François Beaune à l'ENS

Sébastien Broquet | Mardi 3 décembre 2019

Photo : © DR


On l'avait adoré dès Un homme louche, paru chez Verticales, et son écriture n'a jamais cessé de nous captiver jusqu'à la parution récente de sa bande dessinée Dans ma ZUP (Nouvel Attila), faisant suite au très remarqué Omar et Greg l'an dernier, archétype de sa technique consistant à accumuler les entretiens pour construire un récit faisant sens et contant l'époque, où il écoutait et donnait voix à un ancien chasseur de skins et un adepte du nationalisme qui avaient trouvé moyen de prendre langue et de construire ensemble. François Beaune, dans le cadre des rencontres De vive voix de l'ENS, viendra expliquer cette utilisation de l'entretien comme pâte à modeler littéraire.

François Beaune
À la bibliothèque Diderot le mercredi 4 décembre à 17h


François Beaune


Bibliothèque Diderot de Lyon 5 parvis René Descartes Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

L’art lyonnais du roman

CONNAITRE | Alexis Jenni, Éric Sommier et François Beaune ont placé Lyon au centre de la rentrée littéraire nationale. Au-delà de leur commune origine géographique, les trois auteurs ont fait de leurs romans des laboratoires où la fiction et la réalité, le local et le global s’affrontent et se complètent. Christophe Chabert & Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Vendredi 23 septembre 2011

L’art lyonnais du roman

Même si, depuis quelques années, des écrivains lyonnais se font remarquer à chaque nouvelle rentrée littéraire, on n’imaginait pas qu’en 2011, ils feraient à ce point la Une des suppléments Livres nationaux. Mieux, que l’un d’entre eux (Alexis Jenni) se retrouve sur la liste des candidats au Prix Goncourt (et figure même parmi les favoris). Deux constats s’imposent : d’abord, L’Art français de la guerre, Dix et Un ange noir sont de très bons romans, étonnants, novateurs, très éloignés des canons de la littérature «à la française» ; ensuite, ce sont des romans très français, au sens où ils n’hésitent pas à s’inscrire dans une réalité française très concrète (et même lyonnaise, parfois, voir les réflexions incisives sur Lyon chez Jenni ou l’utilisation du Progrès chez Beaune). Ce jeu entre le local et le national, le particulier et l’universel, l’intime et le politique ou la métaphysique, s’avère par trois fois passionnant.« Guerre » épaixL’Art français de la guerre d’Alexis Jenni commence par le réveil brutal de son narrateur, au moment où la guerre du Golfe débute. Réveil social : il vomit son existence d’homme marié, de père et de cadre parisien, rentre à

Continuer à lire

Faiseur d'ange noir

CONNAITRE | Interview / Un dimanche soir de mai dernier, quelques mois avant la sortie d'Un Ange Noir, François Beaune nous racontait la genèse de son deuxième roman et de son héros, Alexandre Petit. Où il est question d'Ellroy, de Kubrick, de Robbe-Grillet et des Leningrad Cowboys. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 septembre 2011

Faiseur d'ange noir

Du point de vue de son créateur, qui est Alexandre Petit ? François Beaune : En apparence, c'est un gars assez timide de 37 ans, un vieux garçon qui vit avec sa mère, dont le père est mort et qui a des problèmes de sociabilité. Et puis on découvre au fur et à mesure que c'est un vrai sale type et peut-être pire encore. Autant j'avais beaucoup de sympathie pour Jean-Daniel Dugommier, le héros d'Un Homme Louche, un matérialiste un peu fou qui passait son temps à regarder de l'extérieur le monde qui l'entoure, à l'analyser, à l'expérimenter, autant Alexandre Petit, je le déteste. C'est quelqu'un qui est dans la rumination, l'intériorisation permanente, centré sur lui-même et la façon dont le monde devrait être. C'est un idéaliste dans le mauvais sens du terme. Un mystique. Contrairement à Un Homme Louche, Un Ange Noir est vraiment le portrait d'un mauvais. Comment est venu l'idée de ce personnage détestable et de ce roman ?Ça fait très longtemps que je travaille dessus. En fait, c'est mon vrai premier roman. Je l'ai terminé cet hiver à l'Hôtel Voland à Manosque, mais j'avais une vingtaine d'années quand je l'ai commencé, après avoir écrit une partie d'Un Homme

Continuer à lire