Voltaire, un jeune homme pressé

Bande Dessinée | Après Pablo Picasso et Isadora Duncan, le dessinateur Clément Oubrerie s'attelle à la vie de Voltaire dans une nouvelle série au trait raffiné qu'il vient dédicacer deux jours durant à Lyon.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Photo : © DR


De Clément Oubrerie, l'on avait apprécié la série Aya de Yopougon, six tomes parus depuis 2005 en compagnie de la scénariste Marguerite Abouet (chez Gallimard) : un vrai succès que ce tendre récit. Le dessinateur, né en 1968 et prolifique, s'est ensuite attelé en compagnie de Julie Birmant à une biographie en quatre tomes de Pablo Picasso, centrée sur sa jeunesse à Montmartre : Pablo, puis à la vie d'Isadora Duncan en deux tomes, en 2015 (tout ceci étant hébergé chez l'éditeur Dargaud).

Le format biographie semble particulièrement inspirer Oubrerie, de retour en cet automne avec le premier volume d'une nouvelle série consacrée cette fois à la vie de Voltaire : Voltaire Amoureux. Comme son titre l'indique, l'on suit le dramaturge au fil de ses passions amoureuses, d'actrice intéressée en maréchale innaccessible. Ce tome 1 le montre impétueux, sûr de son fait comme de ses bons mots qui ne cessent pourtant de lui causer du tort, tabassage ou embastillage se succédant, nourrissant ou ralentissant sa verve créatrice qui ne l'a pas encore menée à son Candide ou à Zadig.

L'ironie mordante en guise de fil aussi rouge que la couverture de cette bande dessinée, le romantisme échévelé le menant d'un lit à l'autre entre deux chagrins et un succès, celui d'Œdipe en 1718, l'égocentrisme étouffant le portant d'un noble château vers le suivant (il aime les richesses et les salons huppés) : Voltaire est ici croqué dans toute sa fougue impertinente - sa détestation des dogmes religieux s'avérant jouissive comme son permanent combat contre l'intolérance, qui en feront un maître étalon de la philosophie des Lumières. Le dessin d'Oubrerie évitant les lourdeurs et peignant à merveille le Paris du 18e, l'album étant nourri à de nombreuses sources historiques comme à la correspondance de son sujet, l'on conseillera la plongée dans cette nouvelle série. Quatre tomes sont prévus, désormais aux éditions Les Arènes : à mettre entre toutes les mains.

Clément Oubrerie, Voltaire amoureux T.1 (Les Arènes)
À la librairie Expérience le samedi 11 novembre de 14h30 à 19h
À La Petite Bulle le dimanche 12 novembre de 14h à 19h


Clément Oubrerie

Pour sa BD "Voltaire amoureux"
La Petite bulle 4 rue Saint-Jean Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

La volte-face de Voltaire

Ferney-Voltaire - Ain | Peu enclin aux courbettes, Voltaire devenu indésirable à la Cour comme à Genève et brouillé avec le roi de Prusse s’est installé dans l’Ain, aux confins de la Suisse, pour y passer les vingt dernières années de sa vie.

Nadja Pobel | Mardi 5 avril 2016

La volte-face de Voltaire

Depuis 1999, ce lieu est propriété de l’État et administré par le Centre des monuments nationaux de France, étant même classé Monuments historiques. Il fallait bien tous ces macarons décernés par le ministère de la Culture pour dire à quel point ce château est un passage incontournable de l’histoire littéraire de ce pays. Et même sociale. Fervent défenseur des nobles causes (les affaires Calas, Sirven), Voltaire s’est battu contre l’affranchissement des serfs jurassiens et l’octroi de franchises sur cette terre du pays de Gex où il vit dès 1758, à 64 ans. C’est dans ce château, dont les premières traces remontent à 1312, qu’il réunit ce que la société des Lumières compte de personnages hauts placés (hommes d’affaires, écrivains, artistes). En permanence, une cinquantaine d’invités peuvent être hébergés par l'écrivain, notamment dans les pièces des deux ailes ajoutées à chaque côté du bâtiment après cinq ans de travaux. Ferney ou la destinée Si c’est en ce lieu que Voltaire a notamment rédigé son immense correspondance, son Dictionnaire philosophique et quelques contes (Candide, L’Ingénu), il se prête aussi volontiers à des activi

Continuer à lire

A Ferney, sur les traces de Voltaire

ACTUS | Située à la frontière de la Suisse et la France, la ville de Ferney accueillit Voltaire durant les vingt dernières années de sa vie. Le philosophe des Lumières devint le bienfaiteur de la commune et y construisit un luxueux château, que l'on peut aujourd'hui visiter. Valentine Martin

Valentine Martin | Mardi 7 avril 2015

A Ferney, sur les traces de Voltaire

On pourrait s'y tromper : la grande bâtisse blanche ressemble plus à une maison bourgeoise qu'à un véritable château. Mais il n'en est rien. En 1754, frappé par l'interdiction d'approcher la capitale française, Voltaire choisit de s'installer près de Genève, précisément à la frontière de la Suisse et de la France, une idée plutôt pratique pour échapper à l'administration royale. C'est en 1758 qu'il investit Ferney, en faisant raser un ancien bâtiment pour y établir sa demeure. Les travaux durent jusqu'en 1766. Le château, modeste, austère à première vue, bénéficie à l'intérieur de tout le confort moderne de l'époque (comme un poêle et une salle de bain). Implanté dans un parc à l'anglaise de huit hectares où la nature reprend ses droits, le logis de Voltaire possède aussi un jardin à la française, assez classique, et une terrasse. Le philosophe fait aussi construire un théâtre de 300 places, juste à côté du château, où il enchante ses hôtes en reprenant ses rôles préférés. C'est une période faste où le maître des lieux reçoit toute la bourgeoisie de l'époque qui fait le tour d'Europe. Ferney est en effet situé idéalement entre l'Europe du nord et l'

Continuer à lire

Apocalypse No(w) ?

CONNAITRE | Entre supposées prédictions mayas, sortie de "4h44, dernier jour sur terre", le nouveau film d'Abel Ferrara, et soirées labellisées «fin du monde», tout semble converger vers un 21 décembre apocalyptique – même si on ne fera que s'y bourrer la gueule. Peu étonnant quand on songe que ladite fin du monde est vieille comme... le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 décembre 2012

Apocalypse No(w) ?

«Dans le roman qu'est l'histoire du monde, rien ne m'a plus impressionné que le spectacle de cette ville jadis grande et belle, désormais renversée, désolée, perdue […], envahie par les arbres sur des kilomètres à la ronde, sans même un nom pour la distinguer». Ce pourrait être la voix-off du survivant d'un film post-apocalyptique déambulant dans Londres, New-York, Paris, Lyon... Ce ne sont "que" les mots de John Lloyd Stephens, découvrant au XIXe siècle la splendeur passée d'une ancienne ville maya mangée par la jungle du Yucatan. Ces mêmes Mayas dont le calendrier aurait prévu la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Peu importe que la NASA elle-même ait démentie ces rumeurs dont les illuminés, les conspirationnistes et les survivalistes font leur miel.   Qu'on la nomme Apocalypse («révélation» dans la Bible) ou Armageddon (d'Harmaguédon, le "Waterloo" hébreu du Livre de l'Apocalypse), la fin du monde est depuis toujours le sujet de conversation p

Continuer à lire