Un Bermuda X et Q à la fois

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Photo : © Keramidas


Malgré un contexte tendu (et l'étonnante absence d'aides régionales à la publication ou à la diffusion) le tome 10 de Bermuda — le fameux recueil d'histoires plus ou moins courtes édité depuis 2007 par la vaillante librairie Expérience — continue plus que jamais de soutenir la création locale en offrant aux jeunes talents du scénario, de l'illustration et de la couleur un splendide écrin valant certificat de haute aptitude artistique.

C'est grâce à la générosité de 181 contributeurs réunis sur le site participatif KissKissBankBank que le millésime 2018 voit le jour. Et de même que les joues vont par deux, ce florilège se présente sous la forme d'une belle paire d'albums. Le premier, d'une facture habituelle, revêtu d'une robe signée par le tandem Jérôme Jouvray/Anne-Claire Jouvray compte 246 pages ; le second serait plutôt… dévêtu par Keramidas puisqu'il recèle en son sein 184 pages d'historiettes bien lestes, légitimant le “X“ frappant (oh oui) sa couverture. Pour vingt euros chacun, c'est une sarabande d'une cinquantaine d'auteurs que vous pouvez vous mettre dans la poche. Des auteurs qui seront, comme toujours, réunis pour célébrer le lancement festif des ouvrages et donc les dédicacer pendant deux jours d'une manière quasi-ininterrompue à bord de la péniche Fargo. Cerise sur le hublot, le quai Gailleton a cette année été privatisé et customisé pour accueillir encore plus de visiteurs. Surtout les soirs, où les corps risquent d'être moites, habités par les sons des DJ…

Lancement Bermuda 10 & X
À la Péniche Fargo ​le vendredi 8 juin de 14h à 19h et le samedi 9 de 10h à 19h

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Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Ninkasi | Histoire d'attaquer la saison automnale à la gorge et peut-être de forcer le destin des concerts post-Covid, le Ninkasi a remis sur la table son festival de rentrée, avec les moyens du bord mais pas mal de talent, dans l'organisation et sur scène. 34 artistes, 20 lieux, 97% de locaux, 100% de fun. Et surtout des concerts, nom de dieu !

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 juillet 2020

Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Alors, certes on ne sait pas si la saison automnale aura lieu mais son lancement lui, oui — enfin si tout va bien — grâce au Festival Ninkasi, qui se veut depuis sa création l'an dernier le starter de la saison. Peut-être faut-il y voir pour le brasseur de bière et de culture, une manière de forcer le destin. De rester positif et de conserver quelques perspectives comme le clame le patron Christophe Fargier. Bien sûr, le Ninkasi a dû s'adapter à la situation et c'est une programmation en circuit beaucoup plus court (pas d'internationaux, parce que Covid, frontières et tout le bazar) qui s'annonce — et même plus que cela puisqu'on compte 97% de locaux, chiffre officiel confié par Fabien Hyvernaud, directeur général de Ninkasi Musiques qui s'exprime ci-dessous —, constitué notamment de quelques reports de concerts du printemps mais pas que. Pour tout voir du 5 au 13 septembre, il faud

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Le Projet Bermuda a eu chaud

Lyon BD Festival | Depuis 2007, les beaux jours annoncent la sortie de Bermuda, l’indispensable recueil “d’histoires en BD plus ou moins longues” d’auteurs rhônalpins (et (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Le Projet Bermuda a eu chaud

Depuis 2007, les beaux jours annoncent la sortie de Bermuda, l’indispensable recueil “d’histoires en BD plus ou moins longues” d’auteurs rhônalpins (et d’Auvergne aussi désormais). Voulue et éditée par la précieuse librairie Expérience, cette photographie annuelle de la jeune création locale, est de surcroît relayée auprès des éditeurs qui tous reçoivent gracieusement l’un des 700 exemplaires. Bénéficiant jusqu’à présent d’une modeste subvention de la Région les aidant à couvrir une partie de leurs frais d’édition, les libraires s’en sont trouvé privés cette année. Grâce au soutien de fidèles réunis via la plateforme collaborative KissKissBankBank, ils ont récolté de quoi éviter d’en être trop de leur poche : 2665 € sur les 2000 € initialement espérés à l'heure où nous bouclons — loin du budget total de 12 000 € ! Cet apostolat onéreux mériterait d’être distingué l’an prochain par le Prix Ly

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Le paradis des astronomes en culotte courte

Planétarium de Vaulx-en-Velin | Dans la cour de récré dès la rentrée, vos enfants feront de vous des stars, si vous les emmenez du côté de Vaulx-en-Velin, au Planétarium : quel autre parent pourrait rivaliser ? Les vôtres auront marché sur la Lune et construit une fusée...

Antoine Allègre | Mardi 18 octobre 2016

Le paradis des astronomes en culotte courte

« Papa, d'où elles viennent les étoiles ? » Dans la vie d'un parent, cette question finit par tomber de façon sentencieuse. Et cette interrogation met en lumière vos notions en cosmogonie du commun des mortels, qui sont malheureusement limitées au ras de la croûte terrestre. Dieu merci, il existe dans la métropole lyonnaise des équipements de haute volée qui ne feront plus passer les géniteurs/trices pour des astrophysiciens du dimanche. En premier lieu : le Planétarium de Vaulx-en-Velin. Inauguré en 1995, le site a eu droit en 2013 à un sérieux lifting. Dans sa salle de projection disposant d'un dôme écran à 360° et de 15 mètres de diamètre, on perce — en famille — les insondables secrets des phénomènes célestes. Dans l'exposition permanente baptisée Du Big Bang au grain de sable, on en apprend plus sur la conquête spatiale ou encore sur la formation de notre univers grâce à des outils interactifs et immersifs. En parallèle à ce parcours bien balancé, le Planétarium propose à ses juvéniles visiteurs des laboratoires et des ateliers. Les enfants à partir de 3 ans pourront participer à des séances d

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Lyon BD Festival : le plein de super

Bande Dessinée | Pendant que l’immense machine angoumoisine se prend bide sur bide, au grand dam des auteurs et du public, Lyon BD Festival continue de se muscler. Une décennie seulement après sa création, l’incontournable rendez-vous lyonnais est devenu plus fécond que jamais.

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Lyon BD Festival : le plein de super

Les plus de 200 illustrateurs, scénaristes et coloristes attendus cette année au Lyon BD Festival savent bien qu’ils n’auront pas à apposer leur signature jusqu’à épuisement sur des albums, ni à pester contre les remises de prix. Choyés par une équipe noyautée depuis l’origine par des consœurs et confrères lyonnais (ça aide), nombre d’entre eux sont des habitués. Certains ont même été sollicités pour co-construire l’événement en participant aux projets ou créations présentés durant le week-end. Ainsi, Obion montrera le fruit de sa résidence au musée Gallo-romain (qu’il publie en album), des auteurs français et espagnols se rencontreront et se raconteront dans l’exposition Influences croisées, quand Jimmy Beaulieu, Rubén Pellejero ou Jean-Yves Mitton croqueront des œuvres au Musée des Beaux-Arts… Entre deux spectacles (Lincoln sur scène) ou BD-concerts (Boulet et Inglenook), Lyon BD initie à nouveau une grande exposition avec la complicité du scénariste JC Deveney. Après la question de la parité en BD (Héroïnes), le festival célèbre les super-héros à travers les éditions Lug, décisives dans l’essor des comics Marvel en France. Le panorama proposé retra

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Michel Cloup, debout

Rock | C'était en mode plus qu'intime que Michel Cloup avait en solo (en forme de duo, mais marqué pour la première fois de son vrai nom) fini par « recycler (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 avril 2016

Michel Cloup, debout

C'était en mode plus qu'intime que Michel Cloup avait en solo (en forme de duo, mais marqué pour la première fois de son vrai nom) fini par « recycler cette colère » qui a toujours été la sienne, lui le bâtisseur d'hymnes à la moue. Le deuil marquait ainsi puissamment, indélébile, l'immense Notre silence, avant que la meurtrissure du couple blessé ne vienne remuer Minuit dans tes bras. Et voilà que pour son déjà troisième album solo (même remarque que précédemment, même si le batteur Patrice Cartier laisse place à Julien Rufié), Ici et là-bas, investit le terrain d'une révolte on ne peut plus en phase avec la période. À l'heure où le peuple, ou ce qu'il en reste, se lève la nuit à la recherche d'une solution, Cloup acte la disparition de la classe ouvrière (La classe ouvrière s'est enfuie) et la difficulté à dire nous (Nous qui n'arrivons plus à dire nous). Les deux titres étaient annonciateurs de ce disque où Cloup retrouve quelque chose de sa jeunesse énervée et éternelle, qui plus est mûrie et nourrie d'un travail sur ses origines (là encore des chansons qui s'ancrent toutes seules dans la chair de l'actualité).

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Sir Jean, Black Lyon

Portrait | Vous l’avez certainement vu sur une scène ou une autre, ces vingt-cinq dernières années : des Crazy Skankers au Peuple de l’Herbe, en passant par Meï Teï Shô, Sir Jean a été le frontman de quelques-uns des groupes les plus importants de la ville. Le Sénégalais revient cette semaine avec le NMB Afrobeat Experience.

Sébastien Broquet | Mardi 19 avril 2016

Sir Jean, Black Lyon

C’est par accident que tout est arrivé, dit-il en contant l’anecdote l’ayant amené à se saisir d’un micro la première fois. L’on parle de sa carrière de chanteur protéiformes ; même si carrière est un mot bien inapproprié pour cet homme voguant au gré des rencontres, attiré par ses semblables et toujours tourné vers l’Autre. Si pour certains cela pourrait se traduire par une forme de dilettantisme, lui n’en a cure : il a croisé sur sa route nombre de ses héros, dont l’un, le batteur de Steel Pulse, Steve "Grizzly" Nisbett, lui fit changer son regard au moment opportun. C’était avant un concert des Crazy Skankers, ce groupe de ska précurseur en France. Jean Gomis insista pour aller voir ce grizzly qui l’impressionnait tant, à défaut d’assister à son concert prévu en même temps que celui des Skankers. Il lui demanda un conseil, un seul. Steve Nisbett lui griffonna sur un bout de papier : « Love what you do. » Le papier mit longtemps à quitter la poche du chanteur, le conseil l’habite encore aujourd’hui. Car Jean Gomis, alors, n’en voulait pas de cette carrière de chanteur qui se profilait, même s’il adorait sa bande de potes bien Crazy. Lui, arrivé en F

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La librairie Expérience renfile son "Bermuda"

CONNAITRE | Des contributions du couple Jouvray (voir page précédente) et de Fred Salsedo – encore un talentueux pensionnaire d’Émile Cohl, connu principalement pour (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

La librairie Expérience renfile son

Des contributions du couple Jouvray (voir page précédente) et de Fred Salsedo – encore un talentueux pensionnaire d’Émile Cohl, connu principalement pour son travail sur la délirante série de piraterie Ratafia – une couverture de B-Gnet (voir page précédente aussi), une quatrième de couverture co-signée par les néo-Lyonnais Guillaume Long (voir où vous savez) et Anouk Ricard – dont le dessin, sorte d'art brut anthropomorphique, véhicule aussi bien leçons de vie que blagues cochonnes, selon qu'elle porte sa casquette d'illustratrice jeunesse ou celle de bédéiste underground : pour le septième volume de son recueil d'histoires courtes Bermuda, la librairie Expérience ne s'est pas refusée grand chose. Et surtout pas la traditionnelle dédicace géante qui accompagne chaque année la parution de ce projet pensé comme un instantané de la jeune création graphique locale – on l'avoue sans honte, la moitié à peine de la trentaine de noms au générique de cette septième cuvée nous est familière. Elle se déroulera cette année sur le seuil même de la boutique vendredi 12 juin de 14h à 20h et le lendemain de 10h à 22h – merci le ravitailleme

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Near Death Experience

ECRANS | L’errance suicidaire d’un téléopérateur dépressif en maillot de cycliste, où la rencontre entre Houellebecq et le tandem Kervern / Delépine débouche sur un film radical, peu aimable, qui déterre l’os commun de leurs œuvres respectives : le désespoir face au monde moderne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Near Death Experience

Un jour comme les autres, Paul, téléopérateur chez Orange, décide de mettre fin à ses jours. Il laisse sa famille sur le carreau, enfile son maillot de cycliste Bic et part se perdre dans la montagne. Near Death Experience enregistre son errance suicidaire comme un retour à l’état primitif, tandis qu’en voix-off ses pensées sur le monde et sur sa triste existence bientôt achevée se déversent. Après la déception provoquée par Le Grand Soir, dans lequel leur cinéma de la vignette sarcastique virait au système, Gustave Kervern et Benoît Delépine effectuent une table rase radicale. Il n’y a à l’écran qu’une âme qui vive, celle de Michel Houellebecq, dont le tempérament d’acteur a été formidablement défloré par l’excellent L’Enlèvement de Michel Houellebecq ; les autres personnages sont des silhouettes dont on ne voit la plupart du temps même pas le visage, sinon ce marcheur avec lequel Paul entame une partie de Je te tiens, tu me tiens par la barbichette… Cette nudité est renforcée par une image sale et bruitée, fruit d’un tournage en équipe rédui

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Port du short obligatoire

CONNAITRE | Y a pas à tortiller, ils sont forts chez Expérience : alors que l’époque est, dans le secteur de la bande dessinée comme ailleurs, à la généralisation du paiement (...)

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Port du short obligatoire

Y a pas à tortiller, ils sont forts chez Expérience : alors que l’époque est, dans le secteur de la bande dessinée comme ailleurs, à la généralisation du paiement à coups de lance-pierre, c’est en bermudas qu’ils rémunèrent les auteurs qui ont l’heur de produire des planches pour leur compte. Evidemment, il n’est pas ici question de ce short descendant sur les genoux qui, des militaires britanniques l’ayant inventé – en raccourcissant le pantalon de leur uniforme pour supporter la chaleur des Bermudes – aux touristes germaniques auxquels on l’associe, vous rend indésirable en moins ne temps qu’il n’en faut dire swag. Il est question du Projet Bermuda, objet éditorial lancé en 2007 et dont chaque déclinaison s’attache, au terme d’un appel à projets, à mettre en lumière la vitalité de la création séquentielle lyonnaise – et dont chaque contributeur, donc, reçoit des exemplaires. Le quatrième volume, le deuxième depuis le passage à un rythme de parution annuel, vient de sortir. Comme les précédents, il est volumineux (276 pages) et se partage harmonieusement entre heureuses retrouvailles (Jonathan Silvestre et ses gros pix

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Rompre le silence

MUSIQUES | Tout au long de l'album, l'ambiguïté demeure. Deuil ? Séparation ? Les deux ? Un «je», des «tu», comme un dialogue intérieur avec la (les) personne(s) (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 3 février 2012

Rompre le silence

Tout au long de l'album, l'ambiguïté demeure. Deuil ? Séparation ? Les deux ? Un «je», des «tu», comme un dialogue intérieur avec la (les) personne(s) perdue(s) auquel serait invité l'auditeur. Est-ce qui rend cet album si bouleversant ? Sans doute. Au fond, peu importe de savoir car c'est une histoire «universelle, banale, mon histoire, notre histoire», comme il le murmure en préambule de l'album, avant que ne commencent les choses sérieuses. Ce sont les premières notes de Cette colère, manière de comptage d'abatis après un ouragan intime. C'est l'un des plus beaux morceaux écrits par Michel Cloup depuis longtemps. Sur un fond de guitares post-rock ascensionnelles Cloup scande : «Recycler cette colère / Car aujourd'hui plus qu'hier / Cette colère reste mon meilleur carburant». C'est le Cloup de Diabologum et d'Expérience, écorché vif et révolté, celui qui imaginait «de

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Une vie de Cloup :

MUSIQUES | Lucie Vacarme (1988-1992) Nourri de la scène noise américaine et du shoegazing anglais, Michel Cloup et des amis fourbissent leurs premières armes avec (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

Une vie de Cloup :

Lucie Vacarme (1988-1992) Nourri de la scène noise américaine et du shoegazing anglais, Michel Cloup et des amis fourbissent leurs premières armes avec tous les défauts et la fougue de la jeunesse. Et une première signature sur le label Lithium.   Diabologum (1990-1998) Le groupe culte (voir interview et encadré), fondé avec Arnaud Michniak (futur Programme), symbole d'un âge d'or du rock français, aux frontières de l'expérimentation. Trop vite séparé et trop brièvement reformé l'an dernier.   Peter Parker Experience (1993) Entre les deux premiers albums de Diabologum, Cloup mélange en solo avant-garde lo-fi et pop, donnant quelques clés pour la suite.   Experience (1998-2010) Après Diabologum, Michel Cloup panse les plaies de la s

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C(l)oup de blues

MUSIQUES | À la suite d'un «drame domestique» qui l'a profondément changé, l'ex-Diabologum et Expérience Michel Cloup a recyclé en solo sa colère sur "Notre Silence". Un album bouleversant, synonyme de nouveau départ, à découvrir sur la scène du Clacson. Propos recueillis Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

C(l)oup de blues

Sur le titre Cette colère, il apparaît que la colère que vous pensiez avoir apprivoisée avec l'âge est réapparue suite à un drame personnel pour, dites-vous, devenir votre «meilleur carburant». Est-ce la colère qui a engendré ce disque ?Michel Cloup : Non, ce sentiment est très présent dans le disque, mais n'en est pas l'élément central. J'ai effectivement souvent exprimé, dans chacun de mes différents projets, une colère, pour tout un tas d'autres raisons que le drame domestique qui m'a touché. Là, je voulais surtout rendre les différents états par lesquels on passe quand on perd quelqu'un. La colère, puis les souvenirs qui reviennent, la tristesse, le manque. C'était un cheminement personnel, aller au cœur de ce processus en étant exhaustif dans le rendu. Mais quand je parle de perte, c'est au sens large ; les gens n'ont pas besoin de mourir pour qu'on les perde. Paradoxalement, on sent aussi dans cet album une sorte d'apaisement, beaucoup de pudeur.Exactement. Même, si je ne me suis jamais autant livré, cet album n'est pas une psychanalyse. Le but n'était pas de raconter mes petits malheu

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Girlfriend experience

ECRANS | De Steven Soderbergh (ÉU, 1h25) avec Sasha Grey, Chris Santos…

Dorotée Aznar | Vendredi 3 juillet 2009

Girlfriend experience

Exception faite du fulgurant Bubble, on doit confesser une certaine perplexité quant à la tournure que prend la carrière de Steven Soderbergh, sur sa propension à s’emparer de récits lourdement convenus et à les pétrir d’expérimentations narratives absconses. Ici, il suit le quotidien d’une call-girl dont la spécialité est de se faire passer pour la petite amie de ses clients, sur fond d’élection présidentielle américaine et de crise économique. Théoriquement, le sujet aurait pu être passionnant, mais dans les faits, Soderbergh aligne les scènes de dialogues interminables filmées à une froide distance, emprisonne le spectateur dans un processus dramatique totalement hermétique, à la prétention mal digérée dans sa volonté de mise en abyme des événements par rapport à l’actualité du moment. Un supplice auteuriste dont le seul avantage est sa courte durée… FC

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