É. Cohl : normal et supérieur

Vincent Raymond | Samedi 10 juin 2017

Photo : © DR


Chloé Cruchaudet, Denis Falque, Olivier Berlion, Benjamin Flao, Yannick Corboz, Ludivine Stock, Maureen Wingrove (alias Diglee), Emre Ohrun, Matthieu Blanchin, Daphné Collignon, Raphaël Gauthey, Camille Benyamina, Hippolyte… Longue (et non exhaustive) est la liste des auteurs de BD à avoir suivi l'enseignement de la prestigieuse école lyonnaise fondée en 1984 par Philippe Rivière.

Désormais installée dans l'ancienne friche RVI, cette institution privée (environ 7000€/an) reconnue par l'État forme au terme de cinq années d'études « des professionnels qui sont en plus des artistes et de bons généralistes du dessin », comme l'explique Emmanuel Perrier, son directeur délégué. Toutes options confondues, ils/elles sont 80 à décrocher leur diplôme à la fin de leur cursus. Pour augmenter la bienveillante et solidaire famille des anciens “cohliens”.

« Dès sa création, tout le monde a considéré Émile-Cohl comme une école de BD. » Sans doute parce qu'elle l'a d'emblée intégrée parmi ses matières enseignées, dès la première année (au même titre que l'illustration ou le dessin animée), tirant parti de ses vertus de “discipline complète” : « par la BD, vous faites des ambiances, des décors, des personnages ; vous apprenez à raconter des histoires. »

Depuis quelques années, les étudiants sont en plus incités à créer de la non-fiction : prendre des problématiques scientifiques ou historiques et les transposer en BD. Sous la houlette du scénariste et professeur Olivier Jouvray, ils réfléchissent également sur le modèle économique, les supports numériques, mais aussi la diffusion. « Notre ambition, c'est qu'ils puissent s'insérer dans la chaîne de production ; qu'ils s'accomplissent chez nous comme artistes tout en gardant les pieds sur terre. » Plus qu'une école : une pépinière.

Un an de BD à Lyon

Jusqu'au 20 septembre : Bande dessinée l'art invisible, exposition au Musée de l'Imprimerie et de la Communication graphique

27 avril : Signature de Tebo et Keramidas pour leur version de Mickey (Glénat) à la Librairie Expérience

29 avril : Signature de Jean-Luc Barré & Krassinsky pour Le Grand et le trop court (Casterman) à la Librairie La BD

15 mai : Parution du mensuel Les Rues de Lyon n°29 (Le Jardin Rosa Mir), disponible dans toutes les bonnes librairies

Du 16 mai au 4 novembre : Vlan ! 77 ans de bandes dessinées à Lyon et en Région, exposition à la Bibliothèque de la Part-Dieu

18 mai : À l'occasion de la sortie du tome 4 de À boire et à manger (Gallimard), Guillaume Long est l'invité de la Nocturne mensuelle de la librairie Expérience

Du 1er au 30 juin : LyonBD Festival, le Off dans la ville de Lyon

Du 3 juin au dimanche 9 juillet : Festival de la BD d'Écully

10 & 11 juin : 12e LyonBD Festival ; lancement du Projet Bermuda n°9 de la librairie Expérience ; lancement du catalogue de l'exposition Venenum, du Musée des Confluences, en BD par Toulmé

Du 18 juin au 24 septembre : Exposition Des auteurs BD dessinent les Gladiateurs au Musée Gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal

18 et 19 novembre : 28e Festival de la Bulle d'Or au Briscope de Brignais

Janvier 2018 : Lancement d'une nouvelle publication jeunesse documentaire trimestrielle “dépliable” ; édition de deux projets issus de blogs BD (l'un de vulgarisation politique signé Jérôme et Olivier Jouvray ; l'autre de vulgarisation économique porté par Matthieu Ferrand et Sandrine Boucher). Des projets édités par L'Épicerie séquentielle

D'avril 2018 à février 2019 : Exposition Hugo Pratt au Musée des Confluences

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Woodstower : être et avoir l'été

Festival | Finalement non restreint sanitairement, Woodstower, le festival éco-responsable de Miribel-Jonage offre pour son retour un mix de bamboche musicale et de profusion d'humour de jeunes pour, si le temps le permet, conclure l'été en beauté.

Stéphane Duchêne | Mercredi 25 août 2021

Woodstower : être et avoir l'été

Il faudrait demander confirmation et expertise à un genre de Giec de l'ambiance mais il semblerait quand même qu'entre l'offensive du variant Delta et le temps exécrable, on ait connu en 2021 l'été le plus pourri depuis ces grandes vacances de sinistre mémoire qui virent l'avénement conjugué de la Macarena et de Carapicho – oui, Yakalelo c'était probablement bien pire mais cette année-là, on avait gagné la Coupe du Monde, ça compense. Alors, on dira ce qu'on voudra mais dans ce contexte, Woodstower pourrait bien jouer le rôle de phare dans la nuit, de sortie par la grande porte. Sauf pour les anti-vax, les anti-passe et les anti-parc de Miribel-Jonage (la contradiction systématique est un art). D'abord parce que comme cela avait été annoncé au mois de juillet, les restrictions prévues à l'origine pour le festival (jauge limitée, position assise obligatoire, ce genre de tue-l'amour), ont été effacées. Avec un passe sanitaire, tout le monde pourra entrer, se dresser sur ses pieds et éventuellement les bouger. Ensuite, parce que sans doute davantage

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Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Bande Dessinée | Officiellement, la 16e édition du Lyon BD Festival se tient les 12 et 13 juin. Mais chacun sait que, dans les faits, le rendez-vous de la bande dessinée a commencé depuis une septaine déjà. Rien à voir avec quelque éviction prophylactique : entre le off et le in, c’est tout le mois de juin qui est contaminé par le 9e art. Et aussi, surtout, l’ensemble de la vi(ll)e de Lyon…

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Les éditeurs feront sans doute un peu grise mine cette année du fait de l’absence de barnum place des Terreaux accueillant les stands à leurs couleurs — et leurs auteurs. Mais le pragmatisme l’emportant toujours sur la déception, ils se consoleront vite en considérant le verre rempli à ras-bord : la tenue en présentiel d’un des plus grands festival de bande dessinée de France, avec un programme conforme en ambition, en diversité et propositions, avec ceux déployés lors des éditions précédentes — on imagine les trésors d’inventivité qu’il aura fallu mettre en œuvre ! Fidèle à sa philosophie, Lyon BD poursuit en effet cette politique du “décloisonnement“ qui a fait son succès en révélant l’infini extraordinaire des interactions potentielles entre, d’une part, un art séquentiel lui-même multiple dans ses modes d’expression, et de l’autre toutes les disciplines culturelles et/ou les lieux les abritant dans la cité. En gagnant de nouveaux à sa cause chaque année, telle la Biennale de la Danse pour cette édition. Ça repart en live ! Au-delà des dédicaces (lesquelles ont toujours cour

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Kamal Hakim & Mohamad Kraytem, deux auteurs libanais en résidence à Lyon

Bande Dessinée | En résidence à Lyon avec le festival Lyon BD et le programme NAFAS de l’Institut Français, les deux auteurs-illustrateurs libanais Mohamad Kraytem et Kamal Hakim vont partager pendant dix semaines leurs regards et dessins via notre compte Instagram. Faisons connaissance avec ces deux talents aussi complices que complémentaires…

Vincent Raymond | Lundi 10 mai 2021

Kamal Hakim & Mohamad Kraytem, deux auteurs libanais en résidence à Lyon

Vous êtes en résidence à Lyon grâce au programme NAFAS de l’Institut français. Avez-vous postulé ? Kamal Hakim : On a été sélectionnés, mais j’avoue ne pas connaître les coulisses officielles. On s’est retrouvés, et c’est tout. Tu as un truc à ajouter ? Mohamad Kraytem : Pour moi, je me suis juste levé le matin, j’ai checké mes mails, j’ai été très surpris parce que je ne m’y attendais pas. C’était l’époque du confinement, en novembre ; j’étais presque déprimé, en train de travailler à Beyrouth, de vivre ma routine. Ça m’a juste rendu très heureux. En arrivant, qu’avez-vous trouvé de plus inspirant d’un point de vue graphique dans la géométrie et la géographie lyonnaise ? KH : Ça commence avec l’architecture : rien que le prétexte des traboules. Déjà, tu rentres dans l’histoire des traboules. Pour un Libanais, tu te dis : tout est une question de faufilades pour n

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Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Mercato | À la tête du festival Lyon BD depuis sa création en 2006, Mathieu Diez annonce son départ pour de nouveaux horizons… Il laisse une enviable place vacante pour une institution culturelle riche de projets, solidement amarrée dans le paysage lyonnais, contribuant à son rayonnement international et produisant un festival réputé, à l’édition 2021 prometteuse…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Nous sommes à trois mois de la prochaine édition du Lyon BD Festival. Alors que les annulations de manifestations pleuvent, le festival est-il bien maintenu ? Mathieu Diez : Il est maintenu et confirmé aux 11-12-13 juin pour le cœur de la manifestation. Tous les partenaires du festival sont à nos côtés parce qu'on pense qu’il y a un espace raisonnable et de bonnes chances. Bien sûr, cela tient à la réouverture des lieux culturels à la mi-juin (et donc de l’Hôtel de Ville, qui n'est pas vraiment un lieu culturel mais il faut qu'il puisse nous accueillir, de concert avec les institutions culturelles), ce qui est assez crédible. Et si elle s’accompagnait de contraintes fortes, on a montré qu'on savait faire lors de la Saison d’automne l’an dernier — notamment le concert Acid Arab. On saura faire, autant pour pour le week-end que durant tout le mois de juin. Parce que ce ne sera pas un “mini“ Lyon BD : on a quand même un programme important. Même si on doit supprimer les stands éditeurs, intenables pour des raisons sanitaires, le festival se tiendra sur 60 lieux dans la ville, ave

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Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Bande Dessinée | Parmi les futurs locataires du Collège Truffaut réhabilité figure Lyon BD Organisation, l’association à la tête du festival homonyme depuis quinze ans et à la manœuvre d’une foultitude d’événements en lien avec les univers graphiques tout au long de l’année. Son projet ? Le Collège Graphique.

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Un (presque) retour aux sources géographiques pour Lyon BD Organisation. À l’origine créée sur le plateau de la Croix-Rousse, où s’étaient tenues les premières édition du festival, l’association avait dévalé la colline pour trouver refuge sur les quais du Rhône. La manifestation initiale a depuis pris l’ampleur que l’on sait, travaillé avec tous les lieux culturels de la Métropole ou presque, coproduit des spectacles, des expositions ; édité des ouvrages, tendu des passerelles entre Lyon et le monde, en tissant des liens entre auteurs, autrices, lecteurs, lectrices… Actrice incontournable du paysage — de l’écosystème — BD lyonnais, Lyon BD Organisation se positionne également comme un partenaire économique de nombreux artistes et membres de la filière BD locale (scénaristes, coloristes, illustrateurs, éditeurs…), tout particulièrement auprès des talents émergents. L’équipe ne pouvait être qu’intéressée par le cahier des charges du Collège Truffaut.

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Djamolidine Abdoujaparov, abdou fessiers

Tour de France | Onze consonnes et dix voyelles. Djamolidine Abdoujaparov, c'est d'abord un patronyme digne d'un alphabet au quasi complet et c'est aussi une géographie. (...)

Nadja Pobel | Vendredi 11 septembre 2020

Djamolidine Abdoujaparov, abdou fessiers

Onze consonnes et dix voyelles. Djamolidine Abdoujaparov, c'est d'abord un patronyme digne d'un alphabet au quasi complet et c'est aussi une géographie. Celle de l'Ouzbékistan qui réapparaît quand Gorbatchev accepte de laisser tomber le rideau de fer. Abdou est l'un des rares non-européens du vélo à l'époque. C'est aussi, enfin, des jambes. Une paire de mollets qui auraient pu le mener à tourner en rond sur les pistes de son Tashkent natal. Mais non, avec l'équipe de l'URSS il découvre l'Italie — où il vit encore — et décide qu'il sera un pro de la route. Abdou se souvenait lors d'un entretien en 2013, dans l'indispensable Pédale, « on disait que je faisais tomber tout le monde, alors que je n'ai jamais fait de mal à personne. La route est grande, si tu veux passer à gauche vas-y. Si tu veux passer à droite vas-y ». Il s'est pris les pieds tout seul dans la balustrade sur les Champs en 91 quand il ramène le premier de ses trois maillots verts à Paris. Ce nostalgique du communisme « où les gens étaient égaux et la vie plus belle » a décroché 9 étapes sur le Tour, contre 12 à son rival aussi beau parleur qu'il est taiseux, Mar

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Lyon BD Festival 2020 : finalement, si !

Bande Dessinée | Par un ironique coup du destin, 2020 estampillée “Année nationale de la BD” par le Ministère de la Culture rend tristement compte d’une vérité profonde du (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Lyon BD Festival 2020 : finalement, si !

Par un ironique coup du destin, 2020 estampillée “Année nationale de la BD” par le Ministère de la Culture rend tristement compte d’une vérité profonde du secteur : sa souffrance — ce n’est pourtant pas faute de la hurler aux oreilles des tutelles ou du législateur ! Après la remise du rapport Racine en début d’année (et la “réception” du chef de l’État à Angoulême), le coronavirus n’a pas amélioré la précarité des autrices et auteurs, annulant toutes les manifestations publiques. Toutes ? Il en est une, entre Rhône et Saône qui, résiste encore et toujours : le Lyon BD Festival. Il organise même du 12 au 14 juin un « joyeux non-festival » en ligne, mise en bouche de la célébration de ses quinze ans, histoire de patienter jusqu’à l’automne. Au programme, des jeux et des expositions ! L’une consacrée à l’auteur de l’affiche 2020, le protéiforme Mathieu Sapin (aussi à l’aise dans l’univers jeune public que l’heroic fantasy ou la chronique politique) ; l’autre aux mouvements de contestations à l’échelle du globe vus par l

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L'Afrique et le reportage à l'honneur

Lyon BD Festival | Le Ministère de la Culture l'a décidé : 2020 sera l'année de la bande dessinée. C'est aussi l'année de l'Afrique, côté culture. Et donc, une année chargée pour le Lyon (...)

Sébastien Broquet | Mardi 7 janvier 2020

L'Afrique et le reportage à l'honneur

Le Ministère de la Culture l'a décidé : 2020 sera l'année de la bande dessinée. C'est aussi l'année de l'Afrique, côté culture. Et donc, une année chargée pour le Lyon BD Festival emmené par Mathieu Diez, qui fait feu en tous lieux, des Subsistances accueillant Cy à l'Auditorium lançant des concerts dessinés. Mais le gros morceau reste les 15 ans du festival, les 13 et 14 juin prochain. Parmi la dizaine d'auteurs africains conviés, notons Elyon's, Barly Baruti, Didier Kassaï et Marguerite Abouet. Baruti va aussi participer à un projet croisé avec la Biennale de la Danse, croquant le défilé en compagnie de Benjamin Flao. Autre focus : la BD reportage. Et pour les premiers noms que l'on peut dévoiler, voici les confirmés : Trondheim, Pénélope Bagieu, Mathieu Sapin, Emmanuel Guibert, Bezian, Anne Goscinny, Julie Rocheleau, Lisa Mandel, Guy Delisle ou encore Judith Vanistandel. Lyon BD Festival En divers lieux les 13 et 14 juin

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Divorce à la tunisienne : "Noura rêve"

Drame | Son époux incarcéré, Noura a refait sa vie avec Lassad et attend avec impatience que son divorce soit prononcé. Son mari étant libéré plus tôt que prévu, Noura doit faire profil bas pour ne pas risquer cinq ans de réclusion pour adultère, ni perdre ses enfants et son travail…

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Divorce à la tunisienne :

De la condition féminine dans les pays du Maghreb post Révolution de Jasmin ? Oui et non. Car si l’histoire de Noura s’inscrit dans le sillage des réalisations tunisiennes rendant compte de la difficile situation des femmes dans une société conditionnée par l‘emprise patriarcale — à l’instar de l’exemplaire La Belle et la Meute de Kaouther Ben Hania —, elle pourrait tout aussi bien (ou mal) se dérouler en France, où rappelons-le puisque cela ne semble pas beaucoup émouvoir en haut lieu, 129 femmes ont été tuées par leurs compagnons (ou ex-) depuis le début 2019. Il n’y a pas de meurtre de conjoint ou conjointe dans Noura rêve, plane toutefois en permanence une menace diffuse de violence. Verbale, psychologique et légale, elle fait de l’épouse en attente du jugement de divorce, la captive de son

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L'Afrique à l'honneur du prochain Lyon BD Festival

Bande Dessinée | Et donc, la bande dessinée s'empare même des théâtres ! Et autres news du neuvième art, pour vous préparer à une année 2020 où il sera partout, partout, partout, partout (et souvent sous le patronnage du Lyon BD Festival).

Sébastien Broquet | Mardi 1 octobre 2019

L'Afrique à l'honneur du prochain Lyon BD Festival

L'année sera dessinée ou ne sera pas. Depuis la prise de pouvoir du Lyon BD Festival, qui a tissé sa toile tel un Spiderman dans toute la ville, attirant nombre de dessinateurs venus s'installer par ici, poussant les musées à se pencher sur cet art — la formidable exposition Corto Maltese au Musée des Confluences — ou encore à l'exportation avec une virée à la Foire du Livre de Francfort, la cause est désormais entendue. Ainsi, le Théâtre des Célestins à son tour cède aux sirènes de la ligne claire et confie une carte blanche au festival du 18 au 29 décembre prochain avec le spectacle Zaï Zaï Zaï Zaï adapté de Fabcaro et mis en scène par Paul Moulin pour huit comédiens et comédiennes (également au Théâtre de Vénissieux le mardi 15 octobre), l'exposition Badass — Les Nouvelles Héroïnes avec en point d'orgue une journée (le lundi 23 décembre) dédiée au genre a

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Gavissime : "Le Mariage de Verida"

Drame | de Michela Occhipinti (It, 1h34) avec Sidi Mohamed Chinghaly, Verida Beitta Ahmed Deiche, Aichetou Abdallahi Najim…

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Gavissime :

Mauritanie, de nos jours. L’existence de Verida tourne autour du salon de beauté de sa grand-mère et de ses deux amies. Ses parents ayant décidé de la marier, elle entame non sans renâcler un rite prénuptial destiné à la faire grossir : le gavage. Une coutume entre torture et hypocrisie… Il n’est pas rare de voir des fictions à destination quasi exclusive du public des pays occidentaux vitupérer telle ou telle survivance d’une coutume archaïque, affirmant généralement la mainmise du patriarcat sur la population féminine : excision, obligation de se couvrir dès l’adolescence, mariages forcés, etc. Misant beaucoup sur leur valeur documentaire, elles reproduisent en général la forme du film-dossier en respectant des standards cinématographiques schématiques. Cette catégorie de films pointe évidemment l’odieuse différence de traitements entre hommes et femmes, mais aussi les petits arrangements avec la tradition ou la religion permettant d’accomplir toutes les entorses aux règles que l’on désire… tant qu’elles demeurent à l’abri des regards. Ici, les femmes ont souffert de leur “régime“, mais le perpétuent sur leurs filles sans fin, se

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Tant de temps forts

La Programmation | « Il faut que tout change pour que rien ne change » disait le prince de Lampedusa. Certes, les travaux de la place des Terreaux contraignent (...)

Vincent Raymond | Samedi 8 juin 2019

Tant de temps forts

« Il faut que tout change pour que rien ne change » disait le prince de Lampedusa. Certes, les travaux de la place des Terreaux contraignent le festival à ranger son chapiteau et à réintégrer le Palais de la Bourse pour sa librairie et une partie des rencontres, mais les autres lieux (Hôtel de Ville, Comédie Odéon, Opéra, Musées, etc.) demeurent dans le dispositif. Nouveauté majeure : une ouverture accessible au public vendredi 7 juin à 20h sous forme de concert dessiné au Transbordeur (en présence de tous les invités et du duo Charlie Adlard/Julien Limonne). Pour le reste, deux jours de spectacles, expositions, rencontres, dédicaces avec plus 150 autrices et auteurs internationaux dont : Pénélope Bagieu, Cy., Baudoin, Bill Morrison, Aurélie Neyret, Guillaume Long, Boulet, Tronchet, Bastien Vivès, Davodeau, Deloupy, B-Gnet, Marion Cluzel, Aurélien Maury, Alexandre Kha, Jibé, Alexis Nesme, Fabien Toulmé… De substantiels changements sont en revanche à attendre quand Lyon BD intégrera son nouveau site des Pentes l’an prochain, en 2020 qui se trouvera être l’année nationale

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Marc-Antoine Mathieu : « sans convention, pas de transgression »

Lyon BD Festival | En invitant Marc-Antoine Mathieu à créer une exposition dans le parking de la Fosse aux Ours, Lyon BD Festival accueille pour la première fois un auteur fascinant dont l’œuvre entre Kafka, Borges et les Monty Python ne cesse d’ouvrir de nouvelles voies narratives, ludiques et théoriques. Attention, événement !

Vincent Raymond | Samedi 8 juin 2019

Marc-Antoine Mathieu : « sans convention, pas de transgression »

Jeu de contraintes, mises en abyme, réflexivité, modification de la structure de l’objet-livre… D’où vous vient ce besoin de “défaire“ la bande dessinée pour, paradoxalement “faire de la bande dessinée“ — et ce depuis L’Origine, si l’on ose ce jeu de mots ? Marc-Antoine Mathieu : La catastrophe, l’incongru, le “disruptif” (pour employer un mot à la mode) me viennent toujours à l’esprit à un moment ou à un autre, au cours des rêveries qui précèdent l’écriture d’une histoire. Ces rêveries forment un terrain singulier, où l’on ne contrôle pas tout et d’où émergent nos penchants, nos inclinations ; chez moi, ils s’appellent décalage, cassure, brisure de symétrie, différences d’échelles... Parfois quelque chose survient, qui nous étonne nous-mêmes : alors le travail commence. Est-ce sa “potentialité” qui vous a séduit dans le gris, couleur plurielle et universelle ? Sa potentialité et sa contrainte — mais ce sont peut-être une seule et même chose... Quand j’utilise le noir et blanc de manière radicale, j’aborde la lumière comme signe, comme concept, au même titre

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Deena Abdelwahed : « mon rêve c'est d'inventer un genre de musique électronique »

Nuits sonores | Son album "Khonnar", sorti sur Infiné à l'automne, a façonné un son empruntant autant à la techno warpienne qu'au renouveau électronique maghrébin. Exigeant, intelligent, palpitant, l'univers de la Tunisienne Deena Abdelwahed a d'emblée pris une place à part sur la scène actuelle. On en parle avec elle avant sa venue en live à Nuits sonores.

Sébastien Broquet | Mardi 28 mai 2019

Deena Abdelwahed : « mon rêve c'est d'inventer un genre de musique électronique »

Vous avez une approche très "laboratoire" de la composition. Considérez-vous le studio, tel un Lee Scratch Perry, comme un instrument de musique à part entière ? Effectivement : c'est voulu, ce côté laboratoire. Je voulais voir si je pouvais faire quelque chose de très personnel, que l'on ne pouvait pas mettre dans une case. Mon rêve, c'est d'inventer un genre de musique électronique ! Comment du coup passer à la formule live, que vous présentez à Nuits sonores ? Je donne plus d'importance au chant. J'essaye de plus improviser, aussi, sur les arrangements de la chanson elle-même. Je mélange l'approche du studio et celle du DJ. J'ai ainsi la liberté de prendre un morceau et de le déconstruire, pour qu'il ne soit pas figé comme dans l'album. C'est un choix : je voulais avoir toute ma concentration sur le chant. Vous chantez sur le disque, des textes engagés, forts. Chanter soi-même, c'est une manière de ne pas se cacher, de ne pas trahir vos idées ? Oui. Cet album est un début, un premier p

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Viens dans mon comics trip

Lyon BD Festival | Lyon accueillera les 8 et 9 juin la 14e édition du Lyon BD Festival. Dévoilée lundi matin, la programmation réunit une cinquantaine de grands noms internationaux parmi lesquels Pénélope Bagieu, Étienne Davodeau, ou encore Charlie Adlard…

Nina Roussel | Mardi 30 avril 2019

Viens dans mon comics trip

Cette année, le grand rendez-vous BD du mois de juin retourne au Palais de la Bourse, travaux sur la place des Terreaux obligent. Aux côtés dudit Palais et de l’Hôtel de Ville, qui formeront le “centre névralgique de l’événement”, le festival et ses quelques 200 artistes s’inviteront dans une dizaine de lieux de la Presqu’île lyonnaise. Étienne Davodeau, auteur de Lulu femme nue, Catherine Meurisse (Les Grands Espaces), Bill Morrisson, l’illustrateur des Simpsons ou encore le Britannique Charlie Adlard, dessinateur de la fameuse série The Walking Dead figurent au rang des invités. Une exposition sera consacrée à ce dernier au Musée d’Art Contemporain. Marc-Antoine Mathieu, qui a cette année “carte blanche”, Aurélie Neyret (Les Carnets de Cerise) et Pénélope Bagieu, à qui une exposition était consacrée lors de la dernière édition, seront également au rendez-vous. La soirée d’ouverture aura lieu au Transbordeur le 7 juin. Grande première : elle sera désormais ouverte au public. Cette “Lyon BD Festival Party” en partenariat avec Media

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Soap qui peut ! : "Tel Aviv on Fire"

Le Film de la Semaine | Un apprenti scénariste palestinien peu imaginatif se fait dicter les rebondissements de la série politico-sentimentale sur laquelle il trime par un gradé israélien. Sameh Zoabi répond à l’absurdité ambiante par une comédie qui ne l’est pas moins… À hurler de réalisme et de rire.

Vincent Raymond | Mercredi 3 avril 2019

Soap qui peut ! :

Trentenaire velléitaire, Salam vient de trouver un job sur la série de propagande Tel Aviv on fire que produit son oncle. Comme il réside à Jérusalem et que le tournage s’effectue à Ramallah, il doit chaque jour passer par un checkpoint dirigé par Assi, un officier israélien qui devient conseiller occulte de la série, avant de tenter d’en infléchir la direction… Quand les larmes sont inopérantes et la colère inaudible, alors il reste l’humour. La dérision s’avère sans doute l’arme la plus efficace lorsqu’il s’agit d’aborder une situation politique verrouillée depuis des lustres, voire des siècles. À condition, évidemment de la manier avec intelligence et sans esprit partisan ; c’est-à-dire en pointant les comportements irréfléchis de chacun afin de renvoyer tous les protagonistes dos à dos plutôt que face à face, en les faisant rire ensemble de leurs travers mutuels et non les uns contre les autres — comme dans Les Aventures de Rabbi Jacob. Sameh Zoabi montre que la bêtise ne peut se prévaloir d’aucun passeport : elle adopte seulement des modulations différentes en fonction des car

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Charlie Adlard, dessinateur de Walking Dead, invité au Lyon BD Festival

Bande Dessinée | Ce festival n'en finit plus de grandir et d'attirer les grands noms : ainsi, sont déjà confirmés des pointures comme le forcément très attendu Charlie Adlard (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 janvier 2019

Charlie Adlard, dessinateur de Walking Dead, invité au Lyon BD Festival

Ce festival n'en finit plus de grandir et d'attirer les grands noms : ainsi, sont déjà confirmés des pointures comme le forcément très attendu Charlie Adlard (Walking Dead) et Catherine Meurisse (ex-Charlie Hebdo), mais aussi Marc-Antoine Mathieu, Chloé Cruchaudet, Reinhard Kleist, Alfred, Aude Picault et Cyril Pedrosa... Autant d'auteurs et autrices qui dédicaceront au Palais de la Bourse (le retour !) et à l'Hôtel de Ville, mais comme l'ADN de Lyon BD, c'est aussi de ne pas se focaliser sur les signatures, des recontres et spectacles auront lieu à la Comédie Odéon et à l'Opéra. On note en terme de « production maison » dixit Mathieu Diez, le directeur : « une grande exposition qui parcourera le renouveau de la BD franco-belge, désormais emblématique d’une Europe francophone de la bande dessinée moderne et rayonnant sur le monde avec une centaine d’auteurs exposés, construite en co-production avec la Suisse et la Belgique. Côté spectacle vivant, on retrouvera Charlie Adlard, le dessinateur de Walking Dead à l’Opéra de Lyon, une création autour du travail d’Edmond Baudoin, un spectacle m

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Réfugiés : la migration en BD

Bande dessinée | Avec la série Réfugiés d’Arte Reportage et à travers les témoignages d’une quarantaine d’auteurs et autrices de bande dessinée sur les grandes crises migratoires, l’exposition explore la manière dont le 9e art se fait porte-voix et miroir d’une époque.

Lisa Dumoulin | Mardi 5 juin 2018

Réfugiés : la migration en BD

2016 : la série multimédia d’Arte Reportage s’achève à Calais et Grande-Synthe. Le projet : envoyer des groupes d’artistes (cinéaste, photographe, écrivain et illustrateur) raconter les camps de réfugiés et ramener leur vision, différente de celle d’un journaliste, forcément décalée par rapport au prisme ordinaire de l’information. Cinq terres d’exil ont été abordées : Beldangi au Népal, Kawergosk en Irak, Burj el-Barajneh au Liban, Breidjing au Tchad ainsi que Calais et Grande-Synthe en France. Résultat : cinq documentaires, un livre, et un site Internet qui regroupe et présente tous les travaux. 2018 : la “jungle” de Calais est démantelée, un nouveau chapitre s’écrit, le Lyon BD Festival s’associe à Arte et envoie une nouvelle équipe. Dont la dessinatrice Lucie Castel qui réalise la bande-dessinée Nurah. La première partie de l’exposition présente en détail le projet d’Arte Reportage, tandis que la deu

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Cinq expos à voir en juin

Sélection | Les cinq expositions à voir absolument avant l'été, de Jacques Truphémus le Lyonnais au méconnu photographe chinois LU Yangpeng.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 juin 2018

Cinq expos à voir en juin

Jacques Truphémus et Jérémy Liron au Musée Paul Dini Il y a peu de points communs a priori entre la peinture atmosphérique de Jacques Truphémus (1922-2017) et celle, plus moderniste et architecturée, de Jérémy Liron (né en 1980)... Si ce n'est, peut-être, une certaine mélancolie diffuse et embrumée chez Truphémus, solaire et urbaine chez Liron, insistant sur la fragilité des formes et des choses. L'exposition est, en tout cas, une belle occasion de découvrir deux œuvres fortes sur le traitement de l'espace et le rapprochement du dehors et de l'intime. Jacques Truphémus et Jérémy Liron​, Les silences de la peinture Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu'au 16 septembre Adel Abdessemed au Musée d'Art Contemporain Dans une courte vidéo, Adel Abdessemed (né en 1971 à Constantine) est soudain perforé d'un javelot, alors qu'il déambule dans son atelier... Une mise en scène symbolique pour un artiste qui se veut littéralement traversé par la violence et l'actualité du monde. Ses œuvres ne cessent d'agir et

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Wonder Women

Lyon BD Festival | 250 autrices et auteurs invités pour plus de 170 évènements à travers 50 lieux. Par son histoire et son écosystème, Lyon s’impose comme l’une des capitales européennes de la bande-dessinée. Et sans doute comme la plus féministe.

Lisa Dumoulin | Mardi 5 juin 2018

Wonder Women

« Cette année, plus de la moitié des projets sont réalisés par des autrices » indique Mathieu Diez, directeur du Lyon BD Festival. Une parité que l’on peut applaudir, d’autant plus qu’elle existe depuis le début, sans que l’organisation ne s’astreigne à des considérations genrées. Le festival est depuis toujours axé sur la jeune création, et la jeune génération compte beaucoup de femmes. Sandrine Deloffre, coordinatrice générale explique : « C’est une problématique à laquelle on fait attention, par exemple nous avons travaillé avec HF Rhône-Alpes sur la place des autrices dans la BD, nous avons aussi créé l’exposition Héro(ïne)s il y quatre ans avec JC Deveney, qui questionne la place de la femme dans les personnages de bande-dessinée en inversant les genres. » Les héros deviennent des héroïnes, les rôles et les situations s’inversent. Tintin devient Tintine, Gaston devient Gastonne, aux côtés de Supermeuf, la femme d’acier, Lucky Lucy qui se coltine un fiancé colla

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Adel Abdessemed au MAC : à cœurs et à cris

L'exposition | Avec l’exposition L'Antidote, Adel Abdessemed signe son grand retour dans un bel engouement teinté de controverse.

Sarah Fouassier | Mardi 13 mars 2018

Adel Abdessemed au MAC : à cœurs et à cris

Thierry Raspail lui donna rendez-vous dans dix ans lorsqu’en 2008, Adel Abdessemed exposa au Magasin de Grenoble. Le directeur du MAC, aujourd'hui en fin de mandat, voit enfin cette exposition installée aux 2e et 3e étages du musée, la qualifiant « d'ode à la condition humaine. » Un hymne qui forme un corps, une totalité organique libérée de toute torpeur, de toute bienséance avec comme point de départ une flèche qui transperce le corps de l’artiste : « c’est la violence du monde qui me lance cette flèche » nous dit-il. Pas d'exposition sans polémique Au second étage, des vidéos rythment la visite, des boucles emplies de bruits qui tapent, cognent l’oreille et le cœur. Et qui les transpercent à la vue de Printemps, qui montre des coqs pendus par les pattes contre un mur, en train de brûler vifs. Une vidéo exposée à Doha et qui suscita l’indignation obligeant le Mathaf, Arab Museum of Modern Art, et aujourd’hui le MAC, à expliquer le geste de l’artiste et ses conditions de production. Dans un communiqué de presse datant du lundi 12 mars, le musée explique :

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Adel Abdessemed : « mon art est un art de la responsabilité »

Art Contemporain | L’artiste franco-algérien vient de fêter ses 47 ans. Celui que l’on appelait l’enfant terrible de l’art contemporain ne décolère pas. Et pour cause : la violence qui embrase le monde s’agite toujours, avec autant de férocité. Une violence qu’il regarde en face, droit dans les yeux, n’en déplaise à certains.

Sarah Fouassier | Mardi 13 mars 2018

Adel Abdessemed : « mon art est un art de la responsabilité »

Adel Abdessemed se clame homme libre dès l'adolescence. Amazigh, en langue berbère. Il se rapproche très vite d’artistes locaux et intègre l’École des Beaux-Arts d’Alger, au moment où le pays entre dans une décennie noire traumatisée par le terrorisme. Cette institution qualifiée par les intégristes « d'école du pêché » parce qu'ouverte sur le monde, subira un événement terrible en mars 1994 : son directeur Ahmed Asselah, défenseur de la démocratie et opposant à l'intégrisme, est assassiné avec son fils, dans l’enceinte même de l’école. Sous la menace, Adel choisit de gagner sa liberté au prix de l’exil. La violence s’immisce alors dans le corps de son œuvre. Résister pour mieux œuvrer Lyon et plus particulièrement son École des Beaux-Arts accueille le jeune artiste, qui se fera remarquer rapidement de par sa pratique et son culot. Il se souvient de ses années d'études durant lesquelles « j’ai donné autant que j’ai reçu » et où il a rencontré Julie, sa future épouse et mère de ses cinq enfants, « un soir dans un pub du Vieux-Lyon, l’Antidote, autour d’un verre de Guinness

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Casa, avant le chaos ? : "Razzia"

Le Film de la Semaine | Après Much Loved, Nabil Ayouch poursuit son auscultation des fractures du Maroc contemporain. Derniers instants avant le cataclysme dans un Casablanca qui n’a plus rien à voir avec l’image idéalisée par Curtiz.

Vincent Raymond | Mardi 13 mars 2018

Casa, avant le chaos ? :

Maroc, entre les montagnes de l’Atlas et Casablanca, en 1982 et 2015. Portraits croisés de plusieurs personnages en proie au durcissement du régime et des mœurs, aux préjugés, alors que le religieux gagne du terrain et que les différences sociales mènent à un inévitable chaos… Cette manière de brasser les époques et les protagonistes autour d’une communauté de destins (et de cet événement final annoncé par le titre, cristallisant les tensions, rancœurs et humiliations accumulées) rappelle le “cinéma-choral” à la Iñarritu ou le Magnolia de Paul Thomas Anderson. Mais Ayouch ne le fait pas glisser vers ce pan-humanisme lyrique à la mode il y a une dizaine d’années. Les temps ont changé ; un voile de désenchantement s’est abattu sur le monde, douchant les espérances. Y compris celles suscitées par les Printemps arabes. Empire chérifien, fais-moi peur Jadis apprécié à Rabat pour l’aura internationale dont ses œuvres bénéficiaient,

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Original Watts : des planches et des galettes

Disquaire & BD | Un disquaire ou un libraire ? Les deux mon capitaine ! Des vinyles et des bandes dessinées, ce sont les deux composants de Original Watts, cette boutique atypique et pourtant tellement évidente : quels sont les deux ingrédients d’un bon week-end de février ? Vous l’avez dans le mille.

Lisa Dumoulin | Mardi 6 février 2018

Original Watts : des planches et des galettes

On a failli passer devant sans la remarquer tant l’échoppe est discrète, sur quelques petits mètres de trottoir. Les platines devant la vitrine et les rayonnages de BD nous ont tapé dans l’oeil, le temps que l’information monte au cerveau, on fait quelques pas en arrière et on pousse la porte. Dans la boutique tout en longueur, sont alignés d’un côté des vinyles, de l’autre des bandes dessinées. Sur du mobilier en bois de palette et métal réalisé sur mesure par New old factory, un copain des proprios. On comprend vite que Original Watts, c’est une histoire de famille. C’est Xavier et David Barnier, deux frères. David a fondé la maison d’édition Original Watts il y a 6 ans. Grand fan de BD, il est aussi pompier professionnel dans la vie. A la même période, son frère Xavier commence son activité de disquaire sur les marchés de la ville de Lyon, en itinérant, le week-end “je présentais déjà un peu de BD, surtout du Comics”. C’est lui qui tient la boutique et David participe aux salons, comme Angoulême la semaine dernière.

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Marion Montaigne : « Et en plus, Thomas Pesquet a de l’humour »

Bande Dessinée | L’autrice de la désopilante et néanmoins érudite série Tu mourras moins bête a collé aux basques du charismatique astronaute Thomas Pesquet durant son entraînement. Encore un peu et elle partait en orbite avec lui…

Vincent Raymond | Mardi 12 décembre 2017

Marion Montaigne : « Et en plus, Thomas Pesquet a de l’humour »

Vous voici donc devenue une spécialiste de la vulgarisation scientifique… Marion Montaigne : (rires) On m’a demandé un jour si j’avais décidé de prendre ce créneau parce qu’il y avait un vide… Je suis incapable de faire une étude de marché ! Je fais ce qui me botte, et je constate qu’il y a une curiosité en retour. Avant d’entreprendre cet album sur Thomas Pesquet, j’ai été tentée de me “mettre un peu en danger” et de m’essayer à la fiction. Mais quand un boulanger sait bien faire la baguette, il ne se lance pas dans la charcuterie (rires). Et puis, pouvoir rencontrer un astronaute, c’est le fruit de huit ans d’évolutions. Cela ne serait pas arrivé au bout d’un an de blog. Peut-être que je m’améliore… Comment expliquer l’engouement inédit pour Thomas Pesquet ? C’est vrai qu’on n’a pas autant parlé de Claudie Haigneré en 1996 ni de Léopold Eyharts en 2008. Là, ce sont les réseaux sociaux qui ont fait le gros du travail. Et le fait qu’une coupole soit arrivée en 2008 dans la station spatiale permettant de faire des photos hallucinante

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Joyeuse Nawell : "C’est tout pour moi"

Comédie | de Nawell Madani & Ludovic Colbeau-Justin (Fr, 1h43) avec Nawell Madani, François Berléand, Mimoun Benabderrahmane…

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Joyeuse Nawell :

Encore un self-biopic ?! Et d’une stand-upeuse en plus, qui malgré son jeune âge prétend nous narrer son incroyable parcours contrarié vers le succès ? En effet. Mais défiez-vous des a priori : en dépit d’un argument cousu de fil blanc et d’un charmant égocentrisme bien canalisé, Nawell signe une très agréable comédie “auto-centrée“, avec la dose de distance, de dérision et de griffures pour éviter le prospectus ou le mélo, qui de surcroît tient sur la longueur. Combien “d’épopées” d’artistes s’essoufflent après vingt minutes ayant duré sept heures ? Nawell Madani s’est certes nourrie d’épisodes réels pour construire son film. Mais la part de vécu authentique comme le contexte de la découverte de sa vis comica importent peu : l’essentiel étant que le personnage qu’elle interprète à l’écran ait une cohérence dramatique solide. Singulièrement, ce n’est pas la battante, la performeuse efficace ni la belle plante qui ressort de ce portrait, mais la candide ; la jeune femme sincère dont une meute de vautours aux aguets (escrocs et/ou confrères de la scène) profitent sans complexe.

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Décroissance : de la simplicité volontaire

Décroissance | Cinquante penseurs d’horizons et d’époques très différents se penchent sur l’un de nos problèmes contemporains majeurs : la question de la croissance économique. Un ouvrage aussi intéressant que richement illustré.

Lisa Dumoulin | Mardi 27 juin 2017

Décroissance : de la simplicité volontaire

« Tous les gars sincères et pas trop bêtes qui se penchent sur le problème de la pollution arrivent logiquement à la même conclusion quels que soient les horizons d’où ils viennent. C’est notre société industrielle et nataliste qui est polluante et il n’y a pas d’autre alternative que de la détruire ou de crever. (...) Seulement voilà, le temps ne travaille pas pour nous et nous avons toutes les chances, si on peut appeler ça des chances, d’être atomisés, asphyxiés ou dissous dans l’eau de source avant même que le cinquième des connards qui consomment pour consommer aient compris de quoi il retourne. » écrit en 1975 Pierre Fournier, dessinateur et journaliste à Hara Kiri et Charlie Hebdo. Plus sobrement, l’économiste et banquier dans le tiers-monde François Partant écrit en 1982 dans La Fin du développement : « Ce n‘est pas seulement parce que la Terre est une planète aux dimensions finies qu’une croissance économique indéfinie est impossible. C’est aussi parce que l’homme est lui-même un être fini. » L’idée selon laquelle la croissance économi

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"Les derniers jours d'une ville" de Tamer El Said : Le Caire, traits confidentiels

ECRANS | de Tamer El Said (Fr, 1h19) avec Khalid Abdalla, Hanan Youssef, Bassem Fayad…

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Khalid est cairote, cinéaste, séparé de sa copine et en recherche d’un appartement. Chacune de ces caractéristiques correspond à une petite apocalypse en cette année fatidique 2009, dans une ville qui commence à mugir, puis rugir contre le pouvoir en place. Drôle d’objet que cette chronique dont on ne saurait dire s’il s’agit d’un documentaire arrangé ou d’une pure fiction, parce qu’il donne à percevoir avec acuité et naturel plusieurs visages du quotidien du Caire. Elle a l’incommensurable atout d’être signée par un amoureux fou de sa ville autant que Woody Allen peut l’être de New York ou Moretti de Rome. Pour autant, Khalid n’est pas un autarcique : à son journal intime, il greffe des pages empruntées à ses confrères moyen-orientaux ou arabes vivant dans leur pays des frémissements comparables ou de pires soubresauts. Ce mélange entre insignifiant, semi-impudique, personnel et collectif, scandé par des tranches d’Histoire dramatique confère une incroyable tonalité réaliste. Et fait que le film “prend” — aux tr

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Mathieu Diez : « œuvrer pour décloisonner la bande dessinée »

Lyon BD Festival | Déjà douze ans d'existence, et une influence sans cesse grandissante : le Lyon BD Festival initié par Mathieu Diez n'en finit plus d'aimanter le meilleur de la bande dessinée sous toutes ses formes, surtout celles qui innovent, vers notre ville. On en parle avec le directeur.

Sébastien Broquet | Mardi 6 juin 2017

Mathieu Diez : « œuvrer pour décloisonner la bande dessinée »

#Topo L'idée de ce nouveau prix réunissant Lyon BD, Le Monde et Sofia, c'était de remettre à plat notre système : il n'avait pas évolué, ne correspondait plus au festival. On voulait un prix qui nous ressemble, ouvert aux nouveaux modes d'expression, aux nouveaux terrains explorés. On s'est associé au Monde, qui a beaucoup d'initiatives allant dans le même sens que nous, comme récemment le blog de Lisa Mandel. C'est un prix pour un projet protéïforme, qui vient œuvrer pour décloisonner la bande dessinée : il va être remis cette année à la revue Topo. Les nommés sont à ce titre tout aussi intéressants que le primé. C'était dur de trancher, mais Topo, c'est un gros coup de cœur et ça répond à un enjeu important pour la BD : les enfants en lisent, les ados aussi, les adultes peuvent l'assumer, mais au lycée ça reste un peu caché, ce n'est pas encore admis, et Topo répond à ce public-là. #Allemagne Ça découle de l'invitation qui m'a été faite d'œuvrer à la représentation de la bande dessinée française lors de la prochaine Foire du Livre de Francfort : c'est une opportunit

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M & M : Sapin & Rabagliati à l’honneur !

Lyon BD Festival | Parmi la foultitude de crayons affûtés attendus cette année, deux pointures vont faire l’objet d’un focus mérité : le Québécois Michel Rabagliati (créateur de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

M & M : Sapin & Rabagliati à l’honneur !

Parmi la foultitude de crayons affûtés attendus cette année, deux pointures vont faire l’objet d’un focus mérité : le Québécois Michel Rabagliati (créateur de la série Paul) ainsi que le Dijonnais Mathieu Sapin. Le premier exposera ses planches (Morceaux choisis) en l’Hôtel de Ville, interprétera une œuvre au Musée des Beaux-arts et sacrifiera au beau rite de la rencontre avec le public lors des tables rondes et des dédicaces. Quant au second, bien connu pour ses expériences immersives (à Libération, à L’Élysée, sur le tournage du Gainsbourg de Sfar et plus récemment aux côtés de Depardieu), il se livrera face à la foule du Lumière Terreaux durant une heure — tout en dessinant, on en est persuadé — avant de revenir le 19 juin au Comœdia pour présenter l’avant-première de son documentaire consacré aux salles de cinéma, Macadam Pop Corn. Miam !

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Petit Bulletin Live : Thomas Dybdahl en 15 clips

MUSIQUES | En Petit Bulletin Live à la Comédie Odéon le 21 mai, Thomas Dybdahl, c'est 15 ans d'une impeccable carrière et de morceaux à frémir. En 15 clips ou sessions live, 15 morceaux piochés au long de la riche discographie du songwriter norvégien, nous vous faisons revivre ces 15 ans en guise d'amuse-bouche (ou oreille) en attendant le moment de vérité en live.

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 mai 2017

Petit Bulletin Live : Thomas Dybdahl en 15 clips

Love's lost – That Great October Sound (2002) Adelaïde – That Great October Sound (2002) From Grace – That Great October Sound (2002) Tomorrow stays the same – That Great October Sound (2002) Cecilia – Stray Dogs (2003) Less Morale & More Caffeine – Stray Dogs (2003)

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La BD à Lyon : des gaufriers au pays des bugnes

Bande Dessinée | Formation, création, édition, distribution… Si la BD dispose aujourd’hui à Lyon d’un réseau d’énergies et de talents aussi enthousiaste que dynamique, elle ne le doit pas au hasard, mais à un patient labeur.

Vincent Raymond | Mercredi 26 avril 2017

La BD à Lyon : des gaufriers au pays des bugnes

Mi-octobre, la France sera l’invitée d’honneur de la kolossal Foire du Livre de Francfort, où une belle délégation d’auteurs de bande dessinée est attendue. LyonBD y sera pour, notamment, dévoiler son nouveau projet numérique : Ping-Pong — un dialogue transmedia entre illustrateurs français et allemands dans la lignée des Webtrip déjà publiés. Auparavant, en juin, le 12e festival lyonnais aura accueilli plus de 230 auteurs et au moins autant de visiteurs que les années précédentes (80 000 en 2016). Sans compter la fréquentation des expositions BD en cours… Une toute petite décennie aura suffi à Lyon pour être reconnue à l’international comme la nouvelle place forte hexagonale de la BD, taillant des croupières à la capitale angoumoisine — pourtant riche de l’antériorité de son prestigieux festival et d’une somptueuse Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, qui semble ronfler benoîtement sur ses lauriers passés. Mathieu Diez, directeur du LyonBD festival, évoque modestement « un alignement de planètes ». Toute métaphore astronomiq

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Joe Bel en ouverture de Thomas Dybdahl à la Comédie Odéon

Petit Bulletin Live | C'est la Lyonnaise Joe Bel qui ouvrira le 21 mai pour le Norvégien Thomas Dybdahl lors du Petit Bulletin Live qui se tiendra à la Comédie Odéon. De retour du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mars 2017

Joe Bel en ouverture de Thomas Dybdahl à la Comédie Odéon

C'est la Lyonnaise Joe Bel qui ouvrira le 21 mai pour le Norvégien Thomas Dybdahl lors du Petit Bulletin Live qui se tiendra à la Comédie Odéon. De retour du Canada, où elle vient d'enregistrer son premier album attendu de pied ferme, la chanteuse-auteure-compositrice soul-folk au groove unique nous fera le cadeau de se produire pour la première fois en solo depuis un bon moment. Une raison de plus d'arriver à l'heure, à 19h tapantes et même avant.

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Jazz à Vienne : Hommages et Mary J. Blige

Jazz | Jazz à Vienne qui regarde souvent et encore vers l'avenir, en faisant mûrir en son sein les jeunes talents, jette un joli coup d'œil cette année au passé et à ses disparus sous la forme d'une demie-douzaine d'hommages, parmi lesquels Fela, Prince ou David Bowie. Sans compter quelques autres morceaux de choix (De La Soul, Mary J. Blige...) pour tous les goûts.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 mars 2017

Jazz à Vienne : Hommages et Mary J. Blige

Si la 37e édition de Jazz à Vienne s'ouvrira sur un concert du Joe Cocker italien Zucchero en la soirée du 29 juin ; si l'événement du festival sera sans doute pour certains le retour de De La Soul en mode live band, le 1er juillet, et le même soir un concert hip-hop symphonique qui verra l'ONL, dirigé par Issam Krimi, accompagner MC Solaar, Ärsenik et BigFlo & Oli, rencontre inédite et mariage a priori improbable de la scansion rap et de la grandeur symphonique ; si le prodige aux 10 millions d'albums Jamie Cullum risque d'emporter tous les suffrages du public, c'est surtout le nombre d'hommages à des artistes disparus qui marque cette programmation 2017 du festival. Fela Day Cela commence le 2 juillet avec l'anniversaire des vingt ans de la disparition du père de l'afrobeat Fela Kuti auquel Jazz à Vienne consacrera une journée hommage gratuite. Au pr

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B-gnet fait rimer BD et antiquité

Bande-dessinée | Après Jibé et Obion, le musée gallo-romain de Lyon lance un troisième projet avec le 9e art : c’est le Lyonnais B-gnet qui prend le relais.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

B-gnet fait rimer BD et antiquité

Trente planches sorties de l’imagination du dessinateur et scénariste B-gnet, cet adepte du visuel ou du mot qui en cache un autre : le niveau 3 du musée gallo-romain porte sur ses murs une œuvre qui détonne des sculptures antiques... Un délice de subtilité que l’on retrouve dans cette collaboration avec le festival Lyon BD, initiée par Alexandra Coste, responsable de l’action culturelle du musée. Le cadre : une île expérimentale, à l’image de Jurassic Park, où le véritable conservateur du musée, Hugues Savay-Guerraz, se transforme en John Hugues César et élève ses propres dieux à Antique Parc. Une archéologue et son stagiaire, pendu à son téléphone, sont entraînés malgré eux. Pour l’histoire, ouvrez grand les yeux. « Ne nourrissez pas les dieux ! » Les dieux et les mythologies s’y croisent : Jupiter et son fils Mercure, la déesse Diane ou le vrombissant Hercule. La dangereuse gorgone (oui, à l’époque, il aurait été préférable d’avoir son smartphone pour la tuer) et les cyclopes sont aussi de la partie. L’espri

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Thomas Dybdahl en Petit Bulletin Live

PB Live | Découvert en 2002 avec un chef d'œuvre notoirement passé sous le radar, ...That Great October Sound, qu'ouvrait un titre lourd de sens, From Grace, voilà 15 (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 février 2017

Thomas Dybdahl en Petit Bulletin Live

Découvert en 2002 avec un chef d'œuvre notoirement passé sous le radar, ...That Great October Sound, qu'ouvrait un titre lourd de sens, From Grace, voilà 15 ans que Thomas Dybdahl, véritable star en Norvège, nommé aux Grammys US en 2013, régale ses fans de sa folk-soul vaporeuse. Six albums plus tard, tous n°1 en Norvège, ce songwriter de velours dont l'héritage va de Nick Drake à Jeff Buckley n'a rien perdu de son génie mélancolique et aventureux. Rare dans nos contrées, Thomas Dybdahl nous fera l'honneur de venir distiller en solo un peu de sa grâce unique et de son dernier album en date, The Great Plains, lors d'un Petit Bulletin Live à la Comédie Odéon le 21 mai. Mise en vente ce mercredi 15 février.

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Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Portrait | Séduit par sa fougue, Édouard Baer a récrit pour elle le premier rôle de Ouvert la nuit, initialement destiné à un comédien. Une heureuse inspiration qui donne à Sabrina Ouazani une partition à sa mesure.

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Il n’y a pas eu de trimestre en 2016 sans qu’elle figure sur les écrans, enchaînant des films pour le moins éclectiques : la comédie Pattaya de Franck Gastambide, le biopic inspiré de l’affaire Kerviel L’Outsider de Christophe Barratier, et enfin les drames Toril de Laurent Teyssier et Maman à tort de Marc Fitoussi. Et 2017 s’engage sous les mêmes auspices, puisqu’après avoir partagé avec Édouard Baer la vedette du pléthorique Ouvert la Nuit, on la retrouvera deux fois d’ici le printemps. À 28 ans depuis la dernière Saint-Nicolas, dont (déjà) plus de la moitié de carrière, Sabrina Ouazani a le vent en poupe. Elle possède aussi un sourire ravageur, volontiers prodigué, qui s’envole fréquemment dans de tonitruants éclats communicatifs. On n’aurait pas à creuser longtemps pour faire rejaillir son tempérament comique ; pourtant c’est davantage vers la gravité de compositions tout en intériorité que les réalisateurs l’ont aiguillée, l’obligeant à canaliser son intensité native. La faute à Abdel Le cinéaste Abdellatif

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"3 000 Nuits" : Femmes au bord de la prise de guerre

ECRANS | de Mai Masri (Pal-Fr-Lib-Jord-ÉAU-Qat, 1h43) avec Maisa Abd Elhadi, Nadira Omran, Raida Adon…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Israël, 1980. Soupçonnée de connaître un terroriste, l’institutrice palestinienne Layal est emprisonnée et condamnée à huit ans de réclusion. Une peine d’autant plus lourde qu’elle est enceinte, et mêlée à des détenues israéliennes de droit commun… Menace d’attentats, état d’urgence, situation d’exception… Sinistre suite logique, poursuivie par la rétention abusive ou dans des conditions dégradantes au fond d’une cellule. Voilà qui catalyse de plus vives insurrections, et fabrique les ripostes du lendemain avec ces victimes collatérales en second que sont les enfants. Collé à des faits bien précis, ce film aurait pu il y a peu nous sembler très éloigné dans l’espace et le temps ; il trouve désormais une violente actualité. Au-delà de la dénonciation des exactions scandaleuses de Tel-Aviv et de l’arbitraire pratiqués sur des femmes (pour certaines innocentes des faits reprochés), il nous fait entendre cette double antienne : aucun camp n’aura jamais le monopole de l’inhumanité ; ceux qui tiennent la matraque imposent leurs lois. À la fois drame historique et thriller carcéral, 3 000 Nuits aurait pu, par la vertu du huis clos, être une pièce de théâtre

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 6 décembre 2016

Insomniaque

10>12>16 LE SUCRE DEENA ABDELWAHED Chez Infiné, l'on sait choisir avec soin les artistes que l'on signe tout en évitant soigneusement les clichés. Et avec Deena Abdelwahed, c'est peu dire que les têtes pensantes du label ont visé juste : échappée de la scène underground tunisienne, où elle a débuté comme chanteuse d'un groupe de jazz nommé So Soulfull, adepte de DJ sets et de lives électroniques épatants et novateurs, repérée aux Transmusicales, Deena s'invite au Sucre. Épicé. 10>12>16 6e CONTINENT IMHOTEP Le genre de soirée que l'on kiffe : une virée du côté de Guillotière en compagnie du maître des sons à Marseille, l'homme derrière IAM et auteur d'albums downtempo et instrumentaux renversants, dont le seul "rival" serait Doctor L... Au 6e Continent, Imhotep sortira les galettes chaudes pour ambiancer le dancefloor de suaves riddims reggae, de hip-hop non

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BD Webtrip : “Chers correspondants…“

BD Webtrip | Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

BD Webtrip : “Chers correspondants…“

Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée ont noué depuis cinq ans de fructueuses relations : le festival de la BD francophone de Québec et le LyonBD festival. Ce jumelage fraternel a donné naissance à des résidence d’artistes, des invitations mutuelles, ainsi qu’à d’intenses sessions de réflexions sur les métiers de l’illustration et les particularismes vécus de chaque côté de l’Atlantique. Mais également à des projets éditoriaux dont le dernier en date, Correspondances, sort de presse. Il compile six mois d’échanges entre quatre auteurs de la Belle Province et quatre ressortissants de l’Hexagone ; six mois de découvertes réciproques, de comparaisons et d’interrogations amusées. L’anodin flirte avec l’intime de la création, la description sociétale voisine avec la sociologie fine d’une profession, et la variété des styles proposés garantit une lecture captivante. La genèse de cet album sera dévoilée durant la première partie d’une journée d’étude à l’École Bellecour (10h30 à 12h), l’après

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Lyon BD Festival : le plein de super

Bande Dessinée | Pendant que l’immense machine angoumoisine se prend bide sur bide, au grand dam des auteurs et du public, Lyon BD Festival continue de se muscler. Une décennie seulement après sa création, l’incontournable rendez-vous lyonnais est devenu plus fécond que jamais.

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Lyon BD Festival : le plein de super

Les plus de 200 illustrateurs, scénaristes et coloristes attendus cette année au Lyon BD Festival savent bien qu’ils n’auront pas à apposer leur signature jusqu’à épuisement sur des albums, ni à pester contre les remises de prix. Choyés par une équipe noyautée depuis l’origine par des consœurs et confrères lyonnais (ça aide), nombre d’entre eux sont des habitués. Certains ont même été sollicités pour co-construire l’événement en participant aux projets ou créations présentés durant le week-end. Ainsi, Obion montrera le fruit de sa résidence au musée Gallo-romain (qu’il publie en album), des auteurs français et espagnols se rencontreront et se raconteront dans l’exposition Influences croisées, quand Jimmy Beaulieu, Rubén Pellejero ou Jean-Yves Mitton croqueront des œuvres au Musée des Beaux-Arts… Entre deux spectacles (Lincoln sur scène) ou BD-concerts (Boulet et Inglenook), Lyon BD initie à nouveau une grande exposition avec la complicité du scénariste JC Deveney. Après la question de la parité en BD (Héroïnes), le festival célèbre les super-héros à travers les éditions Lug, décisives dans l’essor des comics Marvel en France. Le panorama proposé retra

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Dégradé : un brillant film sur Gaza

ECRANS | de Arab & Tarzan Abu Nasser (Pal/Fr/Qat, 1h23) avec Hiam Abbass, Maisa Abd Elhadi, Manal Awad…

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Dégradé : un brillant film sur Gaza

À quoi reconnaît-on un “bon” film de guerre ? Certainement pas au volume de ses reconstitutions méthodiques de combats, ni au réalisme hurlant de ses étripages ; plutôt à la manière dont il donne à partager l’atmosphère pesante d’un conflit — cette oppression qui s’exerce par contamination directe sur les civils, et pollue leur existence comme une maladie collective en s’insinuant dans tous les interstices de leur quotidien. Dégradé est un “bon” film de guerre parce qu’il se joue dans le huis clos d’un salon de coiffure, autrement dit un lieu anodin cultivant une image de frivolité, de superficialité, où les clientes incarnent une forme de résistance face à l’absurdité du contexte gazaoui. Parce qu’il nous montre comment chacune tente de surmonter la menace chronique, de s’accommoder des privations, de répondre de manière pragmatique à la logique de mort ambiante. Dégradé ne rend pas extraordinaires des situations qui le sont pourtant toutes (y compris la présence d’un lion domestique dans la rue !), parvient à représenter la proximité menaçante du front de manière ultra-réaliste… tout en s’abstenant de le filmer. Il y a autant d’intelligenc

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Didier Tronchet signe son Que sais-je ? (ou presque)

CONNAITRE | Didier Tronchet est un homme de goût. Une preuve ? Ce Nordiste voyageur a préféré à l’exotisme équatorien — très surfait, demandez autour de vous — le charme (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Didier Tronchet signe son Que sais-je ? (ou presque)

Didier Tronchet est un homme de goût. Une preuve ? Ce Nordiste voyageur a préféré à l’exotisme équatorien — très surfait, demandez autour de vous — le charme incomparable de notre métropole rhodanienne ; une ville qui pousse le raffinement jusqu’à nommer une de ses artères du 6e arrondissement en son honneur (ou quasiment). Illustrateur, cinéaste, romancier, scénariste, le père de Raymond Calbuth et Jean-Claude Tergal offre parfois à sa prolifique plume de plaisantes diversions, en rédigeant pensées, chroniques et autres aphorismes gouvernés par l’absurde élémentaire. Traitant de tout (donc de n’importe quoi), classés dans l’anarchie d’un désordre analphabétique, ces billets ont été réunis en une sotie (forcément inégale) et justement baptisée L’Univers à peu près, petit imprécis de culture approximative. Entre deux considérations sur l’anatomie, le croustillant de la chips ou le devenir du monde gouverné par les poulpes, le lecteur ne manquera pas d’apprécier l’usage que l’auteur fait de la langue française — qu’il tient en haute estime : les plus savoureuses des entrées sont “Procrastination” et ”Langage”. Si « mal nommer les choses

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Rosalie Blum

ECRANS | de Julien Rappeneau (Fr, 1h35) avec Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz, Anémone…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Rosalie Blum

On se réjouissait de voir portée à l’écran une BD parmi les plus originales de cette dernière décennie. Dommage que pour son premier film en tant que réalisateur, le scénariste Julien Rappeneau ait manqué le coche en signant cette adaptation de l’œuvre de Camille Jourdy. A-t-il été trop fidèle à l’original ? Pas assez rigoureux sur la direction d’acteurs ? Seul le décor urbain d’une province insipide (pardon pour la ville de tournage) semble ne pas souffrir de la transposition. Ce n’est pas le cas de certains personnages. Si Kyan Khojandi offre une neutralité bienveillante au sien, Noémie Lvovsky, dans le rôle-titre, surjoue l’effacement chuchoté avec une affection calamiteuse. Révélée dans des emplois pétulants, à l’aise lorsqu’il s’agit de faire passer force ou menace, la réalisatrice-actrice se montre beaucoup moins convaincante dans les minauderies. On se console ici avec des comédiens égaux à eux-mêmes (au point qu’ils doivent être inquiétants dans la vie quotidienne), Anémone et Philippe Rebbot. VR

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Joséphine s'arrondit

ECRANS | De et avec Marilou Berry (Fr, 1h30) avec Mehdi Nebbou, Cyril Gueï…

Vincent Raymond | Mercredi 10 février 2016

Joséphine s'arrondit

En s’arrondissant, Joséphine s’affranchit de la BD d’origine signée Pénélope Bagieu. Marilou Berry prend également son autonomie et les commandes du film (au revoir, Agnès Obadia !) pour ce qui devient sa première réalisation. L’actrice accouche d’une comédie plutôt satisfaisante sur le thème rebattu et casse-museau (n’est-ce pas, Rémi Besançon ?) des conséquences d’une gestation sur une primipare et son conjoint (pas vrai, Patrick Braoudé ?). Ce n’est donc pas l’originalité de l’histoire, connue par n’importe quel(le) spectateur(trice) qui mérite le détour, mais sa manière d’être racontée et jouée : sans les niaiseries post-pubères girlie émaillant ce type de production et dynamisée par une distribution très homogène qui ne lorgne pas sur les comédies new-yorkaises pour savoir ce qu’il convient de faire. Mention spéciale à la séquence de jérémiades sous-titrée et à la couette ornée de petites fraises. VR

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Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai

ECRANS | De Nina et Denis Robert (Fr, 1h30) documentaire

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai

Ce film sur (François) Cavanna commence par la toute fin : les funérailles de l’écrivain, début février 2014, où des lecteurs anonymes et des camarades célèbres viennent lui rendre hommage. Drôle de sensation pour le spectateur : celui d’assister à une répétition générale de ce qui se produira onze mois plus tard avec l’enterrement des dessinateurs de Charlie Hebdo. Cavanna en fut le fondateur avec le Professeur Choron, en prolongement de l’aventure Hara Kiri qui défia les bonnes mœurs et la censure dans les années 60 et 70. Si ce documentaire à deux têtes (le journaliste Denis Robert et sa fille Nina), il a aussi deux faces : d’un côté, un hommage au Cavanna écrivain insatiable, auteur de 50 romans dont quelques best-sellers (Les Ritals, Les Ruskoffs, Bête et méchant) ; de l’autre, l’évocation de cet âge d’or où tout semblait permis car rien n’était autorisé. Denis Robert va à la rencontre d’un Cavanna affaibli et fatigué, tandis que Nina tisse un montage où se télescopent archives, citations et témoignages (Willem, Delfeil de Ton, Siné…) souvent passionnants qui convergent vers un même sentiment de crépuscule.

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Dix auteurs lyonnais à découvrir à Lyon BD

CONNAITRE | Baru, Loisel, Peeters, Schuiten, Trondheim... Nous avons, au fil des saisons, déjà largement commenté l’œuvre des invités les plus illustres de Lyon BD 2015. Profitons plutôt des dix ans du festival pour louer autant d'auteurs qui comptent ou vont compter dans le paysage lyonnais (parmi les 150 recensés à ce jour !). Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Dix auteurs lyonnais à découvrir à Lyon BD

Jean-Christophe Deveney Jean-Christophe Deveney coordonne deux des projets les plus révélateurs des préoccupations supra-événementielles de Lyon BD. D'un côté Webtrip, un feuilleton qui voit collaborer à distance auteurs du cru et invités internationaux (cette année exclusivement des Catalans). De l'autre Héroin(es), une expo (et désormais un livre) qui fait subir aux grands héros du neuvième art un changement de sexe, manière ludique de pointer certains automatismes phallocrates que le milieu peine à désapprendre. Il est surtout un excellent scénariste, le seul de cette sélection, notamment de Mangetrouille (Le Lombard), un croquignolet triptyque jeunesse sur les craintes enfantines, et de Bang ! (Akileos), un polar russophile particulièrement sombre et pétaradant. Héro(ïne)s Jusqu'au 27 juin à la Maison du Livre, de l'Image et du Son Retour sur Webtrip

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Olivier Jouvray : «Le livre est un objet sacré»

CONNAITRE | Scénariste, président du collectif L’Épicerie Séquentielle, co-fondateur de La Revue dessinée, membre actif du Syndicat des auteurs de BD et professeur à Émile Cohl, Olivier Jouvray est un peu le parrain du 9e art à la Lyonnaise. A Lyon BD, il crée l'événement en lançant le journal "Les Rues de Lyon", soit la ville racontée par ceux qui tentent d'y vivre de leur dessin. Propos recueillis par Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Olivier Jouvray : «Le livre est un objet sacré»

Raconter la ville en bande dessinée. Où êtes-vous allé chercher cette idée ? Olivier Jouvray : En festival, j'ai rencontré de gens qui auto-éditaient des BD sur le patrimoine. Ce n'était pas toujours de bonne qualité, mais ils gagnaient deux à trois fois mieux leur vie que moi (rires). Plus sérieusement, j'ai trouvé étonnant que la BD de proximité soit totalement abandonnée à ceux qui n'ont pas les capacités techniques pour être publiés par des éditeurs. Les institutions ont du mal à trouver des relais locaux quand elles veulent travailler ce médium, et quand elles en trouvent, ils ne sont pas forcément formés à ce type de BD, qui demande une expérience qui s'approche de celle de documentariste ou de journaliste. L'autre élément, qui est plus de l'ordre du militantisme, c'est que cela fait six ans que les ventes de BD baissent, que les prix augmentent pour compenser la baisse du chiffre d'affaires, que la surproduction est galopante... Le milieu ne va pas bien. Certains éditeurs ont même déclaré que nous devions trouver un deuxième métier pour survivre... Ça m'a un petit peu mis les abeilles (rires). Je me suis dit :«D'accord, on v

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Les soirées du 10 au 16 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le vernissage de l'expo Mawil au Goethe-Institut, Scratcha DVA à La Marquise et la résidence LYL au Croiseur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Les soirées du 10 au 16 juin

10.06 Tournoi de ping-pong auteurs-public Quand il ne raconte pas par procuration sa jeunesse à l'ombre du mur de Berlin (Kinderland, chez Gallimard, pavé de 300 pages aussi captivant dans sa description de l'insouciance enfantine que dans ce qu'il raconte en filigrane de la RDA), le dessinateur Mawil joue les selectors. Ce sera le cas trois jours avant le coup d'envoi du festival, dans le cadre du vernissage de l'expo que lui consacre (ainsi qu'à sa compatriote Barbara Yelin) le Goethe-Institut. Un événement d'autant plus intrigant qu'il fera suite à un tournoi de ping-pong à la mode est-allemande que nous comptons bien remporter.

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