Camille de Toledo : « un temps autre s'est ouvert »

Podcast | Camille de Toledo, écrivain et chercheur, repense sa résidence croisée initiée à Lyon en un rendez-vous de conversations à distance, chaque mardi. Toujours sous l'égide de l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab. Il nous explique.

Sébastien Broquet | Mardi 9 juin 2020

Photo : Camille de Toledo © Tonatiuh Ambrosetti / Fondation Jan Michalski


Vous remodelez votre cycle de résidence et de rencontres à Lyon en une forme nouvelle, des conversations nocturnes chaque dimanche soir : pouvez-vous nous présenter ce concept et comment il va se dérouler ?
Camille de Toledo : Je crois ardemment aux vertus d'une conversation croisée entre les arts et les sciences humaines, entre une poétique et une politique, entre thérapeutique et savoir. C'est à cette intersection que nous avons lancé avec l'École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l'European Lab, en janvier dernier, le cycle "Enquêter, enquêter, mais pour élucider quel crime ?". Nous vivons aujourd'hui à l'heure d'une très vaste révélation d'un "crime terrestre", ce qu'on nomme également en droit un écocide, même si la notion n'est pas encore, hélas, reconnue pénalement. Quand nos affaires humaines, à l'échelle planétaire, ont été interrompues par cet "inframince" qu'est le virus, un temps autre s'est ouvert. "À quoi pensez-vous ?", ce cycle de conversations à distance est la réponse que nous offrons à cet autre temps.

Quel casting pour vos invités et invitées successifs ? Du chamane Denis Cellier à Emmanuel Alloa, le champ traité est vaste. Que visez-vous ? Pouvez-vous nous présenter les convives ?
Dans l'esprit des différentes institutions engagées dans ces conversations, je crois qu'il y a ce désir de ré-attacher, par mon biais, la littérature avec les savoirs. Je suis un écrivain-chercheur. J'ai travaillé ces cinq dernières années sur la notion de "vertige", qui pose la question de nos liens au monde. À quoi tenons-nous ? Comment sommes-nous reliés à la Terre ? Nous autres, sapiens, nous sommes reliés au monde par des langages, des codes, des paroles, des histoires, des fictions, des architectures, des pensées. J'espère qu'avec mes différents invités et invitées, nous creuserons cette question : « à quoi on tient ? ». Et si, aujourd'hui, nous vivons de plus en plus séparés des autres formes de vie, comment changer, dès lors, nos langages, nos savoirs, nos fictions, pour nous relier au monde ?

Vous verrez que l'on retrouve cette inquiétude des attaches, des liens, dans les diverses conversations. Le rapport entre textes et formes animales (avec Anne Simon), entre la pensée et le corps et les éléments du monde (avec Denis Cellier), entre l'architecture, l'espace et les ordres sociaux (avec Sébastien Thiery)… À chaque fois, je m'efforcerai de porter cette parole, depuis l'inquiétude de nos habitations.
Et vous, à quoi pensez-vous ces derniers jours ? Qu'est-ce qui traverse votre âme ?
Les dernières années pour moi ont été une épreuve. J'ai fait l'expérience d'une quasi mort dans la vie. C'était une mort lente, une paralysie qui s'imposait au corps. Mon travail sur le vertige est parti de là. Je ne tenais plus, tout s'effondrait en moi, y compris la psyché qui était entrainée dans cette chute. Il y a un livre à paraître qui accompagne le cycle sur l'enquête et qui tente de rendre compte de cette traversée de la nuit, qui a pour titre Thésée, sa vie nouvelle. Il sortira en septembre aux éditions Verdier. Et en ce moment, en plus de préparer mes conversations, je mets une touche finale à un essai justement sur les formes de l'habitation humaine, sur les fictions qui nous tiennent au monde. Enfin, depuis l'automne 2019, en parallèle du cycle lyonnais, je coordonne les travaux du « parlement de Loire », qui travaille à une reconnaissance juridique des éléments de la nature.

Programme

16 juin : Sébastien Thierry
Politiste et maître assistant associé à l'École nationale supérieure d'architecture de Paris Malaquais. En 2012, il fonde avec le paysagiste Gilles Clément le P.E.R.O.U. – Pôle d'Exploration des Ressources Urbaines – laboratoire de recherche-action sur la ville hostile « conçu pour faire s'articuler action sociale et action architecturale ».

23 juin : Marie Cosnay
Professeure de lettres classiques, traductrice de textes antiques et écrivaine. Elle a reçu le Prix Nelly Sachs et le Prix Bernard Hoepffner pour sa traduction remarquée des Métamorphoses d'Ovide (Ogre, 2017). Elle est également activiste en faveur de l'accueil des migrants, thème qu'elle aborde dans un blog qu'elle tient régulièrement sur Mediapart.

30 juin : Denis Cellier
Chamane, thérapeute, Denis Cellier a étudié l'ostéopathie avant de s'ouvrir aux différents savoirs des médecines traditionnelles. Il a suivi les enseignements de François Roustang sur l'hypnose, les chemins initiatiques de Carlos Castaneda. Sa pratique thérapeutique s'appuie sur les capacités d'auto-guérison du corps, en liaison avec des techniques classiques de méditation.

7 juillet : Fredérique Aït-Touati
Chargée de recherche au CNRS et membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (EHESS), Frédérique Aït-Touati est historienne de la littérature et des sciences modernes, spécialiste du XVIIe siècle, et également metteure en scène de théâtre. Ses travaux académiques portent sur les rapports entre littérature, arts et savoirs.

14 juillet : Emmanuel Alloa
Professeur ordinaire en esthétique et philosophie de l'art à l'Université de Fribourg. Il dirige la collection Perceptions et co-dirige la collection Médias/Théories aux Presses du Réel. Ses recherches portent notamment sur l'esthétique et la théorie du visuel, la phénoménologie française et allemande, la philosophie sociale, la théorie des médias et l'histoire des techniques.

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Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

Festival | Nuits sonores aura lieu pour la première fois en été, fin juillet, avec un format adapté, assis ou couché — mais bel et bien à Fagor-Brandt. L'European Lab se déroulera en juin uniquement sur Internet.

Sébastien Broquet | Jeudi 29 avril 2021

Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

C'est officiel : Nuits sonores aura bien lieu, l'European Lab aussi. Décorrelés, adaptés, un poil réduits, repensés, mais ces events trouveront bel et bien leur place dans le calendrier 2021. Sauf catastrophe du style variant indien & co, bien sûr. Alors, quand ? Pour Nuits sonores, ce sera du 20 au 25 juillet (dont cinq soirées de 18h à minuit, du mardi au samedi, et un bonus le dimanche encore en cours de réflexion) et en grande partie du côté de Fagor-Brandt, comme ces dernières années, même si quelques spots extérieurs pourraient être envisagés — on parle d'un after débutant à 6h du mat', se terminant à midi, au Sucre. Il y aura aussi des before à Heat avec des cartes blanches pour des collectifs locaux. L'ancien site industriel de Fagor-Brandt, situé dans le 7e arrondissement, a l'avantage d'être immense, d'offrir différentes possibilités, de la déambulation comme de grands espaces où des groupes pourront jouer à même le sol pour un public as

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Littérature | Après nous avoir expliqué en quoi consisterait son édition 2021, en ligne, la Fête du Livre de Bron livre les détails de sa programmation, adulte et jeunesse, et donne rendez-vous du 10 au 28 mars, du mercredi au dimanche, sur son site Internet.

Stéphane Duchêne | Lundi 1 mars 2021

Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Fête du Livre de Bron | Passé entre les gouttes l'an dernier en se tenant un mois plus tôt que d'habitude, la Fête du Livre de Bron a attendu 2021 pour être rattrapée, comme tout le monde, par le Covid. Et à dû renoncer à se tenir autrement que virtuellement. L'occasion pour le festival brondillant de se repenser pour le présent et pour l'avenir et d'être au final plus... présent. Son directeur Yann Nicol nous explique comment.

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Le 2 février, la Fête du Livre a annoncé qu'elle se tiendrait en numérique. Une annonce qui a mis par terre plusieurs mois de préparation d'une édition qui se voulait adaptée à la situation sanitaire. Yann Nicol : Nous avons poussé jusqu'au bout pour essayer de tenir les choses mais au bout d'un moment la persévérance devient de l'entêtement. On a essayé de se mettre en situation de pouvoir répondre, d'être prêt avec une formule "en présentiel", comme on dit, plus adaptable. On avait notamment décidé de ne pas organiser le festival à l'hippodrome de Parilly parce que c'était un lieu très vulnérable à la fermeture, qui nous coûte cher, comme les locations de chapiteaux. Je ne voulais pas mettre de l'argent dans un lieu qui aurait trois chances sur quatre d'être fermé, ça me semblait complêtement déraisonnable. Et ouvrir l'hippodrome avec une jauge de 500 personnes, ça promettait d'être absolument sinistre. M

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La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

Littérature | La traditionnel rendez-vous de mars fidélisant les amateurs de littérature n'aura pas lieu cette année — et se contentera d'une édition virtuelle, comme plusieurs autres événements (Assises Internationales du Roman, Quais du Polar...) l'ont fait l'année dernière.

Sébastien Broquet | Mardi 2 février 2021

La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

En 2020, ayant avancé ses dates pour ne pas se superposer aux élections municipales, la Fête du Livre de Bron avait réussi à se tenir tout à fait normalement et à ne pas intégrer la longue liste des événements annulés, toujours en cours d'élaboration — et ce sans doute jusqu'à l'automne prochain. Mais pour cette 35e édition de 2021, c'est rapé : « après avoir tenté, avec enthousiasme et persévérance, de proposer un festival en présence des auteurs et du public, l'association s'est résolue à transformer la 35e édition de la Fête du Livre de Bron en un événement 100% digital. Une formule inédite et attractive, entièrement en ligne, qui se déploiera sur les réseaux sociaux et le tout nouveau site de la Fête du Livre de Bron, appelé dans l'avenir à constituer un véritable média numérique autour de la littérature, des sciences humaines et de la littérature jeunesse. Dans le contexte actuel, l’équipe de la Fête du Livre de Bron est plus que jamais convaincue de la nécessité de donner la parole aux écrivains, aux intellectuels et aux artistes pour comprendre le temps présent et en

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La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

Littérature | Après avoir avancé son édition 2020 en février pour des raisons de calendrier — ce en quoi les organisateurs ont été involontairement bien inspirés — la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2020

La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

Après avoir avancé son édition 2020 en février pour des raisons de calendrier — ce en quoi les organisateurs ont été involontairement bien inspirés — la Fête du Livre de Bron réintégrera l'an prochain ses quartiers du mois de mars. Pour sa 35e édition, le festival brondillant se tiendra du 3 au 7 mars 2021. En attendant, podcasts (des rencontres des éditions passées notamment mais aussi du Bookmakers mensuel proposé par Richard Gaitet sur Arte radio — et conseils de lecture sont à retrouver sur le site de la Fête du Livre. Et en septembre, on connaîtra les livres sélectionnés pour le Prix Summer, remporté cette année par Anne Pauly avec Avant que j'oublie, et dont le vainqueur est désigné par un panel de lecteurs régionaux.

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Santiago Amigorena, l'enfant du silence

Littérature | Avec Le Ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena livre le roman qui planait sur toute son œuvre. Où l'auteur franco-argentin brise le silence hérité d'un grand-père juif accablé par la peine d'avoir survécu, parce qu'exilé, à l'Holocauste qui emporta sa mère.

Stéphane Duchêne | Mercredi 12 février 2020

Santiago Amigorena, l'enfant du silence

[Edit-Fête du Livre] D'où vient que les écrivains mettent parfois la moitié d'une vie - cinq, dix livres - pour écrire le livre que porte depuis la première ligne leur geste littéraire, s'affronter yeux dans les yeux au sujet pour lequel ils s'installent chaque jour à l'écritoire et qui supporte, subliminal, l'œuvre jusque-là délivrée ? Eux-mêmes ont rarement la réponse, probablement à chercher du côté d'une maturation psycho-généalogique qui soudain bourgeonne à découvert, nue comme un ver et qu'on ne peut plus ignorer. La question est particulièrement sensible s'agissant de Santiago Amigorena qui depuis 21 ans écrit pour dire qu'il ne peut pas dire, aveu formalisé en préambule de ce Ghetto Intérieur à l'évocation d'une œuvre autobiographique qui porte un abyssal non-dit. Soit l'histoire du grand-père Vicente Rosenberg, juif polonais devenu argentin - qui ne se sent aucun des trois - à qui parviennent dès 1940 des nouvelles de plus en plus funestes de Pologne où les Juifs, son frère, sa mère, restés à Varsovie, sont parqués dans un ghetto dont il peine à mesurer les contours, à comprendre ce qui vraiment

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Laurent Binet : « une autre mondialisation était possible »

Fête du Livre de Bron | Et si, au lieu du contraire, les Incas avaient "découvert" et asservi l'Europe ? C'est ce renversement qu'opère Laurent Binet, invité de la Fête du Livre, dans son fascinant Civilizations (Grasset), Grand Prix de l'Académie Française. Un roman picaresque où l'érudition historique sert justement à tordre la vérité de l'Histoire pour accoucher d'un autre monde.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2020

Laurent Binet : « une autre mondialisation était possible »

Qu'est-ce qui a présidé à la démarche de ce livre et pourquoi cette histoire-là ? Laurent Binet : C'est une invitation au salon du livre de Lima qui m'a fait m'intéresser à la conquête de l'Amérique, aux pré-Colombiens. Un livre de Jared Diamond, aussi, De l'inégalité parmi les sociétés, dans lequel il pose la question : « Pourquoi est-ce Pizarro qui est venu capturer Atahualpa au Pérou et pas Atahualpa qui est venu capturer Charles Quint en Europe ? » Là, je me suis dit que j'allais raconter cette histoire alternative. Vous semblez avoir conçu Civilizations comme un scénario de jeu vidéo, dont le lecteur serait le héros... Le "z" du titre est effectivement une référence au jeu vidéo. Et j'ai conçu l'histoire de ce livre comme un jeu de stratégie. Comment on fait pour conquérir u

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À l'école de l'Anthropocène : Les Soucis de la terre

Réflexion | Pour sa deuxième édition, la déjà indispensable École de l'Anthropocène réinvestit les Halles du Faubourg pour passer notre ère à la question et – peut-être – sauver le monde.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 janvier 2020

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Au vu du succès rencontré par sa première édition et du délitement toujours plus inquiétant du monde (poke l'Australie), nous voici de retour À l'école de l'Anthropocène — cette époque, la nôtre, où les activités humaines ont un impact important sur la biosphère — pour une vaste semaine de réflexion portée par l'École Urbaine de Lyon. L'idée, défendue pa son directeur Michel Lussault : « débattre des questions liées aux défis que nos sociétés vont devoir affronter en raison des effets du changement global dont les manifestations sont de plus en plus flagrantes. » « Faire école » c'est bien ici ce dont il s'agit au rythme de cours, ouverts à tous, aussi denses que passionnants, dans le sillage de spécialistes pluridisciplinaires . À celà viennent s'ajouter débats ("A-t-on eu raison d'inventer l'agriculture ?", "Faut-il attendre un post-capitalisme réparateur ?"), ateliers et

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Fête du Livre de Bron : un idéal, des idées hautes

Fête du Livre de Bron | Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

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Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a dégainé pour cette édition 2020 anticipée un thème toujours fort à propos qui clame "Une soif d'idéal" dans ce monde où la moindre utopie, inspiration révolutionnaire toute entière contenue dans le "rouge idéal" baudelairien étouffe sous le poids d'un pragmatisme au cynisme rampant. La formule, elle, ne change pas qui alterne grands entretiens, tables rondes et lectures concepts (François Atlas et ses Fleurs du mal musicales, Charly Delwart et sa Databiographie). Et bien sûr grands noms (Jean-Paul Dubois, Leonora Miano, Jonathan Coe, Luc Lang, Laurent Binet) et semi-découvertes prises en flagrant délit de confirmation (Emma

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Le Goncourt Jean-Paul Dubois à la Fête du Livre de Bron

Littérature | C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 25 novembre 2019

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C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager leur « soif d'idéal » – thème de la cuvée 2020. Il faut dire que l'événement se déroulera un peu plus tôt que précédemment puisque cette édition investira l'hippodrome de Parilly du 12 au 16 février. Avant le dévoilement complet du programme le 9 janvier prochain, voici déjà les quelques noms avancés : notre bien aimée Emmanuelle Pireyre, comme éminente régionale de l'étape que l'on verrait bien dialoguer en sa chimère européenne avec le brexité Jonathan Coe, également de la partie ; Lionel Duroy ; Mathilde Forget et une brassée d'écrivains nouvellement décorés : Laurent Binet (Grand Prix de l'Académie française), Luc Lang (Prix Médicis), Cécile Coulon (Prix littéraire du Monde), Manuel Vilas (Prix Femina étrange

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Prix Summer 2020 : la sélection

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Stéphane Duchêne | Dimanche 8 septembre 2019

Prix Summer 2020 : la sélection

Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son nom, est décerné par un collège de lecteurs issus de 42 médiathèques de la métropole. Il avait l'an dernier récompensé Tiffany Tavernier pour Roissy (Sabine Wespieser). Comme de saison, la Fête du livre vient de dévoiler la liste des cinq romanciers en lice pour l'édition 2020 : Julia Deck pour Propriété privée (Minuit), Hélène Gaudy pour Un Monde sans rivages (Actes Sud), Vincent Message pour Cora dans la spirale (Seuil), Anne Pauly pour Avant que j'oublie (Verdier) et Sylvain Prudhomme pour Par les Routes (L'arbalète/Gallimard).

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Maële Giard : « il faut arrêter de demander, il faut prendre »

Activisme Climatique | À 22 ans, Maële Giard lutte pour la justice climatique. Étudiante en études urbaines, militante d'associations écolos et Gilets jaunes, elle interviendra lors de la table ronde du Lab de Nuits sonores consacrée aux "Nouveaux activismes pour la justice climatique" ce vendredi. Où il est question d'écologie et donc de politique.

Nadja Pobel | Mardi 28 mai 2019

Maële Giard : « il faut arrêter de demander, il faut prendre »

Quels sont les actes à accomplir aujourd'hui pour plus de justice climatique ? Maële Giard : La ville est tellement polluante aujourd'hui qu'il est compliqué de se dire qu'on va réussir à changer la donne d'un point de vue climatique à cet endroit. Une prise de distance avec l'urbain est nécessaire. Il faut regarder les petites villes, les périphéries pour expérimenter des vies plus collectives, voire communautaires, d'entraide, de rattachement à la terre. Et ça passe par la consommation (manger local et bio), les jardins partagés, les composts collectifs. Mais ce n'est pas assez et il faut faire très attention à l'écologie moralisante. C'est même dangereux de dire que cela repose sur l'individu car ça déculpabilise et déresponsabilise l'ensemble de la classe politique et des élites dominantes. Le mouvement des Gilets Jaunes est-il à vos yeux en lutte pour plus de justice climatique ? Oui, les Gilets Jaunes ont rejoint la Marche pour le Climat de samedi dernier. Des événements ont été montés avec des groupes écologistes lyonnais. En AG, on parle de permaculture, des gestes écolos que chacun fait

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Le monde des livres

Littérature | Avant la saison des festivals d'été, il y a celle des festivals littéraires, nourrie des centaines de livres parues en quelques mois et des milliers d'idées qui les composent. Tour d'horizon des événements littéraires majeurs du printemps.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 janvier 2019

Le monde des livres

Fête du Livre de Bron Retour à une thématique cette année, et même à une thématique forte pour la Fête du Livre de Bron qui explorera les recoins littéraires de "La Vie sauvage" : animalité de l'humain, violence du monde, libéralisme sauvage, question environnementale mais aussi subversion et insoumission. Où l'on retrouvera notamment le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux (pour une collaboration qui s'annonce savoureuse avec le musicien Florent Marchet), mais aussi de nombreux autres comme Serge Joncour, David Diop, Charif Majdalani, Marielle Macé, Pascal Blanchard. Florence Aubenas, Andreï Kourkov, Domonique A, François More, FabCaro ou Jérôme Ferrari. Plus de détails sur cet alléchant programme le 23 janvier. À l'Hippodrome de Parilly du 6 au 10 mars Quais du Polar En dépit du réchauffement climatique, ils seront un peu glacés, cette année, les Quais du Polar. Le festival ayant choisi de rendre hommage au polar nordique et à ses joyeuses spécificités littéraires, culturelles et politiques. En invitant pas moins de 25 auteurs

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Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Littérature | Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 décembre 2018

Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour l'attribution du prix, les organisateurs proposent toujours aux lecteurs de 37 médiathèques et bibliothèques de l'agglomération de choisir parmi cinq ouvrages et cinq auteurs à découvrir, lors de dix rencontres en bibliothèques, le roman de la rentrée littéraire de l'automne. Le prix étant remis lors de la Fête du Livre le vendredi 8 mars. Parmi les auteurs sélectionnés, l'on trouve notamment le lauréat du Prix Goncourt 2018 Nicolas Mathieu avec son roman Leurs enfants après eux (Actes Sud). Lequel répondra, en public, aux questions du groupe de lecteurs de la Médiathèque Jean Prévost de Bron le 12 décembre prochain à 19h. Une rencontre suivie d'une dédicace qui constituera un bel avant-goût de la Fête du Livre dont Nicolas Mathieu sera l'un des invités marquants.

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Ce qu'il faut écouter au Lab

European Lab | L'European Lab se déroulera à l'université Lyon 3 du 7 au 9 mai, avec en guise de fil rouge une certaine idée de l'utopie. Conférences, ateliers, formations, émissions, masterclass rythmeront cette 8e édition : en voici cinq temps forts.

La rédaction | Lundi 30 avril 2018

Ce qu'il faut écouter au Lab

#Culture Élus, artistes et professionnels de la culture interrogent le devenir et le rôle des politiques culturelles des villes de demain lors de la conférence "La Culture, moteur des villes européennes", le 8 mai à 18h. À l’inverse de quelques grands villes européennes, Lyon semble en retard dans sa capacité à faire émerger des tiers-lieux innovants. La conférence "Les tiers lieux innovants à Lyon", qui aura lieu le 9 mai à 10h à Soffa, sera l’occasion d’en parler. #Kebab En before ou en after, proche du Berghain à Berlin, ou dans le quartier des Terreaux à Lyon, le kebab est devenu l’indispensable d’une soirée. On se rappelle qu’il y a quelques mois, le parlement européen avait défrayé la chronique en parlant d’une possible interdiction du sandwich en Europe. Au cours de cette conférence intitulée "Kebab, sauce européenne", universitaires, artistes et journalistes se poseront la vraie question : tomates, salade, oignons ? Le 9 mai à 14h. #Web-radio Partout en Europe, les webradios se multiplient. Cette émission "La radio est morte, vive la webradio" (le 9 mai à midi) traitera donc des nouvelles pratiques d’écout

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Rutger Bregman : « notre vision de la pauvreté est paternaliste »

European Lab | Antidote à la morosité ambiante et instigateur de progrès, Utopies réalistes de Rutger Bregman séduit de plus en plus de par son idée fondamentale : la mise en place d’un revenu universel de base. Son auteur sera à l’European Lab le 9 mai pour débattre avec Raphaël Glucksmann de la nécessité de renouer avec les utopies.

Sarah Fouassier | Lundi 30 avril 2018

Rutger Bregman : « notre vision de la pauvreté est paternaliste »

Dans Utopies réalistes, vous déplorez le pessimisme ambiant et notamment médiatique qui « écrase l’individu ». Quelles sont ses conséquences directes ? Rutger Bregman : De nos jours, nous nous inquiétons beaucoup, nous sommes profondément anxieux. Ce qui est paradoxal, c’est que nous prenons de plus en plus soin de nous, de ce que nous mangeons, mais nous nous inquiétons encore trop peu de la qualité des informations que nous absorbons. Les informations télévisées sont la source la plus trompeuse qui soit, elles traitent toujours d’exceptions que cela concerne la corruption, la criminalité, le terrorisme, la guerre. Elles ne représentent pas le monde dans sa globalité, ce qui fausse notre vision de la nature humaine. Si vous les regardez, il y a beaucoup de chances que vous deveniez aussi pessimistes qu’elles. La première étape vers la santé mentale est de jeter sa télévision par la fenêtre et de prendre du recul en lisant des livres, en discutant, en rencontrant des gens dans la vraie vie, en dehors des réseaux sociaux. Il est primordial de réfléchir à la qualité des

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Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Fête du Livre de Bron | Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 mars 2018

Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une nouvelle qui a pour conséquence de repousser la soirée d'ouverture du festival au lendemain, jeudi 8 mars, avec la rencontre avec Pierre Jourde à la Ferme du Vinatier et le récital musical de Marc Alexandre Oho Bambe au Jack Jack.

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Grégoire Bouillier : « Écrire c'est vivre »

Fête du Livre de Bron | Avec "Le Dossier M", enquête sur une histoire d'amour impossible comme clé de l'élucidation du suicide d'un ami, Grégoire Bouillier a livré un livre monstre absolument jouissif de plus de 1700 pages paru en deux volumes. Et continue de se poser en défenseur de la réalité contre les chantres de cette autofiction à laquelle on l'a souvent assigné. Interview fleuve pour une œuvre hors norme.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 mars 2018

Grégoire Bouillier : « Écrire c'est vivre »

Les premiers commentaires sur Le Dossier M se rapportaient surtout à son format hors-norme... Pensiez-vous qu'il soit encore possible de publier une œuvre d'une telle ampleur en 2018, sans faire reculer éditeurs, libraires, journalistes, lecteurs ? Grégoire Bouillier : C'est une question qui s'est posée seulement le livre fini. Pour ma part, j'avais une histoire à raconter et je ne suis pas du tout parti avec l'idée de faire un gros livre, d'autant plus que les précédents étaient brefs. C'est l'histoire que j'avais à raconter qui a décidé du format que ç'a donné à la fin. Ce n'était pas du tout prémédité. Comme le dit la phrase d'exergue, de John Coltrane, « je suis parti d'un point pour aller jusqu'au bout » et ce point, c'était le suicide de Julien. À partir de là, il fallait que je raconte toute l'histoire – toute l'histoire de M – comme une sorte d'enquête conduisant à élucider pourquoi Julien s'était suicidé. J'avais un certain nombre de scènes en tête qui formaient un che

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La voix de Lemaître

Littérature | Donnant au départ dans le polar, l'écrivain et scénariste Pierre Lemaître connut la consécration en 2013 avec le roman Au revoir là-haut, sa première incursion hors (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 janvier 2018

La voix de Lemaître

Donnant au départ dans le polar, l'écrivain et scénariste Pierre Lemaître connut la consécration en 2013 avec le roman Au revoir là-haut, sa première incursion hors du genre policier, qui retrace la trajectoire de deux anciens poilus qui tentant de trouver une place dans la société d'après Grande guerre mettent au point une arnaque aux monuments aux morts. Prix Goncourt 2013, Au revoir là-haut fut adapté en BD en 2015 par l'auteur lui-même avant de connaître un second succès suite à sa transposition cinématographique réussie par Albert Dupontel sortie en octobre de l'année dernière. Soit quelques semaines avant la suite d'Au revoir..., second volet très attendu de la trilogie dite "Péricourt". Couleurs de l'incendie, paru en cette rentrée de janvier, met en scène Madeleine Péricourt – la sœur ruinée de la gueule cassée d'Au Revoir là-haut, Édouard – dans la fureur cruelle des années 30. Un roma

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Livres : la saison des auteurs

Panorama Littérature | Après les deux rentrées littéraires de l'année, riches de plus d'un millier d'œuvres, et avec le printemps, revient la saison des salons et autres manifestations littéraires d'envergure dans l'agglomération. Avant-programme à l'usage du lecteur compulsif.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 janvier 2018

Livres : la saison des auteurs

Fête du livre de Bron La thématique, c'est fini. Désormais, la Fête du Livre de Bron, richesse littéraire oblige, s'articulera sous formes de cycles thématiques à même de lui rendre justice : l'enfance comme pays natal, la vie des autres, le roman familial, le rapport à l'Histoire, le roman social, la littérature de voyage seront autant de points d'ancrage avec les auteurs conviés à cette 32e édition de l'incontournable festival littéraire brondillant. Parmi eux, on retrouvera, comme d'usage, quelques unes des grandes plumes de la rentrée de septembre : Delphine Coulin, Pierre Ducrozet, François-Henri Désérable, Yannick Haenel, prix Médicis pour Tiens ferme ta couronne, Christophe Honoré, Lola Lafon, Monica Sabolo, Marie Richeux, mais aussi des "auteurs de janvier" comme Pierre Lemaître qui honorera dès le 24 janvier une rencontre à la Médiathèque de Bron au

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Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

European Lab | Secrétaire d’État à la modernisation administrative et ancienne adjointe au maire de Lisbonne, Graça Fonseca a fait de Lisbonne puis du Portugal la première capitale et le premier pays à mettre en place des budgets participatifs : soit des budgets soumis à des commissions citoyennes. Entretien.

Lisa Dumoulin | Mardi 30 mai 2017

Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

Quels types de projets ont vu le jour grâce aux budgets participatifs à Lisbonne et au Portugal ? Graça Fonseca : C’est tout nouveau à l’échelle du Portugal, on a commencé cette année, donc il n’y a pas encore de projet réalisé. La période de vote commence en juin et on aura des premiers résultats à la fin de l’année. Au niveau local, à Lisbonne, la plupart des projets concernent la qualité de vie : l’espace public, les espaces verts, les équipements culturels, les espaces de jeux pour les enfants… C’est l’objectif principal : les gens veulent vivre, travailler, avoir des enfants dans une ville agréable. Au niveau national c’est un peu différent. On observe avec cette première expérience de budgets participatifs que les gens proposent beaucoup d’idées ayant trait à l’identité locale, l’Histoire, l’artisanat… C’est important, en tant que pays, de se développer par l’innovation, mais aussi de prendre en compte son ADN, ses traditions, son industrie, son savoir-faire. Le Portugal ne sera jamais la France, la France ne sera jamais l’Angleterre. On doit chercher ce qui nous rend différents des autres et le transformer en richesse. On doit chercher ce

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Tanguy Viel : « Obtenir réparation par le récit »

Fête du Livre de Bron | Un homme, Martial Kermeur, jette dans la rade de Brest un agent immobilier qui quelques années auparavant l'a escroqué comme il a escroqué toute une ville avec un projet de « station balnéaire » jamais édifiée. Puis s'en explique longuement auprès d'un juge. C'est la trame, irrésistible, du roman de Tanguy Viel, Article 353 du Code pénal, écrit sous la forme d'une confession réparatrice. Avec l'idée que la parole et par là, la littérature, peuvent sauver de tout, même du pire. Entretien avec l'auteur, invité de la Fête du livre de Bron. Où il est question de la fin de l'idéal socialiste, de filiation impossible, de l'homme, cette plante verte, de bonne conscience et d'injustice, des Mille et Une Nuits, de Darwinisme et de méta-fiction.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

Tanguy Viel : « Obtenir réparation par le récit »

Qu'est-ce qui a présidé – l'idée, l'image, la situation – à l'écriture d'Article 353 du Code pénal ? Cette scène de meurtre qui ouvre le livre, comme pour s'en débarrasser ? Tanguy Viel : Pour qu'il y ait vraiment roman, il fallait qu'il y ait un acte dramatique fort. Donc la première scène, la scène du meurtre [le narrateur jette à la mer l'agent immobilier qui l'a arnaqué, NDLR], est une des premières que j'ai écrite, même si je savais qu'elle était pratiquement de l'ordre du dénouement. Mais je ne dirais pas que c'est forcément la première idée qui m'a inspiré le livre. D'abord il y a cette histoire toute bête d'imaginer un type qui allait installer une station balnéaire dans la rade de Brest. Le caractère presque absurde du projet était en fait une sorte d'idée romanesque dont je ne voyais pas trop ce que j'allais faire. Et presque parallèlement à ça, ce qui est né, c'est la figure du narrateur, Martial Kermeur. Ce qui m'

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Marie Modianesque

Littérature | Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

Marie Modianesque

Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance mathématique, pour ses albums dont l'un est la mise en musique du recueil précité, par son compagnon Peter Von Poehl, et pour un étrange roman baptisé Upsilon Scorpii. On la connaît évidemment aussi pour être la fille d'un Prix Nobel de Littérature, Patrick Modiano. Une filiation difficile à passer sous silence. En revanche, on la connaît un peu moins pour une histoire toute personnelle, intime, qui est aussi un petit bout d'Histoire de la littérature et qu'elle raconte dans Lointain son deuxième roman. Une histoire comme on ne les invente pas, insatiablement romanesque : celle de sa rencontre, adolescente, avec un jeune américain en 1994 sur le Pont des Arts. Un type un peu errant, musicien, poète, écrivain, qu'elle ramènera à la maison et dont elle finira par découvrir qu'il est l'auteur d'un gigantesque manuscrit écrit en pattes de mouches sur lequel il est urgent de se penche

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Sarah Harrison : « L’information veut être libre ! »

European Lab | Sarah Harrison, émissaire de WikiLeaks, l’organisation internationale qui se bat pour une diffusion transparente de l’information (à l’origine des révélations sur la torture à Guantanamo ou sur la guerre en Afghanistan), était présente sur cette excellente édition 2016 de l’European Lab pour présenter "les dangers de la surveillance de masse et du big data", sans oublier de prendre la défense des lanceurs d’alerte. Nous l’avons rencontrée.

Maxence Grugier | Mardi 10 mai 2016

Sarah Harrison : « L’information veut être libre ! »

Sarah Harrison, vous êtes journaliste et chercheuse en droit, vous avez également aidé Edward Snowden à obtenir l’asile en Russie. Comment avez-vous intégré WikiLeaks ? Sarah Harrison : En 2009, je travaillais pour le Center of Investigative Journalism à Londres. Mon patron était un ami de Julian Assange, et lorsque celui-ci est passé à l’occasion de la diffusion des documents secrets sur la guerre en Afghanistan, il m’a demandé si je ne voulais pas lui servir d’assistante pendant le séjour. Il se trouve que j’avais du temps (rire) ! À propos du danger du big data, beaucoup de gens pensent « si je n’ai rien fait de mal, je n’ai rien à craindre de la surveillance globale, ni de l’intrusion dans ma vie privée. » C’est plus complexe, non ? C’est une question très délicate, et une idée piège très répandue et assez classique, dans laquelle la plupart des gens tombent. Le problème est que l’état du monde a changé très rapidement ces dernières années, plus que jamais dans l’histoire de l’humanité, et que les lois elles aussi ont évolué dans le sens d’une autorisation de plus en plus grande des États et des gou

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Simon Reynolds : retour vers le futur

European Lab | Parmi les invités d'un European Lab de plus en plus passionnant sur le papier, Simon Reynolds viendra évoquer l'une de ses marottes, celle-là même qu'il a décortiquée dans Retromania, comment la culture pop recycle son passé pour s'inventer un futur.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Simon Reynolds : retour vers le futur

On n'en a peut-être pas toujours conscience mais on ne peut évoquer aucun sujet, n'aborder aucun problème sans marcher droit devant, la tête tournée en arrière. C'est tout le paradoxe de notre société ultra-connectée, ultra-techno, qui nous propulse toujours plus vite vers le futur et donc l'incertitude que d'avoir rendu cette réalité encore plus forte. En son temps, le romancier canadien Douglas Coupland évoquait dans son Generation X, « l'Ultra-nostalgie » dont la définition était la suivante : « nostalgie du passé immédiat, "merde, ça allait quand même mieux la semaine dernière" ». Or ce concept sur lequel Coupland mettait alors le doigt nous a attrapé le bras et avalé tout entier. Dans Retromania, qui a définitivement assis sa réputation de popologue, le critique rock Simon Reynolds en fait le constat incontestable : la mise à disposition technologique du passé (musical, culturel plus généralement) a ouvert les vannes d'une nostalgie à laquelle il était bien plus ardu de se connecter du temps du Minitel, du téléphone à cadran ou de l'ORTF. Devant la difficulté à se bâtir une culture qui est aujourd'hui à portée de clics, il était

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L'European Lab pense l'Europe de la culture

CONNAITRE | La culture est-elle facteur de démocratie ? L’édition 2016 de l’European Lab, qui se tiendra du 4 au 6 mai prochain à Lyon, se penche sur l'essor de la culture d'une nouvelle génération dans un contexte de crise démocratique et culturelle européenne.

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

L'European Lab pense l'Europe de la culture

En six ans, l’European Lab Forum s’est imposé comme le rendez-vous incontournable de la culture et de ses acteurs (médias, diffuseurs, producteurs, acteurs économique et artistique) en région Rhône-Alpes-Auvergne, mais également au niveau national et international. Une initiative lancée par Arty Farty (Nuits Sonores) avec le soutien de l’Union Européenne, qui rassemble toutes les volontés et les publics, professionnels ou curieux pour trois jours de furieux brainstorming. Un évènement qui se décline désormais toute l’année, à Lyon, mais également à Paris et Tanger, sur différents formats (sessions ou forums ponctuels). Résolument proactive et politique, l’édition 2016 investira les territoires de la démocratie, de la mutation des industries créatives et de l’impact du numérique sur nos vies dans une période de crise (politique, technologique, éthique morale et économique) afin d’"Inventer une Europe culturelle qui nous soit utile et pertinente" dixit Vincent Carry, directeur d’Arty Farty. Au programme de cette année : plus d’une centaine d'intervenants parmi lesquels l’immense critique et essayiste britannique Simon Reynolds (Retromania,

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William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

CONNAITRE | Invité à réfléchir au(x) "Devenir(s) de la littérature", William Marx est l'auteur du savoureux La Haine de la Littérature où, de Platon le chasseur de poètes à Sarkozy l'allergique à La Princesse de Clèves, cet historien des Lettres recense, explique, réfute et moque 2500 ans d'attaques répétées.

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

Pourquoi vous être intéressé à La Haine de la Littérature ? William Marx : Il faut comprendre ce livre comme une déclaration d'amour à la littérature, mais une déclaration à l'envers. Cette discipline est en but depuis la plus haute antiquité à une hostilité très forte, et c'est peut-être ce qui l'a construit. Il me semblait important de la resituer dans ce contexte, d'énumérer l'ensemble des arguments qui lui ont été objectés et surtout d'y répondre. Ce livre se présente comme un éloge paradoxal de la littérature : à chaque attaque, parfois ridicule, j'oppose un antidote. On est surpris d'apprendre que les premiers pourfendeurs de la littérature furent les plus grands philosophes. L'ensemble des arguments énoncés depuis 2500 ans contre la littérature se trouvent quasiment tous chez Platon. La philosophie, historiquement, est née contre la poésie et ce discours que nous appelons aujourd'hui littérature. À l'époque, Platon rêve d'un État autoritaire totalement idéologique qui serait dirigé par les philosophes. Il va donc essayer de contester un certain nombre d'autres autorités, comme celle du poète – qui a alors

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Olivier Bertrand, de Libé aux Jours

CONNAITRE | Après 23 ans passés à "Libération", dont onze comme correspondant à Lyon, Olivier Bertrand, lance avec quelques anciens collègues "Les Jours" qu’il vient présenter au Lab des Nuits sonores. Alors que ce pure player est encore en gestation, il revient pour nous sur son parcours – et sur ce qu’être journaliste aujourd’hui veut dire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 12 mai 2015

Olivier Bertrand, de Libé aux Jours

Il n’aurait pas dû être journaliste. Il n’y avait même jamais pensé. Olivier Bertrand a grandi en banlieue parisienne à Epinay-sous-Senart, ville HLM, cité-dortoir dans toute sa (non) splendeur. Sans le bac, il multiplie les petits boulots, jusqu’à ce que le patron de la boîte informatique pour laquelle il était chauffeur-coursier le pousse, avec bienveillance mais fermeté, à reprendre ses études : «Il estimait que je n’étais pas idiot mais disait qu’il ne pourrait pas me faire progresser dans l’entreprise sans diplôme». Après obtention de l’ESEU (Examen Spécial d’Entrée à l’Université), Olivier Bertrand s’inscrit en philo et passe ses trois premières heures d’amphi comme sur un nuage : «Pour la première fois j’avais découvert le plaisir d’apprendre» dit-il sans angélisme. Ce sera un tremplin pour enchaîner avec un DESS à l’Institut Français de Presse de Paris 2, des stages à Nice-Matin (pour couvrir les fêtes d’Eddy Barclay !) et, pendant ses études, un premier contact comme pigiste avec Libé, où il retouchera les dépêches à destination de leur 36 15 (!) Libé est un journal

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European Lab met les idées au clair

CONNAITRE | ​Pas facile de discuter valeurs démocratiques et mutations urbaines entre deux marathons électro. C'est pourtant ce à quoi vous invite cette année encore l'European Lab, qui plus est en très bonne compagnie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

European Lab met les idées au clair

L'an passé, l'European Lab avait tenu session dans la foulée d'élections marquées par une franche montée de l'euroscepticisme. Pas de bol, c'est dans un contexte pareillement défavorable, suite à la victoire écrasante du parti de David Cameron au dernier scrutin britannique, que se tiendra sa cinquième édition. Les conférences et débats au programme du pendant citoyen de Nuits Sonores ne devraient en être que plus stimulants, d'autant que ce ne sont pas les invités de qualité qui manqueront. Citons le chercheur danois Fabian Holt, auteur d'un ouvrage de référence sur les classifications musicales (et en quoi elles sont à la fois des grilles de lecture et des sources de confusion), Gérard Berréby, le fondateur des formidables éditions Allia, où sont publiés nombre de textes fondateurs de la contre-culture (des Mémoires de Guy Debord à Can't stop won't stop, la somme hip-hop de Jeff Chang) et la Polonaise Agata Pyzik, contributrice du Guardian et de la bible de l'avant-gardisme sonore Wire qui, dans le bien titré Poor But Sexy. Culture Clashes in Europe East and West

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Résultat du concours Fête du livre de Bron

CONNAITRE | A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs (...)

Benjamin Mialot | Samedi 7 mars 2015

Résultat du concours Fête du livre de Bron

A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs invités. Pour cela, il vous fallait vous fendre d'un texte répondant à la question posée cette année par la Fête : "qu'est-ce qu'on a en commun ?". Vous avez été nombreux à participer (et nous vous en remercions) mais, comme dans Highlander, il ne pouvait en rester qu'un. Il se nomme Daniel Ostfeld et voici sa production : Quelques poils sur le bord de mon oreille. En désordre. Ils me dérangent. J'ai vu les mêmes chez mon voisin et cela m'agace. Quand je regarde mon visage de très près dans la glace, des tempes jusqu'au menton, j'aperçois les pores qui constellent la surface de ma peau, et de toutes petites lignes qui les relient les uns aux autres. Ici et là, quelques poils égarés. Tout cela compose une toile d'une relative harmonie. Ces petites lignes, qui ne sont pas encore des rides mais pourraient le devenir, je les ai vues aussi sur le poignet de mon bébé, ça m'a ému. Comme si elles étaient la preuve qu'il était membre de plein droit de la communauté des hommes. Des

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Belle de nuit

CONNAITRE | Après avoir remporté le prix interallié en 2012 avec "Oh...", le prolixe Philippe Djian revient en forme avec un roman rocambolesque que lui seul pouvait orchestrer : "Chéri-chéri", dont il est invité à débattre à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Belle de nuit

Il le dit souvent, c'est la première phrase qu'il écrit qui lui indique quelle suite prendre. Philippe Djian est un auteur qui travaille sans plan et, jusqu'à présent, cela lui a plutôt réussi. Pour décrypter son nouveau roman, Chéri-chéri (Gallimard), il importe donc de se pencher sur sa première phrase, et même sur son premier paragraphe : «Le jour on m'appelait Denis. J'étais un écrivain qui connaissait un certain succès et qui avait la dent dure, comme critique. Certains soirs on m'appelait Denise. Bon, je dansais dans un cabaret.» Tout est dit. Écrivain le jour, travesti la nuit, Denis est plutôt bien dans sa vie. Il a une femme, Hanna, poupée blonde aux gros seins, qui ne voit pas le problème d'avoir un mari portant des bas résilles. Elle le surnomme même chéri-chéri. Bref, tout serait parfait sans Paul. Ce dernier est le père d'Hanna, et il ne supporte pas la double vie de son gendre. L'ennui, c'est qu'il est aussi mafieux sur les bords et décide de mener la vie dure à Denis en le forçant à travailler pour lui. Au moins avec Véronica, la mère d'Hanna, il n'y a pas de problème, elle aime bien Denise. Peut-être même un peu trop finalement...

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Un jour en France

CONNAITRE | En général, lorsqu'un journaliste se déplace dans un village, c'est parce qu'il s'y est produit une catastrophe. Florence Aubenas y est allée pour rencontrer des français normaux, sans histoire. Ou peut-être que si justement : des histoires à hauteur d'homme, qu'elle a compilée dans son nouvel ouvrage, "En France", dont elle discutera à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Un jour en France

De l'Irak à la Syrie, elle a sillonné tous les points chauds du globe. Mais depuis quelques années, elle a enfin posé ses valises en France pour de bon. Grand reporter, Florence Aubenas s'est du coup vu proposer par le journal Le Monde (où elle travaille depuis 2012) une nouvelle expérience : tenir une chronique sur le quotidien des Français. Après avoir couvert les grands procès de France et s'être fait passer pour une demandeuse d'emploi dans Le Quai de Ouistreham, elle n'a pas hésité une seconde. Entre 2012 et 2014, Florence Aubenas a régulièrement pris sa voiture (ou le train de 5h du matin) direction la province, à la découverte ce que tout le monde croit connaître déjà. En France est un recueil de des chroniques qu'elle a tirées de ces déplacements, une fine mosaïque de portraits qui retrace des bouts de vies, des moments de tous les jours. Florence Aubenas ne voulait pas cibler une population particulière, alors elle les a toutes rencontrées : paysan, chauffagiste, syndicaliste, jeune dealer, maman au foyer... Pourtant une classe sociale se dessine : celle dite moyenne, voire moyenne moins, celle qui se lève tôt et qui ne p

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Dans la tête des Inconfiants

ARTS | L'écrivain Tatiana Arfel et l'artiste Julien Cordier publient Les "Inconfiants", fruit d'une résidence à l'hôpital psychiatrique du Vinatier. La Ferme éponyme leur consacre une rencontre et une exposition. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2015

Dans la tête des Inconfiants

Invités en résidence par la Fête du livre de Bron à l'hôpital psychiatrique du Vinatier (de mars à septembre 2014), Tatiana Arfel et Julien Cordier y ont d'abord animé des ateliers afin de rencontrer patients, soignants et autres personnels de l'hôpital. Un hôpital en l'occurrence en mutation, qui regroupait alors ses services de psychiatrie adulte pavillonnaire en un seul et grand bâtiment. Plus généralement, les deux comparses mettaient les pieds dans «un monde de fous» (pour reprendre le titre de l'ouvrage du journaliste Patrick Coupechoux publié en 2006) où la psychiatrie affronte les affres des normes gestionnaires et les impératifs d'efficacité à court terme. «Le vieux pavillon s’est disparu, pfuiiiiit. Il ne respire plus, le bâti passé où je vins de par mes années vertes – celles où les infir-mères et les mets-deux-saints priaient encore en moi, paumes jointes, Vierge et Esprit, où ils pensaient que oui, j’irons bien un jour» fait dire à l'un de ses "personnages" Tatiana Arfel, dans sa langue toujours vive et truculente. Chaque chapitre du livre donne ainsi la voix à un individu différent (patien

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Edwy Plenel au European Lab

CONNAITRE | La liste des invités du European Lab, le pendant réflexif de Nuits Sonores, s'allonge. Viennent d'être confirmées les présences d'Edwy Plenel (qui viendra tenir (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 février 2015

Edwy Plenel au European Lab

La liste des invités du European Lab, le pendant réflexif de Nuits Sonores, s'allonge. Viennent d'être confirmées les présences d'Edwy Plenel (qui viendra tenir compagnie à son investigateur en chef Fabrice Arfi) et d'une dizaine d'intervenants internationaux, parmi lesquels Steven Hearn (président de la holding regroupant la Gaieté Lyrique, le Trabendo et le magazine Tsugi), Alain Van Der Malière (ancien conseiller au Ministère de la culture) et l'universitaire danois Fabian Holt. Ils viennent grossir un pool d'une trentaine de journalistes (comme Franck Annese, le boss à casquette de So Press), artistes (en tête la photographe Nan Goldin), institutionnels (tel Pascal Rogard, directeur de la SACD) et autres entrepeneurs (par exemple Helen Teeling, directrice de l'espace de coworking The Whisky Bond à Glasgow), qui discuteront nouveaux médias, réhabilitation urbaine et démocratie européenne du 13 au 15 mai. http://www.europeanlab.com

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Désordre littéraire

CONNAITRE | Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Désordre littéraire

Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya se fait au moins aussi rare que son œuvre, s'étalant sur 43 ans, mérite une mise en lumière bien plus importante – même si cet archétype de "l'écrivain Minuit" a obtenu en 1994, le prix triennal du roman pour Marin de mon cœur et si, surtout, il fut célébré en son temps comme un auteur remarquablement précoce. Chose réparée donc par la programmation de Bron pour le poète (le fameux Cochon farci), dramaturge et romancier (Fou trop poli, Exquise Louise) belge qui entretint également une belle correspondance avec Hervé Guibert, la seule que ce dernier avait accepté de laisser paraître en guise de dernière volonté (Lettres à Eugène). De ce parcours entre les lignes, parfois un peu dans les limbes de la littérature officielle, Savitzkaya donnera un salvateur aperçu au cours d'une lecture baptisée "L'indocile" et qui se tiendra le samedi 7 mars à 18h30. On pourra avoir à l'esprit en écoutant cet auteur fondamentalement hybride, cette phrase tir

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Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

CONNAITRE | À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 16 janvier 2015

Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le thème de l’édition : Qu’est-ce qu’on a en commun ?  A gagner : une publication sur les sites du journal et du festival ainsi que 5 livres de littérature française ou étrangère sélectionnés par la Fête du Livre. Plus d'informations en suivant ce lien.

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Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

CONNAITRE | Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre les auteurs suivants : Olivier Adam, Florence Aubenas, Silvia Avallone, Ramona Badescu, John Burnside (en dialogue avec José Carlos Somoza), Alain Choquart, Pierre Dardot, Patrick Deville, Simonetta Greggio, Serge Joncour, Olivier de Solminihac,   Laurent Mauvignier, Hubert Mingarelli, Raphaële Moussafir, Sylvain Prudhomme, Eric Reinhardt (le temps d'une lecture musicale avec Bertrand Belin), Eugène Savitzkaya, Eric Vuillard (notre cover boy de la rentrée littéraire, en dialogue avec Olivier Rolin) ou encore Valérie Zenatti.

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Des paroles et des acts

CONNAITRE | Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Des paroles et des acts

Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le festival, sorte d'écho numérique et citoyen au Mode d'emploi de la Villa Gillet visant à «donner la parole à une nouvelle génération d’acteurs européens pour réinventer les modèles culturels de demain». Ce vaste programme, Arty Farty le déclinera principalement à l'Hôtel de région en conférences à géométrie variable (et en apéros et soirées au Sucre, on ne se refait pas) dont les sujets, des mécanismes de starification au potentiel d'innovation des friches en passant par le rôle de la culture dans l'agencement de l'espace urbain, ne manquent sur le papier pas d'intérêt. L’aréopage de journalistes, élus, universitaires, entrepreneurs, artistes (le cinéaste-bidouilleur Michel Gondry, l'auteur de science-fiction Alain Damasio, dont le visionnaire et polyphonique La Zone du dehors mériterait un cycle d'exégèse à lui seul) et autres figures du milieu musical (Matt Black, moitié de Coldcut et co-fondateur du label Ninja Tunes, Dan

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Fête du livre de Bron - Résultat du concours

CONNAITRE | A l’occasion de la 28ème édition de la Fête du livre de Bron, qui se tiendra ce week-end à l’Hippodrome de Parilly, le festival et Le Petit Bulletin vous ont proposé un concours d’écriture sur le thème de cette année : "plan B". L'heure est venue d'en dévoiler le vainqueur.

Benjamin Mialot | Jeudi 13 février 2014

Fête du livre de Bron - Résultat du concours

Pour rappel, la consigne était de "décrire en 500 signes votre dernier pas de côté, et nous dire ce que signifie pour vous, aujourd’hui, l’idée du plan B, en commençant par ces mots :  « Plan B comme… »". C'est Jérémy Rodriguez, dont le texte est reproduit ci-dessous, qui s'est le mieux sorti de l'exercice et remporte du coup les cinq ouvrages de littérature contemporaine mis en jeu. Bravo à lui.   Plan B, comme un bédo roulé sur un Budé, toute honte bue bouder l'étude d'Apuléesous les volutes d'un nébuleux éden(l'anachorète brûle ses livres, ne pas mourir de froid).   Plan B, comme l'embellie que le zombie fabule, abîme ouatée, cinéma bis, le blanc-bec bée, vive l'artiste.   Plan B, comme une samba sans balade sauvage, blague volage, l'aubade d'un olé indolore- solitude de coton.   Plan B, quand un plan cul supplée un amour perdu:dans le lit-monde que les démons colonis

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Plan A, B, C pour Chevillard

CONNAITRE | Eric Chevillard publie un jouissif Abécédaire, "Le Désordre Azerty", alors même que paraît "Pour Eric Chevillard", ouvrage critique collectif décomposant l’œuvre du plus singulier des écrivains français, méta-romancier et faux auto-fictif poussant la langue dans ses derniers retranchements pour mieux dire et faire le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Plan A, B, C pour Chevillard

«Mourir m'enrhume, c'est amusant. Le chaud et le froid sans doute». Il y a dans ces deux phrases de Mourir m'enrhume, tout Eric Chevillard. Mais il y a Eric Chevillard dans toutes les phrases d'Eric Chevillard. Ou peut-être qu'il n'y est pas. Disons qu'il y est mais qu'il s'y cache pour mieux s'en extraire et prendre les commandes de la langue. Pour détourner la fiction et lui assigner une réalité alternative qui brouille notre représentation littéraire du réel.  Le monde de l'auteur du Désordre Azerty est à part, parallèle, ou plutôt superposé au nôtre, mais toujours déroutant. Bruno Blanckeman, dans Pour Eric Chevillard, dirait que «l'écrivain flirte avec la phénoménologie romanesque mais ne conclut jamais». Preuve qu'aussi bien que le silence d'après Mozart est encore du Mozart, la critique de Chevillard est encore du Chevillard, au point que ses livres contiennent leur propre et incessante critique.  Le livre, chez Chevillard, est «une structure d'égarement qui multiplie les niveaux de situations romanesques, les jeu

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L'art de la tangente selon Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld

CONNAITRE | Grands reporters à Libé (le journal, pas le showroom de Philippe Starck) dans les années 80, un peu avant, un peu après, Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld sont (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2014

L'art de la tangente selon Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld

Grands reporters à Libé (le journal, pas le showroom de Philippe Starck) dans les années 80, un peu avant, un peu après, Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld sont allés voir ailleurs s’ils y étaient. En Irlande du Nord pour le premier, dans une Yougoslavie en pleine explosion et au Rwanda pour le second. Ce qu’ils y ont vu s’est retrouvé dans d’excellents récits publiés dans le quotidien, ce qu’ils ont appris d’eux-mêmes se dessine en creux de leurs romans. Chalandon s’est de son côté inventé en luthier pour restituer son amitié brisée avec le leader et fossoyeur de l’IRA Denis Donaldson dans les livres jumeaux Mon traître et Retour à Killybegs, avant de quitter ce terrain pluvieux aux odeurs âcres de malt pour Beyrouth dans Le Quatrième Mur (sur deux amis montant Antigone en pleine guerre civile), récompensé cet automne par un Prix Goncourt des lycéens qui lui a collé les larmes aux yeux. Car si durs et puissants soient leurs textes, ces deux lascars n’en demeurent pas moins rieurs, loin de l’austérité ou du pessimisme qu’auraient pu leur conférer ce monde à désespérer de l'humanité qu’ils ont observé. Avant le pr

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Les écrits vains de Gaëlle Obiégly

CONNAITRE | «Accomplir quelque chose (…) même en étant nul». C'est ce qu'essaie de faire Gaëlle Obiégly tout au long de son dernier roman, Mon prochain. «Mon prochain», (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Les écrits vains de Gaëlle Obiégly

«Accomplir quelque chose (…) même en étant nul». C'est ce qu'essaie de faire Gaëlle Obiégly tout au long de son dernier roman, Mon prochain. «Mon prochain», le sien donc, c'est nous, c'est un kurde croisé dans un avion, c'est daniel, son amoureux – tous les noms propres sont en minuscules pour mettre les Prochains à égalité –, c'est le fils d'adam, c'est son «amie gaëlle», projection délurée de l'auteur, c'est chacun des personnages rencontrés dans ce drôle de roman.  La narratrice s'y essaie en vain à l'écriture de reportages, ne parvenant qu'à accoucher de ce livre, fragmentaire, décousu, qui dit ce que ne disent pas les articles dont elle sait qu'elle ne les écrira pas : «le directeur du journal serait prêt à me salarier pour écrire des reportages pour rendre compte du monde (...). Ce que je préférerais c'est obtenir le financement de l'échec». Car cet échec est ce qui la met en contact avec son propre génie, du moins avec sa propre définition, quasi-littérale, du génie : «ce qui nous convoque à nous même».  D'où

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P.O.L. et les autres

CONNAITRE | En 1977, Paul Otchakovsky-Laurens souhaitait déjà publier les journaux de Charles Juliet. Las, personne chez Flammarion, où il travaillait alors, ne (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2014

P.O.L. et les autres

En 1977, Paul Otchakovsky-Laurens souhaitait déjà publier les journaux de Charles Juliet. Las, personne chez Flammarion, où il travaillait alors, ne voulait de cet auteur inconnu. En 1983, il créé sa maison d’édition et la nomme à partir de l'acronyme composé par ses initiales (Otchakovsky est nom de son père décédé de la tuberculose quand il avait trois mois, Laurens celui de ses parents adoptifs). Et Charles Juliet de devenir un de ses auteurs marquants, tant avec ses romans qu'avec sa poésie, domaine que P.O.L défend avec ardeur. Son premier succès sera La Douleur de Duras, texte incandescent sur les morts-vivants revenus des camps nazis que l’écrivain avait laissé traîner dans son grenier. Martin Winckler, Marie Darrieusecq, Camille Laurens, Pierric Bailly, les radicaux Olivier Cadiot et Valère Novarina ou l’immense Emmanuel Carrère seront c

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Last exit to Bron

CONNAITRE | Retournant au charbon du réel, la littérature propose de le percevoir et de le vivre autrement. La Fête du Livre de Bron en prend acte et, avec ses soixante-dix invités (écrivains, intellectuels, poètes...), sort du sillon pour mieux nous inviter à lire des romans contemporains comme autant de plans B. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 11 février 2014

Last exit to Bron

C'est la crise donc. Comme si celle-ci était unique, économique et financière, et ses solutions elles-mêmes gestionnaires. Ce cercle imposé écrase bien des perspectives. Les sciences humaines et la littérature nous invitent elles à penser qu'il y a des crises au pluriel et qu'elles touchent au plus profond de la conscience individuelle, aux questionnements les plus intimes. La bourse broie du noir, mais c'est plus sourdement l'être humain qui vacille et se craquelle. «Les grandes poussées soudaines qui viennent ou semblent venir du dehors, celles dont on se souvient, auxquelles on attribue la responsabilité des choses […] n'ont pas d'effet qui se voit tout de suite. Il existe des coups d'une autre espèce, qui viennent du dedans – qu'on ne sent que lorsqu'il est trop tard pour y faire quoi que ce soit, et qu'on s'aperçoit que dans une certaine mesure on ne sera plus jamais le même» écrivait F. Scott Fitzgerald dans La Fêlure. S'emparant de Fitzgerald et d'autres auteurs américains, le philosophe Gilles Deleuze a défendu le roman comme «affaire de devenir, toujours inachevé, toujours en train de se

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Concours d’écriture – Fête du Livre de Bron 2014

CONNAITRE | A l’occasion de la 28ème édition de la fête du livre de Bron qui aura lieu du 14 au 16 février à l’hippodrome de Parilly, le festival et Le Petit Bulletin vous proposent un concours d’écriture sur le thème de l’année, intitulé Plan B.

Benjamin Mialot | Mardi 7 janvier 2014

Concours d’écriture – Fête du Livre de Bron 2014

Plan B comme… Le texte sélectionné par le jury sera publié sur le site du journal, et le gagnant se verra offrir 5 livres de littérature contemporaine. 500 signes pour décrire votre dernier pas de côté, et nous dire ce que signifie pour vous, aujourd’hui, l’idée du plan B, en commençant par ces mots :  « Plan B comme… » Envoyez vos textes avant mercredi 29/01 à minuit à planb@petit-bulletin.fr A vos claviers ! Plus d'infos : http://www.fetedulivredebron.com/

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Une époque formidable

CONNAITRE | Sous l'enseigne «L’époque et moi», la Fête du Livre de Bron questionne la manière dont le contemporain interagit avec la manière de le penser et donc de l'écrire, passant les évolutions politiques, économiques, culturelles, médiatiques de nos sociétés à travers le tamis de toutes les formes d'écriture : roman, essai, bande dessinée, série télévisée, chanson, poésie.... Poser l'équation de l'universel et de l'intime, d'un monde qui nous traverse autant qu'on le parcourt, c'est aussi le projet d'Emmanuelle Pireyre, invitée lyonnaise du festival pour "Féerie Générale" (Éditions de L'Olivier), Prix Médicis 2012. Un remarquable roman mosaïque qui à coups de micro-fictions imbriquées dans le réel, de réflexions et de collages littéraires, fait acte de résistance à une époque à la fois mondialisée et morcelée. Un roman qui semble dire, comme en écho à la thématique hôte : «L'époque ? Et Nous ?».

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 février 2013

Une époque formidable

Comment reliez-vous Féerie Générale au thème de la Fête du Livre, «L'époque et moi» ? Emmanuelle Pireyre : Ce thème me plaît beaucoup. Tout mon travail d'écriture consiste justement à faire quelque chose avec l'époque, à transformer des éléments qui ne me conviennent pas en éléments qui me conviennent mieux. Comme je trouvais mon livre précédent un peu grinçant, ironique, j'ai pensé à l'idée de féerie générale, plus lumineuse, avec la difficulté d'inscrire ça dans un contexte qui me convient assez mal. Et puis je me suis dit que dans ce monde où tout est mondialisé, où tout communique, ma féerie à moi serait le moment où les choses sont séparées les unes des autres, les interstices dans lesquels on peut encore se glisser et trouver des espaces de liberté. Il y a dans ce titre, Féerie générale, quelque chose d'un cri, auquel on pourrait rajouter un point d'exclamation, façon «Grève générale !». Une sorte d'appel à la lutte poétique et politique...Je n'ai pas pensé le titre du livre comme ça au départ mais on m'a déjà fait cette remarque. On peut aussi penser au slogan «Rêve général» qu'on a

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Et si rien n’était vrai ?

CONNAITRE | Pour sa 26e édition, du 1er au 4 mars 2012 à l’hippodrome de Parilly, la Fête du Livre de Bron continuera d’effeuiller la littérature française contemporaine pour en saisir les perpétuelles mutations autour d’un thème à la Magritte : «Ceci n’est pas une histoire vraie». Gaël Dadies

Dorotée Aznar | Vendredi 24 février 2012

Et si rien n’était vrai ?

Un romancier peut-il manipuler la réalité pour en faire un récit de fiction ? Alors que le roman s’affranchit du fictionnel et donne naissance à des objets littéraires hybrides empruntant aux formes les plus diverses (témoignages, récits, autobiographies imaginaires), l’incontournable question : «Est-ce une histoire vraie ?», brûle les lèvres de chaque lecteur. Après avoir soufflé ses 25 bougies en 2011 en proposant un retour sur autant d’années de littérature contemporaine, la Fête du Livre de Bron revient au présent pour s’intéresser à cette part de vérité dissimulée dans les œuvres de fiction même si «Ceci n’est pas une histoire vraie». «Rien n’est vrai, tout est permis» Rendez-vous dès le jeudi 1er mars pour la soirée d’ouverture à la ferme du Vinatier autour d’une exposition photo et d’une lecture-performance. Dès le lendemain débuteront à l’hippodrome de Parilly, et ce pendant trois jours, les rencontres et les débats. Pour entrer dans le vif du sujet, une journée de réflexion intitulée : «L’Écrivain a-t-il tous les droits ?» est proposée vendredi 2 mars. Divisée en une conférence  et une table ronde, cette journée sera l’occasion d’appo

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Ceci n'est pas une Autriche

CONNAITRE | Le grand entretien réservé à Régis Jauffret, titré «Ceci n'est pas un fait divers» est sans doute la mise en abyme la plus parlante du thème de la Fête du Livre (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 23 février 2012

Ceci n'est pas une Autriche

Le grand entretien réservé à Régis Jauffret, titré «Ceci n'est pas un fait divers» est sans doute la mise en abyme la plus parlante du thème de la Fête du Livre de Bron : «Ceci n'est pas une histoire vraie». L'auteur de Microfictions s'est dernièrement attaqué à la matière croustillante et amère du fait divers. Après Sévère, Jauffret franchit un pas de plus dans l'étanchement de sa soif du mal le plus pur et du glauque absolu : avec Claustria, Jauffret décortique l'affaire Fritzl – un détraqué autrichien qui, non content d'avoir séquestré sa fille dans une cave pendant 24 ans, lui a fait une ribambelle d'enfants. À travers ce livre-monstre, c'est la manière dont Jauffret s'approprie ce fait-divers – il en a le droit, d'autres l'ont fait avant lui, et l'écrivain a tous les droits, ce qui ne veut pas dire qu'il en fait bon usage. Car la démarche invoque l'éternel procès en légitimité résumé en une phrase : «d'où parles-tu, camarade ?». Jauffret enquête, se met en scène – et, oserait-on dire, cabotine au pass

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Après les fêtes, les fêtes

CONNAITRE | Panorama / Où l’on parle pêle-mêle de rencontres citoyennes, de festivals, de littérature et de cinéma, de grands événements incontournables et de manifestations que l’on vous implore de ne pas contourner. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Lundi 2 janvier 2012

Après les fêtes, les fêtes

La bûche digérée, vous reprendrez bien un peu de pudding ? À l’image d’une rubrique qu’on qualifiera pudiquement d’éclectique (mais l’éclectisme, au Petit Bulletin, est une sorte de religion), voici que se profile en cette nouvelle année une avalanche de festivals en tout genre, aux programmes souvent prolifiques et que quelques lignes ne sauraient résumer. Prenez la Fête du livre de Bron, par exemple ; elle se tiendra cette année les 1er, 2, 3 et 4 mars, toujours à l’Hippodrome de Parilly, et elle a déjà inscrit à son menu une brochette d’auteurs impressionnante, faisant la part belle aux gloires saisonnières (dont «notre» Prix Goncourt, Alexis Jenni) mais aussi à des écrivains carrément hors-mode, tel l’increvable Philippe Djian, ou encore Anne Wiazemsky qui n’en finit plus de revisiter littérairement les rencontres marquantes de sa carrière : hier Bresson sur Au hasard Balthazar, aujourd’hui Godard durant le tournage de La Chinoise. Cinémas du monde De cinéma, il sera aussi beaucoup question avec le défilé des festivals «thématiques» : aux Alizés de Bron, Drôle d’endroit pour des rencontres fait le point sur le cinéma français, e

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BERNARD QUIRINY

CONNAITRE | Dans un monde littéraire où le roman est un monarque absolu, se faire remarquer avec un recueil de nouvelles est déjà une façon de... se faire remarquer. (...)

Dorotée Aznar | Mardi 8 février 2011

BERNARD QUIRINY

Dans un monde littéraire où le roman est un monarque absolu, se faire remarquer avec un recueil de nouvelles est déjà une façon de... se faire remarquer. C'est le cas de Bernard Quiriny, né en 1978, dont les deux premiers recueils, L'Angoisse de la première phrase et surtout Contes Carnivores avaient estomaqué par leur geste borgesienne mais rigolarde, teintée de fantastique. Son premier roman Les Assoiffées, s'il n'atteint pas la maîtrise des deux précédents ouvrages, se déguste néanmoins avec bonheur. Et pour cause, tel un Will Self Belge, Quiriny y décrit une Belgique uchronique dirigée façon Corée du Nord par un pouvoir féministe totalitaire. Le tout à travers les yeux ravis et légèrement abrutis d'une poignée d'intellectuels français conquis par le Régime. Avec les truculents Bonzon et Bretin, qui ont récemment délaissé le fantastique, mais pas leur verve, pour la satire sociale (Discount), Quiriny trouvera à qui parler et ça risque d'être bath. SD “LE ROMAN, UNE SATIRE SOCIALE ?“ – LAURENT BONZON, DENIS BRETIN ET BERNARD QUIRINYÀ la Salle des Balances, dimanche 13 février à 11h.

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