Anthropocène : à l'école de la vie

Penser | La croissance, le réchauffement climatique, le féminisme, la biodiversité, l’urbanisme… À l’École de l’Anthropocène nous invite à repenser ces notions pour construire un avenir meilleur.

Lisa Dumoulin | Mardi 22 janvier 2019

Photo : © Bertrand Stofleth


L'ère de l'Humain : c'est la définition littérale de l'anthropocène. Un terme de chronologie géologique partant du principe que « L'Homme est devenu une force telle qu'il modifie la planète ». Ce sont les mots de Catherine Jeandel, directrice de recherche au Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales au CNRS, membre des experts réunis au Congrès géologique international de 2016 qui a reconnu officiellement le terme “Anthropocène”...

L'École Urbaine de Lyon, dirigée par le géographe Michel Lussault, tente de répondre aux questions posées par ces enjeux avec ce premier rendez-vous intitulé À l'école de l'Anthropocène qui prend place aux Halles du Faubourg. Au travers des nombreux rendez-vous prévus tout au long de la semaine, tout un chacun est invité à découvrir, réfléchir, échanger avec des scientifiques, des penseurs, des artistes, des associations, pour tenter de dessiner ensemble les pistes d'un futur possible. Parmi les invités, notons la présence de l'ancienne ministre Delphine Batho (le vendredi 25) pour une rencontre intitulée "vers une nouvelle Terre ?", de l'écrivain François Bon pour un atelier d'écriture sur les modes de récit urbain (mercredi 30) ou encore du biologiste Bernard Kaufmann pour une rencontre autour de "la biodiversité en ville" (mercredi 30).

La croissance, le réchauffement climatique, le féminisme, le végétarisme, la biodiversité, l'urbanisme, le transport... toutes les facettes de la problématique sont questionnées, sous forme d'ateliers, conférences, débats, séminaires, mais aussi une exposition photo (de Bernard Stofleth et Nicolas Giraud), une installation vidéo du TroubleCollectif, un ciné-club (de Soleil Vert de Richard Fleischer à Wall-E, chef d'œuvre sorti des studios Pixar), une émission de radio, et même un brunch surprenant (le dimanche 27, avec la géographe Géraldine Pellé) ! Et pour finir en beauté, la semaine se clôture avec La Nuit des idées, le 31 janvier, coordonnée par l'Institut Français, sur le thème “Face au présent”.

À l'École de l'Anthropocène
Du 24 au 31 janvier aux Halles du Faubourg
Entrée libre


À l’École de l’Anthropocène

Ateliers, conférences, débats, lectures, séminaires, installations vidéos, projections, activités jeune public, grande librairie...
Les Halles du Faubourg 10 Impasse des Chalets Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La ville anthropocène, exploration

Réflexion | Toute une soirée et même un peu plus pour « entrevoir les possibles », comme l'écrit le géographe Michel Lussault dans la présentation de cette Nuit des Idées (...)

Sébastien Broquet | Mardi 23 janvier 2018

La ville anthropocène, exploration

Toute une soirée et même un peu plus pour « entrevoir les possibles », comme l'écrit le géographe Michel Lussault dans la présentation de cette Nuit des Idées conçue par l'École Urbaine de Lyon, dont il est le directeur : voici le programme, articulé autour de l'idée « d'imaginer la ville anthropocène ». On notera parmi les ateliers et rencontres celle entre le susnommé Michel Lussault et la philosophe Catherine Larrère, qui œuvre sur les questions de justice climatique, d'écologie politique et d'agentivité humaine. La crise migratoire sera au centre des attentions : par une rencontre (réunissant la photographe Anne A-R, François Gemenne, l'architecte Cyrille Hanappe et la juriste Claire Rodier) mais aussi l'intervention de deux plasticiens afghans, Kabir Mokamel et Omaid Sharifi. Un atelier d'écriture queer (animé par Émilie Notéris) et une rencontre "grand témoin" avec la journaliste Marie-Monique Robin, réceptrice du prix Albert-Londres en 1995, auteure du Monde selon Monsanto sont aussi prévus. On guettera aussi le lendemain les

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Je est un migrant : Patrick Chamoiseau dialogue avec Michel Lussault

Littérature | Le géographe Michel Lussault, dont nous vous avons parlé avec enthousiasme dans ces colonnes, s'entretiendra à Bron avec l'écrivain Patrick Chamoiseau qui vient de publier un essai revigorant, "Frères migrants".

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 mai 2017

Je est un migrant : Patrick Chamoiseau dialogue avec Michel Lussault

« L'Europe envisagée comme solitude au monde ! » Rien ne saurait plus indigner l'écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau, penseur avec Édouard Glissant du concept de "Tout monde". Contre la mondialisation capitaliste et financière (la « barbarie » dit-il), Patrick Chamoiseau rappelle, dans Frères migrants, que « la planète n'est pas seulement globalisée par l'appétit capitaliste. Elle est par nature une. Un seul lieu où l'horizon ne s'ouvre que sur lui-même, où la perspective se renouvelle autour d'un cœur unique. Les mondes multiples se percevant autonomes et se croyant étanches n'existent que dans les stases de nos imaginaires. » Cette globalité des multitudes, cette humanité transversale faite de pluralité, Patrick Chamoiseau lui donne une figure, une existence concrète à travers la richesse, la beauté et la matérialité de sa langue. Celle-ci prend en écharpe lyrique (c'est-à-dire : en sonorités, en couleurs, en parfums) les rêves comme les cauchemars du monde contemporain.

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Remettre le monde à l'endroit

Villa Gillet | Michel Lussault vient débattre à la Villa Gillet de son regard de géographe singulier sur le monde contemporain et de son dernier ouvrage explorant en particulier les hyper-lieux.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 31 janvier 2017

Remettre le monde à l'endroit

Depuis le début des années 2000, Michel Lussault met au centre des sciences sociales la géographie, une géographie très humaine en l'occurrence. Après les philosophies de l'histoire du 19e siècle, l'objectivité anti-humaniste et structurale des sciences humaines au 20e siècle (psychanalyse, sociologie, anthropologie...), le géographe défend une approche du contemporain à partir des vécus physiques, de la subjectivité des expériences individuelles ou collectives au sein d'espaces et de lieux particuliers. « Avec l'anthropologue Tim Ingold, l'historien Patrick Boucheron, le philosophe Guillaume Leblanc, le sociologue Richard Sennett, Peter Sloterdijk et bien d'autres, on pense que l'espace n'est pas seulement un décor, un théâtre, mais une dimension explicative de la vie. Il y a là peut-être même un tournant spatial des sciences sociales. » nous confiait Michel Lussault dans un entretien.

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De la suite dans les idées

CONNAITRE | Nuire à la bêtise. Tel est le stimulant projet du festival Mode d'emploi. Sa deuxième édition réunit philosophes et spécialistes des sciences sociales internationaux, afin de débattre, dans le cadre de tables rondes et de spectacles, du monde contemporain dans toute sa complexité. Michel Lussault, géographe et directeur adjoint du festival, nous éclaire sur ses grands axes et revient sur les fondamentaux de sa propre pensée singulière. Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 novembre 2013

De la suite dans les idées

A quelle(s) nécessité(s) répond le «festival des idées» Mode d'emploi ? 
Michel Lussault : Avec Guy Walter, nous avons voulu trouver les moyens de redonner de l'ampleur aux débats en sciences sociales et en philosophie. Il existe une grande tradition française dans ce domaine avec de grands noms - dans les années 1970, tout le monde lisait Barthes, Lacan, Foucault, Bourdieu... Mais depuis une quinzaine d'années, on observe un repli des sciences humaines, alors même que l'activité universitaire n'a jamais été aussi riche ! En tant qu'universitaire, je cherche à ce que les sciences sociales soient présentes dans l'espace public. J'écris pour une part des ouvrages un peu "chiants" et académiques - attention, je précise que le jargon est aussi une nécessité des sciences sociales - et pour une autre part des livres plus écrits et ouverts avec ma trilogie L'Homme spatial, De la lutte des classes à la lutte des places, L'Avènement du Monde. On ne s'intéresserait donc plus aux sciences sociales ?

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Espace en voie de réapparition

ARTS | Que sculpture et peinture soient par définition liées à des problèmes d'espace paraît une évidence. Que l'art contemporain reprenne la question à nouveaux frais est plus excitant et essentiel. Quelques-unes des expositions de la saison 2013-14 entament le sujet... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 13 septembre 2013

Espace en voie de réapparition

C'est en général lorsqu'on perd quelque chose qu'on lui reconnaît sa pleine importance... Ainsi de l'espace qui, avec l'accélération et la vitesse chez Paul Virilio et le simulacre chez Jean Baudrillard, se serait, sous nos yeux contemporains, réduit à la portion congrue du pixel à la surface d'un écran. À l'heure de cette disparition problématique, l'Institut d'Art Contemporain axe toutes ses expositions et événements sur l'espace : Fabricateurs d'espaces, une exposition récente, son Laboratoire Espace Cerveau, la prochaine exposition consacrée à Manfred Pernice du 6 décembre au 16 février, artiste allemand interrogeant l'espace urbain. L'occasion de saisir les enjeux du travail philosophique de Peter Sloterdijk, qui ne pose plus les traditionnelles questions «Qui  ? Comment  ?  Quand  ?» mais se demande «Où ?» se trouve l'individu humain. Et traque dans sa trilogie Sphères les espaces relationnels, les résonances, les lieux, les contacts, les espaces fragiles et poreux. Qui nous sont essentiels.

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