Salman Rushdie : la lutte continue

Assises Internationales du Roman | Grand pourfendeur de l'obscurantisme religieux, Salman Rushdie, auteur mondialement connu des Versets sataniques, a publié l'an dernier Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits, titre clin d'œil aux Mille et une nuits, et allégorie de notre monde contemporain en guerre contre le fanatisme, le terrorisme et la corruption, empruntant autant à l'actualité qu'à la fiction contemporaine et aux contes. Il est l'invité du Grand entretien des Assises Internationales du Roman, et nous en a accordé un petit.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 mai 2017

Photo : © DR


Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits, votre dernier roman, raconte l'avènement du chaos dans notre monde, une guerre des mondes, celui des djinns – les génies du folklore oriental –, et le nôtre, à la suite d'une tempête qui a fait sauter les sceaux entre ces univers. Vous pensez vous-même que pour beaucoup de monde, les règles que nous avons connu ne semblent plus s'appliquer. Quand cela a-t-il changé ?
Salman Rushdie : Je ne pourrais pas précisément dater cela, mais le fait est que le monde aujourd'hui change à une vitesse folle... Quand j'étais jeune dans les années 60, les forces d'un changement progressiste étaient largement dominantes. Aujourd'hui, à ma grande surprise, elles me semblent être en net recul. Je crains que la grande tempête du livre n'ait déjà eu lieu et que nous en subissions les terribles conséquences.

Il y a aussi dans le livre cet affrontement entre le penseur éclairé Ibn-Rushd (l'autre nom d'Averroes) et son ennemi, le dogmatique Ghazali, qui laisse entendre que la lutte entre la pensée éclairée et l'obscurantisme, non seulement dure depuis toujours mais ne s'éteindra jamais.
Oui, et malheureusement, il me semble même que la religion ne montre aucun signe de disparition avant longtemps. Par conséquent, la lutte continue (en français dans le texte).

Le combat entre raison et fondamentalisme a toujours été au cœur de votre travail. Or votre père a changé son nom, votre nom de famille, pour celui de Rushdie en raison de son admiration pour Ibn-Rushd, dont les livres ont été brûlés comme les vôtres après la publication des Versets Sataniques. Votre travail est-il un atavisme ?
À vrai dire, j'ai surtout été ébahi de constater à quel point le choix de mon père de changer de nom pour celui-ci avait été pour moi un présage. Encore aujourd'hui, cela n'a de cesse de me surprendre.

Le paradoxe de Deux ans... c'est que, comme souvent, vous usez du "réalisme magique", et des contes, pour prendre le parti de la raison, ce qui n'est pas la première fois...
C'est là le paradoxe de la littérature. Je crois que par nature nous sommes des créatures à la fois douées de raison et de la capacité de rêver. C'est quelque chose qui est en nous. Je crois que, profondément, nous sommes des animaux qui aimons les histoires. Nous avons depuis la nuit des temps utilisé les histoires pour comprendre qui nous sommes et ce qui nous arrive. Et j'ai le pressentiment que ça ne changera jamais.

Vous mettez aussi la comédie au service du chaos. Vous dites qu'il s'agit de votre livre le plus drôle...
Je ne fais que répéter ce que les lecteurs en disent, mais j'ai toujours beaucoup cru dans le pouvoir de la comédie. Il s'agit de la plus dure mais aussi la plus radicale des formes littéraires.

Pour ce livre, vous avez puisé dans les contes de votre enfance, que votre père vous racontait. Lesquels vous ont le plus inspirés ?
Il y a les Mille et une nuits, évidemment, dont beaucoup des histoires ont des origines indiennes ; les fables animalières de Panchatantra, qui, contrairement à celles d'Esope, le père de la fable, sont très souvent amorales, les méchants gagnant à la fin ; et enfin, l'immense collection d'histoires kashmiri écrites par Somadeva au XIe siècle : le Kathâ-sarit-sagarâ ou L'Océan des rivières de contes – à laquelle j'ai emprunté l'anecdote de l'homme qui occupe le corps d'un autre jusqu'à être démasqué par un poisson qui rit.

Après votre autobiographie, Joseph Anton [récit autobiographique de ses années sous la menace de la fatwa iranienne, NDLR] avez-vous senti le besoin de vous éloigner du réalisme et de prendre le contre-pied de ce livre ?
Oui, tout à fait. J'ai pensé : « la vérité factuelle, ça suffit, le temps est venu pour la vérité de l'extrême imagination. » En fait, je dirais que Deux ans... se tient à la croisée de chemins où le récit venu de mon for intérieur viendrait à la rencontre d'un récit plus large qui s'impose à moi. En réalité, je n'aime pas écrire des livres selon une formule pré-établie, alors je pense toujours à faire quelque chose qui m'apparaît nouveau, et qui puisse constituer un nouveau challenge artistique.

L'un des thèmes de ces Assises Internationales du Roman est "mots et métiers". Pouvez-vous nous dire quel est ou quels sont votre ou vos mots favoris ? Et quel métier, autre qu'écrivain, auriez-vous rêvé d'exercer ?
Si je n'avais pas été écrivain, j'aurais essayé d'être un acteur, mais le monde peut s'estimer chanceux que ce ne soit pas arrivé. Concernant les mots, je n'en ai pas de préféré. Je puise dans les mots qui me semblent les plus adaptés pour m'aider à faire ce que j'ai besoin de faire le plus justement possible. Les mots, pour moi, ne sont pas des animaux de compagnie. Ce sont des outils.

Grand Entretien avec Salman Rushdie
Lundi 29 mai aux Subsistances, dans le cadre des Assises internationales du roman


Grand entretien avec Salman Rushdie


Les Subs 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
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Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

Festival | À l'occasion de la nouvelle édition de son festival de littérature internationale, la Villa Gillet en profite pour en changer l'identité en proposant désormais le Littérature Live Festival, un festival hybride qui jongle entre présentiel, duplex et numérique. Parce que les contraintes sanitaires l'exigent et que c'est peut-être l'avenir. Présentation de cette vraie-fausse première édition qui se tiendra du 25 au 30 mai.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

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Les Assises Internationales du Roman voient 2020 en 2.0

Littérature | Du 11 au 17 mai, se produiront les Assises Internationales du Roman. Une nouvelle qui prend une résonance quasi-paranormale dans le contexte d'un paysage culturel sinistré par les conséquences de la grande attaque du Covid-19. Le festival a dû faire sa révolution et tout repenser du sol au plafond (virtuels), en une version 100% numérique ô combien bienvenue et qui relève de l'exploit.

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Oui, contrairement à la guerre de Troie, les Assises Internationales du Roman 2020 auront bien lieu ! Parmi tous les festivals programmés entre avril et fin août c'est l'un des seuls festivals à avoir voulu et surtout pu se maintenir. Au prix d'une révolution complète et d'arcobaties organisationnelles. Mais aussi d'une adaptation de son propos à la drôle d'actualité dans laquelle nous évoluons depuis quelques semaines. Mathilde Walton, programmatrice à la Villa Gillet et donc aux Assises, nous a expliqué, il y a quelques jours, combien il était trop triste pour la Villa Gillet d'annuler son festival. Lucie Campos, directrice de l'institution fraîchement arrivée en novembre, nous détaille les raisons et les modalités de ce défi en interview. Chanceuses dans le cataclysme qui fra

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Lucie Campos : « ne pas faire silence dans un tel moment d'incertitude »

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Qu'est-ce qui vous a poussé à candidater à la direction de la Villa Gillet ? Lucie Campos : Comme beaucoup de gens je suis depuis longtemps la Villa Gillet, je fais partie du public idéal de cette maison. Je travaille depuis pas mal d'années également et de manières différentes avec les auteurs étrangers et en traduction. D'abord parce que j'ai entamé une carrière de chercheuse en littérature comparée, puis d'enseignante-chercheuse, pour travailler autour des auteurs vivants. Je les ai étudiés à travers leurs livres, puis enseignés dans différentes universités en France. Ce qui conïncidait à une époque où la Villa Gillet était pionnière sur le front de l'invitation d'auteurs étrangers, un domaine vraiment particulier. Mais également sur des thèmes très porteurs qui invitaient les écrivains à s'exprimer comme des acteurs dans la cité. J'ai pu travailler avec la Villa, rencontrer Guy Walter et son équipe, il y a une dizaine d'années, je commençais à travailler pour l'Institut Français. Nous avons alors travaillé côte-à-côte sur des projets différents mais dont l'esprit était similaire. Po

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Les Assises Internationales du Roman se réinventent plus vite que prévu

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Sébastien Broquet | Vendredi 10 avril 2020

Les Assises Internationales du Roman se réinventent plus vite que prévu

Une grande partie de la programmation des Assises Internationales du Roman 2020 avait été conçue par Guy Walter, avant son départ à la retraite l'été dernier. Lucie Campos, qui lui a depuis succédé à la direction de la Villa Gillet, envisageait de renouveler le format de ce festival littéraire en 2021 et de le moderniser, discutant de nouveaux formats avec Stéphane Malfettes, lui aussi fraîchement arrivé à la tête des Subsistances, le lieu accueillant le festival. Mais l'irruption soudaine du Covid-19 et la crise sanitaire comme économique l'accompagnant ont chamboulé bien évidemment cette édition, obligeant les protagonistes à commencer à tout réinventer dès cette année. Alors, officiellement, non : les Assises ne sont pas annulées. Elles se dérouleront bien du lundi 11 au dimanche 17 mai mais dans ce qu'Alessandro Baricco nomme le "deuxième monde" : « des interventions numériques originales de grands auteurs venant du Mexique, de Chine, des États-Unis, de Turquie,

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La littérature au grand AIR

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Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

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On l'a déjà mentionné il y a quelques mois, c'est l'immense auteur péruvien Mario Vargas Llosa qui ouvrira une édition des Assises particulièrement prometteuse, sur le plan des thématiques socio-littéraires proposées comme des invités : "Généalogies du crime" (Alexandria Marzano, Klester Cavalcanti, Frédérique Toudoire-Surlapierre) ; "Mon pays" (Andrew Ridker, Zhang Yueran, Kaouther Adimi et ses Petits de Décembre) ; "Au cœur des affaires" (Jorge Volpi, Jan Stocklassa) ; "Le Huis-clos" (Imma Monso, Franck Bouysse, Burhana Sonmez); "Récits d'espace – Traverser le paysage" (Martin de la Soudière, Christian Garcin, Paolo Cognetti). Et surtout "Les fictions ethnologiques" qui contient trois des textes les plus bouleversants de 2019 : Ici n'est plus ici de l'amérindien

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Stéphane Duchêne | Jeudi 12 septembre 2019

Mario Vargas Llosa aux Assises du Roman, Thomas Piketty à Mode d'Emploi

Pour davantage de détails sur la programmation, il faudra patienter un peu (jusqu'à notre numéro "rentrée littéraire" le 2 octobre) mais on peut d'ores et déjà annoncer que les Assises internationales du Roman débuteront le 11 mai 2020 avec l'immense écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, le festival renouant ainsi avec la tradition d'un prestigieux grand entretien d'ouverture. Plus proche de nous, du 13 au 20 novembre 2019, Mode d'Emploi, le festival des idées de la Villa Gillet, revient avec en guise d'introduction la venue de l'économiste Thomas Piketty qui fait actuellement l'actualité avec son ouvrage Capital et idéologie (Seuil).

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En cours d'Assises : le programme

Programmation | C'est au croisement entre le politique, l'intime et les mystères de la création littéraire que les Assises Internationales du Roman viennent chaque année (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mai 2019

En cours d'Assises : le programme

C'est au croisement entre le politique, l'intime et les mystères de la création littéraire que les Assises Internationales du Roman viennent chaque année nicher les différentes thématiques qui ponctuent cette semaine de réflexions et de rencontres, de débats et de performances. Politique l'entame le sera avec cette thématique sur "le courage de la dissidence" qui verra débattre Alaa El Aswany, Reihane Taravati et Liao Yiwu (lire ci-dessus). Un versant qui se poursuivra à l'approche de rencontres sur "le corps féminin" (Caroline Emcke, Joumana Haddad, Fabienne Jacob) ; les "récits d'exil" (Davide Enia, Linda Lê, Amitava Kumar) rencontre précédée d'une lecture de Papiers de Violaine Schwartz) ; la violence sociale et politique (Sophie Divry, Santiago Gamboa, Daniel Galera), l'écriture de l'ultra contemporain (Aude Seigne, Pierre Ducrozet, Joshua Cohen) ou les questions éminemment politiques du

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Le monde des livres

Littérature | Avant la saison des festivals d'été, il y a celle des festivals littéraires, nourrie des centaines de livres parues en quelques mois et des milliers d'idées qui les composent. Tour d'horizon des événements littéraires majeurs du printemps.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 janvier 2019

Le monde des livres

Fête du Livre de Bron Retour à une thématique cette année, et même à une thématique forte pour la Fête du Livre de Bron qui explorera les recoins littéraires de "La Vie sauvage" : animalité de l'humain, violence du monde, libéralisme sauvage, question environnementale mais aussi subversion et insoumission. Où l'on retrouvera notamment le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux (pour une collaboration qui s'annonce savoureuse avec le musicien Florent Marchet), mais aussi de nombreux autres comme Serge Joncour, David Diop, Charif Majdalani, Marielle Macé, Pascal Blanchard. Florence Aubenas, Andreï Kourkov, Domonique A, François More, FabCaro ou Jérôme Ferrari. Plus de détails sur cet alléchant programme le 23 janvier. À l'Hippodrome de Parilly du 6 au 10 mars Quais du Polar En dépit du réchauffement climatique, ils seront un peu glacés, cette année, les Quais du Polar. Le festival ayant choisi de rendre hommage au polar nordique et à ses joyeuses spécificités littéraires, culturelles et politiques. En invitant pas moins de 25 auteurs

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Les Assises 2019 se dévoilent

Assises Internationales du Roman | Plus que sept mois à attendre avant le coup d'envoi des Assises Internationales du Roman qui se dérouleront du 21 au 26 mai aux Subsistances. Mais comme sept mois c'est long, surtout vers la fin, voici un solide avant-goût du programme proposé oscillant pour le moment entre le politique et l'intime.

Stéphane Duchêne | Lundi 26 novembre 2018

Les Assises 2019 se dévoilent

C'est encore une fois un large spectre de thématiques qui traversera une semaine durant les Assises Internationales du Roman, à la (re)découverte de quelques-unes des plus belles plumes du paysage littéraire national et surtout international. Ainsi l'on parlera de "courage" et de "nouveaux dissidents" (ces derniers en étant généralement remplis, de courage) avec l'Égyptien Alaa El Aswany, auteur du célèbre Hôtel Yacoubian, la photographe iranienne Reihane Taravati qui avait défrayé la chronique de son pays il y a deux ans avec une revisite locale et sans foulard du clip Happy de Pharrell Williams, l'intellectuel chinois Liao Yiwu, l'un des 303 signataires en 2008 de la Charte 08, et l'activiste serbe Srdja Popovic, auteur en 2015 de Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit, et sans armes. Mais aussi de "violence sociale et pol

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Révolutions intérieures aux Assises du roman

Révolte | "Au cœur de la révolte", l'une des thématiques fortes de cette édition 2018, et comme pour célébrer à distance Mai 68, les Assises Internationales du Roman ont placé deux auteurs américains, Martin Neill Null et A.G. Lombardo, dont les deux premiers romans épiques entraînent leurs personnages dans un désordre qui finit par les éclairer. Et nous avec.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 mai 2018

Révolutions intérieures aux Assises du roman

« La rébellion est dans l'œil de celui qui la regarde » écrit A.G. Lombardo page 365 de son Graffiti Palace. Un aphorisme qui pourrait commenter, page 206 du Miel du Lion de Martin Neill Null, ces mots de Shelby Randolph, entrepreneur et copropriétaire de la Cheat River Paper & Pulp, une société du début du XXe siècle qui transforme les forêts de Virginie-Occidentale en pâte à papier et les ouvriers en forçats, persuadé de faire œuvre de philanthropie à travers le profit : « Quant aux syndicalistes, pour la plupart, ils se fourvoyaient tout bêtement et cédaient à la tentation typiquement humaine de la paresse. » On le sait, ce qui fait écho un jour peut résonner longtemps. Et il ne viendrait à l'idée de personne de contester le caractère actuel de deux phrases ayant la vertu d'expliquer la schizophrénie à l'œuvre dans une société française occupée à célébrer d'une main l'anniversaire du bel esprit de Mai 68 tout en balayant de l'autre la pertinence des grèves et manifestations qui pour s'ancrer dans notre quotidien de 2018 ne sont pas frappées, elles, du sceau de la nostalgie – pas plu

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Harry Parker : les choses de la vie

Littérature | Vétéran d'Irak et d'Afghanistan lourdement blessé au combat, le britannique Harry Parker, invité des AIR, a fait de son expérience un livre magnifique, où la tragédie de la guerre et le destin du soldat meurtri revenant à la vie ont pour narrateurs 45 objets qui en ont été les témoins.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mai 2017

Harry Parker : les choses de la vie

Nous sommes le 15 août 2009 sur un théâtre d'opération jamais nommé. Il est 6h18. Le matricule BA5799, capitaine de l'armée d'occupation britannique est « soulevé dans le ciel. » Il vient de marcher sur une mine artisanale. Sa vie, qui ne tient plus qu'à un fil, ne sera plus jamais la même. Il s'appelle Tom Barnes et luttera des semaines contre la mort, sujet à de multiples opérations et amputations avant de réapprendre doucement à vivre. Tom Barnes c'est Harry Parker, l'auteur d'Anatomie d'un soldat, lui-même vétéran britannique de l'Irak et de l'Afghanistan, victime d'une mine, lourdement amputé, mais sauvé. Son expérience, terrible, Harry Parker a voulu la transcender sous une forme romanesque qui vaut tour de force. Toute l'histoire d'Anatomie d'un soldat, qui se divise en trois sections entremêlées – la vie de Barnes sur le lieu du conflit jusqu'au drame autour duquel tourne le roman, celle des insurgés en lutte, puis la convalescence, la renaissance dans un "autre" corps à la fois diminué et augmenté – est racontée du point de vue non pas de Barnes, ni d'un tiers narrateur unique mais par le p

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Les rêves nécessaires de Goran Pétrovic

Assises Internationales du Roman | Pour leur 10e édition, les Assises Internationales du Roman réunissent une cinquantaine d'écrivains sous la grande verrière des Subsistances. Parmi eux, le serbe Goran Pétrovic : un écrivain rêveur et fantaisiste.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mai 2016

Les rêves nécessaires de Goran Pétrovic

Les Assises Internationales du Roman fêtent leur dixième anniversaire et, depuis 2007 dans ces colonnes, nous suivons cet événement en soulignant à chaque édition les liens étroits entre la littérature et le réel, l'ancrage du roman dans le monde actuel. C'est la ligne fondamentale du festival et, cette année encore, les tables-rondes sur "Beyrouth, hier et aujourd'hui" (Zeina Abichared et Mathias Enard), "L'Exil" (Alice Diop, Max Lobe, Zia Haider Rahman et Samar Yazbek), ou "Écrire, est-ce résister ?" (Oya Baydar et Boualem Sansal) le confirmeront... Mais cette fois-ci, ô imprudence, nous voudrions, pour introduire à ces 10e Assises, parler de littérature et... de rêve. Au risque des persiflages : eh voilà le retour de l'imaginaire et de sa pusillanimité, des écrivains grimés en doux et inoffensifs rêveurs, si ce n'est en cancres rêvassant au fond de la classe de la "littérature-monde" ! Pour ne rien arranger à notre position acrobatique, nous nous appuierons sur un livre étonnant, mais comportant aussi quelques défauts (un aspect répétitif notamment), l'Atlas des reflets célestes de Goran Pétrovic. À ciel ouvert Un livre fragile donc, m

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Didi-Huberman, un autre regard sur l'art

CONNAITRE | Né en 1953 à Saint-Étienne, enseignant à l'EHESS à Paris, Georges Didi-Huberman est l'une des figures les plus importantes de la philosophie et de l'histoire (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 mai 2015

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Né en 1953 à Saint-Étienne, enseignant à l'EHESS à Paris, Georges Didi-Huberman est l'une des figures les plus importantes de la philosophie et de l'histoire de l'art. Dans ses ouvrages (une bonne quarantaine !), il alterne réflexions singulières sur l'image et petits essais plus concis sur des artistes contemporains. Dans l'un de ses derniers livres, Essayer voir, consacré aux artistes Miroslaw Balka et James Coleman (dont le Musée d'art contemporain de Lyon conserve une installation importante), Georges Didi-Huberman poursuit sa pensée nomade à la croisée d'influences aussi diverses que le "montage littéraire" de Walter Benjamin, la psychanalyse, la figure méconnue du critique d'art Aby Warburg, la philosophie de Giogio Agamben, les récits de Samuel Beckett... Essayer voir est d'ailleurs un emprunt à «l'essayer-dire» de Beckett dans Cap au pire. Ni application de concepts logiques, ni intuition mystique irrationnelle, penser et écrire à partir (ou sur) des images selon Georges Didi-Huberman c'est «accepter, devant l'image, de perdre les repères de nos propres mots. Accepter l'impouvoir, la désorientation, le non-savoi

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Un AIR de famille

CONNAITRE | Dépression, remise en question, deuil, dysfonctionnement familial, rapport compliqué à son pays natal, et parfois tout cela à la fois : à travers les personnages de leur roman, une bonne partie des auteurs de cette édition des assises se pose la question frontale de savoir ce qui est universellement pourri au royaume de l'être humain ; et que la littérature pourrait, peut-être, résoudre. Ces cinq-là en particulier.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 mai 2015

Un AIR de famille

Céline Curiol «Agglutinés à mon désarroi, mes mots, des mots qui ne tranchaient rien, ne séparaient rien, ne créaient rien. Seulement s'enchaînaient. Et avec eux moi. Qu'ils pétrifiaient.» Le 15 août 2009, Céline Curiol sombre dans une grave dépression dont, avec le recul, elle nous livre aujourd'hui l'expérience douloureuse (Un quinze août à Paris, Actes Sud) et les cheminements difficiles (notamment sur le plan familial) pour s'en sortir, toutes ces «maintes petites luttes, maintes résistances, maintes attentions.» La dépression est aussi ici une traversée, une mutation, la quête d'une nouvelle identité : «Cet autre, c'est en moi qu'il fallut le trouver» écrit-elle. Jean-Emmanuel Denave Au Centre hospitalier Le Vinatier jeudi 28 mai à 18h30 Aux Subsistances vendredi 29 mai à 15h30 Aux Subsistances dimanche 31 mai à 11h

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Jorge Volpi : «Les invisibles sont les puissants»

CONNAITRE | Dans une saga familiale romanesque époustouflante, "Les Bandits", dont l'anti-héros partage son nom, le Mexicain Jorge Volpi dresse l’histoire récente du capitalisme, des accords de Bretton Woods à la chute (mais pas la mort) des financiers sans vergogne, où les mensonges n’ont pas tous la même valeur. Entretien, avant sa venue aux Assises Internationales du Roman de la Villa Gillet. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 26 mai 2015

Jorge Volpi : «Les invisibles sont les puissants»

Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir ce vaste sujet qu'est l’histoire récente du capitalisme aux États-Unis ? Jorge Volpi : Il y a trois origines diverses à l’écriture de ce roman. La première est un peu autobiographique, car en 2007-2008, quand j’ai vu la chute de Lehman Brothers, je me suis rappelé de toutes les crises que moi, Mexicain, ai subi quand j’étais petit. Je suis né à Mexico en 1968 et ma génération a expérimenté cinq crises pareilles à celle-ci. Je me souviens très bien de la crise de 1976 et surtout de celle de 1982. Elle a complètement changé le niveau de vie de ma famille et, en général, de la classe moyenne du Mexique. Mon père était médecin mais travaillait, comme il a toujours voulu le faire, pour la sécurité sociale. Nous avions une vie assez normale. Ensuite, ça a été beaucoup plus dur et c’est devenu impossible d’aller au restaurant, en vacances ; ma mère a commencé à travailler aussi, etc. À partir du moment où j’ai vu le déclenchement de la crise de 2008, je me suis dis que je devais essayer de comprendre ce qui se passe dans ce type d'événement, comment ça marche, qui sont les vrais responsables.

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Corps d'armée

CONNAITRE | Quand un Américain, un Italien et une Française écrivent sur les guerres contemporaines, sur la guerre tout court, cette expérience indépassable, que (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mai 2014

Corps d'armée

Quand un Américain, un Italien et une Française écrivent sur les guerres contemporaines, sur la guerre tout court, cette expérience indépassable, que disent-ils ? Au fond, sensiblement la même chose – mais d'une manière différente, en empruntant des chemins narratifs propres. Ils disent l'illusion selon laquelle la guerre est formatrice, sauve des vies, à commencer par celles de ceux qui ne savent pas quoi en faire, et fait Voir du pays, comme dans le roman de Delphine Coulin (Grasset, 2013). Ils disent la désillusion de découvrir qu'elle est vaine et absurde. Ils disent ces guet-apens du destin, que l'on prévoit toujours mais dans lesquels on se jette tête la première. Ils disent le traumatisme infini. La guerre, Kevin Powers l'a faite en Irak, il y a dix ans. Il en est revenu transformé et écrivain. Son Yellow Birds (Stock, 2013) raconte la promesse de son "héros", Bartle, à la mère de son camarade Murph, avec lequel il est destiné à partir au combat, qui le hante toujours plus au fur et à mesu

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«La honte d'avoir détourné le regard»

CONNAITRE | Auteur de "Murambi, le livre des ossements", extraordinaire roman pluriel sur le génocide des Tutsis, l'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop est l'invité d'Assises Internationales du Roman plus que jamais en prise avec le réel. Il revient pour nous sur ce livre, écrit en 2000 et réédité cette année à l'occasion du vingtième anniversaire de la tragédie. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mai 2014

«La honte d'avoir détourné le regard»

Comment vous, écrivain Sénégalais, avez-vous été amené à travailler sur le Rwanda ? Boubacar Boris Diop : C'est un couple d'amis, du Tchad et de Côte d'Ivoire, qui a demandé à une dizaine d'écrivains du continent africain de venir travailler à cette question dans le cadre d'une résidence, quatre ans après les faits. Ils ont considéré que ce qui s'était passé là-bas était évidemment très important et que les auteurs africains n'en avaient que peu parlé. Cela peut paraître assez étrange, mais je peux vous dire que vingt ans après, l'Afrique n'a pas encore vraiment compris le génocide des Tutsis. Alors imaginez ce que cela pouvait être en 1998, quand nous sommes allés au Rwanda pour faire ce travail. Il y avait autour de cela un très grand silence. Alors que cela a été quelque chose de colossal : 10 000 personnes ont été tuées chaque jour pendant trois mois. Pour nous, c'était une manière de dire que ce silence-là était irresponsable.   Quels ont été vos premiers sentiments et réactions en décou

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Le fond de l'AIR effraie

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Stéphane Duchêne | Mardi 20 mai 2014

Le fond de l'AIR effraie

«La vérité est ailleurs». C'est ce que semble nous dire par sa puissance iconique la soucoupe volante qui survole l'affiche de la huitième édition des Assises Internationales du Roman, qui n'est pas sans rappeler le célèbre poster illustrant la maxime de la série culte X-Files. "Ailleurs" c'est ici aux Assises : les invités y sont autant de visiteurs de notre monde qui, depuis les véhicules fictionnels que sont les romans, observent en étrangers ou en protagonistes, ce qui le fait ou l'a fait. La dialectique romanesque est, malgré son infinité de formes, immuable et vieille comme le roman lui même : la sphère intime traverse l'universel, le vaisseau de la fiction transcende le réel. "La trahison", "La rupture amoureuse", "Les vies ordinaires" sont autant de banalités portant le masque de la tragédie, quand désir et deuil peuvent se muer en expérience métaphysique – "Être ou ne pas être" – moteur commun de l'individu et de l'humanité. Comme le dit Boubacar Boris Diop dans l'interview ci-contre : «le génocide est un désastre collectif, mais il est vécu par chacun dans

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CONNAITRE | Indissociable de sa ville, Istanbul, Orhan Pamuk, couronné du prix Nobel de littérature en 2006, est l’un des plus précieux invités des Assises Internationales du Roman qui débutent lundi. Esquisse de portrait. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 13 mai 2014

Istanbul, son amour

Dans le documentaire Arte qui lui est consacré (ainsi qu’à ses compatriotes Sema Kaygusu et Elif Shafak) et qui sera diffusé en avant-première aux Assises, Orhan Pamuk l’affirme sans détour : «Istanbul a déterminé ma personnalité, mon bonheur, ma tristesse». Le reste, est-on tenté de poursuivre, est littérature. Sa littérature. Qui est à ce point empreinte de la cité turque que l’un et l’autre sont désormais indissociables. Comme dans son fameux Istanbul, souvenirs d'une ville, roman quasi historique paru en 2003 – et traduit en français en 2007, dans la foulée de l’attribution du Nobel - où sa vie se mêle à celle de la ville, photos de famille et vieux clichés ou gravures inclus. Ses premiers pas, ses premiers émois, sa jeunesse dorée dans l’immeuble Pamuk d'un quartier résidentiel à l’ouest de Beyoglu et de la Tour de Galata y sont matières à sentir l’évolution de La Magnifique, de l’arrivée des pachas ottomans et de leurs grandes résidences sur les rives du Bosphore au XIXe siècle, à ses propres souvenirs d'enfant de la fin d'une civilisation passée «sous influence occidentale mais sans perdre

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Notre besoin de poésie

CONNAITRE | Parmi les nombreux auteurs invités cette année aux Assises Internationales du Roman, nous avons choisi de mettre en avant l’Islandais Jón Kalman Stefánsson. Parce qu’il écrit de forts beaux livres. Et parce que ses mots ne sont pas sacrifiés à un imaginaire stérile, mais forent et forgent les puissances du réel. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 25 mai 2013

Notre besoin de poésie

Jack London, Jules Verne, Alexandre Dumas, Herman Melville… Comme beaucoup de gosses, la littérature nous a pris, d’abord, dans les filets de ses grands espaces, de ses aventures, de ses personnages hauts en couleurs. Alors quand l’Islandais Jón Kalman Stefánsson nous embarque avec le capitaine Pétur et son équipage pour une longue partie de pêche à la morue, nous retombons en enfance ou presque. A tel point, qu’en un sursaut critique, nous nous demandons, au début du premier volume de sa trilogie dite du "gamin", si Entre ciel et terre n’est pas, au fond, destiné à un public adolescent. D’autant plus que Stefánsson use abondamment d’images naïves et n’hésite pas à nous plonger dans un lyrisme des plus étonnants pour un auteur du XXIe siècle. A ce propos, l’auteur répond dans une interview (Le Matricule des anges de janvier 2013) : «Je ne suis pas sûr que ce soit tellement osé : pour moi, c’est simplement normal, j’écris tout bonnement comme je pense, et comme je respire. Je crois aussi que la poésie habite beaucoup plus de lieux que ne le soupçonnent la plupart des gens, tout le m

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Chemin faisant

CONNAITRE | Elle a fixé dans son dernier livre des rendez-vous nomades et ça lui ressemble. Sylvie Germain (présente à la bibliothèque de Décines jeudi 30 mai et à l’hôpital (...)

Nadja Pobel | Jeudi 23 mai 2013

Chemin faisant

Elle a fixé dans son dernier livre des rendez-vous nomades et ça lui ressemble. Sylvie Germain (présente à la bibliothèque de Décines jeudi 30 mai et à l’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc de Lyon 7e le lendemain) écrit depuis plus de trente ans et, en autant d’ouvrages parus, n’a cessé de semer des petits cailloux sur le chemin d’une littérature à fleur de peau. Ce qu’elle raconte a à voir avec la difficulté des êtres de se trouver, de faire leur place dans ce monde, inscrivant à l'occasion ces réflexions dans un cadre historique - Immensités narre les aventures de Prokop à Prague au moment de la chute du Rideau de fer, Jours de colère évoque la vie de Corvol dans le Morvan. Souvent ses personnages ont, comme elle, une foi qui les anime sans pour autant les dévorer. Sylvie Germain aime sonder ce mystère en veillant à ne jamais diaboliser et, surtout, à ne pas opposer les croyants et les sceptiques. La frontière est pour elle beaucoup plus ténue. Ce n’est d’ailleurs pas dans les cieux qu’elle ancre ses récits mais dans la matière tellurienne. Ses livres

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Jeu-concours AIR 2012 : le gagnant !

CONNAITRE | Marginalisation Les moines enlumineurs ont traversé le Moyen-Age dans les clous, pour la plupart d'entre eux. Leurs plumes et leurs pinceaux (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 31 mai 2012

Jeu-concours AIR 2012 : le gagnant !

Marginalisation Les moines enlumineurs ont traversé le Moyen-Age dans les clous, pour la plupart d'entre eux. Leurs plumes et leurs pinceaux garnissaient de pigments adéquats des contours approuvés. Sans qu'il y eut besoin de les menacer de châtiments (l'Inquisition chapeautait le tout) ou d'une radiation de l'OCC (Ordre des Copistes Certifiés), ils s'appliquaient une sorte d'auto-censure. On représentait toujours les prophètes et les apôtres dans des poses hiératiques. L'auréole devait s'insérer derrière les têtes en position d'angle d'éclipse (disque visible : 75%). Il y avait un code de déontologie, non dit mais bien su, qui réglait le ballet des graphistes. Mais des rebelles s'en affranchirent. Ils mirent au point une technique particulière de représentation, les formes s'enchevêtrant dans le corps des majuscules. L'image complète se révélait dans la transparence des feuillets rétro-éclairés par une cire de graisse de jeune shetland. Les strates empilées, dans la marge, constituaient leur œuvre clandestine, repérable par les rares initiés. L'iconographie médiévale retient surtout le bras d'honneur («bracem honoris») du fils prodigue

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Assises Internationales du Roman 2012, notre sélection

CONNAITRE | Jeudi 31 mai à 19h aux Subsistances Table ronde : Les marginaux / Les exclusVies en rupture et à la marge traitées avec réalisme et humour par Nick Flynn, (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 31 mai 2012

Assises Internationales du Roman 2012, notre sélection

Jeudi 31 mai à 19h aux Subsistances Table ronde : Les marginaux / Les exclusVies en rupture et à la marge traitées avec réalisme et humour par Nick Flynn, Zakhar Prilepine, Charles Robinson et Mansour El Souwaim, quatre auteurs aux styles très différents pour autant de visions du monde invisible des «bas-fonds».   Vendredi 1er juin à 19h30 aux Subsistances Table ronde : Donner la parole aux autresAux côtés de Jean Hatzfeld et de Luis Sepúlveda, Frederick Wiseman, l’immense documentariste américain, expliquera comment ses films, sans question ni commentaire, donnent la parole, mais aussi l’image, aux autres…   Samedi 2 juin à 20 h 30 aux Subsistances Table ronde : Où sont les femmes ?Alors qu’il est sans arrêt question de parité en politique, quelle est aujourd’hui la place des femmes dans un paysage littéraire toujours fortement masculin ? Laure Adler, Ananda Devi

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Trois voix incontournables

CONNAITRE | Parmi les 80 invités des Assises internationales du roman, l’écrivain Peter Nadas, le cinéaste Frederick Wiseman et le linguiste Jean-Claude Milner seront sans doute, au regard de leurs œuvres «décapantes», parmi les plus passionnants à entendre. Trois exemples représentatifs aussi de l’ouverture des Assises à différentes disciplines et formes d’écriture. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 24 mai 2012

Trois voix incontournables

«En même temps, il eut comme l’impression de percevoir je ne sais quelles autres voix dans ce grand espace sombre sans issue. Les voix affleuraient, se frayaient un chemin entre les accords et les sons qu’égrenait la musique. Jamais auparavant il n’avait observé à quel point les histoires, les pensées et les sentiments les plus divers ou les plus singuliers s’entrecroisent et se déroulent à vrai dire en parallèle, concomitants les uns aux autres», lit-on sous la plume du Hongrois Péter Nadas. Ses Histoires parallèles, livre somme (1100 pages, 18 ans d’écriture) et à tous points de vue «énorme», tissent elles-aussi, au-dessus des abysses du sens et du monde (de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, à travers l’Europe), des récits, des sensations, des affects, des pensées et des paroles de multiples personnages. Des odeurs du prépuce d’Agost, traducteur pour une agence d’Etat dans la Hongrie des années 1960, à l’assassinat d’un soldat allemand pendant la guerre, d’une scène hilarante où, dans une boutique, un jeune étudiant berlinois en 1989 se prend d’intérêt pour les strings, à un huis clos dans un taxi où une femme et sa belle-fille se découvrent des attiran

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En pratique

CONNAITRE | Quand ?Les Assises du Roman ont débuté lundi 23 mai. Elles se poursuivent jusqu’au dimanche 29 mai. Où ?La plupart des rencontres et des tables rondes se (...)

Dorotée Aznar | Lundi 23 mai 2011

En pratique

Quand ?Les Assises du Roman ont débuté lundi 23 mai. Elles se poursuivent jusqu’au dimanche 29 mai. Où ?La plupart des rencontres et des tables rondes se déroulent aux Subsistances (8 bis quai Saint-Vincent, Lyon 1er). Cependant, d’autres événements se déroulent dans des bibliothèques, des libraires, au Musée des Beaux-Arts de Lyon… L’agenda complet est consultable en page 11 du journal. Combien ?L’entrée Les séances payantes (comme les tables rondes) sont proposées au tarif unique de cinq euros. Des rencontres gratuites sont également proposées pendant toute la durée du festival. Comment ? La clôture des réservations se fait la veille au soir de chaque rencontre. Il est possible de réserver par téléphone au 04 78 39 10 02.

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Ouvrir le roman

CONNAITRE | Les 5e Assises Internationales du Roman réunissent à Lyon de nombreux écrivains, mais aussi des essayistes, des philosophes, des scientifiques et même... des scénaristes de séries TV. Pour interroger l'écriture et la pensée contemporaines, et les rapports réciproques entre fiction et réalité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 20 mai 2011

Ouvrir le roman

«Roman et réalité», «Le roman : hors frontières», «Le roman : tout dire ?»... Telles étaient quelques-unes des thématiques des premières Assises Internationales du Roman. Si l'édition 2011 ne porte plus de titre générique, l'esprit de la manifestation demeure le même : interroger la capacité de la littérature à affecter et à être affectée par le réel, l'actualité, les grandes questions du monde contemporain. La table-ronde intitulée «La mondialisation : vertige du temps et de l'espace» est en cela assez emblématique. Elle réunira le physicien Étienne Klein auteur du passionnant Discours sur l'origine de l'univers, le philosophe et sociologue allemand Hartmut Rosa qui, à l'instar d'un Paul Virilio, étudie les conséquences sociales et politiques de la notion d'accélération et de vitesse, et l'écrivain française Maylis de Kerangal. Celle-ci a signé dernièrement un puissant roman-monde, "Naissance d'un pont", dans la veine de la grande littérature américaine. À travers un chantier de pont autoroutier devant relier une ville ultra-moderne à une rive plus sauvage et forestière, l'auteur embrasse les existences d'une foule de personnages, des luttes de pouvoir triviales, des

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Nouvel AIR

CONNAITRE | Jusqu’au 30 mai, la quatrième édition des Assises Internationales du Roman se tiendra de nouveau aux Subsistances avec une cinquantaine d’écrivains venus des quatre coins du monde. Tour d’horizon du festival. Yann Nicol

Dorotée Aznar | Mercredi 19 mai 2010

Nouvel AIR

Pour la quatrième année consécutive, La Villa Gillet et Le Monde organisent les Assises Internationales du Roman, un rendez-vous dont la majeure partie se déroulera sur le site des Subsistances (avec des lectures, également, dans les bibliothèques et les librairies de la région), en compagnie d’une cinquantaine de romanciers internationaux, autour d’un thème, «Le Roman : tout dire ?» qui induit l’universalité et la portée d’un genre protéiforme, multiple, qui trouve des déclinaisons dans l’ensemble des pays et des cultures du monde. Ainsi, en plus de quelques écrivains français (Laurent Mauvignier, Geneviève Brisac ou Michèle Lesbre) les invités de ces Assises seront Européens (le Portugais Gonçalo M. Tavares, l’Espagnol Julian Rios, l’Irlandaise Anne Enright…), Africains (l’Algérien Boualem Sansal, la Nigérianne Sefi Atta, le Sud-Africain Ivan Vladislavic), Russes (Vladimir Sorokine, Leonid Guirchovitch) ou Américains, avec la présence du grand Richard Powers, mais aussi de James Frey ou Norman Rush. Avec, en prime, la possibilité de découvrir des auteurs et des littératures plus méconnues grâce à la présence, par exemple, du Chinois Yan Lianke, du Libanais Rabih Alameddine ou de

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Le b.a.ba des Assises

CONNAITRE | Parutions / Comme chaque année, les Assises Internationales du Roman proposent deux parutions pour «encadrer» le festival. L’une, à l’automne, réunira dans (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 19 mai 2010

Le b.a.ba des Assises

Parutions / Comme chaque année, les Assises Internationales du Roman proposent deux parutions pour «encadrer» le festival. L’une, à l’automne, réunira dans Les Actes des Assises l’ensemble des tables rondes et entretiens qui se déroulent pendant la semaine. L’autre, en librairies depuis le 14 mai, et titrée Lexique Nomade, réunit les textes de la majorité des auteurs invités sous la forme d’un abécédaire où chacun choisit un mot susceptible d’introduire (et d’éclairer) son œuvre romanesque. De l’hommage à un écrivain disparu (c’est le cas de Geneviève Brisac avec Salinger) à sa propre vision de l’acte d’écriture (Martin Page avec le mot «écrivain» et Emmanuel Carrère avec le mot «ruse») en passant par le rapport au lecteur (James Frey et le «transport») ou la quête des origines (Leonid Guirchovitch, dans son très beau papier sur «Leningrad»), ces textes sont autant une introduction à leurs œuvres qu’une clé pour déchiffrer leurs intentions et leur positionnement en tant qu’auteur. Des textes qui, bien souvent, disent l’inadéquation au monde, l’urgence de le décrypter et de le mettre en scène dans l’écriture. C’est ainsi le cas du Libano-Américain Rabih Alameddine, qui propose une v

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Les règles du je

MUSIQUES | Table ronde / L’une des tables rondes les plus alléchantes de la semaine est sans aucun doute celle qui sera consacrée à la question du «je» dans l’écriture (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 19 mai 2010

Les règles du je

Table ronde / L’une des tables rondes les plus alléchantes de la semaine est sans aucun doute celle qui sera consacrée à la question du «je» dans l’écriture romanesque. D’abord parce qu’elle devrait permettre de dégager les principaux enjeux d’un choix narratif qui n’est pas forcément synonyme d’écriture de soi ou d’autofiction. Ensuite parce qu’elle réunit un plateau d’écrivains qui ont, chacun à leur manière, affirmé une voix et un style particulièrement singuliers. C’est le cas de la Nigériane Seffi Atta, dont le premier roman nous menait sur les traces d’une jeune fille pris dans la tourmente de l’histoire nigériane de la fin du XXe siècle. Un regard sur l’Afrique contemporaine que l’on retrouve dans deux des romans les plus importants de l’Américain Norman Rush (Accouplement et De simples mortels) à travers la mise en scène, là aussi, de destins individuels percutés par l’histoire avec un grand H. Ces deux auteurs seront accompagnés de deux écrivains que l’on aime beaucoup, le Français Laurent Mauvignier et l’Espagnol Julián Ríos. Le premier, que l’on suit avec beaucoup d’intérêt depuis son premier roman, Loin d’eux, paru en 1999, nous a impressionnés avec son magnifique Des h

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«Un pôle d’énergie»

CONNAITRE | Entretien / Guy Walter, directeur de la Villa Gillet, présente la troisième édition des Assises Internationales du Roman. Premier bilan et premières évolutions. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 22 mai 2009

«Un pôle d’énergie»

Petit Bulletin : Pouvez-vous dresser un bilan des deux premières éditions, notamment concernant le nombre de spectateurs accueillis ?Guy Walter : Nous attirons énormément de monde mais nous veillons à ne pas quitter le territoire de la réflexion commune. Il y a une jauge, qui est celle des Subsistances et nous ne souhaitons pas aller au-delà. N’y voyez aucun jugement de valeur, mais nous ne sommes ni un festival, ni un salon du livre. Le public a d’ailleurs compris notre logique et réserve ses places d’avantage en fonction d’un thème qu’en raison de la présence d’une star. Cette année, le programme s’est enrichi, notamment en direction du jeune public ou avec des rendez-vous comme les Fous du soir, pourquoi ?Lors des premières éditions, nous avons constaté qu’à la fin des Assises, il restait toujours sur le site une centaine de personnes qui prenaient plaisir à échanger, à débattre. Les Fous du soir permettent de se réunir tard le soir dans un lieu magnifique (le restaurant des Subsistances) pour un moment convivial et pointu. Quant au jeune public, il s’agit pour nous d’éveiller chez les jeunes les lecteurs qu’ils sont et ce, quel que soit leur âge. L

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Livres ouverts

CONNAITRE | Événement / La troisième édition des Assises Internationales du Roman auscultera de nouveau les enjeux de l’écriture romanesque contemporaine tout en proposant des détours par les sciences humaines ou la musique. Yann Nicol

Aurélien Martinez | Jeudi 21 mai 2009

Livres ouverts

Pour sa troisième édition, la Villa Gillet et Le Monde, coorganisateurs de l’événement, ont choisi d’apporter quelques retouches tout en conservant ce qui constitue le cœur des Assises Internationales du Roman, à savoir les nombreuses tables rondes thématiques en présence de romanciers français et internationaux. Des écrivains très reconnus, comme l’Israélien Aharon Appelfeld, l’Egyptien Gamal Ghitany ou le Britannique Hanif Kureishi côtoieront des plumes émergentes, telles l’Allemande Juli Zeh ou le Colombien Antonio Ungar, pour des discussions abordant des thèmes très divers. Parmi les tables rondes les plus alléchantes, on retiendra notamment les rencontres entre Hanif Kureishi, Siri Hustvedt et Michel Schneider autour des livres dont le «psychanalyste est le héros», mais aussi celle qui réunira les très expérimentaux Véronique Ovaldé, Toby Litt, Sergi Pamies et Arnon Grunberg (son premier livre traduit en français, Le Messie Juif, était un véritable bijou d’impertinence et de drôlerie) autour des «déformations de la réalité». Mais il y aura aussi de quoi faire du côté de l’«enquête littéraire» (avec notamment le roman de Philippe Vasset consacré aux marchands d’armes), des «por

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Auteurs ! Auteurs !

CONNAITRE | Printemps des poètes, Fête du Livre de Bron, Quais du Polar, Assises Internationales du Roman… Petit inventaire des manifestations littéraires à ne pas manquer lors du premier semestre 2009. YN

Aurélien Martinez | Vendredi 19 décembre 2008

Auteurs ! Auteurs !

On ne saurait trop conseiller aux amateurs de littérature de mettre une croix dans leur agenda sur l’ensemble du mois de mars tant celui-ci s’annonce dense en rendez-vous passionnants. Du 2 au 15 mars, ce sera la 11e édition du Printemps des poètes, dont le thème sera «En rire(s)». Une quinzaine de jours où la poésie envahira la ville, avec une attention particulière autour de l’œuvre de Jean Tardieu. Parmi les nouveautés de l’année, notons la mise en place d’un concours du poème chanté avec un jury présidé par Matthieu Chédid, tandis que l’on retrouvera comme toujours une multitude de poètes (dont Hédi Kaddour, Thierry Renard, Annie Salager) pour des interventions de tous types (lectures, performances, théâtre…). Il y aura, ensuite, la 23e édition de la Fête du Livre de Bron, qui reprend ses habitudes abandonnées l’an dernier avec une manifestation qui se tiendra du 6 au 8 mars, comme toujours à l’Hippodrome de Parilly. «En Quête d’Ailleurs» est le fil rouge d’un week-end dans lequel on retrouvera des écrivains français et étrangers dans des tables rondes, des débats, des lectures autour des questions du déplacement, de l’exil, de l’appartenance et de cet ailleurs impossibl

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Romans sur parole

CONNAITRE | Lectures / Comme l'année précédente, les Assises seront aussi l'occasion d'assister à des lectures publiques en présence des auteurs eux-mêmes ou de comédiens (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 28 mai 2008

Romans sur parole

Lectures / Comme l'année précédente, les Assises seront aussi l'occasion d'assister à des lectures publiques en présence des auteurs eux-mêmes ou de comédiens reconnus. Outre Elsa Zylberstein, Louis Garrel, Emma De Caunes et Irène Jacob, deux autres acteurs prêteront leurs voix à des textes dont les auteurs furent autant remarqués par leur talent que par leur engagement : Émile Zola et Susan Sontag. C'est l'énigmatique et flamboyant Guillaume Depardieu qui nous permettra, le samedi 31 mai à 23 heures, de (re)découvrir le fameux J'accuse de Zola, paru à la une de L'Aurore le 13 janvier 1898 en réaction à l'acquittement d'Estherazy et au refus de réviser le procès du capitaine Alfred Dreyfus, condamné à tort pour espionnage et trahison. Si tout le monde connaît le titre du réquisitoire de Zola, le texte reste assez peu lu. On est certain que Depardieu fils parviendra à rendre à la lettre son importance idéologique et politique, ainsi que sa formidable force stylistique... Quant à Susan Sontag, qui fut elle aussi une auteure militante tout au long de sa vie, on la retrouvera grâce à la lecture, par l'immense Michel Piccoli, des extraits de son roman En Amérique, qui ava

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La République des lettres

CONNAITRE | Pour sa deuxième édition, les Assises Internationales du Roman se dérouleront du 26 mai au 1er juin avec près de 90 écrivains et critiques venus des quatre coins de la planète pour décortiquer les enjeux de l'art romanesque. Un rendez-vous littéraire sans équivalent ! Yann Nicol

Dorotée Aznar | Mercredi 28 mai 2008

La République des lettres

La Villa Gillet et Le Monde s'unissent à nouveau pour proposer au public lyonnais un événement de très grande ampleur autour de la littérature et de son genre le plus répandu et le plus lu : le roman. Intitulée «Le roman, quelle invention !», la présente édition aura à nouveau pour but de comprendre les multiples enjeux d'un genre dont on a maintes fois annoncé la mort, et qui ne cesse de prospérer et de se renouveler. Le rôle du roman varie-t-il en fonction des origines géographiques ? Quelles sont les évolutions narratives permettant de rendre compte du réel et de la complexité du monde ? En quoi les œuvres littéraires ont-elles une influence sur les faits politiques et sociétaux ? Y a-t-il encore des choses à inventer sur des thèmes éternels et largement exploités ? Quel rapport existe-t-il entre réalité et fiction ? Quels sont les secrets et les énigmes inhérents à la construction d'une œuvre ? Autant de questions qui seront abordées sous la superbe verrière des Subsistances, avec une quinzaine de tables rondes proposant des angles de réflexion divers et variés. Pour chacune d'entre elles, on retrouvera quatre écrivains de nationalités et d'univers romanesques parfois très éloi

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«Une géographie sensible et intellectuelle»

CONNAITRE | Guy Walter, directeur de la Villa Gillet, évoque cette nouvelle édition des Assises du Roman. Propos recueillis par YN

Dorotée Aznar | Mercredi 28 mai 2008

«Une géographie sensible et intellectuelle»

Petit Bulletin : Qu'attendez-vous de ces tables rondes thématiques ?Guy Walter : J'attends qu'elles constituent un jalon pour la réflexion critique sur le roman. Si la table ronde est bien construite, si les écrivains produisent des textes de qualité, elle fait le point sur une question qui va nous permettre de comprendre le roman d'aujourd'hui. Pour tous les sujets des tables rondes, la littérature est saisie comme un mode de représentation et d'interprétation. Les Assises revendiquent un humanisme contemporain et cosmopolite. Pour trouver une formule lapidaire, je dirais que ces tables rondes tentent de construire une géographie sensible et intellectuelle. Dans plusieurs rendez-vous, la production contemporaine est aussi mise en rapport avec l'histoire littéraire...Avec la Villa Gillet, on s'attache au monde contemporain, on essaie de capter le temps présent. Mais je pense qu'il n'y a de compréhension du temps présent que s'il est contextualisé. Il est donc très important de le référer au passé, à l'histoire littéraire, à l'histoire des idées. On ne peut pas comprendre le présent sans en passer par ses généalogies. On ne peut pas

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De l'amour et autres sujets

CONNAITRE | Rencontres / Pour leur deuxième édition, les Assises Internationales du Roman se dérouleront sur une semaine, en grande partie sous la verrière des (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 21 mai 2008

De l'amour et autres sujets

Rencontres / Pour leur deuxième édition, les Assises Internationales du Roman se dérouleront sur une semaine, en grande partie sous la verrière des Subsistances avec encore une fois un plateau d'invités de grande qualité. En attendant notre prochain numéro et un panorama complet de la manifestation, on vous signale d'ores et déjà la table ronde qui ouvrira le festival le lundi 26 mai à 20h30 autour d'un thème éternel : l'amour. Une table ronde qui réunira quatre écrivains qui ont, à un moment donné, abordé la question du sentiment amoureux dans leur œuvre : Le Français Nicolas Fargues, auteur notamment du très autobiographique J'étais derrière toi ; la Russe Ludmila Oulitskaïa, qui avait donné en 2002 un recueil de nouvelles sur l'éveil adolescent de la sensualité et du désir (Un si bel amour et autres nouvelles) ; la jeune Canadienne Alissa York, dont le premier roman, Amours défendues, a connu un très vif succès ; l'Américaine Annie Proulx, que le grand public avait découverte grâce à l'adaptation cinématographique (par Ang Lee) de sa nouvelle, Brobeback Mountain, dans laquelle elle livrait, à travers la relation homosexuelle entre deux cow-boys, un vibrant réquisitoir

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