A l'École de l'Anthropocène

Article Partenaire | Deuxième édition de cet événement pluridisciplinaire pour réfléchir et débattre avec des scientifiques, des penseurs et des artistes sur le monde de demain : c’est l’objectif de l’École de l’Anthropocène. Passionnant et essentiel.

Mardi 14 janvier 2020

Photo : Johann Rivat, Flamingo


Vous avez dit “anthropocène” ?

Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi on explique : l'anthropocène c'est notre époque, celle marquée par les conséquences des activités humaines sur la biosphère. Les relations entre l’humain et la nature sont profondément transformées, l’impact de l’urbanisation est planétaire et les conséquences sont infinies.

L’école urbaine de Lyon invite donc chercheurs, enseignants, étudiants artistes, écrivains, designers, réalisateurs, politiques, agriculteurs, ingénieurs, urbanistes... à échanger avec le public mais aussi construire des propostions pour dessiner ensemble les pistes d’un futur possible.

A l’Ecole de l’Anthropocène se tient du lundi 27 janvier au dimanche 2 février, sur trois sites : les Halles du Faubourg, le cinéma Comœdia et le site de Perrache ! Dans l’ancienne agence des TCL, au sein du centre d’échange de Perrache, afin d’aller à la rencontre des nombreux habitants qui traversent cet espace chaque jour.

Une semaine à l’École de l’Anthropocène

Il y en a pour tous les goûts : débats, rencontres, échanges mais aussi expos, films, bal et ateliers jeunesse viendront rythmer la semaine ! Une exposition "Regards sur nos restes" est présentée du 10 janvier au 2 février et l'atelier "Comment exposer l'anthropocène?" se questionnera sur la façon de montrer l'époque.

Pour les kids, on a repéré le ciné-goûter "C'est assez bien d'être fou" au Comœdia le mercredi 29 janvier : un voyage de plusieurs mois jusqu’aux confins de la Sibérie, alternant dessins et vidéo, entre road-movie et conte documentaire. Mais aussi "Les petits reporters de l'anthropocène" pour interviewer les invités et les publics accompagnés par Laure Porthé, journaliste radiophonique.

Plusieurs ateliers de danse sont également organisés avec la compagnie Kubilai Khan Investigations, en amont du grand bal anthropocène participatif prévu aux Halles du Faubourg le samedi 1er février. On note aussi les ateliers "Recettes urbaines" avec l'artiste Lor-K qui a déjà fait des siennes à Lyon au festival de street-art Peinture Fraîche et au Lyon Street Food festival !

Découvrez toute la programmation sur le site de l'Ecole de l'Anthropocène !

A l’Ecole de l’Anthropocène
du lundi 27 janvier au dimanche 2 février 2020
Aux Halles du Faubourg, au cinéma Comœdia
et sur le site de Perrache
Entrée libre (sauf séances au Comœdia
)

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Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Capitale de la Culture 2022 | L'année "Capitale française de la culture" a été lancée à Villeurbanne, en présence de Roselyne Bachelot. Au-delà de quelques marqueurs événementiels, c'est surtout du côté des dispositifs pérennes qu'il faut regarder, à l'instar des minimix, ces petits centres culturels soudés au sein des écoles.

Sébastien Broquet | Mardi 18 janvier 2022

Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Elle est sur orbite, cette année spéciale de Villeurbanne, celle où elle est devenue la toute première Capitale française de la culture — ce nouveau label initié par le ministère de la Culture qui a choisi la cité du solide emblème de la décentralisation, le Théâtre National Populaire, pour en être la première incarnation. Roselyne Bachelot, la ministre attitrée, s'est déplacée en personne pour lancer les festivités le vendredi 7 janvier, à peine perturbées par des intermittents en colère. Mais passés les cotillons dont on nous avait privé une semaine plus tôt, qu'est-ce qu'il nous reste à observer durant cette année ? Nous l'avions déjà expliqué lors d'un précédent article, le mercredi 17 novembre 2021, le maire Cédric Van Styvendael et ses équipes avaient tenté le coup pour cette candidature en intégrant à leur dossier plusieurs éléments déjà conceptualisés et imaginés pour leur programme de campagne électorale, à l'instar d'un festival du numérique (devenu les IrRéels) et surtout des minimix, véritables ambassades culturelles disposées au sein des écoles, qui d'idée à développer au fil du mandat sont devenues élément phare de cette année culturelle

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Le dramaturge Novarina expose à l'URDLA

Peinture | Tandis que Jean Bellorini met en scène son Jeu des ombres au TNP, l'artiste et écrivain Valère Novarina expose peintures et estampes à l’URDLA. L’agitateur des mots s’y poursuit agitateur des formes.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

Le dramaturge Novarina expose à l'URDLA

Se remémorant ses débuts improvisés et autodidactes dans la pratique plastique, Valère Novarina nous raconte qu’il s’était trouvé un jour isolé dans un chalet pour écrire mais, à court de mots, il s’était mis alors à dessiner, dessiner, dessiner… Un flux graphique prenant le relais de ses habituels flux de mots composant ses nombreuses pièces de théâtre. Depuis, la peinture est entrée au sein de ses mises en scène comme un élément, non pas de décor, mais de dialogue et de stimulation pour les acteurs (elles sont là pour les surprendre, voire leur faire peur, les agiter en tout cas). Paroles, peintures, corps en mouvement, c’est tout un même espace d’échanges, d’échos, de rebonds, chez Valère Novarina. Une danse à trois temps avec beaucoup de vide et de syncopes, d’entrechocs et de brisures. L’écrivain-artiste insiste sur ce qui surgit, s’improvise, s’élance à travers sa main : mots ou lignes, noms ou figures. Il compose, maintenant, des œuvres plastiques détachées de la scène, existant pour elles-mêmes. À chaque fois, c’est comme un coup de dés qui fait proliférer tout un u

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Étreinte Brizé à l'Institut Lumière

Patrimoine | La nature a horreur du vide, la programmation de l’Institut Lumière également. Aussi trouve-t-on dans les interstices laissés entre les grandes (...)

Vincent Raymond | Lundi 17 janvier 2022

Étreinte Brizé à l'Institut Lumière

La nature a horreur du vide, la programmation de l’Institut Lumière également. Aussi trouve-t-on dans les interstices laissés entre les grandes rétrospectives, de petits cycles ou thématiques qui sont comme autant de respirations bienfaisantes. Avant d’aborder prochainement les dominantes Natalie Wood et Joseph Losey, évoquons ces harmoniques rythmant les prochaines semaines. D’abord, un coup de chapeau à ces deux œuvres quinquagénaires que sont Aguirre la colère de Dieu de Werner Herzog et Le Charme discret de la bourgeoisie de Buñuel. Toutes deux marquées par une forme d’obsession absurde confinant à la folie ; l’une étant le (presque) premier film de son auteur, l’autre son (presque) dernier. Ensuite, un retour sur les dernières œuvres de Stéphane Brizé, avant de l’accueillir pour l’avan

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Réparer c'est recycler avec l'Atelier Soudé

ACTUS | Que faire d’un aspirateur qui n’aspire plus ou d’un grille-pain qui ne grille plus ? On ne répare plus, on jette bien sûr. Et on rachète du neuf. L’art du rafistolage n’est plus à l’ordre du jour, il a laissé place à une société de consommation aussi exigeante que fainéante. Heureusement, quelques bricoleurs résistent encore à l’envahisseur et assaillent les Repair Café.

Louise Grossen | Mardi 18 janvier 2022

Réparer c'est recycler avec l'Atelier Soudé

C'est une Amstellodamoise, Martine Postma, qui est à l’origine du concept. Révoltée par l’absence de scrupules des industriels à programmer l’obsolescence des objets, elle crée le Repair Café, un lieu où chacun peut apporter un objet cassé et s’atteler à sa réparation, assisté par un bénévole. Suite à l’indiscutable réussite du premier lieu à Amsterdam (en 2009), Martine crée la Fondation Repair Café et essaime le concept à l’international. C’est ainsi qu’à l’Atelier Soudé (dont le QG est au Croiseur, Lyon 7e), depuis 2015, les tours de main précieux sont partagés, un réseau de compétences se tisse, les problèmes sont mis en commun et les solutions sont trouvées ensemble. Les rencontres nourrissent les échan

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La Belle Meunière de retour au TNG

Théâtre | Retour au TNG de cette compagnie de l’Allier qui sublime la matière et les éléments.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

La Belle Meunière de retour au TNG

En 1999, la plasticienne et scénographe (et collaboratrice de Joël Pommerat) Marguerite Bordat a croisé la route du metteur en scène Pierre Meunier, qui avait créé la compagnie de La Belle Meunière sept ans plus tôt. Ensemble, ils inventent des formes singulières sur les lois de l’apesanteur (Badavlan) ou sur la matière visqueuse qu’est la vase. Cinq laborantins font des recherches sur cette boue, la pensent et l’expérimentent au point que les deux tonnes d’argile et d’eau trimbalées de scène en scène débordent et envahissent l’espace. Voir l’humain tenter de maitriser les éléments naturels, constater qu’il bute sur cette prétendue toute puissance amuse le duo qui signe avec Terairofeu son troisième spectacle à destination du jeune public (dès 6 ans pour cet opus). Les quatre éléments ne sont que des menaces désormais

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Rencontre avec Robert Combas à la galerie Slika

Peinture | La galerie Slika (en compagnie de la librairie Descours) propose le mercredi 19 janvier à 19h une rencontre avec le peintre et sculpteur (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

Rencontre avec Robert Combas à la galerie Slika

La galerie Slika (en compagnie de la librairie Descours) propose le mercredi 19 janvier à 19h une rencontre avec le peintre et sculpteur prolifique Robert Combas, en dialogue avec Thierry Raspail l'ancien directeur du Musée d’Art Contemporain (qui avait consacré une grande exposition à l'artiste en 2012). L’occasion de retracer le très riche parcours de ce peintre de la figuration libre et d’aborder son actualité, notamment la parution d’un ouvrage en lien avec la ville de Sète et Georges Brassens. La musique a toujours été importante dans l’univers de Robert Combas (il s’est même essayé à former un groupe), et la rencontre sera d’ailleurs ponctuée d’un intermède musical du saxophoniste Lionel Martin pour qui il a réalisé une pochette de disque. Rencontre avec Robert Combas animée par Thierry Raspail A la galerie Slika, le mercredi 19 janvier à 19h.

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Elisabeth Leonskaja en récital à l'Auditorium

Musique Classique | Après le formidable récital au piano de Maria Joao Pires fin novembre, c’est la Russe Elisabeth Leonskaja qui se produira en solo à Lyon, avec un programme (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

Elisabeth Leonskaja en récital à l'Auditorium

Après le formidable récital au piano de Maria Joao Pires fin novembre, c’est la Russe Elisabeth Leonskaja qui se produira en solo à Lyon, avec un programme de trois sonates pour piano : la 10e de Mozart, la 3e de Brahms et la 21e de Schubert. Les deux pianistes partagent une même fidélité sobre aux partitions, et une même discrétion dans leur personnalité. Mais le parcours de Leonskaja fut plus mouvementé. Née à Tbilissi en 1945, intégrant une école de musique à l’âge de sept ans (comme la plupart de ses compatriotes !), Elisabeth Leonskaja s’impose très vite comme une pianiste virtuose et donne son premier concert à onze ans avec un concerto pour piano de Beethoven. À Moscou, elle fût l’élève et l’amie proche du pianiste Sviatoslav Richter (1915-1997). Ce dernier l’invite à un principe d’é

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Odilia, des effluves de Brésil dans le 7e

Restaurant | Dans ce couloir intimiste avec vue sur le tramway, Henrique sert des cocktails et Jessica met à profit ses talents de cuisinière aiguisés chez Ducasse : bienvenue à Odilia.

Adrien Simon | Mardi 18 janvier 2022

Odilia, des effluves de Brésil dans le 7e

Le timing n’était pas top. Odilia a ouvert un jeudi : le 30 janvier 2020. L’épidémiologie ne squattait pas encore les comptoirs et Djokovic disputait l’Open d’Australie. Badaboum ! On connaît la suite. Pour le destin d'Odilia c’est ballot, car de fermeture en couvre-feu, nous voilà deux ans plus tard et le resto n’est plus nouveau, sans avoir eu le temps de vraiment se faire connaître. Alors qu’il vaut le détour. Situons : on est dans le 7e, pas loin du Comœdia, dans un petit salon pas très éclairé à la déco chinée, une ambiance presque chandelle, du jazz dans les enceintes. Qui débouche sur une cuisine complètement ouverte chapeautée d’une mezzanine, où l’on a casé encore quelques tables. Et un piano. Un salon ? C’est l’intention des frangin-frangine, Henrique et Jessica Giovanini : c’est ai

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Un esprit baroque à la Fondation Bullukian

Art Contemporain | L’ambiance est un peu délirante à la Fondation Bullukian qui fait se rencontrer des œuvres de la photographe et plasticienne Natacha Lesueur (née en 1971) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

Un esprit baroque à la Fondation Bullukian

L’ambiance est un peu délirante à la Fondation Bullukian qui fait se rencontrer des œuvres de la photographe et plasticienne Natacha Lesueur (née en 1971) et du duo Bachelot & Caron (nés tous deux au début des années 1960). Les portraits de femmes à la tête recouverte de concombre ou de charcuterie de la première, voisinent avec les céramiques gourmandes des deux autres qui associent salamis, côtes d’agneau et autres pâtisseries ! Ailleurs, Natacha Lesueur présente d’autres images interrogeant l’identité féminine, avec des fées et des mariées grunge ou gore, ou une étude sur des coiffes aussi complexes qu’irréelles… Quant aux facétieux Bachelot & Caron, ils s’en donnent à cœur joie dans cette exposition, avec leurs fontaines et leurs vases très organiques, leurs portes de deux mètres de haut destinées à d'invraisemblables palais baroques. Dans leurs céramiques, ça coule, ça dégouline, ça prolifère, ça s’absorbe : une pieuvre engloutit un homa

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Éric Vuillard à Passages, toute sortie est définitive

Littérature | Avec Une sortie honorable, Éric Vuillard, Prix Goncourt 2017 pour L'Ordre du jour, nous décrit les derniers mois de la Guerre d'Indochine et les contorsions françaises pour en sortir sans perdre la face. Un nouveau récit réjouissant qui remet l'Histoire, et les idées, en place.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 janvier 2022

Éric Vuillard à Passages, toute sortie est définitive

« Une sortie honorable », c'est le vœu pieu appelé par René Mayer, éphémère président du Conseil de la IVe République – le plus beau jeu de chaises musicales politiques de l'histoire des Républiques françaises –, de janvier à juin 1953, lorsque saute au yeux du gouvernement et des députés que la guerre d'Indochine, vouée à garder, quoi qu'il en coûte, l'Indochine dans le giron colonial français, est un gouffre financier – humain aussi, un peu, mais surtout financier – donc pas vraiment quoi qu'il en coûte. Ce qu'il faut à la France, donc, et dont Éric Vuillard nous dessine les contours, c'est « une sortie honorable ». Comprendre : qui ne commanderait pas d'avoir à s'agenouiller ni même à négocier la moindre queue de cerise avec cette fripouille communiste d'Hô Chi-Minh. Une sortie honorable, c'est précisément ce que n'aura pas la France – pas plus que les États-Unis quand ils auront pris le relais de l'Indo avec leur guerre du Vietnam, qui durera vingt ans de plus et se finira en carapat

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L'âge de Glass à l'Opéra Underground

Contemporain | Lyon et ses différentes scènes n'ont jamais été avares de Philip Glass, sans doute l'un des compositeurs qui y est le plus joué (mais cela vaut pour toutes (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 janvier 2022

L'âge de Glass à l'Opéra Underground

Lyon et ses différentes scènes n'ont jamais été avares de Philip Glass, sans doute l'un des compositeurs qui y est le plus joué (mais cela vaut pour toutes les villes). Et voilà l'Opéra Underground (et Superspectives) pour en remettre une magnifique couche à la rencontre du pape de la musique minimaliste mais pas que (on lui doit des concertos, des symphonies, des musiques de film et même des opéras). Et c'est même un véritable marathon que promet l'OU aux mélomanes les plus résistants/motivés/amoureux et ce pendant cinq jours. Ça démarre avec François Mardirossian, pianiste et co-directeur de Superspectives, qui livre trois soirs de suite une quasi intégrale au piano. On y retrouve évidemment les plus grandes pièces "Glassées" : Metamorphosis et Mad Rush (mardi 25 janvier à 18h30)

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Comme une image au Théâtre du Fou

Théâtre | C’est un travail simple, modeste, dense et vraiment intéressant que celui qu’a fait Renaud Rocher pour la pièce Comme une image. Le directeur du (...)

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Comme une image au Théâtre du Fou

C’est un travail simple, modeste, dense et vraiment intéressant que celui qu’a fait Renaud Rocher pour la pièce Comme une image. Le directeur du Théâtre du Fou (Lyon 1er) a collecté des témoignages d’enseignants, les a entrecroisés et les a mis en scène avec trois comédiens qui alternent des visions inquiètes, parfois colériques mais jamais totalement désespérées, de celles et ceux qui endossent cette profession avec une forte conviction. Dans un décor minimal où chaque objet remplit plusieurs fonctions, se déploient l’école, bien sûr, mais aussi l’intimité d’un domicile conjugal, la solitude d’un appartement ou encore l’agitation qui règne dans un bistrot. Car l’école déborde de son cadre pour irriguer la société entière, que l’on soit parent ou non. À voir du jeudi 20 au dimanche 23 janvier à 20h30 (sauf le dimanche, à 18h).

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Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Puy-de-Dôme | Peut-être sera-t-elle capitale européenne de la Culture en 2028. Clermont-Ferrand, n’est pas que la ville-Michelin (même si l’entreprise est omniprésente) et lance sérieusement sa campagne en ce début d’année, au moment où le festival du court, le plus grand au monde, retrouve son public du 28 janvier au 4 février. Cap sur l’attachante capitale auvergnate.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Il faut bien reconnaitre que la consécration de capitale européenne de la culture lui irait comme un gant. En 2023, on saura qui des villes françaises candidates (Amiens, Bastia, Bourges, Clermont, Lens, Reims, Rouen et Saint-Denis) sera à l’honneur en 2028. Ici la Scène Nationale est flambant neuve, le FRAC s’apprête à déménager pour s’agrandir, la Coopérative de Mai est l'une des SMAC les plus remuantes de l’Hexagone et le festival du court-métrage s’apprête à montrer 154 films. D’un lieu à l’autre, balade dans la cité anthracite où les affiches colorées de Castelbajac et du maire socialiste Olivier Bianchi souhaitent, aux passants, une bonne année. Clermont, plein centre Le marché de Noël vient juste de remballer ses cabanes et la place de la Victoire peut laisser apparaitre la majesté de Notre-Dame-de-l’Assomption. Construite comme tant d’habitations de la ville en

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Festival Télérama et Incontournables UGC : séances de rattrapage

ECRANS | Deux semaines pour se mettre à niveau sur les sorties de l’an passé et même anticiper sur celles des prochaines semaines, cela vous dit ? D’abord chez UGC et ensuite dans les salles Art & Essai, tout à petits prix.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Festival Télérama et Incontournables UGC : séances de rattrapage

Bien chamboulée et surtout amputée par presque cinq mois de fermeture, l’année cinématographique 2021 a tout de même accueilli 478 nouveaux films sur les écrans, soit davantage, en moyenne, que d’habitude — les reports de 2020 n’y sont pas étrangers. Les spectateurs ayant eu le privilège (et le temps) de voir tout ce qu’ils convoitaient peuvent sans doute se compter sur les doigts d’un dinosaure ; on se réjouit donc de pouvoir rattraper, au vol, des jalons trop vite éclipsés grâce à deux rendez-vous reconduits : les incontournables UGC (du 12 au 18 janvier) et le Festival Télérama qui lui succède (du 19 au 25 janvier). Le premier programme treize films dans les deux plus grands sites lyonnais que sont UCG Confluence et Part-Dieu, dont — surprise ! — pas mal distribués par la filiale maison. À chaque jour son ou ses titres mais attention : certains films ne sont visibles que sur l’un ou l’autre des sites. Mercredi 12 Aline de Valérie Lemercier, Boîte Noire de Yann Gozlan ; jeudi

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Sandrine Kiberlain : « c’est un film sur les premières fois »

Cinéma | Portrait inattendu et délicat d’une apprentie comédienne sous l’Occupation, rempli d’éclats autobiographiques discrets : le premier long-métrage de Sandrine Kiberlain est surtout un exceptionnel exercice de réalisation. Rencontre avec une jeune autrice qui va bien.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Sandrine Kiberlain : « c’est un film sur les premières fois »

Vous avez attendu longtemps avant d’oser écrire et mettre en scène. En cela, votre démarche est parallèle à celle de votre père, David Decca, qui avait attendu à peu près le même âge pour se lancer dans l’écriture dramatique… Sandrine Kiberlain : Ah, vous me cueillez ! Ça prend du temps en fait, d’oser faire un film ; surtout quand on a eu comme moi la chance de travailler avec de grands metteurs en scène. Et puis, je suis très heureuse comme actrice — donc ce n’est pas pour combler un manque ou un vide, mais parce que le chemin de l’actrice que je suis depuis… deux ans (rires) a fait que je me suis de plus en plus intéressée à l’ensemble de l’équipe, à comment un film se faisait… Entrer dans l’univers des autres me passionne ; visiblement, ça a découlé de l’envie de me raconter moi — surtout d’avoir un thème ou un sujet… Je crois que j’ai toujours rêvé de faire un film ; mais quel film ? Il fallait attendre d’avoir un vrai point de vue, un angle qui fasse la différence et qui soit traité singulièrement. Que ce soit une idée nécessaire et vitale de faire un film. Oser devenir ce qu'on appelle

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A Bron, drôle d'endroit pour des rencontres cinématographiques

Festival | Ajournée l’an passé, la 30e édition du festival dédié au cinéma français voit enfin le jour aux Alizés du 26 au 30 janvier. Et l’on espère qu’elle ne sera pas la dernière — de rocambolesques péripéties ayant affecté, on s’en souvient, la saison 2021 du cinéma brondillant.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

A Bron, drôle d'endroit pour des rencontres cinématographiques

On imagine la période doublement incertaine aux Alizés : une pandémie qui n’en finit pas et contraint les salles de la France entière à jongler avec les règles sanitaires, déprogrammations de dernière minute et évictions potentielles de personnels contaminés ou cas contact ; et puis cette épée de Damoclès pesant sur le cinéma que la Ville souhaite faire passer en délégation de service public à compter de septembre prochain, entre les mains d’un opérateur privé non encore désigné. Le rendez-vous du cinéma français, institution brondillante depuis 1991, y survivra-t-il ? Raison de plus pour savourer cette édition anniversaire ; cinq jours d’une vivifiante densité. Scandale politique en ouverture, meurtre en clôture Impossible (et inutile) de dérouler ici l’intégralité du programme, pointons quelques moments à ne pas manquer, comme le film d’animation Vanille de Guillaume Lorin (fabriqué chez Folimage

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Les films à l'affiche à Lyon les mercredi 19 et 26 janvier 2022

En salles | Indispensables ★★★★☆ The Chef Chaud devant, voici un caviar : une immersion en temps réel (tournée en (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Les films à l'affiche à Lyon les mercredi 19 et 26 janvier 2022

Indispensables ★★★★☆ The Chef Chaud devant, voici un caviar : une immersion en temps réel (tournée en plan-séquence) dans le quotidien d’un restaurant autour d’un chef rongé de soucis personnels et professionnels, de sa prise de service à… impossible de révéler l’issue, mais son chemin est semé d’embûches. Théâtre permanent de la salle à l’arrière-cuisine où chacun des personnage dispose de son histoire et de ses enjeux (d’un rôle précis, en somme, comme dans une brigade), ce premier long signé par un comédien dresse également avec brio le catalogue des hypocrisies contemporaines : un restaurant de luxe étant aussi un lieu dans lequel le pouvoir de l’apparence et de l’argent compte souvent davantage que le goût ou la compétence. Stephen Graham s’avère parfait en capitaine groggy, perdu dans ce tourbillon paroxystique. Un film de Philip Barantini (G-B, 1h34) avec Stephen Graham, Vinette Robinson, Alice May Feetham… (sortie le 26 janvier)

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"Un monde" de Laura Wandel : la cour des mille raclées

Drame | Portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire et interprété par deux enfants déchirants de vérité, ce premier film miraculeux est une merveille de délicatesse autant qu’un tour de force de réalisation. Un choc absolu et sans nul doute, une future référence sur le sujet.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

C’est la rentrée à la ”grande école” pour Nora qui redoute d’être séparée de son aîné Abel, lequel a d’autres chats à fouetter dans la cour de récréation. Parce qu’il va s’opposer à ce que sa cadette soit bizutée, Abel devient le nouveau bouc émissaire des terreurs de la primaire. Témoin de ces sévices, Nora va désespérément tenter d’alerter les adultes. En vain, jusqu’à ce qu’un fait grave oblige l’institution scolaire à réagir… Il est actuellement une vague naissante, ou une vogue pour des films brefs s’attachant sans fioriture ni digression à leur sujet ainsi qu’au monde réel... Comme une douce alternative à la domination écrasante des blockbusters, rouleaux compresseurs flirtant avec les trois heures de bastons filmées sur fond vert, avec des acteurs partiellement virtuels et des enjeux de plus en plus hermétiques aux béotiens — dans la mesure où ils s’inscrivent dans des “univers” addictifs fonctionnant en vase clos, reproduisant l’efficacité gravitationnelle des trous noirs qui ne relâchent jamais la matière (spectatorielle) qu’ils ont capturée. Ces “films d’à côté” ont compris la nécessité d’aller à

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Charlotte Gainsbourg : « ce qui m’intéressait, c’était voir sa peau, avoir un contact physique »

Jane par Charlotte | La fille de qui l’on sait et sa mère se livrent (et se délivrent) l’une l’autre dans un double portrait au miroir tenant autant de la catharsis que de l’apprivoisement mutuel, à la lisière timide du public et de l'intime. Rencontre avec Charlotte Gainsbourg.

Vincent Raymond | Mercredi 12 janvier 2022

Charlotte Gainsbourg : « ce qui m’intéressait, c’était voir sa peau, avoir un contact physique »

Comment en êtes-vous arrivée à ce dialogue ouvrant le film, au Japon autour d’une tasse de thé avec votre mère ? Charlotte Gainsbourg : Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour démarrer. Je me suis d’abord adressée au producteur de mes clips. Du coup, c’était facile de mettre sur pied une équipe avec le chef-op’ que je connaissais. Entre le temps où j’ai demandé à ma mère si l’idée pouvait la séduire et le fait d’aller au Japon pour que ça se concrétise, ce n’a pas été si long. Mais elle n’a pas aimé ce premier échange. Elle ne savait pas ce que je voulais faire ; moi-même je ne savais pas. J’avais mis au point une interview avec plein de questions en me disant qu’il fallait que je sois la plus sincère possible, que ce soit direct, intime et pas professionnel. Mais justement, c’était choquant pour elle d'avoir à répondre à des questions personnelles devant une équipe qu’elle ne connaissait pas, en pensant peut-être que j'allais faire un documentaire comme elle en avait déjà fait plein. Elle a accusé le coup et m’a dit « on arrête, je ne veux pas recommencer ». Deux ans ont passé, j

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Nessim Chikhaoui : « Placés met un visage sur des chiffres »

Placés | Retour à la case éducateur pour Nessim Chikhaoui. Pour son premier long-métrage, le co-scénariste des Tuche et du Doudou fouille ses souvenirs et signe une comédie très ancrée dans la réalité sociale des maisons d’accueil pour les mineurs et jeunes majeurs. Rencontre lors du Festival de Sarlat.

Vincent Raymond | Mercredi 12 janvier 2022

Nessim Chikhaoui : « Placés met un visage sur des chiffres »

Qu’y a-t-il de personnel dans votre film ? Nessim Chikhaoui : J’ai été éducateur en MECS (maison d’enfance à caractère social) pendant sept ans à Draveil, et ensuite trois ans, en AEMO (aide éducative en milieu ouvert) où l’on suit des jeunes qui sont encore chez eux. Beaucoup de situations du film sont réelles et vécues, d’autres romancées. C’est important pour moi de montrer cet aspect du métier, qu’on ne voit pas forcément dans tous les documentaires. Bon, il manque quand même les assistantes sociales, les psychologues, mais je ne pouvais pas mettre tout le monde, donc on s’est concentré sur les éducateurs et les jeunes pour des raisons scénaristiques. Il y a déjà beaucoup de personnages. Pourquoi votre héros débarque-t-il dans ce milieu après avoir manqué le concours de Sciences-Po ? L’idée était d’emmener quelqu’un qui n’était pas du tout destiné à faire ce métier. Moi, j’aurais aimé être prof de sport ou CPE, mais on a choisi un truc assez élevé et un diplôme qui parle à tout le monde. En fait, je crois que le concours ne se passe pas du tout comme on le montre d

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La vie dansée des formes à la Maison de la Danse

Danse | Le Ballet du Grand Théâtre de Genève présente à Lyon son programme Minimal Maximal, regroupant deux pièces généreuses en nombre de danseurs (vingt-deux pour (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

La vie dansée des formes à la Maison de la Danse

Le Ballet du Grand Théâtre de Genève présente à Lyon son programme Minimal Maximal, regroupant deux pièces généreuses en nombre de danseurs (vingt-deux pour chaque œuvre), et créées à partir de musiques contemporaines minimalistes. La première, Fall, est signée par le grand chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui, connu pour la beauté fluide et délicate de son écriture. Dans un décor de soies pâles aux couleurs changeantes et une ambiance onirique baignée par la musique d’Arvo Pärt, les danseurs sont comme autant de feuilles d’automne, tombant ou se relevant au gré du souffle musical. Cette pièce nous invite à une rêverie faite de mouvements perpétuels, de poésie de formes et de gestes, détachée de tout récit. Toute aussi fluide, mais marquée par une exécution des gestes plus rapide, l’écriture du grec

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« L’anthropocène est en train de devenir une question culturelle et générationnelle »

CONNAITRE | Alors que se profile le rendez-vous tout public de l’Ecole urbaine de Lyon, « À l’Ecole de l’Anthropocène » (au Rize, du 24 au 30 janvier) son directeur, le géographe Michel Lussault, en détaille le contenu et dit sa volonté de s’adresser au plus grand nombre pour ce sujet passionnant et pluridisciplinaire par excellence : l’habitabilité de la Terre.

Article Partenaire | Mercredi 12 janvier 2022

« L’anthropocène est en train de devenir une question culturelle et générationnelle »

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"Neige" de Juliet Berto et Jean-Henri Roger : nuits intranquilles boulevard de Clichy

Drame | À l’aube des années 1980, autour de Pigalle, entre Barbès et la place de Clichy. La faune de la nuit, les macs, les putes, les drogués, les paumés… Après la (...)

Vincent Raymond | Mercredi 12 janvier 2022

À l’aube des années 1980, autour de Pigalle, entre Barbès et la place de Clichy. La faune de la nuit, les macs, les putes, les drogués, les paumés… Après la mort d’un petit dealer, abattu par la brigade des stups, trois amis (une serveuse de bar, un pasteur un brin magouilleur et un boxeur) tentent d’aider les clients qu’il laisse en carafe et en manque. Mais le monde de la “neige” n’est pas fait pour les saint-bernard… Chronique d’un quartier et instantané d’une époque appelée à changer, Neige sent le présent dans toute sa labilité ; aussi use-t-il du polar pour mieux saisir cette fébrilité interlope entre néons tremblotants, murs lépreux, zincs polis et arrière-boutiques louches. Juliet Berto fait montre de stupéfiantes (sans jeux de mots) intuitions — en confiant la BO à Bernard Lavilliers, lequel injecte de la pure (rythmique) jam

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​Juliet Berto, l’inoubliable et mystérieuse icône

Portrait | De toutes les idoles féminines de la Nouvelle Vague, elle est celle dont l’aura a toujours été accompagnée d’un mystère aussi paradoxal qu’insondable ; celle aussi qu’une mort prématurée aura vitrifiée dans ses légendes précoces et successives, à l’aube de nouvelles gloires prometteuses. La ressortie de Neige est l'occasion de reparler de Juliet Berto (1947-1990).

Vincent Raymond | Mardi 11 janvier 2022

​Juliet Berto, l’inoubliable et mystérieuse icône

« Sur les vieux écrans de 68/Vous étiez Chinoise mangeuse de frites/Ferdinand Godard vous avait alpaguée/De l'autre côté du miroir d'un café… » Six ans après La Chinoise, film prophétique des événements de Mai-68 pour toute une génération de baby-boomers, Yves Simon dédie à une jeune comédienne de 26 printemps rien moins que la chanson-titre de son album, Au pays des merveilles de Juliet. C’est dire son aura. Imagine-t-on aujourd’hui une comédienne française de cet âge bénéficier d’une pareille dédicace ? Ne cherchez pas : il n’y en a pas. Née sous le nom d’Annie Jamet dans une famille ouvrière de Grenoble, celle qui s’est rebaptisée Juliet et a pris le patronyme de son premier époux, le comédien Michel Berto, a rapidement fait son chemin. Surfant le premier ressac de la Nouvelle Vague, elle croise Jean-Luc Godard dès 1963, qui détecte une personnalité atypique derrière son mystérieux minois : un regard recru, une lippe grave ainsi qu’un timbre de voix démentant la rondeur encore poupine du visage

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Tous azimuts ou presque : quand trois théâtres jouent la complémentarité

Théâtre | Faire de leurs singularités une force de frappe. Voici que Les Subs, les théâtres du Point du Jour et de l’Élysée coordonnent leurs programmations le temps d’un week-end : Azimuts, pour mettre à l’honneur des artistes émergents. Qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur ?

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Tous azimuts ou presque : quand trois théâtres jouent la complémentarité

Dans le foisonnement de ce qui est proposé en théâtre en ce moment, mieux vaut jouer la carte de la complémentarité que de la concurrence. Le Point du Jour, L’Élysée et Les Subs l’ont bien compris à la fois pour le public, les artistes et les professionnels à qui le festival Azimuts est adressé. Il ne s’agit pas là d’étapes de travail, mais bien de pièces abouties comme ce que fabrique Pierre Bidard, formé à l’ENSATT. À l’Élysée, le metteur en scène, installé dans son Orne natale, repéré par le prestigieux prix parisien du Théâtre 13, présente Que se répètent les heures en rapport avec le projet expérimental de la clinique psychiatrique de La Borde où, dans les années 70, un lien nouveau au patient a été inventé, en faisant une partie prenante de la vie de l’établissement. Dans son autre création Il faut tenter de vivre, Pierre Bi

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Gérard Paris-Clavel, l’arme à gauche au Musée de l'Imprimerie

Graphisme | Grand affichiste, refusant la com’ institutionnelle et son cortège de logos, Gérard Paris-Clavel a accepté que ses réalisations entrent au musée. Car c’est une œuvre. Fortement engagée.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Gérard Paris-Clavel, l’arme à gauche au Musée de l'Imprimerie

À l’exact opposé des publicitaires et des rois de la com’ creuse, Gérard Paris-Clavel est d’abord un peintre qui se forme notamment aux Beaux-Arts de Varsovie dans les années 60. Il apprend la simplicité et l’économie du geste qu’il va façonner dans des collectifs (Grapus puis Les Graphistes associés), où les travaux sont collectivement signés, avant d’officier en solo depuis 1992, pour des associations, des syndicats, des municipalités... À chaque fois, c’est la portée politique qui guide celui qui a eu 25 ans en 68 et qui en garde « la dynamique des transformations sociales ». Dans un parcours uniquement composé de ses affiches et dénué de cartels explicatifs (à retrouver dans un document individuel), c’est une série de slogans de manifestation qui réchauffent le musée de l’Imprimerie dont le directeur a tellement eu raison de se battre pour capturer —

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Citron Sucré en concert à la salle des Rancy

Pop | L'électro-pop de Citron Sucré continue de se balader en ville, faisant une halte ce mardi 11 janvier à la salle des Rancy. Zoom sur cette musicienne au talent éloquent.

Sacha Pelordet | Mardi 11 janvier 2022

Citron Sucré en concert à la salle des Rancy

Citron Sucré, c’est le projet pop d’Elena, une artiste franco-russe désormais installée à Lyon (elle étudie à l’ENM de Villeurbanne) à qui l'on doit deux EPs remarqués parus en 2020, Le Pêcheur et La Soif. Deux projets intégralement écrits et produits par cette musicienne polyvalente, qui s’implique également dans la réalisation de ses clips. Citron Sucré, c’est avant tout quelque chose de singulier, une atmosphère, une esthétique décalée, faite d’un brouillard d’influences mêlant synth-pop, techno et musiques traditionnelles issues de ses origines sibériennes. Un chant doux et incisif, des mélodies dansantes et parfois mélancoliques : que ce soit avec sa musique surprenante, son univers visuel fluorescent, ses looks excentriques ou ses performances scéniques, elle a su développer un univers attachant. Citron Sucré À la salle des Rancy le mardi 11 janvier à 19h

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Élodie Arnould : « le monde de l’humour est encore très sexiste »

Humour | Après avoir conquis les Lyonnais, Élodie Arnould sillonne désormais la France avec son premier spectacle,  Future Grande, qu'elle jouera au Radiant-Bellevue le mardi 18 janvier — seule date dans la métropole. D’ingénieure à humoriste, du Boui Boui à Montreux... elle nous raconte son parcours.

Louise Grossen | Lundi 10 janvier 2022

Élodie Arnould : « le monde de l’humour est encore très sexiste »

Comment passe-t-on d'ingénieure en mécanique à EDF à humoriste ?Élodie Arnould : Ça s’est fait progressivement. Je ne connaissais personne quand je suis arrivée à Marseille pour le travail. Alors pour rencontrer du monde, j’ai commencé à faire de l’improvisation. Ça fait un peu de la peine : la raison pour laquelle j’ai commencé la scène, c’était pour me faire des amis ! J’ai vite adoré jouer. J'ai commencé à faire cinq minutes de blagues, puis dix, trente. Après, on a un spectacle. Un spectacle qui mêle aussi chant et danse ?Future Grande, c'est un vrai divertissement. J’adore les pièces de show à l’américaine. Il y a des feux d'artifice, de la danse, du chant, un poney… (hahaha, non, pas ça !). J'ai envie que les gens déconnectent pendant deux heures. Je raconte les difficultés à devenir une femme pour une jeune comme moi, qui peut être un peu immature ou feignante. Le

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Le Lyon Whisky Festival aura finalement lieu en mai

Salon | La troisième édition du Lyon Whisky Festival, initialement prévue en février, est déplacée aux samedi 14 et dimanche 15 mai, toujours au Palais de la Bourse.

Sacha Pelordet | Vendredi 7 janvier 2022

Le Lyon Whisky Festival aura finalement lieu en mai

La troisième édition du Lyon Whisky Festival aurait dû se dérouler les 5 et 6 février prochain, au sein du Palais de la Bourse. L'événement, coorganisé par Agence Tintamarre / groupe Unagi (dont fait partie Le Petit Bulletin), est destiné aux initiés comme aux moins expérimentés, passionnés par le monde du whisky. Lesquels se retrouvent autour de masterclass, d'ateliers, d'une librairie dédiée et bien sûr de dégustations. Faisant face aux contrainte sanitaires, le Lyon Whisky Festival a été reporté et se déroulera les samedi 14 et dimanche 15 mai, toujours au Palais de la Bourse.

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Makers : faire et défaire

SCENES | Déjouer le réel, s’inventer des possibles, si possible avec légèreté et rire, c’est tout le programme de Makers à voir aux SUBS du 18 au 20 janvier. Le metteur en scène et comédien espagnol Oscar Gómez Mata est en duo avec son compatriote Juan Loriente. Avant de rejoindre la scène, il nous présente cette récente création.

Article Partenaire | Lundi 10 janvier 2022

Makers : faire et défaire

Vous avez travaillé d’après les œuvres des écrivains Robert Louis Stevenson (La Maison d’Antan, 2004) et Alfred Jarry (¡Ubu!, 2000) ainsi que du cinéaste Lars von Trier (Le Royaume, 2019, Le Direktør, 2017), comment Jorge-Luis Borgès intervient-il dans Makers sans pour autant que ses écrits ne soient cités ? Oscar Gómez Mata : Dans Makers, Borgès est comme une ombre qui plane mais on ne travaille pas directement avec les textes. Un des premiers motifs de ce travail est en fait un livre de l’écrivain et du physicien espagnol Agustín Fernández Mallo qui a écrit un remake de El Hacedor de Borgès. Est-ce que la véritable origine du spectacle Makers (aux SUBS du 18 au 20 janvier) est une commande du Azkuna Zentroa, centre culturel à Bilbao, et l’envie de travailler avec l’acteur Juan Loriente ? Jusqu’en juin prochain, je suis associé

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Une image pas si sage au théâtre Le Fou

Théâtre | C’est un art que le metteur en scène Renaud Rocher maîtrise à merveille. Celui de faire théâtre d’un recueil de témoignages. En 2020, il invitait à suivre les méandres du parcours d’un demandeur d’asile. Voici qu’avec Comme une image, il se confronte à un sujet ample et omniprésent : l’enseignement.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Une image pas si sage au théâtre Le Fou

Sans jamais tomber dans la simplicité d’enchainer les récits les uns après les autres, Renaud Rocher les entrecroise sans perdre le spectateur en route. Sans doute parce que chaque personnage (et donc chaque enseignant) a une histoire singulière et forte à transmettre, à commencer par celle d’un homme qui angoisse à la veille de sa première rentrée. Il est en reconversion professionnelle et doute comme un jeune adulte bien qu’il ait, après un long apprentissage et une profonde remise en cause, chevillée au corps, la conviction que sa place est là, parmi les enfants. Dans un décor minimal, où chaque objet remplit plusieurs fonctions, se déploient l’école, bien sûr, mais aussi l’intimité d’un domicile conjugal, la solitude d’un appartement ou encore l’agitation qui règne dans un bistrot. C’est là (appuyés sur le lit soudain devenu table de bar) que se rencontrent un couple de profs rompus à l’exercice du métier, militants de la cause, et une amie instit’ toute aussi passionnée mais fragilisée par l’institution. Même si les discussions sont intéressantes, c’est peut-être le moment de t

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Cinq expos à voir à Lyon en janvier

Bons Plans | Pour reprendre le chemin des expositions en douceur, voici notre sélection de cinq expositions à ne pas rater ce mois-ci, dans des galeries ou des petits lieux, toutes gratuites.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 10 janvier 2022

Cinq expos à voir à Lyon en janvier

Artisanat et art contemporain Drôle d’exposition à la Fondation Bullukian qui confronte des céramiques artisanales de l’atelier Gumri (maison de céramistes arméniens depuis le XVIe siècle) aux œuvres d’art contemporain de Natacha Lesueur et du duo artistique Bachelot & Caron. Natacha Lesueur est une photographe et plasticienne qui interroge l’identité et ses normes à travers d’étranges images où l’humain s’hybride à des matériaux inattendus (la nourriture notamment). Le duo Bachelot&Caron réalisent quant à eux des installations ou des sculptures, oscillant entre le fantastique et le grotesque. Natacha Lesueur, Bachelot & Caron, Céramiques de Gumri, Par-delà le vernis À la Fondation Bullukian jusqu’au 29 janvier Les foules de Ji Lingzi Née près de Shangai, formée en Chine et à Besançon, l’artiste Ji Lingzi réalise des œuvres sur le principe de l’accumulation et de la démultiplication. Elle expose à Lyon plusieurs créations (utilisant un grand no

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La valse des annulations et des reports recommence à Lyon

Covid-19 | Le retour en force du Covid a entraîné de nouvelles restrictions sanitaires, annoncées le lundi 27 décembre par le Premier ministre : spectacles assis, jauges limitées à 2000 personnes en intérieur, le tout au moins jusqu’au lundi 24 janvier... Les répercussions ont été rapides avec des salles fermées, des concerts annulés ou reportés : on fait le point sur l'impact sur les programmations à venir.

Sacha Pelordet | Mardi 4 janvier 2022

La valse des annulations et des reports recommence à Lyon

La Halle Tony-Garnier a déplacé tous ses évènements jusqu’au 24 janvier. Même chose du côté du Ninkasi Gerland où les annulations et reports se multiplient ; la programmation est maintenue dans les 22 autres établissements Ninkasi, avec un public assis. Au Transbordeur, presque toutes les dates sont annulées ou reportées jusqu'au 29 janvier. Au Kraspek Myzik, le festival Plug & Play est annulé : le café-concerts choisit de fermer son établissement tout janvier, une décision évidente pour un spot de 80 places où les concerts assis sont peu envisageables — et surtout, pas dans l’esprit du lieu. Le Sonic reste fermé du fait de son statut ERP de discothèque, même si il n’en est pas une. Les clubs et boîtes de nuits (Le Sucre, Terminal, Petit Salon...) n’ont pour le moment aucune nouvelle sur leur futur et une éventuelle date de réouverture. Halle Tony Garnier - Harry Potter à l’École de sorciers (7 janvier) : reporté au 16 mai 2022

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Ça virevolte à la tête des Biennales

Politique Culturelle | François Bordry, président des Biennales, a brutalement démissionné, mettant en cause la Métropole. Le vice-président à la Culture, Cédric Van Styvendael, réagit.

Sébastien Broquet | Mardi 4 janvier 2022

Ça virevolte à la tête des Biennales

Coup de tonnerre, ou coup d'épée dans l'eau ? Si certains, prompts à sauter sur l'énième polémique anti-écolo, ont bondi sur les propos virulents du désormais ex-président de la Biennale de la Danse (« La Métropole conduit une politique marquée par une absence totale de concertation avec les associations et les institutions chargées de mettre en œuvre l’action culturelle »), dans les faits, la démission de François Bordry ressemble plus à un règlement de comptes à retardement — l'homme devait initialement quitter son poste le 14 décembre dernier. Il n'en reste pas moins que, combiné aux autres sujets fâcheux reliant la culture et la Métropole de Lyon (la micro-révolte de Bruno Bernard pour ouvrir de force le Musée des Confluences avant de faire volte-face, Fagor-Brandt, l'Arena de Décines...) comme à la démission surprise de Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, à force, ça fait tâche dans un bilan : les discordances rythment inexorablement le mandat de Bruno Bernard, côté Culture, comme dans d'autres domaines, éclipsant ses mesures phares et courageuses sur lesquelles il pourrait fédérer à gauche — la régie publique de l'eau ou l'encadrement des loyer

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La main passe au Musée Cinéma et Miniature de Lyon

ACTUS | Un “au revoir” XXS, à l’image de l’art minutieux qu’il pratique et de sa relative discrétion : c’est (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

La main passe au Musée Cinéma et Miniature de Lyon

Un “au revoir” XXS, à l’image de l’art minutieux qu’il pratique et de sa relative discrétion : c’est sur Facebook que Dan Ohlmann, le directeur du Musée Cinéma et Miniature de Lyon, a annoncé mi-décembre qu’il transmettait les rênes de sa création à Julien Dumont. Passé par l’École Émile-Cohl, ce trentenaire d’origine lyonnaise assure, depuis 2018, les fonctions de gérant, réalisateur et producteur au sein de la société genevoise Titan Films. C’est donc la seconde fois pour l’établissement de Dan Ohlmann que la providence est helvétique : en 2005, après la fermeture de son Palais de la Miniature rue Juiverie, la mécène suisse Gisela Oeri avait acquis la Maison des Avocats

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Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Adieu Monsieur Haffmann | Après y avoir déjà présenté en première "Pour Elle" et "À bout portant", Fred Cavayé avait réservé l’exclusivité de son nouveau film "Adieu Monsieur Haffmann" au Festival de Sarlat. Bien lui en a pris : son drame se déroulant durant l’Occupation a remporté le Grand prix du public et le Prix d’interprétation pour Sara Giraudeau. Toujours prompt à parler fabrication, Cavayé raconte l’histoire de ce film dans l’Histoire. Rencontre sarladaise…

Vincent Raymond | Lundi 10 janvier 2022

Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Qu’est-ce qui vous a amené à aborder ce sujet et cette époque ? Fred Cavayé : Beaucoup de choses : l’envie date de très longtemps. Le point de départ, c’est un roman de Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits qui parle de la Libération et notamment des femmes qui se sont faites tondre. Les salauds sous l’Occupation, c’est un sujet qui avait été assez peu abordé. J’avais le souvenir de films comme Lacombe Lucien ou du formidable téléfilm Au bon beurre avec Roger Hanin. Alors quand Jean-Philippe Daguerre, l’auteur de la pièce Adieu Monsieur Haffmann m’a envoyé le texte, je n’ai pas voulu le lire (je préférais découvrir la pièce une fois montée), je m’en suis fait mon histoire avec le peu que j’en savais. Or sa pièce est ailleurs, pas sur sujet-là. Comme j’ai la chance d’avoir de bons producteurs et d’être ami avec Jean-Philippe Daguerre de longue date, je leur ai proposé de l'adapter d’une manière plus libre, en faisant dévier le personnage joué par Gilles Lellouche vers un côté très sombre. Ce n’est pas l’autopsie d’un salau

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Robert Guédiguian : « je refuse de monter dans une voiture s’il n’y a pas Otis Redding ! »

Cinéma | Robert Guédiguian explore les premières années de l’indépendance malienne en compagnie de la jeunesse révolutionnaire du pays, partageant son temps entre le socialisme en journée et le twist dans les maquis la nuit. Une évocation plus qu’une reconstitution dans une tragédie politique et sentimentale. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Robert Guédiguian : « je refuse de monter dans une voiture s’il n’y a pas Otis Redding ! »

Au générique de Twist à Bamako, vous rendez hommage à une grande figure de l’indépendance culturelle africaine, Malick Sidibé. Il y a d’ailleurs en permanence à l’arrière-plan du film un personnage de photographe qui immortalise la vie de la jeunesse…Robert Guédiguian : Sidibé collait complètement à son époque. Il était jeune, joyeux, révolutionnaire ; il a filmé — lapsus [sourire] — photographié essentiellement la jeunesse de Bamako en liesse partout : au bord de la plage, dans les clubs qui étaient à tous les carrefours (c’était la fête de la musique dans tout Bamako tous les soirs). Il a cru en ça, c’était un personnage très intéressant et très libre. Et c’est de ses photos qu’est parti le film. Il y avait eu une exposition à la Fondation Cartier en 2017, et aussi de grands tir

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On a testé : un week-end enneigé à Lans-en-Vercors

ESCAPADES | Dès les premières grosses chutes de neige, l’appel de la montagne a été plus fort que nous. On s’est donc programmé un petit week-end dans le Vercors pour goûter aux joies des balades en raquettes, aux descentes de pistes de ski et aux festins de fromage fondu !

Article Partenaire | Jeudi 30 décembre 2021

On a testé : un week-end enneigé à Lans-en-Vercors

On voulait de la neige, on en a eu. Beaucoup même ! Voici le récit de notre périple riche en péripéties et en émotions. Jour 1 : fromage et nuit dans une ancienne école. _ 15h00_ On avait prévu de partir en fin d’après-midi, mais les chutes de neige massives annoncées pour la fin de journée, nous décident d’avancer notre départ. Notre petite troupe s’empresse donc de monter dans la voiture plus tôt que prévu pour partir à Lans-en-Vercors. Cette petite station du Vercors septentrional située à 1h30 de Lyon seulement est une super option pour partir à la montagne sans rouler trop longtemps. _16h00_ On est parti depuis une heure quand la neige fait son apparition sur le bord de la route. Elle se fait de plus en plus présente alors qu’on approche de notre destination. Tous les arbres sont blancs. Le paysage monochrome est déjà envoûtant. Les conditions s’annoncent parfaites pour un petit week-end hivernal.

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Stravinsky et Mahler au menu

Rentrée Classique | La musique dite savante ne s’arrête pas à Mahler ni même à Stravinsky (que nous serons heureux de réécouter cette année), et son cœur bat toujours aujourd’hui. Ce que nous rappellent notamment la Biennale des Musiques Exploratoires et la structure Superspectives.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 janvier 2022

Stravinsky et Mahler au menu

Commençons par la fin et donc par ce que les salles de concert proposeront de plus contemporain à nos oreilles ! 2022 est notamment une année de la Biennale des Musiques Exploratoires (du 10 au 27 mars) avec quarante compositeurs contemporains et 17 créations mondiales à son programme. Elle se déroulera aussi bien au Sucre (Ryoji Ikeda) qu’aux Subs (Clément Vercelletto, Florentin Ginot) ou au Théâtre de la Renaissance à Oullins (Marc Monnet, Fernando Fiszbein…) et dans bien d’autres lieux encore… L’Auditorium participe à l’événement avec un week-end sur le thème "musique, espaces et architecture" (les 26 et 27 mars). On pourra y découvrir notamment plusieurs œuvres du compositeur Gérard Grisey (1946-1998). Gris

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2022, tous les âges de la danse contemporaine

Danse | L’année 2022 sera l’occasion de réviser ses classiques de la danse contemporaine : Maguy Marin, Jiří Kylián, Ohad Naharin, Pina Bausch… Et entre deux révisions, de découvrir aussi nombre de jeunes talents internationaux.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 janvier 2022

2022, tous les âges de la danse contemporaine

L’année chorégraphique commence dans un grand souffle signé Mourad Merzouki. Avec sa nouvelle pièce Zephyr, la figure de proue du hip-hop français lance dix interprètes dans les turbulences d’un vent bien concret sur scène, avec lequel et contre lequel il s’agit de danser, sur une musique signée Armand Amar et au travers d'une scénographie riche en objets divers et étonnants (à la Maison de la Danse du 11 au 21 janvier). Des tourbillons qui se poursuivront avec le Ballet de Genève qui vient à Lyon danser une pièce d’Andonis Fondianakis, Paron, sur un concerto pour violon de Philip Glass, véritable vertige de mouvements calés sur le tempo accéléré de la musique (du 26 au 30 janvier à la Maison de la Danse). Le hip-hop fera son retour à la Maison de la Danse (du 23 au 26 mars) avec deux compagnies, dont une 100% féminine Femme fatale, et M

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Dix expositions à voir d’ici l’été

Arts | Notre sélection de dix événements dans les musées et les galeries de Lyon. On y croisera quelques figures connues (William Klein, Andy Warhol, Valère Novarina…) et surtout un grand nombre d’artistes français et internationaux méconnus à découvrir.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 janvier 2022

Dix expositions à voir d’ici l’été

Klein d’œil Fêtant ses quarante ans, la galerie photo Le Réverbère prolonge sa très belle exposition collective actuelle (jusqu’au 29 janvier) où l’on peut voir ou revoir des images de tous les photographes de la galerie (Denis Roche, Bernard Plossu, Arièle Bonzon, Géraldine Lay…). Ensuite, au printemps, la galerie annonce une exposition très attendue consacrée au grand William Klein qui fêtera quant à lui ses… 96 ans ! L’exposition réunira une centaine d’images de Klein, balayant tous les aspects de son œuvre, de la street photography choc de ses débuts aux "contacts peints", œuvres plus plastiques. Klein + L’Atelier À la Galerie Le Réverbère du 12 mars au 30 juillet ELYX et Warhol Pionnier de l’art numérique en France, Yacine Aït Kaci a réalisé de nombreuses œuvres et installations immersives, floutant les frontières entre le réel et le virtuel. En 2011, son personnage ELYX (un petit bonhomme tout simple au large sourire) s

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"Tromperie" d'Arnaud Desplechin : quelques maux d’amour

Drame | Adaptation d’un roman de Philip Roth qui lui trottait depuis longtemps en tête, la tromperie de Desplechin est aussi un plaidoyer pro domo en faveur du droit de l’artiste à transmuter la vérité de son entourage dans ses œuvres. Quitte à confondre amours privées et fictions publiques.

Vincent Raymond | Mercredi 29 décembre 2021

Fin des années 1980. Écrivain à succès américain provisoirement exilé à Londres, Philip accueille dans le petit appartement où il travaille sa jeune maîtresse anglaise. Entre deux galipettes, ils parlent, ou plutôt elle parle et il l’écoute, prenant des notes comme il a l’habitude de le faire depuis toujours avec ses conquêtes. Le soir, il retrouve sa compagne officielle ou ses obligations mondaines, échangeant parfois avec ses anciennes liaisons, lesquelles ont toutes laissé une trace dans son œuvre. Et vitupère à l’envi contre l’antisémitisme systémique au Royaume-Uni… Film verbal plus que verbeux, resserré autour d’un couple (pas toujours le même, bien que l’homme demeure identique), Tromperie tranche dans la filmographie de Desplechin par sa relative linéarité puisqu’il accompagne un double processus : l’édification d’un amour et celui de l’œuvre codépendante. Certes, Roubaix, une lumière (2019) présentait déjà une structure narrative plus “disciplinée” qu’à l’ordinaire chez le cinéaste, mais c’était surtout parce qu’elle s’inscrivait dans un genre bien particu

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Jean-Paul Deniaud : « ça ne sert à rien de sauver la planète si on ne peut pas faire la fête »

ACTUS | Ancien rédacteur en chef de Trax Magazine, Jean-Paul Deniaud a récemment co-fondé Pioche!, un magazine en ligne et une newsletter dédiés aux nouveaux récits de l’écologie et à l’engagement du monde de la culture. Rencontre à quelques jours de sa venue à Hôtel 71.

Louise Grossen | Mardi 4 janvier 2022

Jean-Paul Deniaud : « ça ne sert à rien de sauver la planète si on ne peut pas faire la fête »

Pouvez-vous nous présenter le magazine Pioche! ? Jean-Paul Deniaud : Pioche! est né en juin dernier. Mais le projet a germé quand j'étais rédacteur en chef de Trax Magazine. J'avais déjà envie d'aller plus loin et de parler de musique électronique pour parler de la société. À la faveur du Covid et d’une réflexion avec mon ami Calixte de Procé, on a eu envie de porter ce journalisme-là en faisant un média dédié à l’écologie. Pour en parler de manière positive, dynamique, d’une façon qui soutienne les projets locaux, à la manière de ce que l’on faisait chez Trax pour des collectifs de musique et des artistes, mais cette fois-ci avec des acteurs de l'écologie. Pioche! appartient au journalisme de solution. Que répondre aux sceptiques qui reprochent à ce genre de récits une dimension utopique ? Il faudrait leur répondre que le journalisme de solution part avant tout d'un problème... C’est au contraire un journalisme à la fois très réaliste et pragmatique sur les enjeux de demain. C’est identifier les

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La compagnie Courir à la catastrophe s'offre une quinzaine aux Célestins

Théâtre | Deux reprises. Une création. Trois spectacles. Et quinze jours pour (re)découvrir la jeune et sagace compagnie lyonnaise Courir à la catastrophe, CALC pour les intimes.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

La compagnie Courir à la catastrophe s'offre une quinzaine aux Célestins

Il y a eu aux Clochards Célestes en février 2019 deux petits ovnis de théâtre traçant déjà les contours de la jeune compagnie Courir à la catastrophe, formée par les comédiennes Alice Vannier et Sacha Ribeiro à leur sortie de l’ENSATT, deux ans plus tôt. Il s’y dessinait une capacité à réfléchir et à débattre sur notre société en se plongeant dans La Misère du monde dirigée par Pierre Bourdieu (En réalités, lauréat du Prix Célest’1) et en faisant une introspection sèche de ce qu’individuellement nous sommes, nos attirances, nos intimités (5-4-3-2-1 j’existe). En plus de ces deux reprises, Sacha Ribeiro créera Œuvrer son cri. Ils seront cinq sur scène pour relater ce qu’est l’occupation d’un théâtre telle que le metteur en scène l’a vécue ici-même, aux Célestins, lors des manifestations contre la loi El Khomri. D’autres plus anciennes (Odéon-68…) y résonneront. Il ne s’agit pas d’un entre-soi

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"Licorice Pizza" de Paul Thomas Anderson : sweet seventies

Comédie dramatique | Deux jeunes gens que près de dix ans séparent apprennent à s’aimer, non sans peine. À la fois roman picaresque et d’apprentissage, une balade sur la carte américaine du tendre à l’aube des 70’s. Une carte postale datant de l’époque du pétrole illimité, des waterbeds et des cols pelle à tarte confiée à d’inattendues têtes d’affiche.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

San Fernando, L.A., 1973. À la fois lycéen, comédien et à l’affût de la moindre opportunité entrepreneuriale, le jeune Gary Valentine tombe sous le charme d’Alana, l’assistante du photographe de l’école. Le fait qu’elle ait la vingtaine ne l’arrêtant pas, l’ado culotté engage une opération de séduction qui ne laisse pas totalement insensible sa putative dulcinée. Chronique de leur histoire, entre hauts et bas… Ne vous attendez pas à découvrir dans ce film la recette (ni la moindre apparition) de la pizza à la réglisse promise par le titre ! Cette espèce de chimère culinaire, que les papilles peinent d’ailleurs à conceptualiser — quand bien même elles auraient tâté de l’improbable Hawaïenne — doit se comprendre comme l’équivalent alimentaire doux-amer de notre mariage entre la carpe et le lapin. Une sorte d’attelage improbable entre deux caractères davantage suscep

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Ce qui vous attend côté rap les prochaines semaines

Rap | Petit survol des concerts rap qui ont suscité notre attention, d'Orelsan à Casey.

Alpha Saliou Diallo | Mardi 4 janvier 2022

Ce qui vous attend côté rap les prochaines semaines

Jam Groove Une soirée animée par le multi-instrumentiste Yacha Berdah (soliste chez Ibrahim Maalouf) et le batteur / beatmaker Hugo Crost, tous deux auteurs de The Way — un excellent single hip-hop / jazz aux couleurs boom-bap. Cette jam est menée par des experts qui mettent du corps dans le mélange entre instruments et machines. Le genre de scène ouverte où les talents se croisent et des projets se dessinent. Au Hot Club mercredi 26 janvier Orelsan Il n’est plus à présenter, son nouvel album Civilisation ;et la série documentaire dédiée sur Amazon Prime (Montre jamais ça à personne) ont fait le taf de promo. Orelsan fait escale vendredi 28 janvier à la Halle Tony Garnier, du moins on l’espère, le début de tournée étant reporté à mai. À l'heure de notre bouclage, ce concert est maintenu. À la Halle Tony Garnier vendredi 28 jan

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Au Théâtre de la Croix-Rousse, Johanny Bert reprend son Processus

Théâtre | Après Hen et avant Une épopée, Johanny Bert présente à Lyon, au Théâtre de la Croix-Rousse auquel il est associé, sa mise en scène du Processus. Cette pièce d’une heure (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Au Théâtre de la Croix-Rousse, Johanny Bert reprend son Processus

Après Hen et avant Une épopée, Johanny Bert présente à Lyon, au Théâtre de la Croix-Rousse auquel il est associé, sa mise en scène du Processus. Cette pièce d’une heure (présentée dans le studio) a été écrite par Catherine Verlaguet pour être jouée dans les lycées. Le sujet parfaitement mené – une ado de 15 ans tombe enceinte lors de son premier rapport et décide d’avorter – a tant touché les ados qu’ils ont demandé à ce que leurs parents puissent voir ce travail. Ce sera chose possible du jeudi 13 au samedi 15 janvier. Porté par la performance solo de la comédienne Juliette Allain, ce texte est à la fois juste et drôle, documenté et jamais moraliste et dit comment ce personnage décide avec courage d’arrêter le « processus » de ce qui n’est encore qu’un « dédoublement cellulaire ». L’enfant, c’est elle.

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"Street Food des Gones" : un livre de portraits et de recettes

Street Food | De bons artisans rencontrent des jeunes cuistots et paf !, ça fait de la cuisine qu’on mange avec les doigts. Et à la fin, un livre de portraits et de recettes, Street Food des Gones.

Adrien Simon | Mardi 4 janvier 2022

Lyon semble être devenue une place forte de la street food en France. Pour preuve, le Lyon Street Food Festival a encore accueilli cet automne quelques dizaines de milliers de visiteurs. Cela peut surprendre : manger en marchant n'est pas inscrit dans la tradition locale — un bouchon invite à s'attabler. Le récent succès de la street food doit donc être mis sur le compte de quelques acteurs qui s’échinent à rafraîchir la gastronomie d’entre Rhône et Saône. Parmi ceux-ci, La Food Factory et La Buvette Lyonnaise, « dénicheurs de tendances culinaires », qui se sont associées pour auto-éditer ce livre. Bouquin qui tente justement de faire exister une nourriture de rue à l’accent rhodanien, telle qu’elle est servie à Food Traboule : on pense au grec d’andouillette ou aux frites de quenelles du stand La Meunière. L’idée, c’est que la street

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Les ombres ondulatoires de Jean Bellorini au TNP

Théâtre | Dans Le Jeu des ombres, pensée pour la cour d’honneur du Festival d’Avignon 2020 annulé, Jean Bellorini, avec Valère Novarina et Monteverdi, embrasse en musique et en mots, le monde des morts, plus vivant qu’on ne le croit.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Les ombres ondulatoires de Jean Bellorini au TNP

Au départ, il y a l’Orfeo de Monteverdi. Jean Bellorini, qui a toujours accordé une place primordiale à la musique dans ses créations, s’y intéresse tant qu’il l’a présentée à la basilique de Saint-Denis en 2017. Pourquoi Orphée, à qui est accordé de retrouver sa dulcinée Eurydice dans les ténèbres, ne peut s’empêcher de se retourner pour la voir et la perdre ainsi à jamais ? C’est une relecture de ce récit que le directeur du TNP a commandé à Valère Novarina, avec lequel il avait déjà cheminé en 2008 pour une Opérette imaginaire. Cet auteur, chantre du langage inventé, produit une langue aussi satellisée – non on ne comprend pas tout au Jeu des ombres et ce n’est pas nécessaire – que foncièrement terre-à-terre. Les parties du corps y sont nommées sans détour, l’homme est rendu à son espèce animale sans que cela ne le déprécie, bien au contraire — c’est une « bête qui parle » — car « il n’y a jamais eu personne dedans » nous dit un "enfant de la colère". « Le suicide ne sera admis qu’à titre rétrospectif » Neuf comédiens, sept musiciens et deux chanteurs sont ici réunis

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"Matrix Resurrections" de Lana Wachowski : puissance quatre

Science-Fiction | Vingt ans et des poussières après que les Wachowski ont anticipé le principe du métavers en extrapolant les babils d’Internet et les écrits de Philip K. Dick, Lana W. remet le couvert en solo pour un nouvel opus tenant à la fois du palimpseste, du reboot en version augmentée, du prolongement et de l’objet théorique semi-parodique. Une sorte de Matrix 4.0…

Vincent Raymond | Mardi 21 décembre 2021

Comme un air de déjà-vu… Un groupe de rebelles assiste à la tentative d’arrestation par la police et les Hommes en noir d’une amazone qui, naturellement, parviendra à leur échapper. Décor, angles de prises de vue, ambiance colorimétrique, dialogue… À quelques détails près, la séquence est identique à celle ouvrant Matrix (1999). Sauf qu’ici l’agent Smith et Morpheus sont plus jeunes, et que le second est un transfuge de la Matrice. Quant à Néo, il arbore à nouveau l’identité de Thomas Anderson, un créateur de jeux vidéo ayant jadis connu le succès en programmant la trilogie Matrix, sommé par la maison-mère de sa boîte — le studio Warner, authentique producteur de la franchise cinématographique — de fournir un quatrième épisode. Différence notable : il est envahi de pensées parasites et soigne ce qu’il pense être une schizophrénie galopante auprès de son analyste, lequel lui prescrit des pilules bleues… Turing point L’une des grandes forces de Matrix, premier du nom, était d’avoir induit une révolution dans le spectacle du film

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