Joann Sfar, croqueur en série

Bande Dessinée | Convier Joann Sfar pour évoquer son dernier ouvrage paru exige de se tenir à la page : il en a peut-être sorti un ou deux nouveaux depuis la semaine dernière…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Photo : © Rita Scaglia / Dargaud


On ne dira rien ici du nouvel opus de Joann Sfar, Tu n'as rien à craindre de moi — la bande dessinée dont la récente parution chez Rue de Sèvres est prétexte à l'organisation de cette causerie-rencontre aux Célestins à l'invitation de la Villa Gillet — pour la simple raison qu'on ne l'a pas encore lue. Pardonnez cet aveu coupable, mais il faut bien reconnaître que le stakhanoviste auteur place ses lecteurs-spectateurs dans une situation compliquée : à peine a-t-il achevé un album qu'il publie un roman, juste avant la sortie d'un long-métrage, lequel précède un film d'animation ou une collaboration à quelque aventure collective…

Et en marge (ou dans les marges) des Donjons, du Chat du Rabbin ou de Grand et Petit Vampire, l'ubiquiste hypergraphe dévoile avec une générosité rare ses notes intimes et travaux préparatoires dans des carnets ou des recueils parfois volumineux — voir le pavé de dessins et d'aquarelles inspirés durant la conception de son Gainsbourg

Cette somme ne compose pourtant qu'un fragment de son œuvre multimédiatique. Sfar est aussi, au risque que certains s'en étranglent, un chroniqueur avisé des faits et méfaits du temps présent. On l'a vu, lu et entendu (trop, d'après ses contempteurs), sur les réseaux sociaux comme sur les ondes au moment des attentats de janvier et novembre 2015 ; et ses interventions dépassaient l'émotion immédiate en cherchant à éditorialiser son propos. Là où tant d'autres se répandaient en commentaires circulaires, constats ou anathèmes, lui tentait de trouver une réponse dans une perspective politique et combative, dans la revendication de l'art et de la vie contre la barbarie.

Qu'il poste une esquisse réalisée à une terrasse de café, ou relate ses échanges avec un chauffeur de taxi, son geste est identique : Joann Sfar signe des croquis. Le grand prodige de cette plume agile, c'est qu'elle parvient aussi à en effectuer, des croquis, par la parole.

Au Théâtre des Célestins le lundi 25 avril à 19h30


Joann Sfar

Autour de "Tu n'as rien à craindre de moi"
Célestins, théâtre de Lyon 4 rue Charles Dullin Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Littérature Live Festival | Au début du mois mai, la Villa Gillet annonçait le remplacement des Assises Internationales du Roman par le Littérature Live Festival. Un nom et une formule qui, si tout va bien, devraient laisser place au Festival International de Littérature de Lyon en 2022. Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet et instigatrice de ces changements, nous explique pourquoi et comment.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mai 2021

Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Après une édition numérique des Assises Internationales du Roman, la Villa Gillet présente cette année le Littérature Live Festival. Pourquoi ce changement d'identité, jamais anodin pour un festival ? Lucie Campos : je suis arrivée l'an dernier en tant que nouvelle directrice de la Villa Gillet avec un projet qui impliquait à la fois de consolider les acquis d'une maison qui a une très grande légitimité à l'international et de changer des choses. La Villa Gillet porte depuis 14 ans un festival de littérature qui s'est appelé depuis 2007 les Assises Internationales du Roman. Elle continuera bien évidemment de porter un festival qui sera pour l'avenir le Festival International de Littérature de Lyon, avec pour domaine d'action et d'interrogation la littérature dans son sens le plus large. C'est là le principal changement : quitter la forme unique du roman qui fais

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Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

Festival | À l'occasion de la nouvelle édition de son festival de littérature internationale, la Villa Gillet en profite pour en changer l'identité en proposant désormais le Littérature Live Festival, un festival hybride qui jongle entre présentiel, duplex et numérique. Parce que les contraintes sanitaires l'exigent et que c'est peut-être l'avenir. Présentation de cette vraie-fausse première édition qui se tiendra du 25 au 30 mai.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

L'an dernier en plein cœur du marasme sanitaro-culturel que nous appellerons dans quelques années "La Grande Annulation", la Villa Gillet et sa nouvelle directrice Lucie Campos avaient refusé d'abdiquer et profité du confinement pour revoir intégralement la copie présentielle des Assises du Roman et livrer un festival entièrement numérique. Laquelle s'était déroulée à la lisière du déconfinement du 11 au 17 mai. Cette année, la Villa Gillet innove encore un peu plus, quand bien même cela relèverait-il davantage du changement de ligne que de l'adaptation aux circonstances. Car la mutation est d'envergure, qui repose notamment sur un changement de nom du festival qui anime chaque année, depuis quatorze ans et depuis Lyon, la scène littéraire internationale. Le live comme façon de faire En effet, les Assises Internationales du Roman ne sont plus, place au Littérature Live Festi

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Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

Crise Sanitaire | Certes très subventionnées, les structures culturelles en régie directe de la Ville de Lyon n’en sont pas moins fortement impactées par la crise sanitaire, car elles ne peuvent bénéficier d’aucun dispositif d’aide. Les Célestins tablent sur un déficit de 600 000€ en 2021, l’Auditorium affiche déjà un trou de 2M€ pour 2020. Toutes deux en appellent à l’État pour pallier la rupture d’égalité avec d’autres établissements aux missions similaires.

Nadja Pobel | Vendredi 12 mars 2021

Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

« Même si on rouvre en mai et juin, avec une jauge dégradée d’environ 50%, fin décembre la perte de recette de billetterie du théâtre s’élèvera à 600 000€ » affirme Pierre-Yves Lenoir, co-directeur du Théâtre des Célestins. Du côté de l’Auditorium de Lyon, son homologue Aline Sam-Giao estime à un million d’euros ses pertes à la fin de l’année civile avec la même hypothèse de reprise — fatalement très aléatoire —, qui se cumuleront avec les deux millions de déficit sur 2020. Aux Célestins, le dernier exercice s’est terminé à l’équilibre notamment grâce au fonds de soutien de la Ville de Lyon ; et parce qu’ils n’avaient pas prévu de jouer dans la grande salle entre avril et

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Lucie Campos : « ne pas faire silence dans un tel moment d'incertitude »

Assises Internationales du Roman | Pour sa première édition en tant que directrice, Lucie Campos essuie avec les Assises Internationales du Roman les plâtres de l'assignation à une "réinvention" culturelle, qui a poussé, Covid-19 oblige, le festival à une formule repensée en format numérique. Un réflexe de survie qui pourrait bien livrer des pistes pour l'avenir de la Villa, les Assises et du festival Mode d'emploi.

Stéphane Duchêne | Lundi 11 mai 2020

Lucie Campos : « ne pas faire silence dans un tel moment d'incertitude »

Qu'est-ce qui vous a poussé à candidater à la direction de la Villa Gillet ? Lucie Campos : Comme beaucoup de gens je suis depuis longtemps la Villa Gillet, je fais partie du public idéal de cette maison. Je travaille depuis pas mal d'années également et de manières différentes avec les auteurs étrangers et en traduction. D'abord parce que j'ai entamé une carrière de chercheuse en littérature comparée, puis d'enseignante-chercheuse, pour travailler autour des auteurs vivants. Je les ai étudiés à travers leurs livres, puis enseignés dans différentes universités en France. Ce qui conïncidait à une époque où la Villa Gillet était pionnière sur le front de l'invitation d'auteurs étrangers, un domaine vraiment particulier. Mais également sur des thèmes très porteurs qui invitaient les écrivains à s'exprimer comme des acteurs dans la cité. J'ai pu travailler avec la Villa, rencontrer Guy Walter et son équipe, il y a une dizaine d'années, je commençais à travailler pour l'Institut Français. Nous avons alors travaillé côte-à-côte sur des projets différents mais dont l'esprit était similaire. Po

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Quand on arrive en Villa

CONNAITRE | Bientôt nantie d'une directrice toute neuve pour succéder à Guy Walter, la Villa Gillet attaque la saison pied au plancher entre littérature, sciences humaines et réflexion contemporaine. En attendant l'avènement des deux navires-amiraux, Mode d'emploi en novembre et les AIR en mai.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 octobre 2019

Quand on arrive en Villa

En attendant l'arrivée de sa nouvelle directrice Lucie Campos, début novembre, la Villa Gillet a d'ores et déjà un agenda bien chargé. La saison des rencontres d'automne s'ouvrira le 2 octobre sur le thème À la lisière des Villes pris en main par deux primo romanciers. Moins d'une semaine plus tard, on décortiquera, le 8 octobre, à l'Amphi Fugier de Lyon 2, Le mythe de la virilité autour des derniers ouvrages d'Ivan Jablonka (Des hommes justes, très acclamé) et de la philosophe marocaine Nadia Tazi (Le Genre intraitable. Politiques de la virilité dans le monde musulman). Le l

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Lucie Campos nouvelle directrice de la Villa Gillet

Mercato | Le successeur de Guy Walter à la tête de la Villa Gillet est désormais connu et c'est une femme : il s'agit de Lucie Campos, membre du jury du Booker International Prize et de la revue La Vie des idées. Elle prendra son poste le 1er novembre.

Sébastien Broquet | Jeudi 5 septembre 2019

Lucie Campos nouvelle directrice de la Villa Gillet

Guy Walter, l'historique directeur de la Villa Gillet, a pris sa retraite avant l'été. La question de sa succession était donc posée depuis plusieurs mois, avec d'autant plus d'acuité que les tutelles (Région, Ville, DRAC) réfléchissaient en parallèle à l'évolution du modèle et au projet à défendre dans le futur par ce lieu créé en 1989, le jeune retraité l'incarnant autant qu'un Thierry Frémaux à l'Institut Lumière et l'ayant clairement marqué de son empreinte durant 30 ans, l'imposant comme un spot incontournable des idées et de la littérature en France, à travers en particulier les Assises Internationales du Roman. Un audit a ainsi été commandé à un cabinet extérieur en début d'année, afin d'évaluer les possibles changements comme les désirs et idées de l'équipe en place, fortement réduite après la baisse drastique de subventions faisant suite à un rapport incisif de la Chambre Régionale des Comptes début 2016, qui mettait alo

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Mise à prix

Théâtre | C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Mise à prix

C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de la place à ceux qui n’en trouvent pas. Et ainsi permettre l’émergence si souvent réduite à la portion congrue sur ces grands plateaux, quoique les Célestins aient toujours été attentifs - la compagnie La Meute de Thierry Jolivet peut en témoigner. Dotées d’écoles nationales (ENSATT, Comédie de Saint-Étienne), régionales (conservatoires…), la région est un véritable vivier d’artistes que l’on ne voit que trop peu. D’où cette idée qu’ils puissent montrer leur travail au cours de deux week-ends. Celui des 14 et 15 juin sera l’occasion de voir des maquettes : quatorze projets (parmi 136 !) ont été retenus et des extraits sous forme de lecture, vidéo, morceaux de scènes seront visibles. Du 21 au 23 juin, huit créations seront jouées en intégralité. 110 candidats à ces grands formats se sont faits connaitre. À chaque fois, un jury de professionnels (non rhônalpins pour éviter toute collusion) et un autre constitué de trente abonnés volontaires du théâtre remettront des prix amenant

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Pierre-Yves Lenoir : « nous sommes un théâtre du monde »

Théâtre des Célestins | Il a travaillé au Rond-Point, au Théâtre National de l'Odéon et tout récemment au lancement de La Scala : Pierre-Yves Lenoir est depuis le 1er mars co-directeur des Célestins, aux côtés de Claudia Stavisky. Retour sur son parcours et son projet pour la scène théâtrale majeure de l'agglomération.

Nadja Pobel | Mardi 19 mars 2019

Pierre-Yves Lenoir : « nous sommes un théâtre du monde »

Est-ce qu'en faisant l'école de commerce, l'EDHEC, vous saviez que vous travailleriez dans le milieu du théâtre ? Pierre-Yves Lenoir : Non. C'est vraiment au cours des stages dans cette école que j'ai commencé à me poser des questions sur mon adéquation avec les métiers classiques de la banque. Celui qui m'a vraiment ouvert les portes du théâtre est Daniel Benoin, qui dirigeait la Comédie de Saint-Étienne à l'époque. Ensuite, j'ai rencontré Daniel Mesguich qui dirigeait ce qui est maintenant le Théâtre du Nord, à Lille. J'ai fait un autre stage et je n'ai pas quitté ce milieu-là. Puis je suis parti à La Colline pendant cinq ans, ensuite le Rond-point huit ans, l'Odéon neuf ans et La Scala l'année dernière. Pendant longtemps ma fonction a été administrateur, en lien direct avec mes études. Mais je ne peux penser l'administration d'un théâtre en dissociation avec ce qui fait le cœur de notre activité, à savoir la programmation et les spectacles. Je me pense plutôt comme un compagnon des artistes. Mon métier est de rendre possible. Vous avez avez beaucoup travaillé avec Thomas Jolly ce

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Pierre-Yves Lenoir arrive aux Célestins

Nomination | Pierre-Yves Lenoir rejoindra au 1er mars Claudia Stavisky à la tête du Théâtre des Célestins. Il remplace Marc Lesage, parti diriger le Tthéâtre de l'Atelier à Paris.

Nadja Pobel | Vendredi 4 janvier 2019

Pierre-Yves Lenoir arrive aux Célestins

C'est une nomination qui aura pris moins de temps que celle visant à remplacer Gwenael Morin au Théâtre du Point du Jour : Pierre-Yves Lenoir a été nommé ce 3 janvier codirecteur des Célestins. Il prendra ses fonctions le 1er mars 2019 et remplace Marc Lesage, qui avait annoncé son départ subitement début décembre. Auparavant, Pierre-Yves Lenoir a exercé des responsabilités au sein d’établissements nationaux de création artistique (La Colline, Centre National de la Danse), accompagné Jean-Michel Ribes dans la création du Théâtre du Rond-Point et a été administrateur de l’Odéon où il a travaillé aux côtés d’Olivier Py, de Luc Bondy et de Stéphane Braunschweig avant de rejoindre le théâtre La Scala à Paris en tant que directeur exécutif.

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Marc Lesage quitte les Célestins

Théâtre | Le co-directeur du Théâtre des Célestins quittera ses fonctions le 31 décembre prochain pour prendre la direction du Théâtre de l'Atelier à Paris, au 1er (...)

Nadja Pobel | Mercredi 21 novembre 2018

 Marc Lesage quitte les Célestins

Le co-directeur du Théâtre des Célestins quittera ses fonctions le 31 décembre prochain pour prendre la direction du Théâtre de l'Atelier à Paris, au 1er janvier 2019. Claudia Stavisky est donc seule à bord des Célestins jusqu'à une prochaine nomination pour perpétuer cette co-direction. Après l'annonce du départ de Cathy Bouvard aux Subsistances (qui part fin décembre pour les Ateliers Médicis en Seine-Saint-Denis), l'attente d'une nomination au Théâtre du Point du Jour (suspendue à l'avis de Gérard Collomb qui a pris la main sur ce dossier), le renouvellement dans un an du directeur du TNP, le paysage théâtral local connait des changements d'une ampleur majeure.

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Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Journalisme | Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 30 août 2018

Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et conférences. Le jeudi 29 novembre seront ainsi conviés autour du thème de l'enquête et de l'immersion Florence Aubenas et Ted Conover. Grand reporter pour Le Monde, Florence Aubenas est l'une des journalistes les plus en vue en France actuellement. L'Américain Ted Conover est lui un spécialiste de l'immersion au long cours, s'étant fait embaucher comme gardien de prison à Sing Sing pour l'ouvrage Newjack. La rencontre aura lieu au Grand Amphi de l'Université de Lyon.

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Christiane Taubira invitée à Lyon par la Villa Gillet

La Chose Publique | L'ancienne ministre Christiane Taubira est conviée au festival des idées La Chose Publique, qui se déroulera en novembre prochain et dont le thème est "L'invention démocratique : la place du citoyen en démocratie".

Sébastien Broquet | Jeudi 30 août 2018

Christiane Taubira invitée à Lyon par la Villa Gillet

On se souvient que sa dernière venue à Lyon en mars 2017 avait provoqué des remous en pleine campagne pour la présidentielle : Gérard Collomb, alors maire de la ville, avait refusé la salle des Rancy à l'ancienne ministre qui venait présenter son livre, Nous sommes sur Terre, à l'invitation de la librairie du Tramway. La préfecture avait pourtant donné son accord. Mais le maire avait utilisé l’interdiction pour une collectivité de faire bénéficier un candidat d’avantages avant une élection pour justifier sa décision, considérant que l'écrivaine était un soutien actif de Benoît Hamon. La rencontre avait finalement pu avoir lieu dans l'enceinte de l'université Lyon 2. Christiane Taubira sera donc de retour dans la ville du désormais ministre de l'Intérieur le vendredi 23 novembre prochain, conviée par la Villa Gillet et Res Publica, les concepteurs du festival des idées La Chose Publique : rendez-vous est pris pour un Grand Entretien, à 21h, dans le grand amphithéâtre cet

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La Célestine out toute la saison prochaine

Théâtre | Fortement endommagée suite aux crues de la Saône cet hiver, la "petite" salle des Célestins n'est plus utilsable depuis. Et ne le sera pas durant la saison (...)

Nadja Pobel | Mercredi 25 avril 2018

La Célestine out toute la saison prochaine

Fortement endommagée suite aux crues de la Saône cet hiver, la "petite" salle des Célestins n'est plus utilsable depuis. Et ne le sera pas durant la saison 2018/19, ainsi que le théâtre munipal lyonnais l'a appris ce mardi 24 avril. Si jusqu'alors les spectacles avaient trouvé refuge au TNG-Ateliers, le lieu d'accueil des neuf propositions au menu de la saison prochaine reste à trouver. Les Ateliers à nouveau ? Une construction éphémère ? Un autre théâtre (Le Point du Jour n'aura plus de directeur et donc de programmation à compter du 15 août) ? Plus les ouvriers analysent les dégâts en Célestine, plus il s'avère que des couches de cette salle située en sous-sol du bâtiment sont touchées. Viendront ensuite des décisions quant aux travaux à effectuer, l'appel d'offre BTP et la réalisation de cette réfection. En attendant, le bar l'Étourdi s'est lui déplacé du niveau -1 au 2e étage du théâtre.

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Villa Gillet : police partout, confiance nulle part

Réfléchir | Politologue, spécialiste de la délinquance et de la police, Sébastian Roché vient présenter à la Villa Gillet De la Police en démocratie (Grasset), dans lequel il examine la dégradation des rapports police/population à l'œuvre en France depuis des décennies, à la recherche de solutions pour restaurer une confiance mutuelle garante de l'équilibre de la démocratie.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mars 2017

Villa Gillet : police partout, confiance nulle part

La police française aurait-elle oublié sa mission première ? À savoir, produire de la confiance en défendant des valeurs supérieures, comme l'égalité, et ainsi contribuer à la cohésion sociale. C'est la question que se pose dans De la police en démocratie, Sébastian Roché, politologue spécialiste de la délinquance et de la police, directeur de recherche au CNRS à Sciences Po Grenoble et expert pour les Nations Unies, déjà auteur de Police de proximité et Violences urbaines et banlieues. Elle résonne d'autant plus fortement quelques semaines après la surréaliste "affaire Théo", mais resterait tout aussi pertinente sans elle. Car c'est ici un problème de fond et quotidien que tente d'analyser Sébastian Roché, partant du constat que si toute démocratie a besoin d’une police, celle-ci a besoin que les citoyens la soutiennent, qu’ils la considèrent comme « leur police. » Mauvais élève Dans cet ouvrage, il s'agit d'abord de mesurer la confiance d’une part, et l’égalité devant les contrôles d’identité en France et en Allemagne, d’autre part. Et le constat est plutôt accablant

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Remettre le monde à l'endroit

Villa Gillet | Michel Lussault vient débattre à la Villa Gillet de son regard de géographe singulier sur le monde contemporain et de son dernier ouvrage explorant en particulier les hyper-lieux.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 31 janvier 2017

Remettre le monde à l'endroit

Depuis le début des années 2000, Michel Lussault met au centre des sciences sociales la géographie, une géographie très humaine en l'occurrence. Après les philosophies de l'histoire du 19e siècle, l'objectivité anti-humaniste et structurale des sciences humaines au 20e siècle (psychanalyse, sociologie, anthropologie...), le géographe défend une approche du contemporain à partir des vécus physiques, de la subjectivité des expériences individuelles ou collectives au sein d'espaces et de lieux particuliers. « Avec l'anthropologue Tim Ingold, l'historien Patrick Boucheron, le philosophe Guillaume Leblanc, le sociologue Richard Sennett, Peter Sloterdijk et bien d'autres, on pense que l'espace n'est pas seulement un décor, un théâtre, mais une dimension explicative de la vie. Il y a là peut-être même un tournant spatial des sciences sociales. » nous confiait Michel Lussault dans un entretien.

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La Villa Gillet a de la repartie

Penser le monde | Certains annonçaient la Villa Gillet moribonde après ses déboires des derniers mois. Visiblement, le directeur Guy Walter et son équipe, réduite de moitié juste (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 13 octobre 2016

La Villa Gillet a de la repartie

Certains annonçaient la Villa Gillet moribonde après ses déboires des derniers mois. Visiblement, le directeur Guy Walter et son équipe, réduite de moitié juste avant l'été suite à la baisse drastique de ses subventions, ont de la repartie : on n'attendait pas si rapidement l'arrivée d'un nouveau rendez-vous, en l'occurrence La Chose Publique, qui se tiendra du 21 au 26 novembre dans les locaux de la Villa Gillet. Prenant la place laissée vacante par Mode d'Emploi, cette nouvelle semaine de débats d'idées s'articulera « autour de l'actualité française en philosophie, en sciences humaines et sociales. La Villa Gillet en assurera le commissariat scientifique » nous explique-t-on du côté de l'équipe. C'est l'arrivée d'un mécène qui permet la tenue de cet événement, en l'occurrence l'association Res Publica, basée à Lyon - et au Burkina Faso via son ONG - et

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La fin pour Mode d'Emploi

Villa Gillet | Suite à la baisse drastique du budget de la Villa Gillet, Guy Walter, son directeur, se voit contraint de mettre fin à Mode d'Emploi, le rendez-vous consacré aux sciences humaines. Avant de probables licenciements.

Sébastien Broquet | Mardi 24 mai 2016

La fin pour Mode d'Emploi

Voilà, c'est fini. Mode d'Emploi s'arrête, après quatre éditions seulement. Et la Villa Gillet elle-même est dans la tourmente : probablement avant l'été, un plan social sera mis en place, et une partie des seize salariés de la structure sera licenciée et devra voguer vers d'autres aventures. Ces derniers ont lancé une pétition sur Internet ayant récolté 4177 signatures lundi soir. Au cours d'une réunion s'étant déroulée le mercredi 18 mai au matin dans le bureau de son directeur Guy Walter, mis en difficulté depuis plusieurs semaines par un rapport incisif de la Chambre Régionale des Comptes qu'il conteste ardemment, les différentes parties ont acté une baisse drastique des subventions accordées au lieu l'obligeant à amputer de sa programmation le festival Mode d'Emploi, son rendez-vous annuel consacré aux sciences humaines qui se déroulait en novembre. Les dixièmes Assises Internationales du Roman, qui se déroulent en ce moment-même, n'ont pas été impactées ; mais si la question de leur tenue l'an prochain ne se pose a priori pas, celle de la même exigence dans la programmation le sera inévitablement. Les trois tutelles (l'État via la DRAC et le Centre Nati

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Florence Verney-Carron : "Il faut dialoguer avec les artistes"

Florence Verney-Carron | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de la Région en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions : d'une déclaration pour le moins malheureuse de son président sur les formations de clowns en pleine campagne, jusqu'au traitement du dossier de la Villa Gillet, c'est peu dire que la vice-présidente en charge de la Culture est attendue. Florence Verney-Carron s'exprime ici pour la première fois sur l'ensemble de ces sujets.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Florence Verney-Carron :

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler à ce budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord, accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan. Ensuite, encourager l’émergence ; ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amené à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Ce qui est important pour nous, puisque nous arrivons au moment de la fusion des régions, c'est aussi de faire la conver

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Une saison revue à la baisse

SCENES | Si priorité est donnée dans ces colonnes aux spectacles et aux artistes, impossible de faire l’impasse sur les gels ou amputations de budgets culturels annoncés par la Ville en juin. Explications avec Georges Képénékian, 1er adjoint au maire délégué à la culture et réaction des Subsistances et des Célestins. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison revue à la baisse

Les salles de la Ville – qui consacre 20% de son budget à la culture – risquent bien de devoir modifier leur offre de programmation dans les mois et années à venir. Car le 15 juin dernier, lors de l’annonce des grandes orientations budgétaires pour la période 2016-2020, le milieu a tremblé : pour combler le désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales (moins 240 M€) et malgré un endettement calculé pour continuer à investir, deux domaines ont souffert plus que d’autres, le sport et la culture. Bilan pour cette dernière délégation : budget gelé pour l’Auditorium-Orchestre National de Lyon, l’Opéra et les Célestins, baisse de 150 000€ pour le musée des Beaux-arts et le Musée d’Art Contemporain, et de 450 000€ pour les Subsistances. «Ce n’est pas un rabotage, nous avons voulu prendre des options qui font sens sans faire dérailler le train plutôt que d’appliquer systématiquement - 8% à tout le monde. On a plutôt fait contribuer les maisons les plus grosses à cet effort pour préserver l’émergence. Et faire en sorte que les budgets cré

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Gagnez votre entrée aux Asisses du roman

CONNAITRE | Comme chaque année, le Petit Bulletin et la Villa Gillet s'associent pour vous faire gagner votre entrée aux Assises Internationales du (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 29 avril 2015

Gagnez votre entrée aux Asisses du roman

Comme chaque année, le Petit Bulletin et la Villa Gillet s'associent pour vous faire gagner votre entrée aux Assises Internationales du Roman. Petit twist cette année : ce n'est pas un texte que nous attendons de vous, mais un selfie. Plus précisémment, un selfie sur lequel vous brandissez le livre que vous auriez rêvé d'écrire et qu'il vous faudra poster sur Twitter et/ou Facebook avec le hashtag #AIRselfie. Vous avez jusqu'au 22 mai à 12h pour trouver l'inspiration. Trois gagnants seront ensuite tirés au sort (ce qui ne vous interdit pas, au contraire, de faire preuve de fantaisie dans votre mise en scène). Ils remporteront chacun un pass pour les Assises.

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Interview de Jean-Noël Orengo

CONNAITRE | Ville-paradoxe, royaume de la prostitution et, pour Jean-Noël Orengo, « capitale invisible de l'humanité », Pattaya est au cœur de "La Fleur du Capital", roman polyphonique d'une poésie folle qui, à travers la description fouillée et crue d'un endroit unique au monde, fait aussi le portrait en creux d'un Occident qui s'effondre sur lui-même. Amorce d'une discussion à poursuivre à la Villa Gillet. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 30 mars 2015

Interview de Jean-Noël Orengo

Á la lecture de La Fleur du Capital, on se débat, comme ses personnages, avec le mystère de Pattaya sans jamais parvenir à le résoudre. Avant de se dire que, peut-être, le mystère de cet endroit c'est justement d'être une énigme insolvable. Une énigme intrinsèque... Jean-Noël Orengo : Oui, absolument. Pattaya, c'est un avis partagé par la plupart de ceux qui sont allés là-bas, est unique. L'architecture, la culture des corps, des êtres même, le mélange des peuples, celui du tourisme familial et du tourisme sexuel, même si je récuse ce terme... C'est à la fois infiniment sordide et infiniment beau. Et puis Pattaya pose, via la prostitution, la question du sexe par rapport au puritanisme ambiant. Pattaya est, comme le disait Lowry du Mexique à une époque, le lieu de rendez-vous de l'humanité, et plus que ça, la capitale invisible d'une humanité inquiète qui a l'impression d'être conditionnée. C'est Babel réconciliée dans la nuit et dans la fête. Ce qui est paradoxal, et cette ville n'est qu'une suite de paradoxes, d'ailleurs pleine d'êtres paradoxaux, c'est qu'on vient à Pattaya pour oublier, s'immerger dans la

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Orengo, Merle et Bayamack-Tam à la Villa-Gillet

CONNAITRE | "Désastre, chaos et réalité", ce sera le thème plus réjouissant qu'il n'y paraît de la rencontre qui se tiendra à la Villa Gillet mardi 31 mars en compagnie d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Loïc Merle et Jean-Noël Orengo, autour de trois romans forts, entropiques et incroyablement vivants. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Orengo, Merle et Bayamack-Tam à la Villa-Gillet

On dit souvent – et c'est malheureusement trop souvent vrai – que la réalité dépasse la fiction. Mais que quand cette-même fiction s'empare de la réalité dans ce qu'elle a de plus chaotique ce peut-être aussi beau que violent. Comme une loupe aveuglante plaquée sur notre monde, nous le rendant à la fois insupportable – ne l'est-il pas déjà trop souvent ? – mais surtout fascinant. Et soudain éclairé. En partie du moins. C'est l'un des points commun que l'on peut trouver aux romans Je viens d'Emmanuelle Bayamack-Tam (qui reconvoque pour l'occasion l'un de ses personnages favoris, Charonne, à la fois guerrière et bouc émissaire du monde), Seul, invaincu, deuxième roman tendu, serré du lyonnais Loïc Merle et La Fleur de Pattaya de Jean-Noël Orengo, récits d'existence voués à l'entropie d'une réalité rarement arrangeante. Dans ce dernier roman, La Fleur du Capital, on part à Pattaya, capitale mondiale de la prostitution et de la fête – et si l'on y part, on y reste, ou du moins y laisse-t-on une partie de soi – pour changer sa vie et transformer son monde, selon le mot d'ordre de Breton, fusionné de Marx et Ri

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Villa Gillet : annulation de la rencontre du jeudi 22 janvier.

CONNAITRE | Initialement prévue ce jeudi 22 janvier en partenariat avec le Petit Bulletin, la rencontre autour du thème "Désastre, chaos et réalité" qui devait réunir les (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 19 janvier 2015

Villa Gillet : annulation de la rencontre du jeudi 22 janvier.

Initialement prévue ce jeudi 22 janvier en partenariat avec le Petit Bulletin, la rencontre autour du thème "Désastre, chaos et réalité" qui devait réunir les auteurs Jean-Noël Orengo, Emmanuelle Bayamack-Tam et Loïc Merle ne pourra malheureusement pas se tenir, pour des raisons indépendantes de notre volonté et de celle de la Villa Gillet. Nous vous tiendrons informés d'un éventuel report.

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Jouez avec la Villa Gillet et le Petit Bulletin : Mettez en musique vos romans préférés !

CONNAITRE | Pour tenter d’être publié dans le Petit Bulletin du 21 mai et de gagner des pass pour les AIR, des places de concert, des livres, de la musique...

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Jouez avec la Villa Gillet et le Petit Bulletin : Mettez en musique vos romans préférés !

Envoyez à jeu-concours@villagillet.net : 1. Le titre de votre roman favori et son auteur.2. La musique à laquelle vous associez ce roman (un album ou un simple titre) et le nom de l’artiste.3. En 500 signes, expliquez-nous pourquoi cette association ! Jeu gratuit sans obligation d’achat, valable du 1er avril au 21 mai 2014.   Règlement du concours d’écriture Article 1. OrganisationLa Villa Gillet, association loi 1901 dont le siège social est situé au 25 rue Chazière 69004 Lyon, et le Petit Bulletin, S.A.R.L dont le siège est situé au 16 rue du Garet, 69001 Lyon, co-organisent du 1er avril au 21 mai 2014 un concours d’écriture dans le cadre des Assises Internationales du Roman 2014. Article 2. ConsignesCiter le titre de son roman favori et son auteur, ainsi qu’une musique (un album, un titre, un extrait de chanson…) à laquelle peut s’associer ce roman. Proposer une explication personnelle, décalée et atypique de cette association dans un texte de 500 signes, espaces compris.

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Festin aux Célestins

SCENES | Alors que s’achève tout juste, sur le plateau des Célestins, une version tonitruante de "Cyrano" (avec un Torreton sidérant), le théâtre de la Ville de Lyon annonce une future saison résolument européenne et contemporaine. Laquelle sera lancée par la mise en scène de "Chatte sur un toit brûlant" par Claudia Stavisky et l’indispensable festival international Sens interdits. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 5 juin 2013

Festin aux Célestins

Bien sûr, nous sommes aux Célestins, un des théâtres d’excellence de la région, où ce sont les mots qui sont portés aux nues au fil des très nombreux levers de rideaux (270 lors de la saison qui vient de s’écouler). Ce sont toutefois des chiffres qui nous permettront d’y voir plus clair dans sa saison 2013/2014 : un tiers de spectacles mis en scène par des femmes, dont la moitié écrits par la gente féminine, cinq grands maîtres du plateaux (Bondy, Ostermeier, Lupa, Goebbels, et Vogel), neuf pièces internationales, un tiers de la programmation composée de compagnie de la région Rhône-Alpes (Nöjd, Haut et Court…). Des locaux et des stars Du côté des mots, les premiers à résonner seront ceux de Tennessee Williams avec Chatte sur un toit brûlant, créé cet été au Château de Madame de Sévigné à Grignan (44 représentations !) et repris dès le 19 septembre. Autre résident (temporaire), le circassien Mathurin Bolze qui présentera en novembre Ali + Nous sommes pareils à des crapauds qui dans l’austère nuit… (attention, titre à rallong

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Le long voyage de l’animation française

ECRANS | Longtemps désertique, en dépit de quelques rares oasis de créativité, le cinéma d’animation français a connu depuis dix ans un fulgurant essor au point de devenir à la fois une industrie et un laboratoire. À l’occasion de la sortie d’"Ernest et Célestine", futur classique du genre, retour non exhaustif sur une histoire en devenir. Textes : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 décembre 2012

Le long voyage de l’animation française

Jean Image et Paul Grimault : les pionniers Si les frères Lumière ont inventé le cinéma en prise de vues réelles et si, selon l’hilarante leçon donnée pour les vingt ans du Groland par Bertrand Tavernier, ce sont les sœurs Torche qui ont créé le cinéma de la Présipauté, le cinéma d’animation français a pour parrain — ça ne s’invente pas — Jean Image. Il fut le premier à produire un long métrage animé en couleurs, Jeannot l’intrépide (1950). Librement inspiré du Petit poucet, le film fait le tour du monde et pose les bases de l’animation à la française : jeu sur les perspectives et les motifs géométriques, imaginaire enfantin mais non exempt d’une certaine noirceur, musique cherchant à accompagner le graphisme plutôt qu’à illustrer les péripéties. Image œuvrera toute sa vie à faire exister le dessin animé en France, en devenant son propre producteur, en se lançant dans des projets ambitieux (des adaptations des Mille et une nuits ou du Baron de Münchausen) et, surtout, en créant le fameux festival du cinéma d’animation d’Annecy. Il s’en est toutefois fallu de peu pour que ce titre de pionnier ne lui soit ravi par Paul Grimault

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Du bon usage de la matière grise

CONNAITRE | Avant la Fête des Lumières, c'est fête des cerveaux sur Lyon et sa région avec la première édition de Mode d’emploi, festival dédié à la réflexion tous azimuts, avec des invités de toutes obédiences. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 16 novembre 2012

Du bon usage de la matière grise

Alors qu’on évoque souvent la gastronomie, le football et les lumignons high-tech pour résumer Lyon à grands traits, la ville (et plus largement la région Rhône-Alpes) serait-elle en passe de devenir aussi une capitale intellectuelle, quelques siècles après sa grande période humaniste ?  C’est en tout cas le pari que prennent les pouvoirs publics (Le Centre National du Livre, La Région et le Grand Lyon), la Villa Gillet et son hyperactif directeur Guy Walter (directeur par ailleurs des Subsistances et responsable des Assises Internationales du Roman) avec Mode d'Emploi. Un tout nouveau «festival des idées» qui s’étalera sur deux semaines, plusieurs villes et réunira moult invités pour des débats, rencontres, tables rondes… «L’idée, confie Guy Walter, est de redonner au débat intellectuel toute sa vigueur, surtout en ces temps de crise où se pose le problème crucial du vivre ensemble. On a vu avec les activités de la Villa Gillet que la demande de débat était très forte à Lyon». Quelques signes épars confirment la montée en puissance de la ville dans le domaine de la production de savoir : l’arrivée pas si ancienne que cela de l'ENS (Ecole Norma

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Travail précaire

SCENES | Théâtre / Le monde du travail ? Un antre de la folie ordinaire nous dit la compagnie Pôle Nord avec son diptyque CDI/CDD. L’aliénation suinte par tous les pores de ce travail brut, brutal et parfois aussi bancal. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 7 novembre 2011

Travail précaire

En ce mois de novembre, il fait 20° à l’extérieur du théâtre et au sein de la compagnie Pôle Nord, la banquise fond, comme son héroïne Sandrine. Pas de Groenland pourtant à l’horizon mais une petite ville, à moins que ce ne soit la campagne… Tout est réduit au minimum sur scène, comme dans la vie de sa protagoniste. Un tabouret, une table en formica et un bidet tous du même bleu que le fard à paupière de la travailleuse, un bleu océan dans lequel Sandrine a l’impression de se noyer. Derrière cette métaphore de l’engloutissement se cache le travail ; depuis 11 ans, Sandrine, debout derrière un tapis roulant, est trieuse de verre à la chaîne ; elle en est fière et elle se dit qu’elle a bien de la chance. Ce n’est pas si souvent que le travail, au sens physique du terme, est montré au théâtre. Les réflexions sur le sujet ne manquent pas mais les gestes répétitifs sont rarement représentés, même si Joël Pommerat les a érigés en art depuis plusieurs années. Casque vissé sur les yeux pour éviter les éclats de verre, la comédienne fait le même manège avec ses bras jusqu’à l’épuisement. Un moment fort de la pièce. Folie (trop) douce Ce sont deux échappés du collectif D

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Sens interdits, jour 8 : La fin du voyage

SCENES | Théâtre / La folle semaine du festival Sens Interdits s'est achevée comme elle avait commencée : dans un geste politique et artistique fort avec la fresque cambodgienne "L'Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge". Retour sur cette pièce et sur ces huit jours où il fut question d'élections libres, de solitude du pouvoir, de l'holocauste, d’engagements et toujours de théâtre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 2 novembre 2011

Sens interdits, jour 8 : La fin du voyage

La niaque de Sihanouk Bien sûr, l’histoire même de la pièce sur Norodom Sihanouk et le Cambodge contemporain était déjà une raison de ne pas rater ce spectacle. Créée en 1985 à la Cartoucherie de Vincennes et relatant 24 ans (de 1955 à 1979) d'histoire cambodgienne en 9h, cette épopée nous était proposée (pour moitié) en première mondiale mercredi dernier interprétée en khmer par les héritiers de ce récit. Une troupe de jeunes Cambodgiens a appris le théâtre et le jeu spécifiquement pour ce projet. Malgré les répétitions que nous avions vues récemment, il était tout de même à craindre que tout cela ne tienne pas la longueur avec un décor unique et simplissime (un plateau de bois et un rideau orange en fond de scène plus quelques accessoires). Erreur. L’équipe, d'une solidarité épatante et d’une rigueur indéfectible, livre un spectacle bouleversant servi aussi par le texte parfois drôle, souvent juste, jamais ampoulé d'Hélène Cixous. Tout n'est pas toujours situé dans le temps mais qu'importe puisque seule compte la tension permanente qui s’installe au plus haut sommet de ce «petit» pays comme disent avec dédain les «immenses» Etats-Unis. Norodom Sihanouk, qui a obtenu

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Le Chat du rabbin

ECRANS | De Joann Sfar et Antoine Delesvaux (Fr, 1h40) animation

Christophe Chabert | Mercredi 25 mai 2011

Le Chat du rabbin

Compresser en un film d’une heure quarante les cinq volumes du Chat du rabbin était une gageure pour le peu modeste — il peut, vu son talent — Joann Sfar. Depuis son entrée par la grande porte du cinéma français avec Gainsbourg (vie héroïque), Sfar affiche un appétit d’ogre pour ce nouveau media, et on retrouve sa soif d’étreindre tous les possibles avec ce film d’animation (en 3D, mais on peut largement s’en dispenser, le dessin de Sfar étant fondé sur la ligne, et non sur les volumes). Le problème, c’est que ce désir-là se traduit par une écriture dont la spontanéité ouvre les vannes à un certain foutoir. Parti sur un amusant dialogue philosophique et théologique entre un rabbin et son chat (qui parle avec la voix de François Morel), le film bifurque vers un récit d’aventures à la Hergé (dont Sfar se moque brièvement, et avec malice), oubliant en chemin son personnage principal (le chat). Non seulement on se moque un peu des péripéties picaresques de ce voyage vers la terre promise, mais Sfar tombe dans son autre gros défaut (déjà sensible avec Gainsbourg) : il ne peut s’empêcher de mettre du discours partout et de faire de la pédagogie par-dessus so

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«Une détestation de soi existentielle»

ECRANS | Entretien / Joann Sfar, dessinateur et cinéaste, livre sa vision, intime et personnelle de Serge Gainsbourg dans son premier long-métrage. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 13 janvier 2010

«Une détestation de soi existentielle»

Petit Bulletin : En quoi la vision que vous aviez de Gainsbourg était déjà présente dans votre œuvre dessinée ?Joann Sfar : J’aime bien commencer là-dessus, car très souvent les gens me demandent «Pourquoi Gainsbourg ?», alors que ça peut se poser à l’envers. J’ai pris toutes les obsessions qui traînaient dans mes bandes dessinées depuis longtemps, et il m’a semblé que Gainsbourg les rassemblait toutes : le goût de la musique, cette espèce de romantisme un peu slave des Russes qui vivent en France et qui s’en font une haute idée, la difficulté de l’image de soi qui se traduit par des projections, des monstres, des vampires, qui disent en fait l’âme du personnage, des histoires d’artistes et de modèles… Il y a un aspect plus récent dans mon travail : travailler sur des héros nationaux. Le Petit prince, Serge Gainsbourg… Je m’attache aux choses qui nous rassemblent. Bien sûr, pour que je parte dans un tel travail, il faut qu’il y ait une résonance dans mes goûts, mais il faut que je me dise que ça a une chance de rencontrer la population du pays dans lequel j’habite. L’identité nationale est une spécificité récurrente, et Gainsbourg est très

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Gainsbourg (vie héroïque)

ECRANS | Cinéma / Avec sa bio filmée de Serge Gainsbourg, le dessinateur Joann Sfar propose un portrait très personnel, à la fois intime et historique, de cette icône controversée de la culture nationale. Un premier film déroutant, dont les qualités et les défauts sont pris dans les mêmes plis. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 13 janvier 2010

Gainsbourg (vie héroïque)

D’abord le sous-titre : "Vie héroïque". Puis l’accroche : «un conte de Joann Sfar». Ce Gainsbourg arrive entouré de deux précautions adressées au spectateur : la vie de Gainsbourg sur l’écran sera celle d’un héros, ce qui est le propre de tout biopic, notamment quand il s’attaque à des figures musicales mythiques, de Jim Morrison à Edith Piaf en passant par Ray Charles. Quant au conte, il dit la part d’invention que Sfar a prise avec la réalité du personnage public et privé — distinction qui, avec Gainsbourg, n’a pas grand sens. De fait, si le film est une œuvre extrêmement personnelle, une vision iconoclaste d’une icône controversée, il y a parfois en lui une étrange soumission aux scories de la biographie sur grand écran. Comme un papier plié méticuleusement mais qui, déplié, formerait un dessin aléatoire, "Gainsbourg (vie héroïque)" échappe aux jugements définitifs et oblige à l’examen attentif. Héros national Le film s’ouvre sur le jeune Lucien Ginzburg en pleine occupation allemande. Pendant que son père, immigré russe et musicien raté, l’oblige à jouer du piano, il se rêve en grand peintre français. Premier schisme intim

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Joyeuse racaille

SCENES | Théâtre / Les villes de province ont ceci de merveilleux qu'il ne s'y passe presque rien. Tout y est confortable, rassurant, et l'on peut passer sa vie à (...)

| Mercredi 14 mars 2007

Joyeuse racaille

Théâtre / Les villes de province ont ceci de merveilleux qu'il ne s'y passe presque rien. Tout y est confortable, rassurant, et l'on peut passer sa vie à épier celle des autres ou à tester les rapports de force. Quand des ingénieurs des chemins de fer débarquent à Verkhopolié, trou du cul du monde, on imagine sans mal que la petite ville et ses habitants vont s'en trouver tout bouleversés. Curiosité, séduction, haine, une comédie humaine se prépare avec, d'un côté, les paysans vils et les petits-bourgeois médiocres, et, de l'autre, ces «hommes de la ville» qui jettent sur les gens du cru un regard désabusé et cynique. Les relations amoureuses achèvent de rendre à tous cette part d'animalité et de barbarie que le titre nous promet… On a tout lu sur ces Barbares créés cet été en Avignon, écouté les gémissements de nos confrères qui déploraient à l'envi les coupes faites dans le texte de Gorki (la pièce dure tout de même près de trois heures sans entracte), la panne d'inspiration du metteur en scène, la maladresse du jeu. Mais des images qu'il nous offre (la scène des roses plantées dans le sol, magnifique), de l'énergie incroyable avec laquelle la vingtaine de comédiens interprète la

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