Paulo Lins et Edyr Augusto (Brésil), Luis Sepúlveda (Chili), Santiago Gamboa (Colombie), Ernesto Mallo (Argentine) et Diego Trelles Paz (Pérou). Sont également annoncés des usual suspects de gros calibre (Michael Connelly, Ian Rankin, Tom Rob Smith, Michel Quint, Michel Bussi, Maxime Chattam, Jacques Expert, Yasmina Khadra, Caryl Férey et Ian Manook) et des grands noms du crime fictif en devenir (Kishwar Desai, Saul Black, Dror Mishani, Gert Nygårdshaug et les Français Elena Piacentini, Michaël Mention, Christophe Reydi-Gramond et Nicolas Matthieu), ainsi qu'une palanquée d'auteurs qui n'avaient encore jamais honoré le fe

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Quais du polar ouvre les Vann

CONNAITRE | Encore auréolé du succès de sa dixième édition, Quais du polar passe la démultipliée, pavant de rencontres épisodiques le chemin qui nous sépare du printemps 2015. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 septembre 2014

Quais du polar ouvre les Vann

Encore auréolé du succès de sa dixième édition, Quais du polar passe la démultipliée, pavant de rencontres épisodiques le chemin qui nous sépare du printemps 2015. Premier rendez-vous cette semaine avec David Vann, équivalent littéraire de ces songwriters esseulés qui chantent l'Amérique des grands espaces et des esprits à l'étroit. La musique de l'écorché texan Possessed by Paul James, notamment, ferait une bande son rêvée, ou plutôt cauchemardée, aux trois romans qui ont fait connaître ici ce natif de l'île Adak, un bout de toundra flottant au sud de l'Alaska qui disparaît régulièrement de la planisphère sous un brouillard à couper à la hache. Il y eut d'abord Sukkwan Island, l'histoire, infernale (ah ! le fameux coup de théâtre de la page 113), d'un père raté décidé à refaire sa vie à l'écart du monde, seul avec son fils. Puis Désolations, où l'obsession de Vann pour la folie se nichait cette fois tel le ver dans le fruit au sein d'un couple rendu à une nature tout sauf rédemptrice. Et enfin Impurs, troisième huis clos familial opposant, cette fois sous le soleil californien, un puceau à sa famille de femmes castratrices. Ce ne sont

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Polar sans frontières

CONNAITRE | «Je suis devenu un écrivain de roman noir le jour où j'ai réalisé que le genre policier n'avait pas besoin de parler de meurtres pour exister». Voilà une (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 1 avril 2014

Polar sans frontières

«Je suis devenu un écrivain de roman noir le jour où j'ai réalisé que le genre policier n'avait pas besoin de parler de meurtres pour exister». Voilà une citation, signée Thomas H. Cook, qui peut paraître en totale contradiction avec l'invité d'honneur de ce festival : James Ellroy. Encore que. A l'aube de sa dixième édition, avec une équipe de passionnés de la littérature noire, le "petit" festival Quais du Polar est parvenu à devenir l'un des incontournables du genre en France et même au-delà des frontières. Et surtout à faire admettre que cette littérature, faite de clichés et de prétendus figures imposées, était comme le dit ici Cook, bien plus protéiforme qu'imaginée. Le succès croissant du genre et du festival le prouve et a permis à notre horizon polar de s'élargir non seulement stylistiquement, mais aussi géographiquement. Nous faisant quitter le pré-carré franco-américain pour, par exemple, un nouvel eldorado scandinave – dont la vénéneuse Camilla Läckberg est la nouvelle égérie. Mais aussi des contrées plus exotiques dont on découvre chaque année les nouveau

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James Ellroy, storyteller

CONNAITRE | Pour ses dix ans, Quais du Polar ne pouvait trouver plus prestigieux invité d’honneur que James Ellroy, l’homme qui a réinventé le roman noir américain en fusionnant jusqu’au vertige ses obsessions, sa vie et l’Histoire secrète de l’Amérique. Texte : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

James Ellroy, storyteller

Avril 2001. Quelques semaines après la sortie d’American Death Trip, James Ellroy s’offre une tournée promo en Europe. Il enchaîne interviews et signatures. Pendant les interviews, il prend un malin plaisir à donner des réponses plus courtes que les questions. Il les balance avec un phrasé aussi sec et saccadé que l’écriture de ses bouquins. Pour les séances de dédicace, avec chacun de ses fans, il échange une poignée de main bien virile et un «Hi buddy, what’s your name ?» avant de signer. Concis, efficace, Américain. Le géant cultive sa légende. L’auteur conserve son aura et son mystère. Mai 1988. Quelques lecteurs connaissent déjà James Ellroy grâce à une trilogie ultra-noire ayant pour héros le flic névrosé et obsédé Lloyd Hopkins. Et puis Le Dahlia Noir arrive dans les librairies. Une déflagration. Le meurtre non résolu d’Elizabeth Short, aspirante actrice retrouvée nue, coupée en deux et les lèvres tailladées dans un rictus de clown façon L’Homme qui rit devient une odyssée de fiction pleine de sang, de sexe et de décadence hollywoodienne. Les années 50 de Los Angeles vues par

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Polar maxi best-of

CONNAITRE | En dévoilant officiellement sa programmation ce 26 février, Quais du Polar a confirmé la venue en grande pompe de James Ellroy comme tête – et quelle tête ! – de gondole d'une 10e édition assez largement commémorative et aussi dense qu'un bon gros pavé noir. Une programmation qui, quantitativement et qualitativement, mettra en appétit les polardeux les plus boulimiques tout en ne manquant pas d'attiser la curiosité des amateurs plus volatiles. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 26 février 2014

Polar maxi best-of

Cela avait été annoncé, c'est confirmé : James Ellroy sera bien le roi de la 10e édition du festival Quais du Polar, récompensé ainsi de sa persévérance à tenter d'attirer dans ses filets l'auteur du Dahlia Noir. Qui plus est, le taciturne auteur californien ne sera pas là – à ce qui est promis – pour faire de la figuration ou de courtes apparitions papales sur un balcon pour bénir d'une main désinvolte la foule de ses fans. Il participera à plusieurs conférences, présentera, comme un certain nombre d'autres grands auteurs et comme c'est désormais la tradition, son film noir préféré à l'Institut Lumière (Le Rôdeur de Joseph Losey, le 4 avril) et investira l'Opéra pour une rencontre exceptionnelle intitulée « Une heure avec James Ellroy : American Death Trip » (le 6 avril) où il faudra probablement jouer des coudes pour se faire une place. Pour autant, l'invité-événement de cette édition ne devra pas éclipser le reste d'une programmation dont le dossier de présentation se veut aussi épais qu'un roman de gare. Car cette année Quais du polar va agir à la fois comme un laboratoire de réflexion

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Quais du polar - Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin

CONNAITRE | La librairie Expérience et Le Petit Bulletin s’associent pour remettre le prix BD Polar Expérience – Le Petit bulletin à l’occasion du festival Quais du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 18 février 2014

Quais du polar - Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin

La librairie Expérience et Le Petit Bulletin s’associent pour remettre le prix BD Polar Expérience – Le Petit bulletin à l’occasion du festival Quais du Polar, qui fêtera son dixième anniversaire du 4 au 6 avril, et vous invitent à voter pour son récipiendaire. Neuf titres sont en lice (ne rentrent en compte que des albums ou séries terminés en 2013) : Silas Corey de Alary et Nury (Glénat)Tyler Cross de Brüno et Nury (Dargaud)Ma Révérence de Rodguen et Lupano (Delcourt)Au Vent mauvais de Murat et Rascal (Futuropolis)Le Dahlia noir de Hyman, Ellroy, Matz et Fincher (Casterman)W.W.2. T3 : Secret service de Cara et Gabella (Dargaud)Losers de Jock et Diggle (Urban)Scène de crime de Lark, Phillips et Brubaker (Delcourt)Parker T3 de Cooke et Stark (Dargaud)   Envoyez votre choix à lexperience@free.fr (sujet : Sélection prix BD EXPÉRIENCE / LE PETIT BULLETIN). Clôture des votes le 20 mars à minuit. Le prix sera remis pendant le festival, samedi 5 avril.

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Le cercle polar

CONNAITRE | A mesure que le polar élargit ses horizons, que les frontières entre les genres, les sociétés et les supports tombent, Quais du polar se régale à repousser chaque année un peu plus les contours de son sujet. Garantissant par là même de ne jamais résoudre l'énigme qui préside à une littérature de "divertissement" qui console nos misères en les autopsiant. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 22 mars 2013

Le cercle polar

Il est loin le temps où, dans nos bibliothèques, polar et série noire se résumaient à un triptyque américano-anglo-franchouillard. Sans doute le symbole ultime de ce bouleversement est-il le très prisé polar polaire, mis à l'honneur cette année via l'invité d'honneur Henning Mankell, le "père" du commissaire Wallander. Une fausse piste toutefois, puisque Quais du Polar ira fouiner du côté d'un continent assez peu exploré, vu d'ici du moins, par la littérature policière (et qui pourtant nous abreuve de polars hard-boiled au cinéma) : l'Asie. Seconde fausse piste en réalité car hormis le Chinois Qiu Xiaolong, créateur de l'Inspecteur Chen, les deux autres invités "asiatiques" sont des occidentaux aux œuvres infusées aux sociétés thaïe (John Burdett) et japonaise (Romain Slocombe). Sans doute un indice de la mondialisation à l'œuvre au sein d'une forme de littérature qui voit de plus en plus loin que La Blonde au coin de la rue chère à David Goodis. Du Noir et du futur D'un continent l'autre, d'un univers l'autre au

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Skyfall

ECRANS | C’était à prévoir : avec Sam Mendes aux commandes, ce nouveau James Bond n’est ni efficace, ni personnel, juste élégamment ennuyeux et inutilement cérébral. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 29 octobre 2012

Skyfall

Rappel des faits : avec Casino Royale, la plus ancienne franchise de l’histoire du cinéma tentait un lifting radical, à la fois retour aux origines du héros et volonté de lui offrir une mise à jour réaliste. Globalement salué, notamment à cause de l’implication de Daniel Craig pour camper un James Bond badass et pourtant vulnérable, ce premier volet s’est vu immédiatement entaché par une suite catastrophique, Quantum of Solace, qui courait pathétiquement derrière les Jason Bourne de Paul Greengrass et ne produisait que du récit indigent et de l’action illisible. Le prologue de Skyfall montre que les producteurs ont bien retenu la leçon : sans être révolutionnaire, il offre une scène d’action parfaitement claire et plausible, filmée avec calme et élégance — Roger Deakins, le chef op’ des Coen, est à la photo et cela se sent. La conclusion montre une fois de plus un Bond fragile, qu’une balle pourrait bien envoyer ad patres — là encore, beau plan sous-marin qui embraye sur un générique tout de suite plus kitsch, mais c’est la l

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Itinéraire d’un «serial writer»

CONNAITRE | Invité exceptionnel de ces 8e Quais du Polar où il vient pour la première fois, Michael Connelly est l’une des pointures mondiales du roman noir. Né en (...)

Gaël Dadies | Lundi 26 mars 2012

Itinéraire d’un «serial writer»

Invité exceptionnel de ces 8e Quais du Polar où il vient pour la première fois, Michael Connelly est l’une des pointures mondiales du roman noir. Né en juillet 1957 à Philadelphie, il se passionne très tôt pour la littérature policière et découvre l’œuvre de Raymond Chandler, déterminante pour sa future carrière : il écrira des polars. Diplômé de l’Université de Floride en journalisme en 1980, il fait ses premières armes comme chroniqueur judiciaire pour le News-Journal et le Fort Lauderdale Sun-Sentinel (Floride), lui permettant ainsi d’accumuler et de parfaire ses connaissances du monde criminel tout en engrangeant assez d’expériences pour les retranscrire ensuite dans ses romans. Son enquête avec deux confrères sur les rescapés d’un terrible accident d’avion lui vaut d’être finaliste pour le prix Pulitzer en 1987. Fasciné par L. A., il s’y installe en 1991 et enquête sur l’affaire Rodney King. La vidéo de ce jeune Afro-Américain passé à tabac par quatre policiers, et qui seront finalement acquittés, déclenche alors des émeutes qui embraseront la ville. L’année suivante, son travail sur cette affaire lui vaut le prix Pulitzer, qu’il

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Vote noir

CONNAITRE | Retour aux sources du polar noir américain pour la 8e édition des Quais du Polar en cette année électorale des deux côtés de l’Atlantique. Avec les États-Unis comme invité d’honneur, la présence exceptionnelle de Michael Connelly et un programme foisonnant mêlant polar et politique, le nouvel opus de ce festival promet une immersion dans les arcanes du roman noir et ses univers parallèles. Gaël Dadies

Dorotée Aznar | Vendredi 23 mars 2012

Vote noir

Du 30 mars au 1er avril, la planète polar se donne rendez-vous à Lyon le temps d’un week-end pour vivre au rythme d’une nouvelle édition du festival Quais du Polar. En cette année électorale, aussi bien en France qu’en Amérique, la programmation met à l’honneur les États-unis. Avec une quinzaine d’auteurs présents sur les soixante-dix attendus, cette délégation américaine compte dans ses rangs quelques maîtres de la discipline. Et pas des moindres : Michael Connelly, invité vedette de cette édition 2012 et qui vient pour la première fois au festival où sera présenté en avant première son prochain roman à paraître au mois de mai, Volte face ; Craig Johnson, dont les divers romans, parmi lesquels le très remarqué Little Bird, nous entraînent pour des enquêtes dans les contrées paumées du grand Ouest américain ; Donald Ray Pollock, auteur du sombre et violent Le Diable tout le temps ; Patricia Mac Donald, Dan Fante… Le Palais du Commerce, centre névralgique du festival depuis trois ans, accueillera des conférences faisant la part belle à une analyse de la société américaine à travers le filtre du roman noir ; conférences durant lesquelles ces r

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Ça va cogner !

ECRANS | Ceux qui, dans un moment de distraction, n’auraient pas suivi le principe de la programmation cinéma de Quais du Polar à l’Institut Lumière cette année, (...)

Christophe Chabert | Vendredi 23 mars 2012

Ça va cogner !

Ceux qui, dans un moment de distraction, n’auraient pas suivi le principe de la programmation cinéma de Quais du Polar à l’Institut Lumière cette année, risquent d’être surpris d’y trouver Docteur Folamour et Fight club. Il est vrai que ces deux films n’ont pas grand-chose (sinon rien) à voir avec le genre policier, même pris dans son sens le plus large. Éclaircissement nécessaire : les invités littéraires ont eu cette année carte blanche pour présenter un film de leur choix, polar ou pas, et c’est ainsi que les chefs-d’œuvre de Kubrick et Fincher seront commentés par, respectivement, Dan Fante et S. J. Watson le samedi 31 mars. Un amusant raccourci pourrait d’ailleurs les réunir, la charge explosive et brutale contre la société de consommation signée David Fincher trouvant quelques échos dans la satire mordante de la guerre froide orchestrée, trente-cinq ans avant, par Stanley Kubrick, ne serait-ce que dans leur peinture au vitriole d’une Amérique où la folie destructrice se loge au cœur du système (démocratique chez Kubrick, nerveux chez Fincher). Les autres chapitres de cette programmation verront Michael Connelly présenter

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Millénium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes

ECRANS | Avec cette version frénétique du best-seller de Stieg Larsson, David Fincher réussit un thriller parfait, trépidant et stylisé, et poursuit son exploration d’un monde en mutation, où la civilisation de l’image numérique se heurte à celle du photogramme et du récit. Critique et retour sur le premier livre consacré à ce cinéaste majeur. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Mercredi 11 janvier 2012

Millénium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Avant de voir Millénium, il faut d’abord oublier le médiocre (télé)film suédois sorti en 2009, première adaptation du best-seller de Stieg Larsson. Ce n’est pas difficile, tant la mise en scène de David Fincher, impressionnante de fluidité et de rapidité, laisse loin derrière les laborieuses velléités illustratives de Niels Arden Oplev. Mais il faut aussi oublier le livre lui-même, et se comporter comme Fincher et son scénariste Steven Zaillan l’ont fait : doubler le plaisir feuilletonesque créé par une intrigue aux ramifications multiples d’un autre récit, purement cinématographique, qui n’aurait été qu’esquissé par l’auteur entre les lignes de son propre roman. De fait, si on a pu s’interroger un temps sur l’intérêt que Fincher portait à Millénium, et se demander s’il n’allait pas, comme à l’époque de Panic room, s’offrir un exercice de style récréatif avec cette nouvelle version, le générique (comme souvent chez lui) dissipe immédiatement les soupçons : sur une musique hardcore de Trent Reznor, Atticus Ross et Karen O., des corps noirs et liquides comme du p

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La stratégie du choc

ECRANS | Panorama / Considérée comme une période dédiée aux films «sérieux», la rentrée cinématographique 2012 envoie un contingent de films excitants sur les écrans. Avec, déjà, quelques coups de cœur ! Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 22 décembre 2011

La stratégie du choc

En attendant de voir le biopic signé Eastwood autour d’Egar Hoover avec Di Caprio dans le rôle du chef du FBI très réac, très parano et un peu pédé ; en attendant de jauger l’accueil réservé à la résurrection en 3D de deux blockbusters à succès (Titanic et Star Wars épisode 1, que Lucas aurait mieux fait de retourner dans son intégralité) ; et en attendant de confirmer les rumeurs flatteuses qui entourent le nouveau Spielberg Cheval de guerre, il faut d’ores et déjà louer le cinéma américain qu envoie un putain de grand film dans les dents des spectateurs dès le 18 janvier. Rien d’étonnant, direz-vous, puisqu’il est signé David Fincher… Mais on pouvait craindre qu’il ne s’embourbe dans l’adaptation du Millénium de Stieg Larsson, qui avait donné un interminable téléfilm derrickien. Grave erreur ! Non seulement Fincher réussit ici une version 2.0 palpitante de cette daube arthritique, mais le 2.0 est également son territoire de jeu. De l’opposition narrative entre le journaliste Blomqvist et la punkette Salander, le cinéaste tire un clash esthétique et théorique où les images d’hier sont bousculées par l’irruption du numérique. Deux cor

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Leçon de ténèbres

CONNAITRE | Sur les soixante écrivains présents pendant le festival Quais du polar, petite sélection de cinq auteurs et présentation de leurs ouvrages

Dorotée Aznar | Mardi 22 mars 2011

Leçon de ténèbres

QUAIS DU POLARVendredi 25 mars, samedi 26 et dimanche 27 se tiendra la septième édition de Quais du polar. Plus de soixante auteurs de littérature policière et de bande dessinée seront présents pour des rencontres et des conférences, en accès libre pour la plupart. Une sélection de films sera également proposée, notamment à l'Institut Lumière, autour du thème de la corruption, avec la projection de The Red Riding Trilogy inspirée des romans de David Peace, et en sa présence (les trois épisodes seront diffusés samedi 26 mars, à partir de 18h). Pendant les trois jours du festival, on retrouvera bien sur des lectures, mais aussi des initiatives comme les “conversations autour d'une oeuvre“ au Musée des Beaux-Arts. Soit l'occasion de découvrir une pièce de la collection du Musée à travers le regard d'un auteur de roman noir.QUAIS DU POLARVendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 mars LARS KEPLERVendredi 25 mars à 16h30 et samedi 26 mars à 15h30, à la CCISous le nom de Lars Kepler, se cache un couple de Suédois qu

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Tous paranos

ECRANS | Cinéma / Depuis quelques années, la programmation cinéma de Quais du polar à l’Institut Lumière brille par sa pertinence et son éclectisme, permettant de revoir (...)

Christophe Chabert | Vendredi 18 mars 2011

Tous paranos

Cinéma / Depuis quelques années, la programmation cinéma de Quais du polar à l’Institut Lumière brille par sa pertinence et son éclectisme, permettant de revoir des films soigneusement choisis (et présentés par des auteurs présents au festival). Cette année, on ne peut que conseiller ces deux grands classiques que sont "Règlement de comptes" de Fritz Lang et "Les Fantastiques années 20" de Raoul Walsh, mais on s’arrêtera tout particulièrement sur deux œuvres assez récentes qui sont aussi deux antipodes de la planète polar. Moins d’un an après sa disparition, on pleure toujours Claude Chabrol, tant son ironie salutaire et ses mises en scène précises manquent dans un cinéma français qui s’enfonce, semaine après semaine, dans le ridicule industriel. "Poulet au vinaigre", où il inventait la figure pérenne de l’inspecteur Lavardin (magistralement campée par Jean Poiret), va réveiller cette nostalgie-là. Une affaire de crime, de facteur indiscret et de notables louches vire, sous la caméra de Chabrol, à un jeu de massacre jubilatoire envers les mœurs de la bourgeoisie provinciale. La présence, érotique et trouble, de Pauline Laffont, et celle, gauche et crédible, d’un Lucas Belvaux pa

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Millenium 3 – la reine dans le palais des courants d’air

ECRANS | De Daniel Alfredson (Suède, 2h27) avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace…

Dorotée Aznar | Jeudi 8 juillet 2010

Millenium 3 – la reine dans le palais des courants d’air

Terrassé par un second volet dont l’origine télévisuelle n’excusait en rien le rythme amorphe, on se lance dans l’ultime film de la saga avec expectative. De fait, pendant toute la première partie où Lisbeth Salander se retrouve coincée à l’hôpital, on a bien affaire au même succédané suédois de "Derrick", avec de fulgurantes scènes de violence - placées de façon quasi sadique dans le récit, pour réveiller l’infortuné spectateur qui rejoignait enfin les bras de Morphée. Une fois que le règlement de compte judiciaire final s’enclenche, l’intérêt – ce lâche - revient forcément au galop. On serait presque pris d’enthousiasme si à la réflexion, on évitait de se dire que les sept heures de projection (huit pour la série télé) aurait bien mieux servies à la lecture des romans originaux… FC

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Millénium 2 - La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

ECRANS | De Daniel Alfredson (Suè, 2h09) avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace…

Dorotée Aznar | Vendredi 25 juin 2010

Millénium 2 - La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

La première adaptation cinématographique de la trilogie de Stieg Larsson avait séduit les fans des romans par son ambiance putride, soulignant les déliquescences d’une société suédoise montrée sous son jour le plus corrompu et misogyne. Malgré ses défauts de rythme manifestes, le long-métrage de Niels Arden Oplev s’en tirait avec les honneurs, bien aidé par son binôme d’acteurs principaux. Pour la suite de la saga, un nouveau réalisateur prend le relais, et tout de suite, c’est une autre paire de manche. Daniel Alfredson se repose entièrement sur le cahier des charges esthétiques du premier volet, s’efface au point de rendre sa mise en scène totalement transparente. Et l’intrigue de dévider ses maigres soubresauts avec un manque d’efficacité tout à fait remarquable, encore un peu plus entamé par une poignée de scènes complètement à côté de la plaque (dont un combat de boxe valant son pesant). D’héroïne emblématique, Lisbeth Salander est reléguée au rang de justicière de série Z, et Mikael Blomkvist tire la tronche. Le dernier volet sort dans un mois, on l’attend avec une infinie patience. FC

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Petit noir

CONNAITRE | Des animations jeunesse gratuites sont proposées pendant le festival. Morceaux choisis. Enquêtes rue du CrimeBibliothèque du 1er Dans un immeuble qui (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 2 avril 2010

Petit noir

Des animations jeunesse gratuites sont proposées pendant le festival. Morceaux choisis. Enquêtes rue du CrimeBibliothèque du 1er Dans un immeuble qui avait l'air bien tranquille... un meurtre s’est produit. La brigade de la bibliothèque est dépassée. Les enfants sont invités à résoudre cette enquête. À partir de 9 ans.Mercredi 7 avril à 15h30 heures Emprunts mystèresDans les bibliothèques des 1er, 3e et 7e arrondissements.Des pochettes mystères ont été préparées pour les détectives amateurs et les fans de roman noir. À partir de 7 ans.Samedi 10 avril à de 9h à 12h Petits débrouillards Salle Lumière - Palais du Commerce Des ateliers scientifiques pour les enfants qui rêvent de devenir experts scientifiques. Un atelier pour les enfants de 4 à 6 ans et un autre pour les enfants de 8 à 10 ans.4/6 ans : samedi 10 avril à 10h30 et 13h et dimanche 11 avril à 11h308/10 ans : samedi 10 avril à 11h30, 12h30 et 14h.

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