Ce que peut la littérature : Éric Vuillard, l'interview.

Entretien avec Éric Vuillard | Éric Vuillard trace depuis 2010 un parcours exigeant et émouvant dans la littérature française, rendant aux oubliés de l'Histoire une chair. Avec 14 juillet, il redonne vie aux anonymes ayant fait vaciller l'Ancien Régime. Bouleversant.

Nadja Pobel | Mardi 27 septembre 2016

Photo : © DR


Vous traitez d'un moment très précis, le 14 juillet, et pour autant, vous traitez aussi d'un mouvement dans sa durée quand « la protestation ne cessa point ». Qu'est-ce qui vous intéresse le plus ?

Eric Vuillard : Il y a deux choses. Toute révolte se fait sur un fond structurel d'inégalités très fortes vécues au long cours. Évidemment que l'Ancien Régime n'est pas devenu inégalitaire d'un seul coup.

Ce qu'il y a de particulier avec le XVIIIe siècle est que le taux d'éducation a monté, que la bourgeoisie est devenue puissante et surtout que pendant toutes les dernières décennies qui précédent la Révolution française, il y a des problèmes alimentaires extrêmement importants et des révoltes chroniques un peu partout en province.

Et ce phénomène nouveau de la ville, de Paris, avec ses faubourgs ouvriers, des problèmes de chômage et, comme on dit aujourd'hui, de pouvoir d'achat avec une répression militaire, royale féroce.

Vous employez le terme de « chômeur » et « chômage ». Est-ce que ces termes existaient à l'époque ?

Oui mais c'est en effet un anachronisme car on ne l'emploie pas de la même manière. On l'emploie pour dire « ne rien faire », « les jours chômés ». Évidemment quand un historien regarde le XVIIIe siècle, sur un certain nombre de terme comme celui-là, il explique le contexte.

Vous avez pour ambition de montrer ce qu'on ne voyait pas jusque là. Vous citez de nombreux noms jusqu'alors inconnus. Est-ce que c'est presque une réparation que vous souhaitez faire quand bien même vous n'êtes pas historien ?

Je ne sais pas si je le dirai en terme de réparation mais en tout cas, ce qu'on voit c'est que les historiens eux s'appuient sur les archives de manière stricte. Il y a eu environ 98 morts parmi les émeutiers le jour de la prise de la Bastille.

Mais c'est la mort du gouverneur, par le peuple de Paris qui se déchaîne sur lui, qui est très bien documentée car il y a eu une enquête, des procès verbaux et les historiens la racontent avec beaucoup de détails alors que sur les morts émeutiers, même si on fait des recherches, on a au fond peu de choses (qui les a ramené, leur métier, leur adresse, leur nom, l'heure de leur décès...).

Je crois qu'avec la littérature il devient possible de reconstituer de manière assez plausible la mort et de l'incarner surtout. Et ce faisant, ça rétablit la balance affective entre de Launay et eux. C'est à dire qu'au fond, le jour de la prise de la Bastille on a environ sept morts du côté de ceux qui ne sont pas des émeutiers et 98 de l'autre.

C'est quand même étrange d'être moins ému par les 98 morts que par les sept autres qui de surcroît sont en grande partie responsables des 98 morts.

La littérature, en étant fidèle aux faits, peut rendre vivante la mort de tel ou tel et donner, à mon avis, une idée plus juste de ce qui s'est produit. C'est pareil pour l'inventaire très précis ce qu'il y avait chez Réveillon et chez Thuriot car ils demandent à l'Etat de l'argent, une indemnisation.

Et en revanche sur les 300 morts de l'émeute, on ne trouve quasiment rien, que les pièces dont je me suis servi, un inventaire de cadavres qui sert surtout au pouvoir, pour les fouilles et voir si ce ne sont pas des pillards, ce que j'essaye de montrer avec l'histoire de la montre dans le gousset.

Il y a un parallèle avec l'époque d'aujourd'hui (la dette, le chômage, la peur, vous parlez de « misérables en bande ») mais j'ai l'impression que ce n'était pas votre intention première ?

Quand on écrit sur l'histoire, elle est toujours chaude. Et l'histoire de la Révolution française encore plus qu'une autre. Il n'y pas pas d'histoire neutre en général et certainement pas d'histoire neutre de la Révolution mais il y aussi ce phénomène que l'histoire s'écrit toujours au présent.

C'est Foucault qui écrit ça dans Surveiller et punir. Et c'est tout à fait vrai au sens où quand je regarde le 14 juillet 1789, je le regarde fatalement avec les problèmes de maintenant. Des choses deviennent saillantes de façon presque spontanée.

Par exemple, ce qui intéresse Jaurès dans la Révolution c'est la recherche d'un prolétariat presque impossible, le marxisme de l'époque, les enjeux du monde ouvrier. Je ne souhaitais qu'il y ait un écho particulier avec notre temps mais quand on regarde l'histoire, quand on la réécrit à partir d'une certaine époque, c'est pour ça qu'elle est au fond toujours à réécrire.

Vous n'allez pas chercher dans l'histoire une justification - fatalement très alambiquée - de l'histoire d'aujourd'hui. Ce n'est pas une démonstration.

Non il y avait plutôt l'idée qu'aujourd'hui, quand on parle de la foule, des insurrections ou des émeutes, on a un regard très négatif. Le gens n'aiment la foule que pour aller au stade ou en boite. Le reste du temps ils la détestent. Or je trouve ça curieux car nous vivons dans des villes où la foule est présente partout et c'est assez agréable, on est anonyme.

C'est la vie moderne et surtout, ce qui m'est apparu c'est que notre fête du 14 juillet est un concept national et aussi universel. C'est une date connue dans le monde entier et qui regarde tous les peuples. Et c'est une émeute.

Tout ce qui aujourd'hui nous est présenté comme parfaitement négatif, trouble, excessif etc, se trouve au seuil du plus de liberté, plus d'égalité que nous connaissons. Le fond de ce qui m'intéressait était de raconter ces choses et de montrer ce que c'est qu'une foule qui, petit à petit, se constitue en peuple, une sorte d'intelligence collective qui va chercher les armes là où elles sont sont, qui est réellement menacée et qui sait ce qu'il lui faut faire c'est-à-dire prendre l'unique forteresse qui menace les faubourgs, aller y chercher la poudre.

Donc tout ça n'est pas ce que l'on nous dit. Bien sûr qu'il y a de la contingence et du chaos. Mais ce n'est pas une foule irraisonnée, ça n'est pas le lynchage sur lequel on insiste souvent. C'est autre chose et c'est ce qui est au fondement, je pense, de la démocratie.

Il y a en effet quelque chose de très joyeux. Malgré les émeutes, il y la construction d'un monde meilleur. On comprend, dans votre livre, la raison de cette insurrection.

Il y a des inégalités économiques et sociales et quand le peuple se soulève, il a de bonnes raisons de le faire. Tout au long d'une journée, et même avant le 14 juillet, ça crée des formes de jubilations très particulières liées à des solidarités immédiates, à des rencontres. On sait que tout à coup les intérêts convergent et s'opposent, dans le cadre de la hiérarchie sociale, à une toute petite oligarchie.

C'est ce qu'on peut sentir quand il y a des mouvements sociaux au long cours et qu'on commence à rencontrer des copains, à tisser des solidarités, à apprendre à parler en public, à prendre des décisions rapidement ensemble. Tout ce qui de prime abord peut apparaître aux uns et aux autres comme un peu rebutant, avec des réunions pas drôles, des slogans un peu monotones, très vite devient effusif, intéressant.

La démocratie au quotidien peut avoir quelque chose d'ennuyeux. Vous savez, ça a un côté réunion de copropriétaires ; une AG dans les premiers temps d'une manifestation, c'est toujours un peu laborieux. Mais quand la température monte alors tout de suite cela devient passionnant et fabrique des rapports humains très différents de ceux que nous connaissons et qui sont une expérience de la liberté de parole, de l'égalité de condition et qui, je crois, change ceux qui en ont fait l'épreuve.

C'est dire aussi en substance qu'une révolution, comme aujourd'hui une grève dans une moindre mesure, n'est pas un caprice alors que c'est souvent, dans les médias au moins ou par des hommes politiques aussi, présenté ou caricaturé comme ça.

Oui je crois qu'au fond, même si effectivement dans les médias on trouve beaucoup ce discours, la plupart des gens ont assimilé l'idée que nous sommes égaux foncièrement. Je crois que la revendication du "plus d'égalité" améliore la vie humaine : c'est beaucoup plus agréable de vivre ensemble dans une égalité qui soit la plus réelle possible.

On sait bien que lorsqu'on discute avec son patron, on n'est jamais tout à fait libre de sa parole alors que quand on est avec des collègues, on l'est bien davantage. Et plus encore quand la structure même de l'endroit où on travaille est horizontale. L'égalité fabrique une sorte de sociabilité agréable à tous sauf à ceux qui évidemment auparavant se trouvaient au sommet de la hiérarchie et qui perdent du coup le pouvoir, en partie discrétionnaire, qu'ils avaient sur les autres.

Et puis, au fond il y a souvent un aspect contingent au moment le plus chaud de la révolte, pour le déclenchement. C'est à la fois une situation objective (Paris est menacé, les armées du roi s'approchent, encerclent les faubourgs..., dans l'émeute Reveillon, il y a cette intelligence collective du fait qu'on sait que les fusils sont aux Invalides, la poudre transportée de l'Arsenal jusqu'à la Bastille) mais il y a cette contingence, comme dans les Révolutions arabes, où un homme se fait brûler et la société entière prend feu.

Cette part contingente déclenche l'événement mais elle ne le structure pas du temps. Elle est juste l'élément déclencheur si bien que l'on peut pas du tout rabattre la logique de l'insurrection sur un caprice. On parle beaucoup aussi en termes médicaux : une fièvre, des effusions. Non c'est structuré par des faits réels, une épreuve au long cours qui fait que tout à coup un événement imprévisible met le feu aux poudres.

Vous avez écrit par le passé sur les périodes plus récentes (la colonisation avec Congo), auriez-vous envie d'écrire sur des événements plus récents comme la fin du communisme et la chute du Mur ou les Révolutions arabes que vous évoquiez ? Ou est-ce trop proche de nous temporellement ?

Non, je ne pense pas que ce soit trop proche. Je pense que de livres en livres on apprend des choses. Des craintes comme le "trop proche" se dissipent, se travaillent. Et puis les livres se répondent. J'ai l'impression qu'un livre me permet de comprendre des choses pour un autre. C'est marrant que vous évoquiez la chute du Mur, je l'ai envisagé. Mais je ne peux écrire sur un événement qu'à partir du moment où une double nécessite arrive.

Il y a quinze ans, je lisais déjà des livres sur le 14 juillet, comme beaucoup, sans avoir l'intention d'écrire sur ce sujet. C'est quand j'ai eu le sentiment d'avoir une idée particulière sur cette journée (raconter ce jour-là vu du peuple) et que ce n'était pas qu'une histoire d'historien mais aussi de littérature et de désir – car c'est ça mon second moteur. Mais je travaille à différents projets dont certains tout à fait contemporains, des enquêtes... ça m'interesse beaucoup.

Il y a dans votre écriture une troublante ressemblance avec la représentation du pouvoir que donne Joël Pommerat dans Ça ira. Vous parlez des tables de jeux à la cour du roi. Il y a dans la pièce un billard pour Louis XVI...

Le jeu est une chose qu'on trouve énormément dans les archives et les récits. Je pense que ça marque le lecteur car ça fait un tel contraste entre les faubourgs de Paris, une ville qui souffre énormément économiquement et tout ce qu'il peut y avoir de frivole dans le jeu et de métaphorique : le jeu est sans conséquence. Ces gens-là vivent dans un monde totalement détaché des réalités sociales et puis ils dépensent des sommes folles là-dedans, des banquiers sont spécialement affrétés de Paris pour venir alimenter les tables de jeux. Tout ça fabrique un système de dépenses somptuaires vouées à rien. Je comprends qu'on ait le désir de l'exploiter. Ça fait image.

Un autre aspect m'a beaucoup intéressé dans les archives : ce sont les relations au temps. Comme je vous disais, la littérature est peu concernée par le 14 juillet. Elle préfère 1793 avec ses grandes figures passionnantes. L'outil littéraire est adapté à 93 alors que le roman est comme rebuté par la foule. Comment raconter ça ? Même s'il y a des expériences romanesques très réussies sur la foule, la pluralité comme chez Dos Passos ou évidemment le Zola de Germinal ou de La Débâcle. Mais la littérature se meut plus facilement dans un espace où il y a quelques personnages, une histoire plus ou moins linéaire.

Quand on lit les récits d'époque, beaucoup d'historiens se sont appuyés sur les relations de grands bourgeois et grands notables qui non seulement n'étaient pas à la prise de la Bastille (mais à l'Hôtel de ville) mais ne souhaitent pas qu'elle tombe. Ils ont toute la journée œuvré pour y introduire une milice bourgeoise et éviter les débordements. Et surtout la prose de ces gens, si elle privilégiée, celle de Dussault par exemple, c'est qu'en tant qu'écrivain on se sent une affinité avec lui. C'est un traducteur de Juvénal... on est en terrain ami. On aurait peut-être pu s'entendre, discuter de littérature.

Mais quand on lit les relations de ceux qui y ont participé - je pense à la relation de Claude à Cholat, dont j'ai fait un personnage - il a dicté son histoire à un écrivain public. Il est analphabète, mais marchand de vin, il a quand même un peu d'argent pour payer quelqu'un pour raconter sa vie. L'oralité se retrouve à l'écrit et donc laisse une trace. Et même s'il a rendu ça dans une langue écrite travaillée par l'écrivain public, il a respecté l'ordre chronologique que Cholat a donné. C'est l'inverse de Dussault qui lui n'y était pas et raconte avec un narrateur omniscient ce qui c'est passé partout.

Cholat ne raconte que ce qu'il a vu et ce qu'il a fait dans une sorte de désordre, les faits arrivent à toute vitesse. Il n'y a pas d'introspection, il ne plante pas le décor. On sait pas où on est, il n'y a pas de période, ce n'est pas un récit organisé. Si on accepte de le suivre comme une sorte de caméra subjective, on est embarqué avec lui dans le 14 juillet. On ne voit que ce qu'il a vu et on ne le voit faire que ce qu'il a fait, et d'une certaine façon, c'est qui est à l'origine du roman de la tradition démocratique du XIXe et du XXe. C'est le moment où chez Faulkner disparaît le narrateur omniscient au profit de la subjectivité de l'auteur qui, comme nous tous, ne sait pas tout. Chez Faulkner on est perdu au début. Eh bien chez Cholat - c'est d'ailleurs très maladroit, il n'y a pas de volonté littéraire - on est perdu aussi.

Ça m'a beaucoup touché. Et j'ai eu cette idée de me couler dans ces récits, d'essayer, pour une part, d'en épouser la forme car au fond elle a quelque chose de très moderne et de politiquement infiniment plus juste que les autre, s et elle épouse foncièrement la trajectoire de la littérature au long cours. Elle nous dit quelque chose de ce qu'elle va devenir.

Aussi intéressant que soit le travail de Joël Pommerat, il éprouve des difficultés à représenter la masse.

Je pense que c'est lié à ce que je disais précédemment. Je crois que la forme littéraire, a priori, répugne naturellement à la foule. Ça lui est compliqué. Elle n'a pas été faite pour ça dans l'histoire. Elle a été fabriquée depuis l'Antiquité jusqu'à l'Ancien Régime pour célébrer les grands de ce monde que ce soit Phèdre ou autre. Ce ne sont pas des petites gens. Que ce soit le théâtre, la prose ou la grande poésie antique, elle sont faites pour raconter des héros.

Or il me semble que depuis justement le XVIIIe (Rousseau, la Révolution française, le grand roman du XIXe et puis les modifications de formes que le roman a subi au cours du XXe siècle) se cherche une nouvelle forme. Au lieu que ça passe par un ou deux personnages principaux, il suffit que l'empathie soit suffisamment forte, même si elle est brève, et on peut raconter ce qui doit être raconté par la littérature aujourd'hui, c'est-à-dire le collectif et le bricolage aussi de l'histoire qui n'est pas vulgaire. Et c'est ça qui est réellement sublime car c'est comme ça que l'histoire a eu lieu, et par de grands moments romancés...

Du 14 juillet on a de grands témoignages réels. Et je crois que la littérature doit tâcher de se rapprocher de cette réalité-là et donc aussi du collectif et tordre, trouver par l'incarnation les moyens que le roman fonctionne, que le lecteur soit entraîné, que ce ne soit pas mort. Et d'un autre coté être fidèle à ce que l'on souhaite dire et à la réalité, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de monde en fait toujours. On n'est jamais seul. On le sait bien dans la vie quotidienne. Les choses ne se font pas seul. On est toujours plusieurs.

Je crois que la littérature doit pencher vers le "plus de réalité", essayer de raconter ce qui a vraiment eu lieu. Et le 14 juillet est spectaculaire car c'est la victoire de la foule et du peuple mais, au fond c'est toujours comme ça que ça se passe. Il faut souvent qu'un seul nom colle aux grands événements. Bien sûr il y a des individualités qui épisodiquement comptent par leur courage, leur lucidité mais il faut être plusieurs pour faire quelque chose.

Que les noms de de Gaulle ou Jean Moulin collent à la Résistance française, c'est bien naturel mais ce sont des milliers d'individus qui ont fait tout cela et c'est très émouvant aujourd'hui de voir dans le Carnet du Monde les derniers compagnons de la Libération mourir et de voir que ces personnes qui ont eu un courage invraisemblable pendant la guerre sont rentrées dans le rang, sont redevenues fonctionnaires ou enseignants. C'est bouleversant. Ça a été ça la Résistance.

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Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Didier Tronchet signe son Que sais-je ? (ou presque)

Didier Tronchet est un homme de goût. Une preuve ? Ce Nordiste voyageur a préféré à l’exotisme équatorien — très surfait, demandez autour de vous — le charme incomparable de notre métropole rhodanienne ; une ville qui pousse le raffinement jusqu’à nommer une de ses artères du 6e arrondissement en son honneur (ou quasiment). Illustrateur, cinéaste, romancier, scénariste, le père de Raymond Calbuth et Jean-Claude Tergal offre parfois à sa prolifique plume de plaisantes diversions, en rédigeant pensées, chroniques et autres aphorismes gouvernés par l’absurde élémentaire. Traitant de tout (donc de n’importe quoi), classés dans l’anarchie d’un désordre analphabétique, ces billets ont été réunis en une sotie (forcément inégale) et justement baptisée L’Univers à peu près, petit imprécis de culture approximative. Entre deux considérations sur l’anatomie, le croustillant de la chips ou le devenir du monde gouverné par les poulpes, le lecteur ne manquera pas d’apprécier l’usage que l’auteur fait de la langue française — qu’il tient en haute estime : les plus savoureuses des entrées sont “Procrastination” et ”Langage”. Si « mal nommer les choses

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Poulidor : La victoire en perdant

CONNAITRE | Après deux quintuples vainqueurs du Tour, Bernard Hinault et Eddy Merckx, le festival Sport, Littérature et Cinéma rend hommage à une autre légende du cyclisme : Raymond Poulidor, éternel second et perdant paradoxal, car unique coureur de l'Histoire dont le plus grand exploit est de n'avoir jamais gagné le Tour.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 février 2016

Poulidor : La victoire en perdant

« Cela faisait si longtemps que nous attendions ça. Et enfin ce 15 juillet 1975, dans les premiers lacets de la montée du Pla d'Adet de la 17e étape du Tour de France, Raymond Poulidor s'est échappé. Il avait 38 ans. » Ainsi démarre, par cet épisode tardif de sa carrière, bercé par la voix de François Morel, Poulidor premier, documentaire de Patrick Jeudy sur l'éternel second. « C'est l'une de ses plus belles victoires », ajoute le commentaire sans ironie. Au sujet de l'épisode, l'écrivain et journaliste cyclophile Christian Laborde abonde : « En 1974, des types pleuraient de joie dans le Pla d’Adet, après qu’il eut démarré dans le premier virage, laissant sur place Eddy Merckx et tout le gratin des pentes. (...) Mon père chialait : ce démarrage, il l’attendait depuis 1964, depuis l’envol de Raymond dans le col du Portillon. » Le Pla d'Adet ou la dernière salve victorieuse de l'homme qui ne gagnait jamais. En France, les seconds sont éternels, les perdants magnifiques et toujours pardonnés : les Verts 1976 et leurs poteaux carrés, les Bleus de Séville 1982, Fignon et ses 8 secondes manquantes, on s'en fait jusqu'à l'écoeure

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L'institut Lumière se remet au sport

ECRANS | Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

L'institut Lumière se remet au sport

Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, littérature et cinéma ? Elle se révèle forcément fusionnelle et des plus fécondes à l’écran, tant celui-ci transcende le mouvement, magnifie l’exploit, héroïse les sportifs dans leurs souffrances… Pour la troisième année, l’Institut Lumière mouille le maillot en consacrant un festival à l’art d’accommoder intelligence et muscles, en images ou en mots. Piochant dans le vaste corpus des œuvres dédiées au sport, la programmation mêle projections, débats, rencontres, colloque, hommages (l’immense cycliste Raymond Poulidor et le motard Giacomo Agostini seront célébrés), et quelques avant-premières (Free to run, de Pierre Morath - en sa présence - consacré au jogging, et Good Luck Algeria de Farid Bentoumi, présenté par ce dernier et Sami Bouajila). Sport parmi les plus cinégéniques, la boxe aura les honneurs d’une nuit, avec la projection des quatre premiers volets de la saga Rocky (au moment où Creed vient d’arriver dans les salles),

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Raymond Poulidor à l'Institut Lumière

ECRANS | Deux ans après Eddy Merckx, c'est un autre cycliste qui donnera le coup d'envoi de la troisième édition des passionnantes rencontres Sport, Cinéma et (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 10 décembre 2015

Raymond Poulidor à l'Institut Lumière

Deux ans après Eddy Merckx, c'est un autre cycliste qui donnera le coup d'envoi de la troisième édition des passionnantes rencontres Sport, Cinéma et Littérature de l'Institut Lumière (du 21 au 24 janvier) : l'éternel second Raymond Poulidor, à l'honneur d'une double projection documentaire – l'un inédit, l'autre tourné par Lelouch en 65. Également à l'affiche : une nuit Rocky, le multi champion du monde de vitesse Giacomo Agostini (à l'honneur de Continental Circus de Jérôme Laperrousaz en 1972), le judo selon Akira Kurosawa (La Légende du grand judo, 1942) et la boxe selon Raoul Walsh (Gentleman Jim, 1942 aussi), un ciné-concert à l'Auditorium sur du Harold Lloyd... Et le lot habituel d'avant-premières (notamment Free to Run de Pierre Morath, sur l'essor poulaire de la course à pied) et de rencontres, dont vous trouverez en partie le détail sur le site de l'Institut.

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Bron, commune des livres

CONNAITRE | Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Bron, commune des livres

Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte les pièces d'un puzzle thématique qui n'a sans doute jamais été aussi commun – et n'a donc jamais aussi bien porté son nom. «Qu'est-ce qu'on a en commun ?», donc, pose la question inspirée de l'essai de Christian Dardot et Pierre Laval, évidemment invités pour parler du vaste sujet de leur livre : à savoir proposer une révolution politique, sociale et écologique pour le XXIe siècle, celle du commun. Pour commencer, on pourrait dire plus précisément ici que ce qu'on a en commun, c'est la ou les littératures, quelles qu'en soient les approches. Littérature, qui cette année porte donc à la Fête du Livre une série de regards sur le contemporain à travers les enjeux du commun. Qu'ils passent par l'évocation du monde social et le plus souvent de son effritement (les rencontres "roman choral, roman social" avec Olivier Adam et Donal Ryan, "La France à hauteur d'homme" avec Florence Aubenas, "L'Italie, un nouveau monstre" avec Silvia Avalone et Simonetta Greggio) ; de l'histoire et de la mémoire ("La mém

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Les luttes finales

CONNAITRE | C'est sous le signe du combat, de la lutte acharnée pour se faire une place - si possible la première - que se place la nouvelle édition du festival Cinéma, Sport et Littérature de l'Institut Lumière. Au programme : champions invétérés, docu fanatisés et films engagés, dans tous les sens du terme. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Les luttes finales

Pour le coup d'envoi de cette deuxième édition, l'Institut a fait appel à deux des plus grands "lâche-rien" du sport français  : Hinault d'abord, Killy ensuite, histoire d'annoncer la couleur, celle de la lutte sous toutes ses formes. Le lendemain – également jour d'un déjà traditionnel colloque "Cinéma, sport et littérature" avec pléthore de journalistes et d'écrivains spécialisés – Eric Cantona, quasi pensionnaire des lieux, revient avec un de ces "Canto-docu" dont il a le secret – un genre en soi, identifiable à ses envolées lyriques, ou "cantonades", bientôt aussi mythiques que les Alain Decaux raconte... de notre enfance. Après Les Rebelles du Foot, l'ex-Mancunien s'est penché cette fois sur la question des liens entre le football français et l'histoire des grandes vagues d'immigration, toutes incarnées par des champions (Kopa le Polonais, Piantoni et Platini les Ritals, Zidane le Kabyle...). L'Histoire et les résonances politico-historiques du sport, ce sera aussi le thème sous-jacent de l'exposition signée Raymond Depardon, sise à la galerie de la rue de l'Arbre-Sec... Armées Rouges ...et celui d'un autre docu-politico-sportif : The

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Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

CONNAITRE | Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre les auteurs suivants : Olivier Adam, Florence Aubenas, Silvia Avallone, Ramona Badescu, John Burnside (en dialogue avec José Carlos Somoza), Alain Choquart, Pierre Dardot, Patrick Deville, Simonetta Greggio, Serge Joncour, Olivier de Solminihac,   Laurent Mauvignier, Hubert Mingarelli, Raphaële Moussafir, Sylvain Prudhomme, Eric Reinhardt (le temps d'une lecture musicale avec Bertrand Belin), Eugène Savitzkaya, Eric Vuillard (notre cover boy de la rentrée littéraire, en dialogue avec Olivier Rolin) ou encore Valérie Zenatti.

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Histoires sans fin

CONNAITRE | Avec "Tristesse de la Terre", Eric Vuillard confirme son goût pour la remise à l'heure des pendules historiques. Dans une geste poétique magistrale, l'auteur lyonnais s'y attaque à la vie d'imposture de Buffalo Bill et à son Wild West Show, spectaculaire grand œuvre de falsification de la conquête de l'Ouest et du génocide indien, matrice du mythe américain et ancêtre primordial du reality show. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 30 septembre 2014

Histoires sans fin

«Quand la légende dépasse la réalité, imprimez la légende» dit Maxwell Scott à Ransom Stoddard dans L'Homme qui tua Liberty Valance. Une phrase si rebattue qu'elle en est devenue un cliché. Peut-être parce qu'elle en a toujours été un, tant elle dit tout d'une Amérique qui, depuis l'origine, se repaît de sa propre légende. La légende américaine, l'écrivain Eric Vuillard a choisi de la détricoter, d'en tirer le fil en arrachant les célèbres franges de la plus grande et plus factice icône de la conquête de l'Ouest : William Cody alias Buffalo Bill. Ou comment un vétéran des guerres indiennes et chasseur de bisons est devenu, sur la foi de confessions de matamore alcoolisé, déformées avec zèle par un scribouillard de l'Est, un héros national. Et même : le héraut du grand mythe américain et de son folklore, promoteur d'un faux roman national en son, lumière, chair, toc et balles à blanc.   Amnésie sans retour La seconde carrière

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Lumière en tête de peloton

CONNAITRE | Des salles remplies, des films rares, des invités prestigieux : l’Institut Lumière a pleinement réussi ses premières Rencontres sport, cinéma et littérature. Retour sur cette manifestation qui s’est tenue du 16 au 19 mars et sera reconduite en janvier prochain. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 25 mars 2014

Lumière en tête de peloton

Eddy Merckx déambule. "Le Cannibale", venu à Lyon pour ouvrir ces rencontres Sport, cinéma et littérature, connait probablement par cœur les magnifiques clichés en noir et banc de L’Equipe exposés dans la galerie de l’Institut Lumière (et visibles jusqu’au 19 avril), et qui racontent pour certains d’entre eux ce qui a forgé sa légende et assis son immense célébrité. Il faut voir quelques minutes plus tard à quel point les yeux de certains spectateurs s’allument en le voyant arriver dans ce hangar du Premier Film qui vit naître le cinéma. Un tiers des spectateurs ce soir-là, comme durant le reste du week-end et bien que lyonnais pour la plupart, n’était jamais venus ici. C’est dire si cette manifestation a bousculé les habitudes, ce nouveau public s'étant souvent retrouvé à truster les marches de la salle. Le film de Joël Santoni, La Course en tête, n’est pourtant pas facilement abordable, lui qui retrace sur fond de musique médiévale et sans commentaire l’année 73 du champion, ses entraînements, ses babillages avec ses enfants, ses victoires (au Giro et à la Vuelta mais pas au Tour, sur lequel il fit l’impasse)... Lesquelles émeuvent toujours le Grand E

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Lumière mouille le maillot

CONNAITRE | Inatteignable surhomme ou trop banal humain, le sportif est une figure mythique qui, loin de n’occuper que les journalistes et les fans, est aussi le sujet de nombreux films et livres. En consacrant un week-end au sport, l’Institut Lumière place l’athlète au centre du jeu. Stéphane Duchêne et Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 11 mars 2014

Lumière mouille le maillot

Dans ses Mythologies (1957), au rang desquelles le Tour de France se voyait consacrer un chapitre, Roland Barthes l’écrivait clairement : «le langage donne à l’événement la majoration épique qui permet de le solidifier». Sur la Grande Boucle spécifiquement, il ajoutait qu'elle était «le meilleur exemple d’un mythe total donc ambigu ; le Tour est à la fois un mythe d’expression et un mythe de projection, réaliste et utopique tout en même temps». Si dès lors que la littérature rencontre le sport, elle ne se focalise pas uniquement sur le vélo, force est de constater que cette discipline, comme la boxe, a fait couler beaucoup d’encre, l’origine modeste de leurs champions n’y étant sans doute pas pour rien - plus l’amplitude de destin est grande, plus le mythe se consolide. Philippe Delerm (La Tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives), Jean Echenoz (Courir, sur le destin d’Emil Zatopek), Dominique Noguez et bien d’autres ont fait de l’athlète un personnage de leurs nouvelles ou récits. Toutefois, davantage que les romanciers, le programme des premières rencontres "Sport, littérature et cinéma" de l'Institut Lumière conce

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La Fille du 14 juillet

ECRANS | Premier long-métrage d’Antonin Peretjatko, cette comédie qui tente de réunir l’esthétique des nanars et le souvenir nostalgique de la Nouvelle Vague sonne comme une impasse pour un cinéma d’auteur français gangrené par l’entre soi. Qui mérite, du coup, qu’on s’y arrête en détail… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 7 juin 2013

La Fille du 14 juillet

En remplacement d’un LOL galvaudé par l’adolescence sans orthographe, le branchouille a pris l’habitude de placer un peu partout des WTF — pour What The Fuck. WTF : un sigle qui semble avoir été importé pour résumer un certain cinoche d’auteur français qui, à la vision répétée de chacun de ses jalons, provoque la même sensation d’incrédulité. Qu’est-ce qui passe par la tête des cinéastes pour accoucher de trucs aussi improbables, dont une partie de la critique s’empare pour en faire des étendards de contemporanéité là où, même de loin, on ne voit pas la queue d’une idée aboutie ? La Fille du 14 juillet pousse même un cran plus avant le concept : c’est un film WTF assumé, le rien à péter devenant une sorte de credo esthétique et un mode de fabrication. Derrière la caméra, Antonin Peretjatko, déjà auteur d’une ribambelle de courts-métrages sélectionnés dans un tas de festivals — mais refusés systématiquement dans beaucoup d’autres, c’est dire si son cas provoquait déjà des réactions épidermiques ; devant, le dénommé Vincent Macaigne, dont l’aura de metteur en scène de théâtre — dont on a pu lire du

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